L'Irlande a aussi joué, pendant 10 ans, au même jeu qui a conduit en 3 ans aux USA à la crise des subprimes, c'est à dire à s'endetter pour quelque chose qui de toute façon prenait 20 à 30% de sa valeur par an, soit, l'immobilier. Or depuis 2 ans cette bulle immobilière éclate en silence, les cours immobiliers s'écroulent avec les espoirs de gains et les banques resserrent leurs cordons parce que les emprunteurs disposent de moins de bonités. La même situation de crise existe en ce moment en Espagne.

Les Irlandais, pragmatiques, n'ont fait que ce que les anglais ont fait il y a 20 ans: tout faire structurellement pour provoquer la bienveillance de l'Europe libérale échangiste et permettre un investissement massif des capitaux productifs étrangers - l'Irlande était pauvre avant son adhésion. Comment était-ce possible dans cette EU harmonisée, qu'un Etat membre puisse faire son dumping concurrentiel? Justement parce que les deux derniers points de l'EU qui ne sont pas harmonisés sont l'EU fiscale et budgétaire, et l'EU sociale. Et souvenez-vous, avant l'arrivée de l'Euro, l'Irlande avait aussi réalisé son dumping des cours de sa devise en sortant artificiellement et sans raison du serpent monétaire européen (le SME qui permettait une fluctuation maximale de +/- 5% face à la valeur de référence, l'Ecu) pour provoquer un afflux massif des investisseurs étrangers. Souvenez-vous des délocalisation en Irlande de Moulinex ou de Rhône-Poulenc, qui avaient fait jaser à l'époque, alors que les sites industriels français étaient largement bénéficiaires et durables. Nous étions alors au début du management financier qui a supplanté le management industriel. Les irlandais n'ont fait que de sucer l'Europe depuis 15 ans, à un niveau inégalé.

Il n'y a donc pas de poésie à lire dans le NO irlandais, il n'est que l'image de l'égoïsme local et personnel, tout comme une énorme partie du NON et du NEJ. La conscience politique européenne n'existe pas dans les peuples, la conscience sociale encore moins, l'Europe de gauche jamais depuis sa fondation. Il y a bien eu pour une très courte durée un PE à "gauche" mais c'était une gauche de softies à l'image de Bockel, Vals, Ségolène, Fabius, Montebourg. Le confort de l'eurodéputation gomme tous les engagements moraux dans un PE qui n'a pas de poids face à la Commission désignée par les États membres. Le Traité de Nice prévoyait un réajustement constitutionnel de cette démocratie européenne bâillonnée, mais le programme et l'agenda des atteintes sociales était tellement plus présents, obligatoires et urgentés, que j'ai voté NON, par conscience politique et sociale.

L'avenir m'a donné raison, il suffit de lire Bolkenstein 2, la Directive Service, puis cette Directive Service qui a englobé les services médicaux. Il suffit de lire la Directive Libre Circulation des Travailleurs et les Jugements de la CEJ / CJCE dans les affaires Laval, Vaxholm, Viking, Partneri, Rüffert. Il suffit de libre la plus récente Directive sur le temps de Travail (vous trouverez tous ces thèmes traités sur mon site).

Suite à la vague d'automne 2008 de la Crise des Subprimes, l'Irlande brille de nouveau par son égoïsme insulaire exacerbé et sa gémellité américaine qui n'a même pas son égale dans la gémellité britannique.
Le gouvernement Irlandais garantit pour ces deux années à venir tous les dépôts et toutes les créances des six grandes banques et de leurs filiales. Cette garantie couvre un montant de 400 milliards d'euros, soit deux fois le PIB irlandais. Cette décision unilatérale prise sans consultation de Bruxelles est une concurrence déloyale de tout un pays contre l'Europe. Cette concurrence déloyale est conforme au dumping fiscal et social pratiqué par l'Irlande pour voler au reste de l'Europe des parts de marché et une croissance concurrentielle qui ne repose pas sur l'ingénierie managériale, sur l'innovation industrielle, sur l'avance technologique, sur la Recherche & le Développement, sur l'organisation du travail, etc...

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Mise à jour du 4 X 2008: Rançon de l'arrogance irlandaise et de son insulte européenne

Le groupe bancaire anglais Bradford & Bingley (B&B) est en situation de cessation de paiement. Ceci devient banal, il n'y a plus de commentaires extra-ordinaires à faire. Les crédits hypothécaires de B&B seront nationalisés à hauteur de 63 milliards d'Euro et le reste de la banque sera racheté par appartement par d'autres banques qui seront aidées par la banque centrale qui leur accordera un crédit à taux préférentiel dont les remboursements pourraient ne plus devenir exigibles d'ici quelques mois... A la nationalisation directe ou déguisée on ajoute cette méthode qui est aussi une entrave grave à la concurrence, car ces banques racheteuses seront aidées à la différence des autres qui doivent continuer à compter sur leurs propres actifs. Si vous ne l'aviez pas compris la B&B est la seconde grande banque britannique à être nationalisée avec la Northern Rock en juillet 2007. La valeur de l'immobilier continue a s'écrouler en Grande-Bretagne, les maisons valent moins que les hypothèques. La spirale déflationniste de l'immobilier s'accélère, d'autres grandes énormes faillites sont à attendre.

Le plus grand groupe européen de crédits hypothécaires, la Hypo Real Estate dont le siège est à Munich et qui fait partie de l'indice DAX (les 30 plus grandes valeurs allemandes cotées), s'est effondré. Le gouvernement allemand a déclaré ne pas vouloir soutenir ce groupe. L'actionnaire majoritaire de la Hypo Real Estate est l'américain Flowers. C'est une filiale irlandaise de la Hypo Real Estate, la Depfa-Bank qui est à l'origine de cet effondrement en chaine. Plusieurs banques lui ont porté secours avec leurs propres fonds, mais là aussi il ne faut pas se leurrer, les fonds qu'elles lui ont prêtés pour un crédit à court terme et à moyen terme sont autant de liquidités qui réduisent la masse monétaire réellement mise sur l'industrie et le marché en Europe. A cette raréfaction de la masse monétaire la BCE devra répondre en baissant les taux d'intérêts directeurs ou en mettant des liquidités sur le marché. Cette attitude à posteriori, pour consolider des plans de sauvetage ne correspond toujours pas à une politique budgétaire et macroéconomique de la BCE, de l'Euro-Groupe et de la Commission de Bruxelles. 46 milliards d'Euros versés en deux tranches sont nécessaires pour sauver la HRE, 40% viennent de la Fédération allemande, le reste des banques privées. Si vous ne l'avez toujours pas compris le Bund, la Fédération allemande s'est portée caution pour ce plan des banques de sauvetage de HRE. Le Bund prévoit un fonds de 300 milliards au maximum qui pourrait aussi servir à d'autres sauvetages. Et comme je l'écrivais ici encore hier soir Manual Barroso et la Commission à la Libre concurrence interrogent ce soir, lundi 29 IX, pour savoir si la caution accordée au plan de sauvetage de la HRE par le gouvernement fédéral allemand ne cache pas une simple manœuvre de concurrence déloyale face aux autres banques du même secteur. Au sujet de la toute-libre-concurrence-du-tout-et-du-reste, vous savez ce que j'en pense, mais si l'État intervient je veux que ce soit pour des plans d'infrastructure de santé, d'éducation, de R&D, pour des Plan quinquennaux par exemple comme nous l'avons connu en France jusqu'à la fin des années 60.

En ce jour, lundi 29 IX, la valeur en bourse de la Hypo Real Estate a dévissé de 75%, ce qui est la plus grande chute enregistrée depuis que le Dax existe. L'année des superlatifs a commencé. La valeur de la Commerzbank a dévissé de 18%, la Dresdner Bank l'a suivi. Ici, nous sommes en face de banques "traditionnelles" d'affaire et de dépôts. Il n'y a rien d'étonnant. Remontez au §2: le 19 IX le short selling, la vente à terme à découvert sur des valeurs à la baisse, avait été suspendu par l'Institut fédéral allemand de surveillance des services financiers (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht - BaFin).

L'Irlande brille de nouveau par son égoïsme insulaire exacerbé et sa gémellité américaine qui n'a même pas son égale dans la gémellité britannique. Mais peut-on reprocher à l'Irlande d'appliquer à la lettre le dogme européen de le toute-libre-circulation-de-tout-et-du-reste et la foi-en-l'infaillible-autorégulation-par-les-marchés?

Le gouvernement Irlandais garantit pour ces deux années à venir tous les dépôts et toutes les créances des six grandes banques et de leurs filiales. Cette garantie couvre un montant de 400 milliards d'euros, soit deux fois le PIB irlandais. Cette décision unilatérale prise sans consultation de Bruxelles est une concurrence déloyale de tout un pays contre l'Europe. Cette concurrence déloyale est conforme au dumping fiscal et social pratiqué par l'Irlande pour voler au reste de l'Europe des parts de marché et une croissance concurrentielle qui ne repose pas sur l'ingénierie managériale, sur l'innovation industrielle, sur l'avance technologique, sur la Recherche & le Développement, sur l'organisation du travail, etc...

L'Europe, qui n'a pas de politique budgétaire, macroéconomique et fiscale commune, mais qui a une banque centrale commune, la BCE, se cherche. Le Président bling-bling français, NS, s'agite pour que les européens constituent un Fond de garantie de 300 milliards d'euros qui devrait être prêt pour nettoyer le bilan, au cas par cas, des banques qui s'écroulent, parce qu'elles avaient cru bon de se faire de l'argent facile en spéculant sur du vent et en détournant des actifs réels dans des lubies de cupidités à l'image des système américains, anglais, écossais, irlandais, mais aussi allemands, et français (l'affaire Kerven de la Société Générale, et d'autres groupes qui seront révélés sous peu).

Le G4 a été convoqué par le président bling-bling français, NS, au Palais de l'Elysée. NS aimerait qui ne voit pas "la mort du capitalisme" et qui ne contribue qu'à la mort de ses ouvriers, aimerait tellement faire comme les américains, créer un fonds où se laissent dégouliner sans honte et avec arrogance toutes les créances douteuses du monde de la spéculation et de la finance. NS se sent toujours comme le grand stimulateur des croyants du capitalisme et veut que l'État, qu'il déteste au plus haut point, soit aussi les chiottes de la République, le contribuable et le petit prolo sont juste bons à payer la chasse. NS voudrait que l'Europe crée un fond de garantie qui rachète au cas par cas les banques et instituts financiers qui se trouvent en manque de liquidités à cause de leurs créances douteuses et toxiques qui surchargent leur bilan et les plongent dans la faillite. La chancelière Angela Merkel et le gouvernement allemand s'opposent fermement à la participation de l'Allemagne à un tel fond de garantie (de repêchage) qui est "destiné à demander au contribuable allemand à payer pour les cabrioles irlandaises des banques qui ont fuit le fisc allemand pour aller à Dublin faire leurs affaires". L'Irlande, elle aussi, va bientôt mendier des aides de sauvegarde européennes, alors qu'elle pratique face à l'Europe, comme la Grande-Bretagne, sa politique des opting-out, qui la préservent énormément d'obligations communautaires.

La HRE, la Hypo Real Estate, qui semblait sauvée il y a une semaine a continué à plonger ces 7 derniers jours, malgré le plan conjugué des banques et du Gouvernement allemand qui a déjà versé ce qu'il avait promis, soit les 40% du plan de repêchage. Un réalité les banques qui avaient promis de contribuer à 60% au repêchage n'ont jamais concrétisé leur promesse, et se sont senti pousser de nouvelles ailes de liberté, maintenant que le Gouvernement irlandais a promis aussi depuis une semaine de couvrir toutes les créances ces deux prochaines années. Un effondrement général de toute l'Irlande peut encore s'envisager.

Comme je vous l'avais annoncé il y a au début du mois de septembre 2008 dans le §3 de l'article sur le Plan Paulson, l'Europe décide, par son club restreint du G4 du 4 X 2008 du Palais de l'Élysée, justement en ce moment de crise, un déserrement des critères de Maastricht sans avoir d'autre vision économique que la Stabilité; une certaine idée de la Stabilité. Ce club restreint, qui a aussi imposé avec arrogance les critères de Maastricht aux peuples européens et aux nouveaux Pays européens entrants, se permet une fois de plus de ne pas s'appliquer à lui-même ces critères en y faisant des entorses. Ces critères, uniquement d'inspiration néo-libérale et qui n'englobent pas les critères sociaux ou de l'emploi pour définir la santé d'une économie nationale, font déjà assez de dégâts dans l'économie européenne. Mais se permettre des entorses, ou leur révision, lors d'une grave crise, ne relève pas d'une vision optimiste et dynamique de l'organisation économique des pays européens. Le volet "Croissance" de ce Pacte de Stabilité et de Croissance n'est toujours pas mis en œuvre.

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