La décomposition institutionnalisée des signifiants se poursuit: les 90% d'endettement et la politique d'austérité de Kenneth Rogoff

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PIB ne signifie pas PIB. Entreprise ne signifie pas entreprise. Crise ne signifie pas Crise.

Le dérapage des signes et la décomposition des signifiants est un art de la prise d'un pouvoir ou de son maintien. Depuis l'année-Lehman 2008 les mots sont martelés, émis et renversés. L'essentiel n'est pas leur signification, mais l'emprunte psychique de la confusion qui résonne en nous. C'est la sublimation de la démocratie. Le mot crise est dans notre bouche et nous ne savons plus depuis 6 ans à quel mot d'accompagnement nous vouer. La décomposition des signifiants veut progressivement nous plier en deux avec leur fond sonore et nous enlever l'idée que l'on peut se lever, conduit par notre entendement. C'est un mauvais calcul parce que le défaut d'élévation appellera un soulèvement. Il y a quelques semaines on nous avait fait croire que le FMI "s'était trompé dans ses calculs". Aujourd'hui on nous apprend que l’économiste américain Kenneth Rogoff, qui a été économiste en chef du FMI de 2001 à 2003, avait fait une erreur dans son tableau Excel et avait maquillé son analyse sur le seuil des 90% de l'endettement d'un État comme barrière à la croissance. Le refrain de Rogoff est la moelle du FMI, de la Commission de Bruxelles et de la Troïka et le fondement de leur politique d'austérité, de "réformes" et de privatisation. A partir de ce seuil des 90%, les États endettés doivent mettre en œuvre tous les mécanismes de réduction de la dette selon Rogoff. Aujourd'hui ce sont de nouveau des économistes américains qui ont désavoué Rogoff. Le calendrier de cette annonce n'est pas un hasard parce que la Constitution américaine interdit aux USA de dépasser le plafond d'endettement de 100% du PIB et que le Congrès, le Sénat et Obama sont paralysés dans le débat du "Fiscal Cliff" de la rallonge budgétaire. Le consensus politique n'ayant pas de voix on fait craquer le signifiant des 90%, dix-pour-cent, dix-pour-cent, même si en réalité les USA se trouvent en banqueroute d’État depuis quelques années déjà au même titre que l'Irlande, la Grèce ou Chypre. Et comme des pays de la Région Europe comme la France sont entrain de dépasser le seuil des 90% d'endettement par rapport au PIB, la bande sonore des médias va un peu quitter le thème divertissant attisé par l'extrême droite catho contre le Mariage pour tous, et la gauche croyant que ses principes sont reconnus va amplifier le son du mot, car cela porte plus d'écho que de s'engager dans une certaine idée de croissance au lieu de combattre les éléments de défaisance sociale et environnementale. La gauche adore positiver et croit que dénoncer n'est pas un engagement positivement sonore. Dénoncer ne lui accorde pas de redondance, mais pour moi dénoncer est construire l'avenir. Avec ceci on ne peut pas briller aux alentours et on me prend pour un Störtebeker, un "rouge", un "communiste". Cet entourage est l'homme du passé qui s'accroche à des signifiants qu'il croit avoir entendus. L'insulte envoutante et presque sympathique du "gauche de la gauche" est retombée comme un soufflé dans une caverne et on prononce "rouge" ou "communiste" comme si soulagé on s'explosait son comédon devant sa glace. Vous vous êtes déjà observé comme vous reteniez votre respiration avant de le faire sauter? Et comme le retour d'air et du bruit de votre corps vous parle et vous rassure? On nous raconte aussi depuis la Déclaration de la Crise des Subprime qui remonte à 2007 mais dont on voit le démarrage dès juillet 2006, que "This Time is Different" pour vous faire entendre que "cette fois-ci la crise ne ressemble à aucune autre", ce qui permet aux gouvernants et aux G4, G8, G20 et à la Commission de Bxl de faire semblant de faire la narration d'une autre stratégie de remédiation en rachetant par milliers de milliards les actifs pourris des banques et en vous racontant que le keynésianisme du New Deal qui a versé des milliers de milliards dans la relève des USA après 29 avait été une fausse politique.

Depuis Bartholomäus Welser ou depuis la Crise des Tulipes une crise spéculative reste une crise spéculative, comme pour la Crise dot.com, la crise de la New-Economy, la Crise des Subprimes. Les financiers titrinogènes et les petits rats qui croient à l'humanisme automatique de l'enrichissement sans cause et sans labeur du Consensus de Washington et de Bruxelles n'ont qu'une bille en tête, celle de se donner le Droit de cacher et blanchir leur risque, leur moral hazard, leurs toxiques et leur toxicité qu'ils font même passer pour de "l'esprit d'entreprise".

Dans le contexte de l'enrichissement sans labeur et sans cause par les flux spéculatifs, les entreprises elles-mêmes se sont données les moyens de ne pas rendre pérennes leurs activités industrielles, commerciales et de service en ne pratiquant plus que leur propre optimisation financière. On a même fait passer depuis 2008 le moral hazard, l’aléa moral, pour une séquence normale de notre ADN sans quoi la vie même est impensable et impossible. Au nom de cet "esprit d'entreprise", la planète subit en plus de la crise de l'insolvabilité des banques une crise de l'insolvabilité des entreprises créée de toute pièce par elles-mêmes et pas uniquement parce que les banques leur ont fermé le robinet des liquidités depuis 2008. Nous sommes en face de la Bulle des LBO - Leveraged Buy Out, ces Opérations de rachat d’une société avec effet de levier grâce à l'emprunt et un montage financier. Le LBO permet aux spéculateurs de se faire passer pour "des entrepreneurs qui ont une idée à faire valoir" et de se sentir sur-calibrés pour accomplir une mission supérieure de faire valoriser  l'entreprise qu'ils ont ciblées. L'opération de financement par LBO promet aux capital-investisseurs appelés les mezzanines, les seniors ou les juniors, une valorisation financière de l'entreprise avec un rendement attendu de 25%. L'entreprise est devenue une saucisse à vendre qui ne cesse de se rallonger, mais pas à cause de son contenu, mais à cause du bavardage autour de sa valeur qu'elle prétend avoir. Une entreprise n'est plus une entreprise. Le LBO offre d'abord aux capital-investisseurs l'accès instantané à leur profit avec une fraction minimale de mise de fonds propres et avec le rachat ultérieur de leur dette d'acquisition à effet de levier avec les moyens dégagés par la mise au chômage massif pour réduire les coûts de fonctionnement, par l'appauvrissement des salariés et des populations dans des Pactes de Compétitivité imposés par chantage. Et en dernier ressort les dettes des LBO seront recapitalisées par les contribuables et les budgets nationaux qui nationalisent d'une manière ou d'une autre les toxiques alors que les dettes des LBO étaient déjà défiscalisées cumulativement à hauteur de l'impôt sur les sociétés, de l'intérêt de l'emprunt et de la distribution de dividendes sans imposition.

Lofoten-09.jpgLe levier fiscal est le pilier de la rentabilité des LBO et la "libre entreprise" est donc largement payée par les contribuables avant et après les faillites. L'industrie du LBO est un paradis fiscal et une niche fiscale institués dans le périmètre du pays par le législateur au seul bénéfice des capital-investisseurs. Cette décomposition du signifiant "esprit d'entreprise" se fait de manière tout autant violente, mais au nom de la "création d'emploi", du "maintien de l'emploi" qui sont de nos jours des signifiants sans contenus. C'est la sublimation de l'esprit d'entreprise. Plus il y a de décroissance ou de récession, plus les acquisitions d'entreprises ou le financement des extensions d'entreprises par LBO mènent inéluctablement à la faillite. Les entrepreneurs ont même créé tout naturellement une holding qui a racheté par LBO leur propre entreprise pour accéder encore plus instantanément au profit et détourner ses actifs. Le LBO est une opération financière à haut risque même en période de croissance et en plus le LBO relègue obligatoirement au second plan les primes et les salaires, la formation des salariés, la Recherche & Développement et les investissements et réduit gravement les possibilités d'autofinancement de l'entreprise... qui doit alors avoir recours à... l'emprunt. Le LBO est comme une acquisition par un hedge fond, mais à domicile. Le LBO offre à l'acquéreur-spéculateur le levier juridique par lequel il s'assure le contrôle d’une entreprise sans avoir besoin de répondre à l’obligation d'en détenir la majorité du capital tout en limitant son engagement financier et en exigeant le maximum du retour sur son investissement. En passant, le capital-investisseur peut même avoir radicalisé son intervention en dépeçant le département R&D de l'entreprise ainsi acquise et avoir organisé le transfert de technologie et l'accaparement de son portefeuille de brevets d'invention et de ses contrats au profit d'une autre entreprise dans laquelle il est lui-même acteur. Le LBO sert à faire remonter un maximum et au plus vite du cash comme une sangsue sur un mammifère. L'objectif pour le repreneur d'une entreprise, quand il ne s'agit pas d'une reprise par le management ou les salariés, étant de céder cette entreprise dès qu'une occasion de plus-value se présente. Or ces occasions ne se présentent plus depuis 2008.

Le LBO est à l'entreprise ce que le Subprime est à l'immobilier, et il semble que 1/4 des émetteurs de LBO feraient faillite en Europe d'ici à 2014/15 où les LBO montés depuis 2008 arriveront à maturité et quand les emprunts faits pour les acquérir arriveront à échéance et qu'il faudra les renouveler. Le LBO est l'égal du financement pyramidal à la Ponzi. Dans les opérations d’une certaine importance la dette des LBO n’est pas portée dans sa totalité par le banquier ou le mezzaneur (capital-investisseur) qui l’a mise en place. Le risque de la dette des LBO est mutualisé, est transformé et blanchi en produit financier titrisé mis sur le marché, soit dans le cadre d’opérations de gré à gré OTC - Over The Counter extra-bilancielles, soit à travers la constitution de véhicules ad hoc, les SPV. A cause du financement extrabilanciel des LBO, le législateur et les instruments de statistique nationale ne peuvent pas évaluer la situation réelle de l'endettement des entreprises par rapport à leur résultat et le PIB d'un État est ici aussi un PIB fictif, furtif et d'initié qui ne permet pas au gouvernement d'avoir une politique économique réaliste et sérieuse ni une politique fiscale d'impôt sur les sociétés. PIB ne veut pas dire PIB. En un mot, on ne sait pas ce qui se trafique dans une économie nationale, mais ce genre d'entrepreneurs vous traiterons de communiste si vous réclamez un contrôle et une réglementation. Le signifiant "communiste" est toujours aussi bon-marché et soulage celui qui s'en sert comme réprimande. Pourtant, le LBO n'a rien à voir avec un management durable de l'entreprise mais est une manœuvre d’optimisation financière sans logique industrielle qui passe par la spéculation à court terme, de 5 ans environ, et les banques et les fonds d'investissement ont poussé à ce système d'endettement et ont obtenu des banques centrales les liquidités pour permettre aux spéculateurs d'assouvir leur haut risque spéculatif. A tous les niveaux, les banques centrales n'ont pas exercé de contrôle ou de réglementation sur les banques et actuellement les dettes d'acquisition des LBO ne sont plus recapitalisées par les banques dont le seul motif d'existence depuis 2008 et de se recapitaliser elles-mêmes. Les banques sont coupables de n'avoir pas voulu constater les insuffisances d'actifs des entreprises rachetées par LBO et de leur avoir accordé un soutien abusif qui les a conduites à la faillite. Le Législateur et les Pouvoirs Publics de notre "État de Droit" sont coupables d'avoir accordé en métropole aux capital-spéculateurs le privilège de la niche fiscale de la défiscalisations sur les LBO. Un État de Droit n'est pas un État de Droit. L'objectif de la création des LBO n'a souvent pas été de développer l'entreprise, mais de détourner ses actifs. Et comme pour les CDS-square, les CDS sur des CDS, le milieu financier a amplifié la financiarisation de l'entreprise avec des LBO sur des LBO appelés LBO-secondaires. Le LBO est le détournement de la quasi-totalité de la création de valeur économique de l'entreprise vers les apporteurs de fonds propres qui la mettent en pression de façon disproportionnée et abusive face à son résultat. Le LBO est une diminution et même une destruction de fonds propres de l’entreprise qui sont remplacés par des prêts, qui deviennent des toxiques en période de décroissance ou de récession. En réalité les hedge fonds ou les LBO ont généré la décroissance économique en rendant les groupes industriels, les PME et les TPE incapables de résister sur les marchés et à la concurrence internationale. La BEI - Banque Européenne d'Investissement se pose à haute voix la question, si elle va lancer avant 2015 une opération similaire aux opérations "Grosse Bertha" et "Bazooka" en direction de ces entreprises pour leur racheter leur m****, leurs produits financiers titrisés sur les LBO, autrement dit, si elle va procéder au bail-out des entreprises qui ont détourné leurs actifs sociaux dans ces opérations de financiarisation par LBO. La BEI va donc aussi dévoyer le keynésianisme bien que sur son portail elle affiche ceci: "La BEI accroît son soutien à l'innovation et au renforcement des compétences, des domaines cruciaux pour la croissance à long terme dans l'UE." Avec l'appui des austérologues de la Commission de Bruxelles et des gouvernements, les capital-investisseurs comptent aussi se refaire une santé sur les dos des Travailleurs en leur imposant des Accords de Compétitivité, le TSCG et la Règle d'Or. Vous avez vu comme les médias français et le gouvernement affilié font de la lèche au Travailleur pendant ce mois de mai 2013 avec tous les ponts en nous affirmant que "non, ce ne sont pas les jours fériés qui vont mener à la baisse de la croissance, ils ne coûteront que 0,1% du PIB, et c'est très bien de faire du tourisme, c'est bon pour l'économie". Un tel ton démontre que l'implosion est imminente.

Mais comme ces accords du Pacte de Compétitivité et la Règle d'Or ne suffisent pas à ramener la santé aux entreprises qui se sont rendues elles-mêmes malades, le gouvernement français a par exemple mis en place les mini-injections keynésiennes du plan CICE - Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi du gouvernement français pour soutenir "la culture du risque" des entrepreneurs selon Jean-Marc Ayrault, 1er Ministre PS du Gouvernement Hollande épris du corpus libéral. Ces mini-injections keynésiennes sont plus destinées à recapitaliser et rééchelonner les dettes des entreprises plutôt que de lancer de nouveaux projets économiques à caractère social et environnemental. Le gouvernement et l'État français se substituent aux banques pour faire un bail-out des entreprises qui sont les premières à critiquer les contributions patronales et les allocations chômage, alors que le taux d'impôt sur les sociétés est passé en 20 ans de 50% à 33% et même jusqu'à 15% pour les PME, ou même à 0% pour les groupes internationaux, sans reparler de la défiscalisation des LBO. En ce moment on entend aussi que "le management français est très prisé à l'international". On oublie de préciser que les français sont N°1 des LBO en Europe, ce qui n'a rien à voir avec une politique d'entreprise mais avec leur financiarisation.

Lofoten-08.jpgL'actuel dévoiement du keynésianisme pour recapitaliser les banques a permis le plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique. Les révisionnistes de Bruxelles font passer les "injections keynésiennes" à l'image des "Grands Travaux" de la Tennessee Valley pour des objets de la risée et du mépris médiatique. Les "Grands Travaux" annoncés en 2009 par le président français alors en poste pour relancer l'économie sont oubliés au profit de ce qui est appelé le sauvetage des banques. Ce néo-keynésianisme est du communisme sélectif monétaire de l’État Providence Bancaire. A cause de la création d'une bulle sur la bulle, j'ai été le seul et dès août 2009 à avoir identifié la 3ème crise des subprimes, celle que j'ai appelée la Bulle Obama-FHA et la 2ème vague de faillite des banques. Ce qui est chic, comme nous sommes dans un état permanent de crise depuis 2006 et demi, la crise des banques peut toujours se permettre de se faire oublier son nom, il reste en nous un malaise collectif que nous associons avec notre cancer éventuel que nous redoutons tous ou avec notre péché originel que nous contournons tous de manière active ou passive. Nous vivons tous depuis l'année-Lehman 2008 avec notre i-ration de sommeil et nous nous dirigeons tous vers une fatigue jusqu'à l'effondrement sociétal. Vous pouvez approfondir votre compréhension de ma phénoménologie active dans mon billet précédent.

Si vous cherchez sur Google Déclaration de la Crise des Subprime mon site est en A1 sur 1.070.000 résultats. Il est aussi le seul car j'ai inventé ce signifiant; personne n'a compris que ladite crise est une guerre civile planétaire, ne parlons même plus d'une lutte des classes. C'est pareil pour titrinogène, alors que c'est la maladie du siècle de l'économie issue des Dividendes de la Paix de 1989: externaliser le risque de la dette, mutualiser la dette, titriser la dette, blanchir la dette en un objet financier, et comme l'économie réelle n'est pas prévue pour rapporter ce retour sur investissement, multi-mutualiser la dette devenue des toxiques, titriser les toxiques, blanchir les toxiques en un objet financier et faire racheter les toxiques par le contribuable, blanchir les toxiques devenus des Bons du Trésor et faire rembourser les toxiques d’État par deux générations futures. Les toxiques ont été rachetés depuis 2008 et jusqu'à présent directement par les gouvernements, ou par le FESF - Fonds Européen de Stabilité Financière conjointement avec le MES - Mécanisme Européen de Stabilité dans le cadre du Pacte budgétaire européen. Le nouveau MES - Mécanisme Européen de Sécurité pourra bientôt même renflouer rétroactivement et directement les banques (retroactive bailout), mais le renflouement avec les moyens publics n'est toujours pas exclu... Autrefois on disait "privatiser les bénéfices et nationaliser les dettes", mais à la fin des années 80' et avec les Autoroutes de l'Information il manquait la dimension séculaire. Pour parvenir au pouvoir ou pour y demeurer avec assurance, il fallait décomposer ce signifiant, et mettre en avant l'audace économique de celui à qui tout est permis librement parce qu'on voulait bien lui reconnaitre, à lui l'acteur global libéré du temps, la force de faire du futur et de la croissance sa créature. De toute façon, la Réforme Européenne tonitruante sur la Structure des Banques n'entrera en vigueur qu'en 2018, soit 10 ans après l'année-Lehman 2008 et une décade perdue pendant laquelle aucune réforme sur le contrôle et la règlementation des banques n'a été appliquée.

Revenons au désaveu du principe de Kenneth Rogoff. Quelle est la lecture qu'il faut avoir de la contre-analyse économique face au principe de Rogoff du plafond de 90% de la dette publique à ne pas dépasser? Que la dette publique c'est chic et qu'il faut en faire davantage. Mais ce ne sera toujours pas pour lancer de grands travaux structurels dans l'économie réelle pour faire un tremplin à la relance économique naturelle. Les banques étant encore plus en faillite technique qu'en 2008 à cause de la politique dite de sauvetage des banques, le bail-out, il faudra encore plus leur racheter leurs toxiques d'avant 2008 et ceux qu'elles ont créés et vendus sur les marchés financiers depuis 2008 au lieu de soutenir l'industrie et les PME, donc le Travail et les activités. Avec ce transfert sélectif et massif des liquidités au profit des banques depuis 2008, nous vivons une période extrêmement violente, mais ce n'est pas un contenu de conscience ni un vécu collectif. C'est la sublimation de la démocratie. Pour sortir de leur comptabilité et donc "multimutualiser" leurs dettes, les banques ont blanchi leurs anciens CDS/CDO toxiques et ont inventé et vendu des CDS-square ou même des CDS-cube, c'est à dire des CDS sur des CDS, ou des CDS sur des CDS sur des CDS. La première fois que je vous ai exposé les CDS-square est le 10 janvier 2009. Pour plus d'amples explications faites la recherche interne sur mon site en cliquant square qui apparaitra en surbrillance dans tous les billets qui contiennent ce mot et faites défiler un à un tous les billets apparus. La dette publique a donc explosé à partir de 2008 très précisément, et lors de cette année-Lehman 2008 les économies ne se trouvaient pas encore en récession, il n'y avait donc pas un effondrement des recettes fiscales. L'explosion de la dette publique est due au grand bail out des banques too big to fail au détriment de chacun d'entre nous et de nos enfants qui dans un vrai Welfare State, un vrai État Providence, étions des too little to fail. L'explosion de la dette publique est due à la défiscalisation des LBO qui est pour l’État une privations des recettes fiscales. L’État se rend volontairement pauvre au bénéfice des spéculateurs. Par notre attitude irresponsable lors de tous les rdvz électoraux depuis 2008 nous avons accepté la faillite personnelle de nous tous, les petits. Dans le bruitage des signifiants, "récession" n'a pas le droit d'être prononcé, pourtant il n'y a pas de reprise économique. Pour donner l'illusion de la croissance tentée de revenir il y a la facilitation quantitative, la planche à billets qui permet de remplacer dans les banques les toxiques par des liquidités payées et avancées par les contribuables. Il ne fait pas non plus partie du vécu collectif et du contenu de conscience, que nous vivons depuis 2008 une Guerre des facilitations quantitatives, mais vous pouvez chercher sur Google les compléments d'information. Ladite Crise a déjà duré plus longtemps que la 2ème guerre mondiale.

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Comme les chinois qui ont éliminé pour leurs résidents quelques mots embarrassants des recherches sur Google, les américains poursuivent le glissement des signes et la décomposition des signifiants en ayant changé hier, le 22 avril 2013, la méthode de calcul du PIB. Il s'agit pour les USA de faire croire que la relance économique naturelle est de retour et en plus vigoureuse, que les USA disposent encore d'une bonne marge de manœuvre face à leur plafond d'endettement, et surtout que le pays est loin d'être en récession ou en déclin. Les normes utilisées depuis des décennies dans la comptabilité nationale américaine ont été modifiées hier et les USA intègrent dans le calcul du PIB depuis hier comme actifs les dépenses Recherche & Développement. En une nuit les USA ont gagné 3% de croissance du PIB. En ajoutant ces 3% au désaveu de la barrière ultime de l'augmentation de l'endettement de Kenneth Rogoff, les USA ont éliminé le blocage du bavardage entre le Sénat, le Congrès et Obama au sujet du fiscal cliff. Depuis 2008 je vous entretiens au sujet du cow-boy de papier. Cow-boy de papier aussi n'est pas encore un vécu de conscience collectif, parce qu'il n'est pas encore devenu un signifiant qui vous aura signifié que les USA sont en faillite. Les USA pensent toujours maintenir leur pouvoir dominant sur la scène des États et dictent le contenu du dictionnaire, et l'Europe atlantiste de Bruxelles est trop heureuse de ne pas avoir à être inventive, elle a tellement peur d'exister. Pour installer son autorité pédagogique, Rogoff avait oublié dans son tableau Excel les 5 pays au début de l'alphabet. Avec le nouveau paramètre comptable, les USA vont chercher leur grandeur dans le passé et recalculer leur PIB jusqu'à 1929. PIB ne veut plus dire PIB. Mais une crise spéculative reste une crise spéculative et toute décomposition de signifiants depuis Bartholomäus Welser, financier et escroc des Habsbourg, 1484-1561, n'y changera jamais rien.

Dette publique ne signifie pas dette publique.


(Photos: été 2012, à vélo de Helsinki aux Îles Lofoten)

Commentaires

1. Le 22. avril 2013, par Thomas, le Cimbre,

Et comme d'habitude de Xavier Bertrand à Marisol Touraine le big brother "proxyuser.sante.gouv.fr" surveille de nouveau pendant des heures et des heures mon site dès la publication de mon nouveau billet. Son IP est >>> 164.131.224.225 . De toute façon si on s'intéresse à des toquards comme moi, c'est que l'on manque d'imagination. En France, heureusement, il n'y a pas besoin de révolution, il suffit d'aller voter aux élections.

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Comme il était facile de s'y attendre,
maintenant que provient des USA le désaveu de Kenneth Rogoff,
le Commissaire général à l'Investissement, Louis Gallois, se contredit lui-même à quelques mois d'intervalle et lance le 21 avril un vibrant appel contre l'austérité.

(Le Commissariat général à l'investissement est une administration sous l'autorité du Premier ministre. Il est chargé de veiller à la cohérence de la politique d'investissement de l'État.)

2. Le 23. avril 2013, par Thomas, le Cimbre

Aujourd'hui, 23 avril et 6 jours après le désaveu de Kenneth Rogoff, je ne peux pas vous écrire "je ne croyais pas si bien dire" en introduction à la suite de mon article ci-dessous.
Je savais que je disais bien en vous écrivant que le son du désaveu sera amplifié et que l'Europe sans imagination ira copier les USA.

C'est au tour de Cacahuète Barroso de faire son coming-out contre les plans d'austérité qu'il a tellement soutenus jusqu'au nouveau budget européen "de crise" pour les 4 années à venir.

Dans la foulée le Chef du Parlement Européen, Martin Schulz, SPD s'y est mis aussi.
Puis c'est au tour du Chef de l'Euro-Groupe, Jeroen Dijsselbloem.

Donc, les nouvelles facilitations quantitatives par la planche à billets permettront de racheter encore plus de toxiques aux banques, pour qu'elles puissent éventuellement avoir la liberté de revenir à leur métier de base, le soutien de l'activité économique.

Une telle orchestration des désaveux, me parait être le signe d'une accélération de la fuite en avant avant que les peuples ne se rebiffent et après le global meltdown.

3. Le 27. avril 2013, par JT

Bonjour Thomas,

je ne résiste pas à la tentation de te diriger vers cet article :

http://www.latribune.fr/actualites/...

Puis-je également te demander où trouver des informations sur la Deutsche Bank et sur la création de produits dérivés à partir d'actifs pourris (billet du 25 janvier)?

Merci, J.Thomas.

4. Le 27. avril 2013, par Thomas, le Cimbre

Bonjour et merci de ta discrète fidélité que j'apprécie.

Tu le vois bien, un site peut vivre sans devenir un forum. Et quelle chance pour moi, je n'ai pas à gérer autre chose que mon analyse structuraliste, ma phénoménologie active, mon travail de descripteur d'un vécu qui ne devient pas un contenu de conscience, même si nous passons de la réalité augmentée de la financiarisation à un naufrage collectif dans notre mutation vers l'homme simplifié et appauvri.

Je n'ai lu que le titre et la 1ère ligne de ton lien, par habitude de ne pas me laisser influencer. Je crois avoir une vigueur d'expression et je fais au plus possible de ne pas laisser déteindre quelque chose que là-dessus. C'est ma façon d'être "The Crisis' Voice", c'est ma signature vocale. Ce n'est pas une fierté ou une arrogance, c'est une préservation, même si je ne suis ni une plume d'un ange, et même si j'étais un saint, je sais que mon écriture ne serait que le bras armé d'un quelconque intérêt qui cherche au travers de moi à se maintenir. Je suis conscient que c'est terriblement petit-bourge que ce que j'écris, sinon je serais au Sahel à distribuer des instruments agraires pour sarcler le reste de terre et des sandwiches en attendant que ça pousse.

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Oui, on se moque de Merkel et ceci est toujours porté par un esprit qui remonte à 1870. Car ceux qui se moquent de Merkel sont aussi ceux qui veulent laisser filer les dettes publiques, enfin comme je le décris tout le temps, les dettes des banques devenues publiques avec la complicité chaleureuse des gouvernements. Donc je n'adhère pas à cette cabale-ci, même si les intentions de Merkel sont très allemandes. Mais comme tu peux l'apprécier toi-même, j'avais prévu et écris dans mon billet que le PS français amplifie le son. Son attaque contre Merkel est tout simplement imbécile, car pour lui, propager une certaine idée de croissance, lui fait déjà croire qu'il est à gauche au lieu de s'attaquer aux éléments de défaisance sociale et environnementale.

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Je traite en long depuis le début de la vie de mon site la création monétaire qui trouve son exacerbation dans le dévoiement criminel d'un keynésianisme au service des escrocs institutionnels de la finance qui surfent sur leur faillite depuis 2008.

Je l'ai beaucoup souligné dans ce que j'ai appelé le carry trade intra-communautaire et lors des deux facilitations quantitatives appelées "Grosse Bertha" et "Bazooka", où les pays ont inventé pour l'occasion des Obligations d’État de singe à déposer en simili-garantie à la BCE contre 1000 milliards de liquidités. Il semble que ce carry-trade intra-communautaire ne soit pas un évènement identifié. Les banques reçoivent des liquidités de la BCE à un taux voisin de 0% et prêtent aux États à des taux de 7%. En réalité, les banques disposent en ce moment de liquidités provenant de la BCE à un taux relatif de moins 25%. Il paraît que l'on appelle ceci "Indépendance de la Banque Centrale". Indépendance de la Banque Centrale ne signifie pas Indépendance de la Banque Centrale. Le 24 novembre 2008 j'avais expliqué que la "Boîte à Outil" avait inventé l'euro-Franc, l'euro-Mark et même l'euro-£.

Comme je l'écris souvent, nous assistons à un concours de la région mondiale qui sera en banqueroute la première. Techniquement les USA sont en faillite depuis 4 ans, ce qui ne veut pas dire qu'ils seront officiellement défaillant avant l'Europe.

Pour écrire le Dictionnaire du Nouveau Monde, les USA feront tout pour que ce soit l'Europe qui défaille avant eux, ainsi ils pourront aussi se laisser couler et prétendre que c'est la faute à l'Europe, mais que leur modèle de société qui n'intéresse plus qu'eux-mêmes, mais pas les BRICS, est le bon modèle à préserver.

Personnellement je m'attends à ce que l'Europe coule après les USA. Nous pourrons alors construire un monde autrement.

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Quant à ta question sur la Deutsche Bank, je ne la comprends pas. Soit tu scrolles vers le bas, soit tu cherches deux de mes billets sur les 29 banques systémiques en faillite, etc. Soit l'information n'est déjà plus disponible sur le net par ailleurs, car elle ne doit pas s'installer comme contenu collectif de conscience.

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