(J'ai écrit cet article le 17 octobre 2008. A partir d'aujourd'hui il constitue, lui aussi, une antériorité sur le web.
La suite et confirmation datée du 17 mars 2010 est ici )

Vous pourrez aussi aller lire mon article du 28 décembre 2008: Crise des surliquidités, mensonge et escroquerie planétaires,
et mon article du 26 décembre 2008: Létalité des USA et du Royaume-Uni.

Mon argumentaire se trouve dans mon article sur l'étendue européenne des Plans nationaux en Europe où je vous expose le différentiel entre les Plans européens de Sauvetage et le Plan Paulson. Ce différentiel est trop énorme et en faveur des européens et n'est pas un reflet du rapport de proportion entre le PIB américain et le PIB des États de l'Eurogroupe en un premier temps, ni des 27 Pays européens. Paulson ne s'y est pas trompé et, c'est passé sous silence dans la scène des médias, Paulson a abandonné son Plan Paulson pour en faire le Plan B: les 700 milliards officiellement annoncés vont surtout servir à devenir des allocations naufrages destinés à nationaliser, de gré ou de force, partiellement ou totalement les banques, du grand groupe à la petite caisse d'épargne de village.

Personne n'a relevé dans le web et dans les médias cette révolution d'octobre du cow-boy de papier qui a eu lieu le Mardi 14 X 2008, à 16:31 CET. Cette annonce, elle aussi, tout comme l'annonce du Plan Paulson A, n'a pas déclenché, comme pendant trois jours après l'annonce "du" Plan européen, une euphorie sur les places boursières mondiales, euphorie qui aurait pu être être assimilée si elle avait existé à un regain de confiance envers les USA et le $, ne serait-ce que momentané. Les index Dow Jones et Nasdaq ont continué à s'effondrer à Wall Street et les autres index sur les autres places boursières de la planète. "Le" Plan européen, s'il est pour moi un déni d'Europe au sens où il est une conjugaison de déclinaisons nationales de pays européens, s'il est un déni du Traité de Lisbonne, un déni des critères de Maastricht, il a concrétisé la naissance politique de l'Euro. C'est l'Europe qui a l'initiative de la "Refondation du Capitalisme" et de Bretton Woods II. L'Euro, n'est pas une valeur refuge, n'est pas la devise mise de préférence dans les coffres des autres banques centrales d'autres régions dans le monde, mais l'Euro s'était très rapidement apprécié face au $ depuis son lancement pour même atteindre 1,60 $ en été 2008. Bush et Paulson ont peur de l'Europe, le détournement subit du Plan Paulson en Plan Paulson B en est une preuve.

Le cow-boy de papier fait ses révolutions d'octobre:

Paulson va nationaliser partiellement avec son Plan Paulson B des grandes banques comme Citigroup, Bank of America, Wells Fargo, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank State Street, Bank of New York, Wells Fargo, Bank of America, Wachovia, Merrill Lynch... mais aussi des petites caisses d'épargne et de dépôt de village. Et comme ça fait du bien, de mettre un grillage autour de la maison dans la prairie, les 3 grands constructeurs d'automobile en situation de faillite vont aussi être arrosés de 50 milliards. Souvenez-vous des grands principes de l'OMC, ce club de riches fondé et piloté par les USA: privatisations, interdictions des aides directes ou indirectes. Souvenez-vous du conflit de Boeing contre Airbus à Genève devant l’ORD (Organe de Règlement des Différends, Genève, ce qui est la Cour arbitrale de l'OMC), où Boeing "prétend" que Airbus Industrie reçoit des aides des États. La réalité est que l'avion Airbus de la dernière génération A 380 vole déjà et que son "concurrent" de chez Boeing est encore sur les planches à dessin.

A l'instant, mardi 21 octobre, Henry Paulson annonce la Plan Paulson C: il va injecter dans l'économie 150 milliards de $ dans un plan classique de relance keynésienne. La boucle est bouclée, les Chicago Boys se redevenus keynésien et tournent le dos à Milton Friedman et à von Hayek. The road of serfdom prend la dimension de la servilité de l'État face au monde de la spéculation. Cette décision de Paulson de virer pour la quatrième fois sa cuti depuis avril 2008 a été précédée de l'annonce de l'Europe de faire un Plan de relance par injection de 150 milliards d'Euros. A chaque démarche les Usa n'ont plus l'initiative. Ils ont perdu la main.

(Tableau ci-contre: la correction du dow jones de 2007 est plus grave que celle de 1929. Celle de 2008 n'est pas encore affichée...)

Jusqu'à présent, les analystes économiques de ces dix dernières années, qui ne se laissaient pas éblouir par le Shareholder Value System qui ne transformait la planète qu'en un suprême de volatilité et en un marché financier où tout et la valeur de l'entreprise n'étaient référencés qu'à l'indice boursier (mark to market), nous disaient bien que "la productivité du système des PME américain est très mauvaise", "que les PME américaines ne sont pas du tout adaptées à la mondialisation (chérie) à la différence des grands groupes américains. Vu de l'Europe, cette faiblesse organique et systémique du tissu industriel américain ne se voyait pas et ne se voit toujours pas, car la richesse globale générée par la productivité horaire ou annuelle est calculée dans le PIB en mettant en rapport toutes les richesses produites et le nombre d'heures travaillées et la durée annuelle du travail. Étaient comptés dans ce PIB, la croissance fictive des richesses boursières. Ces-dites "richesses" boursières n'étant basées que sur du vent, du virtuel, un syndrome, in fine une maladie mentale liée à l'hallucination schizophrénique et titrinogène. Le ratio richesse nationale/productivité horaire/productivité annuelle a été pour tous les influenceurs politiques et leurs médiateurs, les canaux de l'information libre et faussée, le moyen de culpabiliser l'ouvrier, l'employé qui se sentait mauvais dans son être et honteux de réclamer son salaire.

Les richesses "réelles" des USA sont en réalité de très loin inférieures à ce que peuvent laisser supposer une simple accumulation offerte par l'économie réelle qui ne met en synergie "que" (ce "que" n'a rien de déceptif) ses fondamentaux, ses synergies d'activités productives qu'elle peut lever, ses associations de compétences technologiques, son savoir faire des ouvriers et des ingénieurs, sa prospection et réussite commerciale. Les analystes économiques disent que la valeur du $ est 9 fois surévaluée, en sachant que normalement une devise est le reflet d'une économie pondéré par l'emballage de la notoriété, du rayonnement, de la crédibilité, de la position géopolitique et militaire de ce pays. La planète entière avait voulu pour des raisons de cupidité s'accommoder avec la surémission de monnaie américaine, qui n'est rien d'autre qu'une titrisation d'État. La monnaie américaine appelée Dollar est un dérivé, un produit financier comme un subprime. A tous ces niveaux les USA sont très mauvais depuis George Bush père et la 1ère guerre du Golfe le 16 janvier 1990; il n'y a jamais eu de modèle américain dans lequel une diminution du chômage est la monstrance qu'agitent devant toute la planète et chez eux tous les influenceurs politiques et leurs médiateurs de tous les autres continents. 20% des américains vivent sous le minimum vital, 8 millions vivent dans la rue sous des cartons ou sous les ponts, 20% sont illettrés, 20% sont obligés de cumuler 2 à 3 "petits boulots" pour avoir le droit d'être un "travailleur pauvre".

Les USA ne s'étaient jamais découvert la nécessité de s'adapter eux-mêmes à la mondialisation, bien qu'ils l'exigent de tous les autres pays dans le cadre de leur club privé, appelé OMC (Organisation Mondiale du Commerce) pour la simple raison que les FSC (Foreign Sales Corporation), les entreprises exportatrices américaines, étaient toutes subventionnées pour leurs activités d'exportation. L'échec définitif du cycle de négociation de Doha provient aussi, dans ce cadre, de cette concurrence déloyale infligée par les USA (l'Europe est aussi visée dans cet échec). Cet échec du cycle de Doha qui remonte à 2001 est totalement ignoré dans nos médias, dans la population. Même au PS et dans sa Motion C de son Monde d'Avance on croit que l'action de gauche doit se diriger contre l'OMC. L'OMC n'existe plus. Subitement, Gordon Brown, vient de dire d'ailleurs à la Réunion de Sauvetage des 27 Pays européens, qu'il faudra accompagner une refondation d'un système monétaire international à la remise en route de l'OMC.

Les USA ne s'étaient jamais découverts en eux la nécessité de s'adapter à la mondialisation parce que tous les déficits budgétaires américains "normaux" ou suite à des mesures d'épongeage de crises systémiques (effondrement Enron, Worldcom, Arthur Andersen) et de d'éclatement de bulles (technologique, biotechnologique et du génome-humain, New Economy, Crise Asiatique) avaient toujours été financées par des émissions massives de Bons du Trésor que les autres continents se rachetaient aveuglément. La Chine est assise sur 1300 milliards de $ de Bons du Trésor US, la Russie est assise sur 600 milliards de $ de Bons du Trésor US, les Fonds souverains sur 3000 milliards de Bons du Trésor US, la BCE et l'Europe aussi... La Chine a menacé fin septembre 2008 de jeter sur le marché ses Bons du Trésor américain en qui elle n'a plus confiance.

(Voir ci-contre les réserves en $ à l'étranger, les dollars-glut)

Nous allons bientôt assister à une chute massive de ces valeurs de ces Bons du Trésor américain, comme pour les actions des "Société ad hoc" (société créée pour l’occasion de titrisation ou de spéculation ou "Special Purpose Vehicle" - SPV ou "Special Purpose Company" - SPC) ou du genre de ces banques d'investissement et de fiducie qui ont spéculé sur la titrisation, puis comme pour les actions des grandes banques "traditionnelles" ou des assurances qui ont réorienté une partie de leurs activités dans cette fiducie ou qui ont racheté des sociétés fiduciaires, puis comme pour les grands groupes ou les entreprises ou le diocèse de Paris ont réorienté une part de leurs actifs dans ces activités financières de spéculations titrinogènes. Les USA vont s'effondrer, la Grande-Bretagne aussi. Pour les mêmes raisons.

Ensuite, les Grands Groupes industriels comme Chrysler, Ford, GM et bien d'autre, qui sont en faillite depuis plus de 10 ans, avaient aussi réussi à se maintenir pour deux raisons. Ils se sont fait racheter par des Hedge Fonds comme Cerberus dont l'activité est le rachat-rejet des entreprises en externalisant tout ce qui n'est pas un potentiel de dégagement de marge. Vous pouvez lire à ce sujet mes 2 articles sur Cerberus et Chrysler écrits le 4 juin 2007 et sur le management financier de share-holders (détenteurs de parts) qui n'a rien à voir avec un management de stake-holders (détenteurs de tâches) comme dans le cas de Airbus Industrie que j'ai décrit dans un article le 16 juin 2006. Ce management financier a pratiqué de manières "créative" des "rationalisations", des licenciements, des liquidations de secteurs d'activités, des réductions ou arrêts des investissements dans Recherche & Développement, des fifth quarter sales, et toujours des reventes de leurs caisses internes de retraite, le tout toujours pour faire augmenter leur notoriété et l'appréciation par les agences de notation en bourse et la valeur des actions (mark to market, qui a fait loi, c'est-à-dire la valeur de marché de rapport trimestriel en rapport trimestriel). La retraite américaine fonctionnant par capitalisation, les entreprises qui se croyaient toutes devenir des énochiens pouvant (accessoirement) verser pour un millénaire entier les retraites, mais qui ne se donnaient même pas les moyens de réaliser une croissance durable, avaient des caisses de retraite internes ou étaient propriétaires de caisses de retraite. Ces entreprises en faillite se sont donc séparées de ses caisses en les externalisant (revendant) à bon prix pour s'en débarrasser le plus vite afin de nettoyer leurs positions comptables, rendre joli leur bilan et refaire monter leurs actions à la bourse en tentant d'atteindre un taux de marge opérationnelle de 20%. Ceci pouvait encore assez "bien" fonctionner, mais arrivent maintenant à la retraite les millions de papy-boomers, et ce système de retraite par capitalisation est par avance en faillite.

Avec les 8 vagues de la crise des subprimes et de la crise bancaire et financière, les fonds de pension américains ont perdu eux aussi 2000 milliards de $ qui ne seront plus jamais reconstitués. Il y aura alors un Plan Paulson C qui va constituer à "renflouer" ces Fonds de Pension comme ceci s'était fait pour le Fonds de Pension Enron. Ceci se fera avec les Fonds de l'État et la structure existe depuis cette crise Enron. Mais, cette fois-ci toutes les ficelles pour inventer de l'argent ont été tirées.

(Photo >> Les statues en bronze sont celles du monument à Prague pour les Victimes du communisme)

Les Fonds de Pension externalisés par les Grands Groupes Industriels ou part les entreprises, mais aussi les Fonds de Pension encore "gérés" actuellement par les entreprises ont tous fait de la "Trésorerie" à la Kerviel (le scandale du Trader de la Société Générale ou de la Caisse d'Epargne en France) et vont eux aussi, sous peu, révéler leurs "positions négatives", leurs "créances toxiques" et eux aussi ne sont plus solvables et ne valent plus rien, ni en Bourse, ni sur le marché. La structure d'État de repêchage de ce genre de faillitaires mise en place après la crise Enron, le Fonds public américain PBGC (Pensions Benefit Guaranty Corporation) qui devrait intervenir en cas de faillite d'un fonds est elle-même trop sollicitée à cause des... faillites (les cotisations des ménages ou de l'économie en récession ne rentrent plus non plus) et a les caisses vides. Mais en France, on fait comme si ceci n'existait pas et l'État Sarkozy, et Chirac-Jospin avant lui, pousse à l'extinction du système français par répartition au profit du système par capitalisation de ces Fonds de Pension. L'État américain devra cette fois-ci, contrairement à la crise Enron, laisser tomber dans la pauvreté, totale et non faussée, les papy-boomers qui vont accéder dans les prochains mois à la retraite (par capitalisation).

Les USA ne pourront plus puiser dans les Caisses de l'État et ne pourront plus émettre des Bons du Trésor américain, pour financer leur comportement titrinogène, car il n'y aura plus preneur sur la planète pour les papiers du cow-boy. Les USA sont en récession économique, la guerre du Golf n°2 ne coûte pas 500 milliards de $ mais 3000 milliards de $, Stiglitz le rappelle depuis son début. Il n'y a qu'en France où l'on fait passer Stiglitz pour un "gauchiste", quant à Jean Ziegler....

A ceci s'ajouteront dans les toutes prochaines semaines à partir de novembre 2008 une nouvelle vague de la crise des subprimes dans son aspect d'origine: 5,2 millions de "propriétaires" de maisons vont encore être chassés de "leurs" biens par les huissiers parce qu'une nouvelle vague d'échéances, appelée Marge Call ou Margin Call arrive, et qui ne seront plus honorées. La Margin Call est une demande de la part du courtier ou du prêteur à ce que le client dépose des fonds supplémentaires afin de garder la position ouverte. Les nouveaux "propriétaires" ne pourront plus procéder à ces dépôts de fonds supplémentaires.

A ceci s'ajoute bientôt la banqueroute des émetteurs de cartes de crédit comme J.P. Morgan Chase, Bank of Amerika qui n'ont pas du tout de dépôt de garantie pour ces activités et qui re-"poussent" de mois en mois 950 milliards de $. Ces émetteurs permettaient un report de mois en mois et n'envoyaient aux détenteurs de cartes de crédit qu'une facture les invitant à rembourser 10% des en-cours. Ces émetteurs de carte de crédit avaient aussi titrisé les en-cours des détenteurs et les avaient revendus dans des actions commerciales similaires à la titrisation des subprimes.

Je pense même que Obama, en qui on voulait voir le prochain Martin Luther King assassiné (aussi pour continuer à nourrir en soi le mythe du bon et du mauvais, de l'Indien et du Cow-boy, d'Eliott Ness et d'All Capone), va être autorisé à devenir le prochain Président des USA, parce que les américains vont lui laisser porter les poubelles d'un État qui sera en cessation de paiement, en banqueroute d'État. Le Mur de Berlin est tombé à l'Est en octobre 1989, il est tombé à l'Ouest le 15 septembre 2008 avec la faillite non repêchée de la Lehman Brothers. Veillons à ce que ces deux pans de murs (Berlin + Wall Street) ne soient pas le faît de notre tombe. Une heure de Old Europe pourrait avoir sonné.
Mais est-ce en bonne part?

Les populations des régimes d'oppression qui se sont écroulés ont commencé à voyager et à explorer le monde. L'américain va-t-il faire un genre de My own Private Idaho national, maintenant que le Mur s'est écroulé? D'un running on empty, il va courir vers où, cet américain, quand il sera à la recherche de quelque chose? La narcolepsie, la prostitution, la déviance, la guerre? L'employé de la salubrité publique, Barack Obama, ne sera pas respecté comme président éboueur.

Dans quelle direction ira la "Normalisation" américaine, une normalisation qui sera d'un même type que celle qui mit en suspens l'accélération de l'histoire sur la Václavské náměst, devant Jan Palach? Warren Buffet est-il l'agitateur américain des consciences ou le River Phœnix de la Bourse??

Pražské jaro?

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