La Suisse, pour laquelle le secret bancaire est garantit par la constitution, et le Luxembourg, sont des paradis fiscaux. La Suisse a fait la démarche inverse en délocalisant officiellement dans les Iles Vierges le "fonds de défaisance", qui est la bad bank de la UBS.

La relocalisation des activités domiciliées dans les paradis fiscaux se fait gratuitement et sans amende, mais avec des cadeaux de bienvenue: l'outil pour ceci est les garanties d'états allouées aux banques, les Plans de Sauvetage et de Restitution de la Confiance sur le marché des crédits, les Plan-s Européen-s avec les "Boîtes à outils", la création de bad-banks et de fonds de défaisance pour dissoudre les créances toxiques des marchés financiers et surtout des bilans, les nationalisations partielles ou totales, qui sont des recapitalisations sur le compte du Trésor public et donc des contribuables.

J'admire ce chapelet de gouvernementaux qui assurent la continuité de l'État depuis les schémas de Ponzi allant du consensus de Washington et de l'École de Chicago, en passant par Madoff et par les banques et leurs filiales, par lesquelles ont été organisés le lessivage des actifs réels des économies nationales et les hystérisations collectives de croissance par titrisations consécutives adossées en dominos sur des mix de créances toxiques (beaucoup) et d'actifs réels (peu ou aucun).

La continuité de l'État, et de l'Europe, ou si vous voulez, de la pyramide de l'escroquerie, culmine chez le dernier acquéreur grâce à ces derniers ascenseurs comme ces outils comme la bad bank, la nationalisation, les garanties, les injections en liquide par trillions d'euros ou de $. Le dernier acquéreur est le contribuable et la masse de citoyens et habitants d'un État. Il n'y a pas besoin d'être hypocondriaque, d'avoir des envies "d'exprimer ses angoisses" comme en France le 29 janvier ou le 19 mars 2009, ou comme le 21 février 2009 à Dublin, ou comme à Athènes ou à Reykjavik. L'État Providence est là, omnipotent et veille sur vous. Ceci est le résultat du G4 de Berlin du 22 février 2009, ou du G8 partiel, qui s'est réuni suite au G24 de Washington de l'automne 2008 et qui n'a rien donné d'autre que du bling-bla, en préparation du G20 de Londres du 2 avril 2009, qui sera le Bretton-Woods de tous les Bretton-Woods. Le Traité de Lisbonne reste intouché. Nous sommes sauvés. Le système de l'escroquerie libre, durable et non faussée est garantie en violation des critères de convergence et de croissance de Maastricht - avec lesquels je n'étais de toute façon pas d'accord -, des Directives européennes, etc... Personne ne parle d'une gouvernance économique, macro-économique, de l'emploi, fiscale en Europe. Ça bidouille, ça papouille. Les presses allemande, anglaise, française ne se sont pas mises d'accord ce dimanche ordinaire pour intituler cette réunion G4, ou G8, ou G4 en vue du prochain G20, ou semi-G8 en vue de la préparation du G24 + 2 de Londres du 2 avril 2009 (dit Bretton-Woods 2)... L'effondrement du capitalisme financier n'a qu'un visage, mais on feint d'avoir ses subsidiarités et ses particularités à conserver.

La fusion en France de la Caisse d'Épargne et de la Banque Populaire est un bon cas d'école de ces bail outs magiques. Cette fusion (CEBP) entre officiellement en vigueur le lundi 23 février 2009, l'État recapitalise à hauteur de 20% ce groupe, mais les positions négatives catastrophiques, les pertes de la filiale Natixis, ne vont être annoncées que dans quelques jours... La confusion privé / public et la continuité de l'État seront assurées par Monsieur Pérol, ami perso de NS. L'État français feint d'acheter la chat dans la sac. Ce n'est qu'une feinte, c'est une manière de rapatrier en métropole tous les activités spéculatives de hedge fonds des filiales de ces deux banques, de racheter les titres toxiques dans la bad bank, de redonner une "santé" financière apparente à ces deux groupes en  éliminant du bilan consolidé ces positions toxiques impactées et de les faire payer par le budget de l'État et le contribuable et les générations suivantes. L'État "qui était en faillite" en juin 2008 selon le 1er Ministre F. Fillion et bien avant l'éclatement de la crise en Europe continentale, cet État qui n'était pas disposé à aider les services publics, dépense des sommes astronomiques pour racheter de la merde déposée par le système spéculatif irresponsable et cautionné par tous les partis politiques comme l'incontournable nécessaire. Une fois de plus je rappelle, que l'électeur est adulte et qu'il a laissé tous les partis de droite à gauche composer avec cette organisation systémique "qui tend au plein-emploi et apporte croissance et bien-être". J'entends déjà qu'avant l'été il y aura des émeutes en Irlande et au Royaume-Uni. Émeutes contre qui? Contre soi-même? L'électeur avait préféré écouter les sirènes, il va maintenant se frapper lui-même sur la tête par personne interposée?


Le modèle anglo-saxon de contrôle et de régulation du système financier est en faillite, redresser un mort ne lui apprendra pas à marcher. Nouriel Roubini, de RGE Monitor a répondu a quelques questions qui lui ont été posées par le Financial Times. Je vous en livre quelques extraits ci-dessous. Beaucoup des réponses de Nouriel Roubini, se trouvent sur mon site et sont l'objet de mon enseignement depuis 1993 en Master Grande École. Je critique en boucle le système prudentiel issu des Recommandations de Bâle 2 et de sa déclinaison européenne avec la Directive Fonds Propres (CRD).

On n'avait pas besoin de s'appeler Nouriel Roubini pour arriver à ces conclusions, mais à la différence de Nouriel Roubini je me faisais traiter de "gauchiste social-nationaliste rouge-brun". Il ne nécessitait pas une grande énergie pour s'extraire du mainstream et pour penser, la plus grande énergie était pour moi de rester pendant plusieurs décennies droit et conséquent avec ma pensée. Donc, le poids et l'affront, c'était les autres, c'est à dire tous.


Nouriel Roubini
sur Wiki >>> Au début des années 2000, il a été surnommé Dr. Doom, "Dr. Catastrophe" à cause de ses prédictions économiques notablement plus pessimistes que la plupart des économistes. En 2005, selon le magazine Fortune, Roubini a affirmé que le "prix des maisons surfait sur une vague spéculative coulerait bientôt l'économie". À cette époque, il a été qualifié de Cassandre, maintenant, il est un sage.

Nouriel Roubini: "le contrôle du système financier reposait sur une auto-régulation, en réalité sans effet. Puis il reposait sur la discipline des marchés qui n'existe pas dans des périodes exubérantes euphoriques et irrationnelles. Puis il reposait sur des modèles du management du risque interne qui ont failli. Tous les piliers des recommandations de Bâle 2 du système comptable prudentiel ont failli avant même d'avoir été appliqués. L'approche de l'auto-contrôle avait donné naissance aux agences de notations boursières qui étaient entrées massivement en confusion des intérêts entre les systèmes dépendants de contrôles et leurs donneurs d'ordre. Ces agences étaient des entités captives du système financier. D'autres grandes banques seront insolvables et si elle sont trop grandes pour chuter (too big to fail), elles sont aussi trop grandes pour être sauvées (too big to save) parce que le système fiscal et les ressources fiscales des États ne sont pas assez grands pour sauver des insolvabilités de telles ampleurs et pour sauver le système financier tout entier. Le système britannique et américain de bail outs (sauvetages) terminera dans des zombie bank (bad bank) qui vont perpétuer l'assèchement des liquidités (credit crunch). Les économistes et les politiciens espèrent percevoir des signes positifs suite à leurs mesures, mais ce sont à présent les banques centrales qui ont les genoux à terre. Une crise fiscale va suivre les autres crises. Les gouvernements sont responsables de cette crise fiscale."

Les gouvernements ne vont pas permettre à leur système bancaire de s'effondrer, mais qui va permettre aux États et aux gouvernements de ne pas s'effondrer? L'Islande, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie sont déjà tombées. Le Grèce, l'Espagne, l'Italie sont au bord de la catastrophe. L'Autriche, la Belgique, la Suisse, le Danemark sont en grave danger. L'Irlande et le Royaume-Uni sont à quelques semaines de la banqueroute d'État comme l'Islande.

Selon le journal Suisse allemand, Tagesanzeiger, la Suisse va être en cessation de paiement prochainement à cause des crédits accordés aux Pays de l'Europe de l'Est en Franc Suisse pour un montant de 200 milliards de $. En tout il existe 675 milliards de $ de crédits accordés en Franc Suisse par d'autres pays comme la Grande-Bretagne ou par des "instituts financiers off-shore" (paradis fiscaux en langue suisse). La banque centrale suisse aide directement les banques centrales de ces pays de l'Europe de l'Est, qui aident elles-mêmes les banques commerciales impliquées dans les crédit pourris. La conséquence est que la Suisse connaisse (je l'ai indiqué sur mon site dès cet automne suite à mes lectures vigilantes) comme l'Islande la banqueroute d'État et un effondrement de sa devise. Vous verrez qu'alors la Suisse, demandera à être membre de droit de l'UE. Elle applique donc de toute façon la majorité des Directives européennes.

En réalité "too big to fail" et "too big to save" ne signifient plus rien. Suite au faux diagnostic, les États pompent des trillions dans un faux malade et lui administrent le faux médicament. Les USA d'Obi, le roi du bricolage, pompent 2.000.000.000.000 (2 billions de $) pour éviter de sombrer dans le plus grand désastre dans lequel le néolibéralisme a jeté la planète après Hitler et Staline. Obama et Timothy Geithner, son Secrétaire au Trésor, vont injecter 1.000.000.000.000 juste dans les banques et proposent un budget de 3,6 billion de $. Ce chiffre était valable avant la grande vague de nationalisations des banques américaines, c'est à dire des recapitalisations avec de l'argent frais. Plus 800 milliards pour les investisseurs. Ceci ne constitue qu'un programme d'aide qui reprend aux investisseurs privés les pertes, après qu'ils ont empoché pendant des années les bénéfices qu'ils ont délocalisés dans les paradis fiscaux en ne contribuant pas à l'impôt. Obama ne fait rien d'autre que les Bush, et va augmenter de... 75 billions (BILLIONS) de $ pour les guerres d'Irak et d'Afghanistan.

Aujourd'hui, 24 février 2009, le Dow Jones et le Nikkei vont passer sous la barre des 7000. Ils ont perdu 1000 points en une semaine. Cette chute est encore plus rapide qu'au moment chaud de la crise de cet automne. Personne n'en parle, alors que Obi n'arrête pas d'annoncer des plans de plans de plans.

Laurence Parisot s'insurge contre les aides de l'État et les soutiens financiers avec prises de participations dans les banques en suppliant de ne ne les rendre que transitoires "parce que l'État a toujours prouvé qu'il est un mauvais manager", mais plus mauvais que ce management financier est impossible. Voilà donc ce qu'elle a déclaré lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien: "Il faut comprendre que l'État, il est nécessaire qu'il intervienne parfois, assez loin, mais ça doit toujours être une intervention ponctuelle. Dans notre pays et d'autres, on a vu quand un État voulait s'installer dans le rôle d'entrepreneur, c'était bien souvent des catastrophes qui étaient assurées au bout du chemin. Je souhaite que, s'il y a une forme de nationalisation, ça ne doit être que provisoire."

L'État providence est de retour. Pour les banques d'affaire, commerciales et d'investissement, mais aussi pour les banques captives de PSA et de Renault (Peugeot-Citroën, PSA, et Renault ont titrisé les actifs de leurs groupes dans leurs filiales PSA Financial Service et Banque PSA Finance et Renault RCI Banque). Je peux affirmer que Peugeot ou Renault sont des Hedge Fonds adossés sur de la construction automobile. C'est aussi vrai Pour Chrysler qui appartient au Fonds de Pension Cerberus, pour Ford, pour GM.

Le retour de l'État Providence bancaire semble mettre à jour une situation paradoxale. L'idéologie du "plus de privé, moins d'État" issue du consensus de Washington et de l'Ecole de Chicago avait déferlé sur le monde occidental à partir des USA. Le mot même "idéologie" ne peut être qu'une expression utile, car il ne s'agit pas d'une idéologie d'idéologues pervers, mais de pratiques gouvernementales. C'est à partir du Président américain Ronald Reagan qu'il avait été matraqué que "l'État est quelque chose de mauvais". Reagan s'était inspiré de "The road of serfdom" de von Hayek. Sous les Bush, cette tragédie s'était mutée en farce. Et plus leurs manières de gouverner remontait au temps des cavernes, plus cette idéologie de la privatisation se renforçait et invoquant la capacité des marchés, de l'initiative privée, de la main invisible. L'Europe elle-même n'a été qu'un organisme de transferts de richesses, de savoirs, de pouvoirs et de droits à des agents de commerce. Jusqu'à l'automne 2008 étaient mauvais les institutions, les lois, les administrations, les bureaucrates. Le capitalisme ne s'était pas écroulé en une fois le 15 XI 2008 avec l'effondrement de la Lehman Brothers parce que l'État était intervenu massivement. Cette seule intervention a été la plus grande intervention d'État depuis Wladimir Iljitsch Lenin.

Il s'avère à présent que cette première intervention, puis les autres, puis les actions concertées des banques centrales ne produisent aucun effet. Le système financier global est gravement malade. Dans les bilans des banques dorment des billions de créances toxiques et de valeurs non corrigées, ou plutôt des non-valeurs surévaluées comme les CDS et les CDO. Depuis quelques semaine se propage une ambiance d'enfer. Jusqu'à présent on se berçait encore dans l'illusion que les 70 systèmes bancaires et d'investissement les plus grands de la planète étaient "too big to fail", mais la punition par les marchés poursuit sa destruction et l'État continue à s'offrir à eux comme le paradis fiscal d'invasion, de transvasion de la dette, car la dette, elle, se rapatrie toujours en métropole. Il faut bien quelqu'un pour la leur payer.

Que se passera-t-il quand nous allons comprendre que la montagne de dettes est trop grande? Des chiffres? Personne ne les connait. Les banques avouent petit à petit, "découvrent encore des positions négatives" derrière les tailles-crayons de la secrétaire ou de madame-pipi, la madone des cabinets. Rien que pour l'Allemagne il y aurait 2000 milliards d'euros de créances toxiques dans les bilans des banques, dont 270 milliards représentant des crédits accordés aux pays de l'Europe de l'Est. Pour l'instant ce ne sont encore que des déchets comme les "Asset Backed Securities" (des titres adossés à des actifs) comme les subprimes qui ouvrent des trous béants. Ces pertes de patrimoines entrainent un effet en chaîne, les investisseurs en quête de liquidités stoppent leurs investissements ailleurs, tout le monde vend des actifs pour garder des liquidités, la conjoncture dévisse, les emprunteurs normaux de l'économie réelle font faillite ou ne peuvent assurer le service de leurs dettes. Bientôt il y aura le tsunami d'autres "Asset Backed Securities", celui des CDS et des CDO, dont l'amplitude n'a rien a voir avec les effondrements que nous connaissons depuis 2007.Vous voulez mon avis? Dès que s'enclenchera l'effondrement effroyable et gigantesque de la bulle des CDS et des CDO, toutes les banques de la planète seront nationalisées en même temps, comme ceci l'information sur le montant ne sera jamais connue. Aujourd'hui, le plus grand assureur mondial américain AIG vient d'annoncer de nouvelles pertes. Il s'agit cette fois-ci de 61,66 billions de $, c'est à dire la plus grande perte d'une entreprise de toute l'histoire économique de l'Humanité. AIG a déjà bénéficié depuis septembre 2008 de 3 Plans de sauvetage (bail outs).

Et l'État continue à pomper l'argent des contribuables de demain et d'après-demain dans un système totalement cassé. C'est ici que réside la crise. Pas ailleurs. Les G4, G20, G24 font tous semblant de ne pas avoir compris le dérèglement systémique et rachètent sans contre-partie les positions négatives de ce système d'escrocs. (Photo: Dublin, 22 II 09).

Paul Volcker, ancien président de la Federal Reserve (Fed') et actuel conseiller d’Obama, estime "que la situation est pire que pendant la Grande Dépression". Selon l'agence Reuters: "I don't remember any time, maybe even in the Great Depression, when things went down quite so fast, quite so uniformly around the world." Une autre citation du même Volcker, extraite d’un article de The Independent, instruit sur ses doutes fondamentaux sur la viabilité du système, sur sa capacité à survivre: "Paul Volcker […] said that, while he felt capitalism would survive, “I’m not so sure about financial capitalism”. Va-t-on le traiter de "gauchiste social-nationaliste rouge-brun" lui aussi?

Jeter autour de soi de manière insensée et irrationnelle de l'argent, voilà ce que sont tous les Plans TARP, Bush-Obama, de Sauvetage, Européens, de Restitution de la Confiance et de Relance. Avec raison les ouvriers, les employés, ceux qui sont au ban de la société ont peur, ici ou dans le Tiers Monde. Et voilà que d'un coup on ne parle plus de PED (Pays en Développement), ou de Pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique), mais que dans la presse internationale revient le mot "Tiers Monde". Pendant la période de gloire de l'OMC, jusqu'en 2001, puis des milliers d'accords bilatéraux qui l'ont remplacée depuis l'échec du cycle de Doha en 2001, il n'y avait plus de Tiers Monde. (Photo: Opel, l'espoir meurt en tout dernier)

Les petites gens du monde industrialisé perdent aussi leur dignité, ils sont menacés de chômage par millions, ils ne pourront plus subvenir à leurs besoins ni assumer leurs cotisations pour la santé et pour la retraite, et ils seront abandonnés des politiques sociale et de santé. Même si les médias taisent les suites malheureuses qui se feront sentir pendant 20 ans, le contribuable sera obligé de supporter pendant plusieurs décennies les trillions de dettes pour les sommes que l'État a pompé dans un système mort. Sont au contraire rassurés les capitalistes, les détenteurs de coupons, les criquets et les génies de la finance, bien que ce soit eux qui ont conduit toutes les économies nationales dans la faillite et la ruine. Les créations de marge qui ont été obtenues avec un travail difficile et acharné des peuples, partent en fumée dans des spéculations irresponsables et maladives et dans des boni et dividendes versés au traders, banquiers et actionnaires. Les grands systèmes banquiers et financiers, Renault, PSA, etc... qui sont soutenus par milliards d'euros continuent à verser ces boni et ces dividendes. Il en faut moins pour déclencher une guerre civile. Il n'est pas prévu pour cette Classe Globale de bénéficiaires de la Globalisation des émissions télévisées sur le thème "Comment survivre comme SDF sous les ponts".

Le plus rageant dans cette crise et le montant abyssal des sommes subitement engagées par les États avec lesquelles ils estiment pouvoir endiguer la crise. Personne ne connait en réalité la menace, et encore moins sa dimension et son étendue. Il n'existe pas d'analyse qui fasse foi, tout comme une stratégie fondée. Chaque État agit de manière isolée, nous sommes revenus à l'euro-Franc, l'euro-Mark, l'euro-Lire et avons même inventé la livre-euro en créant cet automne des sanctuaires protectionniste avec le soi-disant Plan-s Européen-s avec les Boîte à Outils qui n'est qu'un déni d'Europe et qui a redonné officiellement à l'Europe ce qu'elle est depuis sa création: une zone de concurrence déloyale, libre et non faussée avec en tête les dumping sociaux et fiscaux du Royaume-Uni et de l'Irlande, puis des nouveaux pays entrants qui sont passés de la pauvreté communiste à la pauvreté de la faillite commerciale et au soutien par le FMI après avoir été engraissés par les Fonds structurels européens.

Ce n'est pas encore écrit sur le Web ou ailleurs mais je vous livre ici une pensée qui fera précédent sur Google. Bruxelles va accepter l'entrée dans la zone euro de l'Islande, mais aussi du Royaume-Uni dans une procédure accélérée sans demander à ce dernier pays d'abandonner ses opt outs, ses clauses dérogatoires qui lui permettent ses dumpings. Bruxelles ne demandera pas à l'Irlande d'abandonner les mêmes opt outs dont elle jouit. Bruxelles ne demandera pas non plus à l'Irlande et au Royaume-Uni de réintégrer dans le Traité de Lisbonne la Charte des Droits sociaux et fondamentaux qu'ils avaient exigé de retirer du texte final. Cette intégration dans la zone Euro vous sera vendue par les gouvernementaux et les médias comme un grand succès de l'Euro. L'Euro est en réalité un échec par manque d'une politique macro-économique et fiscale commune. L'Euro éclate en ce moment dans sa forme avec ledit Plan-s Européen-s de sauvetage adossé sur les Boîtes à outils et sur l'abandon en cascade des critères de Maastricht dit de "convergence et de croissance". Bien que le Traité instaurant la création de l'Euro interdise tout bail out (sauvetage) d'un État en faillite par les autres États membres, l'Allemagne se dit prête à aider les prochains États faillitaires, à savoir les Tigres baltiques (Lettonie, Lituanie, Estonie). L’Allemagne a aussi fait dans sa partie Est - qui a toujours 20% de chômage, 20 ans après la réunification - avec la Real Hypo Estate la même folie des subprimes que l’Irlande, l’Espagne, l’Islande, les USA, les Pays baltes, la Hongrie, la Pologne. Il paraît que le Land allemand du Nord, le Schleswig Holstein, est au bord de la banqueroute d'État. Justement les Länder allemands viennent solennellement de rappeler les principes de la loi Fondamentale Allemande et qu'un citoyen d'un Land est aussi citoyen du Bund, et donc qu'il a droit au passage de la sanicrotte comme tout le monde. Il est aussi de bon ton de raconter en ce moment que si l'Irlande n'est pas encore en cessation de paiement c'est parce qu'elle fait partie de la Zone Euro. Il n'en est rien elle est déjà en insolvabilité, elle a réduit de 7% les salaires des fonctionnaires et les pensions pour rembourser la dette. Elle est en pour-parler avec le FMI pour obtenir une ligne de crédit.

Le bail out des systèmes bancaires des pays de l'Europe de l'Est a commencé le vendredi 26 février 2009. Ces banques de l'Est de l'Europe vont recevoir une aide de 24,5 milliards d'euros financée par la Banque Mondiale (corollaire du FMI), la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement), et la (BEI) Banque Européenne d'Investissement. Thomas Mirow, Président de la BERD, a précisé que le besoin de ces banques est de 150 à 200 milliards de $ simplement pour les éloigner d'un danger de l'insolvabilité.

Vous pouvez voir sur l'infographie cliquable à droite le calendrier européen des actuelles ou prochaines banqueroutes d'État pour le début de l'année 2009 selon la référence S&P (Standard & Poor's), qui fait mondialement autorité. A l'intérieur de l'Allemagne, on ne voit pas le Land fédéral du Schleswig-Holstein. L'Irlande est déjà en faillite technique mais n'a pas encore demandé l'aide au FMI. Il en est de même pour le Royaume-Uni dont toutes les banques sont en faillite technique. Dans le graphique du milieu à droite vous voyez les spreads, c'est à dire la hauteur du taux d'intérêt offert par un État sur ses Bons du Trésor qu'il met sur le marché. Plus le taux est élevé, plus l'État a du mal à attirer l'investisseur. L'écart entre les spreads à l'intérieur de la Zone Euro ou de l'UE est un énorme facteur de déstabilisation de l'Euro et de l'UE. Le graphique du haut montre les dettes cumulées (Critère de Maastricht 60% du PIB).

Nous pouvons aussi penser que la crise sert d'alibi pour licencier par million des Travailleurs, pour étouffer leurs revendications salariales afin d'éponger avec l'argent public les spéculations qui ont échoué. Et si les gigantesques Plans de Sauvetage étaient eux-mêmes la vraie crise? Les analystes financiers et boursiers, conseillent eux-mêmes de racheter des actions, principalement des actions des banques, et le carrousel des short selling, des ventes à découvert, a repris ses farandoles, qui sont un moyen idéal de faire des bénéfices avec les dépréciation et pertes des autres. Le gouvernement Gordon Brown qui avait interdit les short selling, cette spéculation à la baisse, les a réintroduits il y a quelques jours. Le short selling est aussi le moyen idéal pour créer l'irrationalité et la panique sur les marchés, et il est par exemple la cause de la chute de l'assureur IAG aux USA qui a perdu 100 milliards de $ à ce jour et qui va bénéficier d'ici quelques jours d'un second bail out.

On dit que la crise a pris naissance parce que des acheteurs de maison n'ont pas réussi à rembourser leurs dettes (subprimes). Pourquoi les systèmes financiers sont-ils pompés de milliards et pourquoi les familles et les ménages ne sont-ils pas bénéficiaires de ces aides? Ainsi les banques recevraient de l'argent et les parents et enfants ne seraient pas expulsés de leurs maisons. Jusqu'à la fin de l'année 2009, il y aura ainsi encore des expulsions de propriétaires de 10 millions de maisons aux USA. Si les ménages recevaient ces aides, on remarquerait que les "créances toxiques" ne sont plus un petit déclencheur de la crise. Comme déjà traité plus haut et dans ce site, il y aura la bulle des CDS et la bulle des CDO qui est mille fois plus importante que la bulle des subprimes. Avec la bulle des CDS / CDO on ne parlera pas comme pour les subprimes des emprunteurs Ninja (no income, no job, no assets - sans revenus, sans emploi et sans bonités) mais d'un système de réassurance des créances d'entreprises piloté par les monoliners, un genre d'entreprise ad hoc qui s'est constitué pour transformer les dettes et débits des entreprises en actifs adossés sur ces créances, afin de faire tourbillonner la farce spéculative et faire enfler une bulle, sur du rien, du strictement rien et encore moins que du rien. Le problème est en réalité encore plus grave, car toute la planète cache environ 62 trillions de $  de CDS / CDO selon la ISDA ( = 62.000.000.000.000.000.000 selon Swaps and Derivatives Association) qui ont perdu jusqu'à 100% de leur "valeur", mais personne ne connaît en réalité ce "juste" prix de ces CDS / CDO actuellement, ce qui veut dire que tout plan de recapitalisation des banques ou d'instituts qui se sont impactées dans du commerce de ces produits (au lieu d'émettre des actions, on vendait des CDS directement à des sociétés ad hoc) ne peut fonctionner.

Et que personne ne me dise "oui, mais ça avait permis la croissance aux USA". La croissance aux USA n'était qu'exogène, c'est à dire que ce n'était que cet effet de levier qui faisait gonfler artificiellement la valeur des actifs de ces bulles. De la croissance il n'y en avait pas aux USA, comme des gains de productivité non plus, bien que les USA nous étaient toujours présentés en Europe et à Bruxelles comme l'exemple de la production de richesses par rapport au nombre d'actifs et aux nombre d'heures travaillées sur une année.

Le montant mondial de ces CDS est passé en 10 ans de 0 à 25 trillions de $. Il faut d'abord que ce brouillard épais des incertitudes de ces CDS / CDO disparaisse. Et personne ne sait comment les faire disparaître autrement qu'en laissant s'écrouler cette énorme bulle des CDS / CDO qui est la bulle la plus énorme de l'histoire de l'humanité. Il est étonnant que tout se passe comme si personne n'était au courant de ce déluge de désolation qui va s'abattre sur la planète et que l'on attende sagement que ces CDS arrivent à maturité, doivent être remboursés ce qui ne sera plus possible vu le manque mondial de liquidité provoqué par le système mondial de banques et vu la récession qui provoque d'autres trous de trésorerie et vu les faillites en chaîne des entreprises de l'économie réelle. Selon Christopher Whalen, Managing Director du Institutional Risk Analyst, Torrance, California, "les États devraient adopter une ligne très sévère et laisser saigner les anciens actionnaires et les détenteurs de titres afin d'attirer de nouveaux capitaux. Le processus de dévalorisation des actifs n'a même pas encore commencé en Europe. Il ne faudrait plus lancer de nouveaux plans de sauvetage (bail out) et laisser toutes les banques endettées engager une procédure de liquidation. Les Régulateurs font un très mauvais travail à cet égard.

La Royal Bank of Scotland (RBS), publie ce matin 24,1 milliards de £ (26,9 Mrd. Euro) de perte pour 2008. Cette perte constitue le record absolu de toute l'histoire du Royaume-Uni. La RBS est la seconde banque du Royaume-Uni et la 5ème banque du monde. Cette banque qui a été nationalisée partiellement en 2008 a annoncé ce jeudi 26 février 2009 qu'elle va assurer avec l'argent du contribuable ses titres pourris représentant un montant de 325 milliards de £ pour cacher l'insolvabilité. La Lloyds vient d'annoncer un jour plus tard un montant à ce jour de 200 billions de £ d'assets pourris et elle demande également à Alistair Darling de faire racheter ces pertes avec le même programme appelé "Asset Protection Scheme". Appelé ainsi ou autrement c'est pour la Lloyds ou la RBS une nationalisation totale mais déguisée qui est conduite par Alistair Darling, ministre des finances. Les actions de RBS ont subitement augmenté de 40%... parce que les actionnaires, soulagés, redoutaient des pertes encore plus élevées.Le gouvernement Obama vient de faire passer sa prise de participation de 8 à 36% dans la Citigroup qui était la plus grande banque du monde, mais il ne faut pas dire que c'est une nationalisation. Souvenez-vous, Bush senior avait dit au discours annuel sur l'État de la nation en 1990 "we won the cold war".


Mervyn King, le Gouverneur de la Bank of England (banque centrale) a dit aujourd'hui "qu'il est impossible de dire combien de capitaux seront nécessaires pour remettre à flot le système bancaire britannique. Il faudra de longs mois pour connaître l'amplitude des assets toxiques détenus par les banques." Cette affirmation est vraie et fausse en même temps. Fausse, car les banques connaissent leurs encours et leurs assets, même si la traçabilité de leurs CDS, CDO et CDO squared (au carré, c'est à dire des titres de titres de titres..) est difficile à établir. Vraie à cause de la manipulation légale des normes comptables que je vais maintenant vous décrire dans le § suivant. Ce langage d'imprécision qui est totalement similaire à celui de Bernanke, Gouverneur de la Fed', est une manière de préparer l'opinion publique à 4 choses: qu'elle aura à payer encore beaucoup plus, qu'elle aura à payer à l'avance, qu'elle aura à payer sans savoir pourquoi au juste, qu'elle aura à payer alors qu'on lui cachera en définitive le montant réel des 68 trillions de CDS / CDO pourris qui grouillent dans les banques et les portefeuilles. Et bientôt vous reverrez des affiches comme pendant la guerre intitulées "Victory Harvest" (moisson pour la victoire). La continuité de l'État se fera à ce prix, car si le montant réel était annonce il y aurait immédiatement de grave soulèvement populaire. Depuis deux jours d'ailleurs, Barack Obama reçoit de la CIA un folio supplémentaire tous les matins. Il traite de "l'impact social sur les populations et des risques d'agitations et d'émeutes"...


Le niveau des pertes annoncé aujourd'hui par la RBS (ou par la BP et la Caisse d'Épargne) n'est qu'une manipulation due à l'assouplissement des normes comptables temporairement autorisé par les gouvernements relativement au mark-to-market accounting (assouplissement des normes prudentielles comptables de Bâle 2 et IFRS). L'État britannique détient 70% des voix et 80% des parts de la RBS. Son patron, Fred Goodwin appelé aussi "Fred the Shred", vient de partir à la retraite à 50 ans avec un golden-parachute sous forme d'une retraite annuelle de £693,000 versé en une fois pour la période prévue par son contrat de travail, soit jusqu'à 60 ans. Il a ruiné  l'Écosse et la Grande Bretagne, mais pas tout seul... il avait obtenu l'aval de... Gordon Brown... qui était ministre des finances sous Tony Blair. Où que l'on regarde, c'est bien tous les rouage de la société civile et politique, du guichetier jusqu'au chairman (CEO), de l'électeur jusqu'au Chancelier de l'échiquier qui ont voulu et aménagé ce système de dépeçage des nations par elle-mêmes. Le guichetier avait sa golden-prime de Noël, le supérieur son golden hello ajouté à son golden parachute. Un jeune professeur anglais m'avait dit cet été dans un camping à Dunvegan of Macleod, Isle of Skye, "you must pay for intelligence".

Pour Nouriel Roubini "toute les banques de presque tous les pays du monde sont insolvables parce que les pertes à venir dépasse leur capital. Il ne s'agit ici plus des subprimes, et pas encore des CDS, mais tout simplement des crédits normaux pour les automobiles, les études, les cartes de crédit, etc... qui ont été accordés à des clients normaux ayant eu des garanties normales. Simplement aux USA il y aura pour un montant de 3 billions de $ de créances pourries nouvelles ( = 3.000.000.000.000 $). Tout le système bancaire américain est insolvable. La crise actuelle est la Crise du système de Crédit et des placements. En même temps les règles comptables (Bâle 2) sont actuellement assouplies. Elles imposaient une évaluation des actifs en temps réel par rapport à la valeur du marché (mark-to-market accounting, voir les définitions >>> Vernimmen et Wiki, et Neubewertungsprozess et Zeitwertbilanzierung pour mes étudiants). Avec cet assouplissement la porte est ouverte aux manipulations. On joue sur le temps. Pas exemple la Citigroup a encore évalué dans ses comptes les CDO à 60% de leur valeur nominale et la Merill Lynch les a déjà revendus pour un prix inférieur de 98% de leur valeur nominale. [...] Ce dérèglement a été permis par la tendance à la dérégularisation et aux innovations financières. Ces innovations financières ont prospéré dans un jungle sans cadre juridique et de contrôle appropriés. Ce phénomène a encore été consédérablement amplifié par la manière dont ont été rétribués les acteurs du marché: les managers et le marché financiers se sont agités sans le moindre des contrôles et étaient intéréssés en premier lieu par le volume et non pas par la qualité des instruments financiers qu'ils avaioent inventés et vendus. Ils avaient pu empocher de gigantesques prime sans prendre en considération le fait qu'ils pouvaient conduire à la faillite les entreprises."

Quand je critiquais ce système de spéculations compulsives des Derivate, les produits dérivés, depuis le début des années 1990, on me traitait de "vieille chaussette rouge nostalgique du système communiste" (du zählst zu den alten roten Socken aus dem ehemaligen kommunistischen Ost-Block). Quand je "m'engueulais" régulièrement avec mes étudiants à ce sujet, ils me traitaient (poliment) d'arriéré, et j'avais beau leur raconter que dans la querelle des modernes et des anciens, c'était eux les vieux réacs et que j'étais des années lumières en avance sur eux. J'ai vécu depuis 1990 une solitude intellectuelle, je n'avais que mes convictions et mes analyses pour me ressourcer, mais j'ai la fierté que je suis resté matériellement et intellectuellement incorruptible et que ma carrière a subi régulièrement de gros revers. Nous sommes donc dans une démocratie, vous savez, avec son système de régulation... J'étais aussi en plus metteur en scène et j'avais monté un énorme spectacle avec des extraits de Largo Desolato de Vaclav Havel en 1ère partie et de Minetti de Thomas Bernhardt en 2ème partie, en 1990, pour prouver que devant ou derrière le Mur, l'Intellectuel est freiné par la censure. Le spectacle était apprécié, mais là, je faisais de l'art... et un an après la Chute du Mur on pouvait un peu s'encanailler.

Un actionnariat est nécessaire pour apporter de l'argent aux entreprises et pour financer leurs projets industriels. Un taux de rémunération des actions est normal. Mais c'est les Travailleurs qui font tourner l'usine qui mettent en valeur les investissements, ce n'est pas les investissements qui font grouiller dans les bâtiments industriels les Travailleurs comme des hamsters.

La crise, si c'est une crise, est le résultat de spéculations compulsives, de l'avidité, de l'addiction aux gains, de la démesure, des mesures de marketings étirées jusqu'à leur point de rupture, du management financier, de la tromperie et du vol, du capitalisme de casino.

Si les banques ne prêtent plus d'argent, alors qu'elles obtiennent des trillions de liquidités des Trésors publics et des banques centrales, et qu'elles sont tout à fait en mesure de prêter de l'argent, c'est qu'elles ont elles mêmes appris la leçon. Elles ont compris que, quand dans le capitalisme quelqu'un te fait un sourire, c'est que tu dois faire attention à ton porte-feuille. Les allemands de l'Est en ont fait cette leçon amère après ladite réunification des deux Allemagnes. Celui qui offre un crédit est avant tout intéressé par les intérêts, même si l'emprunteur doive aller jusqu'à la faillite. Une saisie sur les biens immobiliers rapporte bien plus que le prêt lui-même. Celui qui vend des titres, vous trompe, même si la transaction se réalise de banque en banque. Est-ce alors une crise de confiance? Non. La peur de l'autre est constitutive du capitalisme, elle est arrivée aujourd'hui au centre même de cet ordre économique: le système bancaire. Un simple fonctionnement de l'économie sociale de marché, avec "plus de" (comme se plaisent à le répéter ces connards du PS français), plus de social, plus de contrôle, plus de règlementation, plus de Bâle 3, plus de G20 + 4 + X, ne permettra pas de rétablir cette confiance. La méfiance des banques envers leurs clients, et la méfiance des clients envers les banques, est une méfiance structurellement fondée de tous envers tous, aussi envers les lois et règlements en vigueur. Cette crise est donc la crise du capitalisme, et non pas comme le lit le Président français "la crise de l'économie de marché", "la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et qu'il ne tolèrera pas...".

L'État ne pourra pas éliminer cette méfiance avec encore plus de trillions déversés comme le fait Helikopter-Ben (Ben l'hélicoptère). Ben Bernanke (Fed'), Barack Obama, Gordon Brown, Jean Claude Trichet (BCE) répondent au comportement décrit par Milton Friedman quand il parle d'injecter massivement des liquidités dans l'économie: "larguer du cash depuis des hélicoptères" au risque de voir renaître bientôt la terrible inflation de Weimar qui s'est terminée dans le régime nazi. Avec cette politique du "Throw the kitchen sink" (jetter la vaisselle par la fenêtre), Ben Bernanke a gagné le sobriquet de Helikopter-Ben. Le "deleveraging" actuel opéré par la Fed', et les banques centrales comme la Bank of England, la Bank of Scotland, la Bank of Ireland, la Bundesbank allemande, la Bank of Japan, la Banque de France... pour racheter par la méthode du bail out les actifs toxiques et créances douteuses et pourries, est un désendettement, un débouclage, destiné à améliorer le rapport actif / fonds propres dans les bilans des banques, pour les rendre de nouveau solvables et pour qu'elles accordent de nouveau des crédits aux particuliers, aux entreprises et sur le marché interbancaire. Le deleveraging est financé au travers des Banques centrales par les fonds publics. Dans une bad bank officielle ou une banque centrale qui agit comme une bad bank, sont déposés les mauvais crédits des banques commerciales qui, elles, relaxées de toute responsabilité délictuelle et morale, conservent les bons crédits pour refaire des bénéfices et arroser leurs actionnaires de dividendes.

Subitement le grand combat des années 80' et 90' destiné à soustraire les banques centrales de l'influence du politique s'est effondré avec ces programme de nationalisation des pertes et des dilapidations des secteurs bancaires et des entreprises de spéculateurs compulsifs et irresponsables. Souvenez-vous comme "l'Indépendance de la BCE" était récitée comme une mantrà salvatrice dans les discours européens, les Directives européennes, le TCE, le TSE, le Traité Simplifié Modifié, le Traité de Lisbonne. Nonniste pro-européen convaincu et passionné, je faisais partie de ceux qui réclamaient le contrôle politique des activités de la BCE, comme instrument régulateur non simplement dans une obsession du ciblage de l'inflation, mais aussi dans une politique macroéconomique. Le Référendum européen n° 2 a été volé au Peuple français par le Président français Sarkozy et ses serviteurs du PS au Congrès de Versailles du 4 février 2008. Je vous invite à lire ma série préparatoire pour les Élections européennes 2009 du 7 juin.

Que l'État essaye malgré tout de restituer la relance et la confiance avec ses bail outs multiples et qui se répètent même avec les précédents bénéficiaires, toujours plus endettés, et toujours sans le moindre des effets, pose de nouvelles questions. Les États ont en théorie un bon système bancaire avec des guichets locaux, communaux, des réseaux régionaux et nationaux bien organisés, centralisés ou fédérés. S'il ne s'agissait que de pourvoir en crédits l'économie libre de marché, ce serait très simplement possible de le refaire. Les banques seraient mieux à contrôler, pourquoi pas par les clients comme dans des mutuelles. (Le crédit Mutuel a tout de même perdu 90 millions avec Madoff et 660 millions avec les "subprimes". La perte à cause des CDS / CDO n'est pas encore publiée). Pourquoi l'État doit-il renflouer les banques privées? Pourquoi ceux qui ont déifié jusqu'à son paroxysme le marché, devraient aujourd'hui ne pas s'effondrer avec lui dans la joie et la bonne humeur, en remerciant les divinités de les avoir intégrés avec soins dans leur emportements? Vous voyez sur le graphique à gauche la récession des USA... en 2007. Oui, déjà en 2007. Celle de 2008 n'est plus publiée mais doit être au moins du double. Celle de 2009... La récession US du PIB de 2007 était égale à -6,2% et pour le Royaume-Uni -5,9%. Déjà en 2007!!! En Allemagne -8,2% est la récession du PIB en valeur annuelle pour 2009, en Irlande de -13,6%, le Japon -12,7%, Mexico -20,8%, entre -3% et -8,5% pour les Pays de l'Asie du Sud-Est, plus de -10% pour les Tigres baltiques, la Roumanie, la Bulgarie, l'Ukraine... si rien ne change. Depuis septembre 2008 tout le monde sait que nous aurons des récessions à 2 chiffres (double-digit contractions), mais on fait des cadeaux aux banques pour leur rembourser leurs dettes. Quand on aura la misère sociale on aura plus d'argent et on continuera à privatiser les services publics pour payer les dettes et les déprédations du système d'escrocs bancaires et financiers.

Au lieu d'affecter de manière ciblée et raisonnée les moyens collectés par l'impôt, les gouvernementaux préfèrent transférer aujourd'hui les recettes publiques des générations futures dans un système bancaire insolvable et qui n'a pas les moyens de se relever. L'économie de marché est ruinée au nom de l'économie de marché. Ce ne sont pas les actifs des banques qui sont nationalisés ou collectivisés d'une manière ou d'une autre, mais leurs pertes abyssales ne provenant pas d'une activité industrielle (cherchez le sens premier de ce mot). Le contribuable, les citoyens, les retraités, les bénéficiaires des services publics, les élèves, lycéens, étudiants, sportifs amateurs, etc... sont les seuls qui supportent les frais de ces recapitalisation et bail outs. L'État lui-même va encore être critiqué non pas parce qu'il abandonne ses infrastructures, l'environnement, la justice sociale, l'éducation, la santé... mais parce qu'il réclame en contre partie le contrôle de l'utilisation de l'argent distribué, la réduction des salaires et boni des traders, la suspension du versement des dividendes des sociétés faillitaires. Je rappelle que toutes les banques françaises continuent à verser bonis et dividendes, que la UBS a reçu 8 milliards d'aide de l'État suisse, mais en a reversé 2 milliards en boni. Les acteurs de l'économie, dont Laurence Parisot du Medef, critiquent très sévèrement la volonté de l'État de contrôler l'usage des fonds versés. Avec ses amis gouvernementaux de l'UMP elle peut être rassurée. Le dernier des néo-libéraux sera le Président Nicolas Sarkozy, ses bavardages ne trompent plus personne, et surtout plus le monde des intérimaires et des Travailleurs. Le 19 mars 2009 sera une journée très ensoleillée. A moins que les phalanges noires ne s'immiscent ou à moins que ne commence en France le cycle des minériades comme en Roumanie il y a 20 ans, pour "sauver" un certain régime.

Les médias nous déversent les chiffres des montants abyssaux qui sont offerts aux banques en aides directes, en garanties sans instruire sur l'équivalent en Smic, en dépassement des critères de Maastricht qui auraient dus être le mètre-étalon de la bonne gestion financière des États de l'Euro-Zone. Les médias nous cachent que les banques présentent de mois en mois d'autres situations qui révèlent "d'autres positions négatives qui n'étaient pas prévues"... La prochaine révélation française sera celle de la Caisse d'Épargne et de la BP fusionnées dans la faillite pour faire sortir du bilan les billions de pertes. Au lieu de s'inquiéter à juste titre de ceci, on détourne les débats et les médiattitudes dans la question de savoir si l'État ne devient pas trop puissant. On fait bavarder la France sur le petit copain à la Présidence du Pays qui sera patron de cette double-banque. Et la France bavarde. Pendant que les banques rendent exsangues les États en vidant leurs Trésoreries et alourdissant leurs budgets pour les vingt années à venir, la discussion sur l'usurpation des moyens économiques tourne à une discussion au sujet du droit à l'État de faire de la dette, sans même se demander à quoi elle sert. Il faut savoir que la Solidarpakt (pacte de solidarité) destiné à financer la réunification allemande et la remise à niveau de la partie Est conformément aux standards de l'Ouest coûte environ 1/6ème de ce que coûte à l'heure actuelle la plan de sauvetage Steinbrück/Merkel. Et nous savons que l'Allemagne est encore endettée pour 50 années à cause de ce Solidarpakt. Vous kiffez? Chers lecteurs? Oui?

La crise c'est quoi, en définitive? Le système bancaire s'est ruiné lui-même, non pas parce qu'il a enfreint aux règles du capitalisme, mais parce qu'il les a appliquées méticuleusement. L'objectif n'était que le bénéfice et rien que le bénéfice, au mépris de la responsabilité sociale ou de l'éthique. Comme l'État communiste s'est étouffé lui-même avec la force de son propre appareil d'État, les banques se sont noyées elle-mêmes dans des océans d'argent et se sont acculées les unes les autres dans la faillite. A la différence de l'État communiste, les banques avaient encore réussi à trouver une voie qui avait transformé la fin du capitalisme en un nouveau florilège d'illusion de croissance et de répartition de richesses. Aidés par les médias et les gouvernementaux, les banques s'affèrent à ce que les structures de l'économie ne changent pas, tout en se faisant payer par l'État leurs dettes. Jusqu'à quand? Jusqu'à ce que l'État, qui croit lutter pour sa continuité en ayant une lutte continue pour le système économique plutôt que pour ses peuples, ne tombe lui-même en faillite?

Ces dernières années, la part dans le PIB de la richesse produite par les biens et les activités industrielles a continuellement augmenté. Le capitalisme débridé a simplement réalisé ce pour quoi il existe, à gonfler de plus en plus les marges opérationnelles, à élargir de plus en plus le différentiel entre riches d'un côté, et pauvres et classe moyenne de plus en plus appauvrie. La croissance appauvrissante, rien d'autre, révisez votre Jagdish Baghwati et votre Joseph Stiglitz, mais celle pour les pays industrialisés. La part des rendements des capitaux dans le PIB ne peut logiquement pas gonfler sans s'arrêter. Si la part qui reste aux Travailleurs et employés ne suffit plus pour subvenir aux besoins - il était de bon ton aux USA de dire depuis 10 ans qu'un emploi ne devait pas obligatoirement suffire et que cumuler plusieurs emplois était bon et normal - et ne suffit plus pour assurer dignité et légitimation d'une partie de plus en plus grande de la population, alors les bénéfices peuvent uniquement continuer à gonfler si l'État, dans son soucis de continuité, transfère aux banques et aux entreprises les recettes fiscales, s'il en existe encore et les recettes fiscales à venir. C'est ceci qui est à l'origine de la "Crise de confiance".

La tonicité musculaire de la Commission de Bruxelles dépasse toujours et devance de quelques grandes longueurs les agitations de nos gouvernementaux. En effet, elle annonce le 24 février 2009, qu'elle autorise l'élargissement de la holding de défaisance (je suis inventeur de ce néologisme), la bad bank, à toutes les créances douteuses de tous les instituts bancaires et financiers qu'ils soient insolvables ou non, qu'ils soient en difficulté ou non, "indépendamment des situations individuelles". C'est a peu près pareil que si vous demandez à des inconnus que vous invitez de se présenter à vous à reculons, pantalons baissés, avec le premier caca qui leur pend entre les guibolles. Même celui qui n'est pas dans le besoin sera heureux de trouver logis à ses aisances. Par "créances douteuses" la Commission de Bruxelles comprend "non seulement les titres toxiques adossés aux hypothèques américaines (subprimes), mais aussi tous les autres titres qui perdent entre temps fortement de la valeur." L'Europe des commis et des représentants de commerce a toujours su exercer un effet de levier sur les crises de confiance. La Commission de Bruxelles est maline, car elle est entrain d'autoriser légalement d'extraire des bilans des instituts financiers la bulle des CDS / CDO qui est mille fois plus importante que celle des subprimes. Ainsi, il ne sera même plus besoin de s'émouvoir, encore moins de parler de cet effondrement qui va dépasser tous les effondrements en 2000 ans d'histoire de l'économie mondiale. La Commission prétend endiguer ainsi la cavalcade bi-mensuelle des banquiers mendiants qui reviennent avec d'autres demandes de soulagements. La BCE elle-même est à présent too big to fail et too big to save. De la Rome antique, il reste aussi, encore debout, des vespasiennes. On s'imagine encore, 2000 ans après, le plouf.

Bruxelles va aussi inventer un nouveau jouet de surveillance des marchés financiers composé de quatre hautes administrations qui ne s'occuperont pas en particulier de banques, d'assurances ou d'émetteurs de titres et dont les compétences resteront définies au cadre national de chaque Pays membre. Ce jouet portera le nom global de European Systemic Risk Council. Le Groupe d'experts, auteur de ce projet, rejette une régulation étendue et approfondie, mais prévoit un rôle d'avertissement et de conseil. Le Groupe prévoit d'augmenter petit a petit l'exigence de fonds propres (Directive CRD) au delà des normes "prudentielles" de Bâle 2 pour ne pas entraîner un assèchement des liquidités (credit crunch). Elle conseille aussi aux entreprises de développer un management interne du risque et de plus déconnecter leur stratégie managériale des recommandations des agences de notation. Le Groupe d'experts critique aussi la proposition de la Commission de soumettre ces agences de notations à un contrôle, parce que ce serait trop compliqué à mettre en œuvre.

En texte plus clair, Bruxelles n'a pas l'intention de freiner la libre circulation des capitaux et de violer les articles du Traité de Lisbonne:
  1. l'article 26 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, "Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des capitaux est assurée",
  2. l’article 63 (ex-article 56 TCE), "toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites"
  3. l’article 66 (ex-article 59 TCE) précise que des "mesures de sauvegarde" peuvent être prises "dans des conditions exceptionnelles", mais uniquement "pour une période ne dépassant pas six mois pour autant que ces mesures soient strictement nécessaires".
  4. l’article 58 (ex-article 51 TCE), "la libération des services des banques et des assurances".
  5. l’article 60 (ex-article 53 TCE), la libéralisation à laquelle les États membres "s’efforcent de procéder au-delà de la mesure qui est obligatoire".
  6. l’article 49 (ex-article 43 TCE) stipule au même titre que les autres services, les établissements financiers. "Les restrictions à la Liberté d’établissement sont interdites".
S'il n'a pas été donné satisfaction depuis 20 ans aux revendications salariales et s'il y a eu constante dérèglementation du Code du travail c'était au nom "du maintien des emplois pour permettre à notre économie de rester concurrentielle dans le grand défi de la globalisation". A présent ces mêmes arguments servent à l'État pour qu'il se permette de reprendre à son compte les dettes et les positions négatives des banques. De l'industrie automobile jusqu'à l'industrie pornographique, de l'équipementier jusqu'au constructeur de modèles réduits, les industriels réclament tous le soutien de l'État en taisant que ce sont eux qui ont délocalisé en masse dans les pays à bas coûts. Suite aux aides récentes de l'État, PSA et Renault viennent même de réduire le personnel de 7000 Travailleurs. GM annonce même qu'avec l'énorme bail out il va construire un site au Brésil tout en laissant crever Opel/Vauxhall en Europe. Il est honteux que les banques détournent les aides massives de l'État pour racheter d'autres banques et continuent à verser des dividendes aux actionnaires alors qu'elles sont en situation de faillite technique. Il es honteux que les traders et hauts cadres dirigeants de ces banques obtiennent encore leur boni par voie de justice. La crise est donc bien une opération de sauvetage des dividendes et des boni, une opération de réparation du capitalisme. GM avait créé une société boîte-aux-lettres et avait transféré le portefeuille complet des brevets d'inventions d'Opel, si bien qu'Opel doit payer les royalties à GM pour ses propres brevets d'invention. Mais GM vient de céder tout son portofolio de brevets au Secrétariat américain du Trésor en échange des milliards de $ offerts pour son bail out. Un acheteur d'une Opel paye directement des droits de licence d'utilisation de brevets au Trésor américain.

La pieuvre d'une crise bancaire et financière d'une ampleur inconnue depuis 2000 ans enlace le monde. Tous les gouvernementaux de l'Ouest et de la vieille Europe se sont ligués en une guerre sainte contre cette pieuvre, le pape, les tsars de Moscou, Angela Merkel, Sarkozy, les radicaux français de droite comme de gauche, les gardiens de l'ordre allemand, les dominateurs du monde asiatique sans qu'aucun d'entre eux ne se demande ce qu'il advient de ces billions de $ et d'Euros. Ils sont tous convaincus qu'une sainte alliance unis le trader à la madone des cabinets, le SDF aux actionnaires et que tous sont prêts à faire des sacrifices inimaginables.

Ceux qui ont créé cette pieuvre coopèrent avec elle, les actionnaires, les banquiers, les spéculateurs, les Conseils d'Administration et de Surveillance des entreprises. Ils gagnent de nouveau avec les spéculations et avec les actions dévaluées qu'ils acquièrent à vil prix, ou ils continuent à spéculer à la baisse dans leurs opérations de short selling, de vente à découvert, en misant à la baisse sur l'effondrement des cours à la bourse. Eux savent que leur avenir à eux est garanti, l'État Providence les couvre de ses ailes, la noblesse de la tire-lire a droit à sa continuité de l'État. Il en a été de même à la chute de la pieuvre communiste, où tous les apparatchiki ont fait fortune et créé des empires économiques et mafieux avec l'arrivée de l'Economie sociale de marché. "Der Apparat muss weiter laufen" disait Konrad Adenauer après 1945 (l'appareil dont continuer de fonctionner). Tous ces spéculateurs de haut vol ont réussi avec la faillite de leur système pyramidal à la Ponzi ce que le capitalisme doit atteindre dans son effondrement: ils ont engrangés d'énormes marges opérationnelles et ils offrent à l'État des millions de chômeurs et de déshérités, leurs dettes et leur destruction de l'outil économique industriel et de production. Et ils revendiquent de l'État toujours leurs dividendes. C'est un capitalisme sans capital qui vit des dividendes d'affaires commerciales ayant eu lieu dans les années passées, peut-être il y a une ou deux décennies. Repensez donc ou dépècement de Chrysler par le fond de pension Cerberus. Toutes les industries sont en main de fonds de pension et de hedge fonds et de fonds vautours depuis 20 ans.

Les clients normaux des banques, les citoyens et habitants d'un pays, chacun, qu'il soit résident légal ou illégal, devra payer la note, mais comme d'habitude ils restent patients. Les gouvernementaux, les banquiers, les médias appellent en commun au sens des responsabilités et au sang froid, car selon eux, des simples commentaires négatifs déclenchent et amplifient l'accélération de la récession. Nous avons ruiné le système économique, à présent nous voulons encore obliger les générations futures à rembourser pendant plusieurs décennies les dettes. Restez tranquilles jusque là, s'il vous plait, jusqu'à ce que nous ayons réglé le problème.

Les banquiers et les spéculateurs savent ce qu'ils veulent. Les États modifient leur mode de pensée néolibéral un tout petit peu, procèdent à des réparations minimes mais très coûteuses, se mettent au service de leur clientèle, et s'agenouillent devant les lobbies. Ils ne tentent même pas une analyse globale et encore moins de jeter les bases d'une stratégie durable. Ils naviguent à vue, se surenchérissent, si la BCE offre à toutes les créances pourries ou douteuses une holding de défaisance, la Fed' engage la procédure du "stress test" avec la garantie du fidèle pompier en cas de faiblesse totale ou de défaillance plus légère. La société civile se tait encore pour l'instant, sauf à Athènes, Dublin ou en Lituanie (photo). Pour l'instant existe encore une certaine confiance des citoyens et habitants des pays en leurs gouvernementaux locaux ou européens, même si leurs constats et promesses et prévisions ne s'avèrent être que plus édulcorés avant qu'après.

Il est temps que nous apprenions la vérité des chiffres, - surtout en France où les médias imprimés, online et diffusés (il me faut lire une trentaine de sources de média en allemand et en anglais par jour actuellement) sont grotesques -, la vraie situation par les sources et gouvernementaux étrangers. Il existe en Europe et entre les continents un jeu du Poker Dénonceur extrêmement violent, mais à chaque fois les chiffres catastrophiques divulgués (balancés) sont justifiés dans les 6 à 36 heures au maximum: les banques irlandaises et autrichiennes ont prêté aux entreprises étrangères ou dans l'Europe de l'Est pour un montant qui dépasse de 10 fois leurs PIB et plusieurs décennies étaient prévues pour le remboursement; les troubles d'Athènes étaient dus à une politique irresponsable d'économie "libre"; les Islandais ont détrôné de force leur gouvernementaux de banquerouteurs; des formes de résistance politique naissent en Lettonie, en Russie, au Royaume-Uni, en Irlande, en Lituanie parce qu'il n'y a plus espoir en la capacité d'analyse des gouvernementaux en place.

Au niveau international, le forum social mondial de Belém a joué un rôle de catalyseur des différentes initiatives et débats sur les crises. Les déclarations des assemblées thématiques ont mis en avant le G20 de Londres du 2 avril 2009 comme prochain temps fort de la mobilisation internationale. Les séminaires de convergence qui se sont tenus sur la crise financière on permis d’aboutir à un appel : "Pour un nouveau système économique et social mettons la finance à sa place !". Il constitue une excellente base mobilisation et a déjà été signé par près de 200 organisations internationales.

Des initiatives sont déjà en cours de préparation de préparation en Grande Bretagne et en Allemagne :
- En Grande Bretagne :
http://www.putpeoplefirst.org.uk/
http://www.climatecamp.org.uk/g20
http://www.g-20meltdown.org/index.html
- En Allemagne : http://www.28maerz.de/

La crise actuelle n'est pas un un accident. Elle est la faillite du modèle néolibéral fondé sur le libre-échangisme intégral, la délocalisation, la culture de la marge opérationnelle à 2 chiffres, les prises de participations dans les entreprises par les fonds de pensions et les hedge fonds, la priorité absolue aux exportations au détriment d'une croissance fondée sur la redistribution locale et régionale.

Les médias seraient bien avisés de faire de longues études sur toutes les propositions "alternatives" au lieu de propager comme au temps des empereurs aiglés le calme comme devoir cardinal du citoyen. Les médias doivent à présent aussi choisir s'ils veulent continuer d'ensemencer de mensonges l'idéologie ordolibérale de l'État providence bancaire et de commis de commerce et du Traité de Lisbonne. Nous avons besoin d'idées nouvelles, pardon, de débattre enfin, ce que nous n'avons pas fait depuis la Chute du Mur de Berlin. Deux décades ont été perdues depuis la Chute du Mur de Berlin, et... l'on parle simplement de "La décade perdue", mais c'est celle du Dow Jones qui a été déjà réduit de plus de 55% en un an. L'indice S&P (Standard & Poor's) a enregistré son niveau le plus bas depuis 1937. Beaucoup d'autres actions ont perdu de 80 à 90% à Wall Street. Toute la bourse de Moscou a perdu 80%. L'assurance AIG, la plus grande assurance du monde dont les actions "valaient" $100 n'est plus qu'un penny-stock à 50 cents le bout de torchon, mais avec des centaines de milliers de personnes versées dans la misère et le chômage. AIG, comme Renault ou Peugeot-Ctroën (PSA) avait exercé un autre métier au travers de son département Financial Products. C'est par ce travers que tout l'empire AIG, qui a des filiales dans 130 pays, s'est effondré. AIG s'est pris pour un agrégateur global de marge opérationnelle et a détourné les capacités et compétences de son réseau pour promettre des marges à 10 ou 15 %. AIG avait compris qu'en dehors de la Bourse on pouvait gagner encore plus d'argent. En dehors de la bourse, ce n'était pas ladite "économie réelle", mais le commerce avec des contrats sur des produits dérivés comme les CDO et les CDS.

The Last Action Hero, Warren Buffet himself, vient d'enregistrer un recul de 96% de ses bénéfices, c'est surtout son activité avec... les CDO qui lui vaut ce backlash. Il vient d'annoncer dans le Financial Times Deutschland du 28 février 2009 "que l'économie américaine sera en ruine en 2009. Peut-être que cette phase va encore durer plus longtemps."

Et dire que ce genre de centaines de milliers de racailles continue à avoir toute son influence dans la société, le monde politique, les universités et les grandes écoles. Le néolibéralisme a plongé le monde dans le plus grand désastre depuis Hitler et Staline. Mais nous, les petites gens nous devons courber l'échine. Les think tanks existent, un réel développement durable pour les peuples, les solidarités locales, régionales et mondiales sont à mettre au centre de notre modèle de société. Il existe énormément de personnes qui sont prêtes et mentalement dans le IIIème millénaire depuis 20 ans. Merci de ne plus nous traiter d'imbéciles.


Ci-dessous voici des Huiles prémonitoires de votre auteur,
Thomas Rudolf le Cimbre de ma série "La Chute du Mur de Berlin - Berlin Alexanderplatz" que j'ai peintes en... 1986 et 1987.
Comme d'habitude, je n'attends pas de comment, mon site n'est pas un forum. Je me soumets avec ce site au rituel des vernissages que j'ai fuis tout autant que je les avais organisés. J'expose, à vous de continuer le travail selon votre doigté.
Mais n'oubliez pas les Élections Européennes de 2009.

1) Chute du mur de Berlin 1986-87,
Thomas Brasch et Hanna  Schygulla

2) Chute du Mur de Berlin 1986-87,
Garçon et bonzes du parti

3) Chute du Mur de Berlin 1986-87,
Garçon et bonzes du parti

4) Chute du Mur de Berlin 1986-87,
passage du communisme au fascisme















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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal