Merckle Ratiopharm, le groupe pharmaceutique allemand, vient de perdre en novembre 08, deux mois après le début de la catastrophe financière mondiale, 1 milliard d'euros en spéculant sur les actions VW qui avaient récemment atteint pendant trois jours des sommets maladifs de plus de 1000 euros par action. Merckle demande au Gouvernement Régional de l'État fédéral allemand Baden-Württemberg de profiter du Plan de Sauvetage. Les truands sont à l'œuvre et vont encore mettre du monde au chômage. Les banques qui ont soutenu la "créativité" financière de Merckle, comme de tous les autres, sont tout autant criminelles que Merckle et devraient être poursuivies et punies au civil et au pénal pour avoir transformé et aidé à transformer en dettes les actifs du groupe Merckle, l'argent gagné grâce aux Travailleurs et à l'activité industrielle. Pour renflouer les caisses Merckel va licencier 1000 employés de Ratiopharm sur les 2850 en Allemagne.

Il est connu de tout le monde en Allemagne, que "Celui qui change la merde en or" (Aus Scheisse, macht er Gold) avait organisé un circuit touristique des actifs dans la centaine d'entreprises que possède le groupe Merckle en Allemagne et à l'étranger pour ne pas avoir à payer d'impôt. A présent il s'avère que ce groupe ne dispose plus d'aucune réserve, est ruiné, mais le patrimoine de la famille Merckle dépasse les 12 milliards d'euros. Si du truand de la société anonyme nous passons au truand qui a un visage, il ne faut pas le mettre dans sa mire. Ils sont tous criminels d'avoir abusés des capitaux sociaux et des épargnes des déposants.

Le G20, "Bretton Woods 2", de Washington du 15 Novembre 2008, qui n'a rien apporté de concret, feint d'exiger de nouvelles règles prudentielles comptable. Ces règles existent déjà sous forme d'appareils comptables prudentiels et de normes comptables internationales et d'évaluation du risque et sont dénommées IAS, IFRS, IFRS-7, Basel 2. Je me souviens que, depuis presque 10 ans, passaient pour des demeurés les entrepreneurs qui n'avaient pas encore fait basculer leur gestion comptable sur les Recommandations de Bâle 2 ou sur les autres normes comptables d'évaluation du risque et destinées à l'information trimestrielle fabriquée (de toute pièce) pour les marchés financiers et par les agences de notation boursière. Cette fabrication de l'information boursière et financière, vendue comme transparente et parfaite, s'était faite avec la complicité des chefs d'entreprises dont le salaire (golden hello, stock-options, golden parachute) était indexé sur le management financier qu'ils infligeaient à leurs entreprises. Pour ma part je m'étais inquiété très fortement dès 1990 de la montée en régime des système basés sur la volatilité et jouant ou se jouant de la volatilité. J'avais compris que les financiers nous faisaient croire qu'ils étaient capable de faire aux actifs le bond quantique qui leur permettait d'actionner le levier démultiplié des profits et de manière imparable et... durable. Je m'étais toujours insurgé contre les share-holders (détenteurs de part) qui avaient supplanté les stake-holders (détenteurs de tâches) dans la politique managériale, et je passais moi-même pour un demeuré de voir que juges et parties étaient confondus dans la direction d'entreprise.

Les recommandations de Bâle 2 ont été transposées en 2006 au niveau européen avec la Directive Européenne "Fonds Propres Réglementaires" (CRD, Capital Requirements Directive). Mais la Commission de Bruxelles, toujours pressée de faire appliquer dans une "Concurrence libre et non faussée" la Libre Circulation des biens, personnes, services et capitaux avait négligé de fixer des règles sévères de surveillance et s'était surtout dispensée de fixer un catalogue de peines et d'amendes, et de définir une autorité administrative de surveillance et une juridiction ad hoc. C'était un choix restrictif volontaire.

Ceci est d'autant plus condamnable que le scénario préparatoire à la crise communément appelée Crise des Subprimes, qui a commencé dès janvier 2007, reposant sur les produits financiers chimériques, avait été lancé à l'échelle planétaire en 2002/2003 avec la crise Enron, cette crise de l'éclatement de la bulle spéculative des Fonds de Pension qui avait révélé les manquements graves de l'audit financier des entreprises. Maquillages des bilans, fausse publication de chiffres, bénéfices inventés sont les mêmes pratiques qui ont conduit à la "Crise des Subprimes". La crise du géant de l'énergie Enron, détenu par les fonds de pension, était déjà entrée dans l'histoire sous le nom de "La crise du système de profit".

Aucune leçon n'en avait été tirée par une négligence dirigée et voulue et, déjà à l'époque, il était lancé comme vide conceptuel directeur que ce "n'était ni la crise du capitalisme, ni la crise de l'économie des marchés, mais seulement une crise de la surveillance et de l'audit, et que ceci ne pouvait pas arriver en France et dans les pays européens car nous avions un système de double contrôle à la différence des USA qui n'ont q'un système du contrôle unique où le donneur d'ordre est aussi celui qui est contrôlé". Je vous demande ce qui a été différent avec la-dite crise des sunprimes de 2007/08 dans laquelle trempent aussi massivement les entreprises industrielles, les organismes de fiducie, les banque de dépôts et de prêt... de tous les pays européens?

La négligence de Bruxelles avec sa Directive "Fonds Propres Réglementaires", volontairement incomplète à cause des multiples amendements du Parlement Européen qui avait édulcoré le texte, est impardonnable. Des milliards d'euros ont été définitivement perdus en valeurs toxiques, pourries et irrécouvrables, d'une part. D'autre part, Bruxelles accepte à présent que les États membres s'offrent des déficits budgétaires pour refinancer toutes ces affaires faillitaires avec l'argent du contribuable. Exit la "rigueur budgétaire" des critères de Maastricht et de la BCE, et ceci pour financer des chaines d'escroquerie qui finiront pas mettre en faillite les réseaux industriels et au chômage des centaines de milliers de Travailleurs. Travailleur est la terminologie officielle de l'UE. Au nom de la "rigueur budgétaire" européenne et de sa vision ordolibérale, Bruxelles recommande aux Etats par ailleurs depuis 57 ans le désengagement de l'Etat de la vie publique des services, de la santé, de l'éducation... en conformité avec l'AGCS de l'OMC.

C'est vrai, en 2006, lors de la rédaction de la Directive Européenne "Fonds Propres Réglementaires", c'était encore l'époque où il était moderne d'afficher le dégoût pour l'État, comme von Hayek l'avait enseigné à... Jean Monnet. Il était de bon ton, comme Jean Monnet d'afficher son aversion pour l'intervention de l'État dans les services publiques par exemple. Et l'on savait le faire savoir avec la "concurrence libre et non faussée" et "l'autorégulation par le marché". Et en Europe prévaut la suprême indépendance de la BCE, qui impose la suprême obéissance à la BCE des Banques Centrales nationales de l'Euro-Zone.

Basel 2 avait donc des lacunes et des failles en offrant aux banques la "main vibrante" de l'auto-contrôle qui devait conduire à l'auto-régulation de la main vibrante par la magie et la rationalité des modélisations mathématiques. Comme pour le système de contrôle unique du système américain de l'audit financier tant décrié, les banques s'étaient offerte un système sur mesure avec les Recommandations de Bâle 2.

Leur effronterie a été de se prendre pour cette "main vibrante", juges et parties, un Docteur Faust de la Finance. Bâle 2 a donc organisé l'indépendance fusionnelle des banques dans une "main vibrante" qui leur était toute dédiée et soumise. La Bulle des bulles, vous la connaissez. Il n'y a pas de déterminisme, il n'y a que ses serviteurs. Il n'y a pas de main vibrante, il y a ses experts. Il n'y a pas l'information libre et non faussée du "toutes choses étant égales par ailleurs", il n'y a que distorsion des marchés.

Il fait déjà partie d'un Révisionnisme de l'Histoire en marche que de dire que "les banques ne comprenaient elles-mêmes plus rien à leurs milliers de produits financiers dérivés" qu'elles n'arrêtaient pas d'inventer pour racheter et revendre, avec profit et avec un effet de levier, les anciens produits financiers titrisés. Quand les USA seront en Banqueroute d'État, le FMI et tous les pays de la planète seront appelés à financer des souscriptions pour racheter par appartements la statue de la Liberté pour plusieurs milliers de trillions de $.

Il est odieux que les soi-disants Plans de Sauvetage européens déclinés nationalement en Europe grâce à la "Boîte à outils" viennent au secours de tous ces malades systémiques qui ont spéculé sur du trafic de mensonges et d'influence financière avec des produits titrisés issus de dérivés de produits financiers. Il est encore plus dément qu'à présent les actifs budgétaires des gouvernements soient détournés pour les industries clefs qui ont pourtant délocalisé depuis 20 ans, qui ont rationalisé et licencié tout en réalisant des gains historiques de productivité horaire comme annuelle, tout en ne partageant pas avec les Travailleurs avec un salaire décent qui reflète l'énorme gain de productivité auquel ils ont contribué. Gain de productivité horaire et annuelle.

A côté du détournement par les entreprises des richesses et valeurs ajoutées réellement créées s'ajoute à présent le détournement d'État de parts du PIB par les gouvernements au profit de ces mêmes entreprises, tout ceci avec des parfums constitutionnels d'européanité. Il parait "qu'il ne fallait pas léguer des déficits budgétaires aux générations futures", qu'il fallait désengager l'État des services publics. L'Europe est au service de la dette des escrocs de ceux qui ont dilapidé les biens sociaux pour en faire des jeux de trésorerie compulsive.

Au Congrès de Versailles du 4 février 2008, les députés et sénateurs du PS se sont abstenus en masse, pour offrir à l'UMP et son chaman le Traité Simplifié Européen, le Traité de Lisbonne et donc pour titriser le NON des français du 29 mai. Cette spéculation sur le mensonge et les trafics d'influences des lobbies prendra bien une fin. Il faudra y penser lors de l'élection des Eurodéputés en 2009.

J'aime l'Europe et je suis nonniste.

Je m'étonne que personne ne parle de la situation bancaire et du crédit au Luxembourg, cette oasis fiscale qui a dépassé depuis presque 15 ans la Suisse qui "lave plus blanc". Le G20 n'a pas classé le Luxembourg, la Suisse, Monaco, Andorre, Jersey parmi les bad guys ou les rough states, ou l'Axe du Mal.