icesave_my_ass.jpgA cette occasion nous constatons qu'il existe encore deux Europes, l'Union Européenne et l'AELE - l'Association Européenne de Libre Échange qui avait été fondée à l'initiative des anglais en 1960 pour ne pas se laisser concurrencer par le Continent, ce qui n'a pas empêché en 1973 le Royaume-Uni de faire une première fois une banqueroute d’État et de demander le bail-out de ses dettes auprès du FMI. Le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et l'Islande sont les derniers membres de l'AELE / EFTA. S'il n'y avait pas une question de compétence juridique et de juridiction, on se demanderait en réalité pourquoi les islandais ne portent pas l'affaire devant la CEJ - Cour Européenne de Justice, mais seulement devant la Cour de Justice de l'AELE. On se le demande, parce qu'avec le Traité de Lisbonne, l'UE n'est devenue qu'une AELE augmentée, dont la seule préoccupation est d'éliminer les barrières douanières, de privatiser tout et plus encore et d'éloigner toute activité économique du contrôle et de la régulation.

Avec le "Pacte de Compétitivité - Pacte pour l'Euro" d'Angela Merkel nous voyons bien que la distorsion entre les pays européens du sud (les PIGS) et ceux du nord (les créanciers français, allemands, suédois, autrichiens, etc), la libéralisation de toute forme de commerce a conduit dans cette région mondiale aisée de la planète à l'augmentation du déséquilibre en faveur des pays riches, ce qui est à l'échelle européenne ce qui se produit au niveau de l'OMC face aux Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et aux PED - Pays en Développement.

Le Pacte de Compétitivité/Pacte pour l'Euro est une manière indirecte de révéler/cacher qu'il faut une union économique et fiscale en Europe et pas seulement une zone de libre circulation dans les tuyauteries du Pacte de Stabilité et de Croissance fondateur de l'Euro-Zone ou du Traité de Rome pour le reste. Le Pacte pour l'Euro est une attaque sans précédent contre les droits politiques et sociaux des États-Membres de l'Euro-Zone et il les met sous la tutelle des marchés financiers qui imposent des plans d'austérité pour obtenir sur le dos des États la marge bénéficiaire qu'ils exigent d'eux par le biais des différents "sauvetages" des banques ou le placement de Bons du Trésor à un taux qui les satisfait. Le Pacte pour l'Euro élimine le sauvetage social au profit du sauvetage des banques, de leurs actionnaires et des spéculateurs financiers. Si les européens étaient allés voter le 7 juin 2009 pour leurs euro-députés, alors qu'une alternative crédible gauche/verte existe, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Sans gouvernance économique et fiscale, le Pacte de Dublin de Stabilité et de Croissance, fondateur de l'Euro et des critères financiers néolibéraux de Maastricht, avait déjà opposé entre eux les Travailleurs européens avec les derniers coûts compressibles, celui de la valeur travail et des coûts sociaux et du niveau de vie humain. La norme de l'EU est de garantir la compétitivité des États-Membres sur le dos des européens au nom de la concurrence libre et non faussée. L’État social d'après-guerre ou issu de la Résistance a fait place à l'Europe Providence bancaire. Avec la privatisation des services publics et sociaux, des Services d'Intérêts Généraux,  l'Europe organise la redistribution des revenus de la classe ouvrière pas encore pauvre vers les Travailleurs pauvres ou déjà au chômage. L'Europe néolibérale peut se permettre de produire de plus en plus de pauvres grâce au démantèlement de la sécurité sociale au profit des caisses d'assurance santé privées et d'un système de retraite privé par capitalisation qui sont médiatiquement compensés par un système d'assistance aux plus démunis. Le Travailleur, qui ne cotise pas au niveau qu'exigent les marchés financiers et les assurances privées, est transformé par l'Europe en individu coupable qui doit être réduit à la pauvreté et qui bénéficiera alors du ticket-repas caritatif journalier. Le Travailleur doit travailler à être avantageux pour les marchés financiers. Les Européens, par leur abstention aux élections des euro-députés en 2009, ou en plaçant des euro-députés de droite alors que ladite crise "des Subprimes" de 2008 faisait rage, ne peuvent être que responsables de leur propre appauvrissement, comme le Pêcheur islandais. Pourtant il existe même un État américain, le Vermont peuplé d'anciens scandinaves, qui sait renier ce consensus de Washington et qui se dote avec la Vermont's Health Care Reform d'une vraie Sécurité Sociale universelle comme nous la connaissons en France. Il n'y a rien d'étonnant à cette révolution américaine du Vermont, le seul Sénateur socialiste du Congrès US, Bernie Sanders du Vermont, avait déjà obtenu le 11 mai 2010 du Sénat que la Fed' soit soumise à un audit et qu'elle publie le nom de tous les bénéficiaires des aides et bail out et rachat des actifs pourris (YouTube).

ISLAND FINANZKRISELes sirènes néolibérales américaines magnétisent toujours autant l'Europe de Bruxelles et la concurrence déprédatrice de l'individu est organisée en Europe par le Traité de Lisbonne entre les Travailleurs à l'intérieur des États-Membres eux-mêmes, mais aussi entre les États-Membres qui sont transformés en agents opérationnels de la désharmonisation nécessaire pour la vitalité des marchés financiers. Pour donner corps à ce business-plan européen, le Pacte pour l'Euro conçoit les européens comme des individus qui ne veulent pas travailler, mais qui doivent être incités à travailler, et cette incitation n’est pas un salaire plus élevé, mais l'allocation de chômage réduite ou non-existante qui est voulue par les plans d'austérité. Les peuples qui ne sont pas capables de mettre en place une opposition de gauche à cette austérisation de la vie humaine sont co-responsables des politiciens qui consolident les marchés financiers et leur transfiltration des richesses vers eux-mêmes, une portion de plus en plus faible d'individus transnationaux. Pour s'assurer de l'adhésion populaire à leur propre appauvrissement dans la construction européenne, les médias font passer les syndicats pour des forces corporatistes du passé qui veulent empêcher le Travailleur d'aller au travail, et que cet honnête Travailleur ne trouve pas de nourrice privée pour son enfant. En réalité les syndicats sont "fluidifiés" parce qu'ils sont institutionnalisés et lobbyisés dans une économie de concertation. Les syndicats, éloignés des peuples, s'imaginent qu’ils sont capables de négocier avec les gouvernements et de stopper les réformes néolibérales. Nous avons la preuve de leur incapacité soumise avec les jugements de la CEJ - Cour Européenne de Justice dans les affaires Laval, Viking, Vaxholm, Rüffert, Partneri. Les pays industrialisés organisent leur propre désintégration en favorisant le corporatisme et le lobbyisme du monde des affaires et en sabordant les droits fondamentaux et sociaux et le droit syndical comme par exemple en Europe avec les Directives sur le Libre Établissement, sur la Libre Circulation des Travailleurs qui doivent être "compétitifs" au moindre coût comme le plombier polonais Bolkenstein. Le Travailleur européen idéal est un travailleur libre, nomade et lésé. Les Travailleurs européens ne sont pas capables de reprendre le slogan des Travailleurs tunisiens: "G8 dégage".

En Afrique, au Burkina Faso, la demande d'harmonisation issu de la base alternative au travers d'un pacte entre les pays existe aussi, mais elle prend le nom de "protectionnisme intelligent". Il n'y a pas de raison d'aligner les pays par le bas pour respecter la concurrence libre et non faussée, alors même qu'elle n'a été qu'une concurrence déloyale librement faussée. Par exemple le poulet européen concurrence de manière déloyale le poulet africain. Au Bénin 74% du poulet consommé est un poulet européen importé pour lequel Bruxelles subventionne sa nourriture, ses abattoirs et ses poulaillers. Le Travailleur du Nord n'a pas à s'aligner sur les minimas sociaux du Travailleur du Sud, le Paysan burkinabè n'a pas à se laisser étrangler par la spéculation financière sur les denrées agricoles de plus en plus génétiques imposées par Monsanto, Rice Tech, etc, et par la spéculation foncière sur les millions d'hectares de terres arables qui passent avec des baux emphytéotiques entre les mains de hedge fonds ou de fonds souverains du nord, de l'Islande, de la France, de l'Allemagne, des Pays du Golfe pour qu'une aisance financière et matérielle soit garantie à une portion de plus en plus réduite de la population dans les pays du nord et à une élite cleptocrate des pays du sud. La concurrence "libre et non faussée" ne prend que comme norme le moindre coût, et les deux coûts les plus importants à éliminer sont le coût humain (valeur-travail, santé, éducation, culture) et le coût de l'environnement futur (Fukushima, Fessenheim). A Madagascar 90% des terres arables appartiennent au groupe Hyundai Heavy Industries ou Daewoo Logistic. Ceci porte le nom de Land Grab ou Accaparement des terres (Voir aussi le site GRAIN). Donc les islandais aussi doivent se poser la question sur leur propre culpabilité d'avoir osé adosser leur aisance matérielle de gens du nord sur de la spéculation, de la déprédation, de la fraude par vente des produits financiers purement inventés et sans valeur à partir de banques d'épargnes en ligne comme la Icesave. Le pêcheur de morue islandais se trouve aujourd'hui à égalité dans la dette et la misère face au paysan burkinabè ou aux 9 millions d'américains qui ont été licenciés depuis 2008: il a tout perdu. Le paysan burkinabè voulait vivre, le pêcheur de morue voulait s'enrichir. Nos générations futures auront à intégrer dans leur réflexion Solidarités locales, régionales et globales pour éviter à leurs enfants le Fukushima social et des cultures qui va démolir la planète dans laquelle le black swan nous habite tous sans nous laisser en échapper par la volière du risque résiduel. Le modèle qui favorise la privatisation des bénéfices et la nationalisation des exterminations, des dégâts et des pertes ne peut essentiellement être que la condition de tout anéantissement.

Iceslave_3.jpgLes démocratie scandinaves sont des démocratie éclairées, les électeurs sont informés et actifs. Le Parlement islandais avait accepté le 31 XII 2009 dans une Loi de Remboursement de rembourser directement à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas les actifs devenus pourris détenus par les spéculateurs britanniques et hollandais. Suite aux manifestations dans les rues, le 5 janvier 2010 le Président islandais Ólafur Ragnar Grímsson n'avait pas ratifié cette Loi de Remboursement et la décision a été soumise à un premier référendum le 7 mars 2010. Par référendum, l'Islande avait décidé une première fois avec une majorité de 95% de ne pas rembourser ses actifs qu'elle a pourris et cantonnés sur son ile, et qui sont le résultat de son activité spéculative internationale de Tigre de l'Atlantique sur le modèle de la pyramide Ponzi-Madoff. J'avais pensé un moment que l'Islande allait cantonner ses actifs pourris sous la mer ou sous les laves, mais elle n'aura même pas besoin de faire de gros efforts, elle trouvera en l'Europe Unie un sherpa particulier et zélé. Elle a déjà trouvé un ami en la Chine avec laquelle elle a réalisé un accord swap de devises et qui lui a aussi refinancé une partie de sa dette.

Dans notre question islandaise, il sera intéressant de voir comment l'une des Europes va se jouer contre l'autre des Europes. Il n'est pas certain que les lobbies financiers de la City de Londres laissent apparaître une certaine repentance dans les attendus et la décision de la Cour de Justice de l'AELE. Justement selon le ICB-Report d’aujourd’hui, le 11 avril 2011, la Commission Indépendante pour les Banques vient de donner son avis et n'exige pas de réorganiser le secteur bancaire britannique alors que Barclays et HSBC avaient fait faillite et ont été sauvées par l’État. La bulle des produits dérivés CDS/CDO est de nouveau aussi grande à la fin de l'année 2010 qu'avant ladite Crise et 96% des produits dérivés financiers constituant cette bulle sont détenus par les 5 banques en faillite des USA: Bank of America, City Bank, JP Morgan Chase, HSBC Bank USA, Goldman Sachs. Les banques britanniques Lloyds TSB, HBOS, Royal Bank of Scotland (RBS) et Barclays sont techniquement en faillite et traînent dans leurs bilans encore 60 milliards de £ d'actifs pourris. 80% des prêts de toutes les banques du Royaume-Uni étaient accordés à des emprunteurs étrangers pour des investissements à l'étranger. Les banques universelles qui confondent banque, assurance, dépôts, investissement et activité en fonds propres verront simplement leurs différentes activités mises sous un régime de Ring Fencing, de clôture des activités avec des normes spécifiques. Cette clôture est symbolique et légalement toujours perméable par le réseau des filiales dans ces bankholdings. Le gouvernement britannique n'est pas tenu de suivre l'avis de ce comité d'experts et de prendre ces fausses mesures préconisées. La recommandation essentielle de l'ICB est que les banques augmentent leur fonds propres à 10% conformément aux recommandations de Bâle III, ce qui signifie qu'elles sont toujours autorisées à s'endetter massivement pour spéculer avec des crédits. Les banques restent donc de vrais hedge fonds, et le rapport ICB leur donnent l'assurance que pour la prochaine crise, ce ne sont pas elles et leurs actionnaires qui vont payer mais comme actuellement le contribuable. Ce rapport ICB est une victoire supplémentaire du lobby bancaire de la City de Londres et il est en parfaite harmonie avec les divers G4, G20, G20-Finances ou sommets de l'Euro-Group qui se sont tenus depuis l'automne 2008 et qui ont tout organisé pour que la saveur morale penchera du côté des traders pour faire passer la (re)hausse des indices boursiers comme le charme opulent de l'initiative capitalistique, alors que cette hausse bancaire n'est due qu'à des artifices monétaires de l'argent prêté à taux zéro, mais relativement à taux négatif en réalité (entre moins 3 et moins 25% l'an), à la facilitation quantitative, la Quantitative-Easing cette création monétaire des banques centrales grâce à la planche à billet. D'autre part cette rehausse bancaire et boursière, qui n'est qu'une bulle échoïque, n'est due qu'au rachat des positions toxiques, illiquides et pourries par les banques centrales ou les bad bank d'état, ou par le camouflage de ces positions toxiques bancaires avec des "assouplissement" des normes comptables IAS/IFRS. Les USA sont techniquement en banqueroute d’État, la Fed' est en faillite et n'est plus qu'un gigantesque système Ponzi-Madoff. Donc je n'attends rien du jugement de la Cour de Justice de l'AELE.

Avec cet aménagement par la force publique d'un avantage concurrentiel déloyal et colossal au profit des banques, ces banques faillitaires techniquement ont encore fusionné entre elles pour devenir encore plus too big to fail. Coûte que coûte, le "modèle" doit gagner, que ce soit dans la CEJ ou la Cour de Justice de l'AELE, je n'ai pas de doute à ce sujet. Bruxelles avait encore offert à l'Irlande plus de 7 milliards d'euros d'aides structurelles juste 15 jours avant le second référendum sur l'adoption du Traité de Lisbonne pour faire "réussir" le Yes irlandais. Bxl trouvera bien une manière d'obtenir l'adhésion de l'Islande à l'Europe et la zone Euro. Le FESF - Fonds Européen de Stabilité Financière a bien offert à l'Irlande 80 milliards d'euros, au Portugal 70 milliards, à la Grèce 110 milliards d'euros pour les sortir de leur banqueroute d’État et donc pour éviter que leurs créanciers, les banques françaises, allemandes, etc, ne coulent aussi. La Grèce est avant tout victime de l'Euro, des Directives, de l'Euro-Groupe, du Traité de Lisbonne. Nous assistons au plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique, et en ce moment les banques publient même qu'elles ont remboursé 3 milliards par-ci et trois milliards par-là à l’État parce qu'elles sont de nouveau devenues bénéficiaires. Bien sûr, en enlevant de la comptabilité les centaines de milliards d'actifs pourris, illiquides, irrécouvrables et les autres 30.000 milliards de $ de cadavres dérivés (CDS/CDO) qui trainent dans leurs coffres. Les différents plans de sauvetage américains d'Obama/Geithner/Bernanke appelés TARP, TALF, PPIP, QE1, QE2 (???) et bientôt QE3, mais aussi les nationalisations totales des instituts de crédits hypothécaires comme Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae ont englouti plusieurs trillions de $ (1 trillion = 1000 milliards). Le Rapport ICB comme la Cour de Justice de l'AELE d'ici quelques temps ne parle pas des plateformes alternatives d'échanges des fonds qui sont les darkpools du shadow marketing system. Dans ce shadow banking qui constitue à 70% les transactions financières internationales, tous les CDS, CDO, LBO, MBS, RMBS, ...   sont tous des OTC - Over the Counter, et donc extrabilanciels, des opérations financières réalisées de gré-à-gré et qui sont intransparentes car officiellement elles n'ont pas de vie comptable. Iceslave_2.jpgLes dark pools sont aménagés officiellement par... la Directive Européenne sur les Marchés des Instruments Financiers - MIF / MiFID. Ceci est une autre preuve que l'EU autorise l'opaque, stimule l'opaque et que le socle épistémique de la concurrence libre et non faussée est en réalité la procédure normale de transfiltration des richesses. Ce qui est le plus aberrant est que ceci se sait, les informations sont facilement accessibles par tout le monde, mais que les médias et les peuples dorment sur ces mensonges consensuels. C'est ce que j'appelle la Compromission Universelle, ce qui n'est pas critiqué ou combattu est voulu. Il faut arrêter ce néo-faux-romantisme des peuples et des ouvriers qui sont abusés par leurs classes dirigeantes. Il existe des syndicats et des partis, il suffit d'être un électeur actif. La responsabilité politique appartient à tout le monde et d'aucune manière nous ne pouvons nous en démettre. En France, l'ouvrier est responsable et coure au Aldi parce qu'il a conscience des prix. Les islandais ont déjà dit deux fois Non au référendum sur la Loi sur le remboursement et se disent prêts à asseoir leur sécurité et leur bien-être sur autre chose qui sera issu de leur sagesse. Le gouvernement a accepté la rédaction d'une nouvelle Constitution pour l'Islande dans laquelle le peuple aura un pouvoir de codécision. Avez-vous remarqué que la "Révolution de Jasmin" arrive aujourd'hui en Inde et qu'il y a des soulèvements contre les castes élevées et les maharadjahs? En France, nous ne risquons rien, le furet passe par ici et repassera par là. Depuis Napoléon, la France est légitimiste, elle aime les grand-hommes aussi résolument que l'on vote en Alsace à droite.