Je ne vous expose plus la situation de faillite technique qui existe dans tous les États fédéraux de la cote ouest des USA, dont la Californie, mais aussi dans 48 États fédéraux des USA. C'est à qui tombera le premier, à cause des rumeurs propagées par les agences de notation ou à cause de la faillite réelle. Les USA ont déjà balancé 14.000 milliards de $ de contrefaçon issus de la planche à billet pour faire semblant de "sauver" les banques. Les USA ont tiré toutes leurs cartouches et il n'existe pas d'épargne privée. Les USA et le Royaume-Uni sont bien plus proches de la trappe à liquidité (hyperinflation) que l'Europe qui n'a commencé que depuis le 10 mai 2010 à fabriquer des faux billets sur la planche à billets. L'Europe commence à tirer ses cartouches et l'épargne privée y est forte, même très forte en Allemagne et en France. (Photos: Ålesund, ville Art-Nouveau, Norvège, août 2009)

Il est élégant de noter qu'il y avait au moins de notre côté de l'Atlantique un consensus face à l'incapacité des agences de notation Moody's, Standard & Poor's, ... Gloomys & Flatbread qui avaient encore décerné le triple-A à la Bear Stearns, à Lehman Brothers, à AIG, à tous, etc... 24 heures avant leur faillite. Ces évaluations qui ne reposaient sans examen que sur les seuls chiffres produits par les banques, etc... étaient relayées en grand par Forbes.com. Il est étonnant de voir à quel point les euro-décideurs et les médias européens paniquent à ce point devant ces mêmes agences de notation quand elles déprécient la solvabilité souveraine de la Grèce, du Portugal, sans pour autant s'attaquer au Royaume-Uni ou aux USA dont la situation est des centaines de fois plus catastrophique. Les agences de notation avaient surévalué à l'infini les chances de progression des produits titrisés financiers, des subprimes, etc... en réduisant à zéro l'aléa moral, le moral hazard, le risque systémique, le risque résiduel. Les agences de notations ne sont pas plus crédibles en dépréciant la situation budgétaire des États souverains. Depuis l'automne 2008 je vous expose le poker dénonceur joué par les USA, Nouriel Roubini, Paul Krugman contre la réputation des États Membres de l'UE et de l'Euro-Zone.

  1. Depuis 1990 mais surtout depuis 2000, les États souverains avaient abandonné aux banques leur droit à la création monétaire, leur droit au contrôle et à la régulation aux spéculateurs pour leur permettre de s'endetter jusqu'au ciel pour acheter à crédit des produits titrisés et pour spéculer. Les lobbies financiers ont capté la Banque Centrale américaine, la Fed', ou siègent à Bruxelles.
  2. Depuis l'automne 2008, les États souverains abandonnent leurs capacités financières et budgétaires pour sauver et pour renflouer les banques, les spéculateurs et les actionnaires faillitaires et pour opérer le plus grand transfert de l'histoire de la dette privée à la dette publique.
  3. Aujourd'hui les États souverains, pour payer cette dette adoptive, abandonnent aux spéculateurs leurs derniers moyens, les restes quasi oubliés et ringardisés de l'État Providence, le reste de bien-être social, le reste des acquis sociaux, le reste des services publics non encore privatisés, le reste des moyens pour offrir une éducation et une santé à leurs citoyens et habitants.

Avec l'invention il y a deux ans de l'euro-Mark, de l'euro-Franc du "Plan européen de la boîte à Outils", puis de l'euro-drachme avec le fonds européen de sauvetage du parapluie des 750 milliards du 8/9 mai 2010, nous avons les premières applications du chacun pour soi, dans la simple défensive au coup par coup, au cas par cas, sans pour autant voir se dessiner un nouveau système monétaire international et un modèle de requalification de la croissance et du développement durable, social et vert. La zone euro a éclaté en 2008 alors qu'elle n'a jamais vraiment existé et trois ans après sa naissance dès 2003 la France et l'Allemagne ont violé sans discontinuité le critère du déficit budgétaire des 3% du PIB sans encourir l'amende prévue par le Pacte de Stabilité de Dublin. Le parapluie de sauvetage du 8/9 mai 2010 n'est pas l'expression de la solidarité européenne, mais une assurance-vie contre les défaillances et les manquements budgétaires nationaux sans instaurer la moindre des politiques européennes communes économique, industrielle, de l'emploi, financière et fiscale. Je dénonce ceci depuis les années qui ont précédé les négociations ayant abouti au Pacte de Dublin de Stabilité et de Croissance. En 2006 je me suis encore fait attaquer sur mon site à cause de mes positions par les Jeunes Européens Fédéralistes qui m'ont traité de "social nationaliste rouge brun".

Un débat médiatique sur la trialité Globalisation/Démocratie/Souveraineté nationale pourrait aussi préparer l'opinion publique à réduire la Zone-Euro aux pays membres du Nord dont les économies nationales sont ressemblantes, aussi comme spéculateurs et comme détenteurs des créances et bons du Trésor des membres du sud et des nouveaux entrants. Les textes des accords de l'OMC nous révèlent que le libre-échange doit "apporter démocratie et croissance". Pour la Chine on ajoutait aussi dans les médias "...et une bombe couverte de sucre glacé".

L'aide à la Grèce pour lui éviter la banqueroute d'État ne relève pas d'une vision éclairée de la théâtralité Globalisation/Démocratie/Souveraineté nationale, ni de la mise en œuvre de la solidarité européenne envers l'un de ses États membres et bientôt envers le Portugal ou l'Espagne. Par exemple la Hypo Real Estate allemande, le deuxième institut de crédit hypothécaire d'Europe, détient 80 milliards d'euros de crédits pourris venant des PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Spain). La HRE avait fait faillite l'année dernière et a été sauvée avec une aide de 100 milliards de l'État allemand. Malgré ceci, la HRE fait toujours des pertes. Donc sachons observer la félonie des dirigeants du Nord de l'Europe qui feignent de faire un cadeau à la Grèce avec une aide initiale de 130 milliards pour lui éviter la banqueroute d'État. Mais comprenons aussi la signification de ce fonds de sauvetage de 750 milliards d'euro créé le week-end du 8/9 mai 2010. Il est un réalité un fonds d'intervention et est le FME, le fonds monétaire européen. Souvenons-nous qu'au regard des européens le FMI n'est pas un FMI, mais un genre de FME dirigé par les américains alors qu'ils n'y apportent qu'1 $ sur 6. Les européens y apportent 1 $ sur 3. L'Asie est déjà sur la voix de l'indépendance après avoir créé le Fonds Asiatique de Crise en mai 2009. L'Amérique du Sud a créé sa Banque du Sud en mai 2008. Le Royaume-Uni, isolé, devra se demander s'il ne devra pas entrer dans la Zone-Euro.

Mais en posant la question sur la trialité G/D/S nous ne portons à notre conscience sur notre sol européen que ce que les pays riches de l'OMC et de l'Europe détruisent dans les PED (pays en développement) et dans les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) avec les APE, les ALE, l'AGCS et l'AGCS+, les accords sur les ADPIC et sur les ADPIC+ . Tous ces accords de l'OMC ne contribuent qu'à élaborer la croissance appauvrissante dont l'Europe de la Concurrence libre et non faussée et de la Libre Circulation devient elle-même la victime. La trialité G/D/S qui a prétendu apporter la démocratie avec le commerce est un simple kit pour tuer, l'Europe "humaniste" et des Droits de l'Homme universel se rend compte avec la Grèce qu'elle est tuée elle-même d'elle-même et sans agents extérieurs. Des alertes sérieuses avec les jugements de la CEJ dans les affaires Laval, Vaxholm, Viking, Rüffert, Partneri n'avaient été reléguées qu'à des épiphénomènes invisibles ne concernant que des Travailleurs libres, nomades et lésés appelés Plombiers polonais. Il était admis que le dumping social des Travailleurs faisait partie du progrès de la globalisation nécessaire. Le dumping social des banques connaît une débauche de plans de sauvetage de plusieurs trillions d'euros. La trialité G/D/S trouve rapidement une réponse pour défendre la condition sociale des banques.

Suite à l'effondrement en queue de dominos initié le 15 IX 2008 par la lâchage de la Lehman Brothers, la peur et l'effroi avaient fait vivre - comme une ou deux fois dans un siècle - une communauté de pensée du sommet à la base et vis-transversa. Plus un langage commun d'aversion était diffusé en boucle, plus cette communauté de pensée éloignait en réalité les dirigeants politiques des citoyens. Mais l'illusion suprématiste du lien inter-classe était le véhicule politique du moment, sans pour autant que les partis de gauche fouillent dans les sens des mots utilisés et construisent un programme de conversion de la société et de ses habitudes. Plus ou moins inconsciemment les phrases et philippiques contre les banques universelles et agences de notation étaient basées sur une interrogation donnée à la globalisation, la souveraineté nationale et accessoirement à la démocratie.

La crise était décrite avec les mots de scène et des tirades sans contours et les hommes politiques déshabillaient leurs tunique de paillasse pour endosser celle de grand commandeur et guide des peuples: "la crise de l'économie de marché, la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et que je ne tolèrerai pas...", comme jouissait à se le dire si élégamment Karcher chairman prince-président. Souvenez-vous de notre pinocchio qui parlait des "marchés financiers fous", et qui vociférait à hue et à dia avec des "je ne tolèrerais pas que..." ou qui menaçait encore à la veille du G20 de Londres de "claquer la porte avant la fin". Depuis que les peuples ont repris conscience que la crise de la dette des banques passe à la crise de la dette publique par le procédé classique de la nationalisation des pertes, les dirigeants de ce monde de droite et de gauche vous assurent "qu’ils ne tolèreront plus que…". Cette intolérance subite face à la liberté de l’hégémonie des banques est mise à jour en ce moment à l’occasion de la dette souveraine grecque. Mais les décideurs nationaux et les euros-décideurs se sont laissés attendrir par le monde de la finance et le Week-End du 8/9 mai 2010 ils ont conclu avec lui le pacte qui est aussi dénommé par les financiers comme la "nuclear option". A présent, il y aura une course entre les spéculateurs pour rafler la mise de la pyramide Ponzi qui vient d'obtenir sa coiffe européenne. Cette course à la bulle de la spéculation va s'accélérer jusqu'à ce que l'on tombe dans l'hyperinflation qui annoncera la Grande Dépression 2. Le chairman prince-président avait dit le 25 avril 2008 que les "agences de notations n'avaient pas fait leur travail", pourtant ce sommet européen qu'il affirme avoir inspiré, convoqué, dirigé et influencé ne propose que des réponses aux agences de notations qui dégradent du triple AAA un à un les pays européens et de la Zone Euro. Le Président français consolide tout autant la victoire de la Lutte de la classe financière. La politique est l'art du transfert des richesses, des savoirs et des pouvoirs.

Dans la crise financière, les États avaient juré de ne plus jamais se soumettre au chantage et au racket. Ils ont pourtant abandonné leur souveraineté nationale à l’Europe qui a abandonné sa souveraineté aux banques en créant en 24 heures le 9 mai 2010 le Fonds européen d’intervention de 750 milliards d’euros et en fondant la bad bank européenne qui rachète les créances toxiques souveraines des États membres de l’UE et de l’Euro-Zone. La Suède et la Pologne ont aussi soutenu la création du Nouveau Euro. Au sommet de Pittsburgh où il ne s’était rien passé, Angela Merkel avait aussi dit au G20 de Pittsburgh "die Staaten sind nicht mehr erpressbar" (on ne peut plus faire chanter les États ), et dans le communiqué final on entendait "que l’ère de l’irresponsabilité est terminée" et que "l’on allait rendre responsables les banques pour les risques qu’elles encourent" et que "plus jamais les États allaient prendre à leur charge les risques encourus par les banques". Avec de telles mises en scènes et de telles répliques d'acteurs et de rôles de composition, vous comprenez que ce qui est exposé comme le "Trilemme Globalisation, Démocratie, Souveraineté Nationale" de Dani Rodrik de Harvard est une théâtralité de divertissement pour créer de la bande passante dans les cerveaux des indécis, pendant que les banques et leurs actionnaires restent clairs et déterminés à poursuivre leur Lutte de Classe alors que dans les peuples la Lutte des Classes est morte. La politique continue à créer un paradis pour les banques et à tolérer que les banques délocalisent leurs bénéfices dans les paradis fiscaux comme Jersey ou les îles Caïmans, et à les inciter à rapatrier TOUTES leurs pertes dans le paradis fiscal de la métropole comme pour la Société Générale... au nom de la souveraineté nationale parce que cette opération permettra à l'Etat de mieux organiser et d'expliquer son sauvetage. Le peuple français ne comprendrait pas pourquoi la France se mettrait à sauver un naufragé des mers lointaines à peine localisable par GPS ou par balayage satellite. Et la dramatisation de la faillite de la Société Générale sur le sol français permettra de mieux utiliser la démocratie qui sera entièrement d'accord avec le gouvernement et qui appellera de ses vœux le plan  d'austérité, le départ à le retraite à 80 ans pour préserver à l'industrie française ses avantages concurrentiels face à la globalisation.

Depuis Pittsburgh, ou le G20 de Londres, ou le G20 de Washington, ou le G4 de Berlin on ne peut même pas dire que les philippiques contre les banques étaient des bonnes déclarations d’intention qui n’ont tenu que 8 mois. Elles ont souvent été dénoncées dans la soirée qui avait suivi la publication du communiqué final. Le fonds d’intervention européen de 750 milliards d’euros n’est qu’en apparence une aide aux États de l’Euro-Zone. Il n’est que le second et gigantesque bail-out des banques depuis deux ans. S’il ne s’était agi que de sauver la Grèce qui ne représente que 2% du PIB européen, une insolvabilité aurait été la meilleure des solutions. Les banques allemandes sont propriétaires de créances pourries grecques de plus de 100 milliards, les banques française sont aussi propriétaires de plus de 100 milliards de crédits pourris grecs qu’ils ont accordés en bonne connaissance de cause à des emprunteurs insolvables et sans bonités bancaires. C’est pourquoi les gouvernements européens ont dû intervenir massivement pour sauver leur globalisation de proximité. Mais en créant ce Fonds d’intervention européen de 750 Milliards, en faisant de la BCE la bad bank européenne et en faisant éclater TOUS les critères de Maastricht aussi contestables qu'ils furent sans le volet de la Croissance, les gouvernements ont prouvé qu’ils voulaient toujours rester soumis à leurs maîtres chanteurs bancaires. Le lobby financier dicte son agenda aux gouvernements et en a reçu l'ordre de la Conférence Bilderberg et de la Trinationale. Mais en France le gouvernement montre sa fermeté et interdit à 500 femmes (chiffre officiel des RG) le port intégral du voile en expliquant "qu'il n'y a plus de démocratie lorsque le peuple élit ses représentants pour une politique qu'ils ne peuvent pas assumer". Les 500 femmes voilées qui s'effeuilleront en plein jour garantiront à elles-seules la souveraineté nationale contre l'ennemi de l'intérieur et de l'extérieur. Vive la France, merde à la Prusse.

Conformément à la logique libérale de Robert Schuman et de Jean Monnet, du Traité de Rome et du Traité de Lisbonne, l‘Europe s’organise toujours avec détermination pour ne pas réguler les banques et leurs activités. Oui, vous avez raison depuis le 18 mai 2010 à minuit, l’Allemagne a de nouveau interdit sur les actions des banques, sur les emprunts d'État et sur les CDS, les ventes à découvert (short selling) qui sont des spéculations violentes à la baisse. Les pays européens avaient déjà pris momentanément après 2008 cette mesure qui a été abandonnée 4 à 6 mois plus tard. Cette mesure n’en est pas une parce que les marchés spéculatifs s’étaient organisés depuis longtemps pour ne pas passer par le short selling. Les grands problèmes monétaires et financiers ne sont toujours pas abordés depuis "l’option nucléaire" européenne décidée le week-end du 8/9 mai 2010. Les banques sont incitées à faire totalement usage de l’assurance vie et multirisques que leur offrent les États Membres de l’UE et de l’Euro-Zone, ou que leur offrent directement Bruxelles et la BCE. Après chaque bail-out le sauvetage par l’Etat devenait de plus en plus la certitude incontournable. Que ce soit des crédits hypothécaires ou des emprunts d’Etat, il n’existe pas un seul risque qui ne soit pas garanti ou sauvé par les États dits souverains. Il est toujours permis aux banques d’ignorer l'obligation de Fonds Propres Réglementaire et de se lancer dans des opérations à très haut risque pour lesquelles elles augmentent de manière systémique le leveraging qui les éloignent de 500 ou plusieurs milliers de fois de la possibilité de rembourser en cas de défaillance. La BCE continue à offrir aux banques des liquidités à un taux voisin de zéro, et ces banques réinvestissent dans des spéculations cet argent obtenu à crédit, si bien qu’en valeur annuelle, les banques obtiennent de la BCE des liquidités avec -25% (moins vingtcinq pour cents) d’intérêt. La BCE organise depuis 2008 toujours de manière encore plus massive le carry trade intra-européen, tout ceci au nom de la souveraineté régionale européenne. Bruxelles offre un paradis bancaire avec des rendements maximaux pour les banques et le cauchemar pour les contribuables, les citoyens et encore pour deux générations futures qui se révolteront bien un jour en ne voulant plus payer pour les erreurs des générations antérieures, ni pour leur retraite. Les générations futures vont ramener la souveraineté nationale à la simple expression de la souveraineté personnelle et au protectionnisme personnel en s’isolant dans le chacun pour soi des plus violents mais duquel on expose sur FaceBook la douceur hédoniste du regarde-moi-et-mon-cul avec un apéro cyclique solidaire dans un gang-banging sur la place publique qui leur donne le goût de la transgression. lol. Pour ces générations, la trialité Globalisation-Démocratie-Souveraineté nationale n'aura jamais été un trilemme, encore moins une théâtralité, mais est un discours de vieux.

Les politiciens se servent des bonus, des retraites chapô, des stock-options, des bénéfices honteux des banques et des spéculateurs pour s’offrir à la foule comme Karcher, guide et tribun, alors que les banques n’utilisent qu’une organisation de la société constitutionnalisée par le Traité de Lisbonne et les Directives européennes dictés par les lobbies financiers et de l’industrie. Vous pouvez même très honnêtement discuter avec des jeunes étudiants en Master Grande École de management, ils vous écouteront avec le calme olympien de ceux qui savent que la victoire leur est due. Ils ne vous traitent même plus de gauchiste, ils ont une pitié respectueuse de vous, certains prient même pour vous. Prient, parce que la religion fait de nouveau recette dans ces générations de jeunes décideurs. Et quand je leur dis que le repli protectionniste est leur manière de rester assis sur leurs acquis, ils me répondent que je suis un défenseur du libre-échange.

Revenons à l'obligation des Fonds Propres Réglementaires  qui sont censés permettre aux banques d'éviter un run sur elles et de ne pas tomber dans une situation d'insolvabilité en cas de défaillance d'un grand compte. Si les banques devaient enfin supporter elles-mêmes leurs risques, elles doivent faire augmenter considérablement leur Fonds Propre Réglementaire en le faisant de nouveau passer de 2 ou 3% à 8 ou 10%. Même le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire a fait de raisonnables propositions de réforme qui devraient entrer en vigueur en Europe en 2011. Mais les lobbies financiers se sont conduits comme des fous furieux à Bruxelles et le Parlement de Strasbourg et la Commission ont décidé de reporter la date en attendant de voir ce que décideront les USA. Les USA ne veulent rien entendre d’une réforme sur les Fonds Propres Réglementaires. Bâle III n’entrera donc pas en vigueur, mais Solvency II qui permet aux assurances de minimiser le risque selon leur propre appréciation entrera en vigueur. Les Souverainetés nationale et régionale des banques et des assurances sont préservées et confortées par l'Euro-Démocratie bruxelloise et du Parlement européen de Strasbourg.

Revenons à la taille des banques systémique tant décriée il y a quelques mois. Il se disait même dans les médias gratuits du trottoir qu’il était nécessaire de limiter la taille des banques et de les séparer du domaine des affaires à risque. Il n’existe toujours pas de décisions, tout juste des propositions. La proposition la plus illustre est celle de Paul Volcker, conseiller du Président Obama, qui veut interdire aux banques la spéculation sur les fonds propres et les séparer des activités habituelles et normales d’une banque. La proposition de Paul Volcker du "separating commercial banking from casino derivatives gambling" est connue sous le nom de The Volcker-Rule. Mais ceci est aussi un "fake fight" et le 25 février 2010 le conservateur Christopher Dodd avait réussi à entraîner le Sénat US et bloquer la Réforme des banques. Selon Dodd, "le travail de lobby pour garantir la concurrence libre et non faussée auprès des Nouveaux Démocrates et de Sénateurs républicains a été couronné de succès". Obama, l’adulé de la démocratie, n’a été que entreposé à la Présidence par les lobbies financiers de Wall Street, et l’Europe écoute la voix de l’Amérique depuis Christophe Colomb. Ont encore eu moins de chance les propositions de réforme destinées à séparer les activités sur les produits dérivés ou à imposer une limite supérieure à ceux-ci. Et l'Europe, au nom de sa souveraineté et des ses avantages concurrentiels, attend le signal de l'Amérique.

En Europe, à Bruxelles, à Ecofin, dans l’Euro-Group toutes ces réformes ne sont même pas discutées et si la Taxe Tobin devait être discutée, c’est juste pour demander à la Commission de réaliser une étude sur l’impact d’une telle taxe. Au lieu d’empêcher que les banques soient d’emblée reprise dans la holding de défaisance de l’Etat, il est publiquement débattu de la manière que l’Etat aura pour rassembler les fonds destinés à sauver les banques sans pour autant préciser que la prochaine animation de rue, appelée "sauvetage des banques" est déjà programmée.  Aussi sensées qu’apparaissent un dépôt des banques obligatoire dans un pot de recouvrance ou un impôt prélevé sur les marchés financiers, toutes ces mesures ne sont que vouées à l’échec car elles sont un purgatoire pour fraudeurs constitutionnels. A la fin juin il y aura un nouveau Kasino- G20 à Toronto. Il ne pourra y être établi qu’un constat magistral d’échec parce qu’aucune décision prise au G20 de Pittsburgh n’a été appliquée au nom de la souveraineté des marchés. Toronto sera la dernière chance parce qu’il n’y aura pas un troisième bail-out des banques, il n’y a plus de moyens financiers pour le permettre, et la planche à billet à tout donné. Les événements grilleront à nouveau la démocratie dans le moule-à-gaufres des souverains.

Mon article a de nouveau remué dans tous les sens mon chiffon du pessimisme, mais le week-end du 8 au 9 mai 2010 a permis de déposer les bases d'une entité européenne qui grignote l'association des États souverains pour tracer les fondements d'une fédération. Cette mutation dont personne ne parle s'est faite par chantage. En effet, le 9 mai 2010 les 27 ministres des finances de l'UE ont été sommés d'accepter les décisions des 16 États membres de l'Euro-Zone prises le 8 mai en dehors de tout Traité ou de Directive débattue au Parlement européen. Un refus des pays non membres de la Zone-Euro les aurait laissés en dehors du parapluie du Fonds d'intervention des 750 milliards d'euros. Seul le Royaume-Uni a refusé. Le Royaume-Uni se donnera en spectacle tout seul d'ici 2 à 3 mois quand il sombrera dans sa banqueroute d'État. D'ici l'été le Royaume-Uni devra trouver 200 milliards de £ parce que 200 milliards de £ sous forme de Gilts, les Bons du Trésor, arriveront à maturité et il faudra les rembourser avec de l'argent frais, qui sera introuvable.