en cours de rédaction

L’Europe avait pourtant inscrit dans ses textes qu’elle se voulait être une Europe des Citoyens, mais elle défend depuis l'origine en réalité les intérêts des États nationaux et ceux du libre-échange qui doit par tous les moyens faire baisser les coûts du travail et maximiser les profits des investisseurs. L'Europe organise, entretient et renouvelle en permanence une guerre civile commerciale. L’Europe met elle-même en scène les affrontements des États nationaux en leur accordant par exemple tous les opting-out, toutes les exemptions, qu’ils souhaitent à condition que ceux-ci leur permettent de s’aménager une position concurrentielle nettement avantageuse par rapport aux autres États-Membres. C’est ainsi que le Royaume-Uni et l’Irlande ont pu depuis leur adhésion jouir de tous les opting-out qu’ils veulent. Cette situation a conduit ces deux pays à faire massivement du dumping fiscal et du dumping social. L'Europe a donc très officiellement accordé à ces États le droit de commettre une concurrence totalement déloyale et faussée envers les autres États-Membres pour faire baisser massivement le coût du travail... et de la citoyenneté et pour engranger le dumping humain. L’Europe n’inquiète pas non plus le paradis fiscal du Luxembourg et son ancien 1er Ministre et ancien Ministre des Finances, Jean-Claude Juncker aujourd'hui Président de la Commission Européenne, qui a été 20 ans au pouvoir au Luxembourg en organisant cette criminalité fiscale du dumping fiscal massif au profit des grands groupes et contre l'Europe toute entière. Il suffit de suivre le Lux-Leaks pour voir comment cette Europe protège les puissants qui œuvrent pour l'actionnariat et les groupes transnationaux au détriment des peuples et des citoyens.

Pour éviter une "frontière dure" entre l'Ulster (Irlande du Nord) et l'Irlande qui est un État-Membre de l'UE et de la Zone Euro, le Royaume encore Uni pourra rester dans l'Union douanière pour une certaine période mais sans payer une subvention comme la Norvège, la Suisse ou le Lichtentstein. Avec ce faux-Brexit, le Royaume-Uni bénéficie officieusement de la "clause de la nation la plus favorisée". Le Royaume-Uni sera exempté de toutes les obligations relatives à tout État-Membre de l'UE. Le Brexit est un casse du siècle opéré sur l'Europe par la GB. Un effet boule-de-neige est à attendre et tout autre État-Membre pourra alors aussi faire valoir un droit à des exemptions de Bruxelles, sauf... le Grèce qui reste l'enfant terrible à punir pour l'exemple.

D'autre part l'EU sort elle-même continuellement des ses Traités Européens, puisque par exemple toute la "politique monétaire" de la BCE, avec ses "Quantitative Easing - Facilitations Quantitatives" par le rachat aux banques, assurances et aux zinzins (investisseurs institutionnels) de plus de € 17.000 milliards de dettes pourries, toxiques et irrécouvrables depuis l'année-Lehman 2008, est une violation des Traités par une BCE qui outrepasse totalement ses attributions et compétences. Ces 17.000 milliards représentent LE PLUS GRAND TRANSFERT de l'humanité de la dette privée (des spéculateurs, pas de celle des ménages) vers la dette publique. Le PIB européen est de 14.000 milliards. La BCE rachète encore tous les mois pour 60 milliards aux banques criminelles qui sont toujours, toutes, depuis 2008 en faillite technique. La BCE n'est plus qu'un club privé de défaisance et elle offre le dos des contribuables un abonnement décennal au blanchiment des dettes et des faillites des banques-poubelles et des investisseurs institutionnels. Seuls les rachats massifs des dettes pourries, toxiques et irrécouvrables permettent de donner l’illusion que les banques vont mieux ou qu’elles réussissent les stress-tests organisés périodiquement comme des téléthons par l'Union Bancaire Européenne pour amuser les populations et faire saliver les décideurs privés ou politiques.

 

Donc le slogan pour les Européennes du 26 mai 2019 ne doit pas être "Sortir des Traités Européens",
puisque pour beaucoup de domaines clefs et constitutifs de notre modèle européen personne en Europe n'est dedans.
Le slogan pour les Européennes de mai 2019 doit être "I want my Europe back".
 


Avoir accepté que des États-Membres sortent des Traités avant même d'y entrer, c'est aussi aménager à tous le droit de ne jamais y avoir été et de ne jamais vouloir y être. Les championnes dans ce jeu du Chat de Schrödinger sont depuis l'origine la GB et l'Irlande. La GB a de nouveau obtenu cette nuit ce qu'elle voulait et le communiqué de son gouvernement de cette nuit est victorieux: "EU withdrawal deal is 95% settled - 95% de l'accord de retrait sont maintenant réglés". La GB avait sucé l'EU jusqu'au squelette avec son nombre incalculable de ses opting-out (comme l'Irlande), c'est à dire avec toutes ces exemptions à respecter les obligations des Traités Européens, et cette nuit elle a obtenu la MOAB - Mother Of All the Bombs, la compétence de réaliser sur l'EU le plus grand hold-up sur l'humanité après la traite des noirs et le massacre des Incas.

Ah! J'ai oublié de vous dire. Les négociations étaient exceptionnellement dures. Theresa May a arraché à l'EU cette accord, mais avec la "conditionnalité" que la GB "s'oriente vers l'esprit des Directives Européennes".  Mais justement l'UE fait tout pour ne pas réguler ni contrôler les systèmes financiers tout en faisant semblant de se mettre d'accord sur des Directives.
Par exemple elle est revenue elle-même sur ce qui était passé après la crise de l'année-Lehman 2008 comme l'absolue priorité en prétextant que ce n'était plus d'actualité. Il s'agissait de faire éclater les banques universelles qui confondent épargne, assurance et spéculation sur les marchés financiers en leur nom propre. La Commission Européenne a enterrée elle-même le 24 octobre 2017 les propositions pour une Directive sur la Réforme de la Structure des Banques et du "too-big-to-fail"  .

 

 

Dans ce § je vais vous faire un inventaire des ces fausses Directives Européennes qui laissent toujours faire et aller tout ce que les banques et les système financiers ont envie de faire pour maximiser leurs profits jusqu'au prochain krach.

  • La proposition de directive sur le démantèlement des banques systémiques too-big-to-fail est enterrée comme indiqué ci-dessus.
  • L'information pure et parfaite et la concurrence libre et non faussée ne seront jamais possibles à cause de la Directive sur le Secret des affaires qui est vague et qui ne précise justement pas expressément que les journalistes, les whistleblowers - lanceurs d'alerte ne peuvent pas être condamnés pour leurs révélations issues de l'obtention, de l'utilisation et de la divulgation illicites d'informations internes aux entreprises. Des Kerviel seront toujours des criminels.
  • Pour l'Accord ANFA sur les Actifs Financiers Nets qui aurait dû fixer un niveau obligatoire d'actifs financiers nous en arrivons à l'effet inverse de celui recherché: les Planches à Billets nationales de l'Eurosystème continuent à engraisser la bourse et ne servent pas à financer des projets industriels de l'économie réelle. Les banques sont toujours subventionnées et récompensées pour leurs activités spéculatives criminelles sur des produits financiers dérivés titrisés qui ne servent qu'à la spéculation financière et au "1%".

 

en cours de rédaction

Mais ATTENTION: les grands fautifs sont les gouvernements des États-Membres de l'UE et de la Zone-Euro
qui ont poussé à ce que la GB reste le grand trou noir européen des flux financiers.

L'Europe est incapable de se penser sans la City et sans son modèle de titrisation des produits financiers dérivés. L'Article 50 du Traité sur l'Union Européenne dispose que "tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union". Pour parvenir à son Brexit la Grande-Bretagne s'est donc prévalue de cet Article 50.

A l'heure ou le "Sortir des Traités Européens" devient une plateforme de réflexion en Italie, dans le Groupe de Visegrád, en Grèce et en France, la manière européo-britannique de gérer la sortie du Royaume-Uni de l'Union-Européenne est totalement ignoble et représente une injure à tous les autres peuples et toutes les autres nations des État-Membres du continent européen.

L'implantation de la prothèse de l'inégalité au cœur même de l'Europe sera encore plus grande avec le Brexit, car non seulement la GB pourra prédater l'Europe continentale, mais elle jouira aussi de la liberté de réaliser avec des pays tiers des accords commerciaux bilatéraux ce qui est interdit aux États-Membre de l'UE.

Bruxelles accrédite avec ce Brexit la plus magistrale des privatisations par appartements de l'Union Européenne. Du système d'exemptions multiples aux Obligations relevant des Traités et Directives Européen, le "Super-Commissaire" Européen, Michel Barnier qui est le Négociateur en chef chargé de la préparation et de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni, vient de réécrire le Droit de l'Union Européenne. Il autorise officiellement un État d'Europe à organiser la prédation sur toute l'Union Européenne au nom de la libre-circulation des capitaux. A partir de maintenant nous voyons l'évidence de l'Ultima-Ratio de la Commission Européenne: la finance doit régir seule l'Europe, et son épicentre est la City de Londres. Michel Barnier n'est pas un adepte de l'itinérance mémorielle dans cette Europe de la défaisance sociale mais des portefeuilles.

 

 

 

 

 

 

Si le danger climatique est déjà omniprésent,
nous sommes déjà tous ensevelis dans la tombe par le monde de la finance spéculative.

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Occupy the WordS / I want my Europe back

 

(Photo: Tadeusz Kantor, février 2016 au Cricoteka de Tadeusz Kantor à Cracovie)