Les banques sont noyées sous les liquidités offertes gratuitement par la BCE, les BCN et les États souverains mais il n'y a pas de reprise économique depuis 2008 et les gouvernements, qui offrent des gigantesques garanties publiques au banques en plus de leur sauvetage public, imposent en cascade aux populations des plans d'austérité d'ampleurs inégalées et modifient le Code du Travail pour jouer avec les Travailleurs comme les financiers jouent avec les produits financiers. Les Travailleurs sont des maquettes jetables.

Pourquoi s'égosiller contre les criminels débusqués par les "Panama Papers", puisque l'ampleur criminelle des gouvernements et de la BCE mise en oeuvre pour blanchir dans les banques ces dizaines de milliers de milliards d'€ de CDS/CDO, de titres pourris, toxiques et irrécouvrables réalisés uniquement dans des opérations de spéculations financières les dépassent de très loin? Mais le peuple est nourri goulument avec l'imbécilité d'un Platini au lieu d'être informé sur l'état réel de l'économie qui n'est plus qu'à quelques minutes du global meltdown et du hard landing. Ces gouvernements se remboursent sur le dos des économies nationales, des peuples et des Travailleurs (terminologie officielle des Communautés Européennes) de leurs aides directes et avantages fiscaux comme le Crédit d'Impôts pour la Compétitivité et l'Emploi - CICE aux entreprises sans contrepartie par exemple, et qui est un échec total, et indirectes qu'ils offrent encore sans contreparties aux spéculateurs qui leur lèguent leurs titres pourris, toxiques et irrécouvrables. Les États créent même des Obligations d’État qui sont rachetées sur les marchés secondaires par la BCE ou par les Banques Centrales Nationales, peu importe si elles sont vraiment "de bonne foi". La BCE, qui a été transformée plus grand créanciers des 19 pays de la Zone Euro en violation de ses statuts, détient en ce moment 25% de leurs Obligations d’État, ce qui est encore une preuve de la monétisation de la dette, ici de la dette publique pour sauver les banques. Et on s'émeut périodiquement au sujet des paradis fiscaux offshore et les "sociétés-écran"... mais on continue à ne pas contrôler et réglementer le shadow banking. 96% des activités de la Deutsche Bank se font dans le shadow banking de sa filiale la DWS qui n'est qu'un Hedge Fond. Toutes les banques font de même.

Si vous cherchez sur Google Accord Anfa mon site est déjà en B1 sur Google 3 jours après l'édition de ce billet, peut-être il va aussi passer en page 1 pour cette entrée. Si vous cherchez sur Google ANFA - Agreement on Net Financial Assets vous n’aurez à ce jour qu’une minuscule ébauche sur Wikipeadia d’un article pédagogique en allemand ou en anglais sur cette question. Le manque de publications sur l'ANFA prouve que cette question pourtant vitale dans le fonctionnement du Système Monétaire Européen de l'Euro-Zone n'intéresse personne. Ce dont on ne parle pas n'existe pas. Et ce que vous avez dans le porte-monnaie n'est qu'un artefact. C'est normal, l'ANFA était un accord secret, officiellement non divulgué, sur la politique monétaire européenne. Mais suite à la soutenance d'une thèse de doctorat à la Technische Universität Berlin en décembre 2015 et à deux articles du journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung du 7 et du 9 décembre 2015, la BCE a publié contre son gré une explication sur l'ANFA destinée au grand public. Cet accord conclu entre les 19 Banques Centrales Nationales (BCN) de la Zone Euro et la BCE fixe les règles relatives au portefeuille d'actifs financiers des BCN et interdit le financement monétaire. Mais puisque la BCE s'est transformée de facto depuis 2008 en bad bank européenne ou en institution de défaisance en rachetant les titres pourris, toxiques et irrécouvrables, les Banques Centrales Nationales en ont fait de même sur le marché secondaire selon ledit principe de l'Indépendance des Banques Centrales, enfin Indépendance face aux pouvoirs politiques. Les BCN ont créé de la monnaie, ont injecté dans le système économique des centaines de milliards de liquidités et elles aussi, comme la BCE, n'ont pas réussi à créer de la croissance. Comme plusieurs dizaines de milliers d'€ ont été injectés dans "l'économie" depuis 2008 en ne produisant qu'une croissance nulle officiellement, nous pouvons donc ici aussi affirmer que l'Europe vit une grave récession. La bulle échoïque de la Bourse engendrée et surmultipliée depuis 2010 par les facilitations quantitatives ne doit pas servir de base pour le calcul du PIB réel issu des activités industrielles et marchandes qui sont en chute vertigineuse. 18 Banques Centrales Nationales peuvent imprimer des billets ou ont imprimé des billets dans la cave en cachète, mais il a été interdit à la Grèce de les imiter. Les rachats-ANFA n'engendrent qu'une distorsion des prix des produits financiers et qu'une bulle financière de plus. Il y a pire. Au fur et à mesure que ces produits financiers dérivés sont retirés du marché par les banques centrales, les banques en remettent encore plus massivement sur le marché puisqu'elles savent que le prêteur en dernier ressort (lender of last resort) sera toujours directement et indirectement le fonds public qui en répercute les coûts sur les populations et les contribuables et en abandonnant et privatisant les devoirs régaliens d’État souverain. Les banques, qui ne font plus que de prendre des risques avec les déversements astronomiques de liquidités gratuites des BCN et de la BCE qu'elles ne sont plus jamais capables de couvrir, ne seront jamais punies par la faillite et continuent à fusionner entre elles pour être encore plus des banques universelles systémiques too-big-to-fail.

Ce n'est qu'à la mi-décembre 2015 qu'ont commencé à circuler les révélations sur les BCN qui ont elles-mêmes racheté à côté de la BCE des centaines de milliards de titres. Ne sont connues pour l'instant que les activités des BCN de France, de l'Italie et de l'Irlande, mais à elles seules elles cumulent 724 milliards d'actifs qu'elles ont rachetés avec l'intention de pomper dans l'économie l'équivalent en liquidités fraiches. L'Irlande a pratiquement financé tout le sauvetage de son système bancaire par les rachats-ANFA. Tout ceci n'est que monétisation de la dette privée ou publique, ce qui est illégal. Il est aussi nécessaire de constamment rappeler que toutes les banques sont toujours en faillite technique depuis 2008 à cause de leurs cadavres qui restent dans leurs coffres ou qu'elles ont partiellement "cantonnés" dans leur bad bank comme la Société Générale. Le montant de ces cadavres dépasse de très loin la valeur boursière des banques. A l'heure actuelle on sait que € 360 milliards de cadavres attendent leur sauvetage dans les banques italiennes. On sait que la valeur boursière de la plus grande banque du monde, la Deutsche Bank, s'est effondrée à € 21 milliards en février 2016 en perdant 80% en moins d'un an et qu'elle ne vaut pas plus qu'Adidas, ce qui prouve qu'elle est en faillite tout simplement. Sa somme bilanaire est de 2230 milliards et son fonds propre réglementaire de moins de 3% ne pourra rien éponger du tout. La Deutsche Bank devra compter sur le sauvetage public organisé par la BCE, la Banques Centrale Allemande Bundesbank, et l’État souverain. Elle ou la Société Générale, etc. c'est du pareil au même et tellement plus démesuré face à l'évasion fiscale qu'elles génèrent, stimulent et couvrent.

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C'est dans une Conférence de Presse donnée par Mario Draghi, Directeur de la BCE, que ce journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung a diffusé les révélations sur les rachats-ANFA des Banques Centrales Nationales. Mario Draghi avait réagi de manière très irritée et agressive aux questions des journalistes "en excluant que les BCN pratiquent un financement monétaire". La BCE doit pourtant être informée des activités des BCN de la Zone-Euro pour être sûre que celles-ci ne se répercutent pas sur la politique monétaire européenne. Mais d'un autre côté il a aussi été dit que la BCE ne sait pas elle-même jusqu'à quel point les BCN de la Zone-Euro utilisent leur marge de manœuvre ou la dépassent. La limite supérieure de la marge de manœuvre reste toujours secrète malgré la récente divulgation de la BCE sur l'Accord-ANFA. A mon avis la BCE incite les BCN à amplifier sa propre action de rachat des actifs et Mario Draghi dissimule les faits et la réalité. L'enchevêtrement entre la politique budgétaire et la politique monétaire au niveau de la BCE et des BCN fait partie de l'enjeu que s'est fixé Mario Draghi. L'ANFA-Agreement est tenu secret, seuls quelques rares cadres très hauts placés de la BCE et des BCN ont accès au document complet de l'Accord-ANFA. Il est pourtant sûr que toutes les BCN ont racheté des actifs pourris privés ou même des obligations souveraines, mais elles les font figurer et les mélangent dans leurs comptabilités sous le poste "divers". Ces positions, qui représentent en moyenne 21% de la somme bilanaire des BCN, avaient explosé de manière exponentielle depuis la déclaration de la Crise des Subprimes, ce qui ne laisse aucun doute sur leur finalité. Il ne s'agissait pas de simples "ajustements techniques" mais d'un financement monétaire des dettes et des pertes. Et à un rachat autonome de titres par les BCN correspond une création et une expansion monétaire non fondée sur une activité économique et qui gonfle la masse monétaire de la Zone-Euro et modifie la portée et l'étendue de la politique monétaire de la BCE. Et ce que vous avez dans le porte-monnaie n'est qu'un artefact.

Avec une majorité aux 2/3 le Conseil de la BCE est habilité à stopper les achats d'actifs par les BCN s'ils ont des répercussions sur la politique monétaire européenne. Mais quand il a été demandé aux gouverneurs des BCN de réduire leur porte-feuille obligataire, ils ont tous répondu de manière évasive en renforçant l'opacité de l'Accord-ANFA. Pour maintenir un semblant de croissance, ou plutôt pour cacher la réalité de la récession économique quasi décennale, la BCE et les BCN sont devenues des acteurs majeurs dans le système économique qui supplantent tout système démocratique. Quand on parle de "l'ère post-démocratique" c'est bien de celle-ci et seulement de celle-ci qu'il faut parler. Toutes les Banques Centrales ne sont soumises à aucun contrôle démocratique. Elles devraient alors au minimum être "plus" transparentes. Il n'y a pourtant que 5 ou 6 politiciens de l'ombre en Europe qui la réclament. De l'ombre. Et bien sûr le journal Le Monde n'a rien publié du tout sur la question, sauf sur Anfa une ville au Maroc. Le Journal "Le Monde" est devenue une poubelle au service du Huffington Post dont AOL - Amercica On Line est le propriétaire. Si vous cherchez "ANFA" sur Google, vous n'avez rien. A la Conférence de Presse Mario Draghi avait dit "que c'était très difficile de comprendre ce que font les BCN". Mario Draghi décrédibilise une fois de plus le Système Monétaire Européen. Toutes les gigantesques mesures de facilitation quantitative n'ont jamais été discutées dans les Parlements nationaux ni au Parlement Européen puisqu'elles relèvent du principe de "l'Indépendance de la Banque Centrale". Mais Indépendance filtrée, car la BCE tente avant tout de sauver le capitalisme fossile des banques et des assurances tout en faisant croire à une politique monétaire européenne de stabilité des prix. Toutes les cartouches ont été tirées, même celles de l'introduction des taux d'intérêts négatifs. Il arrivera un jour où tous ces porte-feuilles de la BCE et des BCN ne seront plus que des pertes nettes, des passifs financiers, à côté des milliers de milliards de cadavres qui dorment dans les banques et dans leurs bad banks. Les banques comme la Deutsche Bank et les autres sont en faillite technique et aucune réforme réelle de contrôle, de réglementation et de séparations des activités des banques universelles n'a été prise depuis 2008. Bâle III sur l'augmentation des Fonds Propres Réglementaires entrera peut-être en vigueur en 2019, mais déjà tellement d'exemptions sont aménagées que cette réforme sera inopérante.

Les "Panama Papers" auraient dû rappeler que Mario Draghi, Directeur de la BCE, avait aidé pendant 10 ans la Grèce à tricher avec sa comptabilité nationale en tant que Directeur Europe de la Goldman Sachs, ou que Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne et ancien Président de l'Euro-Groupe, qui a organisé pendant 20 ans au Luxembourg comme Ministre des Finances et Premier Ministre l'évasion fiscale des grandes entreprises vers son pays. Les groupes ne payent que 2% d'impôt au Luxembourg. Ce n'est pas l'hypocrisie qui étouffe Juncker puisque 3 jours après les divulgations des "panama papers" il feint de s'émouvoir et de réclamer un contrôle des paradis fiscaux. Le technocrate Juncker qui n'a jamais été un élu pour des fonctions européennes est maître d’œuvre de l'évasion fiscale massive des sociétés et des groupes qui est connue sous le nom "Lux-Leak" quand elle a été révélée par les whistleblowers. De plus Juncker, l'Européen, a organisé à très grande échelle comme l'Irlande la concurrence déloyale entre les États-membres de la Communauté Européenne en aménageant pour le Luxembourg un domicile fiscal privilégié, un paradis fiscal égal à celui des Iles Caïman ou du Panama par exemple. Juncker, qui est donc un criminel à la vue de ce quil feint de dénoncer lui-même, a été assez habile et le Parlement Européen a été assez lâche pour que l'affaire "Lux-Leaks" soit étouffée. Il n'y a pas au Parlement européen de Commission spéciale qui dispose des droits d'investigation illimités, mais seulement une Commission d'enquête aux attributions restreintes qui n'a accès qu'à très peu de documents. Martin Schulz, Président du Parlement européen, s'est débrouillé pour laisser Juncker dans une immunité de fait et les euro-députés ont suivi. Ceci est la concrétisation de la nouvelle politique du "il-n'y-a-pas-de-clivage-gauche-droite" que prône Macron qui n'est pas un élu mais qui se crée à son échelle un Parti politique "En marche" taillé à sa dimension néo-libérale étiquetée PS. Que doit-il arriver pour déjà déloger ces trois sinistres personnages Draghi/Schulz/Juncker des commandes de l'Europe? Dans ce capitalisme financier la helicopter money de la planche à billets réduit gravement la valeur de l'euro sur le dos des contribuables, toujours pour sauver les banques qui sont de toute façon en faillite technique. Et les évasions fiscales offshore et inshore dépècent les États qui pourtant viennent au secours des banques, des groupes industriels qui spéculent et des spéculateurs financiers institutionnels. Cette interminable politique de désintégration du système économique qui a pour but le "sauvetage des banques" porte le nom de "faillite organisée" ou de "destruction par les marchés" et a été décidée à la Conférence Bilderberg d'Athènes en mai 2009 où a participé Manuel Valls par exemple. Si pour votre confort mental il vous faut crier au complotisme, faites-le. Le hard landing et le day of reckoning sont pour bientôt, et là il n'y aura pas de complot mais un constat.

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L'opacité des opérations hors bilan OTC - Over-The-Counter du shadow banking sur les produits financiers dérivés détruit les économies nationales depuis les faillites de la Bear Stearns et de la Northern Rock en 2006 et surtout depuis ladite Crise-des-Subprimes et l'année Lehman 2008. Le pouvoir de destruction massive des OTC est tellement plus énorme que celui de l'évasion fiscale dans les sociétés écrans offshore. Mais il n'émeut pas les politiciens. Ceux-ci réclament pourtant depuis les divulgations des "panama papers" il y a 3 jours un "plus" de transparence, mais ce sont les mêmes qui ont voté au Parlement français le 16 décembre 2015 contre la Loi sur le Reporting Public contre laquelle le gouvernement néo-libéral Valls-Macron étiqueté PS était strictement et farouchement opposé. Pour Macron il faut que rien ne ne soit "En marche" quand il s'agit de contrôler et de réglementer le monde de la finance. Ce dont on s'occupe pas n'existe pas. Et on n'y pense pas, même dans les "Nuits Debout".

Le semblant d’économisme de la sauvegarde des banques s’entête depuis 10 ans avec une alacrité affreusement démesurée et imaginative à nous plaquer dans une réalité phénoménale qui nous offre malgré un léger début d’aversion le confort et l’illusion de la métastabilité. Il nous importe peu de savoir dans notre individuation que cette stabilité est la base du donné que nous avons eu le luxe de laisser inventer tout comme de nos structures mentales. Il nous importe peu de constater éventuellement que nous nous délectons dans la persévérance de l’illusion de réalité sans écarquiller les yeux sur le paysage qui a muté, c’est-à-dire qui ne nous a plus acceptés comme nous voulions nous imposer en restant aveugles devant notre propre décalage prométhéen: la cybernétique de la financiarisation à la Ponzi de l'économie aurait dû tout payer, le bonheur, le plein-emploi, l'humanisme automatique du trickle-down-effect, les études de vos enfants, les assurances-vie, les retraites et aurait dû rendre obsolètes en les faisant disparaître le travail, le clivage politique, les syndicats, la démocratie et la responsabilité d'avoir tout détruit. Nous avons voulu être des Hybris, nous sommes tous des ratés.

Ce que vous avez dans le porte-monnaie n’est qu’un artefact. Et ce que vous avez dans la tête est un credo que vous avez adopté, sans avoir à le réciter, pour vivre tranquille et hors de portée de la conscience et de la connaissance, ce qui est votre raison d’être jusqu’au moment où vous ressentirez comme un accident l’instabilité qui nous cloisonne. Là, il sera trop tard pour garder la tête haute et pour rester noble et l’on cèdera à la tentation du dénuement de toute humanité. Avec les "Nuits debout à Paris" il existe un effort pour ne pas se laisser s'endormir et en premier lieu le cerveau. Les Nuits Debout c'est du bof bisounours, et ça leur fait croire qu'ils font la révolution sans en payer le prix. Aux urnes ils ne choisissent tout de même pas les alternatives démocratiques et parlementaires qui existent. Ça carmagnole sur le tarmac et ça court au Aldi pour comparer les prix. Les Nuits Debout ça leur fait croire qu'ils font la démocratie sans en payer le prix. Et la conscience est bonne, oh, oh, oh.