1_Skibbereen_02.jpgAujourd'hui je ne vais me contenter de traduire in-extenso un article du Financial Times Deutschland.

Mais avant, je repose la question: Quelle est la différence entre la Banqueroute d'État de l'Irlande et les 100 milliards d'Actifs Cantonnés de la Société Générale ? Réponse: il n'y a pas de différence, même la taille annoncée des pertes est la même. L'Irlande a besoin de 100 milliards d'euros pour sortir de sa banqueroute d'État en réalisant le bail-out de ses banques, et la Société Générale est entrain de rapatrier en France une première tranche de 100 milliards de pertes de ses paradis off-shore. (Photos: août 2008, Ireland, Skibbereen)

Bruxelles, la BCE, le FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière offrent 100 milliards aux banques irlandaises par l'intermédiaire du gouvernement irlandais, et la Société Générale est la première banque française qui se met sur les rangs pour mendier au gouvernement français un bail-out qui sera en partie réalisé avec un aménagement fiscal en sa faveur.

Depuis le 11 avril 2008 je vous informe que le temps n'est pas encore venu où les banques vont révéler l'ampleur réelle de leurs positions toxiques. Quand le grand dévoilement commencera nous aurons ce global meltdown dont je vous entretiens très régulièrement. Assommés, les peuples accepterons alors toute forme de plan d'austérité, de sabordage du Welfare State, des privatisations selon l'AGCS, du retardement de l'âge du départ à la retraite, des allocations familiales, sociale, de chômage et de santé, des droits d'inscription aux universités, etc. Si la vérité des banques ne sort pas par les voies naturelles, Wikileaks promet de la déverser dans l'opinion publique dans peu de temps. Personne ne peut critiquer l'action "anarchiste" de Wikileaks, la violence est du côté des institutionnels et des médias qui ne font pas leur travail pour entretenir une saine démocratie.

Je rappelle que ladite "Crise" avait commencé en juin 2006 aux USA avec lesdits "Subprimes" et avait entrainé dès la fin de l'année 2007 la Bear Stearns et la Lehman Brothers, AIG, Fannie Mae et Freddie Mac, Chrysler et General Motors... dans la faillite; et du côté européen c'était en premier la Northern Rock, la 5ème banque d'investissement, en Grande Bretagne en été 2007 où il y avait eu le "run" sur une banque, l'afflux des déposants qui retiraient en masse aux guichets toutes leurs économies.

L'Irlande - qui est le pays européen qui a touché le plus d'aides structurelles européennes par rapport à son nombre d'habitants - est passée du Tigre celtique au mendiant européen. On ne sait pas que la France a été le tigre gaulois de la finance et qu'elle va gérer une mendicité intérieure en la masquant, pour commencer, par un sévère plan d'austérité imploré auprès du gouvernement Fillion/Sarkozy. Le 18 avril 2010 je vous avais écrit un article "La 2ème vague des grandes faillites des banques - 2è et 3è krach immobilier commercial et industriel". Il fallait sauver la Grèce avec les fonds européens, parce que les banques allemandes et françaises avaient spéculé respectivement pour plus de 100 milliards sur la dette grecque et les positions pourries et toxiques grecques. Sauver la Grèce, sauver l'Irlande, sauver les banques ne sont que des manière de créer plus ou moins directement des bad banks pour lesquelles les européens libres et non faussés vont payer pendant les 80 prochaines années à venir.

Mais si la Grèce s'est fourvoyée dans l'effondrement, si l'Irlande s'est fourvoyée dans la Banqueroute d'État, c'est tout autant parce que les pays européens sont eux-mêmes victimes de l'Euro, du Traité de Lisbonne, des Directives européennes sur les libres circulations des capitaux, de l'Euro-Groupe, d'ECOFIN qui leur ont laissé faire n'importe quoi par indulgence ou légalement par les opting-out anglais ou irlandais qui aménageaient pour ces pays les exemptions qui leurs étaient nécessaires pour ne pas respecter légalement la "Concurrence libre et non faussée" de l'esprit du Traité de Rome. Soit les États trichaient naturellement avec leur comptabilité nationale publiée pour contourner les critères de convergence et de Maastricht pour l'entrée dans la Zone-Euro, soient ils jouissaient de leur exemptions de Bruxelles, les opting-out qui étaient très officiellement des dumping fiscaux ou sociaux.

L'Irlande, dans sa fonction de mère de toutes les mères néo-libérales, avait en Europe la fonction secrète et ouverte de syncrétisme nervalien pour les rédacteurs des Directives Européennes et pour les Constituants du Traité de Lisbonne qui se promettaient un humanisme automatique de la jouissance pour tous dans le trickle-down-effect, l'effet de percolation: la "réussite irlandaise" avait cette apparence d'un culte idolâtre, d'une figure de la Mère perdue, mais aussi de la Femme idéale où se mêlent, Marie, Isis, la reine de Saba, la panacée consumériste, le référendum oublié, l'adhésion réelle totale des peuples mais non demandée ni donnée. Dans ce grand décorum, la Lutte de la Classe financière a été la seule qui soit dans la seule vérité qui était et est encore plus aujourd'hui la vérité de la fraude, de la falsification des bilans comptables des sociétés, des banques, des pays. A cette fraude s'ajoute l'Europe Providence bancaire qui donne un blanc seing à la spéculation, qui l'engraisse, qui accélère la libre circulation des capitaux en suivant les ordres des agences de notation et des marchés financiers.

Voici donc ci-dessous ma traduction de l'article du Financial Times Deutschland du 22 novembre 2010   >>>


"Schluss mit den Nebelbomben der Banken"

"Stoppez les bombes à brouillard des banques".

1_Skibbereen_05.jpg"Les gouvernements européens auraient dû comprendre au plus tard lors de la dramatique action de sauvetage pendant la crise financière de 2008 que le destin de leurs pays était entre les mains de quelques milliers de banquiers qui les mènent par le bout du nez. Un système bancaire délabré peut entraîner dans la ruine des États entiers. C’est ce qui vient d’être révélé en Irlande où le secteur financier est proportionnellement bien trop sur-gonflé par rapport à l’économie nationale du pays.

Il est d’autant plus étonnant, au regard de cette étroite dépendance par rapport aux banques, que les pays européens se laissent toujours tout autant mener par elles par le bout du nez. Le cas de l’Irlande en est toujours la preuve éclatante.

Pas plus tard qu’au début de l’été 2010 les superviseurs européens avaient examiné dans le « Stresstest » 91 instituts financiers pour évaluer leur résistance face à la crise. Ces superviseurs ne se sont reposés que sur les données produites par les banques elles-mêmes. A l’issue de l’examen, 84 banques avaient réussi le stresstest et les superviseurs l’ont attesté avec la mention “tout est en ordre“. Le sauvetage pour l’Irlande démontre que rien n’est en ordre. Les banques irlandaises sont englouties si profondément dans ce marécage hypothécaire, que l’Etat irlandais n’est plus capable seul de les en extraire. Et partout en Europe, les grandes banques tremblent parce qu’elles ont investi beaucoup trop d’argent dans les banques irlandaises. La Deutsche Bank allemande a à elle seule 114 milliards d’euros dans la fournaise irlandaise. (note du webmestre: cette banque est un mystère mondial, car elle est la most-leveraged bank of the world, la banque qui a le plus grand levier du monde, c'est-à-dire le moins de fonds propres et le plus d’activités pourries et toxiques en cours). La Deutsche Bank annonce le 1 décembre 2010 qu'elle revend son siège de Frankfurt, deux énormes gratte-ciels prestigieux qui font partie du nouveau profil aérien de cette ville des banques et de la BCE.

1_Skibbereen_06.jpgC’est pourquoi il doit être mis un terme aux insinuations nébuleuses et aux informations fausses des banques. Celui qui revendique de manière explicite la protection du contribuable doit être dans l’obligation d’informer les autorités de surveillance des risques encourus. Ce ne sera que de cette manière que les réels dangers d’une crise de l’Irlande, du Portugal ou d’un autre pays pourront être justement évalués.

Les politiciens doivent contraindre les banques à produire les données nécessaires pour le prochain Stresstest du printemps 2011. Ce ne sera que de cette manière que les États disposeront de la crédibilité dont ils auront besoin".

<<< Fin de la traduction.

Le Stress Test des banques américaines n'a été aussi qu'un acte criminel de plus d'Obama qui cultive sa filiation avec le gang Bush & Ponzi, Madoff & Bernanke, Paulson & Wall Street.

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màj du Mercredi 24 XI, 22:08: aux dernière nouvelles, il semble que le trou irlandais serait de 483 milliards d'euros, soit 3 fois le PIB du Pays. Oui, la période des grandes révélations commence, et avec elle l'accélération de l'Histoire qui nous projettera dans Weimar 2. Le PIB des USA est équivalent à 14000 milliards de $. Les USA ont déjà claqué 4000 milliards de $ pour rien, selon la version officielle, mais en réalité d'après les papiers internes comptables de la Fed' qui ne sont pas publiés par Wikileaks mais par le Financial Times ou le New York Times ou la Fed' elle-même, la Fed' a claqué 12,3 trillions de $, soit 12800 milliards de $: 3,3 trillions en helikopter money issue de la planche à billets et 9 trillions en rachat aux banques de Bons du Trésor et d'autres obligations pourries et toxiques. Quand le vérité sortira... il y aura la guerre civile aux USA... qui sera transposée dans une guerre à l'extérieur. Je me souviens de l'un de mes rares commentateurs sur mon site qui m'affirmait que "j'écrivais du n'importe quoi" quand j'informais que temporairement les normes comptables IASB étaient "allégées"... pour maquiller les bilans et retarder la révélation des positions toxiques pourries.

màj du Jeudi 26 XI, 07:44:
1) Les lobbies des analystes et experts financiers font pression sur Bruxelles et la BCE pour faire passer le FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière de 750 milliards d'euros à 1500 milliards d'euros. Ceci permettra d'adoucir la frayeur des peuples quand les banques commenceront à dévoiler l'ampleur de leurs positions toxiques.
2) Le Portugal passe sous la protection du FESF avant même qu'il ne le demande. Ceci permet au Portugal de n'avoir même pas besoin de montrer son mauvais bulletin, il est pardonné d'avance par l'État Providence Bancaire. Par ricochet ceci permet aussi au mauvais élève espagnol de ne pas avoir à craindre la punition des marchés pour cause de mauvais comportement. L'État Providence Bancaire vole au secours de l'Espagne avant même que ne soit émise l'idée qu'elle devrait passer devant le conseil de discipline des marchés financiers. La Lutte de la Classe financière est consacrée par sa victoire absolue sur tous les fronts depuis 20 ans. Il n'y a plus de clivage gauche/droite, il n'y a que la finance.

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Depuis toujours j'écris sur mon site que le grand deal international est de faire tomber l'Europe quelques minutes avant l'effondrement galactique des USA et de sa consœur britannique, ainsi entrera dans l'histoire que les USA se sont effondrés à cause de l'Europe et n'entrera pas dans l'histoire que le système néo-libéral de la libre circulation financière a entrainé la perte de toutes les économies nationales. Le modèle libéral sera donc pérenne après Weimar 2, les petits auront tout perdu, la finance nagera au-dessus.

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Le webmestre n'écrit plus grand chose, le cours de l'histoire en marche et à venir est exactement ce que je vous ai décrit depuis mai 2006. Bientôt nous aurons aussi comme en Irlande ou en Grande Bretagne des émeutes économiques et sociales qui n'auront plus rien à voir avec les wildcats strikes de février 2009. Les Renseignements Généraux savent où me trouver pour faire un remix de Largo Desolato ou de Minetti. Je leur ai facilité la tâche, tout ce que je pense est sur le Net. La police politique n'a plus besoin de monter un dossier. Il n'y aura pas de Cimbre-Gate.