Note de la rédaction: mes réflexions et analyses sont en ce moment assez vite rattrapées par le déroulement de l'histoire, mais elle sont en grande majorité faites a priori et ne sont toujours pas des recensements de déjà-vus

Ces divers Plans de Sauvetage singuliers dans une Europe "Unie" violent le Traité de Lisbonne (Traité Simplifié Européen) et en particulier son Article 56 (voir plus bas) et "suspendent" de fait le Traité de Lisbonne pour une période allant jusqu'en 2012 au moins. Sur mon site vous trouvez des analyses raisonnées de mon opposition à l'ordolibéralisme de la BCE, de l'Eurogroupe, du TCE, du TSE, du Traité de Lisbonne, des critères de Maastricht qui n'ont aucun sens si la "concurrence libre et non faussée" et si l'Euro existent sans un gouvernement européen budgétaire, économique et fiscal.

Nationalisations et recapitalisations ont été demandées par le monde de la fiducie et de la spéculation.
Les chiens sont rentrés à la maison.

Instaurer de telles conditions divergentes dans une Europe des critères de Convergence (Critères de Maastricht) c'est permettre aux États membres de l'Eurozone et de l'Union Européenne de se doter d'avantages concurrentiels directs qui ne reposent pas sur leur force économique ou sur leurs avantages industriels et de compétitivité sur les marchés, issus de... l'économie réelle. Les membres de l'Eurozone se sont autorisés à se faire entre eux la concurrence déloyale libre et non faussée et les "petits" Pays européens et les "Pays entrants" européens n'ont qu'à subir les aspirateurs à capitaux de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne, du Bénélux, de l'Espagne et de l'Autriche constitués par des sanctuaires protectionnistes nationaux de banques nationalisées toxiques ou "saines" et soutenues par les subventions publiques nationales à caractère protectionniste.

Il manque la voix de cacahuète Barroso, Président de la Commission de Bruxelles. Les droites pratiquent la refondation du capitalisme et Bruxelles la refondation des nationalismes devant le godet du Maneken Pis. La globale Avant-Garde offre de nouvelles valeurs et surfe sur sa pointe.

Mais la mise en suspens en Europe de manière plus ou moins prégnante et avantageuse, pays par pays, plaquée ou arpégée, de la circulation des capitaux et de cette concurrence libre et non faussée, si elle peut offrir un moyen sub-optimal d'une politique européenne pour "retrouver la confiance des marchés financiers", elle va encore plus créer ou renforcer en Europe les déséquilibres économiques régionaux dus uniquement à des concurrences déloyales par la... devise monétaire. Oups! Vous avez dit, Devise? Cette concurrence déloyale renforcera encore plus les concurrences déloyales du dumping fiscal et de la protection sociale des Travailleurs (terminologie officielle des Directives de Bruxelles) pratiquées à grande échelle par l'Irlande et la Grande-Bretagne. L'Allemagne ne pratiquant pas ce genre de concurrence déloyale, s'offre aussi le Plan de sauvetage le plus ample, devancé par la Grande-Bretagne, ce qui ne peut que permettre une arrivée très massive des capitaux étrangers qui se sentent à l'abri de défaillances ou poussés par le prix plus bas du loyer de l'argent (crédits). A taux d'intérêt égal, un prêt en Allemagne sera relativement moins cher qu'un prêt en France ou en Belgique ou en Espagne parce que le risque encouru sera bien inférieur avec une garantie d'État bien supérieure. A y regarder de plus près, si telle est la logique actuelle de sauvetage en Europe du Plan de Sauvetage par épaulement des banques toxiques ou des prêts inter-bancaires, le Président français NS, Président tournant de l'UE, est un gagne-petit qui s'est fait avoir. C'est comment, la fable du lièvre et de la tortue?


Car, hormis la Grande-Bretagne avec sa Livre sterling, les Pays européens qui octroient une garantie plus ou moins forte aux instituts financiers de toute nature, aux capitaux en circulation ou perdus et aux prêts inter-bancaires viennent de réinventer la devise monétaire dans la Zone Euro. Chaque "euro" 'national' connaît, depuis le 13 octobre 2008 et pour au moins 5 ans, son propre régime dans chacun des pays européens de la "zone euro"! Il y a donc un euro-Mark, un euro-Franc, un euro-Irish Pound, un Sterling-euro. What a wonderful world.

Vous allez voir comme ces prochains jours des clients toxiques connus des bruits de coursives ou des clients qui ont subitement découvert sous le taille-crayon des positions négatives vont se bousculer devant la conche béate des Plans de Sauvetage financés par le contribuable au détriment des projets d'infrastructure, des Caisses de Sécurité Sociale et d'Allocation Chômage, des Caisses familiales, des Caisses de retraite. Ce ne sera pas croyable de retrouver une vieille connaissance, la subvention d'État pour aider "à la croissance et l'emploi" et qui sera détournée par les entreprises comme fonds de trésorerie... spéculé à la Bourse. Ceci a été une grande spécialité sous la connivence des gouvernements Fabius, Jospin et consorts.


Le montage financier du Fonds prévu par Angela Merkel est strictement comparable au Fonds de la Réunification et du Remboursement des dettes de l'Allemagne de l'Est. L'Allemagne fédérale s'est endettée pour 50 ans jusqu'à ce que ce Fonds de la Réunification soit remboursé... Pschutt! Çà reste entre nous. Ce Fonds de la Réunification était de... 181 milliards d'euros. Avec ces nouvelles dettes du Plan de sauvetage de la Crise 2008 l'Allemagne fédérale, qui avait été tellement exigeante et directive pour l'élaboration des critères très restrictifs de Maastricht, aura un montant de dettes cumulé équivalent à 68% de son PIB (critères de Maastricht = 60%), mais l'exemple japonais avec un taux d'endettement de 146% est subitement servi dans les médias comme modèle. Mensonge, quand tu nous tiens?

La somme "consolidée" des divers Plans nationaux européens dépasse le Pan Paulson dans un rapport de 1 pour 3 à 4!
Ce différentiel n'est pas en rapport avec le PIB des USA et le PIB de l'Union Européenne.

Pourquoi?

Les positions négatives (créances toxiques) cachées
et qui vont se révéler en Europe dans ces prochains jours
dépassent-elles à ce point celles qui provoquent le naufrage américain?


Ou est-ce une manière d'organiser une "relance keynésienne" déguisée?

Ou ne veut-on pas avouer que le Traité de Lisbonne, les critères de Maastricht, la politique de l'Eurogroupe et de ECOFIN, la politique séparatiste (par rapport à toute autre banque centrale du monde) de la BCE n'ont que nourri de manière conjuguée d'eux-mêmes le cyclone étouffant d'une décroissance européenne non pilotée?

Je me mets même à penser que tous les Plans nationaux européens sont lancés pour dégager sur les USA cet avantage concurrentiel, et donc cette concurrence déloyale libre et non faussée comme vu plus haut entre les États membres de l'Eurozone et de l'UE? Ce ne serait que justice, les USA font assez valser leurs déficits publics et privés abyssaux sur le reste de la planète qui est assez imbécile pour racheter leurs Bons du Trésor émis régulièrement pour éponger les dettes et le déficit public. Bush ne s'y trompe pas et aujourd'hui il affirme vouloir aussi "rentrer dans le capital" des banques, même celles qui se sortent à peu près de la tourmente sans "recapitalisation" publique ou privée par des turbo-fusions.

A l'instant, Mardi 14 X 2008, 16:31 CET, Henry Paulson, Secrétaire d'État américain au Trésor, dit clairement "qu'il abandonne son Plan Paulson, qu'il va réorienter les allocations publiques de 700 milliards de $ et qu'il va faire comme les Européens et nationaliser partiellement les banques". CQFD. Il est sûr que ce n'est que l'annonce du "Plan Européen" avec ses déclinaisons nationales qui a déclenché, dès dimanche soir à partir des bourses asiatiques et pendant 3 jours, des matraquages d'augmentation de tous les index boursiers de 10% et plus. Le Plan Paulson n'avait entrainé que le contraire. Bush et Paulson ont peur de l'Europe? Ceci m'amuse, mais ces matraquages de Hausses ne règlent rien, les Plans ne règlent rien, et la Bubble Economy, l'Économie de bulle, poursuit sa cadence. C'est tout.

Le monde libertarien de la spéculation "libre, non faussée et auto-régulée" (voir le Consensus de Washington) salue avec enthousiasme la protection des États, c'est à dire ce mélange de mise sous tutelle et sous curatelle d'État dont les coûts sont supportés par les contribuables auxquels il a volé précédemment une part de plus en plus grande de la richesse nationale redistribuée en salaires, en services publics et en investissements d'infrastructure et dans les caisses de santé et de retraite, avec la complaisance de ces États poussés par une compromission universelle en direction de ce monde bénéficiaire et qui leur a fait dire depuis 30 ans et de manière forcenée depuis l'introduction de l'Euro avec ses critères d'indigence de Maastricht que l'État est pauvre, "qu'il n'a plus d'argent dans ses caisses", "qu'il faut réduire les déficits budgétaires", "que l'on ne peut transmettre aux générations futures un tel fardeau de dettes". J'ai toujours dit et écrit partout que "la politique, c'est l'art du réel, c'est à dire de transmettre d'un clan à un autre les savoirs, les richesses et les pouvoirs. Ces Plans de Sauvetage d'un clan de voleurs constituent un Vol d'État envers le Pays.

Le cow-boy de papier fait ses révolutions d'octobre:

Paulson va nationaliser partiellement des grandes banques comme Citigroup, Bank of America, Wells Fargo, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank State Street, Bank of New York, Wells Fargo, Bank of America, Wachovia, Merrill Lynch mais aussi des petites caisses d'épargne et de dépôt de village. Et comme ça fait du bien, les 3 grands constructeurs d'automobile en situation de faillite vont aussi être arrosés de 50 milliards. Souvenez-vous des grands principes de l'OMC, ce club de riche fondé et piloté par les USA: privatisations, interdictions des aides directes ou indirectes. Souvenez-vous du conflit de Boeing contre Airbus à Genève devant l’ORD (Organe de Règlement des Différends, Genève, ce qui est la Cour arbitrale de l'OMC), où Boeing "prétend" que Airbus Industrie reçoit des aides des États. Pour en savoir plus sur le marasme économique réel du tissu industriel américain des grands groupes et des PME totalement inadaptés à la... mondialisation je vous invite a lire le §3 d'un précédent article. Vous y lirez pourquoi ce pays, appelé USA, sera en cessation de paiement, en banqueroute d'État, comme le Zimbabwe, etc....

L'annonce du Plan Paulson Bis n'a pas déclenché une euphorie boursière, même pas un frémissement. Au contraire, le Nasdaq est à -4.55, et le lendemain de cette annonce Wall Street a enregistré la seconde plus grave chute de son histoire... Les USA sont morts et tous leurs effets d'annonce ne peuvent plus qu'engendrer des paniques baissières à la différence des annonces de l'Europe. Les aides promises ne rassurent pas en fonction de leurs émetteurs.

A l'instant, mardi 21 octobre, Henry Paulson annonce la Plan Paulson C: il va injecter dans l'économie 150 milliards de $ dans un plan classique de relance keynésienne. La boucle est bouclée, les Chicago Boys sont redevenus keynésiens et tournent le dos à Milton Friedman et à von Hayek. The road of serfdom prend la dimension de la servilité de l'État face au monde de la spéculation. Cette décision de Paulson de virer pour la quatrième fois sa cuti depuis avril 2008 a été précédée de l'annonce de l'Europe de faire un Plan de relance par injection de 150 milliards d'Euros.

L'Euro s'installe sur la planète comme une valeur refuge. D'ici assez peu de temps, les échanges internationaux se feront en Euro et non plus en $.

Autre chose, une nouvelle vague de la crise initiale des subprimes va être déclenchée dans les prochains jours, car les dernières échéances sont entrain de tomber et deux millions de nouveaux propriétaires de maison individuelle vont être chassés par les huissiers de leurs "biens" (mal acquis). Deux millions.

Autre chose, la première génération des papy-boomers américains va accéder dans les prochains mois à la retraite (par capitalisation), mais les Fonds de Pension privés américains ont perdu depuis un an et demi plus de 2 billions de $ (2000 milliards), et ne sont plus solvables et ne valent plus rien, ni en Bourse, ni sur le marché. Et le Fonds public américain PBGC (Pensions Benefit Guaranty Corporation) qui devrait intervenir en cas de faillite d'un fonds est lui-même trop sollicité à cause des... faillites et a les caisses vides. Mais en France, on fait comme si ceci n'existait pas et l'État Sarkozy, et Chirac-Jospin avant lui, pousse à l'extinction du système français par répartition au profit du système par capitalisation de ces Fonds de Pension.

Voilà, cet article n'est pas écrit a posteriori est n'est surtout pas une recension de ce qui a déjà été dit ou écrit ailleurs. D'ailleurs, ce que je vous avance ici aussi, au sujet du déni d'Europe, personne ne le dit. Les seconds à le dire seront bientôt le patronat, pour leurs raisons évidentes, mais toujours pas les gauches, car elles n'ont aucune raison de parler. Le Monde d'Avance, c'est par ici. Je pense qu'il ne vous a pas échappé que le PS pense que ses militants pensent qu'il faudrait annuler le Congrès du 10 Novembre 2008. Le PS ne se sent pas prêt "face à ces événements internationaux"... Il suffisait au PS de s'informer, depuis de nombreuses années nous lui racontons le monde. Utilisez mon site comme tremplin pour votre réflexion, vous aurez bien plus compétents que moi. L'un des "ténors" du PS, Vincent Peillon, a dit que "les militants n’apprécieront pas que l’on instrumentalise la crise dans le cadre du congrès ". Le Monde d'Avance, c'est par ici.



Historique du déni d'Europe:

L'Irlande brille de nouveau par son égoïsme insulaire exacerbé et sa gémellité américaine qui n'a même pas son égale dans la gémellité britannique.

Le gouvernement Irlandais garantit pour ces deux années à venir tous les dépôts et toutes les créances des six grandes banques et de leurs filiales. Cette garantie couvre un montant équivalent à deux fois le PIB irlandais. Cette décision unilatérale prise sans consultation de Bruxelles est une concurrence déloyale de tout un pays contre l'Europe. Cette concurrence déloyale est conforme au dumping fiscal et social pratiqué par l'Irlande pour voler au reste de l'Europe des parts de marché et une croissance concurrentielle qui ne repose pas sur l'ingénierie managériale, sur l'innovation industrielle, sur l'avance technologique, sur la Recherche & le Développement, sur l'organisation du travail, etc...

L'Europe, qui n'a pas de politique budgétaire, macroéconomique et fiscale commune, mais qui a une banque centrale commune, la BCE, se cherche. Le Président bling-bling français, NS, s'agite pour proposer son design en réponse à la crise mondiale des liquidités (ou des faillites associées). NS voudrait que les européens constituent un Fonds de garantie de 300 milliards d'euros qui devrait être prêt pour nettoyer le bilan, au cas par cas, des banques qui s'écroulent, parce qu'elles avaient cru bon de se faire de l'argent facile en spéculant sur du vent et en détournant des actifs réels dans des lubies de cupidités à l'image des systèmes américains, anglais, écossais, irlandais, mais aussi allemands, et français (l'affaire Kerviel de la Société Générale, et d'autres groupes qui seront révélés sous peu).

Le G4 a été convoqué par le président bling-bling français, NS, au Palais de l'Elysée. NS, qui ne voit pas "la mort du capitalisme" et qui ne contribue qu'à la mort de ses ouvriers, aimerait tellement faire comme les américains, créer un fonds où se laissent dégouliner sans honte et avec arrogance toutes les créances douteuses du monde de la spéculation et de la finance. Le contribuable et le petit prolo sont juste bons à payer et à tirer la chasse présidentielle. NS voudrait que l'Europe crée un fonds de garantie qui rachète au cas par cas les banques et instituts financiers qui se trouvent en manque de liquidités à cause de leurs créances douteuses et toxiques qui surchargent leur bilan et les plongent dans la faillite.

Quelques jours après les agitations du Président de la République français au G4, nous voyons aussi l'ampleur de sa naïveté. Il voulait constituer un Fonds européen de garantie pour les banque de... 300 milliards d'euros. Angela Merkel ouvre rien que pour l'Allemagne quelques jours après un fonds de 500 milliards d'euros, Gordon Brown nationalise officiellement, et pour ne pas perdre la face NS ouvre un fonds de 360 milliards dans ce jeu du poker menteur.

Au G4 bling-bling de NS, la chancelière Angela Merkel et le gouvernement allemand s'opposaient fermement à la participation de l'Allemagne à un tel fonds de garantie (de repêchage) qui est "destiné à demander au contribuable allemand à payer pour les cabrioles irlandaises des banques qui ont fuit le fisc allemand pour aller à Dublin faire leurs affaires". L'Irlande, elle aussi, va bientôt mendier des aides de sauvegarde européennes, alors qu'elle pratique face à l'Europe, comme la Grande-Bretagne, sa politique des opting-outs, qui la préservent énormément des obligations communautaires normales d'un État membre de l'UE.

Le nouveau ministre de l'économie britannique, Peter Mandelson, qui était Commissaire européen au Commerce, s'inquiète "des effets négatifs de mesures nationales qui nuisent à la libre concurrence et qui ne sont inspirées que d'un nationalisme économique". Voilà que la Grande-Bretagne, grande maîtresse des opting-out lui accordant les dérogations à de multiples obligations communautaires en Europe, trouve encore plus égoïste qu'elle et qu'elle critique la "concurrence déloyale de l'Irlande". Les épargnants anglais se sont précipités dans les banques irlandaises en y transférant des milliards de livres à un tel point que la Grande Bretagne a donc été obligée d'annoncer qu'elle couvrirait aussi les créances de ses propres banques. La Northern Rock, qui a été nationalisée l'année dernière par le gouvernement anglais, se voit contrainte de refuser les nouveaux dépôts qui continuent d'affluer vers elle, parce que la loi lui impose une limite maximale de dépôts. Je me suis amusé cet été dans les campings avec les anglais qui m'ont adressé la parole. Venant de Strasbourg, le thème de l'Europe était forcément immédiat. Je leur disais que bientôt la crise allait "smash down the queen from her sit and GB will be the european beggar". Ce n'était rien de divinatoire. Leur face se transformant en plumbed pudding avec de vrais morceaux de colère dedans. Avec une arrogance les anglais me racontent avec un dégoût affirmé contre l'Europe "that we never want that somebody decides for us" (que nous ne tolèrerons jamais que quelqu'un décide pour nous). Sur ce je leur répondais toujours "Owh! But GI-Bush is allowed to decide for you in Irak"! La tronche.

Un effondrement général de toute l'Irlande peut encore s'envisager.

Entre-temps, depuis ces 8 derniers jours, des "grands comptes" ont quitté HRE ou Fortis et les injections d'argent frais opérées par les Banques centrales allemande ou belge, ou hollandaise... sont déjà parties en fumée. Pour ces grands comptes, les billes sont récupérées, la bulle peut continuer à éclater.

La HRE allemande, ce plus grand groupe de crédits hypothécaires européen, qui a besoin de 100 milliards d'euros, coule à cause de sa filiale irlandaise Depfa-Bank. Pour mémoire, l'Irlande a été utilisée par les groupes bancaires ou les entreprises du continent européen pour délocaliser leurs bénéfices dans un paradis fiscal de proximité, les Iles Caïman étant un peu trop loin. Les bénéfices étant délocalisés, les impôts sur les bénéfices de ces groupes ayant leur siège sur le continent sont réduits d'autant voir nuls. Leurs actionnaires de HRE veulent donc faire du win-win... avant et après la faillite du groupe HRE.

L'Irlande brille par son égoïsme insulaire exacerbé et sa gémellité américaine qui n'a même pas son égale dans la gémellité britannique. Mais peut-on reprocher à l'Irlande d'appliquer à la lettre le dogme européen de le toute-libre-circulation-de-tout-et-du-reste et la foi-en-l'infaillible-autorégulation-par-les-marchés?

Comme je vous l'avais annoncé il y a deux semaines dans mon §3 de l'article sur l'Interventionisme redécouvert et les nationalisations ressorties du chapeau claque, l'Europe décide, par son club restreint du G4 du 4 X 2008 du Palais de l'Élysée, justement en ce moment de crise, un assouplissement des critères de Maastricht sans avoir d'autre vision économique que la Stabilité; une certaine idée de la Stabilité. Ce club restreint, qui a aussi imposé avec arrogance les critères de Maastricht aux peuples européens et aux nouveaux Pays européens entrants, se permet une fois de plus de ne pas s'appliquer à lui-même ces critères en y faisant des entorses. Ces critères, uniquement d'inspiration néo-libérale et qui n'englobent pas les critères sociaux ou de l'emploi pour définir la santé d'une économie nationale, font déjà assez de dégâts dans l'économie européenne. Mais se permettre des entorses, ou leur révision, lors d'une grave crise, ne relève pas d'une vision optimiste et dynamique de l'organisation économique des pays européens. Le volet "Croissance" de ce Pacte de Stabilité et de Croissance n'est toujours pas mis en œuvre. L'assouplissement des critères de Maastricht tombe à point pour cacher en France "Cadeau fiscal" fait aux aisés, la Dérégulation du temps du travail et du Code du Travail, la récession économique.

Aux dernières nouvelles du mercredi 8 X 2008, le chef de files des opting out européen, mais aussi du néo-libéralisme et du marché libertarien, nationalise partiellement toutes les banques et rachète leurs créances douteuses et les revend en Obligation d'État (Bons du Trésor). Il s'agit de la Grande-Bretagne. C'est un Plan Paulson pour la Grande-Bretagne, mais aussi l'établissement d'un avantage concurrentiel dirigé contre l'Europe. La Grande-Bretagne n'a jamais rien fait d'autre depuis 50 ans contre l'Europe. La Grande-Bretagne n'a jamais connu dans toute son histoire un tel taux de nationalisation de son système bancaire. Nous allons d'un superlatif à l'autre, une tasse de café à la main, avec des propos dadaïstes pour l'instant.

La HRE, la Hypo Real Estate, qui semblait sauvée il y a une semaine a continué à plonger ces 7 derniers jours, malgré le plan conjugué des banques et du Gouvernement allemand qui a déjà versé ce qu'il avait promis, soit les 40% du plan de repêchage. Un réalité les banques qui avaient promis de contribuer à 60% au repêchage n'ont jamais concrétisé leur promesse, et se sont senti pousser de nouvelles ailes de liberté, maintenant que le Gouvernement irlandais a promis aussi depuis une semaine de couvrir toutes les créances ces deux prochaines années, et donc elles de la filiale irlandaise de la Hypo Real Estate, la Depfa-Bank qui est à l'origine de cet effondrement en chaine de cet Institut de crédit hypothécaire allemand.

Quelques jours plus tard, la vérité complète sort sur la situation de la HRE. Madame Merkel Angela, Chancelière, qui ne voulait pas du Fonds communs européen il y a quelques jours, a une grosse épine qui relie ses deux pieds. Elle est confrontée à des réels problèmes dans son pays, contrairement à la France qui s’en invente ou que crée son Président bling-bling NS dans son OPA sur les savoirs, les richesses et les pouvoirs à racler vers ses amis. Le plus grand groupe européen de crédits hypothécaires, la Hypo Real Estate dont le siège est à Munich et qui fait partie de l’indice DAX (les 30 plus grandes valeurs allemandes cotées), s’est effondré. Le gouvernement allemand a déclaré pour l'instant ne pas vouloir soutenir ce groupe. L’actionnaire majoritaire de la Hypo Real Estate est l’américain Flowers. C’est une filiale irlandaise de la Hypo Real Estate, la Depfa-Bank qui est à l’origine de cet effondrement en chaîne. Enfin, ceci est l’explication dominante qui coure avec l'Information sur les médias. L’autre explication est que la Hypo Real Estate avait soutenu massivement, comme aux USA, dans l’ex-Allemagne de l’Est la construction de maisons particulières ou collectives, achetées à crédit sans apport personnel de l’emprunteur et sans garanties. Le bâtiment et la consommation auraient dû être moteur de croissance dans les nouveaux Länder de l’Allemagne réunie. Ce n’est toujours pas le cas, cette partie de l’Allemagne ne se soutient pas économiquement elle-même, vit des soutiens financiers publics de l’ouest, vingt ans après, et le taux de chômage y est de 25%. Cette Allemagne de l'est est très gravement sous-industrialisée et les activités industrielles "historiques" de l'est ont été ramenées à l'ouest dans un grand mouvement de rapt par les groupes privés de l'ouest. Le Mur a toujours été une réalité depuis 1989. L’échec de la Réunification allemande serait révélé en une seule fois, et alors l’échec du modèle qui leur a été proposé, aux allemands à l'est. C’en serait de trop pour Angi de révéler tant d’informations non faussée et librement. Puis il y la Deutsche Bank qui est déjà dans le gouffre avec un total des actifs de 2000 milliards d’euros pour 40 milliards de fonds propres… Puis il reste l'entreprise de BTP, la Hochtief, et la Commerzbank...

A l'issue de la réunion de l'Eurogroupe du dimanche 12 X 2008, le cabinet de la chancellière Angela Merkel annonce que le volet allemand du Plan de sauvetage pour l'Allemagne va coûter 500 milliards d'euro pour recapitaliser les banques, soit 681 milliards $ ou le coût prévisionnel du Plan Paulson
, simplement pour l'Allemagne !!!??? Soit la situation allemande est catastrophique, soit Angela Merkel en profite pour griller tous les critères de Maastricht et faire une relance musclée de croissance, relance déloyale libre et non faussée. Le plan anglais coutera 670 milliards d'euro, etc... Je pense qu'une grande partie de ce plan est une manière de détourner les critère de Maastricht. Ceci n'est pas original de le penser, depuis au moins 7 ans chaque pays européen s'arrange avec eux ou "modifie" le système de comptabilité nationale pour rendre plus jolis les chiffres fondamentaux. Les déclinaisons locales de ce Plan européen sont une manière de contourner le rigidité de la BCE, de l'Eurogroupe et de pratiquer une politique de Croissance, celle qui n'est pas appliquée dans le Pacte de Stabilité et de Croissance, fondateur de l'Euro. L'Europe déroge elle-même à ses Traités. Elle les viole: de telles mesures budgétaire et de planche à billets constituent un viol des Traités européens et un reniement de la politique stricte du contrôle de dettes publiques et des déficits budgétaire ayant eu cours au nom de la Stabilité. Cette conception de la Stabilité n'avait engendré qu'un effet sub-optimal et a fait plonger les économies européennes dans une léthargie globale et un report sur une frange de plus en plus étroite des richesses nationales (privatisation des services publics, etc...). Ces Plans de sauvetage déclinés État par État, annulent le volet économique et commercial du Traité de Lisbonne (TSE) et des Directives.

Uniquement pour éviter un effondrement de ses systèmes bancaires et financiers, l'Eurogroupe mettra le dimanche 12 X 2008 partiellement en suspens l'article 56 du Traité de Lisbonne (TSE) qui empêche toute restriction de circulation des capitaux entre les États membres partie à l'Union Européenne. Les garanties d'État des dépôts privés, des crédits interbancaires et les nationalisations totales ou partielles sont une violation de l'Article 56 et de la concurrence libre et non faussée. Bien sûr de telles mesures sont prévues dans le Pacte de Stabilité et de... croissance en cas de menace grave contre l'intégrité de l'État et de ses commerçants, mais nous pourrions aussi nous poser la question si cet Article 56 et l'enseignement de la croissance libre et non faussée ne sont pas un accélérateur systémique de la concurrence déloyale libre et non faussée, à partir du moment où l'Europe n'a pas de gouvernance économique, fiscale et budgétaire. Des essais de réponses sont dans cet article avec les liens jaunes en hypertexte. Vous verrez, personne ne dira jamais qu'il est contrevenu à l'Article 56, dogme oblige. Ce qui est encore plus drôle est que depuis deux jours les médiateurs vous présentent le modèle d'un État membre de l'UE mais qui n'a pas adhéré à la zone euro!!! Il s'agit du Modèle Suédois de nationalisation des banques qui avait eu lieu en 1992 après la crise financière et qui ont été privatisées en 1997 après régulation et épongeage par l'État suédois des créances toxiques. Les modèles scandinaves sont régulièrement servis quand il s'agit de sauter sur les paradigmes, en bonne ou en mauvaise part. La Suède avait payé 4% de croissance pour financer ce Plan de Nationalisation (recapitalisation) des banques et avait même fait un bénéfice de 0,2% à la privatisation. Mais la Suède est un État unique avec une politique économique, fiscale et budgétaire.

Ce soir, dimanche 12 X 2008, le Gouvernement allemand annonce que le Plan de Sauvetage des banques allemandes va entraîner un déficit budgétaire jusqu'en 2012 et qu'il faudra le financer avec... plus de privatisations. Il ne reste plus grand chose à privatiser en de hors des derniers services publics. The show must go on.

Tout aussi croustillant est le mot de Gordon Brown qui ne pouvait pas siéger à la réunion des 15 de la zone euro: "La décision de l'euro-groupe va apporter la croissance à l'Europe". La Grande Bretagne qui avait refusé pour elle l'Euro déroge aussi à beaucoup d'obligations communautaires avec ses multiples opt out ou opting out et c'est elle qui encore plus infléchi le TCE, puis le Traité de Lisbonne (TSE) vers encore plus de libéralisme. Le Plan européen est celui appliqué par Gordon Brown et son Ministre Darling en Grande Bretagne. Ce plan est une copie du Plan Paulson.

Pour le gouvernement français "il faut autoriser maintenant à travailler le dimanche pour relancer la croissance". Il faut bien préparer, longtemps, longtemps à l'avance, les lois mémorielles pour qualifier l'avenir en espérant que les principes qui fondent notre société seront ancrée encore très longtemps. Le perversité s'occupe du langage si le mensonge d'État ne suffit pas.