Après l’occupation nazie, le Franc CFA est une simple poursuite de cette politique monétaire prédatrice à l'image du nazisme monétaire qui était infligé par l'Allemagne à la France et qui fut inclue dans la Convention d’armistice signée le 22 Juin 1940 entre la France et l’Allemagne. L'Afrique est attaquée de toute part encore plus dans cette période de crise monétaire et financière mondiale: les Fonds Spéculatifs rachètent des millions d'hectares de terre arable sur lesquelles ils cultivent les hybrides issus de la nécrotechnologie et  les APE - Accords de Partenariat Économique avec l'Europe sont encore plus violents que l'OMC.

Avec le Franc CFA la France ne fait que de mener en Afrique depuis 71 ans la Guerre Monétaire. La Crise des Subprimes commencée en juin 2006 conduit pourtant en 2010 à la guerre monétaire entre les grandes régions économiques du globe, dans le G20, et la France sera le première à jouer la victime.

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Copies de deux Newsletters du Burkina Faso >>>

I] Où en est le coton africain ?

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« Le franc CFA m’a “tuer” ! »

 A l’occasion de sa parution, le 12 mai, le Rapport Cyclope 2009, ouvrage de référence sur les marchés mondiaux de matières premières, souligne l’agonie des filières en zone Franc qui subissent l’Inde et surtout le franc CFA. Ailleurs en Afrique, notamment au Zimbabwe, la situation n’est pas comparable. Le point de vue de Gérald Estur, co-auteur du rapport.

Fillette transportant du Coton (Burkina) Les Afriques : La crise semble signer la mort des filières cotonnières en Afrique francophone. Quelle est votre analyse ?

Gérald Estur : Il y a eu une petite phase d’espoir pour les filières africaines au début de l’année dernière avec l’envolée des cours dopés par la spéculation, mais qui s’est vite éteinte. Pour la première fois depuis trois ou quatre campagnes, on pouvait espérer revenir à l’équilibre des comptes, à payer des prix suffisamment rémunérateurs aux producteurs pour qu’ils aient recours aux intrants. Mais on a très vite déchanté au bout de trois ou quatre mois. On est retombé au niveau des cours d’il y a deux ans, situation dans laquelle la filière se morfondait entre 2004 et 2007. On s’est retrouvé plongé avec des déficits cumulés considérables.

« On a beaucoup mis la faute sur les subventions américaines. Mais la production américaine perd un million de tonnes tous les ans... Le véritable coupable derrière tout ça, c’est le franc CFA. »

Toutes ces filières, ou pratiquement toutes, sont en perdition : elles ont été recapitalisées par l’Etat. Même de belles filières sont en difficulté.

On a beaucoup mis la faute sur les subventions américaines. On le dit encore souvent en Afrique. Mais il faut tout de même prendre du recul. Ce n’est pas la production américaine qui est l’élément clé. J’aurais tendance à dire que le coupable, c’est l’Inde, ce n’est pas les Etats-Unis. La production américaine perd un million de tonnes tous les ans...

Mais le véritable coupable derrière tout ça, c’est le franc CFA : « Le franc CFA m’a “tuer” ! »

LA : Donc il y a deux coupables : le franc CFA et l’Inde ?

GE : Le franc CFA est resté accroché à l’euro – on a raté le coche au moment du passage à l’euro – et l’euro s’est envolé ! Certes, lorsqu’on est dans un ensemble de pays, certains profitent de la situation plus que d’autres. Mais là, on a clairement arbitré en faveur des pays qui profitent d’un franc CFA fort, à savoir les importateurs et certaines élites qui envoient leurs enfants à l’étranger. Si on était resté au niveau d’un dollar pour environ 600 francs CFA, on n’aurait pas parlé de déficit tous les ans. Or, il y a eu des déficits considérables. Au Mali, on est quasiment à 200 milliards FCFA.

Manifestation des producteurs de coton à Ouagadougou avant la rencontre ministérielle de l'OMC à Hong-Kong en décembre 2005 Toutes les sociétés cotonnières en zone Franc sont virtuellement en faillite. Et c’est le cercle vicieux : on ne peut pas payer un prix suffisamment rémunérateur au producteur. On ne peut pas non plus expliquer à un producteur qu’être payé 150 FCFA le kilo aujourd’hui c’est plus en parité de pouvoir d’achat, en mobylettes chinoises, que ce n’était en 2002 ; 150 francs CFA aujourd’hui, c’est l’équivalent d’au moins 220 FCFA ou plus d’alors. Mais ce discours, bien entendu, ne passe pas !

Malheureusement, le prix des intrants ayant augmenté, c’est l’effet ciseaux. Les gens se retrouvent avec plus rien du tout. Les sociétés sont elles-mêmes en difficultés, donc on paye les gens avec un lance-pierre ou on ne les paye pas. Et lorsqu’on annonce un prix à 200 FCFA, comme cela a été le cas l’année dernière au Mali, les gens n’ont pas plus fait de coton, car ils n’étaient toujours pas payés des 160 francs de l’année précédente. Au Togo, les producteurs n’ont pas été payés pendant deux ans : il y a eu une perte de confiance généralisée vis-à-vis de la filière. Ceci a été le cas sur quasiment tous les pays de la sous-région, sauf peut-être au Burkina.

LA : Dans les autres pays africains producteurs de coton, hors CFA, notamment en Afrique de l’Est, la situation est bien meilleure…

GE : Ils n’ont pas le franc CFA ! On a souvent vu, lors de discussions internationales, les Africains de la zone Franc monter au créneau en disant : ce sont les subventions, les prix s’effondrent, etc. Mais leurs collègues d’Afrique de l’Est ne comprennent pas, car le cours est à 60 cents alors qu’il était à 50 avant... C’est l’effet du taux de change, du CFA !

LA : Comment les autres pays cotonniers, hors CFA, résistent-ils à la crise actuelle ?

GE : Il y a des difficultés, car les prix ont chuté entre les mois de juillet et de novembre, mais ces difficultés ne sont pas du même ordre que celles des sociétés cotonnières africaines de zone Franc. Surtout, il n’y a pas de déficit accumulé. La crise permet d’éliminer les marginaux, ceux qui sont venus simplement par opportunisme. On revient à des gens plus sérieux.

LA : Face à l’Inde, comment la fin de l’année se présente-t-elle ?

GE : L’Inde a fait un grand coup d’accordéon : elle faisait 1,5 Mt, c’était le deuxième exportateur mondial et elle le demeure, mais avec moins d’un million de tonnes. Cependant cela va revenir, car on voit le retour des Etats, notamment en Inde. Même si le secteur est totalement libéralisé, il y a un prix minimum de soutien d’intervention de l’Etat, de l’ordre de 225 FCFA. On dit que c’est beaucoup, mais il faut voir que l’essentiel du marché du coton indien, même si c’est un exportateur important, c’est le marché national. L’Etat a acheté une bonne partie de la récolte et elle se trouve toujours entre ses mains. Donc lorsqu’on dressera le bilan des subventions par pays, cela fera des montants importants.

On voit bien que le grand concurrent de l’Afrique, c’est l’Inde. Non seulement l’Afrique a perdu ce marché, mais il est devenu son concurrent, car il a créé des habitudes, ne serait-ce que par sa proximité géographique : les frais d’évacuation sur le marché chinois sont moins élevés. En 2002/03, les Indiens importaient 500 000 t dont une bonne partie de cotons africains. Maintenant c’est quasiment zéro et l’Inde envoie 1,5 Mt sur le marché chinois.

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II] Les textiles fabriqués à partir de coton biologique africain

Le SIAO (Salon International de l’artisanat de Ouagadougou) a ouvert ses portes le vendredi 29 octobre 2010. Jusqu’au 7 novembre prochain, plus de 2000 artisans, venus de 27 pays dont une vingtaine d’Afrique, exposeront toute la riche diversité des produits de l’artisanat. Je m’y suis rendu dans la matinée du dimanche 31 octobre. Je me suis spécialement attardé sur les stands présentant des pagnes, des vêtements, des sacs… fabriqués à partir du coton biologique du Burkina.

Vue générale de l'entrée du SIAO Stand du fameux bronzier Tasséré Gandema de Koudougou Au dernier salon de 2008, le coton biologique burkinabè était présenté à l’état brut. Il y a deux ans, en effet, toute la production de coton biologique était alors exportée, notamment en France. Aujourd’hui plusieurs entreprises burkinabè sont présentes au SIAO et y exposent leurs produits : des pagnes, des vêtements, des sacs… fabriqués à partir de coton africain issu de la culture biologique.

Le coton biologique africain ( 4 entreprises burkinabè et une malienne sont présentent au salon de cette année) est transformé en partie sur place. Ces entreprises, comme BIOTEX AFRIKA, apportent donc une plus value à un coton trop souvent exporté brut, pour revenir manufacturé sur le continent africain.

 Biotex Afrika se présente elle-même comme une entreprise de droit burkinabè, dont le but est de valoriser localement le coton biologique africain par l’appropriation de techniques industrielles telles que :

  • la filature de coton de culture biologique respectueuse de l’environnement
  • le tissage et le tricotage industriel et artisanal
  • la confection et la sérigraphie (Procédé d’impression où l’on utilise un écran de tissu dont on laisse libres les mailles correspondant à l’image qui doit être imprimée.

  Le stand de Biotex Africa au SIAO 2010 Le stand de l'association Zoodo de Ouahigouya Biotex Africa est fière de sa teinture semi-industrielle biologique certifiée « Oeko-Tex ».

 L’Association Zoodo (amitié en mooré) pour la Promotion de la Femme est également présente. Elle y expose des pelotes de coton filé à la main, des pagnes et des vêtements teints de façon artisanale. Pour cette teinture, les femmes utilisent différentes plantes comme le sorgho rouge, l’acacia nilotica (pegenega en moore), le lannea Microcarpa (le raisinier, sabga en moore)… L’association présente des tissus de belle facture, de couleurs très harmonieuses. Un travail de professionnel (voir les photos ci-contre).

 Sont également présents au SIAO : Coton d’Or, le créateur de mode « François 1er », une entreprise malienne (Le n'domo) basée à Ségou… Toutes ces entreprises ou associations valorisent le coton biologique. Il faut aussi mentionner la présence et l’appui de l’Association pour la coopération internationale suisse Helvetas qui soutient la culture biologique du coton et plusieurs de ces entreprises.

Quelques pelotes de coton filé par les femmes de l'association Zoodo Le riz étuvé du Bénin au SIAO 2010 Autre bonne surprise de ce Salon International de l’artisanat de Ouagadougou, la présence d’un stand de producteurs de riz béninois (de l’Union des riziculteurs du Centre) qui présentent de jolis sacs de riz étuvé à un prix tout à fait abordable : 2 500 F le sac de 5 kg (voir la photo ci-contre, à droite).

 

 

 

III] Le Burkina Faso et Helvetas

Le Burkina Faso est le pays partenaire d’Helvetas le moins développé: un enfant sur quatre n’y atteint pas l’âge de cinq ans, l’espérance de vie se situe autour de 47 ans, le 71% de sa population doit survivre avec moins de deux dollars par jour. Dans les zones rurales, 6% de la population seulement dispose d’installations sanitaires décentes, alors que le pourcentage d’adultes sachant lire et écrire ne s’élève qu’à 13% .

Pour combattre la pauvreté et les maladies, il faut des voies de communication qui permettent à chacun d’accéder aux marchés ou à l’hôpital régional. Depuis 2002, Helvetas construit des routes de désenclavement au Burkina Faso. Il s’agit de pistes rurales de quelques kilomètres, construites principalement à la force des bras. Le choix d’une méthode qui privilégie un travail intensif (une forte intensité de travail) est délibéré, puisqu’il permet aux habitants des villages, aux femmes également, de participer à la construction et de pouvoir gagner un petit revenu. L’accent a également été mis sur l’entretien des nouvelles voies de communication: des équipes locales ont été formées à cet effet. Réaliser une planification à l’échelle régionale est également l’un des points centraux de ce projet.

Marche_OGM_Burkina.jpgLe coton est le principal produit agricole du Burkina Faso. Depuis 2004, Helvetas mène un programme de promotion du coton bio en collaboration avec le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) et la Direction du développement et de la coopération (DDC). Le programme comprend les mêmes composantes que celles du projet pilote mené avec succès au Mali : instruction, conseils, soutien aux paysans, améliorations des conditions de commercialisation tout au long de la filière.
L’objectif principal de ce programme est d’organiser la coopération entre et avec les partenaires locaux et d’augmenter de manière significative le nombre de producteurs biologiques en respectant les critères du commerce équitable.  Un projet visant à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable et de l’hygiène communautaire dans la partie orientale du pays est en préparation.