Historique de la Privatisation de la Création de la monnaie et de l'Eclatement de la bulle des CDS et des CDO
Par Thomas, le Cimbre le 11. janvier 2009, - Catégorie : Economie de bulles, crises systémiques, subprime - Lien permanent
Je vous ai exposé dans une 1ère Partie:
2] Abandon de la souveraineté de la Banque Centrale par les Produits Dérivés, les CDS, les normes prudentielles IAS, IFRS, Basel 2
3] Éclatement de la bulle des CDS, faillite des systèmes bancaires, effondrement du système financier mondial actuel
Partie n°2:
4] Historique de la Privatisation de la Création de monnaie et du Trésor Public:
Greenspan de la Fed', JC Trichet de la BCE
5] Devoir d'information du citoyen: extraits de mes cours de1993 à 2009 en niveau DESS, Master 2, Master Grande École
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A] Historique de la Privatisation de la Création de monnaie et du Trésor Public:
Greenspan de la Fed', JC Trichet de la BCE
Revenons un peu en arrière. Pendant les 15 ans de son règne, Alan Greenspan avait passé pour le sorcier des chefs des banques centrales jusqu'au jour où il fut contraint à la démission au regard de la crise financière américaine des subprimes au début de l'année 2006. La Fed' qui pourvoyait les banques en liquidité à bon marché avec un taux d'intérêt très bas avait conduit ces banques à négliger le risque sur le marché hypothécaire. De l'argent à bon marché avait été déversé en centaines de milliards de $ sur le marché américain par la Fed' à la suite de l'éclatement de la bulle de la Nouvelle Économie (crise dot-com, Enron/Worldcom...; "Enron is the poster boy of accounting fraud") et des attentats du 9 XI sur les Twin Towers de Manhattan. C'est justement à partir de ce moment que les banques abandonnèrent toutes mesures de précaution et allouèrent des crédits immobiliers à risque aussi à des emprunteurs dénués de la moindre des garanties. Tout semblait correct tant que les prix de l'immobilier accusaient une hausse constante. L'inflation des valeurs immobilières finançait une grande consommation de nécessité ou ostentatoire, payée elle-même par crédit.
A partir du moment où la bulle des prix de l'immobilier avait commencé à éclater, des millions de crédits pourris menaçaient le système financier mondial parce que les banques américaines avaient externalisé et mutualisé le risque, en inventant de nouveaux produits financiers en opérant une titrisation de leurs prêts hypothécaires. Ces prêts hypothécaires douteux ont été transformés en actifs fantômes déversés en fleuves sur les marchés par la (re)-génération spontanée en titres financiers adossés à ces titres adossés eux-mêmes à ces créances hypothécaires douteuses. Les placements et spéculations nationales et internationales se sont jetés avidement sur ces titres garantis par les agences de notations très accommodantes et laxistes qui ne menaient pas elles-mêmes les contrôles prudentiels mais qui faisaient aveuglément confiance aux allégations de leurs émetteurs. La spéculation avide et aveugle ne voulait pas se donner le temps d'étudier la traçabilité de ces produits dérivés. Quand vous achetez un paquet de Mousseline, demandez-vous si le sel contenu provient des Salines de Guérande? L'intermédiation des distributeurs de ces titres (nous pourrions dire de ces receleurs) se doit normalement être de bonne foi et garantir l'origine des biens revendus.

Cette action et cette mesure d'urgence de la Fed' avait donné un signal fatal aux marchés financiers dont les acteurs à très forte tendance spéculative ne se sont plus sentis jugulés dans leur course effrénée à encourir de hauts risques. Cette politique de la banque centrale de l'argent à bon marché avec des taux d'intérêts très bas n'a été qu'une stimulation aux comportements déviants ("moral hazard") sur les marchés et les marchés financiers.
En conduisant cette politique de l'argent facile avec un taux d'intérêt très bas, la Fed', la banque centrale américaine avait délégué une part de son monopole, soit celui de l'émission de la monnaie et du contrôle de la masse monétaire. En effet, les banques commerciales n'opérant plus elles-mêmes les contrôles préalables à l'octroi des prêts, ouvraient elles-mêmes le robinet de l'argent, alors que la banque centrale feignait de croire que la rigueur de ces banques ne pouvait que garantir un bon emploi de cet argent dans des investissements de consommation ou des investissements productifs. La banque centrale, éprise de sa conception ordolibérale stimulée par les leçons de l'Ecole de Chicago et par les enseignements du Consensus de Washington, n'avait dans les faits uniquement dans son champs de compétences et d'attributions plus que l'outil du taux d'intérêt comme seul instrument de contrôle de régulation de la masse monétaire. La spéculation boursière avait été elle-même amplifiée très rapidement par effet de levier, car les achats de produits dérivés ou d'actions se sont faits massivement à crédit sans contrôle des garanties de l'emprunteur, qu'il ait été particulier ou investisseur institutionnel.

Derrière la crise des subprimes se trouvait le gigantesque programme socio-politique intitulé "A chaque citoyen sa maison" et qui a été propagé par... Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed'. Les banques américaines et mondiales ont gagné énormément, l'État américain avait énormément stimulé et encouragé le surproduction immobilière avec de l'argent facile et à bon marché et avec les cautions implicites de Fannie Mae et de Freddie Mac, les organismes de prêts hypothécaires. Ces deux instituts para-publics de crédit hypothécaire couvraient plus de 50% des crédits hypothécaires aux USA et faisaient partie des leviers de la politique de l'argent facile d'Alan Greenspan. Ces deux sociétés avaient toujours joui d'un statut spécial soutenu et garanti financièrement par l'État. Elles rachetaient les prêts hypothécaires, procédaient à la mutualisation du risque, à leur titrisation (comme pour les subprimes) et revendaient des titres (obligations) garantis par l'État fédéral. Grâce à leur situation privilégiée, ces deux sociétés, à faibles coûts financiers et de fonctionnement et aux rendements opérationnels très élevés, avaient très rapidement conquis plus de 50% du marché des prêts hypothécaires, à ce point qu'Alan Greenspan lui-même avait fini par prendre peur et qu'il parlait d'elles en ces termes: "the big, fat gap" (la grosse et grasse faille). A partir de 1991 elles ont aussi financé des emprunts "douteux" (non recouvrables). Elles ont signalé en 2007 des pertes de plusieurs milliards et le Congrès et Henry Paulson ont décidé de les nationaliser en septembre 2008 parce qu'elles étaient trop grosses pour risquer une faillite: "Too big to fail".
Cette longue période de crédit " facile" de 20 ans (depuis 1989) et de liquidité abondante a encouragé l’endettement à outrance depuis 9 XI, non seulement des emprunteurs finaux, mais surtout des intermédiaires et des fonds d’investissements, qui ont maximisé les effets de levier en finançant des portefeuilles d’actifs par de la dette bancaire ou des émissions de commercial paper. C’est le cas des "monoliners", des Hedge Funds, des Investment Banks, des Feeder funds (comme le fonds de Madoff) voire des banques commerciales elles-mêmes. Ces déséquilibres bilanaires majeurs n’ont pas posé de problème jusqu’au moment où la crise de confiance et l’incapacité de renouveler les financements a provoqué soit des défaillances (et dès lors, l’intervention des États), soit des ventes forcées d’actifs encore sains, qui ont largement contribué à enfoncer les valeurs boursières et financières.
La Banque Centrale, la Fed', avait abandonné et abandonne toujours aujourd'hui son pouvoir discrétionnaire, sa compétence et son autorité dans la création de monnaie, et continue a utiliser son arme de destruction massive dans sa procédure du bail out, le rachat-camouflage des créances toxiques et des actifs fantômes, et dans la procédure de réinjection de liquidités (Plans TARP, Plan Paulson, Plans européens...), qui ne proviennent à ce niveau gigantesque plus des dépôts des banques commerciales mais de la simple création de monnaie par la méthode de la planche à billet et par le déficit budgétaire imposé aux économies nationales et qui devrait être remboursé à l'avenir. Mais par qui et comment et en fonction de quels assets et moyens?

Les banques moins irresponsables et cupides qui n'avaient pas compté sur l'intervention monétaire et sur les recapitalisations dans leur stratégie financière avaient refusé ces produits dérivés toxiques, mais aussi perdu des parts de marchés face à leurs concurrents déloyaux. Les politiques monétaires et les Plans Paulson, Gordon Brown, JC Trichet et les Plan-s Européen-s avec leur "Boîtes à Outils" créent un État Providence pour les systèmes systémiques des banques, détournent et privatisent le Trésor Public et donnent une prime aux escrocs qui récompense les comportements kamikazes, le moral hazard, et pénalise les choix prudents d'industriel et d'entrepreneurs.
La défaillance sur le marché immobilier américain avait amplifié la nature holistique du système financier qui fait qu’un dépôt de bilan de la Lehman Brothers du 15 septembre 2008 et de l'assurance AIG qui s'était impliquée par ses filiales dans les crédits adossés (titrisation), peut entrainer une catastrophe planétaire en un délai extrêmement court.
Les politiques monétaires mal avisées d'Alan Greenspan avaient provoqué cette crise avec l'aide de ces deux entreprises parapubliques américaines, ces Instituts de crédit hypothécaire, la Fannie Mae et la Freddie Mac. En se portant garantes d'acquéreurs de logements insolvables, elles ont aussi prôné l'irresponsabilité financière de ménages surendettés. Elles ont étalé, mutualisé, dilué ces crédits dans des systèmes pyramidaux à la Ponzi-Madoff sous forme de titres financiers dérivés complexes revendus à l'ensemble de l'industrie bancaire, qui les a retransformés elle-même en produits dérivés toxiques et ayant la capacité d'une propagation virale envers l'ensemble des marchés nationaux et internationaux.



Le président de l'Eurogroupe, qui est aussi Premier Ministre et Ministre de Finance du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, avait émis l'idée dès septembre 2008 de l'émission d'un emprunt européen à un taux plus élevé. Mais Peer Steinbrück, Ministre des Finances allemand, SPD de la Grande Coalition du Gouvernement d'Angela Merkel, avait expliqué qu'il ne peut se présenter devant le Bundestag de Berlin et l'opinion publique en expliquant que cet emprunt européen va coûter 3 milliards d'euros de plus par an, juste pour soutenir les économies nationales de pays membres de l'Union qui ont eu des comportements à risque hautement spéculatifs et irresponsables. Peer Steinbrück suggère l'émission d'un emprunt d'État par un "Club d'États membres ayant des mauvaises positions de crédit" (ein Club von Mitgliedstaaten mit schlechter Kreditposition). Il est évident que Peer Steinbrück ne veut admettre que des États membres européens exportent dans l'Union leur pauvreté, comme l'ont fait les USA depuis 4 décennies avec le reste du monde. De plus en plus on se rend compte que l'Europe est une création de représentants de commerce, de bonimenteurs qui avaient comme objectif de ferrer le client au plus vite pour faire un marge opérationnelle maximale que l'on faisait passer pour de la croissance. Je parle des Pères-Fondateurs de l'Europe avec Jean Monnet en tête. Il faudra bien voter aux Élections Européennes du 7 juin 2009.

Après le Global Meltdown 2009, il faudra sortir du cycle infernal des éclatements de bulles qui se répètent de manière de plus en plus rapprochée et violente. Il faudra avoir le courage de se demander quel modèle de société nous voulons, quel genre de croissance nous voulons, "une croissance durable ou une décroissance conviviale". Il faudra organiser la réallocation des ressources vers des actifs sains et qui garantissent aussi l'existence des générations futures.

Les analystes pensent qu'il y a encore 10.000 milliards de $ d' actifs-fantômes qui vont disparaître du fait de la crise. Nous sommes à un tel niveau de chiffres... mais dites-vous bien que la magnitude de la prochaine secousse sismique est énorme et qu'elle s'ajoutera à l'effondrement de la bulle des CDS. Les actifs fantômes, sont des actifs qui auraient pu être sains avant la crise, mais qui se déprécient dès qu'ils sont vraiment mis sur le marché pour sauver les entreprises et les banques de la faillite en quête de liquidités.

Le hard landing est d'une rare violence: vous pouvez voir sur ce tableau cliquable la baisse vertigineuse du trafic ferroviaire des USA, du Canada et du Mexique.
Nous entendons toujours aujourd'hui que les USA avaient profité d'une énorme croissance avant ce hard landing.
Pas si sûr. Il existe un observatoire alternatif des statistiques américaines, Shadow Government Statistics.
Voyez ci-dessous le graphique qui compare la croissance "réelle" des USA, en bleu, et la croissance "officielle" des USA en rouge. Les USA sont en récession depuis l'année 2000. Si vous cliquez sur la graphique vous êtes redirigé sur ce site alternatif de statistiques.

Vous avez ici une suite actualisée en continu de graphiques révélant les fondamentaux de l'économie américaine.
- B] Devoir d'information du citoyen: extraits de mes cours de1993 à 2009 en niveau DESS, Master 2, Master Grande École

J'ai l'insolence non cachée d'exposer que je fais partie de cette poignée de quelques soixantehuitards qui n'ont pas triché pendant leur vie et qui sont tellement bien plus intègres que Nicolas Sarkozy qui veut les passer au Kärcher, ou que les partis de gauche ou les syndicats qui ont payé l'écot seigneurial depuis 30 années.
Vous trouverez donc ci-dessous des extraits de mes cours, il y aura la date devant les paragraphes simplement compilés. Je n'avais jamais voulu adhérer dans des groupes alter-mondialistes qui faisaient de leurs avancées intellectuelles une liturgie de spécialistes. Je n'ai jamais aimé ces loges qui demandent des folklores et rites initiatiques pour l'intégration dans des savants sérails. Je savais tout simplement que ma pensée devait être une pensée normale de petite-gens, elle n'avait pas besoin de ces afféteries et de ces codes de ceux qui savent et qui fument en famille un joint, avec leurs enfants, sur les marches de la Laiterie à Strasbourg. Une preuve de cet intellectualisme d'initié est le silence absolu actuel des groupes comme Attac qui ne sont toujours pas prêts à construire le monde

Les deux balanciers bessons - la dictature communiste / la dictature des marchés - ont fini de battre. Nous ne pourrons pas dire qu'après qu'ils soient allés trop loin, il y aura le retour de balancier,
de l'un ou de l'autre, de l'un ou de l'autre côté. Une nouvelle phase de l'humanité a commencé en 1989, a pris son vrai élan depuis le 15 IX 2008. Une nouvelle construction se fait. Il sera drôle de voir l'ancien régime s'accrocher à des branches qui n'existent plus et qui n'ont de toute façon été, pour chacune des deux dictatures, que des actifs fantômes autour desquels, circulent par hasard - malgré l'apparence d'un consensus démocratique et consumériste - des gens. Cette dernière phrase était ma manière de driller mes acteurs quand je faisais mes mises en scène de théâtre. Je me nommais à cette époque "remetteur en vie". Je commandais des plasticiens réputés (Daniel Depoutot ou bien Ignice Gérard Boch), ils me faisaient des installations sur les scènes du théâtre, mes acteurs ne faisaient pas de répétition générale sur la scène et découvraient les installations. Mais je leur disais: "si tu t'intéresses deux fois au même objet, lors de tes déambulations, ou de la même manière, tu t'es détruit toi, tu as détruit le texte, tu a détruit l'objet, tu as détruit les autres acteurs, tu as détruit le théâtre et le tout sera d'un ridicule que je n'aimerai pas vivre à ta place. J'ai eu 10 ans de succès en milieu théâtral."
L'historique de mes cours de 1993 à 20010 se trouve dans un article du 23 décembre 2010
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Aujourd'hui, 21 mai 2009, l'agence de notation Standard & Poor's vient de dégrader le Royaume-Uni du triple AAA en "A- 1+".