Au "Sommet des Amériques" Obama continue en avril 09 de charmer son petit monde pour continuer à lui vendre le $-Roi, la dictation du dollar. Son jardin privé - l'Amérique Latine et la Chine - organise depuis 6 mois son détachement du $ comme monnaie de référence. L'Europe de la BCE, avec à sa tête le Royaume-Uni et Jean-Claude Trichet, nourrit toujours, quand à elle, son adulation servile pour le $.

Mon article est en deux parties
:
1) Hold-up du G20 sur le FMI pour couvrir le $
2) Contournement du FMI et du $ par la Chine, l'Amérique latine...

1) Hold-up du G20 sur le FMI pour couvrir le $

Au G20 de Londres du 2 avril 2009, le point 19 du Communiqué final a donné aux marchés mondiaux le signal que la helicopter money, l'argent issu de la planche à billet, qui est historiquement et encore plus actuellement imprimée à Paper Mill on the Potomac et à Londres, va pleuvoir avec 1000 milliards de $ (= 1 billion) en direction du FMI. Le FMI devient ainsi deux choses à la fois grâce à la planche à billet de ses fournisseurs: un genre de détenteur d'une monnaie mondiale (DTS, Droits de Tirage Spéciaux) et l'ultimation du découplage entre monnaie et son réel miroir, la réalité économique, industrielle et commerciale en tant que créatrice réelle de PIB. Le FMI devient en réalité une banque centrale mondiale sans incorporer le rêve de la "monnaie mondiale".

Historique et signification économique et politique des DTS: A la fin des années 1950, puis des années 1960 il y eu une crise des marchés monétaires internationaux à cause du $. À nouveau les spéculateurs avaient joué contre le dollar dans des opérations que l'on appelle aujourd'hui "carry trade". Les détenteurs de la monnaie américaine avaient demandé sa conversion en or, ce qui avait provoqué en mars 1968 la suspension de la convertibilité externe du dollar, mesure visant à limiter la sortie d’or des coffres américains. En 1969, face à l’incapacité du dollar à jouer son ancien rôle, le FMI, club de riches par excellence, avait créé de toute pièce une nouvelle monnaie, toujours existante, le DTS (droit de tirage spécial). Le DTS est alors une monnaie définie par une parité en or. Elle fut à plusieurs reprises octroyée aux différents pays membres, selon leur quote-part, afin de créer de nouvelles liquidités internationales (en 1970, 1978 et 1981 puis récemment à certains pays n’étant pas membres de l’organisation aux dates précédentes, et ce dans un souci d' «équité»). Aujourd’hui défini par rapport à un panier des 5 monnaies les plus importantes, le DTS est surtout utilisé par les banques centrales. Depuis 1976, le rôle du FMI consiste en premier lieu à soutenir les pays connaissant des difficultés financières. Lorsqu’un pays est confronté à une crise financière, le FMI lui octroie des prêts afin de garantir sa solvabilité et d’empêcher l’éclatement d’une crise financière semblable à celle qui frappa les États-Unis en 1929. Vous comprenez alors l'engouement subit du G20 de Londres du 2 avril 2009 pour les DTS du FMI, non pas pour le FMI comme organisme international de contrôle et de régulation des flux financiers et monétaire.

La privatisation-confiscation de la création de la monnaie accède officiellement avec ce G20 de Londres et avec l'augmentation de son budget de 250 milliards à 1000 milliards de $, à l'irresponsabilisation de la création de la monnaie mondiale. Le dogme de l'indépendance de la Banque Centrale atteint avec cet article 19 du Communiqué final du G20 un paroxysme inégalé à ce jour par toute conception ordolibérale de l'économie. Ordolibérale, tant qu'il n'y a pas à fausser les marchés libres de la concurrence par le rachat des dettes irrécouvrables et des crédits pourris des appareils systémiques bancaires. Ne me regardez pas avec ce regard à la Maccarthy!

Le FMI reçoit des cotisations tirées du chapeau-claque du réseau de ses États membres qui cotisent à l'organisation. Avec les DTS payés par la helicopter money, le FMI a changé de statut. Ce point n'a pas fait l'objet du moindre des commentaires dans la presse internationale allemande, française, américaine et anglaise. Le FMI n'est responsable devant personne, à l'image de la Commission européenne qui est constituée d'envoyés spéciaux des États nationaux - les Commissaires des Commissions à Bruxelles - simplement désignés par leurs gouvernements sans consultation démocratique.

Article 19 du Communiqué du G20 de Londres: “We have agreed to support a general SDR allocation which will inject $250bn into the world economy and increase global liquidity". Ceci correspond au 1er versement. La somme finale prévue est de 1000 milliards. Le G20 a donc décidé d'augmenter le budget du FMI de 400% au travers des DTS - Droits de Tirage Spéciaux (SDR en anglais, Special Drawing Rights). 250 milliards étaient le budget annuel du FMI. Les DTS, un instrument du FMI issu directement des accords de Bretton Woods, étaient abandonnés depuis la rupture unilatérale par les USA de la convertibilité or en 1973. Les DTS servent depuis ce G20 au QE, la Quantitative Easing, la planche à billet, et consacrent en cachette, par son côté le plus pervers, le DTS comme monnaie globale de référence. Et comme tous les Plans de Sauvetage de Crise, il n'est pas indiqué comment cet argent synthétique est financé en réalité, hormis par les cotisations des États membres du FMI. Le G20 a donné des pleins pouvoirs de Banque Centrale au FMI sans définir ce que sera sa politique monétaire, sa régulation et son contrôle des flux monétaires et financiers, et sans dire s'il n'aura pas à s'occuper d'analyses macroéconomiques comme le fait si bien la BCE dont la seule politique monétaire est destinée au maintien d'un certain niveau d'inflation (voir NAIRU dans ce site). Pour l'instant ce new FMI ne sert qu'à pratiquer de la planche à billet, qui servira à soutenir bientôt la £ et le $ effondrés en banqueroute d'Etat, en risquant de s'approcher dangereusement de la trappe à liquidité.

Cette trappe internationale à liquidité ne fait que de se gonfler avec les "Plans", les Plans et les autres Plans (TARP, TALF, PPIP...), et, avec ce G20 de Londres du 2 avril 2009, toutes ces mesures n'auront qu'un effet de levier pour préparer Weimar 2, la misère et l'hyperinflation. Cette somme promise en tranches au FMI par le G20 de Londres est historique quand elle sera effectivement versée. Ce Plan de la holding de défaisance du G20 de Londres est en réalité un plan coordonné de dévaluation du $ et de préparation à une inflation élevée pour faire disparaître d'une autre manière la dette et les créances pourries. En un premier temps, l'Armageddon américano-anglais est administré par perfusion. Le management d'évènement de Brown-Obama s'est terminé avec ce G20 de Londres pour euphoriser une dernière fois Wall Street.

Il n'y avait rien à attendre de ce G20 de Londres du 2 avril 2009, de cette holding de défaisance des assets pourris dans un système de bad bank et d'impression de monnaie fantaisiste ou fantasmagorique . Malgré les suppliques de la Chancelière allemande Angela Merkel ou les philippiques du français pinocchio, qui voulait "claquer la porte si...", face aux paradis fiscaux tant que l'on n'évoque pas Andorre, Monaco, le Luxembourg, Liechtenstein, la Suisse, le Delaware, la Grande Bretagne qui ajoute à celui-ci un paradis du dumping social et des opt outs européens qui lui permettent de déroger aux Règlements européens qui impliquent des obligations communautaires. Il n'y avait rien à attendre de la promise régulation des marchés et des flux monétaires et financiers. Et maintenant, on fait quoi? Nous? Rien. On continue à payer les dettes pourries bancaires issues de leur spéculation systémique.

Le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC sont des clubs de riches commissionnés par les gouvernements des États membres qui ne soumettent pas préalablement leurs décisions au débat démocratique de leurs Parlements. Le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC ont perdu leur autorité avec l'échec du Cycle de Négociations de Doha de 2001 pour le commerce dit libre. Il y a en réalité confusion entre les rôles et attributions du FMI (pompier monétaire) et la Banque Mondiale (banque d'aide à des projets), c'est pourquoi je vous entretiens des deux en même temps. Ils restent des outils d'aiguillage ordolibéral destinés à soutenir les demandeurs les plus enclins à libéraliser sans entraves la circulation des biens, des services, des capitaux et des consommateurs.

Le FMI et la Banque Mondiale, n'ont accordé jusqu'à présent des crédits que s'ils étaient accompagnés de clauses comme la libéralisation du secteur bancaire et l'ouverture des marchés financiers à la concurrence internationale. Ces clauses n'ont apporté aux Pays en Développement et aux Pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique qu'une concurrence ouverte fatale et une soumission totale et forcée aux grands groupes bancaires et financiers internationaux. Le FMI et la Banque Mondiale ont été encore plus pervers et ils n'accordaient des crédits que si ces pays avaient remboursé aux fonds vautour leurs revendications qui n'étaient évidemment pas de créances dues. Le Fonds Monétaire International (FMI) est avec le G8, le G20 l'une de ces grandes organisations internationales qui violent les principes de la démocratie et de la représentativité des peuples de la terre. Le droit de vote des 185 membres du FMI est censitaire et est calculé au prorata de leurs cotisations et les décisions ne peuvent être prises qu'avec une majorité de 85%. Comme les américains disposent de 17%, ils ont bloqué jusqu'à présent toute aide du FMI si les projets de financements ne leur convenaient pas. Le 1er mai 2007, le président du Venezuela, Hugo Chávez avait annoncé son intention de retrait de son pays de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international avec ces mots: "Il vaut mieux que nous en sortions avant qu'on nous ait pillés" et ce après avoir remboursé sa dette auprès du FMI en 2006. La menace n'a pas été mise à exécution pour l'instant. D'ici quelques mois, il ne s'agira plus de menace mais d'une mesure de salubrité publique de quitter ce FMI avant la convocation d'une réelle Conférence de "Bretton Woods 2" comme le G20 de Washington de novembre 2008 et de Londres du 2 avril 2009 auraient dû l'être. On n'élimine pas si facilement un dictateur, encore plus si on lui donne sa voix pour convenance personnelle.

Le FMI intervient quand un Pays est en difficulté financière, en banqueroute d'État, comme le Royaume-Uni en 1976. Le FMI aura donc plus de moyens pour renflouer le Royaume-Uni suite à sa seconde banqueroute d'État depuis 1945 et qui est déjà techniquement effective depuis la fin de l'année 2008. L'Irlande tombera en même temps. Les USA auront droit à une chorégraphie un peu plus sophistiquée. Mais au 15 avril 2009 il y a déjà autant de banques en faillite que pour toute l'année 2008.

Les américains ont aussi souvent des retards de quelques annuités due au FMI et à la Banque Mondiale, et ils les débloquent à des moments où ceci les arrange. Ainsi, ils ont payé leurs arriérés de quelques années, avant la guerre du Golfe II, pour octroyer une ligne de crédit à la Turquie bien que son bilan comptable était bon. Mais les GIs devaient justement passer par la Turquie pour rejoindre la base de l'Otan de Incirlik vers la frontière irakienne. Obama a d'ailleurs dit publiquement en Turquie le 5 avril 2009, suite au G20 de Londres et au sommet de l'Otan de Strasbourg, qu'il faut que la Turquie soit membre de l'Europe... Obama aimerait tellement compromettre l'Europe et lui offrir, avec les engagements de l'Otan, une frontière commune avec des zones territoriales où agissent des terroristes. Obama agit comme un représentant de commerce et fait perdurer la vision américaine du monde, qu'il vend comme un changement. C'est "la magie Obama". "Il a du charisme"...


Le FMI est devenu depuis le G20 de Londres du 2 avril 2009, comme la BIS (Bank for International Settlements - Banque des Règlements Internationaux, BRI), une banque centrale des Banques Centrales. La BIS est un club de Banques Centrales qui siège à Bâle et dont l'objectif est de gouverner les gouvernements. Ce club n'a pas de statut officiel relevant du droit international comme le G8, le G20 à la différence de l'Otan.

Pourtant c'est à la BRI que sont prises les décisions de dévaluer ou de défendre les monnaies, de fixer le prix de l'or, de réguler le système bancaire off-shore, d'augmenter ou de diminuer les taux d'intérêts à court terme. La BRI est aussi appelée le réacteur nucléaire qui surplombe avec sa tour de 17 étages le ville médiévale de Bâle. La BRI n'apparait quasiment jamais en public et ne fait pas de communiqué. Elle est faite de 55 membres mais en réalité ce ne sont que l'Allemagne, les USA, la Suisse, l'Italie, le Japon et la Grande-Bretagne qui se rencontrent régulièrement à Bâle. La BRI est le club supranational le plus secret, le plus exclusif, le plus puissant de la planète. Elle avait été officiellement pro-nazi dès 1930. Elle a été le centre du système bancaire de Hitler cogéré avec les américains... Elle n'avait jamais été liquidée comme l'avaient demandé en 1944 les américains à la Conférence de Bretton-Woods. C'est du Comité de Bâle de la BRI que sont sorties en 2004 les Recommandations de Bâle, appelées Bâle II, qui sont à l'origine des interprétations libres qui ont mené à la crise des subprimes, des CDS / CDO, de ce Système du Risque des produits dérivés titrisés adossés au mark to market (à la valeur du marché) qui a plongé la planète dans la spéculation systémique et dans cette crise économique la plus grave de l'histoire économique de l'humanité. Les Recommandation de Bâle II étaient vendues comme des Normes Prudentielles Comptables, ont été déclinées avec les Directives CRD en Europe toujours friande du dernier cri du crétinisme néolibéral. Mais les normes prudentielles comptables n'ont organisé que la contagion planétaire du mark-to-market et détourné le capitalisme dans un Casino-capitalisme.

Je fais un amalgame entre la BRI et le FMI? Le FMI peut et veut devenir ce club bis de la BRI, puisqu'il s'agit d'organiser un système mondial centralisé de planche à billet, ce que la BIS ne pouvait pas faire sans sortir de l'anonymité. C'est à partir de l'analyse de la BRI depuis sa création que s'est développée la "Théorie de la Conspiration" qui buzze très bien sur le net et dont je ne vous conseille ni la lecture ni le visionnage, et dont je n'ai regardé que quelques secondes de vidéo. Pour moi, il n'y a pas de Conspiration s'il y a une démocratie forte, active, informée et éduquée à cet exercice dès la maternelle. L'altérité doit être politique; l'altruisme peut-être conservé par les églises, peut m'en chaut. Il n'y a pas de victimes d'un système mafieux féodal, il n'y a qu'une tolérance générale à cet occultisme parce que l'individu est plus enclin à s'arranger avec la quotidienneté de la compromission universelle et à acheter tous les deux mois la dernière console de jeu à son enfant au lieu de lui donner goût à la lecture. Il est plus pratique d'élever un idiot à la maison et à l'école. Pratique pour qui?

Et maintenant, on fait quoi?

2) Contournement du FMI et du $ par la Chine, l'Amérique latine...


J'ai lu dans le China Daily que la China s'est lancée dans une coopération avec la Banque Interaméricaine pour le Développement (IDB). Les premiers effets concrets sont visibles dans la démarche commune de la Chine et de l'Argentine. Ceci fait aussi écho à une autre avancée dans le rééquilibre dans la direction d'un système monétaire multipolaire international inauguré par la Banque du Sud qui a été fondée en 2008. La Banque Interaméricaine pour le Développement fête son 50ème anniversaire et accueille la Chine qui devient son 48ème membre. Les médias n'ont pas parlé de ces deux évènements tellement plus importants et initiateurs que le duo G20 / Sommet de l'Otan qui ne font rien évoluer dans n'importe quel sens et qui n'ont plus été capables de figer leurs acquis dominants et de belligérance permanente. Nous devons devenir des multipolaires, personne ne l'a remarqué au JO de Péking, aux G20 de Washington de l'automne 2008 et de Londres d'avril 2009, et au Sommet de l'Otan de Strasbourg.

Get involved  G20 London Summit

Tant que les pays créditeurs ne prennent pas leur distance par rapport à un système bancaire et commercial adossé au $ pourri, cette fatale erreur quinquagénaire, ils continueront à courir le grand risque non seulement opérationnel et managérial mais tout simplement systémique de l'effondrement total et de la banqueroute d'État. Le $ est le risque systémique américain de tous les pays de la planète. Leurs systèmes bancaires, leurs marchés financiers, leurs économies, leur mode et niveau de vie, leur stabilité politique vont continuer à n'être que des risques chroniques renforcés par les effets de levier négatifs du $. Les alternatives sont difficiles à concevoir, à construire, à harmoniser et à mettre en œuvre... quand on mange d'imagination ou quand on reste accroché idéologiquement à la suprématie maladivement américaine. Le Sommet de l'Otan de Strasbourg du 4 avril 2009 et l'Anschluss volontaire de la France à ce système ordolibéral militairement musclé ont bien prouvé qu'un Axe du Mal se tétanise une dernière fois pour s'associer avec cet Axe du Mal du G20. Les Promesses de cohésion Internationales du G20 de Londres et du Sommet de l'Otan de Strasbourg sont le dernier mensonge du Club des riches pour dominer la planète et organiser en leur direction l'enrichissement le plus rapide.

Le système monétaire international a été profondément perverti quand Nixon avait rompu en 1971 les accords de Bretton-Woods. Ce ne fut qu'une trahison, mais dès sa conception, le système de Bretton-Woods conçu par Maynard Keynes et son homologue américain avait été considérablement amendé au profit des américains. Il était évidemment agréable pour les américains et leurs aviso-escorteurs de rester sourds face aux opposants, qu'ils cataloguaient d'anti-américains et de pro-russes. La Guerre froide n'avait jamais permis le débat politique et les deux décades perdues à la suite de la Chute du Mur de Berlin non plus. Les avisos-escorteurs étaient encore plus échevelés et forcenés quand il s'agissait d'implémenter le modèle américain. Le Gatt, l'OMC avec ses accords connexes et secrets dont l'AGCS et les Accords sur les ADPIC, les hedge fonds et les fonds de pensions, les Recommandations de Bâle II et les Directives européennes CRD concernant les soi-disant normes comptables prudentielles de (non)-garantie par fonds propres, le TCE et son copié-collé du Traité de Lisbonne, etc… ont tous été des moyens pour transformer l'Homme volatilisé en une simple variable d'ajustement, et le Citoyen en consommateur habituel qui ne ressent plus en lui un genre de moral hazard (aléa moral) qui lui demande de chercher des vraies valeurs ailleurs que dans l'effet d'imitation. (Photo: la mafia du G20, Barack Obama, Silvio Berlusconi, Medwedjew)

La rupture unilatérale des Accords de Bretton-Woods a fait des USA le dictateur financier global renforcé par le pouvoir militaire américain. Ceci avait attiré de manière toute perverse toutes les nations économiques du monde a manager de l'argent facile de la planche à billet de la Potomac River sans réfléchir sur les risques endogènes de leur démission de tout esprit critique. Rassurez-vous, j'ai milité contre les JO de Beijing, mais il faut regarder en face l'action impérialiste commerciale des chinois en Afrique et dans les Pays des Caraïbes et du Pacifique, et commerciale en Amérique latine. Nous garderons en tête le génocide de 1,6 millions de tibétains par les forces d'occupation chinoises. Deux impérialismes seront de nouveau en confrontation directe en Afrique et en Amérique Latine. Le sommet des 2 Amériques n'y changera rien malgré les dents blanches d'Obama. Souvenez-vous du 9 XI, du vrai.

Le China Daily du 19 avril 09 se fait de plus en plus clair et au Boao Forum for Asia (BFA) Wen Jiabao a blâmé le management économique US et le rend partiellement responsable de la crise financière actuelle. Le 1er ministre chinois plaide pour une plus ample utilisation du Yuan comme monnaie de référence internationale. Depuis décembre 2008, la Chine montre qu'elle n'attend rien des G20 et a procédé avec l'Argentine, l'Indonésie, la Corée du Sud, Hong Kong, la Malaisie, la Biélorussie à un échange de devises (swap deals) pour un montant équivalent à 695 milliards de Yuan (95 milliards de $). Wen Jiabao a répété les propos du Président chinois, Hu Jintao, qui avait demandé avant le G20 de Londres de renforcer le contrôle sur les économies qui émettent des monnaies de réserve.

Le Président brésilien Luiz Inácio da Silva a annoncé que le Brésil signera bientôt le 7ème accord d'échange de devises avec la Chine.

La Chine avait suscité de l'émotion en mars 2009 quand le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou, avait suggéré de réduire la confiance accordée au $ américain en tant que première monnaie de référence pour les échanges internationaux en développant les DTS émis par le FMI et en leur donnant le caractère d'une réserve monétaire supra-souveraine. Ceci permettrait selon Zhou de prévenir à long terme de telles crises financières. Wen Jiabao a confirmé qu'il signera à l'avenir d'autres accords d'échange de devises pour établir le Yuan comme un actif international de réserve: "Nous allons jeter toute nos forces sur les accords bilatéraux d'échange de devises et nous étudions l'extension des échanges à une grande échelle et avec d'autres pays". [...] "La politique économique des États qui émettent des devises de réserves a l'obligation d'intensifier la régulation et le contrôle et ceci permettra de contribuer à l'élaboration d'un système monétaire international diversifié". Vous sentez à chaque occasion les attaques contre l'icône $.

Cette attitude offensive ne doit pas cacher que la Croissance chinoise s'est effondrée, qu'elle a augmenté le chômage de 26 millions de personne dès l'automne 2008, et que la valeur des entreprises chinoises s'est divisé par deux depuis le début de la crise. Mais la Chine a aussi d'énormes réserves et est le 1er créancier des USA.

La Chine n'a pas pu ou n'a pas voulu imposer au G20 de Londres son idée de monnaie mondiale de référence et de multipolarité dans un nouveau système monétaire international parce qu'elle se permet depuis décembre 2008 de la contourner et parce qu'elle en a les moyens. Ces thèmes... ne figuraient même pas à l'ordre du jour du G20, dont le seul objectif était d'organiser sa holding de défaisance des créances toxiques et de renflouage des banques échouées.

L'Argentine est la tête de pont vers les 2 Amériques du rayonnement international de la Chine qui s'imposera de fait comme le 9ème membre du G9. Avec l'accord d'échange de devises, l'Argentine n'a plus besoin des $ pour acheter des produits chinois. C'est tout un symbole, car l'Argentine a aussi été l'un des pions majeurs de la CIA pour maintenir dans un crétinisme politique d'État les pays andins et d'Amérique latine, en leur offrant une dictature adhoc ou une allégeance forcée aux USA. Le FMI et la Banque Mondiale qui ont toujours été des bras prolongés de l'armée américaine, ont accordé depuis 1945 à l'Argentine plus de 52 fois une aide budgétaire pour caracoler d'une banqueroute d'État à une autre, alors que ce pays est le 1er producteurs de viande bovine du monde et qu'il a de bonnes réserves minières. La presse internationale n'a pas relevé ce tsunami jaune en direction de l'un des premiers servants de la messe américaine.

A juste titre l'Argentine s'est souvenue du rôle économicide et pervers du FMI et du Consensus de Washington: les aides accordées par le Trésor américain et le FMI avaient contribué à réunir les conditions d’une crise en Argentine. Les emprunts concédés à ce pays avaient permis aux créanciers d’accorder des prêts sans se soucier de la condition économique réelle des emprunteurs: ils pensaient qu’ils seraient de toute manière renfloués par le FMI. De leur côté les emprunteurs avaient effectué un raisonnement similaire ce qui au final avait déstabilisé la situation financière de l'Argentine et alimenté la spéculation. Les États-Unis, via le FMI, avaient aussi imposé une libéralisation des flux de capitaux et une déréglementation du système bancaire. Certains pays d’Amérique latine, en particulier l’Argentine et le Chili avaient été montrés comme exemples de la bonne mise en application des principes du Consensus de Washington. Si les deux pays avaient connu une certaine réussite, l’Argentine avait fini par voir son économie s’écrouler en 2001. C’est au contraire en n’appliquant pas les recommandations du FMI que l’économie de l'Argentine s’est redressée. Pour les spéculateurs internationaux l'Argentine avait été un "bonanza", un coup de poker extrêmement gagnant. (Photo: Buenos Aires et Rodin).

Il n'y a rien d'étonnant que le Mexique soit le premier bénéficiaire des nouveaux DTS du FMI gonflé. Ces DTS passent par la procédure du Flexible Credit Line (FCL). Il n'y a rien d'étonnant que le crédit qui est concédé au Mexique soit le plus grand crédit jamais versé par le FMI: 47 milliards de $. Cette somme est historique. Le Mexique est accolé au sud des USA. Les USA, dont dépendent seules les décisions du FMI (selon la procédure du vote censitaire), se sont donc assurés à moindre frais un marché solvable de la demande et de l'exportation. Le Mexique n'est pas en situation de banqueroute d'État comme l'Islande, les Pays baltes, la Californie,... Les chiffres macro-économiques du Mexique sont bons, le Mexique peut aussi être vu comme un "bon élève du Consensus de Washington". Et les pays en Afrique? On s'en fout, sur ordre d'Obama. Plus simplement on peut affirmer qu'Obama pique dans la caisse pour convenances personnelles. Le communiqué officiel est clair, les crédits ont été accordés de manière préventive: "The Flexible Credit Line (FCL), which was created in the context of a major overhaul of the IMF lending framework on March 24, 2009, is particularly useful for crisis prevention purposes". Ou encore: "...provides assurance that Mexico is in a very strong position to manage any potential risks and pressures in the event that the global situation were to deteriorate further”. Le Mexique a obtenu son crédit du FMI 2 jours après le G20 de Londres, la Lettonie attend son aide du FMI depuis 6 mois.

L'Accord avec la Chine prévoit que l'Argentine dépose des Pesos à la Banque centrale chinoise et que la Chine dépose des Yuan à la banque centrale argentine. Ils n'y a aucun coût financier ni le moindre des taux d'intérêt n'est prélevé sur les transactions financières. Selon les deux banques centrales, il s'agit de stabiliser le système financier régional et de se protéger contre les risques actuels.

Cet accord bilatéral vient à point nommé pour le gouvernement argentin à cause de la crise financière internationale mais aussi parce que le Club de Paris (G20) n'accorde plus à l'Argentine de crédits. Le seul pays qui achetait des Bons du Trésor argentins, pour le financement de la dette, le Vénézuela de Hugo Chávez, ne dispose plus d'excédents à cause de la chute du prix du pétrole. L'accord bilatéral avec la Chine garantit à l'Argentine un accès à des crédits en cas de difficultés financières selon la Banque Centrale de la République d'Argentine (BCRA). Les spreads des CDS sur les Bons du Trésor argentin et leur taux d'intérêts se sont considérablement améliorés depuis cet accord. Il est à espérer que l'Argentine, qui a appris à gérer seule la crise de 2001, saura ne pas retomber dans plus de 50 années d'indiscipline budgétaire et de corruption. Les chinois, comme en Afrique, n'attendent aucune contre partie morale, éthique ou de bonne gouvernance des finances publiques.

L'industrie sur le Río de la Plata craint par contre une concurrence accrue de produits chinois. Le commerce extérieur avec la Chine a été multiplié par 10 depuis 2001 avec toute l'Amérique latine, et a augmenté de 40% pour l'année 2008. La Chine se fournit principalement en matières premières, en produits agricoles et en graines de soja.

Il est aussi passé sous silence que 5 grandes villes chinoises, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen, Dongguan et Zhuhai ont été autorisées par la banque centrale chinoise d'utiliser le Yuan dans leurs transactions financières internationales. Par ce biais la Chine propulse une fois de plus le Yuan comme monnaie de référence internationale. Les médias de l'Ouest n'en ont pas parlé.

La Jamaïque vient de signer un même accord avec la Chine.

Il est question que le fonds souverain chinois, CIC, va rentrer dans la capital de Daimler en apportant des Yuan.

Obama a répété au Sommet des 2 Amérique "que le $ est fort et qu'il n'est pas nécessaire de s'enquérir d'une autre monnaie de référence."

La Chine dispose aussi d'une grande couverture en or et depuis le début de le 20 avril 2009 elle recommence à acheter en masse des tonnes d'or. Depuis 2003 ses réserves en or ont doublé mais c'est surtout ces derniers mois qu'il y a eu une augmentation de 76%. Son stock d'or de 1054 tonnes métriques dépasse celui de la Suisse. La Chine est le 5ème détenteur d'or de la planète. La Chine achète son or avec une partie de ses 2 trillions de réserves en devises internationales. La Chine achète de l'or pour augmenter son cours sur le marché international et pour que les spéculateurs rachètent du $. Ceci va faire augmenter le cours du $ et permet à la Chine de contrer la manipulation présumée des américains sur le cours de l'or pour le garder à la baisse et pour que les spéculateurs achètent du $, ce qui l'empêche de baisser.

Le G20 est le point de non-retour qui a prouvé ce qu'il n'est pas enclin de réaliser. La structure financière globale adossée sur le $ est brisée. Le $ est totalement effondré et discrédité comme monnaie globale de réserve. L'élite des G7 et G8 où le pouvoir bancaire a été jalousement, cupidement et malicieusement gardé, se confond avec les pays dont les banques sont devenues insolvables et dont les dettes privées et publiques sont externalisées au travers de la planète avec des émissions de Bons du Trésor. Qui détient la majeure partie de la dette des pays du G8? Les pays du G20, mais aussi les Pays en Développement, les Pays émergents qui ne disposent d'aucune voix dans les questions bancaires mondiales. C'est comme si un débiteur ne pouvait ne serait-ce que d'émettre son avis devant le tribunal du commerce qui traite de la faillite d'une entreprise. Avec quoi Obama-Brown vont-ils faire respecter leur volonté aveugle et criminelle de faire payer encore une fois leur pauvreté à la planète? Une guerre? Une manipulation du prix de l'or? Une hyperinflation et une dévaluation du $ et de la £? Un nouveau-$ après un effondrement violent à l'été 2009? (Graphique: réserves en $ par pays)

Comment va réagir la Chine avec ses 1900 milliards de réserves en $ ou en Bons du Trésor US? Va-t-elle convertir contre du cash par vagues successives les CDS (assurances) adossés sur les Bons du Trésor US et les Bons du Trésor US eux-mêmes, puis les convertir en CDS adossés sur de la dette libellée en Yuan? La Chine pourra alors revendre des Bons du Trésor Chinois à tous ceux qui veulent acheter des produits chinois. Et hop, le $ est bazardé.

La Chine a aussi créé un Fonds d'urgence pour les Pays d'Asie du Sud Est qui les assistera contre des attaques monétaires du genre de la Crise Asiatique. Ce Fonds va sûrement se transformer en une Banque Régionale Pan-Asiatique pour le développement qui laissera simplement tomber en désuétude pour cette région le FMI, la Banque Mondiale le $ et les DTS. Cette banque sera, comme la Banque du Sud lancée par Hugo Chávez, inattaquable par les contrôles et les pressions de l'Ouest, sera indépendante du risque des monnaies de l'Ouest et opérera comme un gigantesque fond de développement régional pour cette partie du Globe. 

La multipolarité contre laquelle le G20 de Londres du 2 avril 2009 s'est battue - pour la dernière fois -, existe déjà dans les faits. A Capitole Hill, à la City, à Bruxelles et à Francfort, personne ne le sait. On va même lancer des Élections Européennes 2009 comme s'il s'agissait de dépolluer le Rhin et la Tamise et le Danube pour que le saumon puisse nager jusqu'à leurs sources. Et les riches se font plaisir à chanter dans une diversité raciale et de salon "Yes we changed". Les riches de l'Ouest adulent cet américain au sourire de velours, mais piétinent toute l'Afrique.

Un constat sans appel vient d'être signé le 23 avril 2009 par Hilary Clinton, la secrétaire d'État américaine, qui craint de voir l'influence des États-Unis dans le monde reculer : "Nous perdons du terrain. En cause, la présence toujours plus importante de la Chine dans les affaires du monde, Péking s'imposant comme le principal rival de Washington dans les pays en développement."


Le Sommet des 2 Amériques s'est terminé sans Communiqué final à cause du désaccord sur l'embargo quinquagénaire de Cuba.
Yes, ils ont changé, les Pays de l'Amérique Latine s'opposent aux $ et aux GIs.
Encore un camouflet en Afrique, et Obama va commencer à réfléchir. Can he?

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    Les CHIFFRES !!!

    Il y a toujours des problèmes avec les chiffres, en voici la preuve ci dessous.

    Le FMI émet son avis le 21 avril 2009 sur les actifs dépréciés détenus par les banques.

    Et voici ce que cela donne dans le presse internationale:

    UK: Guardian = $4.1 trillion
    US: Financial Times = $4,100 billion
    US: The New York Times = $4.1 trillion
    US + D: Financial Times Deutschland = 4100 Mrd. $
    D: Frankfurter Allgemeine Zeitung = 4 Billionen $
    CH: La Tribune de Genève = 4100 milliards de $
    F: Le Monde = 4100 milliards de dollars


Et un site spécialisé est lui-même en contradiction: anglaispratique