Partie n°2:
4] Historique de la Privatisation de la Création de monnaie et du Trésor Public:
Greenspan de la Fed', JC Trichet de la BCE

5] Devoir d'information du citoyen: extraits de mes cours de1993 à 2009 en niveau DESS, Master 2, Master Grande École

  • A] Historique de la Privatisation de la Création de monnaie et du Trésor Public:
    Greenspan de la Fed', JC Trichet de la BCE
Derrière la-dite Crise de la Bulle des Subprimes, il y a d'autres bulles cachées qui ont éclaté. Le responsabilité de l'une est portée par Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed' de 1987 à 2006, appelé  "l'économiste des économistes", ou le "Maestro", qui a commis sur toute la période de son mandat une seule et même erreur. Alan Greenspan a été gravement mis en cause en 2006 pour avoir laissé fortement augmenter la masse monétaire par une politique de taux d'intérêts très bas (de l'argent facile), qui est un des facteurs de l’émergence de la crise dite des subprimes qui s'est déclenchée au second semestre 2006. La masse monétaire est devenue une arme de destruction massive.

Revenons un peu en arrière. Pendant les 15 ans de son règne, Alan Greenspan avait passé pour le sorcier des chefs des banques centrales jusqu'au jour où il fut contraint à la démission au regard de la crise financière américaine des subprimes au début de l'année 2006. La Fed' qui pourvoyait les banques en liquidité à bon marché avec un taux d'intérêt très bas avait conduit ces banques à négliger le risque sur le marché hypothécaire. De l'argent à bon marché avait été déversé en centaines de milliards de $ sur le marché américain par la Fed' à la suite de l'éclatement de la bulle de la Nouvelle Économie (crise dot-com, Enron/Worldcom...; "Enron is the poster boy of accounting fraud") et des attentats du 9 XI sur les Twin Towers de Manhattan. C'est justement à partir de ce moment que les banques abandonnèrent toutes mesures de précaution et allouèrent des crédits immobiliers à risque aussi à des emprunteurs dénués de la moindre des garanties. Tout semblait correct tant que les prix de l'immobilier accusaient une hausse constante. L'inflation des valeurs immobilières finançait une grande consommation de nécessité ou ostentatoire, payée elle-même par crédit.

A partir du moment où la bulle des prix de l'immobilier avait commencé à éclater, des millions de crédits pourris menaçaient le système financier mondial parce que les banques américaines avaient externalisé et mutualisé le risque, en inventant de nouveaux produits financiers en opérant une titrisation de leurs prêts hypothécaires. Ces prêts hypothécaires douteux ont été transformés en actifs fantômes déversés en fleuves sur les marchés par la (re)-génération spontanée en titres financiers adossés à ces titres adossés eux-mêmes à ces créances hypothécaires douteuses. Les placements et spéculations nationales et internationales se sont jetés avidement sur ces titres garantis par les agences de notations très accommodantes et laxistes qui ne menaient pas elles-mêmes les contrôles prudentiels mais qui faisaient aveuglément confiance aux allégations de leurs émetteurs. La spéculation avide et aveugle ne voulait pas se donner le temps d'étudier la traçabilité de ces produits dérivés. Quand vous achetez un paquet de Mousseline, demandez-vous si le sel contenu provient des Salines de Guérande? L'intermédiation des distributeurs de ces titres (nous pourrions dire de ces receleurs) se doit normalement être de bonne foi et garantir l'origine des biens revendus.

Alan Greenspan, sorcier déchu, avait lui-même fait sa propre expérience infructueuse de la même manière sur son propre terrain de jeu. C'était l'époque de la crise "dot-com" Enron/Worldcom, ces fonds de pension en faillite (comme Cerberus, propriétaire de Chrysler...) qui avaient plumés de toutes leurs économies des millions de retraités en vidant définitivement des fonds de pension. Alan Greenspan avait débloqué en 1998 de l'argent à bon marché aux banques américaines qui ont racheté le Fonds de pensions LTCM pour le sortir de la faillite.

Cette action et cette mesure d'urgence de la Fed' avait donné un signal fatal aux marchés financiers dont les acteurs à très forte tendance spéculative ne se sont plus sentis jugulés dans leur course effrénée à encourir de hauts risques. Cette politique de la banque centrale de l'argent à bon marché avec des taux d'intérêts très bas n'a été qu'une stimulation aux comportements déviants ("moral hazard") sur les marchés et les marchés financiers.

En conduisant cette politique de l'argent facile avec un taux d'intérêt très bas, la Fed', la banque centrale américaine avait délégué une part de son monopole, soit celui de l'émission de la monnaie et du contrôle de la masse monétaire. En effet, les banques commerciales n'opérant plus elles-mêmes les contrôles préalables à l'octroi des prêts, ouvraient elles-mêmes le robinet de l'argent, alors que la banque centrale feignait de croire que la rigueur de ces banques ne pouvait que garantir un bon emploi de cet argent dans des investissements de consommation ou des investissements productifs. La banque centrale, éprise de sa conception ordolibérale stimulée par les leçons de l'Ecole de Chicago et par les enseignements du Consensus de Washington, n'avait dans les faits uniquement dans son champs de compétences et d'attributions plus que l'outil du taux d'intérêt comme seul instrument de contrôle de régulation de la masse monétaire. La spéculation boursière avait été elle-même amplifiée très rapidement par effet de levier, car les achats de produits dérivés ou d'actions se sont faits massivement à crédit sans contrôle des garanties de l'emprunteur, qu'il ait été particulier ou investisseur institutionnel.

La leçon de la faillite du fond de pension américain LTCM n'a pas été apprise par le successeur d'Alan Greenspan, Ben Bernanke, chef de la Fed' depuis 2006. Il poursuit la politique agressive de la baisse des taux d'intérêts (de 5,25 % à 2,25 % en septembre 07, ....puis de 0% à 0,25% en décembre 2008) et de l'inondation du marché par la masse monétaire en espérant tout au moins éviter le danger qu'elle identifie comme étant celui de la récession-déflation. Mais, paraît-il, l'heure n'est plus à la créativité et il parait qu'hypothéquer l'avenir de deux générations à venir avec la trappe à liquidités et les déficits budgétaires abyssaux coûtera moins cher que cette récession-déflation aux générations actuelles... avant que cette récession-déflation ne se transforme elle-même en hyperinflation à partir de 2010-2011. En une action similaire à celle de 1998, Alan Greenspan avait "aidé" avec un crédit de 30 milliards de $ en février 2008 la banque JP Morgan à racheter la banque faillitaire Bear Stearns et il a donné de nouveau le même signal fatal aux spéculateurs dont le métier se réduit à engranger des bénéfices et à faire payer les pertes par la banque centrale, donc l'État, puisqu'en cas de crise il y a un rachat aidé du faillitaire (comme aux USA) ou une nationalisation du faillitaire comme la Northern Rock en Grande-Bretagne, ou de la IKB ou de la West LB comme en Allemagne, ou de Fortis et de Natixis comme en France et en Belgique... Les banques privatisent cette fois-ci le Trésor public après avoir privatisé la création de la monnaie. (Photo: Bernanke et Paulson)

Derrière la crise des subprimes se trouvait le gigantesque programme socio-politique intitulé "A chaque citoyen sa maison" et qui a été propagé par... Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed'. Les banques américaines et mondiales ont gagné énormément, l'État américain avait énormément stimulé et encouragé le surproduction immobilière avec de l'argent facile et à bon marché et avec les cautions implicites de Fannie Mae et de Freddie Mac, les organismes de prêts hypothécaires. Ces deux instituts para-publics de crédit hypothécaire couvraient plus de 50% des crédits hypothécaires aux USA et faisaient partie des leviers de la politique de l'argent facile d'Alan Greenspan. Ces deux sociétés avaient toujours joui d'un statut spécial soutenu et garanti financièrement par l'État. Elles rachetaient les prêts hypothécaires, procédaient à la mutualisation du risque, à leur titrisation (comme pour les subprimes) et revendaient des titres (obligations) garantis par l'État fédéral. Grâce à leur situation privilégiée, ces deux sociétés, à faibles coûts financiers et de fonctionnement et aux rendements opérationnels très élevés, avaient très rapidement conquis plus de 50% du marché des prêts hypothécaires, à ce point qu'Alan Greenspan lui-même avait fini par prendre peur et qu'il parlait d'elles en ces termes: "the big, fat gap" (la grosse et grasse faille). A partir de 1991 elles ont aussi financé des emprunts "douteux" (non recouvrables). Elles ont signalé en 2007 des pertes de plusieurs milliards et le Congrès et Henry Paulson ont décidé de les nationaliser en septembre 2008 parce qu'elles étaient trop grosses pour risquer une faillite: "Too big to fail".

Cette longue période de crédit " facile" de 20 ans (depuis 1989) et de liquidité abondante a encouragé l’endettement à outrance depuis 9 XI, non seulement des emprunteurs finaux, mais surtout des intermédiaires et des fonds d’investissements, qui ont maximisé les effets de levier en finançant des portefeuilles d’actifs par de la dette bancaire ou des émissions de commercial paper. C’est le cas des "monoliners", des Hedge Funds, des Investment Banks, des Feeder funds (comme le fonds de Madoff) voire des banques commerciales elles-mêmes. Ces déséquilibres bilanaires majeurs n’ont pas posé de problème jusqu’au moment où la crise de confiance et l’incapacité de renouveler les financements a provoqué soit des défaillances (et dès lors, l’intervention des États), soit des ventes forcées d’actifs encore sains, qui ont largement contribué à enfoncer les valeurs boursières et financières.

La Banque Centrale, la Fed', avait abandonné et abandonne toujours aujourd'hui son pouvoir discrétionnaire, sa compétence et son autorité dans la création de monnaie, et continue a utiliser son arme de destruction massive dans sa procédure du bail out, le rachat-camouflage des créances toxiques et des actifs fantômes, et dans la procédure de réinjection de liquidités (Plans TARP, Plan Paulson, Plans européens...), qui ne proviennent à ce niveau gigantesque plus des dépôts des banques commerciales mais de la simple création de monnaie par la méthode de la planche à billet et par le déficit budgétaire imposé aux économies nationales et qui devrait être remboursé à l'avenir. Mais par qui et comment et en fonction de quels assets et moyens?

Les sauvetages, les bail outs et les différents Plans de Sauvetage et de Restitution de la Confiance des Marchés... sont devenus la réponse privilégiée à toutes les crises financières depuis 1929. La dilution de la responsabilité et le système de mutualisation du risque ont permis aux banques de se constituer de larges portefeuilles de créances immobilières sur les ménages insolvables.

Les banques moins irresponsables et cupides qui n'avaient pas compté sur l'intervention monétaire et sur les recapitalisations dans leur stratégie financière avaient refusé ces produits dérivés toxiques, mais aussi perdu des parts de marchés face à leurs concurrents déloyaux. Les politiques monétaires et les Plans Paulson, Gordon Brown, JC Trichet et les Plan-s Européen-s avec leur "Boîtes à Outils" créent un État Providence pour les systèmes systémiques des banques, détournent et privatisent le Trésor Public et donnent une prime aux escrocs qui récompense les comportements kamikazes, le moral hazard, et pénalise les choix prudents d'industriel et d'entrepreneurs.

La défaillance sur le marché immobilier américain avait amplifié la nature holistique du système financier qui fait qu’un dépôt de bilan de la Lehman Brothers du 15 septembre 2008 et de l'assurance AIG qui s'était impliquée par ses filiales dans les crédits adossés (titrisation), peut entrainer une catastrophe planétaire en un délai extrêmement court.

Les politiques monétaires mal avisées d'Alan Greenspan avaient provoqué cette crise avec l'aide de ces deux entreprises parapubliques américaines, ces Instituts de crédit hypothécaire, la Fannie Mae et la Freddie Mac. En se portant garantes d'acquéreurs de logements insolvables, elles ont aussi prôné l'irresponsabilité financière de ménages surendettés. Elles ont étalé, mutualisé, dilué ces crédits dans des systèmes pyramidaux à la Ponzi-Madoff sous forme de titres financiers dérivés complexes revendus à l'ensemble de l'industrie bancaire, qui les a retransformés elle-même en produits dérivés toxiques et ayant la capacité d'une propagation virale envers l'ensemble des marchés nationaux et internationaux.

Il ne faut donc pas se tromper de diagnostic dans ce désastre financier, et ne pas administrer le remède du déficit budgétaire massif qui ne va que préparer la nouvelle crise après le Global Meldown 2009. Débloquer des liquidités pour secourir les banquiers ne peut qu'encourager ces derniers à continuer leur gestion malsaine, irresponsable et économicide qui va propulser des millions de Travailleurs au chômage, rompre des familles, briser des destins et des cursus d'études ou universitaires, et engendrer des conflits de plus grande envergure. Ces récentes interventions des États et des banques centrales préparent par conséquent les désastres moraux de demain, les détresses personnelles et les misères collectives. Nous sommes en ce moment en une période de stag-déflation. Mais nous seront bientôt dans une situation de récessflation, de récession et d'inflation, qui va culminer dans une hyperinflation, comme sous la République de Weimar, avec le niveau inouï et encore jamais atteint de liquidités. Les liquidités américaines ont mis 200 années pour passer de 0 à 800 milliards au début de l'année 2008. Pendant l'année 2008, ils sont passés de 800 à 1600 milliards de $. Dans mon billet précédent je vous ai montré avec des graphiques téléchargés directement à la Fed' que nous allons à l'hyperinflation et que ces Plans ont appliqué sur le faux malade un faux médicament après un faux diagnostic. Plus grave: les Banques centrales rachètent elles-mêmes des titres pourris adossés sur des titres pourris adossés sur des créances pourries, et elles revendent des Bons du Trésor à la place. Madoff, Bernanke, Trichet privatisent de leur propre décision les pertes en faisant tourner la planche à billet pour rendre encore plus virulente la trappe à liquidité. La propagande de la peur de la déflation cache en réalité l'hyperinflation qui va bientôt se déclencher après la stag-déflation et la récessflation. (Photo: Huile de Wolfgang Mattheuer, "Die Flucht des Sisysphos", 1972).

Je vous avais déjà écrit en automne au sujet des Plan-s "Européen-s" et de leurs "Boîtes à outils", qui ne sont pour moi qu'un retour aux nationalismes, qu'un déni d'Europe et qu'une violation du Traité de Lisbonne, même si je suis un européen convaincu mais nonniste. Une nouvelle preuve du repli protectionniste et nationaliste en totale violation avec l'esprit européen et en totale harmonie avec l'absence d'une eurogouvernance et d'une politique macroéconomique et fiscale commune européenne sont les spreads. Les spreads peuvent aussi être compris comme les armes d'une guerre mondiale des taux d'intérêts pour capter l'épargne globale. Les spreads sont la différence entre les taux d'intérêt garantis sur les emprunts d'état émis par les différents membres de l'Union Européenne (ou d'autres Etats de la planète). Les spreads sont, en miroir, l'indicateur de la confiance qui est accordée par les investisseurs aux économies nationales. Moins la confiance est grande, plus l'État émetteur d'emprunts d'État offre un taux d'intérêt élevé qui garantit un rendement réel, ou tout au moins qui garantit une compensation face à une éventuelle érosion de la valeur des placements à cause du marché financier en effondrement. L'Italie, mais aussi la Grèce, qui est en réalité au bord de la banqueroute d'État, comme l'Irlande, le feu "Tigre Celtique", et à l'image de l'Islande, le feu "Tigre de l'Atlantique nord", ou de la Lituanie, le feu "Tigre balte", garantit un taux d'intérêt de 3% supérieur au taux garanti par l'État fédéral allemand. Chaque pays de l'UE essaye de s'ériger en sanctuaire à capitaux, et cette tendance avait été lancée dès juillet 2007 par le Royaume-Uni avec la nationalisation de la 5ème banque faillitaire, la Northern Rock. La Northern Rock était devenue un aspirateur à capitaux européens, puisqu'ils se sont placés sous la protection de l'État du Royaume-Uni. Cette banque avait d'ailleurs atteint en très peu de temps son quota maximal de placements accueillis. Puis toutes les banques britanniques ont été nationalisées totalement ou partiellement en deux vagues successives allant de septembre 08 au 19 janvier 2009. Ces vagues de nationalisations n'ont pas réussi à éviter la sanction des marchés qui ne se sont pas laisser duper et qui ont fait baisser les cours des actions de ces banques de 50 à 70%. Le système bancaire britannique est en réalité en cessation de paiement. L'Irlande tente son va-tout cette semaine du 19 janvier 2009 en nationalisant ce qui reste à nationaliser dans le secteur bancaire. Mais avant même de lancer l'ultime plan de nationalisation, les cours des actions de ces banques ont atteint une valeur proche de zéro. J'ai lu ce matin dans le Irish Times un article qui critique violemment la "cow-boy economy" de ces 20 dernières années. Le réveil est encore plus violent pour celui qui avait méprisé ses partenaires économiques avec une telle violence. (1ère moitié du tableau: Spreads; 2ème moitié: rendement sur 10 ans des emprunts d'État). Les USA et le Royaume-Uni se souhaitent bien sûr un éclatement de la Zone Euro, pour prolonger leur "Pax Americana" de la division et du règne atlantique au plus grand commun diviseur.

Le président de l'Eurogroupe, qui est aussi Premier Ministre et Ministre de Finance du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, avait émis l'idée dès septembre 2008 de l'émission d'un emprunt européen à un taux plus élevé. Mais Peer Steinbrück, Ministre des Finances allemand, SPD de la Grande Coalition du Gouvernement d'Angela Merkel, avait expliqué qu'il ne peut se présenter devant le Bundestag de Berlin et l'opinion publique en expliquant que cet emprunt européen va coûter 3 milliards d'euros de plus par an, juste pour soutenir les économies nationales de pays membres de l'Union qui ont eu des comportements à risque hautement spéculatifs et irresponsables. Peer Steinbrück suggère l'émission d'un emprunt d'État par un "Club d'États membres ayant des mauvaises positions de crédit" (ein Club von Mitgliedstaaten mit schlechter Kreditposition). Il est évident que Peer Steinbrück ne veut admettre que des États membres européens exportent dans l'Union leur pauvreté, comme l'ont fait les USA depuis 4 décennies avec le reste du monde. De plus en plus on se rend compte que l'Europe est une création de représentants de commerce, de bonimenteurs qui avaient comme objectif de ferrer le client au plus vite pour faire un marge opérationnelle maximale que l'on faisait passer pour de la croissance. Je parle des Pères-Fondateurs de l'Europe avec Jean Monnet en tête. Il faudra bien voter aux Élections Européennes du 7 juin 2009.

Le Traité de Maastricht ne prévoit pas qu'un État membre puisse ressortir de la Zone Euro. Selon un dirigeant de la Commerzbank, "un État Membre peut rompre son contrat d'adhésion à l'Euro s'il estime tirer profit de l'abandon de l'Euro en instaurant de nouveau sa devise propre, qu'il dévaluera pour redevenir concurrentiel au niveau international". C'est ce qu'avaient fait l'Irlande et l'Italie juste avant de rentrer dans la Zone Euro. Le Royaume-Uni avait dévalué la £ en même temps que ces deux pays. Le Traité de Maastricht interdit aussi qu'un État membre de l'Eurozone soutienne financièrement un autre État membre de l'Eurozone, justement pour éviter des politiques budgétaires laxistes laissant l'espoir d'un "bail out" intracommunautaire dans l'Eurozone. La Lettonie, le feu Tigre de la Baltique, s'est déclarée en faillite d'État le lundi 19 janvier 2009, et a obtenu une aide du FMI. La Grèce et l'Irlande sont déjà en pourparlers avec le FMI pour obtenir une ligne de crédit dans très peu de temps. L'étau se resserre autour des Pays fondateurs de l'Europe. Il est symptomatique de voir que les "nouveaux entrants" ont pris l'Europe pour un casino en faisant une politique de dumping fiscal et social et en ayant une politique spéculative dévoyée. Ces pays ne s'étaient aussi jamais cachés de leurs amitiés très étroites avec les USA et accordaient volontier leur préférence à leurs exportateurs ou leurs dons en nature ou en numéraires... en contrepartie des stationnements de fusées américaines transcontinentales ou de marchés privilégiés en Irak et garantis par les américains. (Photo: Tórshavn, Iles Féroé, Atlantique Nord).

Après le Global Meltdown 2009, il faudra sortir du cycle infernal des éclatements de bulles qui se répètent de manière de plus en plus rapprochée et violente. Il faudra avoir le courage de se demander quel modèle de société nous voulons, quel genre de croissance nous voulons, "une croissance durable ou une décroissance conviviale". Il faudra organiser la réallocation des ressources vers des actifs sains et qui garantissent aussi l'existence des générations futures. La génération qui a fait la Seconde Guerre Mondiale, si elle a libéré le monde du nazisme, elle a aussi volé à ses petits enfants une certaine aisance matérielle, écologique et de vie, elle a détruit deux générations à venir et, de par sa faute, le monde et l'économie mettront vingt ans à se remettre du Global Meltdown 2009. Obama ne sera pas le premier dictateur noir des USA mais il aura des problèmes comparables à la guerre civile selon El Paso Times. Les américains demandent un bail out d'eux-mêmes à Obama, le roi du bricolage, avant qu'il ne devienne lui-même le... 1er dictateur noir des USA pour colmater la Seconde Guerre Civile des USA. Les USA vont faire Sécession, il y aura les terristes et les galaxistes et au milieu les Pays en voie de Développement qui se sont arrêtés en vol. A propos vol: Jean Ziegler, le seul député de toute l'histoire de la Confédération helvétique à s'être fait excommunier du Parlement Suisse à cause de son livre "La Suisse lave plus blanc" a écrit: "Les 500 plus puissantes entreprises transcontinentales privées ont contrôlé l’an passé 52 % du produit mondial brut, c’est-à-dire de toutes les richesses produites sur la planète. Nous allons vers une reféodalisation du monde" (in "l’Empire de la Honte", Editions Fayard). (Photo: signature de Obama).

Les analystes pensent qu'il y a encore 10.000 milliards de $ d' actifs-fantômes qui vont disparaître du fait de la crise. Nous sommes à un tel niveau de chiffres... mais dites-vous bien que la magnitude de la prochaine secousse sismique est énorme et qu'elle s'ajoutera à l'effondrement de la bulle des CDS. Les actifs fantômes, sont des actifs qui auraient pu être sains avant la crise, mais qui se déprécient dès qu'ils sont vraiment mis sur le marché pour sauver les entreprises et les banques de la faillite en quête de liquidités.





Le hard landing est d'une rare violence: vous pouvez voir sur ce tableau cliquable la baisse vertigineuse du trafic ferroviaire des USA, du Canada et du Mexique.




Nous entendons toujours aujourd'hui que les USA avaient profité d'une énorme croissance avant ce hard landing.
Pas si sûr. Il existe un observatoire alternatif des statistiques américaines, Shadow Government Statistics.
Voyez ci-dessous le graphique qui compare la croissance "réelle" des USA, en bleu, et la croissance "officielle" des USA en rouge. Les USA sont en récession depuis l'année 2000. Si vous cliquez sur la graphique vous êtes redirigé sur ce site alternatif de statistiques.
Chart of Growth in U.S.Gross Domestic Product (GDP)

Vous avez ici une suite actualisée en continu de graphiques révélant les fondamentaux de l'économie américaine.

  • B] Devoir d'information du citoyen: extraits de mes cours de1993 à 2009 en niveau DESS, Master 2, Master Grande École
Je suis informatisé depuis Windows 92 et je vais vous livrer maintenant quelques extraits de mes cours datant de 1993, 1994, 2000, 2002... que je donne en niveau DESS, puis Master II et Master Grande École en allemand sur l'économie, les finances et le management international, le droit de la Propriété Intellectuelle, etc...  Dès 1990 je m'étais inquiété des "Nouveaux Produits Financiers", appelés "Dérivés". Ayant été envoyé dans les nouveaux Länder allemands, issus de la RDA, j'avais vu dans une librairie à Iéna en Thüringe un rayonnage entier sur les Derivate et même un livre écrit par Lothar de Maizière, le 1er Président de l'Allemagne de l'Est, avant sa fusion en 1989 dans la Loi fondamentale allemande, évidemment de l'ouest. Il s'agissait d'une fusion-absorption et non pas d'un projet de Confédération mettant en symbiose deux régions allemandes et deux cultures. Bien sûr, comme tout alsacien, je condamnais le régime totalitaire qu'il soit de droite comme de gauche. Mais cette fusion-absorption et cette déferlante sémiologique adossée sur la culture économique de l'ouest m'avaient profondément inquiété au point que tous mes cours étaient orientés sur le vigilance et que j'avais, dans un tout autre style, écrit en 1990 un roman prémonitoire fait d'aphorismes et prédisant la crise inéluctable de notre modèle de société, de notre modèle politique et de notre modèle économique que nous connaissons aujourd'hui. Ce roman s'appelle "La réunification des andrènes", en sachant que les andrènes sont des abeilles solitaires vivant dans un trou fait à même le sol. Il vaut ce qu'il vaut, littérairement, il n'a jamais trouvé d'éditeur, mais il est le sceau de mon intangibilité face au maindream et au mainstream. Avec le recul je m'étonne d'avoir résisté, et d'avoir eu raison, mais je suis aussi un enfant du "Club de Rome" et de la "Croissance Zéro", j'ai 55 ans aujourd'hui. Je m'amuse des nouveaux intellectuels et pentiti et bénéficiaires de la Classe Globale qui vous font des analyses critiques de ce qu'ils n'osent pas encore présenter sous l'échec de l'ordolibéralisme, de l'échec du néo-libéralisme, de l'échec de l'économie de marché, de l'échec du Consensus de Washington, de l'échec du Consensus de Bruxelles, ... et de l'échec annoncé du Traité de Lisbonne. Je n'ai jamais été un adepte de Tina, ce There is no alternative.

J'ai l'insolence non cachée d'exposer que je fais partie de cette poignée de quelques soixantehuitards qui n'ont pas triché pendant leur vie et qui sont tellement bien plus intègres que Nicolas Sarkozy qui veut les passer au Kärcher, ou que les partis de gauche ou les syndicats qui ont payé l'écot seigneurial depuis 30 années.

Vous trouverez donc ci-dessous des extraits de mes cours, il y aura la date devant les paragraphes simplement compilés. Je n'avais jamais voulu adhérer dans des groupes alter-mondialistes qui faisaient de leurs avancées intellectuelles une liturgie de spécialistes. Je n'ai jamais aimé ces loges qui demandent des folklores et rites initiatiques pour l'intégration dans des savants sérails. Je savais tout simplement que ma pensée devait être une pensée normale de petite-gens, elle n'avait pas besoin de ces afféteries et de ces codes de ceux qui savent et qui fument en famille un joint, avec leurs enfants, sur les marches de la Laiterie à Strasbourg. Une preuve de cet intellectualisme d'initié est le silence absolu actuel des groupes comme Attac qui ne sont toujours pas prêts à construire le monde du troisième millénaire et qui regimbent à aller sur l'espace politique au devant de l'électorat. Attac s'est nourri de lui-même et n'a rien innervé. 11 années de gâchis. En 2007 il y avait suffisamment de rendez-vous électoraux, mais les gens d'Attac comme des autres gauches avaient préféré cultiver leur Historicité. En 2009, il y a les Élections européennes, et ces think-tanks restent au bureau. Et comme ils ne sont pas prêts, ils ne feront pas non plus partie du Gouvernement d'Union nationale qui va être créé vers la fin 2009 quand la France, l'Europe et la planète seront au début du Global Meltdown 2009. Ils ne seront pas non plus prêts quand se lèveront en France des minériades à l'image de celles qui avaient été téléguidées à Timişoara en 1990 par Ion Iliescu pour "préserver" un certain Régime.

J'ai foi en l'avenir, mais je me projette bien plus loin, vers 2020. Une nouvelle normalité va s'installer.
Les deux balanciers bessons - la dictature communiste / la dictature des marchés - ont fini de battre. Nous ne pourrons pas dire qu'après qu'ils soient allés trop loin, il y aura le retour de balancier,
de l'un ou de l'autre, de l'un ou de l'autre côté. Une nouvelle phase de l'humanité a commencé en 1989, a pris son vrai élan depuis le 15 IX 2008. Une nouvelle construction se fait. Il sera drôle de voir l'ancien régime s'accrocher à des branches qui n'existent plus et qui n'ont de toute façon été, pour chacune des deux dictatures, que des actifs fantômes autour desquels, circulent par hasard - malgré l'apparence d'un consensus démocratique et consumériste - des gens. Cette dernière phrase était ma manière de driller mes acteurs quand je faisais mes mises en scène de théâtre. Je me nommais à cette époque "remetteur en vie". Je commandais des plasticiens réputés (Daniel Depoutot ou bien Ignice Gérard Boch), ils me faisaient des installations sur les scènes du théâtre, mes acteurs ne faisaient pas de répétition générale sur la scène et découvraient les installations. Mais je leur disais: "si tu t'intéresses deux fois au même objet, lors de tes déambulations, ou de la même manière, tu t'es détruit toi, tu as détruit le texte, tu a détruit l'objet, tu as détruit les autres acteurs, tu as détruit le théâtre et le tout sera d'un ridicule que je n'aimerai pas vivre à ta place. J'ai eu 10 ans de succès en milieu théâtral."

L'historique de mes cours de 1993 à 20010 se trouve dans un article du 23 décembre 2010