Le G20 s'est mis d'accord pour définir une black list des paradis fiscaux. Mais il s'est mis d'accord pour la publier "à une date ultérieure". Sur la carte cliquable vous pouvez voir quelques uns de ces biotopes. Le Guardian avait encore vite publié un papier où il a mit la Chancelière allemande, Angela Merkel, et pinocchio (Sarkozy) sous le terme générique de "awkward squad" (l'épouvantable escouade).

 
Sur la seconde carte cliquable, intitulée "Où l'argent se sent à l'aise".
Les 4 points noirs sont les 4 paradis fiscaux de la black list actualisée du G20 de Londres.
La liste grise: 1) les points rouges sont des centres balnéaires et des villages de vacance; 2) en bleu ce sont "d'autres centres financiers" mais... il manque la City et l'Irlande. Les pays de la liste grise ont signé les règles internationales de l'OCDE, mais ne les ont pas encore mises en œuvre. Jean-Claude Juncker, Président des ministres de la Zone-Euro (!!!) et 1er Ministre du Luxembourg fait sa sapho vexée. Ne lui en voulez pas et allez voter aux Élections Européennes 2009. L'OCDE avait déjà publié cette liste en 2000.

Dans le Leaders' Statement du G20 de Londres apparait d'abord le paragraphe "Restoring growth and jobs", puis arrive le paragraphe "Strengthening financial supervision and regulation". La croissance prudentielle durable ne fait pas partie du business plan du G20.
Rien pour le paquet climat/énergie.

Dans le Communiqué du London Summit surgit ensuite toute une palette de principes de réformes de la surveillance des banques et des marchés financiers. Mais il n'y a rien de concret. Pourtant les "sherpas" avaient eu tout le temps depuis le G20 de Washington de l'automne 2008 de rédiger des propositions concrètes pour ce London Summit, cette holding de la défaisance des crédits pourris. Avec une belle violence verbale les USA et le Royaume-Uni ont reconnu les défaillances du système qui ne peut se réguler de lui-même, mais en même temps ils se sont bien abstenus de faire des propositions concrètes car il craignent de trop de perdre quelques avantages concurrentiels pour la City ou Wall Street.

Le français pinocchio "a obtenu largement plus qu'il n'attendait" et est resté jusqu'au brown stiffy pudding. Il n'a pas bien digéré à la vue de sa mine triste à la photo de groupe. (Photo: brown stiffy pudding)

Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung "la délégation allemande n'a pas caché sa déception de n'avoir pas pu faire passer des formulations plus concrètes relativement aux questions de la régulation. La question soulevée au G8 de Heiligendamm en juin 2007 n'a pas non plus trouvé de réponse: les hedge funds doivent s'enregistrer à l'avenir et doivent se montrer plus transparents face aux autorités de contrôle. Mais un vrai contrôle n'est pas prévu par le G20. Des sanctions sont évoquées mais sans les définir. Pourtant le G20 s'est obligé à se retrouver en automne 2009 pour voir les progrès réalisés". Ce G20 est identique au(x) Plan(-S) Europen(-s) avec ses "Boîtes à Outils".

Les hedge fonds ne sont pas le problème, ce sont les banques qui ont délocalisé en eux leurs moyens parce que cette manière d'agir leur permettait de sortir du bilan leurs activités spéculatives. Comme je vous le démontre sur mon site, la crise, la crise financière, n'a pas été déclenchée par les hedge fonds, mais par les banques qui ont été mal contrôlées ou plutôt incitées à privatiser la création de la monnaie, par des règlements insuffisants, par une mauvaise évaluation du risque, par une mauvaise prise en compte dans les bilans des assets réels selon les mauvaises Recommandations comptables "prudentielles" de Bâle 2, par les Directives européennes CRD... Les gouvernements ont reconnu à ce G20 la complexité des causes comptables, financières et des marchés financiers spéculatifs. Ils n'ont pas reconnu l'hégémonie nécro-économique de Wall Street, de la City, de la dette américaine. Ils n'ont même pas évoqué les 62 trillions de la bulle des CDS / CDO qui est entrain d'éclater.

Au G20 de Londres du 2 avril 2009, le point 19 du Communiqué final a donné aux marchés le signal que la helicopter money, qui est historiquement et encore plus actuellement imprimée à Paper Mill on the Potomac et à Londres, va pleuvoir avec 1000 milliards de $ (= 1000 billions = 1 trillion) en direction du FMI et de la Banque Mondiale. Le FMI devient ainsi deux choses à la fois: un genre de détenteur d'une monnaie mondiale (DTS, Droits de Tirage Spéciaux) et l'ultimation du découplage entre monnaie et réalité économique, industrielle et commerciale en tant que créateur effectif de PIB.

La trappe à liquidité ne fait que de gonfler et toutes ces mesures n'auront qu'un effet de levier pour préparer Weimar 2, la misère et l'hyperinflation.  Cette somme est historique... si elle est effectivement versée. (ndr: en 2016 il a été versé 10 fois plus...). Ce Plan de la holding de défaisance du G20 de Londres est en réalité un plan coordonné de dévaluation du $ et de préparation à une inflation élevée pour faire disparaître d'une autre manière la dette et les créances pourries. En un premier temps, l'Armageddon est donc managé par perfusion. Le management d'évènement de Brown-Obama s'est terminé avec ce G20 de Londres pour euphoriser une dernière fois Wall Street. Et maintenant, on fait quoi?
(Photo: Strasbourg, Sommet de l'Otan, un jour avant, la nuit)

Suite au G20 de Londres, les gouvernements vont augmenter, en plusieurs phases étalées sur le temps... (!?),  les moyens de la Banque Mondiale et de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) de 100 milliards de $. Le Fonds Monétaire International reçoit à moyen terme 500 milliards de $. Il est autorisé à créer pour ces membres 250 milliards de Droits de Tirages Spéciaux (DTS). De nombreuses garanties d'État doivent être accordées au commerce afin de revitaliser les échanges internationaux. Ces mesures doivent avant tout aider les pays en développement qui ne sont pas responsables de la crise. A cette irresponsabilité d'avant la crise le FMI octroie une irresponsabilité durant la crise. Le FMI devient une énorme machine à crédit. Le FMI accorde ses aides à l'avenir sans les accompagner des conditions économiques de "bonne et saine utilisation et gouvernance de l'État". A présent il n'y a plus de retenue. Le Mexique vient de se procurer 47 milliards de $ sous ces conditions allégées. Plus personne ne va vérifier si cet argent est dilapidé ou non. Le mot d'ordre est "spend, spend, spend".

Le Fonds Monétaire International (FMI) est avec le G8, le G20 l'une de ces grandes organisations internationales qui violent les principes de la démocratie et de la représentativité des peuples de la terre. Le droit de vote des 185 membres du FMI est calculé au prorata de leurs cotisations et les décisions ne peuvent être prises qu'avec une majorité de 85%. Comme les américains disposent de 17%, ils ont bloqué jusqu'à présent toute aide du FMI si les projets de financements ne leur convenaient pas. Les américains ont aussi souvent des retards de quelques annuités et ils les débloquent à des moments où ceci les arrange. Ainsi, ils ont payé leurs arriérés de quelques années, avant la guerre du Golfe II, pour octroyer une ligne de crédit à la Turquie dont le bilan comptable était bon. Mais les GIs devaient justement passer par la Turquie pour rejoindre la base de l'Otan de Incirlik vers la frontière irakienne. Les fonds libérés par le FMI sont des crédits, des crédits accordés aux Pays en Développement ou aux Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), ou à d'autres pays, comme la Grande-Bretagne en 1976, l'Islande en 2008, les Pays baltes en 2009 qui ont des difficultés de trésorerie (banqueroute d'État. Ces crédits du FMI décidés au G20 de Londres vont augmenter la spirale de la dette de ces pays en développement. Le service de la dette, les taux d'intérêts sur les prêts, rapportent de toute façon plus aux États donateurs que cela ne leur coûte. Avec quoi les crédits au PED seront-ils alimentés du côté des Pays donateurs? Officiellement avec les réserves de devises des États membres du FMI. En réalité ce sera aussi de la planche à billet.

Il ne fallait pas être un devin pour ne plus croire en ce management d'évènement de Geithner-Brown-Obama. Le lendemain du Communiqué du G20, le 3 avril 2009, les cours à la bourse sont de nouveau dans le rouge toute la journée: Dow Jones, Nasdaq, Dax, Cac,... La supercherie des gouvernementaux du G20 est encore plus insoutenable qu'à Strasbourg nous avons ces derniers jours une atmosphère d'insurrection avec cet Anschluss de la France dans l'Otan. J'espère que vous avez compris qu'Obama est venu à Strasbourg pour entretenir la culture de l'Axe du Mal et faire la quête pour la lutte contre le terrorisme. 2009 est une très mauvaise année pour les USA: suite à l'effondrement du système monétaire international de l'été 2009, suite à la très forte dévaluation du $ qui est surévalué de plus de 20 fois, les américains n'auront plus de crédibilité militaire. Ils cherchent des cow-boys associés.

Le G20 a vaguement défini une liste grise des paradis fiscaux, contre lesquels des audits répétés mais sans sanctions seront effectués. Les terroristes sont mieux cernés, Obama nous a fait un cours à Strasbourg. "Il faut rétablir la confiance." Même les clowns anti-otan, totalement pacifistes, non-violents et qui ne se mêlent pas aux casseurs cagoulés, ont été refoulés avec les bombes lacrymogènes, matraques et canons à eau ailleurs dans la ville. "Il faut rétablir la confiance". Les transports publics sont arrêtés. Strasbourg est devenue une ville moche, une ville fantôme, une ville fantoche. "Il faut restituer la confiance." De vendredi à samedi nous avons passé une nuit infernale avec les hélicoptères sur nos têtes, des graves échauffourées, des coups de fusil à bombes assourdissantes et lacrymogènes. Ces casseurs jettent un très grave discrédit sur le contre-sommet alternatif et pacifiste qui réunit entre 30.000 et 50.000 personnes: Strasbourg, Capitale de la Paix - Ville ouverte. Sur la rive droite du Rhin, il est interdit aux allemands d'ouvrir volets et fenêtres, et si les riverains veulent quitter la maison pour faire pisser le chien, ils doivent appeler une escorte de policiers. Il faut restituer la confiance au chien.

Souvenez-vous. Avant la tenue du G20 de Londres du 2 avril 2008 il était dit que justement le FMI dispose des études statistique et de prospectives mondiales et des observatoires économiques dans tous les pays, et qu'il doive devenir cette autorité internationale destinée à la surveillance et au contrôle des flux financiers. J'avais même suggéré en septembre qu'il prenne place au Parlement européen de Strasbourg qui n'est utilisé que 2 jours par mois pour les sessions dédoublées avec celles de Bruxelles.

Le charme de la seule mesure concrète prise par le G20 est qu'elle se laisse bien vendre politiquement dans chacun de leurs parlements par les chefs d'État. On ne refuse rien, on ne claque pas la porte avant le brown stiffy pudding, mais on aide les plus faibles par le biais du FMI et de la Banque Mondiale. Ceci ne laisse pas de trace dans les budget prévisionnels des comptabilités nationales de chacun des membres du G20, tant qu'il n'y a pas de cessation de paiement.

D'un point de vue politique, le plus beau de telles décisions collective a été démontré: de nouveau personne n'a de responsabilité à prendre et à porter, s'il devait se révéler que des sommes pharaoniques ont été répandues sans provoquer le moindre des effets. Il n'avait pas été dit avant la tenue de ce G20 qu'il en allait de définir les causes et responsabilités qui ont mené à cette crise? Qu'il fallait s'attaquer aux leviers qui ont démoli la confiance des marchés financiers?

Pour les paradis fiscaux seuls 4 pays sont sur la black list: les Philippines, le Costa Rica, le territoire malaisien de Labuan et l'Uruguay, le reste est en ligne grise ou blanche... Les sanctions contre les pays de la liste noire peuvent aller jusqu'à des audits répétés pour ceux qui utilisent des instituons de ces pays. Les membres du G20 ont fait remarquer que les relations bilatérales avec les membres de cette liste pourraient également être modifiées. Chaque membre du G20 "a obtenu plus qu'il n'en attendait", et pinocchio n'avait pas besoin de "claquer la porte" avant d'engloutir le brown stiffy pudding. Andorre et Monaco sont sauvés. Le G20 a beaucoup d'humour: le Liechtenstein, Jersey, le Luxembourg, le Suisse sont sur la Liste grise. Le Royaume-Uni... est épargnés. Le Nevada et le Delaware aussi.
(Liste grise cliquable)

La Suisse a immédiatement publié le communiqué suivant: "Le secret bancaire reste en vbigueur, et nous rejettons catégoriquemnent un échange automatique d'informations".

Le G20 de Londres s'est défini lui-même comme la première réunion de longues négociations dans nombreuses commissions. Il faudra des mois, voire des années. Plus rien ne s'oppose à présent à l'effondrement du système monétaire international. Ou plutôt, il lui s'est vu autoriser à poursuivre ses affaires. La campagne d'Obama a été principalement financée par la Goldman Sachs. What else? Wall Street a confisqué la création de la monnaie et de la banque centrale et le Secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, travaille en droite ligne de ses injonctions avec son plan PPIP qui fait racheter 93% des crédits pourris par le contribuable. Obama fait partie à présent du risque systémique. Le prochain G20 aura lieu à l'automne 2008 en Écosse pour voir si des mesures et quelles mesures seront formulées et appliquées, autrement dit pour voir si la "Boîte à Outils" prévue dans le Leaders' Statement se remplit. D'ici là le système monétaire international se sera effondré.

Le pire est maintenant à venir, car, si vous ne le savez pas le commerce international est en chute vertigineuse depuis 2006 avant même que ne se déclenche ladite crise des subprimes. Regardez le Baltic Dry Index calculé sur les grandes routes internationales du fret maritime. Après une légère remontée en février, l'effondrement reprend. Pour comprendre le Baltic Dry Index allez sur le lien ci-dessus dans ce paragraphe. Pour voir la chute depuis 2008 du Baltic Dry Index cliquez ici.

Il n'a pas non plus été dit que ne peut plus fonctionner le partage mondial du travail entre des américains qui consomment, qui ne produisent rien, et qui revendent leurs dettes et leurs déficits budgétaires avec des Bons du Tésor et des assurances compliées et adossées sur des crédits amalgamés (subprimes, CDS, CDO, produits dérivés, produits titrisés..) d'une part, et des pays émergents qui produisent sans consommer et qui payent les dettes des améeicains d'autre part. Les chefs d'Etats étaient pressés d'aller à Strasbourg consolider leur alliance militaire de l'Otan. Strasbourg est en état de Siège. C'est absolument odieux d'organiser ce machin à côté du Parlement européen.