
Les Zones hors OGM de la Suisse, de la Toscane et du peuple autochtone Zenú des prairies caraïbes de Colombie sont de bons exemples dans lesquels des peuples du Sud et des peuples du Nord reprennent leur destin en main en bravant les accords internationaux et les pressions des grands groupes agro-alimentaires, semenciers, économiques, commerciaux: il n'est pas nécessaire d'attendre le re-moralisation des décisions politiques de nos gouvernements et de nos influenceurs politiques ou agissant dans des médias libres et indépendants. Il existe sur la planète des
Zones d'Autodétermination régionale, locale, diverse et sans OGM.
Pour des milliers de peuples autochtones, d'ethnies, de tribus indigènes, de nations, de Pays, pour des centaines de groupes de la société civile et d'ONG du monde entier, les accords sur les
ADPIC, et, encore plus déprédateurs, sur les
ADPIC+ constituent l'aspect le plus dangereux de l'OMC. La "
légitimité" de l'OMC est aujourd'hui étroitement liée à celle des accords sur les ADPIC qui sont négociés de manière bilatérale "et ciblée" entre les États membres de l'OMC. Les accords sur les ADPIC sont ce qui va rester de l'OMC, définitivement morte depuis l'été 2007 avec le
G4 de Potsdam, et sont une extrême violence contre les Pays du Sud. Evidemment les parlementaires de "gauche" et Verts n'en ont pas parlé pendant les débats français sur les OGM dont la Loi vient d'être votée le 20 mai 2008. Les accords sur les ADPIC sont à présent la clef de voûte du système du "
libre commerce". Ces accords sur les ADPIC ont décuplé la mauvaise renommée du système commercial multilatéral de l'OMC. Contrairement aux prétendus principes de libre-échange et de libéralisation commerciale prônés par l'OMC, les accords sur les ADPIC sont utilisés comme un instrument de protectionnisme servant à favoriser les monopoles industriels à l'aide des brevets de la génomique délivrés sur les inventions et les procédés biotechnologiques, sur les semences, les gènes, le vivant en entier ou en morceau, et sur les médicaments. Par le biais de ces accords, de grandes entreprises du Nord utilisent les droits de propriété intellectuelle pour protéger leurs marchés et entraver toute concurrence. Les niveaux excessivement élevés de protection de la propriété intellectuelle exigés par les accords sur les ADPIC ont fait pencher la balance en faveur des privilèges monopolistiques des détenteurs des droits de propriété intellectuelle, au détriment de l'intérêt public de la planète entière et en privant le Sud du droit à tirer profit des espèces variétales et médicinales autochtones. Les accords sur les ADPIC privent les PED (Pays en Développement) et les Pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) de leur souveraineté alimentaire et minent les objectifs de développement durable, dont l’éradication de la pauvreté, la réponse aux besoins de santé publique, la conservation de la Diversité biologique, la protection de l'environnement et la mise en pratique les droits économiques, sociaux et culturels. Le défrichage au profit de la déforestation, de l'industrialisation et de l'exploitation des ressources minières, les Accords sur les ADPIC sont aussi tous et sans exception le mobile des ethnocides biotechnologiques perpétrés massivement sur la planète.