Baltic_Dry_Index_decembre_2012.jpg Depuis 1989 nous sommes dans la troisième décade perdue dans laquelle nous ne nous sommes toujours pas libérés du running on empty. Ladite Crise a déjà duré plus longtemps que la seconde guerre mondiale. C'est la première fois que la planète réalise une gestion de crise économique sans guerre mondiale apparente. Il n'y a plus besoin d'organiser une guerre mondiale puisque les riches des pays riches ont utilisé leurs hommes politiques et se sont donnés à travers eux les moyens de recapitaliser leurs propres avoirs en dépréciation galopante en léguant leurs dettes privées de leurs jeux de la finance à la dette publique des États. Les gouvernements aiment à se mettre au service de ces faux-joueurs et détournent aussi de ses statuts la Banque Centrale Européenne ou créent des appareils - parapluie-européen/MES/FESF/TSCG/Euros Bonds -  non décidés démocratiquement par un débat sociétal et parlementaire et aussi en totale violation des règlements et des directives européennes ou du Traité de Lisbonne ou de Maastricht. De Sarkozy à Hollande, les réformes Bâle III/Solvency 2/MiFID2 censées apporter les corrections au turbo-capitalisme sont régulièrement prorogées. La dernière supercherie de la semaine dernière est celle de l'obligation ordonnée aux banques de créer des fonds propres de réserve pour couvrir des dépréciations de certains de leurs produits financiers dérivés, mais ceci ne concerne que 0,5% de leur chiffre d'affaire. Les réformes du système financier jouissent de la même propagation virale que la fin du monde maya, le tout mêlé d'une imbécilité universelle qu'il est pourtant aisé de clarifier. Les adultes ont tout autant plaisir à jouer au crétin que les ados de la série Plus Belle La Vie en partance pour Bugarach.

Le Baltic Dry Index ci-contre à droite reste un indicateur sûr de la récession qui s'installe depuis 2008. Il représente en $ le coût réel moyen du transport maritime à la tonne des matières premières entrant six mois plus tard dans les process de fabrication des produits-finis. Les commentateurs se sont mis d'accord pour expliquer que cet effondrement est dû à la suroffre des capacités de transport maritime, au lieu de parler de l'effondrement de la demande de transport. C'est comme dire d'un aveugle qu'il est mal-voyant. En janvier 2012 on expliquait l'effondrement du BDI avec le Nouvel An chinois. Nous assistons non pas à une crise de surcapacité des cargos et porte-conteneurs ou à une "Crise de l'Euro" mais à la suite de krachs financiers majeurs avec sa succession de bulles échoïques. La bulle échoïque du BDI de 2009 à 2010 était due à l'achat massif par la Chine de matières premières destinées à être stockées en prévision lointaine de la sortie de crise et pour réduire en partie ses avoirs en $.

Bear_Rally_1929_2010.jpgLes ministres de propagandes nationaux et gouvernementaux n'ont plus besoin de déclarer de guerre, ils éliminent dans leurs pays l’État Providence, ils aplatissent les devoirs régaliens des États, ils privatisent les services, ils éliminent les acquis sociaux, ils surgonflent la dette publique pour renflouer les banques, et même les partis et les syndicats de la vraie gauche se laissent aller à leur lâcheté de se sentir las. Et le français ne carmagnole même plus sur le tarmac, mais il coure encore au Aldi parce qu'il a conscience des prix.

A gauche
: bulles échoïques du Dow Jones suite à la Crise de 29. Nous nous avançons maintenant vers l'éclatement de la 3ème bulle des subprimes: la bulle des Alt-A, des Obama Mortgage, de la FHA et de Ginnie Mae qui sera la début de la Grande Dépression 2. Mais d'ici 2014 la 3ème crise des subprimes ne portera pas de nom et sera un pot-pourri de crises parce que les riches des pays riches et les faux-joueurs financiers ont compris que pour assurer la pérennisation de leur espèce il ne leur faut laisser le monde que dans un profond et indicible malaise pour que les peuples intègrent en eux le sens de leur propre faute et tombent dans l'impensé. Et un peuple conscient de sa faute est un peuple soumis sans qu'il n'y ait même besoin d'une armistice. Dans ce monde des autoroutes de l'information nous sommes passés de la Guerre Froide à la Guerre Sous Silence et les millions de victimes ne se perçoivent pas comme telles. Elles adhèrent derechef au Manifeste-Credo des "réformes" pour la Règle d'Or, le Pacte fiscal de Compétitivité du TSCG. Cette Compétitivité n'est que de l'austérité intensive pour dégager des moyens financiers pour renflouer les faux-joueurs des banques.