Dans un cacophonie initiée par le chaman français et le chancelier de l'échiquier britannique, Bretton Woods II est annoncé comme la symphonie du nouveau monde. Dans une étude en 10 chapitres je vous livre ce que ne contiendra pas l'Accord de Bretton Woods II.
  • 1] Europe: incapable de dépasser le Consensus de Washington, Joseph Stiglitz et Jagdish Bhagwati
  • 3] Protectionnismes européens unis, Déni d'Europe, Dictature des marchés, l'ennemi du Sud


(Les links en hypertexte pour une aide à la lecture sont ajoutés)

L'Europe est donc aussi responsable dans cette dérégulation et cette dérèglementation systémiques. Depuis ses prémices, l'Europe "moderne" n'a pas non plus envie d'exister en voulant distinguer et en se distinguant. L'Europe est une copiste, un faussaire. Un copiste arrive toujours en retard et n'amplifie que le montré. Les imbéciles lui montrent la voix, comme au G7 de Washington du 10 X 2008 et de la réunion de l'Eurogroupe du 12 X 2008.

La dérégulation à l'européenne est plus élégante que celle, toute "pragmatique", des USA et jouit d'un parfum constituant d'État. Elle est imposée par des... Directives et le Traité de Lisbonne (Traité Simplifié Européen) qui imposent la Libre Circulation des biens, des services, des travailleurs et des capitaux et qui consacrent l'autorégulation par les marchés. L'objectif unique et central de la Commission de Bruxelles est depuis le Traité de Rome, dans la réalité puis dans les textes, la "concurrence libre et non faussée", la non entrave à la concurrence. La dernière preuve en date est le jugement de la CEJ / CJCE (Cour européenne de Justice / Cour de Justice des Communautés Européennes) avec les affaires Laval, Vaxholm, Rüffert, Viking, Partneri. Dans ces affaires les syndicats et les acquis sociaux des pays sont consacrés comme éléments entravants la libre concurrence.

L'Europe est aussi coupable dans la dérégulation mondiale en ayant endossé le Consensus de Washington dont elle applique, en le dépassant, l'esprit dans ses milliers d'Accords de Partenariat Économique (APE) qu'elle contracte avec les PED (Pays en Développement) et les Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). L'Europe est maître d'œuvre de contrats commerciaux bilatéraux qui succèdent à la mort définitive de l'OMC avec le non-aboutissement du cycle de Doha depuis 2001. J'ai toujours appelé dans mon site ces contrats des "contrats bâillons". Avec ces contrats, l'Europe impose, en son nom, aux partenaires commerciaux les mêmes principes de dérégulation et de déréglementation que ceux du consensus de Washington.

Le consensus de Washington est une expression créée en 1989, par l’économiste John Williamson pour résumer les mesures standard alors recommandées aux économies en difficulté, notamment celles d'Amérique latine, par les institutions financières internationales ayant leur siège à Washington: la Banque Mondiale et le FMI (Fonds Monétaire International), soutenus "idéologiquement" par le Département du Trésor américain. Les 10 mesures standard de Willimason sont: 1) Budgets publics en équilibre 2)  Dépenses publiques redirigées vers les secteurs les plus rentables 3) Réforme fiscale doit permettre d'élargir l'assiette de l'impôt et d'alléger les taux les plus élevés 4) Taux d'intérêt doivent être libéralisés 5) Taux de change est établi de façon à être compétitif 6) Barrières douanières doivent être abaissées pour faciliter le commerce extérieur 7) Barrières financières aux investissements étrangers supprimées 8) Les entreprises publiques et les monopoles d'Etat seront privatisées 9) Les marchés doivent être déréglementés 10) La Propriété doit être protégée.

Comme l'OMC, l'AGCS, les Accords sur les ADPIC, le consensus de Washington n'a jamais été soumis dans les pays adhérents à un débat sociétal et parlementaire. Les conférences ministérielles préparatoires ont aussi été menée à huis-clos, voire tout simplement secrètement (pour l'AGCS et les accords sur les ADPIC). Un droit international de fait s'impose aux peuples des pays adhérents qui n'ont jamais été consultés pour ceci. Pour le Consensus de Washington, il s’agit d’un ensemble d’accords informels et de gentleman agreements conclus tout au long des années 1980 et 1990 entre les principaux organismes bancaires, les principales banques centrales et les institutions internationales.

Le consensus de Washington est issu de l'idéologie de l'Ecole de Chicago, un groupe d'économistes libéraux associés à la théorie néoclassique des prix, au libre marché libertarien, au monétarisme ainsi qu'à une opposition au keynésianisme. A sa tête il y avait Milton Friedman. Le libre marché libertarien prône la liberté absolue des individus de faire ce que bon leur semble de leur personne et de leur propriété, ce qui implique qu'ils n'empiètent pas sur cette même liberté des autres. Donc pas la moindre des régulations et des réglementations n'est tolérée dans ce qui est appelé la stateless global governance (gouvernance globale sans l'État... et c'est justement cette Avant Garde Globale bancaire et financière qui demande aujourd'hui son secours, maintenant que son jouet est cassé). Parmi les objectifs du Consensus de Washington il y avait: la libéralisation aussi rapide et complète que possible des marchés financiers; la garantie de l'égalité de traitement entre investissements autochtones et investissements étrangers afin d'accroître la sécurité et, donc, le volume de ces derniers; le démantèlement du secteur public avec la privatisation de toutes les entreprises dont le propriétaire est l'État ou une entité para-étatique; la dérégulation maximale de l'économie du pays afin de garantir le libre jeu de la concurrence entre les différentes forces économiques en présence. Les Directives européennes, le TCE, le TSE, le Traité de Lisbonne ne sont que des copies du Consensus de Washington, mais ils ont force de Loi, eux, et sont inscrits dans les Constitutions des Pays européens et dans la BCE. En matière de monnaies, les néolibéraux du consensus de Washington réclament des monnaies fortes et font donc la chasse à l'inflation, ce qui explique la rigidité des Critères de Convergence de Maastricht. Le Consensus de Washington est un gentleman agreement, lui. Il n'est inscrit que dans les têtes, pas dans le marbre, ni dans les tables de l'histoire. La "Concurrence libre et non faussée", dans sa copie EU, est une épitaphe, frappée dans le marbre, d'un mort qui continue de bouger.

Le Consensus de Washington vise à liquider, le plus rapidement possible, toute instance régulatrice, étatique ou non. Il recherche également la libéralisation de tous les marchés et l'instauration d'un marché mondial unifié et totalement auto-régulé. Oups, la concurrence libre et non faussée, dans sa version cubiste. Le cubisme était destiné à montrer sur un même plan le devant, le derrière, les côtés, le dessus, le dessous, le dedans. Mais je crois que le cubisme voulait surtout montrer l'âme.

Le Consensus de Washington rejoint "The road of serfdom" de von Hayek et de ses amis du Mont-Pélerin. L'Université de Chicago avait formé de nombreux technocrates latino-américains comme les Chicago-Boys, qui avaient mis en place les politiques économiques chiliennes pendant la dictature de Pinochet qui avait chassé, avec l'aide de la CIA, du pouvoir démocratique Salvatore Allende et Pablo Neruda.

L'hémisphère Nord avait proposé sont aide à l'Amérique latine en totale déserrance économique dans les années 1980. L'aide promise était accompagnée d'un paquet de recommandations aux États surendettés qui comporte systématiquement comme solution une stricte discipline budgétaire, la diminution des dépenses publiques, la promotion des exportations souvent au détriment du marché intérieur, la libéralisation du commerce extérieur. Cette politique de libre-échangisme recommande systématiquement l’abolition des barrières à l'entrée sur le marché et la libéralisation des investissements internationaux. L'abolition des barrières a rendu vulnérables les PED et les Pays ACP à la concurrence libre et non-faussée venue de l'étranger et les a empêchés de réaliser l'émergence de leur propre industrie et de réaliser leur intégration économique régionale. L'abolition des barrières a été imposée à des pays "faibles" qui ne sont pas prêts pour cela... mais l'Europe "forte" n'est pas mieux lotie que les PED et les Pays ACP face aux hedge fonds ou à la pieuvre systémique qui a propagé les structures des 6, 7, 8, 9 vagues de la crise des subprimes.

Le paquet de réformes, intimées par le Consensus de Washington, recommande la privatisation des monopoles ou des participations de l'État, même des fleurons industriels des économies en crise, la libéralisation des marchés financiers... qui passent tous sous contrôle étranger. Ceci explique la volonté de Hugo Chavez en 2008 de créer la Banque du Sud. La déréglementation fait aussi partie des solutions proposées pour relancer des économies souvent sclérosées par des administrations pléthoriques et/ou corrompues. La relance, plutôt que par le déficit budgétaire (solution keynésienne) doit se faire par l’investissement privé et la consommation avec une aide fiscale et une baisse des taux de l'impôt direct. L'État est dénigré et dissout devant ce paquet de réformes "d'ajustements structurels".

L'OCDE profère les mêmes "recommandations" pour les pays européens qui s'attaquent sans relâche, comme la Commission de Bruxelles, par exemple au système allemand d'autotomie tarifaire et de codécision dans les entreprises (Mitbestimmung), car ils sont, selon elles, "une entrave à la concurrence libre et non faussée". Jean Monnet, Père-fondateur de l'Europe, disait: "Nous ne coalisons pas les États, nous unissons les hommes". Est-ce une révision de l'histoire ou de ce que nous nous plaisons à penser d'elle, que de se demander si Jean Monnet avait le sens de l'État, ou s'il l'avait oublié pendant les guerres nationalistes au profit de ce que ne savent pas non plus faire les hommes, soit la non-faussée libre concurrence? J'affirme que l'Europe vit depuis son origine soit sur un mensonge, soit sur une manipulation, soit sur la déserrance de son entendement, ou tout simplement pour se coaliser tôt ou tard avec l'AELE fondée par les anglais.

Le consensus de Washington est également sous-tendu par un principe fondateur du néolibéralisme appelé Principe de ruissellement (trickle down effect, l'effet de percolation). Imaginé par Ricardo et Smith, ce théorème s'applique aux individus comme aux entreprises. Il prévoit qu'il existe des limites objectives à l'accumulation des richesses. En d'autres termes, "les riches ne pouvant jouir concrètement d'une richesse dépassant de manière excessive la satisfaction de leurs besoins, ils procéderont eux-mêmes à la redistribution". Je crois que l'économiste Williamson, rédacteur du Consensus de Washington, avait lu un truc comme "à chacun selon ses moyens et ses besoins", mais ça faisait plus joli pour lui, si la manne (les dividendes de la paix) tombait du ciel sur les pauvres et les petits. Tu kifes? Nos Pères-fondateurs européens ont triché en sous-tendant, de cet humanisme automatique de Washington, le ruissellement idéologique de la perception ouest de la guerre froide réelle allant jusqu'à 1989, avec la Chute du Mur de Berlin, à sa suite chimérique allant jusqu'au 15 Septembre 2008 avec l'abandon à la faillite sans repêchage de la Banque d'investissement de la Lehman Brothers, puis de l'effondrement, domino par domino, du principe de non intervention de l'État, dont le Plan Paulson en établit la nouvelle arène. Car, si vous ne l'avez pas compris, le Mur de Berlin est tombé le 15 septembre 2008, à l'Ouest, à la Rue-du-Mur, Wall-Street. Maintenant, le monde de notre imaginaire, si agréablement partitionné avec Est/Ouest doit se trouver une nouvelle partition pour chanter.

(vous pouvez sauter ce §) Et ceci est difficile d'abandonner une rengaine qui dure depuis la Révolution d'Octobre 1917. C'est comme abandonner le Lotto, après avoir été militant pendant 91 ans chez le buraliste. Même le doigt est devenu crochu, à force de cocher. C'est plus grave qu'une arthrite septique aux staphylocoques dorés. Le doigt est-il le prolongement de la tête, ou la tête du doigt? La langue est-elle objective, objectivante, puis formalisante, ou la forme a-t-elle formé la langue? L'Information? La Forme du doigt? Car avant ou après avoir coché, le doigt est crochu. Pour un bio-designer qui comprend l'homme consommant, Form follows function.

Il n'existe pas d'Information pure, il n'existe donc pas de pensée simple qui ne vise que l'objet énoncé dans les mots. Il faut toujours en lire les harmoniques qui constituent le corps du son. Je pense que tout influenceur doit d'abord faire un voyage au trou du langage, avant de formuler. La méfiance du mot, de soi, de l'orateur, du penseur est la base de l'action politique. Guider n'est pas prendre, mais surprendre. Le politicien est par métier quelqu'un qui n'écoute que lui-même, il n'écoute pas le langage. De plus, il lui manque les yeux. Je vous invite, juste pour voir, à essayer de penser avec moi que Jean Monnet était schizophrène, vous êtes assez érudit pour garder votre indépendance de pensée avant de mot-dire. Ou n'oserez-vous pas aller écouter les petits clapotis de votre tentation de défiance que vous gardez enfouie dans votre cabas culturel? L'essentiel n'est pas que je vous parle, encore moins que vous me lisiez, l'essentiel est que vous génériez de la pensée. Pour ceci, il faut s'informer, pas s'infirmer. Ne leur faisons pas de cadeaux. Le Web vous offre de l'Information, avec un peu d'adresse vous saurez trouver du fiable ailleurs, moi, je ne suis qu'un synthétiseur. Dans les colonnes de mon site-portail vous avez des pistes, allez aussi chercher de vous-mêmes, mais pensez. J'ai un problème personnel avec le web. Si vous cliquez sur Google des entrées triviales (des enchères?) comme "accord bilateraux doha", ou bien "pyramide salaire france", ou bien "répartition richesses", etc... mon site est en 1ère page et parfois en 1ère ligne. Le ranking de la colonne de gauche ne s'achète pas. Mon site est l'envers visible de notre démocratie d'opinion et de notre système d'information qui ne fonctionnent pas et dont les canaux de l'Information ne traitent pas des sujets. Devant moi auraient dû être tous les partis, tous les syndicats, tous les influenceurs, les politiciens et leurs militants. Je ne suis rien d'autre que moi même et surtout je ne suis pas militant.

Joseph Stiglitz qui était Vice Président de la Banque Mondiale avait critiqué dans son livre "La Grande Désillusion" (2003) cette idéologie du Consensus de Washington et ses conclusions ont été reprises par le FMI, qui juge que "l’intervention de l’état dans les pays pauvres est nécessaire pour encadrer et soutenir la paysannerie, remettant du même coup en cause sa doctrine de l’ajustement structurel" (le paquet de réformes).

Je ne vous ai pas parlé du Consensus de Monterey, qui passe de 10 à 63 recommandations d'ajustements structurels qui introduisent même l'IDH (Indice de Développement Humain), pour la simple raison que dans les faits, les Accords de Partenariat Économique (APE) entre l'Europe et les PED et les Pays ACP, ou les milliers d'Accords de Libre Échange (ALE) qui unissent les autres pays forts à ces pays "faibles" suite à la mort de l'OMC depuis 2001, sont encore plus violents que les 10 recommandations d'origine du Consensus de Washington. Mon billet a donc bien un Monde d'Avance. Je ne vous parle pas non plus des 10 "Objectifs du Millenium" ou du G8 de Gleneagles, de Heiligendam/Rostock pour les mêmes raisons.

L'Europe n'a pas encore procédé à ce bond quantique pratiqué par Stiglitz et le FMI; Henry Paulson non plus, même s'il en avait eu quelques velléités en avril 2008. L'Europe, le G4, l'Euro-Groupe du 12 X 2008, la BCE, le G7 de Washington du 10 Novembre 2008, etc... envisagent l'intervention de l'État, pour l'instant, uniquement pour effacer les "positions négatives" des bilans comptables des banques et des spéculateurs forcenés et déprédateurs avec un rachat des créances toxiques ou une nationalisation qui équivaut à une recapitalisation avec les fonds publics de ces faillitaires. Nous entendons par "recapitalisation" une injection d'argent frais (enfin, d'où provient-il?) dans une entreprise économiquement non viable, nationalisée ou non, afin de la remettre dans le secteur marchand privé. Vous avez sûrement remarqué comme moi, que depuis le soir du 7 X 2008 après le Débat Parlementaire sur la crise, un nouveau leitmotiv se met en place dans le paysage audiovisuel: "ces banques nationalisées seront, dans le futur, revendues avec un bénéfice".

> IGM < Une "bad bank" est la partie toxique d'une banque constituée des créances irrécouvrables qui s'élèvent à des milliards de pertes. Ces milliards perdus ne pourront jamais être recréés, les titres qui les représentent sont définitivement sans valeur, ils sont des produits financiers dérivés qui n'ont de réalité que d'être des vues de l'esprit: résumons, de l'information mentie. Vous voyez comme la société aime à continuer à s'enseigner le mensonge. Un mensonge connu est chaud comme une étreinte amoureuse, une idée nouvelle doit d'abord vous approcher; ce qui est étranger fait encore plus peur qu'une dépression.

C'est à l'issue de la dépression, quand nous serons fatigués, qu'une idée nouvelle pourra vous épauler. Le G7 du 10 Octobre 2008 ne parle toujours pas d'instaurer un nouveau système international de régulation. Si. On fait semblant, une bible invisible entre les mains qui place l'Homme-victime, dans son intimité et dans sa grégarité, loin au-dessus de l'événement, en vous disant que "personne ne comprend plus rien". Il est fabuleux de voir au travers de ce "personne n'y comprends plus rien" que certains manipulateurs vous font croire que vous êtes élevé à un "nous" (en grec, le "nous" est un principe organisateur de l’univers) ou à un pneuma (en grec, le "pneuma" est le vent, le souffle, peut-être l'esprit), et que la crise est un combat de deux pneumas, et que vous allez rester, vous aussi, là, toujours assis, ou toujours debout, sans vous écrouler, comme la plastique en résine des "Deux touristes" de Duane Hanson! Duane Hanson
Celui qui dit "personne ne comprends plus rien" se fait croire à sa liberté de distinction, donc de vie. Mais la cause de la C R I S E n'est toujours pas définie, distinguée, mise en mots, donc tout Plan de régulation, toute Refondation du capitalisme, tout nouveau système monétaire international sera comme une Loi sans son Décret d'application. Légiférer, avec tous ses stades passant du gentleman agreement à une Loi internationale déclinée dans chaque État avec sa "Boîte à outils", n'est pas encore diriger. Ce qui dirige est toujours conduit par l'incapacité de dépasser Engels, pour lequel "La force de L'État, est la peur que les individus en ont".

La Citoyenneté n'est pas pour demain et l'objectif cardinal de l'État est de garder de l'Information pour régir, de manière libre et non-faussée. Cette naïveté autocratique de l'État est bienvenue et dictée par la naïveté d'esclave, ou d'enfant pré-battu ou à battre, du citoyen qui se bâtit toute son existence dans l'attente d'une fessée magistrale méritable que l'État lui administra pour le punir de sa faute. Tant que l'État sera pour le citoyen le "lender of last resort", le citoyen ne fera pas non plus l'effort de voir autre chose en l'État que la vache à lait protectrice qui reviendra toujours, au moins avec une mamelle, en période de défaillance systémique. ("Systémique" est à la mode depuis le G7 de Washington du 10 X 2008, je l'utilise sur mon site depuis qu'il existe). La "citoyenneté", d'aujourd'hui, est la volonté de s'associer a posteriori en un État, et de ne pas s'y associer dans la catastrophe où le citoyen coule, même en tant qu'individu. Oui, je vous invite à lire mon avis sur Jean Monnet qui abhorrait l'État, comme Père-fondateur de l'Europe. Le consensus de Washington a remplacé le Welfare State, l'État Providence, par une vache qui donne son lait en dernier ressort, au riche spéculateur qui a détruit l'État en le déshabillant de ses services publics. Depuis la 1ère Chute du Mur de Berlin, celle d'octobre 1989, l'homme s'est cru libre et non faussé et n'a regardé l'autre que comme un emmerdeur qui vous pique votre part de votre retraite dans un système par répartition. Depuis la 1ère Chute du Mur de Berlin, l'État ne devait survivre que comme le garant financier de votre retraite que vous avez capitalisée. Tout le chemin qui mène de la naissance à la mort n'avait plus que comme seul aboutissement ce godet de la retraite capitalisée. L'objectif de l'Homme n'a plus qu'été de dissoudre l'État qui était toujours pour lui Le Mur érigé contre lui.

Le citoyen de demain devra se voir et se vivre a priori dans une entité d'État planétaire et de service singulier. L'altérité a disparu depuis octobre 1989. Les Verts parviennent à repeindre l'altérité, parce qu'ils nous ont expliqué que l'Homme est l'invité de la vache qui est dans le pré. Si l'individu a excellé depuis octobre 1989 dans la dissolution de l'Homme, c'est parce qu'il ne voyait l'altérité que comme une créance toxique, que l'État devait racheter (par la privatisation, on prive) pour la mettre dans sa bad bank et la faire disparaître lui-même. Si l'altérité n'était plus qu'une valeur toxique (j'adore le pléonasme), c'est que le matérialisme athée des gauches avait démoli l'altérité devant et derrière le Mur (The Wall: "is any body here?"). Pour les gauches, l'autre n'était plus un Homme, mais un ouvrier, un agriculteur, un employé, un ingénieur. L'Homme pour l'Homme tout autant existentialiste qu'épris d'un hédonisme cosmique ne pouvait pas être le mode de pensée du libéral comme du socialiste. Il nous reste a voir si la 2ème Chute du Mur de Berlin, celle du 15 septembre avec la faillite libre et non faussée de la Lehman Brothers, n'a pas enseveli les hommes sur les gravats de la 1ère Chute du Mur de Berlin. Je connais le mal, je crois au bien. Celui de l'Homme.

Il est évident que l'intervention de l'État devra se faire autrement que par 4 heures de colle données au patron ayant joui du golden hello, du golden parachute, des stock-options et de la retraite chapô, tout en ayant conduit à la ruine l'entreprise, ou le pays, qu'il dirigeait. L'idéologie du consensus de Washington fait toujours partie de la table des dirigeants et de la Commission de Bruxelles. Le problème avec Bruxelles est que l'on ne peut pas évacuer 50 ans de Directives européennes et encore moins le Traité de Lisbonne, le Traité européen simplifié (TSE) qui consacre toute sa vision du monde dans tous les alinéas relatifs aux "ajustements structurels et à la concurrence libre et non faussée"... Les USA sont pragmatiques et bazardent leurs fondamentaux quand tout est cassé, l’Europe a son Traité de Lisbonne (TSE) et ses Directives, l’Europe est une tortue sans pattes. Le Consensus de Washington est en Europe une réalité de plus de 50 ans, et son idéologie remonte aux Pères-Fondateurs de l'Europe. Je suis un NON européen pro-européen. Peut-être je serais compris à présent. En tous cas, celui de droite qui me traite encore de "gauchiste" aura mon poing dans la gueule, et celui d'extrême-gauche qui me traite de con, aussi. Quant au PS, il bavarde en rond, pour savoir s'il n'eût jamais pu être possible qu'il eût pu avoir existé.

Il faudra admettre à Bruxelles comme Stiglitz, que la "concurrence libre et non faussée" n'existe pas et que "l'Information parfaite" n'existe pas, et que les marchés ne parviennent pas à se réguler d'eux-mêmes.

Le mensonge est le moteur de la déviation de l'information qui n'a pas vocation, par essence, à être parfaite. Souvenez-vous des faillites en 2002 du fonds de pension Enron, et de Worldcom, des agences de notations Merill Lynch, mais aussi de Mobilcom, de Xerox, mais aussi en Europe de Parmalat en Italie, de Kirsch en Allemagne. Aux USA l'audit d'entreprise n'est pas indépendant et leurs analyses étaient (et sont toujours en 2008) établies pour faire plaisir à leur donneurs d'ordre (Cabinet d'audits comme: Accenture, Arthur Andersen, Arthur D. Little, Bain & Company, BearingPoint, Booz Allen Hamilton, Boston Consulting Group, Deloitte & Touch, Gartner. Ou encore Ernst & Young, Grant Thornton International, KPMG, PricewaterhouseCoopers, ou encore American Express, Aon Corporation, Berkshire Hathaway, Fannie Mae, Freddie Mac, Federal Home Loan Mortgage Corporation, Federal National Mortgage Association, Fidelity Investments, Fitch Ratings, J.C. Flowers & Co, Legg Mason, MasterCard, Moody's, New York Financial Press, Standard & Poor's, Synovus, T. Rowe Price, TIAA-CREF, The Blackstone Group, VISA International Service Association, Vulcan Ventures, Western Union en n'oubliant pas les Grands groupes économiques, industriels et financiers).

Les analyses des cabinets d'audit et de des agences de notations sont l'Information, celle nécessaire pour les recommandations d'achat et de vente en bourse. Les cabinets d'audit comme Andersen, étaient juge et partie, et avait trempé dans la manipulation des bilans comptables pour pousser à la hausse le cours des actions de ces sociétés, et la bulle boursière avait éclaté et des centaines de milliers de retraités avaient tout perdu et des empires économiques s'étaient écroulés. Ces entreprises étaient artificiellement (frauduleusement... suites aux fausses informations) surcôtées en bourse. En 2002 nous parlions déjà de la débâcle, de la débâcle Enron et les acteurs étaient les mêmes, la J.P. Morgan Chase, la Citigroup, Pricewaters-House-Cooper... On parlait du syndrome Enron, de la Enronitis.

Par exemple, pendant les 5 années précédant la crise Enron et le krach boursier qui avait suivi en 2002, la J.P. Morgan Chase avait annoncé une croissance annuelle de 31,3%, soit un total de 156,5%. Toutes ses fusions-acquisitions devaient "lever des synergies" et le fait d'en parler suffisait à faire monter le cours des actions des filiales et des groupes et d'embellir leurs bilans consolidés. Cette croissance n'était due qu'à l'optique des chiffres et aux diverses acquisitions de filiales surcotées en bourse. Après le "dégraissage", le "nettoyage par le marché", J.P. Morgan Chase ne valait plus que 5% de croissance pour toute cette période de référence de 5 ans.

6 ans après, en 2007/2008, la surcotation est aussi la source de la crise des subprimes, comme la falsification des informations et des bilans aussi. Les grands groupes se sont aussi rachetés entre eux des filiales totalement surcotées qui ne valaient en fait qu'une partie infime du prix payé, ou rien du tout. On scandait de partout, en 2002 et 2003 avec grande émotion, après le krach boursier qu'il "fallait un retour à des règles saines, à un Bretton-Woods pour éviter l'effet levier et l'effet domino qui entrainent dans la chute toutes les banques et leurs filiales (à l'époque surtout les banques d'épargne et de dépôt). Aucune leçon n'avait été tirée, la Fed' était intervenue en rachetant (effaçant), comme avec le Plan Paulson, les créances toxiques, puis en se refinançant sur le marché financier international en vendant pour plus d'un billion de $ de Bons du Trésor pour couvrir son déficit (le 1er "prix" du Plan Paulson s'élève à... un billion de $ en réalité). Ce Plan Paulson est un Plan d'amnistie pour les escrocs. Tout ceci parce que des acteurs escrocs avaient masqué les informations, truqués les bilans, détruit les preuves comptables. A l'époque on ne parlait pas "de crise du capitalisme qui ne doit être qu'une crise d'acteurs défaillants qui n'ont pas joué le jeu de l'économie de marché", on ne disait pas de "l'économie réelle" par pudeur de ne pas utiliser les mots "économie virtuelle". On disait que les jeux d'écriture opérés par ces grands fonds de pensions ou ces acteurs économiques "faisaient partie de la nouvelle tendance de la tertiairisation de l'économie". Par là on parlait des activités croissantes du management financier qui supplantait le management d'entrepreneur, du management des share-holders (détenteurs de parts) à la place du management des stake-holders (détenteurs de tâches). En 2002 il était déjà question de soigner de ses maux la Corporate Governance, la Direction d'Entreprise dont les accessoires du salaires étaient gonflés par les stock-options, les golden hello, les golden parachute et les retraites chapô. Les Démocrates du Congrès US ont réclamé, en donnant leur accord au Plan Paulson de détournement de fonds, que la justice s'appliquera à l'encontre de ce patronat. Madame Laurence Parisot, patrone du Medef, l'a aussi juré promis, "les salaires des patrons seront surveillés et toute dérive sera punie". C'est simple, le salaire de ces patrons gonfle, quand l'action en bourse gonfle, et quand le Conseil d'Administration les "licencie".

Il faudra admettre que l'information ne peut être qu'asymétrique, inégale, répartie de manière non homogène, et peu sûre et que le jeu d'interactions en économie ne peut fonctionner sans frictions et en étant parfaitement efficient. Il faudra donc admettre que l'Europe intervienne avec une politique homogène et commune en fiscalité, en matière budgétaire, en matière de politique industrielle, etc... (ce qui n'est pas le cas avec le Plan de Sauvetage européen et avec sa Boîte à Outils). L'Information n'a plus rien à voir avec les fondamentaux de l'entreprise et ses compétences sur le marché dans ses champs d'activité.

Il est un devoir de dépasser maintenant Stiglitz, l'angélique, et il faut admettre que le mensonge, la supercherie, l'escroquerie, le shorting, le bad ranking sont les éléments constituants de l'information, peut-être les éléments les plus essentiels, en ce monde qui prouve depuis 20 ans que l'économie virtuelle soumet à elle-même l'économie réelle, par les manœuvres dolosives, d'escroqueries et de vol des spéculations financières du genre des subprimes, mais aussi des systèmes des hedge-fonds dont l'objectif est le dégagement dans le court terme de la marge opérationnelle la plus importante dans la valse des rachats-rejets des entreprises.

Il faudra aussi dépasser l'économiste indo-américain Jagdish Bhagwati qui voit avec justesse la "croissance appauvrissante" pour les PED et les Pays ACP qui se sont soumis dans la valse tarentelle à l'ouverture commerciale de la globalisation.

L'appauvrissement des PED et des Pays ACP avait un petit peu ému au printemps 2008 les consommateurs européens quand ils se sont apperçus que leur birscher-müsli matinal de chez Kellogs ou Frolics coûtait plus cher à cause de l'augmentation du prix des céréales. Comme alter-amoureux je travaille sur mon site cette thématique des APE, des Accords sur les ADPIC, des ADPIC+, de l'AGCS+, de la biodiversité et de la sécurité alimentaire...

Jagdish_Bhagwati.jpgJagdish Natwarlal Bhagwati (né en 1934), économiste indo-américain et contributeur majeur aux nouvelles théories du commerce international depuis les années 1950, s'est intéressé aux questions de développement. Il enseigne à l'université de Columbia et publie sur le libre-échange. Il a mis notamment en exergue la notion de "croissance appauvrissante" comme fruit de la dégradation des termes de l'échange. La croissance appauvrissante correspond à une diminution du pouvoir d'achat dont dispose un pays grâce à ses exportations. En conséquence, ce pays devra exporter plus pour pouvoir importer autant qu'auparavant. En cela il y a "croissance appauvrissante"; un pays épuise plus de ressources pour importer autant car selon l'effet de cliquet, les importations d'un pays ne peuvent sensiblement pas diminuer.

Il faut dépasser Jagdish Bhagwati et appliquer ses thèses aux pays "riches" qui procèdent aussi à une croissance appauvrissante pour une tranche de plus en plus grande de leur population interne. La croissance appauvrissante des pays "riches" se base tout autant sur une appauvrisation des pays "faibles" (PED et Pays ACP) en situation d'échange commercial avec eux (autrefois, on disait paupérisation, je sais, je sais). Le dégagement de la marge s'opère en externe et en interne de chaque pays industrialisé arrivé à un stade d'économie de renouvellement. Si elle peut s'opérer en interne c'est que l'information n'est pas simplement imparfaite, comme le ressent Stiglitz, mais aussi que cette information est manipulée, déformée, intégrée dans un système de paradigmes qui fausse la réalité. La globalisation a été présentée comme le cadeau de la démocratie et du bien-être que l'on se doit d'apporter aux peuples et aux pays, les délocalisations étaient devenues et comprises comme le bonheur nécessaire et messianique.

A ce jour, le mardi 7 X 2008, 26.000 Milliards de $ (26 billions) "d'actifs", ou de "positions négatives", ou de "créances toxiques", ou de "crédits irrécouvrables" ont été détruits depuis 12 mois et ne seront plus jamais reconstitués. Nous avons la plus grande crise financière de tous les temps, 29 est un petit-déjeuner sur l'herbe, en comparaison. Le PIB de la Zone Euro s'élève à 12 billions de $. Les pertes sont de 7 billions pour les USA, 1,7 billions pour GB, 1,7 billion pour la Chine, 1,3 billion pour la France, 1 billion pour l'Allemagne, 800 milliards pour le Brésil et de même pour le Canada, 8,7 billions pour le reste du monde.

Je pense aussi que le $ comme monnaie internationale a fait son temps. Depuis la guerre du Golfe 1 et 2 déjà, les pays producteurs menacent de ne plus se référencer au $. C'était le cas dès le 6 juin 2006 pour l'Iran. Ceci explique aussi l'intérêt de plus en plus pressant de faire la guerre à l'Iran. Le régime iranien de dictature islamiste n'a rien à voir avec cette question, le casus-belli est du côté américain et Israélien. Mais cette fois-ci les USA ont perdu les crédibilités militaire, économique, financière et industrielle. Ce sera flashy, CNN sera là pour diffuser de l'Information. Le "dégât collatéral" ne sera toujours qu'un dégât collatéral. Dans la cuvette des WC, il faut aussi être un artiste pour ne pas lécher les bords; c'est humain. Et maintenant que la dalle plasma a remplacé la "Couseuse au Récamier" en canevas qui risque depuis des siècles de se planter l'aiguille dans les doigts... ce sera réconfortant.

Dans ces temps de révolution systémique, nous avons un ripage de langage qui vous offre une sémantique croustillante. "Non, ce n'est pas la crise du capitalisme, c'est juste que toutes les banques de la planète n'ont pas respecté l'économie de marché." La bavard retord invétéré, Alain Mink, écrit partout "que c'est la faute à l'Allemagne" (la France n'a jamais fait son devoir de mémoire), si l'Europe n'a pas de position commune. En Allemagne on écrit partout que personne ne veut "un retour à la RDA" en parlant des interventions d'État et des nationalisations des banques faillitaires, tout ceci pour dire que l'État doit poursuivre son désengagement généralisé de tous les services publics. N'est-ce pas, les privatisations des caisses de retraites et de santé ont donc déjà été promises au secteur marchand, on ne peut s'arrêter maintenant, the show must go on. C'est pourquoi, les Plans de Sauvetage accompagnés des Plans de Soutien des "Industries clefs" ne sont qu'une approche nouvelle de la perfection du marché qui conduit à la croissance appauvrissante. Ces industries clefs, qui font du management financier, qui délocalisent, qui visent des marges opérationnelles dictées par les Hedge-Fonds et par cette "tertiairisation du management" citée plus haut sont les acteurs de la croissance appauvrissante.

Je pense que le prochain Prix Nobel d'Economie devra combiner et intégrer en les dépassant les enseignements de Stiglitz, de l'information imparfaite nécessitant une intervention de l'État, et les enseignements de Bhagwati de la croissance appauvrissante. Les États devront créer des système d'information totalement indépendants des influenceurs, des médiateurs du monde de la finance. Le rôle actuel des médias et d'asséner pendant des décennies des mensonges, pour qu'ils finissent par être perçus comme des vérités. Les paradigmes, les filtres, les canevas.

A cette synthèse supérieure, il faudra intégrer le fait que cette information imparfaite est montée en exercice de style du mensonge et de la désinformation et de l'intoxication, ce qui nécessite une intervention de l'État.

Il faudra ensuite admettre que si les pays riches font subir une croissance appauvrissante pour les pays "faibles", une intervention de l'État est nécessaire. A ce constat humaniste, il faudra comprendre que les Pays riches s'infligent à eux-mêmes une croissance appauvrissante pour une couche de plus en plus importante de leur propre population, et qu'une intervention de l'État est une nécessité. Vous ne trouverez pas encore sur le web une telle combinaison de pensées. Vous comprenez donc mon jugement extrêmement critique des Plans de Sauvetage US-EU avec leurs Boîtes à Outils et des Plans de nationalisation et de soutiens de l'industrie clefs qui ne sont que le nouveau ferment de la prochaine crise systémique de bulle systémique. De telles combinaisons de pensée sont miennes, elles n'ont rien de génial, mais nos influenceurs et nos médiateurs, encore moins les gauches de France, le PS et sa Motion C ne sont capables de procéder à une telle synthèse de constats.

You Tube: Financial Crisis Simplified

Je pense même qu'il faudrait peut-être réfléchir à l'enseignement du Prix Nobel de Physique, Pierre Gilles de Gennes qui a étudié les "éléments sales" dans la physique de la matière condensée dans ses transitions entre les phases, les défauts, les fluctuations de l'ordre et les réarrangements sous l'effet des contraintes extérieures. Les transitions vers la super-fluidité, la supraconductivité, la polymérisation, la dynamique des chaines polymériques, les mouillages, les démouillages, les séchages, les découplages entre les chaines polymériques, les distances entre celles-ci, l'aptitude des chaînes connectrices à se pénétrer et à inter-agir... Je suis sûr qu'il y a une modélisation à faire que les économistes n'ont pas encore abordée. Mais avant tout il faudra de nouveau développer en l'Homme son aptitude à une évaluation qualitative. L'Homme est malheureusement depuis 20 ans une volatilité éthérée qui n'a plus droit à sa consistance, ou qui n'en a plus. L'économie virtuelle a assujetti à elle l'économie réelle et ses actants. L'actant volatile a ceci de génial qu'il n'a plus besoin de se sublimer en une absence. L'actant volatile est dénué d'esprit critique politique, il bouffe, il suce, il craint pour sa retraite et se tait. L'actant volatile est le soumis sui-generis qui incorpore l'esclave et le maître qui le prend en joue. L'actant volatile, tout en étant une polymérisation esclave-maître est une entité volatile qui s'agite conformément aux flux qui le commandent. C'est tout pour ce soir.

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Note de bas de page, Explication succincte de la Crise des subprime:

Aux USA, les foyers qui ont construit des maisons et les banques d'investissement étaient devenus des joueurs au lotto. Ils ont trop cherché et couru le risque dans ce sport vidéo du "capital risque" qui devait faire passer tous les autres acteurs de l'économie, qui ne le pratiquaient pas, pour des arriérés. Le problème était que tout le monde, la femme de ménage, le chauffeur de taxi, devait acheter à crédit une maison même sans apport personnel et que les banques l'avait financée à 100%. L'emprunteur du crédit n'était redevable que sur le prix de la maison, et pas comme Europe, aussi sur ses autres biens et sur son salaire. Celui qui achetait une maison à crédit, ne pouvait que être gagnant. Ceci avait libéré une propension à la prise de risque totalement déconnectée de la réalité économique de chaque foyer (devenu le premier maillon spéculateur) et avait déclenché une sur-liquidité pour payer des maisons et pour consommer d'autres biens à crédit, dont les crédits prenaient comme garantie la même maison dont la valeur devait indéfiniment augmenter. Les banques, elles-aussi n'agissaient plus que dans le seul esprit de tirer un maximum du capital risque, sans avoir la moindre des couvertures en fonds propres et même en s'endettant aussi énormément. Les banque avaient alors revendus les créances en des produits dérivés, qui sont de pures merveilles d'invention créatives de nouveaux produits financiers, des titrisations destinées uniquement à la spéculation sans se reposer sur la moindre des économies réelles. Puis les banques avaient vendu et racheté des paquets de ces titres et créances, les avaient transformés en d'autres paquets de titres en inventant d'autres nouveaux produits financiers à "haute" valeur spéculative, pour les revendre en externalisant à chaque fois le risque sur le dernier acheteur, en tous cas sur d'autres. C'est le principe des lettres pyramidales. Pour une explication plus longue vous pouvez me relire mon artcile du 11 avril 2008 sur "Économie de bulles, Crises systémiques" Nous savons tous que l'Irlande, mais aussi l'Espagne ont pratiqué le saut de l'immobilier sans filet. La France est donc bien entourée.