En 2008 j'écrivais: La dérégulation à l'européenne est plus élégante que celle, toute "pragmatique", des USA et jouit d'un parfum constituant d'État. Elle est imposée par des... Directives et le Traité de Lisbonne (Traité Simplifié Européen) qui imposent la Libre Circulation des biens, des services, des travailleurs et des capitaux et qui consacrent l'autorégulation par les marchés. L'objectif unique et central de la Commission de Bruxelles est depuis le Traité de Rome, dans la réalité puis dans les textes, la "concurrence libre et non faussée", la non entrave à la concurrence. La libre circulation a concentré les richesses vers un lot d'initiés à l'intérieur des économies nationales, à l'intérieur de la région Europe, entre les pays industrialisés ou émergents et les autres. Attention, je ne fais pas appel au repli protectionniste. I want my Europe back! Rendez-moi mon Europe.

Maintenant, le nouveau bavardage qui fait pop est que le Consensus de Washington peut être nocif pour nous-mêmes, les dicteurs de leçon. J'ai toujours dénoncé le Consensus de Washington et sa déclinaison dans les us et traités communautaires et européens, qui en font une application encore plus violente contre les européens, le Traité de Lisbonne aidant. Si vous cherchez sur google consensus de washington europe, mon site est en A1 et en A2 sur 15.500.000 résultats.

parlamentarium_bxl_8.jpgMaintenant dans la presse, qui ne sait pas en découdre comme le journal Le Monde qui n'est pas un journal d'information, on voit en gros titre cette question: "la Zone-Euro victime du consensus de Washington?" . Le journal Le Monde est maintenant en A4, mais il ne restera pas longtemps devant mon site, car il traite de cette question comme d'un épiphane fashion au lieu d'Occupy the WordS. Je ne croyais pas si bien dire et 20 minutes après publication de ce billet, mon site est passé en A4 et devant le journal de plaisance, appelé Le Monde. (Photos: Parlamentarium, Bruxelles, octobre 2011)

Dans mes derniers billets sur le FESF, parapluie européen, j'écrivais que c'est bien-fait que les pays émergents n'investissent pas dans les obligations européennes, succédanés des Euro-Bonds qui n'existent pas encore, en nous renvoyant comme arguments ce que nous leurs dictons depuis une trentaine d'années au travers du FMI et de la Banque Mondiale, et violemment depuis 1989 avec les AGCS, AGCS+, les Accords sur les ADPIC et les ADPIC+, les APE et les ALE. Dans mes cours en langue allemande de Master Grande École ou en M2 et même déjà en IUT dès 1993 je faisais des polycopiés entiers sur "Die neue Unordnung der Weltwirtschaft" et j'y mettais en garde contre les produits financiers dérivés, etc

Le premier "sauvetage" massif des banques qui a eu lieu à la fin de l'année 2008 n'a été qu'une refondation du Consensus de Washington et une manière de cacher que l'automatisme automatique des Traités Européens ne permet pas non plus d'harmoniser les rythmes conjoncturels et la "croissance" des pays européens de l'Union Européenne et des pays européens adhérents de la Zone-Euro. Le Traité de Lisbonne a permis une concentration des richesses et un appauvrissement général. La "libre circulation des biens et des services, des personnes et des capitaux" n'a pas apporté la croissance, le bien-être et le plein-emploi. Il faut une harmonisation des politiques sociales, économique et fiscale européenne, mais pas une eurogouvernance financière telle que le proposent la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Président français en poste, qui font main-basse sur l'Europe pour protéger leurs propres intérêts qui ne sont même pas ceux des peuples qu'ils sont censés représenter. Cet euro-janus n'est rien d'autre qu'un morceau de viande dénué de volonté et qui est entre les mains des financiers qui lui dictent leur volonté tout en le méprisant. L'euro-janus franco-allemand détourne et viole les Traités Européens, et le Parlement Européen, élu-non-élu par les européens qui ont boudé les élections européennes, n'a pas les moyens ni la volonté de leur adresser un empeachment ou de faire voter une motion de censure. Le pompage commun et massif en dollar organisé par les banques centrales du monde entier le 30 novembre 2011 prouve que les banques, qui ne se font plus confiance entre elles-mêmes et qui se méprisent elles-mêmes, sont en faillite technique qu'il est de moins en moins facile de cacher. Les valeurs boursières des banques en ont profité, et une fois de plus, les banques centrales qui ne sont pas autonomes, ont offert des liquidités aux banques pour qu'elles continuent à spéculer en simulant une consolidation fictive et furtive de leurs comptes ce qui fait croire qu'elles n'ont pas si besoin d'être recapitalisées. Mais elles restent en situation de faillite technique avec leurs trillions d'actifs pourris.

Une fois de plus j'avais raison, et depuis des lustres je parle des deux décades perdues, quand la Lagarde du FMI parle subitement depuis 10 jours de la "décennie perdue", comme si elle masquait encore la responsabilité des dégâts causés par les européens. Si la Lagarde en parle, c'est juste qu'elle veut préparer les gens à payer pour ladite dette publique, qui est, au dessus du critère normatif et normal des 60% du PIB, la dette léguée des banques privées, car il n'y a pas une crise de l'euro, mais la crise des banques qui jouissent périodiquement d'un sauvetage bail-out payé par les fonds publics ou la planche à billet, la souveraineté de la création monétaire européenne et la monétisation de la dette par la BCE, ce qui revient au même. J'ai été classé il y a quelques années dans mes propos comme un "gauche de la gauche", maintenant la presse maïzéna, toujours prête à lier toutes sauces, et l'extrême-droite française parlent aussi de ceci comme de certitudes séculaires, et le peuple espagnol a déjà pris de l'avance sur nous en donnant la majorité absolue aux partis de la droite dure, alors que nous sommes dans la crise des banques que les gouvernants veulent faire payer aux peuples et dans le plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique.