Le syndrome du bail out et de la helicopter money ne cachera pas que la Grande Dépression de 2009 est plus grave que celle de 1929


  • Pendant la Première Grande Dépression des USA, l'effondrement financier qui avait commencé en 1929 avait conduit à un effondrement du PIB de -8,6% en 1929, de 6,4% en 1931 et de 13% en 1932.
  • Pendant de cycle de la Seconde Grande Dépression de 2007-2009, les effondrements financiers de la Bear Stearns, Lehman Brothers, Fannie Mae et Freddie Mac, Washington Mutual, Wachovia, AIG, Citigroup et plein d'autres sont exceptionnellement pire que ceux de 1929 à 1932.

Les prévisions de Obi, le roi du bricolage, d'une croissance du PIB de 2 à 3% pour 2010 sont des paroles de bonimenteur.


Vous voyez sur le graphique à gauche la récession des USA... en 2007. Oui, déjà en 2007. Celle de 2008 n'est plus publiée mais doit être au moins du double. Celle de 2009... La récession US du PIB de 2007 est égale à -6,2% et pour le Royaume-Uni -5,9%. Déjà en 2007!!! En Allemagne -8,2% est la récession du PIB en valeur annuelle pour 2009, en Irlande de -13,6%, le Japon -12,7%, Mexico -20,8%, entre -3% et -8,5% pour les Pays de l'Asie du Sud-Est, plus de -10% pour les Tigres baltiques, la Roumanie, la Bulgarie, l'Ukraine... si rien ne change. En France la récession est entre -1% et -1,5% grâce à Pinocchio. Depuis septembre 2008 tout le monde sait que nous aurons des récessions à 2 chiffres (double-digit contractions), mais on fait des cadeaux aux banques pour leur rembourser leurs dettes. Quand on aura la misère sociale on n'aura plus d'argent et on continuera à privatiser les services publics pour payer les dettes et les déprédations du système d'escrocs bancaires et financiers.

Les commandes en machines-outils allemandes se sont divisées par deux cette année, ce qui représente la plus grande récession dans ce secteur depuis que les statistiques existent en Allemagne dans ce domaines. L'Allemagne a été ces 14 dernières années championne du monde à l'export en valeur. Et ceci grâce à la machine-outil. La demande mondiale en machine-outils s'effondre, il n'y a plus de production dans l'économie réelle. Nous sommes dans la Grande Dépression économique.

Suite au refus de l'Union Européenne du 1er mars 2009 d'organiser un bail out global ou personnalisé au cas par cas des pays de l'Europe de l'Est, ceux-ci préviennent "qu'il ne faudrait pas construire un nouveau rideau de fer qui sépare les riches des pauvres." Ces pays, qui se sont senti pousser depuis 10 ans des ailes atlantistes (avec en tête la Pologne qui fait sa guerre en Irak) et qui ont encore plus spéculé dans des valeurs toxiques et des prêts hypothécaires comme les Tigres baltiques, la Hongrie, etc... en appellent à la solidarité européenne maintenant en menaçant de leur mauvaise humeur. Ces pays qui ont pratiqué le dumping social et fiscal pour doubler l'Europe par le bas voient du protectionnisme dans les meures européennes de soutien et de relance destinées aux Pays Membres de l'Union. L'Europe des commerçants et des VRP éclate exactement par là où elle existe, "la libre circulation dans une concurrence libre et non faussée qui crée la croissance du bien être et apporte le plein-emploi". Mais ce n'est pas d'hier, ça remonte à 1957, au Traité de Rome qui est le début du dénigrement et de l'éviction de l'État au profit du commerce européen. A l'Est et à l'Ouest, rien de nouveau. (Photo: "Hasta la vista, Baby" dans Terminator 2)

Au niveau international, le Forum Social Mondial de Belém a joué un rôle de catalyseur des différentes initiatives et débats sur les crises. Les déclarations des assemblées thématiques du FSM ont mis en avant le G20 de Londres du 2 avril 2009 comme prochain temps fort de la mobilisation internationale. Les séminaires de convergence qui se sont tenus sur la crise financière on permis d’aboutir à un appel : "Pour un nouveau système économique et social mettons la finance à sa place !". Il constitue une excellente base mobilisation et a déjà été signé par près de 200 organisations internationales.

Des initiatives sont déjà en cours de préparation de préparation en Grande Bretagne et en Allemagne :
- En Grande Bretagne :
http://www.putpeoplefirst.org.uk/
http://www.climatecamp.org.uk/g20
http://www.g-20meltdown.org/index.html
- En Allemagne : http://www.28maerz.de/
- En France:
CEDETIM et Attac et Signez la Pétition mondiale.


La crise actuelle n'est pas un un accident. Elle est la faillite du modèle néolibéral fondé sur le libre-échangisme intégral, la délocalisation, la culture de la marge opérationnelle à 2 chiffres, les prises de participations dans les entreprises par les fonds de pensions et les hedge fonds, la priorité absolue aux exportations au détriment d'une croissance fondée sur la redistribution locale et régionale. Les banksters parlent de "contribution négative" à propos de leurs activités nécro-commerciales.

Ver.di, le syndicat allemand de la fonction publique des États fédérés a obtenu hier pour ses 700.000 agents une augmentation moyenne de 119 euros par mois pour 2009 et de 156 euros par mois pour 2010. C'était ça ou la grève générale illimitée. C'est ceci la lutte des classes à l'allemande. La revendication de 8% n'a pas été atteinte, en raison de la "crise". Cet accord va maintenant être élargi aux 1,25 millions de fonctionnaires de la Fédération et des communes, et à la police. Toujours en raison de la crise, pour 2009 IG Metall n'a obtenu que 4,2%, la chimie que 3.3%, le ferroviaire que 2,5% + un complément de salaire de 500 euros versés en décembre 2009 et 2% à partir du 1er janvier 2010. Et en France on va carmagnoler sur le tarmac le 19 mars.

Le G20 de Londres du 2 avril 2009 sera voué à l'échec, car il va faire semblant d'annoncer un genre de Bâle 3, des normes prudentielles comptables plus serrées, mais il ne va pas reconnaître que le néolibéralisme a plongé le monde dans le plus grand désastre depuis Hitler et Staline. Il ne va pas reconnaître que les gouvernementaux ont pris de mauvaises mesures depuis le 15 IX (chute de la Lehman Brothers) avec cette cavalcade effrénée de bails outs, de bad banks et de nationalisations qu'ils ont mis en œuvre après une fausse analyse. Il ne va pas comprendre que les économistes ont ajouté du mal au mal. Il ne va pas annuler les critères libéraux de Maastricht pour l'Euro-Zone et il ne va pas annuler le Traité de Lisbonne en ce qui concerne la Libre circulation des capitaux.

De plus les générations futures sont très lourdement endettées par ces mesures dites de Sauvetage et de Restitution de la Confiance et de la Croissance. Les faillites des systèmes spéculatifs systémiques seront remboursées par le contribuable, le chômeur auquel on diminuera les allocations et leur durée, le malade auquel on refusera les soins et les hospitalisations, les lycéens et étudiants auxquels on refusera des enseignements tout en augmentant les droits d'inscription, etc... En plus on va continuer à privatiser les services publics tout en augmentant les impôts.

"Frogs are boiling in order", les grenouilles sont entrain de bouillir dans l'ordre. J'ai lu cette phrase ce matin dans la presse anglaise, en sachant que pour un britannique c'est le comble de la barbarie que de manger des grenouilles. Mais cette phrase était dans le contexte des multiples bail outs de plusieurs billions de $ qui n'ont aucun effet sur l'économie. Les grandes banques connaissent la nationalisation directe partielle ou totale, la nationalisation rampante par création de zombie bank (bad bank) avec aides financières et garantie de l'État. En apparence seulement ces bail out n'ont pas d'effet. Le marché boursier ne s'y trompe pas et les actions de ces banques deviennent des "penny-stocks" qui ne sont cotées plus que quelques cents. On dit même que ces actions sont en réalité des dettes, voire des faillites non déclarées.

Le marché financier ne se trompe pas non plus sur l'effet néfaste de ces bail outs. Sur la graphique ci-dessus à gauche vous voyez le prix de l'assurance qui est passé de $700 à $9800 pour 1 million de $ empruntés. Cette assurance est un CDS, un Credit Default Swap. Mais ce CDS ne montre plus la "qualité" d'un crédit privé, mais celle d'un crédit souverain (d'État). Le coût astronomique de ces CDS est à mettre en parallèle avec les spreads (éventails) entre les taux d'intérêts offert par les États sur les Bons du Trésor qu'ils vendent sur le marché des capitaux et placements pour financer leurs bail outs. Ces spreads menacent justement aussi en Europe toutes les monnaies des pays de l'Europe de l'Est, ou des pays de l'Est de l'Europe qui sont membres de l'Euro-Zone. A la bulle des CDS de 68 trillions de $ qui est 1000 fois plus grande que la bulle des subprimes et qui va éclater avec une violence infernale, les États ajoutent une autre bulle de CDS. Il n'y a pas non plus de raison que les États soient meilleurs dans leur capacité à rembourser leurs emprunts que les entreprises qui s'écroulent par milliers. Des trillions sont gâchés, ils ne seront plus mobilisables pour "le traitement social" de la crise et de lourds impôts seront soulevés comme en Islande, en Irlande, pour faire payer par tous la folie du néo-libéralisme et la folie des gouvernementaux qui ont appliqué le faux médicament sur le faux malade suite à une fausse analyse.

Le G20 de Londres ne va pas reconnaître l'ampleur de la bulle des CDS, l'ampleur de l'effet de levier qui est exercé par les bail outs financés avec le budget de l'État, les Trésoreries de l'État et le "creative easing" qui est la création de monnaie par la simple planche à billet (helicopter money) ou par des méthode très légèrement plus subtiles, par le "quantitative easing" qui est le détournement des moyens d'une banque centrale pour racheter les actifs toxiques et les "contributions négatives" des banques et des entreprises. Il parait que, comme le taux d'intérêt directeur des banques centrales est voisin de zéo, voire négatif, il est très à la mode de faire racheter les poubelles par les banques centrales, qui deviennent par cette manœuvre des bad banks à leur tour. Les banques centrales ne font pas faillite, il suffit d'ajouter de l'encre dans les imprimantes à billets de banque.

Je crois bien que personne ne se rend vraiment compte - sauf les nouveaux millions de chômeurs et d'intérimaires non reconduits - de l'extrême violence qui est exercée sur les peuples, avant qu'ils ne soient simplement matraqués par des "gardes républicaines" dans des manifestations. Pour ma part je reste à l'option démocratique et j'appelle à voter aux Élections Européennes de 2009, on ne peut pas se permettre de faire la Guerre des Paysans même si on a des barbares en face de soi. Mais les peuples n'ont pas à jouer leurs victimes, ils ont mis ces systèmes politiques en place qui ont milité contre toute forme de régulation et de réglementation. Ce qui est fait par voie démocratique, doit être défait par voie démocratique. Encore faudrait-il des médias et des partis qui ne soient pas godillots ou "légalement" soumis comme en France.

Dans cette Crise du Système du risque (terminologie courante admise pour cette crise 2007-2009) tous sont responsables: a savoir les scientifiques et économistes qui ont chanté les louanges de "l'efficacité incontestable des marchés financiers", les politiciens qui se sont agenouillés dans les banques avec plein de déférence devant "les créateurs de valeurs", l'opinion publique qui s'est laissée compter avec délectation que l'on a plus besoin de travailler et que l'on "peut devenir riche rapidement et sans risque" en réalisant un bon coup avec l'aide de son banquier, les débats publics qui ont occupé les médias et par lesquels ont expliquait aux gens que "leur retraite ne pouvait être que garantie par les activités des marchés financiers". Le peuple n'a pas droit de faire la révolution, car cette fois-ci il devrait la faire contre lui-même, faire l'autodafé de lui-même, faire le lemming run. Une grande concertation démocratique sera la seule issue...

...mais le G20 de Londres du 2 avril 2009 ne sera pas enclin, pour ne pas dénigrer ses trillions de $ de bail outs, à reconnaître les Deux décades perdues depuis la Chute du Mur de Berlin, qui auraient dues être mises à profit pour faire une synthèse entre le système capitaliste et le système communiste en y marquant profondément la volonté de faire un Green New Deal social et nordique.

La Commission de Bruxelles dépasse toujours et devance de quelques grandes longueurs les agitations de nos gouvernementaux. En effet, elle annonce le 24 février 2009, qu'elle autorise l'élargissement de la holding de défaisance (je suis inventeur de ce néologisme), la bad bank, à toutes les créances douteuses de tous les instituts bancaires et financiers qu'ils soient insolvables ou non, qu'ils soient en difficulté ou non, "indépendamment des situations individuelles". C'est a peu près pareil que si vous demandiez à des inconnus que vous invitez de se présenter à vous à reculons, pantalons baissés, avec le premier caca qui leur pend entre les guibolles. Même celui qui n'est pas dans le besoin sera heureux de trouver logis à ses aisances. Par "créances douteuses" la Commission de Bruxelles comprend "non seulement les titres toxiques adossés aux hypothèques américaines (subprimes), mais aussi tous les autres titres qui perdent entre temps fortement de la valeur." L'Europe des commis et des représentants de commerce a toujours su exercer un effet de levier sur les crises de confiance. La Commission de Bruxelles est maline, car elle est entrain d'autoriser légalement d'extraire des bilans des instituts financiers la bulle des CDS / CDO qui est mille fois plus importante que celle des subprimes. Ainsi, il ne sera même plus besoin de s'émouvoir, encore moins de parler de cet effondrement qui va dépasser tous les effondrements en 2000 ans d'histoire de l'économie mondiale. La Commission prétend endiguer ainsi la cavalcade bi-mensuelle des banquiers mendiants qui reviennent avec d'autres demandes de soulagements. La BCE elle-même est à présent too big to fail et too big to save et too big to bail. De la Rome antique, il reste aussi, encore debout, des vespasiennes. On s'imagine encore, 2000 ans après, le plouf.

Augmenter l'étendue de la garantie d'État avec des bad banks et des fonds de défaisance pour toute forme de créance douteuse ou de papiers toxique, comme les titres, les subprimes, les CDO / CDS, c'est apporter la bénédiction, la rémission de la faute et l'absolution de l'État à l'économie "libre" de marché en faisant payer tous ses égarements et toutes ses actions déprédatrices par l'État des contribuables, des citoyens et de ses habitants.

Pour faire écran de fumée, Bruxelles vient d'inventer un nouveau jouet de surveillance des marchés financiers composé de quatre hautes administrations qui ne s'occuperont pas en particulier de banques, d'assurances ou d'émetteurs de titres et dont les compétences resteront définies au cadre national de chaque Pays membre. Ce jouet portera le nom global de European Systemic Risk Council. Le Groupe d'experts, auteur de ce projet, rejette une régulation étendue et approfondie, mais prévoit un rôle d'avertissement et de conseil. Pour ne pas entraîner un assèchement des liquidités (credit crunch), le Groupe prévoit d'augmenter petit a petit l'exigence de fonds propres (Directive CRD) au delà des normes "prudentielles" de Bâle 2. Il conseille aussi aux entreprises de développer un management interne du risque et de plus déconnecter leur stratégie managériale des recommandations des agences de notation. Le Groupe d'experts critique aussi la proposition de la Commission de soumettre ces agences de notations à un contrôle, parce que ce serait trop compliqué à mettre en œuvre. CQFD, bla-bling.

En texte plus clair, Bruxelles n'a pas l'intention de freiner la libre circulation des capitaux et de violer les articles du Traité de Lisbonne:
  1. l'article 26 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, "Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des capitaux est assurée",
  2. l’article 63 (ex-article 56 TCE), "toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites"
  3. l’article 66 (ex-article 59 TCE) précise que des "mesures de sauvegarde" peuvent être prises "dans des conditions exceptionnelles", mais uniquement "pour une période ne dépassant pas six mois pour autant que ces mesures soient strictement nécessaires".
  4. l’article 58 (ex-article 51 TCE), "la libération des services des banques et des assurances".
  5. l’article 60 (ex-article 53 TCE), la libéralisation à laquelle les États membres "s’efforcent de procéder au-delà de la mesure qui est obligatoire".
  6. l’article 49 (ex-article 43 TCE) stipule au même titre que les autres services, les établissements financiers: "Les restrictions à la Liberté d’établissement sont interdites".
Je vous ai traduit ci-dessous le discours du Taoiseach (1er Ministre) irlandais, Brian Cowen, qu'il a tenu devant les 4000 délégués de son parti. 

"Des changements profonds concernant la régulation du système bancaire et incluant un rapprochement entre la Banque Centrale et l'Autorité de Régulation Financière seront annoncés d'ici quelques semaines par le gouvernement afin d'apporter une fin à un sinistre chapitre de la vie irlandaise.

Il existe une énorme colère et un profonde dégout à l'encontre de comportements de certains de nos banquiers. Ce qu'ils ont fait était faux, égoïste et a pénalisé le peuple irlandais. Il ne sera pas facile de pardonner. Ceci n'apportera rien non plus de dépenser son énergie à blâmer les banquiers. La police de répression des fraudes va s'en occuper [...] mais l'action actuelle du gouvernement est nécessaire et justifiée, parce que si nous voulons que l'économie fonctionne normalement et que les entreprises prospèrent, nous avons besoin d'un système bancaire totalement opérationnel.

Ce dont nous avons besoin aujourd'hui est de réparer les dommages causés par les banques. Je vais instaurés de nouvelles normes de régulation bancaire et de régulation de la Gouvernance d'entreprise (Corporate Governance) qui vont restaurer notre réputation et qui vont nous propulser à l'avant-garde des meilleures pratiques internationales.

Une Commission sur le fonctionnement du système central de banque comprenant les responsabilités de la Banque Centrale et de la haute autorité de surveillance et de régulation financière sera créée sur la base du modèle canadien en même temps qu'une autorité extérieure sera implémentée pour garder une supervision des banques.

Les changements vont soutenir la confiance dans notre système financier et remettre à flot les liquidités et le crédit, vont remettre à table de manière plus claire les conditions de l'octroi des prêts et assurer que le système financier agira dans l'intérêt des consommateurs. Cette initiative va mettre fin à un chapitre sinistre de l'histoire du système bancaire irlandais.

Les impôts devront augmenter. Notre système d'impôt doit changer. En temps de prospérité nous avons développé un système équitable et progressif d'imposition qui permettait aux contribuables de conserver une plus grande partie de leur argent.  Chacun avait connu un niveau de vie plus élevé.

Ce système d'imposition et d'assiette était basé sur une croissance constante. Il fonctionne au mieux lors d'une période de plein emploi et d'économie florissante.

Malheureusement nous n'avons plus aujourd'hui une économie florissante. Chacun est obligé de payer plus.

Et parce que personne ne doit se trouver en dehors de cette réalité, nous allons chercher une méthode qui permettra à tous de payer l'impôt. Ceux qui peuvent se permettre de le supporter au mieux, seront aussi ceux qui devront le plus payer.

Mais chacun aura à payer son écot, l'ampleur de notre défi est trop important. Grâce à cette combinaison d'une imposition plus élevée et de plus grandes coupes budgétaires nous allons restaurer l'équilibre budgétaire dès 2013 sans avoir a édifier un budget de crise.

Je réalise ce soir en m'adressant à vous que vous êtes nombreux à exprimer votre colère pour vous-mêmes, vos familles et votre avenir. Nous vivons en des temps incertains et les gens sont touchés dans leurs emplois, leurs activités industrielles et leurs maisons.

Le choix de société que nous faisons va influencer profondément notre pays et les futures générations d'irlandais. Comment sommes-nous parvenus à ceci? Les récessions. Elles ont gravement atteint les gens. Ils ont généré de l'anxiété. Ils ont dit que la douleur de perdre quelque chose était plus grande que le plaisir de gagner quelque chose.

A présent, en tant que Taoisech, je doit m'atteler à conduire la nation au travers du plus grand défi de notre histoire. C'est le plus grand honneur de ma vie de conduire cette République, j'aurais préféré des jours meilleurs.

Mais telle est la situation dans laquelle nous sommes. [...]

La réalité est que nous dépensons de trop et au jour le jour en ruinant notre pays. Nous pouvions l'exiger pendant la bonne période, mais nous ne le pouvons plus lors de périodes mauvaises. Chaque poste de dépense du gouvernement est vérifié plusieurs fois.

Les mesures que nous prenons pour restaurer notre économie seront douloureuses pour tous. Le niveau de vie va tomber dans tout le pays. Les Services Publics vont en souffrir et nous aurons à être patients.  [...]"

Mon commentaire: tous les salaires de la fonction publique sont aussi déjà diminués d'office de 7% avec une promesse d'un report du manque à gagner sur les pensions futures. Le désengagement néo-libéral de l'État de ses devoirs régaliens d'éducation, de santé, d'assistance conformément au programme de l'Ecole de Chicago, du Consensus de Washington, du Consensus de Bruxelles... connaît à présent une nouvelle légitimation avec le devoir national de gérer la crise et de ramener les comptes de l'État dans une zone moins déficitaire, ce qui n'est plus possible pour au moins 30 ans à venir avec les trillions dépensés pour sauvegarder et recapitaliser les banques.

C'est pourquoi il existe une Pétition mondiale à signer avant le G20 de Londres du 2 avril 2009.

Au lieu de renflouer un système pervers et nécro-économique, il serait préférable de lancer de très grands travaux dans le social, la santé, l'éducation, l'industrie verte, la recherche et augmenter le Smic et le niveau salarial.

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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal