J'ai ajouté cette introduction ci-dessus, en juillet quand je faisais à vélo les îles Lofoten, étant parti de Helsinki. Début de l'article >>> Comme je vous l’avais sans ambages annoncé le 18 avril 2010 nous avons assisté à la 2ème crise des banques et aujourd’hui nous assistons à une 3ème crise des banques. Restons raisonnables, il n’y a qu’une seule crise des banques depuis Juillet 2006, mais des tentatives de dissimulation au niveau planétaire ont essayé de faire croire de temps en temps à la Recovery, au retour de la croissance. Chacun se mentait à haute voix comme il l’aimait le plus à se le faire, et dans une Grande École de Management que je connais bien on disait "il y a un retour des commandes dans le cartonnage, c'est bon signe". Si vous êtes fidèles lecteurs de mon site vous savez qu’au travers du Baltic Dry Index – BDI nous voyons que le commerce maritime international de toute la planète est effondré depuis juillet 2006 en étant passé de 12000 à une valeur oscillant autour de 1000. Si rien n'est produit maintenant, c'est qu'il n'y aura rien à vendre pour les fêtes de fin d'année. On se fera des gastroscopies en attendant une assiette meilleure. Le BDI reflète six mois à l'avance la vitalité du commerce et des échanges des produits finis ou semi-ouvrés. Le BDI n’est pas un indice spéculatif mais un indice réel de l’offre et de la demande du tonnage de matières premières à transporter. Très gravement nous voyons que le BDI est dans une phase létale depuis janvier 2012 avec encore une baisse de 77,30% ces six derniers mois et les commentateurs les plus mensongers avaient tenté de dire en début d’année 2012 que "c’est à cause du Nouvel An chinois". L’autre argument pour cacher l’anéantissement du commerce maritime international est qu’il y a une suroffre de cargos qui ont été mis à flot et qui avaient été commandés avant la crise de l’année-Lehman 2008. La Grande Dépression 2.0 a commencé en juin 2011. Comme je vais faire ma seconde expédition arctique polaire à vélo , ~~3000 km sont envisagés, à partir de Helsinki après une traversée en ferry de 41 heures depuis Rostock, je vous tiendrai au courant du slow steaming et des ghost-fleets avec des photos.

Les entreprises ne travaillent plus, le PIB réel issu de l’activité économique de production de biens et de services ne se crée plus, et les banques et assurances ne transforment pas les liquidités offertes gracieusement par la BCE ou la Fed’ en crédits aux entreprises destinés à soutenir des projets économiques à caractère social ou écologique. Par exemple, les banques et assurances ont fait passer la bulle des produits financiers dérivés tellement toxiques comme les CDS – Credit Default Swap de 60.000 milliards de $ à 70.000 milliards de $ de 2008 à 2012 et toutes les banques systémiques dites "too-big-to-fail" ont encore fusionné entre elles "pour être prêtes quand viendra la sortie de crise", en réalité pour devenir un fait de chantage imparable face aux États dits souverains qui viendront toujours vers elles pour organiser leur bail-out / sauvetage avec des "Eurobonds" qui ne sont que de la monétisation de la dette privée, la recapitalisation de la dette des banques. Les eurobonds ne sont qu’une autre facette de la "Helikopter Money" qui est de la monnaie de contrefaçon imprimée aux USA à Paper Mill on the Potomak ou en Europe à Francfort. Et quand ceci ne suffira plus, l'Europe se transforme en fonds de défaisance (bad bank) par ses enfants illégitimes le MES - Mécanisme Européen de Stabilité et la BCE. Sur l'infamie ont été mis une tunique et le parapluie européen permanent. L'Europe est un organisme de privation et de transfert de richesses, de savoirs, de pouvoirs et de droits.

Jeudi 28 juin et vendredi 29 juin 2012 il sera fait usage d'un bazooka sémantique. Une révolution des mots aura lieu avec ce "big push" attendu. D'après le compromis des 4 Présidents, le Président du Conseil européen Herman Van Rompuy, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, et Mario Draghi le Président de la BCE et ancien Président de Goldman Sachs Europe qui a aidé la Grèce à tricher pendant 10 ans et qui est membre de Bilderberg et de la Trinationale, le Président de l'Euro-Groupe Jean-Claude Juncker, l'Europe va se donner une solution à court terme pour réduire le différentiel du taux d'intérêt sur les marchés financiers entre le nord et le sud de l'Europe. Cette solution passera par des instruments comme des Euro-Bonds mais qui ne porteront pas ce nom trop irritant pour Angela Merkel. Pour venir directement en aide aux banques, le sommet des 27 et des 17 ouvrira la voie à des Euro-Bills. Les "Eurobills" seront une mutualisation des dettes à court terme de maturité inférieure à 1 an. Ces Euro-Bills permettraient de créer un marché financier très liquide ce qui prouve que l'annulation d'il y a 4 jours de Bâle III ne suffit pas et que les banques se trouvent en faillite.  ...et je parie que bientôt la BCE va faire comme la Fed il y a trois jours, une Opération Twist en troquant les dettes à court terme en échange d'obligations à un peu plus long terme émises par une agence dédiée, une SPV comme le FESF, et finalement par un troc avec des obligations à long terme pour essayer de faire baisser leur taux d'intérêt qui est la référence pour le crédit. Je rappelle que le FESF n'est qu'un Special Purpose Vehicle et une société anonyme de droit privée domiciliée dans le paradis fiscal du Luxembourg.

Euro-Bills? Project Bonds? Euro-Bonds? De toute façon il faudra inventer quelque chose parce qu'il est mathématiquement impossible que les banques remboursent leurs dettes. Et dans notre économie non libre de marchés financiers, l'esprit du Traité de Lisbonne ne pourra pas accepter une faillite déclarée de sa conception du monde. Deux générations futures les rembourseront. Ce compromis des 4 Présidents est un résumé du Projet de Rapport suivi du "Goulard Report - six pack" de l'euro-députée Sylvie Goulard sur la Faisabilité de l'introduction de Bonds de Stabilité, appelés de nos jours Eurobonds par le nouveau président français, François Hollande, et d'ici quelques semaines ils seront devenus des Euro-Bills ou des Bonds-Bills, des Bills-Bonds. Sylvie Goulard est membre du groupe parlementaire de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) au Parlement Européen et membre de la Commission des affaires économiques et monétaires, où elle assure les fonctions de coordinatrice pour le groupe ADLE.

Otto_Dix_4.jpgLa nouvelle organisation financière de l'Europe d'austérité et de recapitalisation des banques en faillite s'appuie sur les recommandations du Rapport Larosière de 2009 débattu à la Conférence Bilderberg d'Athènes. Jacques de Larosière, ancien directeur du FMI, est Membre du lobby financier G30 et Co-Président d'EUROFI qui est l'un des plus puissants lobbies financiers actifs à Bruxelles. Dans le G 30 il y a encore comme membres Mario Draghi et surtout Lawrence Summers (Larry) qui est l'architecte aux USA de toute la déréglementation du système financier de Clinton à Obama. EUROFI est in think tank, qui arbore sur son site les couleurs officielles de l'Union Européenne (!!!) et dont l'objectif de ses membres est "d'aider à construire un marché financier fluide, efficace et sûr". EUROFI et le G30 ont aussi inspiré les Directives européennes MiFID et MiFID2. Est étroitement mêlée à ce consulting pour la stabilisation des finances une autre ONG appellée EPFSF, le Forum Parlementaire Européen pour les Services Financiers dont l'objectif est de "faciliter et de renforcer l'échange d'informations sur les services financiers et les marchés financiers européens entre l'industrie financière et les Membres du Parlement Européen". Sylvie Goulard est membre du EPFSF. Sylvie Goulard (Modem / ALDE) est chargée pour le compte du CERS - Comité Européen du Risque Systémique de chapeauter et de faire adhérer le Parlement Européen à la nouvelle organisation de surveillance et de stabilité financière. Le Projet de Rapport de Sylvie Goulard repose encore sur les recommandations du TPN - Transatlantic Policy Network, une autre ONG qui est un réseau de réseaux présidé pour l'Europe par le Président-Europe de la Commission Trilatérale en la personne de Peter Sutherland. L'objectif du TPN est "d'instaurer un marché unique transatlantique". 59 Euro-Députés en sont membres à côté de grandes banques systémiques, des agences de notation et de grands groupes industriels, pharmaceutiques, agroalimentaires, biogénétiques. L'un de ces membres du TPN est Jo Leinen qui a fait voter en 2006 au Parlement Européen de Strasbourg les deux résolutions qui ont demandé de contourner le NON et le NEJ au Référendum du Traité Constitutionnel Européen du 29 mai. Le rapport de Sylvie Goulard s'appuie aussi bien évidemment sur les recommandations du Rapport Larosière (chercher "Larosière" ici et ici) qui s'appuie sur les recommandations de la Conférence  Bilderberg d’Athènes 2009. Le Goulard Report est soutenu par Bruegel, le think tank transatlantique où intervient régulièrement Sylvie Goulard. Bruegel se donne comme l'un de ses objectifs d'installer un "fédéralisme assurantiel". Sylvie Goulard a dirigé le mouvement France des Jeunes Européens Fédéralistes... C'est un mouvement "fédéraliste" que j'observe depuis 2006... qui vit sur l'anagramme de UE et bien sûr Jo Leinen est l'un des supporters officiels. Le fondateur du lobby Bruegel, membre de la Trilatérale et de la Conférence Bilderberg et conseiller pour Goldman Sachs, est Mario Monti, le remplaçant de Berlusconi. Si vous cherchez sur Google lobby banque bruxelles mon site est en A4 sur 10.100.000 résultats.

J'alerte régulièrement au sujet de Bruegel sur mon site depuis que je l'ai mis en ligne. J'ai mis dans la colonne de gauche de mon site le lien sur le Corporate Europe Obesvatory qui surveille le lobbying à Bruxelles auprès des instances européennes et de la Commission. Corporate Europe Observatory dénonce les activités de lobbying de Goldman Sachs à Bruxelles. Comme bel exemple du "conflit d'intérêt" vous avez ce lobby financier Bruegel, qui se fait passer pour être un think-tank. Mais quand vous consultez la liste de ses membres vous êtes édifiés. Vous y trouvez Ernst & Young pour le consulting financier à Bruxelles et membre du Groupe GEBI... En général ces lobbies financiers ne cachent pas qu'ils travaillent en étroite collaboration avec des lobbies américains. Ainsi le lobby Bruegel est lié par un partenariat avec GMF (the German Marshall Fund) dans l'objectif d'unir les points de vue de Washington et de l'Europe: "This strategic partnership will leverage Bruegel's intellectual expertise, GMF's convening capabilities and networks in Washington and across Europe". Il ne faut pas avoir peur d'utiliser les mots qui ont disparu depuis la fin de la guerre froide. Avec le maillage planétaire de la Goldman Sachs, ces lobbies financiers, qui siègent à Bruxelles, poursuivent l'impérialisme américain auquel s'est soumis le Commissaire français Michel Barnier, UMP, en intégrant les banques américaines dans son Groupe européen d'Experts, le GEBI.

Depuis les années 1980, la politique du FMI a toujours été sous la direction de Jacques de Larosière (1978-1987), de Michel Camdessus (1987-2000), de Christine Lagarde actuellement celle de forcer les pays à élaborer des plans d'ajustement structurel qui ont tous conduit à la ruine des pays d'Amérique latine, d'Afrique ou d'Asie (chercher Lagarde ici). Par la suite la plupart des pays émergents ou en développement ont refusé de recourir à l'aide du FMI ou de la Banque mondiale. Avec la crise financière, que le FMI n'avait pas vu venir, ce sont maintenant des pays européens qui s'adonnent à leur plaisir libertarien d'imposer à leurs peuples des plans d'austérité tout aussi draconiens que ceux des PED - Pays En Développement ou des Pays ACP - Afrique, Caraïbes, Pacifique. La Hongrie, l'Ukraine, la Lettonie, l'Irlande, la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Italie sont les dernières victimes de programmes d'austérité d'une extrême violence sociale pour satisfaire aux exigences des marchés financiers.

Évidemment il faut sortir au plus vite les pays européens de l'austérité et de la grave récession dans lesquelles ils se sont fourvoyés en n'étant pas capables d'assumer la dévastation causée par le tout-spéculatif du turbo-capitalisme organisé par leurs banques et les nôtres du nord dans le cadre du Traité de Lisbonne, et avec MiFID et MiFID2, Solvency et Solvency 2, la Directive CRD sur les Fonds Propres Règlementaires et Bâle II et Bâle III. Mais monétiser la dette privée léguée par les banques aux budgets nationaux et à la BCE et mettre ces dettes dans un "Pool" de défaisance, ce n'est toujours rien d'autre que de faire de la BCE et de l'Europe une bad bank au profit incontesté des instituts financiers. Une cabale est orchestrée contre Angela Merkel par les lobbies financiers qui la traite "d'impératrice". Les "eurobons" ne sont pas une victoire de ladite "gauche française" et du président nouvellement parvenu, ce sont une victoire des marchés financiers qui continuent à exercer un chantage implacable sur les États dit souverains pour qu'ils mettent en œuvre un abonnement durable au bail-out. Dans ce compromis de 4 pages adressé aux 27 et aux 17 il n'y a que 7 lignes sur l'exercice du pouvoir démocratique en Europe. Bien sûr je critique sur mon site depuis 2006 cette union monétaire autour de l'euro qui n'a jamais été conçue en prévoyant son corollaire, une politique sociale, économique et fiscale en Europe. Mais le "treasury office" du compromis des 4 Présidents qui est un embryon de ministère européen de l'économie et des finances, ne sert qu'à donner une présidence à la bad bank européenne et à son fonds de défaisance des dettes des banques. Otto_Dix_6.jpgEt la supervision intégrée des banques de la Zone Euro par la BCE n'aura pas non plus d'autre fonction, et elle permettra de la dédémocratiser en la soustrayant du contrôle du parlement européen. Le compromis des 4 Présidents et la décision des 27 qui sortira vendredi 29 juin 2012 n'abordera pas le contrôle et la règlementation des systèmes bancaires et financiers et éloignera encore plus l'Europe des peuples et des Travailleurs cassés avec le Pacte Fiscal Budgétaire Européen. Et tout ceci ne sera qu'une n-ième violation des statuts de la BCE, des Traités Européens et du Fonctionnement de l'Europe, puisque ces délégations des pouvoirs nationaux des États-Membres de la Région Europe ne seront pas accordées suite à un débat parlementaire et sociétal. La succession de petits putsch européens se poursuit au nom de l'urgence à laquelle l'Europe ne répond pas depuis l'année-Lehman 2008. La chancelière allemande n'étant pas prête pour les Euro-Bonds/Euro-Bills elle accepte que le sommet des 27 et des 17 permette au MES et au FESF - Fonds Européen de Stabilité Financière de recapitaliser directement les banques d'Italie et de Grèce sans condition et sur simple demande et aussi en leur rachetant sur le marché secondaire leurs Bons du Trésors, ce qui produit le même effet financier que d'émettre des Euro-Bonds/Euro-Bills. C'est encore pire que le veto de la chancelière allemande et ceci reste de la monétisation de la dette privée léguée aux États qui sauvent les banques en faillite en créant de la dette publique. L'Europe est devenue un distributeur à monnaie avec un simple bouton d'activation, pour les banques représentée par des États dits souverains. L'Europe est devenue l'union des dettes des banques. Je viens de voir sur mon logiciel d'audition de mes visiteurs que l'un d'entre eux a cherché "quelles sont les pires banques en france" et que mon site est en A1 sur 884.000 résultats. Le 5 février 2012 j'ai expliqué que les banques ont aussi manipulé le taux interbancaire LIBOR, TIBOR, EURIBOR. Le taux IBOR est le taux des taux qui détermine le niveau de tous les autres crédits. En réalité ce ne sont qu'une 15aine de banques qui ont le pouvoir de le déterminer. Le taux IBOR ne résulte que d'un simple sondage sur les déclarations de ces banques et n'a rien de scientifique ou de rationnel. Il est donc facile que ces banques s'installent en cartel et le manipulent. Enfin le scandale vient d'éclater hier à la City de Londres. Hier, c'était un placebo de day-of-reckoning avant le Big One attendu pour l'automne 2012. Le scandale du LIBOR doit servir de pétard comme Madoff ou Kerviel pour détourner l'attention du gros. On traduit maintenant FESF par "fonds de secours". Un "Pacte de Croissance" de 120 milliards d'€, 1% du budget européen à comparer aux 37% pour les banques..., a été aussi lancé devant les caméras, mais pour moitié il n'est qu'un réaffectation des fonds structurels européens non utilisés. Les fonds de croissance seront distribués mais sans condition.

3 heures après la clôture de ce sommet des 27 et des 17 du 28 et 29 juin 2012, Angela Merkel est à Berlin parce que les modifications des missions du MES, du FESF, du Pacte Fiscal budgétaire européen appelé officiellement TSCG - Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance sont soumises aujourd'hui au vote des représentants du peuple allemand du Bundestag, le parlement, et du Bundesrat, la Chambre Haute. Ce vote avait déjà été demandé il y a trois mois par le Bundestag. Le Président allemand ne pourra pas signer la loi de modification avant que le Tribunal Constitutionnel Fédéral de Karlsruhe ne donne son avis. Le parti "Die Linke" équivalent au "Parti de Gauche", mais aussi des députés de tous les partis ont déposé plainte devant ce Bundesverfassungsgericht de Karlsruhe. La modification de la mission du FESF/MES n'est pas moins d'autre qu'une nouvelle énorme délégation des pouvoirs démocratiques d'un État souverain à une société anonyme de droit privé domiciliée au Luxembourg (FESF) et à une organisation intergouvernementale selon le droit international public dont le siège est aussi à Luxembourg. Les employés et les fonctionnaires du FESF/MES jouissent de l'impunité totale et ne pourront être soumis à un contrôle parlementaire contrairement aux autres institutions européennes. Le FESF/MES n'est intégré dans aucun système de contre-pouvoir, ses travaux ne sont ni publics ni transparents et ne peuvent être soumis à l'examen de la part de la Cour des comptes européenne.

Le FESF/MES et la BCE sont devenus un Bail-out-Fonds financés par "Bon à payer", en fait des Merkel-Bonds, des Sarkozy-Bonds et des ... Hollande-Bonds qui sont des Euro-Bonds ou des Euro-Bills qui ne portent pas leur nom. En France les Chambres ne sont pas invitées à baisser le pantalon et le journal du Monde du 29 juin 2012 n'a comme grands titres à la une que des faits divers. C'est ahurissant. François Hollande, nouveau président parvenu a accepté le Pacte Fiscal alors "qu'il voulait renégocier les Traités européens" dans sa première promesse de campagne présidentielle, mais les instituts financiers sont satisfaits et les bourses ont enregistré dès la fin de ce sommet européen la plus forte hausse de l'année 2012. Le plan Larosiète-Lagarde-Goulard est simple: il faut contraindre les États à l'austérité pour qu'il leur reste des moyens financiers et budgétaires pour leur offrir leur sauvetage.

Il n'y a pas de crise de l'euro. La Grèce, l'Espagne, l'Irlande, etc concentrent en eux-mêmes les errements néolibéraux du Traité de Lisbonne et des Traités européens qui leur ont permis de violer les Critères de convergences et les critères de Maastricht avec, pour la Grèce, l'aide pendant dix ans de la Goldman Sachs et de Mario Draghi, actuellement le nouveau directeur de la BCE. Les simulations de sauvetage de la Grèce ne sont que des voies détournées pour renflouer les banques allemandes, françaises qui ont spéculé sur les dettes publiques et privées grecques, espagnoles, etc. Les banques du nord de l'Europe ont tout autant incité et stimulé à l'endettement les banques d'Espagne, du Portugal, etc et gagné en spéculant sur leurs dettes pour terminer en restant assises sur des centaines de milliards d'actifs toxiques irrécouvrables que la BCE va aussi éponger sur le dos des contribuables et des habitants d'Europe. La monétisation de la dette léguée des banques est une socialisation de leur pertes dont le remboursement sera réparti sur deux générations futures. Le sommet du 28/29 juin 2012 était annoncé comme le sommet qui remettrait l'accent sur la "croissance", et comme depuis 2008 c'était un sommet qui a débloqué des centaines de milliards d'€ pour les banques en faillite. Le day of reckoning fera de plus en plus mal. Ce serait pour la fin de l'été 2012.

bundesverfassungsgericht.jpgDepuis 2008 je vous informe que nous subissons le plus grand transfert de toute l’humanité de la dette privée vers la dette publique, et que la destruction de valeurs est tellement plus ample que celle qui avait eu lieu sous le régime nazi ou stalinien. Le pire est que cette destruction de valeurs se déroule actuellement dans des systèmes représentatifs et démocratiques d’Etats qui ont la prétention d’être souverains, mais qui agissent selon la Directive Bilderberg de la "Destruction par les marchés" définie à Athènes en 2009. Pour les grands financiers de la planète et pour leurs think-tanks et lobbies affiliés, il était meilleur d’imposer un appauvrissement généralisé de la population de la planète plutôt que de laisser tomber brutalement les banques, les assurances et les filiales financières de grandes entreprises comme Chrysler, Peugeot-Citroën, Renault, etc… Dans la foulée opératoire, le Dow Jones, le CAC, le DAX et les autres indices boursiers ont refait de très belles ascensions, mais comme je l’écris depuis 2008 ce ne sont que des bulles échoïques du sucker-rally du système pyramidal Madoff-Ponzi qui ne sont en aucun cas fondées sur une maintenance ou une croissance économiques. La population mondiale est bernée et la Campagne Présidentielle 2012 en France n’a été qu’une châsse-au-furet dans laquelle une réelle offre démocratique de gauche avait exposé les tenants et aboutissants de la crise. La Kasperle-Theater organisé par-dessus les têtes de Hollande et Merkel, mais avec leur bon-vouloir et leur soumission active, est une n-ième manière de mettre une tunique sur l’infamie. Il faudra être bien plus volontaire pour venir à bout de la crise des banques et du modèle de notre société qu’appellent de leurs vœux, les grands, les petits, les Cameron, les abstentionnistes ou les ouvriers ou employés qui donnent leur voix aux partis populaires de droite qui sont assis sur les valeurs humanistes tout en en ayant beaucoup parlé ces derniers temps. (photos: Otto Dix; dernière photo: Tribunal Constitutionnel Fédéral de Karlsruhe)