Les gauches françaises, trop occupées à se demander si elles existaient, n'avaient pas non plus moufté devant le Casse sur le Code du Travail français. Elles avaient entériné.
 
Ceci n'est pas gagné, il faut maintenant que le Parlement européen adopte une position ferme vis à vis de la Commission et du Conseil lors du vote en plénière du 17 décembre prochain au Parlement Européen à Strasbourg. Le mouvement syndical européen manifestera le 16 décembre à Strasbourg pour demander au Parlement européen de rejeter la décision du Conseil EPSCO et de confirmer sa position adoptée en première lecture. Il faut se méfier des secondes lectures du Parlement Européen qui font passer par la fenêtre ce qu'elles ont simulé de virer par la porte. Souvenez-vous de la Directive Service qui a intégré en seconde lecture les Services de Santé, ou tout simplement de "Bolkenstein 2" qui n'a que changé de terminologie et resservi ceci dans la Directive Libre Circulation des Travailleurs et dans la Directive Travailleurs Détachés.
 
Ceci semble joli, mais il s'avère très souvent que CES se réjouisse bien trop vite. J'avais détecté ceci, en étant seul sur le web à le faire, lorsque le CES s'était réjoui des premières conclusions de l'avocat général de la CEJ / CJCE au sujet des affaires Viking, Laval, Partneri, et Rüffert.
 
8 mois après la Cour européenne avait donné raison à ces fournisseurs de services, ce qui est un grave coup porté aux activités syndicales transnationales et ce qui conforte la-dite Directive Libre circulation des Travailleur, la Directive Liberté d'établissement... et ce qui consacre un très grave nivellement vers le bas de la réglementation du temps de travail et des droits sociaux et syndicaux.

Selon Bruxelles, rien ne doit entraver la-dite "libre circulation des biens, des travailleurs, des marchandises et des capitaux", rien ne doit entraver la-dite "concurrence libre et non faussée", rien ne doit entraver "l'autorégulation par le marché". C'est ainsi que Bruxelles essaye depuis des années de casser le système allemand, garanti par la Loi Fondamentale allemande (Constitution), de l'Autonomie tarifaire entre les syndicats et le patronat et le système de la Cogestion (Mitbestimmung), qui sont à leur yeux une barrière protectionniste au Libre établissement des entreprises, à la Libre circulation des Travailleurs.

Vous venez de comprendre, pour les plus attardés d'entre vous depuis le 15 IX 2008 avec la faillite non repêchée de la banque américaine d'investissement Lehman Brothers suite à la crise "des subprimes", que le système financier travaillant sur une hystérie mensongère et falsificatrice des agences de notation boursière et des bilans comptables (IAS, IFRS, Basel 2) fonctionnait par-dessus vous,  non pas à un niveau virtuel mais bien à un niveau où était organisée la redirection, vers les seul endroit des décideurs et des détenteurs de part, des bénéfices et des valeurs ajoutées engendrées par le travail humain. Vous êtes donc à présent capables aussi de penser, que l'Europe est un système de redirection des valeurs ajoutées vers un seul acteur, le propriétaire d'actifs.

Mais serez-vous capable de purger votre peine et de reconnaître les faits qui vous sont reprochés?

Je vous expose alors en six billets pourquoi l'euro-électeur doit s'investir pour les élections européennes de 2009:

  1. Europe de Maastricht, Organisme de privation et de Transferts de richesses, de savoirs, de pouvoirs et de droits
  2. L'Europe et ses Boîtes à Outils, les États Membres, relancent l'erreur du Traité de Lisbonne
  3. Europe - Paléontologie de la rationalité de la Concurrence libre et non faussée
  4. Traité de Lisbonne: "concurrence libre et non faussée", retour du Titre 3 du TCE
  5. Élections Européennes 2009 - Traité de Lisbonne et "libre circulation des capitaux...", retour du Titre III du TCE
  6. Élections Européennes 2009 - Traité de Lisbonne et "les services...", retour du Titre III du TCE et de Bolkenstein
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Communiqué >>>

Euro-manifestation:
les syndicats européens disent NON à la régression sociale

"Le 16 décembre, plus de 15 000 syndicalistes venant de toute l’Europe ont manifesté à Strasbourg à l’initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES), pour demander au Parlement européen de ne pas affaiblir la directive sur le temps de travail, ce qui marquerait une régression sociale et donnerait un très mauvais signal en ces temps de récession économique et à l’approche des élections européennes. La directive sur le temps de travail est un élément clé de l’Europe sociale et elle ne peut pas être bradée. 

Les syndicats européens ont défilé dans les rues de Strasbourg ce 16 décembre, à la veille du vote du Parlement européen, sur la révision de la directive sur le temps de travail sous le mot d’ordre ‘Priorité aux droits des travailleurs, et non aux heures de travail à rallonge’. L’objectif de cette Euro-manifestation syndicale était de mettre en arde les membres du Parlement européen de ne pas adopter une révision de la directive qui conduirait à une régression dans le domaine de la politique sociale.

John Monks, secrétaire général de la CES a déclaré : « Nous demandons aux parlementaires européens de voter pour une directive sur le temps de travail qui aille dans le sens du progrès social. Dans le cas contraire, cela provoquerait la première régression sociale législative dans l’histoire de la politique sociale de l’Union européenne (UE). Est-ce le bon message à lancer aux citoyens européens à un moment où nous connaissons une crise profonde qui risque de s’aggraver ? A six mois des élections européennes, il est essentiel d’indiquer clairement à tous les citoyens européens que l’UE n’est pas seulement un libre marché qui donne la priorité aux grandes entreprises et aux banquiers mais qu’elle répond aussi et avant tout aux préoccupations sociales des Européens. Il serait insensé d’affaiblir une directive qui est capitale pour l’Europe sociale ».

Les positions de la CES sur la directive sont connues :

  • fin de l’opt-out,
  • le temps de garde doit être intégralement reconnu comme temps de travail,
  • protéger le rôle particulier des négociations collectives dans l’organisation du temps de travail : pas d’annualisation sans protection adéquate,
  • le droit pour les travailleurs de pouvoir concilier vie privée et vie professionnelle, et d’assurer leur santé et sécurité,
  • une protection contre les heures longues et nuisibles à la santé pour tous les travailleurs à tous les niveaux d’emploi, y compris les cadres supérieurs.

Une politique moderne du temps de travail du 21e siècle doit prendre en compte ces revendications."