Le premier acte du Président Obama a été d'augmenter les crédits pour la guerre en Afghanistan. Le second acte est de reprendre à son compte le Plan TARP, de le baptiser TALF (Term Asset-Backed Securities Loan Facility = rachat par la Fed' des positions pourries), et d'amplifier la politique du helicopter money de Greenspan-Paulson-Bernanke, c'est-à-dire de jeter des trillions de $ par les fenêtre d'un hélicoptère en espérant que les banques recommencent à accorder du crédit (credit easing). Le troisième acte a été de repousser dans un an la fermeture de Guantanamo.

La quatrième décision d'Obi, le roi du bricolage, est de réduire ce qu'il avait pourtant promis en grande pompe et en boucle sur tous les médias: créer un green new deal en promettant des fonds aux entreprises actives dans l'environnement et la production de produits qui le respectent. C'est une imbécillité américaine et ce plan aurait dû être une aubaine pour l'Europe, car c'est surtout en Allemagne que sont domiciliées et actives les entreprises qui construisent les éoliennes, fabriquent les capteurs thermiques et solaires, etc...

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Obama réduit les objectifs environnementaux.

Le gouvernement américain remet à présent en question ses propres objectifs environnementaux et s'appuie pour sa décision sur les vastes allègements européens dont jouit en Europe l'industrie lourde relativement aux droits d'émettre du CO2.

Le Président Barack Obama a promis devant un parterre des lobbies de l'économie de repenser les enchères à la Bourse du carbone pour les droits d'émissions de gaz à effet de serre (CO2) pour les centrales thermiques au charbon, les raffineries et les cimenteries. "Si ce système d'enchère est à ce point oppressant que les entreprises ne peuvent pas y répondre, alors ce système manque son objectif et politiquement nous ne pouvons pas le défendre", a dit Obama. "Nous allons élaborer une structure qui parvient à établir un équilibre".

Barack Obama avait pourtant annoncé dans son projet de collectif budgétaire pour la période courant de 2012 à 2019 la planification de recettes d'un montant de $646 milliards provenant de l'adjudication de droits d'émissions, à la condition que tous les secteurs industriels mettent à 100% aux enchères à moyen termes leurs certificats (ndtr: Graphique >>> Prix du CO2 à la Bourse du carbone conformément au Protocole de Kyoto). Obama voulait financer avec cet argent les investissements dans les énergies renouvelables.

La chancelière allemande, Angela Merkel (CDU) avait déjà décidé en décembre 2008 de préserver l'industrie lourde des coûts relatifs à des exigences plus élevées du commerce européen des droits d'émission du carbone dans le cadre de la concurrence internationale. Les entreprises consommant en Europe beaucoup d'énergie doivent donc toujours pouvoir obtenir gratuitement leurs droits d'émettre du CO2, à moins que les USA, les grands pays émergents comme la Chine, l'Inde et la Russie ne s'obligent au Sommet Mondial sur le Climat 2009 à Copenhagen de réduire leurs émissions et de faire payer leurs industries.

La Commission travaille déjà à Bruxelles à l'exemption de l'industrie lourde pour les enchères à la Bourse du carbone. Les autorités administratives sont déjà entrain d'établir une liste qui accorde une dérogations à des secteurs industriels selon les critères du paquet climat/énergie de la Commission européenne qui ont été fixés en décembre 2008.

C'est ainsi que la chimie, les aciéries, les cimenteries, l'industrie pharmaceutique et l'industrie du papier, toutes très grandes consommatrices d'énergie n'auraient pas à payer un centime jusqu'à 2020 et obtiendraient gratuitement leurs droits d'émettre du CO2. Une première analyse a montré que les secteurs industriels, qui dépassent les seuils, représentent de 80 à 90% des émissions de l'Union Européenne. Seules les tuileries, l'industrie du verre, des détergents domestiques, des laques et peintures, de la transformation du métal et l'industrie automobile, du textile et de l'électronique et de l'électrotechnique sont obligées d'acheter à partir de 2013 à la bourse du carbone des droits d'émission qui sont mis sur le marché par les États. Mais ces secteurs industriels ne représentent qu'au maximum 1/5ème des émissions.

Il dépendra de deux facteurs pour connaître la charge qui incombera à l'industrie: Bruxelles veut établir pour la fin de l'année 2010 des standards pour les installations et équipements disponibles qui sont techniquement les plus propres. Celui qui utilise des installations polluantes devra s'équiper en installations aux normes. Les coûts dépendent aussi du prix de la tonne de CO2 qui est tombé de 20 euros à 11,50 à cause de la récession.

Les recettes provenant du système du commerce des émissions du CO2 des pays industrialisés représentent une source importante d'argent qui permet de financer dans les pays émergents et les Pays en Développement le combat contre le changement climatique. Le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas se trouve encore jusqu'à mardi 16 mars 2009 aux USA afin de parvenir avec Carol Browner, le conseiller aux questions climatiques du cabinet Obama, à un accord sur le commerce des émissions des gaz à effet de serre et à un Accord global sur le climat.

<<< Fin de l'article


Vivre la crise financière. Le bail out de la holding de défaisance du G20 de Londres du 2 avril 2009 va permettre de payer pour les trillions de poubelles pourries de l'appareil financier et bancaire du système des risques opérationnels et systémiques, mais elle encourage à polluer encore plus la planète, parce que les fondations du coffre-fort doivent être stabilisées d'abord, et parce que l'Homme n'est toujours qu'une volatilité et une variable d'ajustement qui ferait plaisir à Darwin car il sait évoluer en choisissant ses caractères acquis et mal acquis sous les secrets de l'alcôve. Le G20 de Londres devient lui-même un risque systémique ajouté à celui des USA qui sont à ce jour en récession de 6,2% en valeur annuelle.

Et pour l'instant la bulle des CDS / CDO n'a pas encore éclaté pour trois raisons:
  1. 1) les valeurs détenues dans les bilans sont cachées ou la dépréciation jusqu'à devenir un penny-stock ne se se révèle que petit à petit.
  2. Il est autorisé légalement "d'assouplir" les normes comptables Bâle 2 et IFRS pour maquiller les bilans.
  3. AIG qui est devenue insolvable à cause des spéculations sur les CDS, et qui a déjà été renflouée plusieurs fois depuis, rachète avec les fonds de la Fed' à coups de milliards de $ les CDS qu'elle avait déposés contre des liquidités dans les banques européennes comme Barclays, la Société Générale, la Deutsche Bank, BNP Paribas, etc...  Ces rachats sont destinés à freiner la propagation mondiale de cet effondrement de la bulle des CDS dont AIG, la plus grande assurance du monde, sera la plus impactée au monde. Cette politique de "détourner" à l'étranger les fonds du contribuable américain au travers de AIG fait partie du business-plan du gouvernement Obama, car AIG est nationalisée dans les faits déjà plusieurs fois avec les plans TARP et TALF. Timothy Geithner, le Secrétaire américain au Trésor, et Obama lui-même simulent des colères contre AIG et n'osent pas laisser tomber AIG comme Bush avait laissé tomber la 5ème banque d'investissement américaine Lehman Brothers le 15 IX 2008, ce qui a été le déclenchement planétaire de la "crise des subprimes".

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Manifestation Internationale du 28 mars 2009:
"Nous ne paierons pas pour votre crise".

Apportez les voix de Gauche aux Elections européennes 2009:
réfléchissez, débattez, argumentez, votez!



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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal