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màj du 16-XII-2020: l'Exécutif et le Législatif européens se sont inclinés devant la Hongrie et la Pologne. Ceci n'est pas un fake.
Avec 78,9%, le Parlement Européen a formellement approuvé l’Accord sur le budget européen 2021-2027 par 548 voix pour, 81 contre et 66 abstentions.
C'est pourtant le Parlement Européen qui avait réintroduit en novembre 2020 la Conditionnalité des Droits de l'Homme et de l’État de Droit liée à l'attribution des fonds européens aux États-Membres.
Avec 78,9% de votes positifs pour cet accord illibéral les euro-députés ont approuvé dans la joie leur propre absence de conscience civique. Vous pouvez contrôler et incriminer leurs votes sur VoteWatch.eu.

Bien que le Parlement Européen ait voté il y a deux semaines à peine, le 26 novembre 2020, à 43% contre et 48% pour la Motion "Situation of Fundamental Rights in the European Union - Annual Report for the years 2018-2019" avec une certaine circonspection indiquant qu'il faut mieux faire, ce même Parlement Européen a adopté la position juste inverse en votant juste 2 semaines plus tard à 78,9% pour le budget européen pluriannuel 2021-2027 qui sape les Droits de l'Homme et l’État de Droit dans la totalité de la zone de chalandise des 27 États-Membres de l'Union Européenne.

Je vous donne ci-dessous les 3 premiers Considérants de cette Motion sur les Droits Fondamentaux de l'Union Européenne >>>

A. whereas the EU is not merely a monetary union, but also a social one, as enshrined in  the European Convention on Human Rights, the European Social Charter and the European Pillar of Social Rights; whereas Article 151 TFEU refers to fundamental social rights such as those set out in the European Social Charter; whereas the EU is founded on the values of respect for human dignity, freedom, democracy, equality, the rule of law and respect for human rights, including the rights of persons belonging to minorities, as set out in Article 2 TEU and as reflected in the Charter and embedded in international human rights treaties; whereas the Charter is part of EU primary law; whereas the Union has still not acceded to the ECHR, in spite of its obligation to do so under Article 6(2) TEU;

B. whereas these values are shared by all the Member States and should be upheld and actively promoted by the EU and each Member State individually in all their policies, both internally and externally in a consistent way; whereas respect for the rule of law is a prerequisite for the protection of fundamental rights and whereas Member States have the ultimate responsibility for safeguarding the human rights of all people;

 

C. whereas Article 17 of the TEU states that the Commission must ensure the application of the Treaties; whereas a refusal by a Member State to fully uphold EU law, the separation of powers, the independence of the judiciary and the predictability of state actions is undermining the credibility of the EU; whereas an independent judiciary, freedom of expression and information and media pluralism are crucial components of the rule of law;

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Revenons à cet Accord sur le budget européen pluriannuel 2021-2027.

Budget à long terme de l'Union Européenne, définition: selon le Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne
et le Traité de Lisbonne le budget de l'Union européenne établi par le Conseil Européen a pour but de donner à l'Union Européenne
les moyens de mener ses politiques et représente l'instrument financier le plus important de l'Union.
Ce cadre financier pluriannuel 2021-2027 est issu des contributions des États membres et est établi pour 7 ans.

Conseil Européen, définition: le Conseil Européen est une institution qui réunit les chefs d'État ou chefs de gouvernement
des 27 États-Membres de l'Union Européenne, sous la tutelle d'un président chargé de faciliter l'apparition d'un compromis.

Il reste maintenant aux 27 Parlements des États-Membres de l'Union Européenne d'approuver à leur tour cet injonction illibérale.
Ils seront dociles et juste farouchement inquiets à l'intersection des sous.

Avez-vous remarqué que l'accord d'hier du Conseil Européen sur le prochain budget européen à long terme a changé plusieurs fois de nom? Évidemment il a plusieurs volets, mais avec l'accord de la Commission Européenne de la nuit des petits couteaux du 21 juillet 2020, il s'appelait "Plan de relance". La Commission Européenne l'avait annoncé de manière tonitruante comme le "Big Deal" pour cacher qu'elle s'est agenouillée devant le chantage très violent de la Hongrie et de la Pologne. A lire depuis hier, le 10 décembre 2020, les appréciations dithyrambiques des médias, le nouveau budget européen est devenu un accord climatique. On n'y lit plus qu'à la marge qu'il est un plan de relance de l'après-Covid 19 et on y lit que la Hongrie et la Pologne n'ont pas bloqué l'accord. On n'y lit plus du tout comment ces deux pays fascistes ont abandonné leur menace de blocage et se sont remis à la cadence commerciale 2021-2027 de l'Union Européenne que Bruxelles bat depuis juillet 2020 pour donner un sentiment vif de la juste mesure. Vous lisez dans la définition du budget européen que "le budget de l'Union Européenne a pour but de donner à l'Union Européenne les moyens de mener ses politiques".

Le Conseil Européen a scellé hier avec élégance une deuxième fois depuis l'accord de la Commission Européenne du 21 juillet 2020 le masque sur le mot Politique. La danse macabre illibérale de l'Union Européenne ne rate jamais l'occasion de s'amplifier en plein jour. L'Union Européenne et ses 27 États-Membres avec leurs dirigeants dedans vendent un abonnement à un fil ininterrompu de happy slapping contre ses habitants, contre l’État de Droit, la démocratie, les Garanties européennes des Droits fondamentaux et sociaux, le Droit du travail. Les 27 créent le buzz d'un Thanksgiving continu 365 jours par an pour garantir la santé des marchés.

Depuis hier, les influenceurs politiques et des médias organisent autour de cet accord sur le prochain budget européen avec tout autant d'élégance le séquençage de l'information et driftent dans la foulée leurs diffusions sur le Brexit et sur les britanniques qui aujourd'hui sont d'après les sondages pour le maintien dans l'UE et qui s'étaient faits manipuler par les mensonges de la campagne pro-Brexit d'il y a 4 ans. Nous sommes assourdis à hauteur d'un plain field level par l'hymne à la joie de cette Europe catallactique et illibérale qui a officiellement offert aux régimes fascistes de la Hongrie de Viktor Orbán et de la Pologne du PiS une place d'égal à égal avec les autres États Membres, qu'ils soient "frugaux" ou voraces.

Nous sommes agréablement autorisés depuis hier par nos grands dirigeants européens et nationaux à nous mirer dans les yeux des fascistes qui nous habitent. Les menaces en Allemagne de déclarer anti-constitutionnel AfD, le parti d'extrême-droite fasciste et nazi, ou de même pour les groupes d'extrême droite en France, ne sont que des manœuvres récitatives pour faire diversion au cas où l'on pourrait se mettre à réfléchir sur l'illibéral de notre démocratie restante de cet ère post-démocratique de La Fin de l'Histoire de Fukuyama. Est tout autant une manœuvre dilatoire, le discours néonicotinoïde du 2 novembre 2020 de Macron au Panthéon sur les menaces contre l’État de Droit, la liberté d'expression, le droit à l'opinion. Le discours de Macron amplifie à chaque fois la caricature qu'il émet de lui-même, et ça plait. Lui qui était allé deux fois au Liban cet été et en septembre pour rétablir l’État de Droit, s'est lâchement tu il y a trois jours devant le dictateur égyptien, le maréchal Sissi, afin de lui vendre nos avions d'attaque Rafale. Nous les français, on respecte l’État de Droit, mais nos Rafales et nos conseillers militaires français sont aussi impliqués au Yémen avec l'Arabie Saoudite[1] dans la plus grande catastrophe humanitaire de toute l'histoire de l'humanité. Nous les français on respecte l’État de Droit, mais plus de 50% de notre production industrielle sont destinés à l'armement et aux guerres autour de la planète. De même pour la loi dilatoire de Macron sur le Séparatisme qui montre du doigt une partie de la population française, qui a une autre religion, pour créer le ressenti que quelque chose en celle-ci ne respecte pas le pays dans lequel on vit. La légitimité de dérouler le tapis rouge devant les régimes fascistes de la Hongrie de Viktor Orbán et de la Pologne du PiS a de nouveau été renforcée hier par le Conseil Européen, l'organe politique qui pour l'Europe est au sommet de la hiérarchie des normes. L'Europe d'aujourd'hui n'est plus qu'une palinodie de ses valeurs fondatrices, les Garanties Européennes des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales et la Charte Européenne des Droits fondamentaux. Les dirigeants de nos pays les piétinent de manière systémique pour parvenir à leur fin, la préséance de la catallaxie et la minimalisation de toute législation non-commerciale. Ne parlons même plus d'Humanisme.

L'Europe catallactique de Jean Monnet n'avait jamais voulu rien d'autre que le Dumping Humain et la violation du Droit des Travailleurs tout comme la Grande Bretagne qui n'en attendait qu'une Association Européenne de Libre Échange. L'Euxit, le Brexit à l'Européenne est une réalité continentale et le dumping humain a marché à côté de l'Europe depuis sa création et est revenu hier pour la trouver avec l'accord sur le budget européen.

Pendant la semaine qui a abouti au "Big Deal" du 21 juillet 2020 les 27 Chefs d’État ou de gouvernement se sont étripés et "engueulés" à Bruxelles pour adopter un compromis sur le Plan de relance de l'après-Covid 19. Les médias et les portes-paroles officiels communiquaient en juillet surtout sur les "États frugaux" qui étaient contre un emprunt européen et les autres États. Mais nous étions aussi informés sur le comportement des gouvernements de la Hongrie et de la Pologne qui menaçaient de tout bloquer si des autres États-Membres insistaient sur le respect de l’État de Droit. Au final, le 21 juillet, la Commission Européenne avait fanfaronné en annonçant l'accord sur le Plan de relance et les deux représentants fascistes de la Hongrie et de la Pologne ont crié victoire en rentrant dans leurs pays. Pour ces deux ils avaient gagné au plus haut niveau européen la reconnaissance des régimes politiques qu'ils avaient plaqués sur leur pays. Et pour les 25 autres représentants des États-Membres de l'Union Européenne, il était plus agréable de communiquer sur ladite victoire d'un accord sur le Plan de relance et de passer sous silence qu'ils ont tous par leur lâcheté donné leur approbation à ces deux régimes fascistes en évacuant le principe de Conditionnalité du Respect des Droits de l'Homme liée à l'attribution de fonds européens. Il était aussi passé sous silence le fait que cet accord sur le Plan de relance n'était pas du tout aussi glorieux qu'il ne l'avait été présenté le 21 juillet 2020 puisque les vingt-sept 1ers de cordée de chaque État-Membre de l'Union Européenne ont décidé de supprimer à 100% le financement du programme européen de politique de santé, de supprimer à 80% le pilier de l'agriculture biologique de la PAC - Politique Agricole Commune, et de supprimer à 70% le programme européen d'innovation, de recherche et de développement. Les 27 avaient hypothéqué la santé en cette période du Covid-19, la culture agricole biologique en dehors du Glyphosate et des néonicotinoïdes, et l'avenir technologique européen.

Ce déni des Valeurs de l'Union Européenne constitutifs à sa création et inscrites dans les Garanties Européennes des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales et dans la Charte Européenne des Droits fondamentaux n'a pas empêché le 19 août 2020 les 27 de la Commission Européenne et le Conseil Européen de se payer le luxe de rejeter les élections en Biélorussie et d'annoncer des sanctions contre ses dirigeants. Pour eux « les gens en Biélorussie savent ce qu’ils veulent , c'est pourquoi nous voulons une voie indépendante pour la Biélorussie où les conditions politiques sont décidées par le pays lui-même ». C'est facile et agréable pour les 27 de la Commission Européenne et pour le Conseil Européen de rejeter, d'annoncer, de déclarer. La Biélorussie, c'est si loin.

Pendant la première semaine de novembre 2020 le Parlement Européen avait réintroduit cette Conditionnalité du Respect de l’État de Droit, et tout en bavardant avec élégance sur cette question, il l'a édulcorée énormément et ce fait n'avait pas été relayé par les médias. Mais la tentative du coup de remise en état de l'Europe en fonction de ses valeurs fondamentales était louable, mais je n'étais pas dupe. Il ne faut pas être un génie dans l'analyse du principe de la métaphysique des mœurs européennes, l'Europe ne sait fonctionner que dans le déni pour tout ce qui n'est pas relatif à l'incitation à la débauche de son libre-échange.

La décision du Parlement Européen de remettre le doigt sur la Conditionnalité du Respect de l’État de Droit pouvant permettre l'attribution des fonds européens avait alors été vertement dénoncée par les deux États fascistes membres de la Communauté Européenne comme étant "une arme politique et un chantage dirigés contre eux". La ministre de la justice hongroise Judit Varga avait déclaré que "quand il s'agit de l'avenir de nos enfants et petits-enfants la Hongrie ne fait pas de compromis, et ceci signifie un combat pour la liberté ou simplement un Veto". Le gouvernement fasciste polonais avait déclaré que "ce mécanisme d'attribution des fonds européens n'était qu'une décision complètement arbitraire". Pour le ministre polonais de la justice Zbigniew Ziobro "il faut se demander si la Pologne est un État souverain au sein de l'Union Européenne ou si elle est réduite à la condition d'esclave politique et institutionnel de l'Europe".

Avec un comportement très hautain, le Conseil Européen s'était imaginé à haute voix que les représentants de ces deux États fascistes européens ne faisaient que de bluffer et allaient renoncer à émettre leur Veto, ce qui n'avait jamais été leur intention. Le Conseil Européen avait alors dû inventer un tour de passe-passe ou plutôt de passe-droit, ce qui est de toute façon son mode opératoire depuis sa fondation. Je vous rappelle le déni du NON, du NEJ et du NO au référendum sur le TCE - Traité Constitutionnel Européen, alors que l'ancien Président français, Valéry Giscard d'Estaing avait eu la malice de réintroduire complètement ce TCE sous la forme du Titre III du Traité de Lisbonne. Voilà, ce nouvel échec et mat est aussi dû à l'oubli des citoyens de se révolter en allant aux urnes au lieu de donner eux-mêmes leur approbation à cet extrême resserrement à droite pour leur propre compte et à l'image de nos gouvernants et représentants européens, comme ils l'ont de nouveau fait aux dernières élections européennes du 26 mai 2019. Mais peut-on reprocher aux électeurs inscrits leur comportement quand Valéry Giscard d'Estaing s'est comporté comme le guide suprême des falsificateurs? Oui, on doit le reprocher aux électeurs inscrits, car c'est leur décision qui met ces falsificateurs et ces fascistes au pouvoir. Les électeurs inscrits sont les acteurs du putsch élégant et n'en sont pas les victimes. Dans cette ballado-diffusion, qui a essaimé le virus ludique de ce jeux proactif des marchés? L'électeur inscrit, dans sa sidération et dans son abstention, a offert à l'Europe la densité de son existence.

Pour parvenir au compromis du 11 Décembre 2020 sur le nouveau budget pluriannuel européen et pour faire disparaitre les dernières émotions face à ces deux imposteurs fascistes, de Hongrie et de Pologne il fallait commettre la transsubstantiation de cet accord en un succès universel garanti. Il y a un an l'Union Européenne prévoyait de réduire les émission de CO2 de 40%, et grâce à cet accord elles devraient être réduites de 55% en 2030. C'est merveilleux. C'est facile de promettre ce que l'on ne veut pas tenir soi-même, vous le voyez bien avec l'Accord de Paris. Et toute l'Europe a claironné le lendemain de ce 11 XII 2020 l'incroyable succès de ce Big Deal. La falsification à tous les niveaux est le business-plan du mode opératoire de l'Union Européenne et du mille-feuilles des dirigeants qui sont dedans.

La deuxième falsification avec laquelle est vendu aux médias cet accord sur le budget européen à long terme est de faire avec tapage la publicité sur l'un de ses aspects, le Plan de relance post-Covid de € 1800 milliards, en cachant que les 25 autres chefs d’État et de gouvernement ont adoubé les deux chefs fascistes de Hongrie et de Pologne. Le Conseil Européen a déclaré qu'il a donné son accord sur le Mécanisme de la Conditionnalité du respect de l’État de Droit lié à l'attribution des fonds européens, même pour la Hongrie et la Pologne. Tous les membres du Conseil Européen ont mis bas les masques et se sont envoyés sur toutes les longueurs d'ondes mutuellement des satisfecit. C'est l'hymne à la joie, celle qui déconfine le fascisme just-in-time de la Hongrie de Viktor Orbán et de la Pologne du PiS. C'est encore plus chouette, le vaccin contre la désapprobation du fascisme a été trouvé en 21 heures de négociations et de suite administré sans examen préalable du Parlement Européen et des Parlements nationaux des États-Membres de l'Union-Européenne. "L'Europe a encore une fois prouvé sa capacité d'agir", "La force tranquille de l'UE", "Le consensus a vaincu sur l'égoïsme", "Le principe de l’État de Droit sera appliqué partout en Europe", "L'Europe va de l'avant, est unie, est garante de ses valeurs", mais dans le libellé de l'accord sur le budget pluriannuel il n'est que stipulé que la Conditionnalité du respect de l’État de Droit ne sert qu'à protéger le Budget Européen et les intérêts financiers de l'Union Européenne et non pas qu'elle permette de punir les violations des Droits de l'Homme pour lesquelles sont accusés la Pologne et la Hongrie depuis plus de 10 ans. Cette clause arrange aussi le gouvernement Macron auquel ont été adressés ces deux dernières années des blâmes solennels de la part du OHCHR - Haut-Commissariat de l'ONU aux Droits de l'Homme, du Conseil de l'Europe, de la Commission Européenne et du Parlement Européen à cause de sa gestion violente et armée de LBD contre les manifestations des Gilets Jaunes et contre la réforme des retraites. Entre gens du même bord on s'entend forcément très bien et le Conseil Européen, les 25 autres Chefs d’État et de Gouvernement ont donné à la Hongrie et à la Pologne la garantie qu'il n'y aura pour le moment pas de coupes dans les fonds et les attributions financières européennes si ces deux pays déposaient un recours auprès de la CJUE - Cour de Justice de l'Union Européenne contre ce règlement. Ce Règlement étant lui-même déjà tellement édulcoré. Cette garantie pourra ainsi éventuellement reporter jusqu'à 2022 l'application du Mécanisme de Conditionnalité, tout au moins si les juges justifiaient de telles plaintes émanant de la Hongrie et de la Pologne. Viktor Orbán a aussi réécrit l'histoire de la Shoah.

Ce n'est pas le plan post-Covid qui fait € 1800 milliards, mais tout le budget européen étalé sur 7 ans, soit 258 milliards par an.
L'Europe ne répond pas à la Crise Covid mais la BCE offre gratuitement depuis 2008 sans contrepartie plus de € 17.000 milliards aux banques qu'elles n'auront jamais à rembourser[2].

Selon les critiques avancées de la Hongrie et de la Pologne, le Mécanisme de Conditionnalité liant l'attribution de fonds européens à l’État de Droit donnerait la possibilité à l'Union Européenne de sanctionner des États-Membres sur une base politique. Selon l'accord trouvé, seule la Commission Européenne peut proposer d'entamer une procédure auprès de la CJUE. Même si le Mécanisme doit entrer en vigueur le 1er janvier 2020, le Conseil Européen a assuré que la Commission Européenne ne proposerait aucune mesure relevant de ce Mécanisme avant que la CJUE - Cour de Justice de l'Union Européenne ne se soit prononcée sur un recours en annulation que la Hongrie et la Pologne ont déjà annoncé. Le Conseil Européen a donc décidé à l'unanimité que l'Union Européenne doive attendre l'arrêt de la CJUE de Luxembourg pour commencer à annoncer d'imposer peut-être, une fois, un jour ou l'autre, des sanctions contre ces deux États fascistes membres de l'Union Européenne. Ceci est la Déclaration Interprétative - Zusatzerklärung - qui vient d'être plaquée sur le Mécanisme de Conditionnalité de l'État de Droit. Cette Déclaration Interprétative a permis de débloquer les négociations relatives à l'accord sur le budget européen 2021-2027. Juridiquement une déclaration interprétative n'est jamais... contraignante.

Le Conseil Européen vient aussi de donner ses garanties à la Hongrie et à la Pologne pour qu'aucun autre État-Membre ne fasse pression pour recourir à la procédure accélérée devant la CJUE. Et le passé a aussi montré que la plupart du temps les arrêts de la CJUE n'aboutissent pas ou étaient sans effets et que Viktor Orbán et la Pologne n'en avaient cure. Depuis plus de 10 ans ces deux pays démantèlent systématiquement les Droits de l'Homme et l’État de Droit, assujettissent totalement la Justice, la Cour Constitutionnelle, les médias, et musèlent les droits civiques. En Europe, tout le monde le sait, tout le monde s'en fout, et les électeurs inscrits français feignent de ne pas se rendre compte qu'ils sont aussi concernés, même quand ils reçoivent dans la figure des centaines de balles tirées à bout portant par les LBD dans ces répressions violentes de manifestations. Le fascisme est just-in-time et nous livre ses délices en flux tendus. C'est l’uberisation du fascisme. La Hongrie et la Pologne, mais aussi la France pourront toujours continuer à démolir l’État de Droit et à vider la démocratie sans craindre des coupes financières. A partir de 2022 le Mécanisme de Conditionnalité pourrait entrer éventuellement en vigueur... mais uniquement... pour punir des affaires de... corruption. La grande promesse de prendre des mesures contre ceux qui sapent l’État de Droit a été totalement vidée de son contenu par le Conseil Européen, par ses 27 Chefs d’État ou de Gouvernement, par Macron.

Cette déclaration interprétative du Mécanisme de Conditionnalité a été exigée par la Hongrie et la Pologne en échange de leur accord pour la budget européen pluriannuel 2021-2027. Ces deux pays ont réussi à faire dévier les 25 autres États-Membres de l'Union Européenne des textes fondateurs qui ont été rédigés dans les Traités Européens. Ce fascisme just-in-time a donc non seulement le pouvoir de légiférer dans les faits contre toute l'Europe, mais en plus cette Déclaration Interprétative pourra rendre le Mécanisme de Conditionnalité inapplicable. Même si ce Mécanisme prévu dans les Traités n'a strictement jamais été appliqué avec son Article 7, alors que les raisons de le faire ont été et sont manifestes et avérées, il figurait au moins comme un rappel à la Loi.

Cette Déclaration Interprétative formulée sous la dictée impérative de la Hongrie et de la Pologne établit la manière dont le Mécanisme sera appliqué. Elle limite les moyens d'activation du Mécanisme de Conditionnalité. Le Mécanisme de Conditionnalité ne sera activé qu'en cas de fraude ou de corruption dans le cadre de l'utilisation de ces fonds européens. Nous sommes totalement éloignés de la violation des Droits de l'Homme et de l’État de Droit. Selon la Déclaration Interprétative le Mécanisme de Conditionnalité pourrait être mis en œuvre par la Commission Européenne contre un gouvernement, mais ce dernier poursuivra en justice la Commission Européenne devant la CJUE, et l'arrêt de la CJUE ne pourra s'appuyer que sur le Texte de Loi des Traités et non pas sur une Déclaration Interprétative qui n'a pas de valeur juridique. La Déclaration Interprétative n'a donc pas de valeur juridique depuis le 11 Décembre 2020 selon la volonté expresse du Conseil Européen, de la Commission Européenne et des 27 Chefs d’État ou de Gouvernements. Il n'y a pas eu de "Renégociation" du Traité européen, mais juste une x-ième modification just-in-time quelque part dans un bureau. C'est la Renégociation brushless, celle qui ne gratte personne et qui est inaperçue de tous.

Il n'y a pas de besoin d'être tenté d'allumer un contre-feu devant la critique de cette gestion de fait et d'y voir du "conspirationnisme", ceci est la marche normale forcée de l'Europe catallactique qui a besoin d'être illibérale d'est en ouest. Peut-on reprocher à la Hongrie et à la Pologne fascistes d'imposer l'essorage des Textes de Loi des Traités Européens qui sont l'émanation de la volonté des États-Membres et des citoyens qui sont dedans? Non. Non, car l'Europe s'est bien amusée à essorer le NON, le NEJ et le NO des référendums sur le TCE - Traité Constitutionnel Européen.
La Pologne et la Hongrie ont pris exemple sur cet habitus européen, rien d'autre. Juste pour faire du business.

Et au moins pas avant 2022 la CJUE se prononcera sur la légalité de cette Déclaration Interprétative si elle devait être saisie pour cette question. Le Conseil Européen a décidé de retarder le renvoi à la CJUE de cette question et la CJUE est totalement libre dans son pouvoir d'appréciation pour accorder à cette question sa priorité. A partir du moment où la CJUE se sera prononcée, il faudra compter avec le temps qui s'écoulera avant la mise en application de l'Article 7 du Mécanisme de Conditionnalité. Il y aura de longs débats, de multiples renvois, des votes qui dépasseraient l'année 2022, l'année de la réélection de Viktor Orbán. Ceci semble improbable car il arrose et corrompt tous ses amis, les influenceurs de toute la Hongrie, la Justice, la Cour Constitutionnelle de Hongrie avec les milliards des fonds européens. Il en est de même pour le régime fasciste de Pologne. Tout est verrouillé et ces deux fascistes ont tout le loisir de consolider leur pouvoir comme Lukaschenka en Biélorussie, et pour l'instant sans construire comme ce dernier un nouveau rideau de fer. L'accord sur le budget européen pluriannuel a été obtenu parce que les 25 autres États-Membres restants de l'Union Européenne n'avaient pas besoin de voter cette Déclaration Interprétative. Ce budget européen pluriannuel 2021-2027 est un fake.

La troisième falsification de cet accord sur le budget pluriannuel 2021-2027 de l'Union Européenne se trouve dans les chiffres. Comme je vous l'ai déjà expliqué plus haut la santé, l'avenir d'une agriculture biologique, l'avenir technologique de l'Europe ont été hypothéqués. Ces € 1800 milliards annoncés ne sont en réalité pas non plus 1800 milliards et je vous invite ici à relire mon article "Plan de Relance", la Nuit des Petits Couteaux: l'Europe catallactique enterre l'État de Droit / Unanimité en faveur des régimes fascistes de Hongrie et de Pologne du 21 juillet 2020 sur l'accord préalable de la Commission Européenne. La quatrième falsification de ce budget européen est que le Plan de relance post-Covid de € 750 Milliards n'entrera en vigueur qu'à partir de l'été 2021, un an après avoir été décidé et après que 10 millions d'européens, de Travailleurs, de jeunes et d'étudiants ont basculé dans la très grande pauvreté et après des centaines de milliers de faillites. Ce budget européen pluriannuel 2021-2027 est un fake. Pour faire blocage contre nos fascistes de l'intérieur qui nous habitent il suffisait d'aller voter aux Élections européennes du 26 mai 2019 au lieu de choisir l'extrême resserrement à droite de Macron et de ses attachés commerciaux.

 

– Qui es tu?

– Je suis la mort.

– Viens-tu pour me chercher?

– Cela fait longtemps que je marche à tes côtés.

 

 

Note(s)

  1. ^ L'Allemagne a au moins interdit la vente d'armes à l'Arabie Saoudite.
  2. ^ Quand on ajoute tous les plans de bail-out de la BCE pour racheter les toxiques irrécouvrables des banques, des zinzins, des grands-comptes et des assurances on dépasse les 17.000 milliards et non pas 2800 ou un peu plus ou un peu moins selon que l'intervenant au microphone veut faire plus ou moins peur (PIB de l'UE = 14.000 milliards). Même Michel Barnier, Commissaire Européen, avait avoué dans un Communiqué officiel en juin 2012 que l'on était déjà à 4500 milliards ou 37% du PIB EU. Vous trouverez le lien de son Communiqué dans mon article du 9 juin 2012. A ce dévoiement du keynésianisme au niveau européen, s'ajoutent tous les plans nationaux de rachat des toxiques, le tout toujours sur le dos des contribuables et des habitants de ces pays. C'est le pishing intégral en bandes organisées.
    En 2020 les bail-out bancaires se poursuivent et elles continuent à dévoiler leurs cadavres de 2008 ou les nouveaux créés depuis.
    Pour les banques le Covid-19 est une aubaine qui fait glisser sous le masque FFP leur spéculation criminelle.
    Après ladite Crise de l'année-Lehman 2008 c'est au tour de la réanimation pour tous.
    Soyez solidaires ou rendez vous au frigidaire.