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21 juin 2012

Il n’y a pas la "Crise de l’euro" mais la Crise des banques en faillite depuis 2008 / Solvency 2, Bâle III et MiFID2 annulés

Washington_Dix_Otto_Marx.jpg Les financiers spéculateurs ont réussi cette semaine un coup, qui n’est qu'un coup de maître pour les observateurs étourdis. Ce coup n’est qu'une simple étape technique dans un programme et une politique éprouvés. Les banques et assurances se font en effet massivement adoucir depuis 2008 par les États dits souverains la charge de leurs positions toxiques illiquides et irrécouvrables. Elles transfèrent massivement une grosse part de leurs dettes pourries sur la dette publique des États. Ces États mettent à la disposition des banques par l’intermédiaire de leur enfant illégitime, la BCE "indépendante", des liquidités à un taux voisin de zéro ou en réalité à un taux très négatif (jusqu'à -25% en taux annuel), et ces banques prêtent aux mêmes États des liquidités à des taux excessifs voisins de 7% ou supérieurs. Ces États junkies et veules se sont mis en situation de dépendance face à ces banques et ils craignent de manquer de subventions provenant des marchés financiers arrosés par la BCE pour acheter leurs Bons du Trésor qu'ils émettent pour financer les dettes privées qui leurs sont léguées par les banques sans modération depuis 2008. Les États laissent imaginer que leur propre survie dépend de la survie des banques qui s'enfoncent dans leur faillite due à leur propre cupidité criminelle, si bien qu’ils assouplissent à satiété les nouvelles normes comptables MiFID 2, Solvency 2 et Bâle III, déjà tellement perméables avant et après leurs réformes. Pourquoi ce Kuddel-Muddel? Pour préserver une certaine idée du monde libéral dans lequel la Banque Centrale ne peut être mise sous pression politique pour monétiser la... dette.

màj du 10 octobre 2012
: Le Royaume-Uni a annoncé que non seulement il ne va pas appliquer Bâle III, mais qu'il va encore baisser le niveau de fonds propres règlementaires des systèmes financiers, des banques et des assurances. Ainsi ils auront un matelas de couverture encore plus bas que celui déjà criminellement bas de Bâle 2 et qui a conduit à ladite crise.

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Otto_Dix.jpgDepuis 2008 je rappelle régulièrement avec ce titre de ce billet qu'il y a la Crise des banques, parce qu'il n'y a pas de crise de l'euro. Le récent coming-out de Michel Barnier du 9 juin 2012 sur le coût réel pour les contribuables européens de 4500 milliards d’euros et de 37% du PIB européen pour ledit "sauvetage" des banques n’a pas fait de vague en France. Il aurait pu pourtant être un argument décisif pour faire du Parlement français un Parlement de Gauche. Il faut donc réformer les marchés financiers, mais les financiers et spéculateurs ont réussi cette semaine un coup. Ils ont réussi à faire vider les trois projets européens de réforme Solvency 2, Bâle III et MiFID 2. Si vous cherchez sur Google "il n'y a pas de crise de l'euro", mon site est en B2 mais repassera bientôt en page N°1. Comme prévu!!! Au 17 août 2012, si vous cherchez sur Google "il n'y a pas de crise de l'euro" mon site est en A3 et en C10 pour 5.660.000 résultats. .  (Images: Otto Dix. 1ère image: ma création sous photoshop: GW, OD, KM)

Bâle III: Les régulateurs vont donc de nouveau assouplir pour les instituts financiers les nouvelles normes prudentielles comptables concernant l'obligation de respecter des ratios de liquidités. Il s’agit d’un point central de Bâle III selon lequel une banque doit détenir suffisamment d’actifs qu’elle peut écouler rapidement sur les marchés afin de résister à une crise de liquidité aigüe systémique ou spécifique à la banque sur une durée de 30 jours. Vous voyez la perversité ou la clairvoyance de Bâle III qui élève comme référence une crise financière de 30 jours, alors que les banques sont en faillite technique depuis 2008. Jusqu’à présent il était prévu dans le projet de réforme Bâle III que les banques conservent dans leurs réserves de liquidités du cash, des titres d'État liquides sur le marché et éligibles au refinancement en Banque Centrale... Suite aux recours de la branche, les régulateurs vont à présent permettre aux banques d’y associer jusqu’à une certaine hauteur de l’or et des actions. Les banques ont en effet des graves difficultés à constituer des réserves en cash et en obligations d’Etats. Selon une étude du Comité de Bâle il manquerait aux instituts financiers européens 1760 milliards d’Euro si la directive sur les liquidités devait être en vigueur aujourd’hui. Pour l’instant il est prévu que 60% en Bons du Trésor constituent ce coussin de solvabilité, mais la situation des Bons du Trésor en Europe ne permet plus de les considérer comme un safe haven pour les investisseurs, les spéculateurs et pour les épargnants, mais plutôt comme un prélude à des banqueroutes d’Etat. Et de toute façon la BCE rachète par centaines de milliards d'euros, en violation de ses statuts, des Bons du Trésor pourris (Grèce, Portugal, Espagne) ou les acceptent en dépôt de garantie (Italie), ce qui ne garantit pas non plus la solvabilité des banques. La BCE a démarré depuis aujourd'hui le 22 juin 2012, en totale violation de ses statuts, une nouvelle opération massive de facilitation quantitative en acceptant des banques comme corollaires (dépôts de garantie) des actifs totalement pourris et non éligibles en temps normaux. La BCE devient elle-même une bad-bank à la place de ses créanciers "de mauvaise foi" qui sont en faillite depuis 2008. Une crise des organes européens de décision s'ajoute à la crise des banques, mais ce n'est toujours pas une crise de l'euro. L'euro se porte bien.

Mervin King, chef de la banque centrale anglaise avait été l’un des plus forts protagonistes d’un renforcement des normes de réglementation bancaire Bâle III, mais il est aujourd’hui le plus fervent protagoniste de leur assouplissement, alors même qu’elles ne sont pas encore entrées en vigueur. Elles auraient dû l’être à partir du 31 décembre 2012. De toute façon ces nouvelles normes prudentielles ne concernent que les activités bancaires internes au bilan. Leurs activités hors bilan, le négoce des produits financiers dérivés, CDS/CDO, OTC et celles de leurs filiales dark pools ne sont pas prévues par Bâle III car il n'existe pas d'outils pour cerner le shadow banking.

Il en est de même pour la Fed‘ pour laquelle les nouvelles normes comptables de Bâle III aggraveraient la situation de stress dans laquelle se trouvent les banques. Je rappelle que la Fed’ comme la BCE publient régulièrement des stress-tests des banques qui pourtant attestent qu’elles ne se trouvent pas du tout dans une situation critique. Je me demande aussi pourquoi les banques manquent de liquidités puisque la Fed’ et la BCE les arrosent régulièrement de milliers de milliards de $ ou d’euros et qu’elles leur rachètent massivement leurs positions toxiques. Ceci s’explique par le simple fait que nous vivons en parallèle une gigantesque destruction de valeurs qui atteindra encore un montant de plus de 15.000 milliards de $ avant l’automne 2012. La directive sur les liquidités de Bâle III avait été fixée en 2010 suite à la faillite Lehman et après de très longues négociations qui n'avaient en réalité comme seul objectif que de gagner du temps et de laisser s'opérer la Destruction par les marchés décidée à la Conférence Bilderberg d'Athènes de 2009. Ce LCR - Liquidity Coverage Ratio devrait permettre d'éviter aux instituts financiers une crise de fuites de liquidités en cas de turbulences des marchés comme pour les faillites de la Lehman Brothers, de la WaMut - Washington Mutual aux USA ou de la Northern Rock en GB.

Otto_Dix_05.jpgSolvency 2: Je vous ai alerté le 24 octobre 2009 dans mon billet "IASB, IFRS, Solvency II, Bâle II: Victoire de la Lutte des classes financières - Droit de cacher les risques" au sujet des nouvelles normes comptables qui auraient dû aider à réglementer les activités des banques et des assurances. Pour les assurances la nouvelle directive européenne porte le nom de Solvency 2 / Solvabilité 2. Je pense que si vous avez pu lire les newsletters de votre mutuelle d’assurance maladie et de votre mutuelle complémentaire, vous avez vu que les chargés de la communication évoquent "Solvency 2" en anglais pour décrire sans rentrer dans les détails la nouvelle situation comptable à laquelle elles devront se préparer. Il aurait dû s’agir d’imposer aux assurances de conserver une plus grande part de fonds propres réglementaires au cas où une couverture devienne nécessaire en cas de défaillance de l’un de leurs créanciers. Les mutuelles aussi ont communiqué dans ce sens pour annoncer une augmentation des cotisations et une diminution des prestations. Il en va de même pour Bâle 2, Bâle 2+ qui entre temps s’appelle Bâle III qui s’est donné, officiellement et comme pour Solvency 2, comme objectif de rendre les normes prudentielles comptables plus contraignantes pour les banques en les contraignant à avoir un seuil de solvabilité plus élevé. Suite aux recours du lobby des assurances, la Commission Européenne va considérablement assouplir la directive sur les provisions techniques imposées aux assurances. La Commission va exempter de Solvency 2 pour les sept années à venir tous les contrats existants, qui auraient dû être concernés à partir de 2014. Les assurances ne seront tenues de respecter Solvency 2 pour les anciens contrats uniquement pour le management risque et pour la publication des rapports d'activité. Ainsi la réforme pour les assurances-vie est diluée. Selon une étude de la branche cette directive aurait mis en difficulté 40% des assurances ou les auraient rapprochées de la faillite. Solvency 2 est l'équivalent de la Directive CRD sur les Fonds Propres Règlementaires qui est la déclinaison en Europe de Bâle II.

MiFID2: Depuis 2008 il n'existe pas de proposition de réforme concernant les activités hors-bilan des instituts financiers, du shadow banking, des dark pools. Les banques ne vivent pratiquement plus que de leurs activités hors bilan qui n'ont rien à voir avec l'économie réelle de production de biens et de prestation de services. Par exemple la Deutsche Bank n'est qu'un hedge fond, un prime broker, auquel est accolée une banque. Dans mon article du 2 février 2012 "Victoire des Lobbies financiers: Directive MiFID 2 - Marchés d’instruments financiers - Analphabétisation de l'information" je vous ai annoncé que le 3ème volet des réformes annoncées par le G8, le G20, le G4, Ecofin, l'Euro-Groupe, le Sommet européen des 27 serait tout autant édulcoré et caduc avant même son entrée en vigueur. Sur les deux décades perdues depuis 1989 du PIB furtif, fictif et d'initié s'ajoutent 5 années perdues depuis 2008 pour ne pas appliquer les réformes du contrôle et de la règlementation des marchés financiers, du shadow banking, des réserves fractionnaires et des paradis fiscaux. Nos responsables politiques en ont profité pour organiser sur le dos des européens la balkanisation de l'euro pour maintenir les banques sous perfusion et dans un pneumothorax et ils ont rebaptisé la crise des banques "Crise de l'Euro" au lieu d'avouer que c'est la crise du Traité de Lisbonne et du modèle européen qui n'est qu'une déclinaison de la croissance appauvrissante induite par le Consensus de Washington et de l’École de Chicago.

Je vous avais annoncé le 16 février 2012 que MiFID2 voulait réformer MiFID. Lors de la période dorée de la croyance aux forces miraculeuses de l’humanisme automatique du capitalisme financier et de l’effet de percolation du trickle-down-effect du Consensus de Washington, la Commission de Bruxelles mandatée par les pays membres de l’Union Européenne et par les pays adhérents de la Zone-Euro avait totalement dérégulé et libéralisé à partir du 1er novembre 2007 le commerce des produits financiers avec la Directive MiFID de 2004 sur les Marchés d'instruments financiers et services d'investissement (Markets in Financial Instruments Directive). Avant que n'entre en vigueur en 2007 la Directive MiFID, le commerce des produits financiers se faisait dans les Bourses de valeurs de manière ordonnée et sous le contrôle et la surveillance des pouvoirs publics. Historiquement les Bourses avaient été créées pour être un instrument de régulation permettant de mettre acheteurs et vendeurs sur un pied d'égalité, d'établir une concurrence règlementée et une information ouverte sur les transactions qui doivent se dérouler sous le contrôle d'un organe national ayant siège dans chacun des États respectifs.

Par la Directive européenne MiFID, l'économie a été totalement abandonnée sur les marchés au travers de dark pools en opposition aux bourses. Pour que ces dark pools puissent s'amuser en paix, MiFID a permis la création des crossing networks, c'est à dire la mise en réseau de ces dark pools. C’était ouvrir le portail à l'implantation virale d'un état de fait dans un État de droits. Depuis MiFID, il existe en Europe plus d'une centaine de systèmes multilatéraux de commerce de produits financiers. Ce sont les MTF - Multilateral Trading Facilities / SMN - Système Multilatéral de Négociations; il y en a 143 en Europe. Aux USA ces plateformes s'appellent ATS - Alternative Trading Systems. En 2010 moins de la moitié des produits financiers ont été échangés dans les bourses. Dans ce nuage opaque et informatique le CAC 40 et les autres cotations boursières ne veulent plus rien dire, puisque plus de 50% des valeurs sont négociés en dehors de la bourse. Vous pouvez vous imaginer que l'AMF - Autorité des Marchés Financiers devient impuissante. Parmi ces plates-formes il y a Chi-X, ou BATS Chi-X Europe, ou Instinet, une filiale de la holding japonaise Nomura, ou Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, BNP Paribas, la Société Générale, ou Citadel et Optiver. Le réseau Turquoise, réunit BNP Paribas, Citigroup, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley, Société générale et UBS, que des banques qui ont fait faillite en 2008/09 et qui ont été pour l'instant sauvées compulsivement en apparence, du moins on ne parle pas de leur faillite puisque l’on n’a pas envie de croire qu’elles sont en faillite. Ce n’est pas un hasard si l’agence de notation Moody’s a rabaissé aujourd’hui le 22 juin 2012 la note de 15 grandes banques dont toutes celles-ci-dessus.

Avec ce négoce à l'aveugle des produits financiers dans ces centaines de plates-formes alternatives, plus aucune information sérieuse n'est possible sur la qualité des actions cotées en bourse qui devraient refléter la confiance des actionnaires qui investissent dans des projets industriels, à caractère financier, social, écologique ou dans des entreprises. Nous sommes en face de la fragmentation totale de l'information, et ici il n'y a même plus de dislocation du langage mais une analphabétisation des marchés. Les ordres d'achat et de vente se font de manière fragmentée en petites parties sur des centaines de plates-formes et plus ou moins en même temps. Une analyse recombinatoire est réalisée par ces networks pour donner un sens à un ordre d’achat ou de vente et pour le diriger vers celui à qui il est adressé. L'entité et la plénitude de l’ordre d’achat ou de vente ne sont décodables que pour quelqu'un qui dispose de toute la logistique informatique et du transport de la décision, de l'analyse et du sens qu'il est capable de donner à une action et à une situation du marché au milieu d'un nuage de volatilités. L’information n’est plus pure, n’est plus parfaite et n’est accessible qu’à une élite qui dispose de l’accès au savoir. L'objectif de MiFID1 a été volontairement de soustraire l'information des marchés règlementés et contrôlés de la Bourse pour la laisser à des initiés qui ont les moyens et la puissance de la traiter sous sa nouvelle forme fragmentée. Dans le milieu on parle avec fierté de "la puissance de feu" de ces plates-formes alternatives quand elles traitent l'information. Mais cette "puissance de feu" est un gâchis total d'énergie parce que le traitement de l'information se faisait tout seul dans les places boursières avant l'introduction de MiFID.

SCA0120964Ce modèle de dissection et de recombinaison de l'information constitue ce que j'appelle sur mon site depuis 2006 le modèle de privation de richesses, de savoirs et de droits. La fragmentation d'un ordre n'éveille pas la vigilance du marché des investissements financiers. MiFID a donc volontairement analphabétisé les marchés et rompu une fois de plus avec l'économie des marchés. Le marché, comme dans une économie soviétique ou maoïste planifiée est totalement manipulé. Un grand compte qui dispose d'un paquet d'actions dont lui seul connait "vraiment" la raison de les revendre va manipuler sa vente. Il va demander à son SMN - Système Multilatéral de Négociations d'émettre au rythme à hautes fréquences de la nanoseconde des offres d'achat sur son titre, et quand il aura suffisamment fait grimper le cours de ses actions, il va retirer subitement son offre d'achat et va les laisser acheter par les petits suiveurs ne disposant pas de l'information. Ces suiveurs vont payer un prix fort et indu et la concurrence a été totalement déloyale et faussée. Aux USA l'algo-trading qui utilise la moindre des variations de cours représente 70% des ordres, en Allemagne 40%.

La Directive MiFID voulant libéraliser le marché des produits financiers a monopolisé l'information réelle en quelques acteurs initiés sans qu'ils n'aient eu à commettre le moindre des délits. La loi, la Directive MiFID leur offre le délit sur un plateau. Avec un marché fragmenté, avec les négociations anonymes des dark pools et des crossing networks une taxe sur les transactions financières ne sera pas possible. Il faut interdire les ventes à l'aveugle, les produits vendus de gré à gré, les OTC extrabilanciels et il faut imposer la publication des informations ante et post-trade, avant et après le négoce.

La Commission de Bruxelles qui élabore les projets de Directive Européenne ne travaille que sur la base d'un groupe d'experts qui ne sont que des lobbyistes financiers délégués par les banques. Il y a à Bruxelles 700 lobbyistes financiers qui construisent à leur manière l'Europe. Ce ne sont pas des élus, mais ils sont en contact permanent avec les politiciens qui perdent en même temps le contact avec leurs électeurs. C'est pourtant l'électeur qui va payer pendant 20 ans à venir les dégâts causés par l'industrie de la finance. La démocratie est contournée avec la collaboration des politiciens élus et des euro-députés.

Trois ans après l’entrée en vigueur de MiFID et sa déclinaison dans les États membres de l’UE, le Commissaire européen au Marché Intérieur, aux services et à la Concurrence, Michel Barnier, UMP, annonce faire marche arrière toute. Sans la moindre des ambiguïtés la Commission annonce dans MiFID 2 ceci : "Le principe précédent selon lequel une transparence minimale, un contrôle minimal et une protection minimale de l’investisseur garantissent l'efficacité des marchés n’est plus valable." Comme toujours la bonne intention affichée de la Commission de Bruxelles était que les banques informent leurs clients au sujet des risques des produits financiers, mais imparablement le contenu de la Révision de la Directive MiFID de 2004/07 qui résulte des bonnes intentions de la Commission est à l’extrême opposé grâce au lobby financier de Bruxelles. C'est le Commissaire à la Concurrence, Michel Barnier qui a consulté le GEBI et IIF qui ont proposé tous les amendements qui vident de sa substance la révision de MiFID 1.

Dans MiFID2 le niveau d’exigences opposables aux banques sera bien inférieur à ce que les associations de consommateurs et certains euro-députés réclament. Pour Sven Giegold, porte-parole vert de la commission finance du Parlement Européen et fondateur de Finance Watch, la première ONG Finance qui s’oppose aux lobbies financiers à Bruxelles, la Commission de Bruxelles a laissé passer sa chance d’ancrer dans la Directive MiFID2 une réelle protection des investisseurs. Pour moi, ce qui m’importe est que si une protection de l‘investisseur n’est toujours pas possible avec MiFID2, c’est que tout le reste est possible. La spéculation, la création et la mise sur le marché de produits financiers inventés, de produits dont la traçabilité n’est pas possible. Les banques et assurances ont créé des génomes financiers qu'elles ne sont plus capables elles-mêmes de décrypter par une méthode de séquençage. Le mise en orbite de produits comme les OTC, CDS, CDO, RMBS se fait toujours comme avant la crise de l’année-Lehman 2008, la création de bulles spéculatives à levier est toujours favorisée et même accélérée par un cadre laxiste dans lequel il n’y a pas de contrôle et de règlementation.

La Directive MiFID2 aurait dû garantir que les banques ne vendent à leurs clients que des produits qui sont adaptés à leurs besoins et qui ne doivent pas être conçus dans le seul objectif de garantir aux banques le bénéfice le plus important possible. Pour l’association européenne des consommateurs Beuc, le salaire des conseillers en investissements financiers des banques ne doit dépendre que du service rendu à la clientèle en tenant en compte de manière prépondérante ses intérêts. C’est ce qui était prévu dans l'avant-projet de modification de MiFID, mais sous la pression des lobbies financiers, seule disparaît la provision pour les conseillers indépendants. Toutes les autres plates-formes pourront toujours négocier comme elles le veulent et de manière opaque. Le lobby financier de Bruxelles a réussi à faire inscrire dans la Directive MiFID2 un dispositif d'exemptions pour tous les autres conseillers en investissements financiers. Les banques peuvent toujours rémunérer leurs employés comme elles l’entendent. Ces employés pourront toujours vendre des produits financiers à très haut risque sans en informer vraiment leurs clients. Pour les courtiers indépendants dont le rôle est l'intermédiation, la parade est simple. Il leur suffira de supprimer le mot "indépendant" de leur carte de visite et ils pourront toucher des commissions des gestionnaires de fonds ce qui continuera à nuire gravement à la qualité de leurs conseils qu'ils fournissent à leurs clients. Dans MiFID2, les ordres d'achat de vente à hautes fréquences seront toujours autorisés bien qu'ils permettent toutes les manipulations, qu'ils échappent aux Autorités de Contrôle des Marchés et bien qu'ils soient par exemple responsables du Flash Crash de mai 2010 où le Dow Jones avait perdu 6% en quelques minutes. Toutes les opérations resteront toujours opaques. Il aurait aussi dû être interdit aux banques de ne vendre que des produits financiers, qu’elles n’ont pas inventés elles-mêmes et mises elles-mêmes sur le marché. Ce ne sera pas le cas. La Directive MiFID2 sur les MIF - Marchés d’instruments financiers et services d’investissement autorise de fait toujours autant les banques à tricher.

Otto_Dix_04.jpg"Dette publique" fait partie de ce que j'appelle la phénoménologie de confort. La phénoménologie est la description philosophique des phénomènes par rapport à l'esprit qui les perçoit. Dans notre société il est confortable pour des esprits dominants de prétendre mieux percevoir et décrire les phénomènes pour jouir d'une adhésion générale de ceux qu'ils perçoivent comme des éléments dominables qu'ils estiment situer en dessous d'eux et qui se confortent à ne plus avoir de pensée indépendante pour analyser ce qu'ils n'ont pas envie de comprendre. Dans une manie de confort, ces derniers ont mis le rêve de vivre le bien-être de l'état providence au même niveau que le jeu au loto pour empocher du gain. Les descripteurs de l'évènement économique se permettent depuis 2008 de s'offrir la rédaction d'une Constitution comportementale qui va règlementer le rapport des gens dans la "Règle d'or" du "Pacte fiscal" de l’État, qui se rappelle subitement à nous avec ladite dette publique alors qu'il nous avait enseigné avec le Traité de Lisbonne que la concurrence-libre-et-non-faussée se substituait à cet État pour garantir le "bien-être" et l'équilibre du marché. Cette Constitution se passe de débat parlementaire, de référendum, de OUI comme de NON, grille toute procédure démocratique et viole en flux continu les accords et traités européens depuis 2008. Nous sommes tellement couverts de bavardages sur la crise, les sommets compulsifs de Bruxelles et les mesures que nous ne remarquons pas qu'une mutation se fait dans les fondements. Les déçus du processus performatif de la libre-circulation qui pensaient empocher-comme-tout-le-monde dans une croissance qu'ils croyaient enrichissante, ne parviennent pas encore à s'extraire des pores du pressoir individualiste par lequel ils avaient décidé de passer en abandonnant en toute connaissance de cause l’État à la privatisation des marchés. Chacun ou collectivement, ils n'ont pas de place pour être indignés de soi-même, puisque politiquement ils ont tout laissé passer. On ne peut avoir l'indignation et l'argent de l'indignation. Ils acceptent la dette publique comme la pénitence réconfortante, sinon ils se mettraient à se détester en personne. Ils carmagnolent sur le tarmac le 1er mai et le reste de l'année courent au Aldi parce qu'ils ont conscience des prix, et offrent au Parlement en France une majorité qu’ils pensent être de gauche.

En juin 2009 le commerce des produits financiers dérivés avait atteint 594.223 milliards et presque 707.569 milliards en juin 2011 (Source BIS/BRI - Banques des Règlements Internationaux), ce qui prouve qu'aucun enseignement n'est tiré de ladite crise des banques depuis l'année-Lehman 2008 et que tout pousse à aller encore plus profondément dans l'erreur criminelle et spéculative des produits dérivés titrisés. Arrivera le moment du day-of-reckoning où il faudra révéler que cet accroissement des richesses n’a jamais réussi et de très loin à cacher la destruction massive de richesses qui s’opère sur les marchés depuis 2008. Non seulement nous avons un PIB fictif, furtif et d’initié, mais en plus nous avons une décroissance appauvrissante massive aggravée par les plans d’austérité qui sont télécommandés par les lobbies financiers.

Ladite crise, devenue aussi pour Cameron, Obama, pour les PED - Pays en développement au Sommet de Rio et pour les Pays ACP – Afrique Caraïbes Pacifiques la "Crise de l’Euro", est tellement entrée dans le quotidien des mœurs endolories, que le drift sémantique du bavardage sur la crise est passé, même dans la bouche du nouveau Président français, François Hollande, aux "Eurobonds" qui vont permettre "une Dose de croissance" et de desserrer l’austérité. Voilà que les Eurobons vont passer pour être une mesure de gauche. Dans mon article "Occupy the Words" je vous permets d’être témoins des mouvances sémantiques de la langue et du conversationnel international sur ce qui est une mutation historique encore sans conflit armé du système de société et d’économie construits de manière systémique depuis Adam Smith. 

Les Eurobonds ne sont rien d’autre que de la monétisation de la dette, la monétisation de la dette privée des banques et des assurances léguées avec bienveillances et complaisances gouvernementales au "déficit public". Michel Barnier lui-même, Commissaire européen à la Concurrence et au Marché Intérieur, a déclaré dans un communiqué officiel que le "sauvetage » des banques en Europe a coûté au contribuable 4500 milliards d’euros, soit 37% du PIB" de l'Europe. Michel Barnier ne parle pas de l’assèchement des services publics organisé pour la même période "pour combler le déficit". Pour "sauver" les banques et les assurances, le déficit public, qui était jusqu'en 2008 dans les normes des critères de Maastricht, a augmenté verticalement. Otto_Dix_06.jpgEt ce n’est pas fini, ou plutôt la crise va vraiment commencer en Europe comme en Grande-Bretagne et aux USA. Non seulement les banques et assurances sont techniquement en faillite depuis 2008, en réalité depuis le déclenchement de la chute de la Bear Stearns aux USA et de la Northern Rock en Grande-Bretagne, mais en plus elles ont gâché et dilapidé toutes les dizaines de milliers de milliards de liquidités mises à leur disposition depuis 2008 sous formes de plans TARP, TALF, PPIP, QE1, QE2, sous forme de twists entre Bons du Trésor à long terme contre des Bons du Trésor à court terme, et encore avec les 1000 milliards d’euros jetés par la BCE aux banques et assurances en décembre 2011 et en février 2012 (le bazooka) à des conditions totalement en infraction avec les cours habituels des marchés financiers et contre des garanties pourries sous formes d’actifs toxiques déposés à la BCE ou encore contre des Bons du Trésor fantômes créés pour l’occasion par divers États européens. La Fed', la banque centrale américaine, a mis, sans en informer le Congrès américain, à la disposition des instituts financiers dans la même période 16.000 milliards de $. Les USA sont en faillite comme la Grèce.

Je vous ai aussi exposé la situation comptables des 29 banques systémiques de la planète, dont celle de la Deutsche Bank, qui est la plus grande banque du monde de par son chiffre d’affaire et qui est aussi la most leveraged bank of the world, avec un fonds propre règlementaire de 2,27%, soit en dessous des Normes Prudentielles Comptables Bâle II et encore plus en dessous de celles prévues pour Bâle III qui avaient annoncé un niveau de couverture pouvant en théorie aller jusqu’à 9%. De l’ancien président français en poste au nouveau président français parvenu, rien n’est imposé dans les sommets européens et les G20 pour casser les banques universelles qui ont confondu et fusionné leurs activités de l’épargne, leurs activités commerciales, leurs activités d’investissement, leurs activités de spéculation et leurs activités d’assurance (Loi Steagall Act). La promesse des campagnes présidentielle et législatives 2012 est "la dose de croissance", mais pas non plus de "renégocier" le Pacte Fiscal Budgétaire Européen qui impose l'austérité pour aider les banques et qui assujettit par exemple les négociations syndicales des conventions collectives aux critères de Maastricht sur la "santé" de l’euro, et qui impose de fait une casse sociale et un dumping salarial.

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2 commentaires

16 février 2012

Victoire des Lobbies financiers: Directive MiFID 2 - Marchés d’instruments financiers - Analphabétisation de l'information

Rostock_bouteille_sachet_plastique.jpg"Dette publique" fait partie de ce que j'appelle la phénoménologie de confort. La phénoménologie est la description philosophique des phénomènes par rapport à l'esprit qui les perçoit. Dans notre société il est confortable pour des esprits dominants de prétendre mieux percevoir et décrire les phénomènes pour jouir d'une adhésion générale de ceux qu'ils perçoivent comme des éléments dominables qu'ils estiment situer en dessous d'eux et qui se confortent à ne plus avoir de pensée indépendante pour analyser ce qu'ils n'ont pas envie de comprendre. Dans une manie de confort, ces derniers ont mis le rêve de vivre le bien-être de l'état providence au même niveau que le jeu au loto pour empocher du gain. Les descripteurs de l'évènement économique se permettent depuis 2008 de s'offrir la rédaction d'une Constitution comportementale qui va règlementer le rapport des gens dans la "Règle d'or" du "Pacte fiscal" de l’État, qui se rappelle subitement à nous avec ladite dette publique alors qu'il nous avait été enseigné avec le Traité de Lisbonne que la concurrence-libre-et-non-faussée se substituait à cet État pour garantir le "bien-être" et l'équilibre du marché. Cette Constitution se passe de débat parlementaire, de référendum, de OUI comme de NON, grille toute procédure démocratique et viole en flux continu les accords et traités européens depuis 2008. Nous sommes tellement couverts de bavardages sur la crise, les sommets compulsifs de Bruxelles et les mesures que nous ne remarquons pas qu'une mutation se fait dans les fondements. Les déçus du processus performatif de la libre-circulation qui pensaient empocher-comme-tout-le-monde dans une croissance qu'ils croyaient enrichissante, ne parviennent pas encore à s'extraire des pores du pressoir individualiste par lequel ils avaient décidé de passer en abandonnant en toute connaissance de cause l’État à la privatisation des marchés. Chacun ou collectivement, ils n'ont pas de place pour être indignés de soi-même, puisque politiquement ils ont tout laissé passer. On ne peut avoir l'indignation et l'argent de l'indignation. Ils acceptent la dette publique comme la pénitence réconfortante, sinon ils se mettraient à se détester en personne. Ils carmagnolent sur le tarmac le 1er mai et le reste de l'année courent au Aldi parce qu'ils ont conscience des prix.

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"Dette publique" est une école philosophique qui décrit depuis l'année-Lehman 2008 la structure et l'ordre de

  1. la politique économique
  2. l’État Providence Bancaire
  3. la nouvelle partition internationale
  4. la signification de la monnaie et de la valeur
  5. la compréhension désirée des évènements économiques
  6. le rendez-vous démocratique de la campagne présidentielle des partis dominants UMP et PS
  7. l'Europe de demain, fiscale, sans dimension sociale, économique, écologique et sans solidarité avec les pays ACP et PED
  8. l'accélération de la dénaturation du Travail, du Travailleur, du Citoyen et de l'Humain
  9. le vivre / non-vivre ensemble.

Le bavardage de la chasse-au-furet-2012 se choisit comme force centrifuge les mots "dette publique", ce qui n'étonne pas dans une société industrialisée qui vit de la croissance appauvrissante où 1% des américains a raflé 90% de la croissance des richesses depuis 30 ans et où 2% des français cumulent 58% des richesses privées. La campagne présidentielle 2012 en France sera vile, vénale et ratée.

Dans le paragraphe de mon dernier billet "Balkanisation de la Zone Euro - 2ème Carry Trade de la Bad Bank BCE, Ex-voto européen du Quantitative Easing, Cartel de l'Euribor" j'ai écrit que les prolétaires pillés par la finance que nous sommes, ont été heureux d'avoir sous eux des sous-prolétaires et de les voir pillés de leurs denrées alimentaires et de leurs matières premières dans les Pays ACP - Afrique Caraïbes Pacifique et dans les PED - Pays En Développement pour assurer le confort du Nord.  Je critique les produits dérivés financiers depuis 1993 et depuis 2006 sur le web. Tout le monde critique en ce moment la finance parce que ça se vend bien et parce que ça donne un panache agréablement volé. Mais leur critique sert de sous-porteuse pour faire revenir le replis protectionniste nationaliste comme "remède à la France" parce qu'ils veulent "aider". C'est flashy de critiquer la finance et ceci permet pour la plupart de s'aligner sur le président français encore en poste qui vocifère depuis 10 ans: Sarkozy qui nous a volé le Référendum pour le NON au Traité Constitutionnel Européen va imposer un référendum contre les chômeurs.

Dans les critiques sur la finance il y en a peu qui sont à gauche, il y en a encore moins qui veulent savoir de quoi ils parlent et presque tous n'arrivent pas à venir à l'idée que depuis 30 ans la Lutte des Classes a été faite par dessus nos têtes et sans nous. François Hollande n'a rien compris non plus, bien sûr, et les premières pages de sa brochure de campagne qui est distribuée ne parlent que de ladite dette publique. Ce candidat, comme l'autre pensent qu'une culpabilisation de l'électeur les font passer pour des personnes raisonnables. Un curé fait pareil pour avoir son respect.

Certains font semblant de ramener le débat sur le non-fonctionnement des organes prévus par les Constitutions de nos États en montrant du doigt le Tout Monétaire. Placer le tout monétaire comme le 4ème pouvoir dans le catalogue du Partage des Pouvoirs de Montesquieu est subtil et rend au problème un aspect de concréssion d'un mal tout en le contenançant dans une abstraction voilante, volatile et insoluble. Ceci justement pour ne pas désigner le mal exactement là où il réside, sur le spéculatif, pour ne pas en arriver à débattre sur la nécessité d'instaurer la règlementation et le contrôle de la finance, des flux financiers, des réserves fragmentaires, du shadow banking, des dark pools, des produits financiers OTC et CDS, de la délocalisation vers les paradis fiscaux des valeurs et richesses créées par un pays. Il n'y a pas de crise de l'Euro, il y a la crise des banques. Il n'y a pas le Tout-par-la Monnaie, ce que j'appelle le Money-Drive, mais une immersion spontanée des États dans leur vassalisation au petit bonheur des banques. Le spéculatif s'est autorisé à s'assujettir le monétisant. Ce qu'a fait Jean Claude Trichet et ce que fait Mario Draghi - membre de Bilderbeg et de la Trinationale, ancien directeur de la Goldman Sachs Europe qui avait aidé pendant 10 ans la Grèce à tricher - n'est pas une politique monétaire mais un bricolage bancaire de providence. Le principe de l'Indépendance des Banques Centrales n'est appliqué que directement face au pouvoir politique pour avoir une photo dans le mensuel Gala ou Figaro Madame. Les gouvernements se sont mis unilatéralement et pour leurs propres bons offices en service pour le spéculatif bancaire qu'ils estiment devoir faire sauver par la monnaie, par la facilitation quantitative - Quantitative Easing c'est à dire la planche à billets, par le Qualitative Easing c'est à dire le rachat des actifs toxiques, pourris et illiquides des banques. Les gouvernements dévoient les injections keynésiennes pour prendre en possession les actifs pourris des banques qu'ils remisent ensuite dans la dette publique qu'ils surgonflent à satiété. Un SMS à Mario Draghi, Directeur de la BCE, suffit.

Rostock_3_bouteilles.jpgOn sait d'où provient le SMS. De la Deutsche Bank de toute façon, et de banques qui ont une position dominante pour faire du chantage sur les gouvernements. La première arme de chantage est le CDS. Les agences de notation ont déclaré la Grèce en faillite et pourtant il ne se passe encore rien sur les marchés financiers, personne ne réclame le remboursement de la perte par rapport à la valeur nominale du CDS pour lequel ce contrat d'assurance a été pris. Le CDS - Credit Default Swap, appelé en français "couverture de défaillance" ou "dérivé sur événement de crédit" ou "permutation de l'impayé", est un contrat de protection financière entre acheteurs et vendeurs, qui fut inventé par la banque JP Morgan pour décupler à l'infini l'offre de crédits et pour détacher le risque de ce crédit en le multimutualisant. Le vendeur de protection, la banque universelle et/ou l'assurance, promet de compenser les pertes de l'actif de référence en cas d'événement de crédit précisé dans le contrat. Mais c'est la banque elle-même qui a vendu le CDS qui décide quand un évènement de crédit a lieu. Souvent les banques se sont associées pour mettre sur le marché tel ou tel CDS, et comme le CDS est une opération extra-bilancielle, le marché est entièrement opaque, et les banques peuvent confortablement faire du chantage sur les gouvernements pour qu'ils organisent à souhait des sauvetages répétés et infinis de plusieurs centaines de milliards d'euros ou de $. Comme le marché des CDS repose sur des opérations extrabilancielles totalement opaques faites dans les banques et les assurances, c'est l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA - Association Internationale des Swaps et Dérivés) qui est la seule à pouvoir concrètement décider qu'un pays est à considérer comme étant en défaut de paiement. L'ISDA se tâte encore un peu pour déclarer que la banqueroute d’État de la Grèce est un évènement de crédit. ISDA est une association d'opérateurs de marchés, une organisation professionnelle qui regroupe des intervenants majeurs sur les marchés financiers dérivés. Les 15 membres de son Determination Comittee sont essentiellement des acteurs dans le négoce des produits titrisés sur des crédits: Deutsche Bank, les suisses UBS et Credit Suisse, BNP Paribas et la Société Générale, le britannique Barclays et les américains Bank of America, Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Morgan Stanley. S'ajoute aussi PIMCO le plus grand négociant de produits financiers du monde. Le slogan publicitaire du darkpool de UBS est "100% Dark". La Directive MiFID2 ne va toujours rien contrôler ni réguler. Joe Ackermann de la Deutsche Bank est consulté personnellement avec ses centaines de lobbyistes par la Commission de Bruxelles pour toutes les questions financières et monétaires. La Deutsche Bank est la banque par laquelle passe la plus grande partie du négoce des CDS et autres OTC. La Commission de Bruxelles abandonne à la Deutsche Bank la liberté de profiter de son monopole sur la concurrence-libre-et-non-faussée.

Pour moi la monnaie qui doit être un bien commun à tous est un service public. Le taux directeur d'une monnaie prêtée par la banque centrale ne peut se fonder sur un taux IBOR fixé par la manipulation d'un club privé d'une vingtaine de banques. Le tout spéculatif n'est pas que l'affaire des banksters et traders et des patrons qui se sont offert en 2010 30% d'augmentation de salaire. La responsabilité est partagée. La coresponsabilité maligne est une affaire de tous. Comme nous avons laissé faire nos multinationales et laissé les fonds d'investissement piller les Pays ACP et PED, nous avons adhéré par omission citoyenne à la rapine du voisin et de sa grand-mère et par négligence d’électeur nous avons laissé s'installer les 10 commandements du Consensus de Washington décliné dans le Consensus de Bruxelles par le Traité de Lisbonne et les Directives Européennes sur la libre circulation. Nous tolérons le Land Grab, l’accaparement des terres, pour assurer dans l'hémisphère nord la sécurité alimentaire et pour reporter la propension à spéculer sur les denrées et les matières que nous n'avons pas. C'est un momentané éloignement de la spéculation sur des produits financiers inventés, mais ça transforme les denrées et les matières en des lubies et des chimères avant qu'elles ne viennent dans notre estomac dans les pays industrialisés. Je ne vois une issue que dans une démocratisation des démocraties pour commencer, puis des autres pays que nous qualifions de non démocratiques. Celui qui montre du doigt est à l'orée de la révolution de carnage, à l'orée du protectionnisme égoïste, ou à l'orée de la "révolution nationale" fasciste. 

Lors de la période dorée de la croyance aux forces miraculeuses du capitalisme financier, la Commission de Bruxelles mandatée par les pays membres de l’Union Européenne et par les pays adhérents de la Zone-Euro avait totalement dérégulé et libéralisé à partir du 1er novembre 2007 le commerce des produits financiers avec la Directive MiFID de 2004 sur les Marchés d'instruments financiers et services d'investissement (Markets in Financial Instruments Directive). C'était sous l'impulsion du Commissaire Européen au Marché Intérieur et aux Services dans la Commission Barosso 1 qu'a été rédigée et imposée la Directive MiFID ou MIF - Marché d'Intermédiaires Financiers. Le Commissaire à la Concurrence est le seul Commissaire qui ne doit pas rendre de compte, c'est un Super-Commissaire, un archevêque du marché intérieur européen. McCreevy a été Commissaire à la Concurrence de 2004 à 2010, et n'avait pas une interprétation toute personnelle de la circulation des biens et des services et des capitaux et des Travailleurs dans la Région Europe, ni de la Concurrence-libre-et-non-faussée, il appliquait avec le zèle atlantiste les commandements néo-libéraux de l’École de Chicago et du Consensus de Washington. McCreevy a été choisi par Barosso pour son savoir faire dans le Tout-par-le-marché. Depuis 1992, il avait occupé différents postes en Irlande dans les gouvernements comme ceux de ministre des Affaires sociales, ministre du Tourisme et du Commerce et ministre des Finances. McCreevy avait déjà comme ministre irlandais organisé la concurrence déloyale avec sa politique de dumping social, de déréglementation et de dumping fiscal en abaissant le taux d'imposition des bénéfices des sociétés de 50% à 12% pour forcer les délocalisations vers son pays. L'Irlande s'était érigée comme le "Tigre celtique" avec sa politique de concurrence déloyale dirigée contre les autres pays européens alors que c'était son pays qui avait le plus bénéficié des largesses de la Commission Européenne par rapport au nombre d'habitants. La Commission de Bruxelles avait voulu mettre en avant le modèle irlandais pour qu'il soit une source intarissable d'inspiration pour les autres pays de l'Europe. L'Irlande a été le premier Pays membres de l'Union Européenne qui a été en banqueroute d’État et qui a été sauvé par l'Europe avec des centaines de milliards d'euro. L'Irlande a touché bien plus d'aides de sauvetage que la Grèce mais tous les non-repentis de la Concurrence-libre-et-non-faussée continuent à mettre en avant l'Irlande qui est subitement devenu le néo-modèle européen qui sait réduire la dette publique. La réalité est que l'Irlande a sombré dans une très grave récession et qu'elle a déjà fait passer 8 (HUIT) plans d'austérité en projetant dans la précarité et la pauvreté financière et structurelle toute sa population.

Avant que n'entre en vigueur en 2007 la Directive MiFID, le commerce des produits financiers se faisait dans les Bourses de valeurs de manière ordonnée et sous le contrôle et la surveillance des pouvoirs publics. Historiquement les Bourses avaient été créées pour être un instrument de régulation. Le rôle des bourses nationales était de mettre acheteurs et vendeurs sur un pied d'égalité, d'établir une concurrence règlementée et une information ouverte sur les transactions qui doivent se dérouler sous le contrôle d'un organe national ayant siège dans chacun des États respectifs. La première bourse du monde a été ouverte en 1406 dans la ville hanséatique de Bruges par la famille de commerçants Van der Buerse pour le commerce de produits, de reconnaissances de dettes et de devises.

La pulsion dérégulatrice de la Commission de Bruxelles avec MiFID en 2007 répondait comme depuis l’accord CECA – Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et ensuite depuis le Traité de Rome sur une idée simple: la Concurrence-libre-et-non-faussée qui crée des richesses, garantit le plein emploi et fait baisser les prix. Cette croyance qui n’était pas naïve voulait imposer un modèle de croissance sur l’enrichissement débraillé au détriment du travail et des hommes et des Travailleurs. Pour Bruxelles plus d'offre équivaut nécessairement à plus de choix et à une nécessaire baisse des coûts et à une augmentation de la transparence. A l’époque, la mise en langage de la crise sociale due à cette libéralisation qui commençait à faire le démontage des entreprises trouvait son ancrage dans "les fonds de pension". L’écoulement des produits financiers avait donc en très grande partie échappé des bourses et de la réelle concurrence libre et non faussée pour aller bouillonner dans des plateformes alternatives sans transparence et pour métamorphoser les produits financiers en "just-between-us" (juste entre nous), c’est-à-dire en produits négociés de gré à gré entre investisseurs et inventeurs de ces macédoines financières sans harmonie et sans structure. Ces just-between-us sont par exemple les fameux CDS – Credit Default Swaps qui ont encore aggravé en 2012 la situation de faillite technique des banques. D’autres produits financiers dérivés sont les OTC – Over The Counter qui sont tous extrabilanciels donc hors bilan. A l’ombre des Bourses traditionnelles, qui étaient déjà toutes en 2007 des entreprises privées elles-mêmes cotées en bourse, ont alors poussé comme des champignons des mini-bourses, des plates-formes électroniques algorithmiques à hautes fréquences et d’autres places de négoce privées qui avaient toute une chose en commun: elles appartenaient toutes aux grandes banques ou aux banques d’investissement. Toutes ces plates-formes alternatives sont les dark pools dans lesquelles bulle et pullule le shadow banking. Il faut par exemple savoir que la Deutsche Bank, qui est la most leveraged bank of the world, la banque qui a le plus grand effet de levier au monde, a délocalisé 96% de son négoce dans cette activité bancaire de l’ombre dans sa filiale qui est son prime broker Global Prime Finance. rostock_2_blizzard.jpgLa Deutsche Bank n'est en réalité pas une banque, mais un hedge fonds qui a une banque comme filiale. Et au final, les produits financiers n’ont pas été seulement opaques, incompréhensibles et plus chers que dans le système transparent surveillé à la bourse par les autorités de surveillance des marchés, mais en plus les inventeurs de ces macédoines de produits financiers ont vendu du papier qui ne reposait plus sur rien qui aurait mérité une notation triple AAA. Mais les agences de notation accordaient toujours la notation maximale à ces produits, parce que leur service de notation était rémunéré par les fonds d’investissement, les hedge fonds pour répandre sur la planète une bonne opinion et attester une bonne réputation à ces produits financiers. De plus les dark pools permettent à l'aveugle les transactions anonymes pour les quelles quantité et prix sont inconnus. Le principe de l'Information Pure et Parfaite avait donc été effacé par la première Directive MiFID. La "main vibrante" qui régule les marchés comme l'avait prévu Adam Smith et en conformité duquel voulaient fonctionner les économies capitalistes a donc aussi été effacée par MiFID, ce qui prouve bien que Bruxelles n'a jamais voulu donner une place à la "Concurrence pure et parfaite" mais aux lobbies qui la courtisent. Les dark pools permettent une anonymité totale si bien que l'on ne peut même plus parler de délit d'initié, puisque que sans traçabilité des opérations il n'est plus possible de remonter les filières. Mais il n'est plus possible non plus de connaître la situation comptable des banques, ce qui leur permet aujourd'hui et comme depuis 2008 de cacher qu'elles sont en faillite technique avec leur ballast d'actifs toxiques, pourris, illiquides.

Les principaux partenaires des hedge funds sont les dark pools comme les prime brokers dépendants des banques d'investissements, ou sont les crossing networks ou autres plateformes alternatives. Les prime brokers offrent aux hedge fonds un soutien opérationnel substantiel et leur fournissent du levier financier via les marchés dérivés moyennant des commissions élevées. Le risque de contrepartie sur ces hedge fonds est assumé par les prime brokers. L’intérêt des banques est double: 1) d’une part, elles peuvent cacher les risques de crédit en retirant de leurs bilans les actifs et 2) d’autre part, elles peuvent améliorer la liquidité des marchés pour leurs opérations de titrisation. Le prime brokerage est un marché très concentré. Les deux banques d’investissement JP Morgan Stanley et Goldman Sachs contrôlent plus de 40 % du total des actifs. Le prime broker de la Deutsche Bank concentre le reste et est le plus grand prime broker du monde, ce qui n'est pas étonnant puisque la Chiffre d'Affaire de la Deutsche Bank est le plus grand du monde. Il en va de même pour leurs revenus. Les hedge funds représentent 20 à 30 % des profits des banques d’investissement dont sont issus les prime brokers. La caractéristique essentielle des hedge funds est l’opacité liée à la structure privée et le risque lié au levier via les marchés dérivés dont le montant notionnel a explosé avec une croissance annuelle moyenne entre 1996-2006 de 60 %, pour atteindre 594.223 milliards en juin 2009 et presque 707.569 milliards en juin 2011 (Source BIS/BRI - Banques des Règlements Internationaux), ce qui prouve qu'aucun enseignement n'est tiré de ladite crise des banques et que tout pousse à aller encore plus profondément dans l'erreur spéculative des produits dérivés titrisé comme les CDS/CDO,etc. La dépendance des revenus des prime brokers vis-à-vis des hedge funds est essentielle et leur vulnérabilité en cas de faillites d’un gros hedge funds ou de plusieurs de taille moyenne est immédiate et irréversible. L'abus de position dominante de la Deutsche Bank, de JP Morgan et de Goldman Stanley. L'un des banquiers américains les plus connus est John Pierpont Morgan qui avait commencé sa carrière en achetant par l'intermédiation d'hommes de paille à l'armée américaine des fusils défectueux à 3,5 $ et qui les avait revendus à cette même armée par d'autres dark dealers pour 22 $ en les faisant passer pour neufs.

Les dark pools, les prime brokers et les crossing networks, qui sont la quasi unique composante de la discipline de marché et de la régulation indirecte espérée par MiFID, n’ont pas d’incitations à maîtriser les risques des hedge funds, tout comme les parties prenantes n’ont guère de contraintes en matière de divulgations d’informations. Les conditions d’une discipline de marché efficace ne sont pas réunies. MiFID a encadré comme un sémaphore son manque d’incitations à exercer la discipline de marché des prime brokers, des darks pools et des crossing networks et le manque d’informations pour exercer un monitoring digne de ce nom des investisseurs institutionnels qui sont devenus les principaux clients des hedge funds. Ceci traduit l’incohérence des incitations des prime brokers envers les hedge funds, étant donné la dépendance des revenus des prime brokers vis-à-vis de ces derniers et l’absence de capital de réserve pour les prêts par dérivés. Les produits financiers négociés dans les darks pools sont essentiellement la titrisation, qui est une transformation de crédits en titres financiers, qui altère les profils de risque de manière à disséminer le risque sur une plus vaste gamme de porteurs. Elle s’opère par la mise en pool de crédits rachetés à leurs initiateurs par des banques d’investissement. Celles-ci sortent les portefeuilles de crédits de leurs bilans pour les loger dans des structures spéciales non régulées, appelées conduits ou SIV (special investment vehicles). Les structures sont très complexes et requièrent de nombreux acteurs parce que la titrisation est à plusieurs étages. Dans ces structures, les pools de crédits sont découpés en tranches. Les tranches supérieures sont protégées des pertes émanant des tranches inférieures du pool selon les points d’attachement et l’épaisseur des tranches. Il s’ensuit un changement considérable dans le profil de risques. Afin d’extraire des commissions maximales, les intermédiaires et parties prenantes à ce processus comptent sur un empilement de couches de titrisation qui rend ainsi l’évaluation du risque inextricable. Le dark pool, le crossing network, le prime broker, la titrisation de crédits sont la palette du grimoire des risques. Il n'en fallait pas moins pour mettre en œuvre ladite concurrence libre et non faussée fondée sur l'information pure et parfaite des Directives et  Traités européens et du Traité de Lisbonne. Le FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière et le MES - Mécanisme Européen de Solidarités ne sont rien d'autres que des dark pools, mais qui n'ont qu'une seule finalité, celle d'être un fonds de défaisance destiné à léguer à la dette publique les actifs pourris, toxiques et illiquides. Si vous cherches sur Google concurrence libre et non faussée europe mon site est en A1 sur 2.270.000 résultats.

Par la Directive européenne MiFID, l'économie a donc été totalement abandonnée aux marchés à partir d'un accord multilatéral européen rédigé par des représentants des États. Je suis donc d'accord avec ceux qui disent "qu'il faut moins d’État", mais vous m'avez compris, il faut moins d’État qui impose par lois, décrets, règlements et Directives l'abandon des pouvoirs et devoirs régaliens au profit des marchés. Ce sont des fonctionnaires d’État et des grands élus qui sont payés pour casser l’État et j'en connais plein qui ont une prime à la casse quand ils réduisent coûts et investissements en cassant les services publics. Pour que ces dark pools puissent s'amuser en paix, MiFID a donc permis la création des crossing networks, c'est à dire la mise en réseau de ces dark pools, ou l'implantation virale d'un état de fait dans un État de droits. Depuis MiFID 1, il existe en Europe plus d'une centaine de systèmes multilatéraux de commerce de produits financiers. Ce sont les MTF - Multilateral Trading Facilities / SMN - Système Multilatéral de Négociations; il y en a 143 en Europe. Aux USA ces plateformes s'appellent ATS - Alternative Trading Systems. En 2010 moins de la moitié des produits financiers ont été échangés dans les bourses. Dans ce nuage opaque et informatique le CAC 40 et les autres cotations boursières ne veulent plus rien dire, puisque plus de 50% des valeurs sont négociés en dehors de la bourse. Vous pouvez vous imaginer que l'AMF - Autorité des Marchés Financiers devient impuissante. Parmi ces plates-formes il y a Chi-X, ou BATS Chi-X Europe, ou Instinet, une filliale de la holding japonaise Nomura, ou Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, BNP Paribas, la Société Générale, ou Citadel et Optiver. Je vous invite à aller sur leurs sites pour que vous éprouviez le charme discret de votre médiocrité cachée. Le réseau Turquoise, réunit BNP Paribas, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley, Société générale et UBS, que des banques qui ont fait faillite en 2008/09 et qui ont été pour l'instant sauvées. Le mouvement Occupy Wall Street aurait dû s’appeler Occupy the Dark Pools. Mais l'ubiquité de l'élite mondiale mise en réseau ne lui est pas encore donnée. Quoique.

Avec ce négoce à l'aveugle des produits financiers dans ces centaines de plates-formes alternatives, plus aucune information sérieuse n'est possible sur la qualité des actions cotées en bourse qui devraient refléter la confiance des actionnaires qui investissent dans des projets industriels, à caractère financier, social, écologique ou dans des entreprises. Nous sommes en face de la fragmentation totale de l'information, et ici il n'y a même plus de dislocation possible du langage mais une analphabétisation des marchés. Les ordres d'achat et de vente se font de manière fragmentée en petites parties sur des centaines de plates-formes et plus ou moins en même temps. C'est comme si pour entendre prononcer la lettre O, quelqu'un sur la planète commence la respiration pour lancer la labialisation du son O, puis quelqu'un d'autre on ne sait où poursuit, etc, et qu'un autre dise la fin du son, et qu'en même temps ailleurs encore un autre soutient le son de ce O quand il est arrivé à sa moitié, et qu'un système informatique neuronal quelque part, peut-être en Laponie, procède à une analyse recombinatoire pour donner un sens à ce son "O" et pour le diriger vers celui à qui il est adressé. L'entité et la plénitude du son "O" majuscule ne sont décodables que pour quelqu'un qui dispose de toute la logistique informatique et du transport de la décision, de l'analyse et du sens qu'il est capable de donner à une action et à une situation du marché au milieu d'un nuage de volatilités. rostock_six_pack_Bier.jpgL'objectif de MiFID 1 a donc été volontairement de soustraire l'information des marchés règlementés et contrôlés de la Bourse pour la laisser à des initiés qui ont les moyens et la puissance de la traiter sous sa nouvelle forme fragmentée. Dans le milieu on parle avec fierté de "la puissance de feu" de ces plates-formes alternatives quand elles traitent l'information. Mais cette "puissance de feu" est un gâchis total d'énergie parce que le traitement de l'information se faisait tout seul dans les places boursières avant l'introduction de MiFID.

Ce modèle de dissection et de recombinaison de l'information constitue ce que j'appelle sur mon site depuis 2006 le modèle de privation de richesses, de savoirs et de droits. Le système de la classe externe des négociants alternatifs en produits financiers a été instauré parce qu'avec les autoroutes de l'information à haute fréquence, la simple annonce à la bourse de l'intention d'un achat ou d'une vente influençait déjà massivement les cours des actions avant même que cette opération d'achat ou de vente n'ait vraiment démarré. La fragmentation d'un ordre n'éveille pas la vigilance du marché des investissements financiers. MiFID a donc volontairement analphabétisé les marchés et rompu une fois de plus avec l'économie des marchés. Le marché, comme dans une économie soviétique ou maoïste planifiée est totalement manipulé, mais dans les pays dits libres sans goulag, sans pendaison et sans internement, mais bien au contraire avec l'exacerbation de la liberté d'aller courir après l'information pour la sentir transparente. Comme dans un avenir assez proche, on ne pourra plus, comme je le fais depuis 2006, cliquer en ligne par jour sur une trentaine de quotidiens online ou sur des sources d'informations publicisées, il faudra à chaque fois payer un service que l'on vous fera passer pour être le service crossing network ad hoc de proximité dont vous avez besoin. C'est ceci l'esprit de MiFID 1 ou 2: se faire une place unique dans les esprits en leur démontrant qu'ils n'ont pas la capacité de discernement et que la réalité ne peut être établie que dans un rapport de dépendance face à un portail multilatéral de négociation pour en faire baisser les coûts.

Bruxelles a réussi avec les marchés ce que l’Éducation Nationale réussit avec les élèves: assoir les élèves sur un socle de rien sur lequel ne sera plus jamais bâti une analyse, une critique, un appétit vers l'information et son tri, un choix et une technique quantitative, qualitative ou empirique de décision. Le citoyen sera réduit à une glu filaire et les plus petits actionnaires ne disposant pas de systèmes informatiques sophistiqués et de réseaux d'information seront réduits à ne pas réussir les grands coups que réussissent les grands fonds d'investissements et autres investisseurs institutionnels. Même au niveau de l'actionnariat, la Lutte des Classe existe, et elle se fait sans les petits et au-dessus de leurs têtes pour les bons offices des grands comptes et des banques. Ainsi un grand compte qui dispose d'un paquet d'actions dont lui seul connait "vraiment" la raison de les revendre va manipuler sa vente. Il va demander à son SMN - Système Multilatéral de Négociations d'émettre au rythme à hautes fréquences de la nanoseconde des offres d'achat sur son titre, et quand il aura suffisamment fait grimper le cours de ses actions, il va retirer subitement son offre d'achat et va les laisser acheter par les petits suiveurs ne disposant pas de l'information. Ces suiveurs vont payer un prix fort et indu et la concurrence a été totalement déloyale et faussée. La Directive MiFID voulant libéraliser le marché des produits financiers a monopolisé l'information réelle en quelques mains et a fragmenté du multi-buzz pour occuper les esprits des plus petits acteurs et pour les conduire fatalement dans les mauvaises décisions d'investissement, le sur-coût de l'information lacunaire et les pertes financières. Tous ces agissements financiers détournent d'autant plus des investissements dans de vrais projet industriels ayant un caractère social et écologique. Les grands investisseurs disposent grâce à la Directive européenne MiFID d'une liberté totale et non faussée, pure et parfaite. Avec un marché fragmenté, avec les négociations anonymes des dark pools et des crossing networks une taxe sur les transactions financières ne sera pas possible. Il faut interdire les ventes à l'aveugle, les produits vendus de gré à gré, les OTC extrabilanciels et il faut imposer la publication des informations ante et post-trade, avant et après le négoce.

La critique de la finance se vend bien depuis l'année-Lehman 2008 et tout le monde parle de réformer l'Europe tout en la renforçant dans son plan néo-libéral. En dehors de Bâle III qui comme Bâle II profite à la spéculation financière au lieu de la "sécuriser", les réelles réformes promises ne sont jamais arrivées parce que tous nos politiciens sont au service des lobbies financiers. Aux USA la "Volcker-Rule" s'est liquéfiée en Dodd-Bill du nom de Christopher Dodd qui a été depuis 20 ans l'acteur principal de la dérégulation des marchés financiers. En Europe les lobbies financiers travaillent à Bruxelles et quand ils ne réalisent pas leurs propres avancées ce sont les Commissaires Européens, dont Michel Barnier, qui vont à eux pour leur offrir ce qu'ils attendent et même ce qu'ils n'ont pas encore demandé. Pour rassurer le secteur financier et des banques, le Commissaire européen au Marché Intérieur et aux Services, Michel Barnier, UMP et successeur de McCreevy, a créé en 2010 un Groupe d'experts en affaires bancaires, le GEBI - Group of Experts in Banking Issues dont il a offert la gouvernance aux banques et dont la fonction est de réguler les activités des banques. Vous avez la liste des membres du GEBI ici. La société européenne s'américanise encore plus avec cette décision du Commissaire français Michel Barnier et la Commission de Bruxelles se soumet avec méthode et détermination de plus en plus aux banques, comme le Congrès et le Sénat américains sont soumis réglementairement à Wall Street et à ses lobbies. La dernière preuve en date est la réforme Obama qui s'appelle Volcker Rule, mais qui est vite passée dans l'opinion publique américaine comme la Dodd Bill, du nom du Sénateur américain démocrate qui est le Président de la Commission Banque et qui est officiellement rémunéré et au service des lobbies financiers.

Tous les lobbies financiers et bancaires se sont regroupés sous la bannière de International Institute of Finance - IIF dont le président est Josef Ackermann le directeur de la Deutsche bank qui reste depuis 2008 la most leveraged bank, la banque qui a le moins de fonds propres et le plus d'actifs pourris illiquides comme les CDS et autres produits financiers dérivés. Si les banques ne participent pas à leur propre bail-out, elles le doivent à ce réseau de lobbies. C'est le IIF et la City de Londres qui ont fait passer le FESF / MES et Solvency 2. La Commission de Bruxelles qui élabore les projets de Directive Européenne ne travaille que sur la base d'un groupe d'experts qui ne sont que des lobbyistes financiers délégués par les banques. La toute nouvelle ONG Finance Watch créée il y a quelques mois est opérationnelle. Ces lobbies n'ont pas seulement une influence totale sur la Commission mais aussi sur les euro-Députés. Même Sven Giegold, euro-député vert et fondateur de Finance Watch est bombardé par des projets de textes et des amendements qui émanent directement du IIF ou de Josef Ackermann qui négocie directement avec Angela Merkel, chancelière allemande. Il y a à Bruxelles 700 lobbyistes financiers qui construisent à leur manière l'Europe. Ce ne sont pas des élus, mais ils sont en contact permanent avec les politiciens qui perdent en même temps le contact avec leurs électeurs. C'est pourtant l'électeur qui va payer pendant 20 ans à venir les dégâts causés par l'industrie de la finance. La démocratie est contournée.

Trois ans après l’entrée en vigueur de MiFID 1 et sa déclinaison dans les États membres de l’UE, le Commissaire européen au Marché Intérieur, aux services et à la Concurrence, Michel Barnier, UMP, annonce faire marche arrière toute. Sans la moindre des ambiguïtés la Commission annonce dans MiFID 2 ceci : "Le principe précédent selon lequel une transparence minimale, un contrôle minimal et une protection minimale de l’investisseur garantissent l'efficacité des marchés n’est plus valable." Cette déclaration officielle de la faillite d’une Directive Européenne ne peut que réjouir les Indignatos, les Anonymus, les petits gauchistes comme moi et les gens qui ont vu démolir leurs emplois en rafale par la déviation des fonds des entreprises dans le management financier. Ne vous réjouissez pas, je vous invite à de nouveau être témoin de la dislocation du langage que j'ai dénoncée formellement dans mon billet précédent.

Rostock_blech.jpgComme toujours la bonne intention affichée de la Commission de Bruxelles était que les banques informent leurs clients au sujet des risques des produits financiers, mais imparablement le contenu de la Révision de la Directive MiFID de 2004/07 qui résulte des bonnes intentions de la Commission est à l’extrême opposé grâce au lobby financier de Bruxelles. C'est le Commissaire à la Concurrence, Michel Barnier qui a consulté le GEBI et IIF qui ont proposé tous les amendements qui vident de sa substance la révision de MiFID 1. Pour la Commission il n’y a pas de vie en-dehors de la libre-circulation, enfin pour ce qu’elle prend pour telle. Le Parlement Européen débat en ce moment de la Directive MiFID 2 mais le niveau d’exigences opposables aux banques sera bien inférieur à ce que les associations de consommateurs et certains euro-députés réclament. Pour Sven Giegold, porte-parole vert de la commission finance du Parlement Européen et fondateur de Finance Watch, la première ONG Finance qui s’oppose aux lobbies financiers à Bruxelles, la Commission de Bruxelles a laissé passer sa chance d’ancrer dans la Directive une réelle protection des investisseurs.

Pour moi, ce qui m’importe est que si une protection de l‘investisseur n’est toujours pas possible avec MiFID 2, c’est que tout le reste est possible. La spéculation, la création et la mise sur le marché de produits financiers inventés, de produits dont la traçabilité n’est pas possible. Le mise en orbite de produits comme les OTC, CDS, CDO, RMBS se fait toujours comme avant la crise de l’année-Lehman 2008, la création de bulles spéculatives à levier est toujours favorisée et même accélérée par un cadre laxiste dans lequel il n’y a pas de contrôle et de règlementation. La Directive MiFID 2 aurait dû garantir que les banques ne vendent à leurs clients que des produits qui sont adaptés à leurs besoins et qui ne doivent pas être conçu dans le seul objectif de garantir aux banques le bénéfice le plus important possible. Pour l’association européenne des consommateurs Beuc, le salaire des conseillers en investissements financiers des banques ne doit dépendre que du service rendu à la clientèle en tenant en compte de manière prépondérante ses intérêts. C’est ce qui était prévu dans l'avant-projet de modification de MiFID 1, mais sous la pression des lobbies financiers, seule disparaît la provision pour les conseillers indépendants. Toutes les autres plates-formes pourront toujours négocier comme elles le veulent et de manière opaque. Le lobby financier de Bruxelles a réussi à faire inscrire dans la Directive un dispositif d'exemptions pour tous les autres conseillers en investissements financiers. Les banques peuvent toujours rémunérer leurs employés comme elles l’entendent. Ces employés pourront toujours vendre des produits financiers à très haut risque sans en informer vraiment leurs clients. Pour les courtiers indépendants dont le rôle est l'intermédiation, la parade est simple. Il leur suffira de supprimer le mot "indépendant" de leur carte de visite et ils pourront toucher des commissions des gestionnaires de fonds ce qui continuera à nuire gravement à la qualité de leurs conseils qu'ils fournissent à leurs clients.

Dans MiFID 2, les ordres d'achat de vente à hautes fréquences seront toujours autorisés bien qu'ils permettent toutes les manipulations, qu'ils échappent aux Autorités de Contrôle des Marchés et bien qu'ils soient par exemple responsable du Flash Crash de mai 2010 où le Dow Jones avait perdu 6% en quelques minutes. Toutes les opérations resteront toujours opaques. Il aurait aussi dû être interdit aux banques de ne vendre que des produits financiers, qu’elles n’ont pas inventés elles-mêmes et mises elles-mêmes sur le marché. Ce ne sera pas le cas.

La Lutte des Classes s'est faite sans nous et au-dessus de nos têtes. Ceux qui "chez nous" se sentent encore à l’aise ne savent pas qu’ils sont déjà pauvres, mais ce seront leurs enfants qui vont pleurer. Nos politiciens ont encore fait du mal au citoyen européen et ont écouté à Bruxelles les lobbies financiers pour rédiger la Directive MiFID 2 sur les MIF - Marchés d’instruments financiers et services d’investissement qui autorise les banques à tricher. Tout le monde critique la finance en ce moment, ça se vend bien, ça prédispose des esprits. J'ai un lien en rouge sous le banner en haut à gauche de mon site, justement pour éviter toute confusion. Pour rappel, comme le montre mon banner, je suis un Nonniste pro-Européen bien sûr avec une monnaie commune. Les Traités vont tous être renégociés. De cette crise sortira vainqueur le citoyen d'europe. Une offre gauche/verte démocratique et parlementaire existe. Il suffit de la trouver, ça ne fait pas mal. Les politiciens sont en retard sur le peuple et font tout pour l'attarder. Nous on sait rêver. On nous entendra déjà, surtout dans les ruines, mais on nous entendra.

La Partie 2 à venir: L'autre dérive de la Directive MiFID 1 est qu'elle a permis le négoce sur les plate-formes alternatives de produits financiers qui y étaient interdits avant son entrée en vigueur en 2007.

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4 novembre 2011

Les pires des 29 banques systémiques sont Deutsche Bank, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole - G20 de Cannes

29_banques_systemiques_G20.jpgLe G20 de Cannes a encore été plus lamentable que le Sommet du Chaos compulsif européen dans lequel une poignée de gouvernants europicides avortent et revivifient simultanément un hybride entre un mort-né et une momie déchiquetée: le FESF - Fonds Européen de Stabilité financière qui n'est qu'une société anonyme de droit privé luxembourgeois. Voilà comme je l'écris depuis 2008 - parce que je suis bien informé - la Deutsche Bank est la most leveraged bank of the world, donc la banque la plus impactée par les positions toxiques. Sous la DB il y a la Dexia qui est la 1ère banque la plus mauvaise et déjà en faillite. Voici un instantané du graphique interactif publié par le Financial Times Deutschland et Bloomberg. Eigenkapital = Fonds Propre.

Les banques européennes aussi sont obligées de se recapitaliser et devraient dans les mois à venir trouver sur les marchés financiers 300 milliards d'euros. Les normes "prudentielles" comptables Bâle II, mais aussi Bâle III, IASB et FASB autorisent les banques à "interpréter les signaux du marché" (<<< Sources: Mazars, page N°8, Bank News Octobre 2010), à donner à leurs dettes l'aspect de bénéfices, c'est à dire à tricher réellement ou à tricher virtuellement pour réduire leurs dettes. Dans la première voie les banques émettent des obligations, appelées "obligation corporate". Par exemple elles émettent sur les marchés financiers 1000 obligations et reçoivent 1000 en cash. Puis les investisseurs doutent de la solvabilité de ces banques et les obligations chutent à une valeur de 400. La banque rachète ses propres obligations décotées à 400 et son bénéfice net est de 600. Les normes prudentielles comptables ont pensé à la pénibilité du travail des banquiers, et leurs recommandent de simplement déclarer une augmentation de bénéfice de 600, un "gain contre intuitif", sans réaliser la moindre des opérations quand elles doivent se recapitaliser. Les banques procèdent massivement à ce jeu depuis 2008, mais les trillions d'actifs pourris et en pourrissement sont toujours cachés dans les banques. En réalité, la banque n'a même plus les moyens de sortir 400 pour se recapitaliser et couvrir sa dette. Ici aussi l'effet de levier entre en jeu, et plus une banque perd, plus elle annonce des bénéfices. 70 banques européennes ont réalisé ainsi un gain contre intuitif de 107 milliards en 2011 en interprétant les normes "prudentielles" comptables Bâle 2.

Le day of reckoning arrivera avant même que de réels et très graves plans de rigueur ne prennent effet. Il n'y a pas de crise de l'euro, mais la crise des banques.

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USA_4_bank_bigger_and_bigger.gifCeci est la liste des 29 banques systémiques too-big-to-fail qui doivent agrandir leur fonds propre réglementaire et qui a été publiée par le G20 de Cannes le 4 novembre 2011. Il n'y a rien de surprenant et la situation comptable de ces banques était connue dés l'année Lehman 2008. Ce qui est pire est que ces banques universelles, qui regroupent la banque de dépôt, la banque commerciale et la banque d'investissement et une assurance, ont principalement fusionné avec d'autres banques pour devenir encore plus too-big-to-fail. Elles ont fusionné avec d'autres, comme la Banque Populaire et la Caisse d’Épargne, avec les aides des gouvernements qui en 2009 et 2010 nous annonçaient que "ces banques devaient réajuster leur taille pour être compétitives au niveau international et être prêtes pour sortir de la crise", alors qu'il fallait justement les diviser en de plus petites unités non parentales et en des activités distinctes et totalement séparées. On parle en ce moment avec verve de l'exemple de la City de Londres qui "a déjà engagé les bonnes réformes". Mais cette réforme ne s'appliquera qu'en 2019 et les banques auront divisé leurs activités, mais celles-ci ne seront que des filiales qui resteront totalement dans le périmètre fiscal de la maison mère. Aux USA ont fusionné: Bear Stearns + JP Morgan, Lehman Brothers + Barclays, Merrill Lynch + Bank of America, Lehman Brothers Europe Asia + Nomura, JPMorgan + Chase, etc.

CDS_2009.jpgDepuis 2008 on dit que la Deutsche Bank est une bombe. Elle est la première banque du monde avec son bilan annuel de 2283 milliards d'euros qui dépasse le PIB de la Grèce qui est de 343 milliards d'euros. En réalité le pays le plus en danger de la Zone-Euro est l'Allemagne, tout de suite suivie de la France. Depuis 2008 la DB se maintient car c'est principalement à travers elle que sont négociés tous les Bons du Trésor de tous les pays de la planète et tous les CDS / CDO qui sont spontanément générés à leurs dépens. Mais depuis 2008 la Deutsche Bank n'a pas profité, pour consolider son bilan, du carry trade international et européen et des trillions qui lui sont prêtés par les banques centrales à un taux voisin de zéro et qu'elle reprête à un taux énormément plus élevé aux États souverains, à 96% de spéculateurs financiers et à 4% aux industriels, aux commerçants et aux particuliers. La Deutsche Bank, dont l'objectif annoncé est d'offrir un rendement à deux chiffres, est en fait un hedge fond car elle transfère toutes ses activités dans sa filiale qui est son First Broker pour son Prime Brokerage. A elle seule, la Deutsche Bank détient au moins la moitié des dettes des PIIGS - Portugal, Irlande, Italie, Espagne, Grèce détenues par les banques allemandes, ce qui veut dire que sa value to market est négative et qu'elle est déjà rien que pour ceci en faillite technique. Son capital propre de 52 milliards d'euros est inférieur aux Bons du Trésor des PIIGS qu'elle détient. Avec la bulle des CDS / CDO et autres actifs pourris et en pourrissement, les "Legacy Assets", elle est de toute façon en faillite. BNP - Paribas, qui a acquis depuis 2008 avec les sauvetages gouvernementaux français, européens et de la Fed' elle-même une taille internationale chère au président français en poste, a un bilan de 1926 milliards d'euros avec un fonds propre de 3,54%. BNP - Paribas est la seconde banque du monde pour sa somme bilanaire. Le Crédit Agricole a un bilan de 1596 milliards d'euros avec 2,78%, la Société Générale a une somme bilanaire de 1158 milliards d'euros et 3,57%. Depuis deux ans nous savons que la Société Générale rapatrie en France 100 milliards de positions toxiques pourris illiquides et irrécouvrables.


 

bulle_CDO_eurobanques_2011.jpgDeutsche Bank et BNP Paribas sont les deux banques les plus grandes du monde et qui ont sur les 29 banques systémiques du monde la plus petite couverture avec le Crédit Agricole. Le Crédit Agricole est la 4ème banque la plus mauvaise, la Société Générale la 10ème la plus mauvaise, la BNP - Paribas la 8ème. La Commerzbank allemande est la 6ème banque la plus impactée et qui n'a pas créé un fonds propre réglementaire suffisant pour l'extraire de la faillite technique. Il n'y a pas de crise de l'euro. Les banques sont en faillite technique, mais elles vous le jurent, c'est à cause de la Grèce. Elles avaient pourtant passé tous les stress-tests avec brio. Sur le graphique de gauche publié par EBA - Autorité Bancaire Européenne la barre en bleu clair montre en milliards (billion en anglais) les Bons du Trésor des pays PIIGS détenus par les banques européennes, et en bleu foncé des actifs pourris comme des CDO détenus depuis 2008. Les CDS n'apparaissent pas parce qu'ils sont négociés de gré à gré, qu'ils sont des produits OTC - Over The Counter qui n'apparaissent pas dans le bilan comptable des banques mais seulement dans le bilan commercial non publié.

Je m'étonne que le G20 n'ait pas établi la liste des assurances systémiques qui ont émis les produits toxiques et pourris comme les CDS / CDO et qui en détiennent. Ne nous leurrons pas, ce qui est "insuffisamment capitalisé" dans ce secteur est en faillite technique à cause des ces Legacy Assets. En raison de la faillite technique des banques françaises et allemandes, ce sont bien la France mais aussi l'Allemagne malgré son niveau d'exportation qui doivent perdre le triple-AAA des agences de notation. Le gouvernement français parle à juste titre de la faillite de la France, mais il s'agit de la faillite des banques que l'on expose comme une crise de l'euro, alors que l'euro reste fort et stable depuis 2008. Ce qui est aussi passé sous silence est la situation des banques suédoises gravement impactées par les quasi-faillites des banques des Pays Baltes dont elles détiennent 94% (Lituanie, Estonie, Lettonie) et la situation des banques autrichiennes, qui sont gravement impactée par les quasi-faillites banques de leur zone de chalandise habituelle qui remontent à l'empire austro-hongrois: Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie. Les autrichiens et les suédois ont fait ce qu'ont fait la France et l'Allemagne avec les pays PIIGS: spéculé sur les dettes publique et privée et titrisé ces dettes. Les premiers ministres Papandreou et Berlusconi ont été suicidés par Bruxelles et Francfort. La vague de suicides sur le lieu du travail pour cause de harcèlement peut aussi atteindre la France et l'Allemagne.

Les banques américaines dont la faillite avait immédiatement été reconnue par le gouvernement américain et la Fed' en 2009 ont aujourd'hui une couverture de risque de 2 à 4 fois supérieure à la Deutsche Bank ou aux banques françaises. Mais avec les trillions publics et de la planche à billets qui leur ont été versés, elles ont réussi à transférer leur faillite privée sur la faillite publique des USA qui est payée en entier par les contribuables et bientôt par le reste de la planète quand sera dévalué le $ et avec l'arrivée de l'hyperinflation qui réduiront à zéro tous les avoirs étrangers libellés en $ ou détenus aux USA. Comme toujours les USA vont exporter leur pauvreté qui s'accumulera cette fois-ci à la pauvreté technique imposée par le gouvernement Fillion-Sarkozy, les agences de notation et la Troïka FMI-BCE-Commission Européenne.

29_systemiques_BNP_Paribas.jpgAlors que Cameron, le chancelier de l'échiquier a reconnu publiquement que les plans d'austérité sont contra-productifs et ont accéléré la récession en Grande-Bretagne, le triple AAA est la priorité numéro 1 du président français en poste qui a brillé dans son discours final au G20 de Cannes en reconnaissant qu'il y a "un accroissement des inégalités". Voici les 3 graphiques de BNP Paribas, du Crédit Agricole et de la Société Générale, c'est la ligne inférieure des cercles qui est révélatrice de la très mauvaise santé des banques systémiques qui sont des bombes en explosion. Vous comprenez pourquoi le gouvernement français Fillion-Sarkozy va imposer à partir de lundi 7 novembre 2011 à la France son "plus grand plan d'austérité anti-déficit de rigueur depuis 1945". Depuis l'automne 2008, la dette publique est démultipliée pour recapitaliser les banques. Le président français avait menti en 2007 en disant que "l’État français était en faillite". La crise des banques est utilisée dans les démocraties modernes pour collectiviser les dettes des banques et des assurances sur le dos des peuples en les culpabilisant sur la dette publique qui resterait voisine des "bons" critères (libéraux) de Maastricht s'il n'y avait pas de sauvetage et de recapitalisation des banques. Le gouvernement du président français en poste préfère lancer en France la crise sociale, la haine et le chaos plutôt que d'accepter le day of reckoning et de révéler la réalité de la faillite technique des banques. En France, Occupy Wall Street écartera les habituelles carmagnoles sur le tarmac de manifestants ou de grévistes, et les forces de l'ordre vont éteindre notre démocratie narrative. C'est ce que nous savons faire de mieux parce que notre pays n'a jamais assumé son devoir de mémoire depuis 1945.

L'arrogance avec laquelle le président français en poste et la chancelière allemande, Angela Merkel, CDU, traitent le 1er ministre grec Papandreou comme un enfant, la menace du ministre des finances allemand Christian Rösler, FDP, d'éjecter la Grèce de la Zone-Euro ne font plaisir qu'à ceux qui n'ont pas compris que ECOFIN, l'Euro-Group, la BCE, Mario Draghi devenu il y a une semaine directeur de la BCE, ont aidé pendant 10 ans la Grèce à tricher avec les critères de Maastricht, et les banques du nord de l'Europe à spéculer sur la dette grecque publique et privée. Les médias de grande diffusion comme LE Monde ou Frankfurter Allgemeine Zeitung en avaient toujours fait un rapport sans ambages, il était facile pour tous d'être au courant. Le 18 novembre 2009, la Société Générale avait pourtant préparé les mentalités au "Worst-case debt scenario" dans the Telegraph (Société Générale tells clients how to prepare for potential 'global collapse'). Mais en France personne n'en a parlé. Le mépris que ces europicides de gouvernants affichent devant la Grèce en lui demandant des plans d'austérité financière qui la plongent encore plus dans la récession et dans la banqueroute d’État consterne mes lecteurs qui ont réfléchi plus loin. Mais cette exigence de privatiser en liquidant les services publics grecs, en dérégulant pour laisser la libre circulation de tout et de plus encore, et en exigeant le retrait de l’État, si elle horripile mes lecteurs, ne doit pas leur faire oublier que les pays du nord de la planète ont imposé la même austérité sans rapport avec la réalité économique et régionale au travers du FMI et de la Banque Mondiale aux Pays ACP - Afrique Caraïbes Pacifique et aux PED - Pays En Développement. C'est à partir de 1990 que le FMI a appliqué rigoureusement le Consensus de Washington. Il ne faut pas oublier que l'Europe dite humaniste historiquement a imposé à ces mêmes pays des plans d'austérité et de dérégulation encore plus violents que ceux de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale, pour garantir le juteux commerce libre au travers des APE - Accords de Partenariat Économique et ALE - Accords de Libre Échange qui ont simplement bâillonné ces pays et leurs peuples. Les partis dits de gauche et les syndicats dits des ouvriers et des employés, qui n'ont aucune vue d'avenir et du long terme, ont fermé yeux et oreilles parce que ça "créait des emplois". A présent les gouvernants du nord imposent aux peuples de leurs propres pays les mêmes plans d'austérité et de désengagement de l’État des tâches pourtant régaliennes. Et ceci pour dégager des liquidités pour payer la dette DES BANQUES. Le lobby financier a aussi su soumettre à lui les gouvernants qui entonnent ensemble que les injections keynésiennes dans des grands travaux d'infrastructure pour engager la relance font ringard. Mais engager des trillions de liquidités pour rassurer les banques et leurs actionnaires est une entreprise de démolition des peuples qui engage la récession, la pauvreté mécanique, la crise sociale, la haine et le chaos. Les gouvernants auront à répondre de leurs actes, mais les partis de gauche qui font de l'accompagnement sophrologique aussi.

Jo_Ackerman_et_OWS.jpg(Photo: Occupy Deutsche Bank, 23 XI 2011) Les "bons" critères (libéraux) de Maastricht prévoyaient que les dettes cumulées des États adhérents de l'Euro-Zone ne dépassent pas 60% du PIB ce qui était respecté jusqu'en 2008, avant que les budgets nationaux ne servent directement à renflouer les banques et les assurances en faillite. Le Conseil allemand des experts économiques vient de donner à la chancelière allemande Angela Merkel son rapport annuel intitulé "Prendre conscience des responsabilités pour l'Europe" dans lequel figure la proposition de la création au niveau européen d'un Fonds de défaisance dans lequel sont délocalisées toutes les dettes des pays adhérents de l'Euro-Zone qui se situent au-dessus du seuil des 60% des critères de Maastricht. Il s'agit de collectiviser partiellement les dettes publiques, dans lesquelles ont été transférées les dettes privées des banques depuis 2008. Angela Merkel rejette pour l'instant cette proposition "qui nécessiterait de modifier les Traités européens". Ce Fonds, qui n'est rien d'autre qu'une Europe Bad Bank, rachèterait toutes les dettes des États de l'Euro-Zone et les rembourserait dans une période allant de 20 à 25 ans. Ce serait, comme pour le FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière, une manière de monétiser les dettes des États souverains. Pour permettre au Fonds de Défaisance Européen le rachat des dettes nationales, les États adhérents de la Zone-Euro devraient lui remettre leurs réserves d'or et de devises, qui sont la propriété des peuples qui repose dans leurs banques centrales nationales. Pour compléter sa force de feu, ce Fonds européen de défaisance serait aussi alimenté par un impôt spécial européen et une augmentation obligatoire de la TVA et de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Le Fonds de Défaisance Européen émettrait, lui aussi comme le FESF, des Obligations Européennes. Mais comme pour le FESF, il faudrait encore être sûr que les marchés financiers internationaux veuillent bien acheter de la titrisation de dette européenne issue officiellement de la pourriture rachetée des banques. En échange du "rachat" des dettes européennes régionales, le Fonds de Défaisance Européen imposerait un code de bonne conduite aux pays de la zone-euro qui lèguent leurs actifs toxiques ou en pourrissement. Ce Fonds serait comme le FESF une entité ad hoc totalement indépendante de la Commission européenne, et n'aurait pas de compte à rendre au Parlement européen. Ce Fonds de Défaisance européenne de 2300 milliards d'euros remplacera très rapidement - dès que l'Italie sera torpillée - le FESF qui n'aura jamais pu exister, et sont successeur l'ESM / MES qui sera mort dès 2011/12 avant d'avoir pu naître officiellement en janvier 2013 comme il était prévu. L'Euro-Gouvernance serait de facto instaurée par une seule entité financière ad hoc, sans doute de droit privé luxembourgeois comme le FESF. Ce Fonds de Défaisance ne serait pas en conflit avec le doit constitutionnel allemand s'il est garanti qu'il ne soit pas une institution permanente destinée à refinancer en flux-tendus les dettes des États de l'Euro-Zone. Il semble qu'un horizon temporel de 20 à 25 ans ne confèrerait pas au Fonds de défaisance Européen cet aspect d'entité permanente. Le Fonds Européen de Défaisance imposerait une stricte discipline fiscale répondant à de seuls critères financiers. Il imposerait les plans d'austérité, de privatisation généralisée, de désengagement élargi de l’État régalien au lieu d'instaurer une politique économique, sociale et fiscale européenne. Pour donner au Fonds Européen de Défaisance une tunique démocratique il pourrait dépendre d'un Super-Commissaire, égal au Commissaire à la Concurrence et au Marché Intérieur qui est le seul Commissaire européen qui ne doit pas rendre de compte au Parlement Européen. Une telle créativité est nécessaire pour contourner et violer légalement le Traité de Lisbonne et les statuts de la BCE. Il est fascinant comme les gouvernants europicides et leurs conseillers sont ingénieux pour sauver les banques et assurances au lieu de contribuer au développement de l'IDH - Indice du Développement Humain.

29_systemiques_Societe_Generale.jpg 29_systemiques_Credit_Agricole.jpg
La Deutsche Bank est la banque la plus dangereuse du monde mais son PDG, Josef Ackermann, n'est pas un Intouchable,
c'est lui qui donne le ton au niveau des finances de la planète. Ackermann organise depuis 2009 la politique de la terre brûlée en tant que
  1. Président de l'Association des grandes banques et institutions financières mondiales Institute of International Finance (IIF).
  2. Président de l'Association des banques allemandes Bundesverbands deutscher Banken (BdB)
  3. Membre du Comité d'organisation de la Conférence Bilderberg et membre de la Commission der Commission Trilatérale
  4. etc



Après le krach boursier des dotcom et de Enron, les USA étaient à quelques jours d'un effondrement financier global... mais l'attentat contre les Twin-Towers de Manhattan, puis la Guerre d’Irak / Guerre du Golfe I avaient détourné l'attention. Il semble que nous soyons à quelques jours de la Guerre d'Iran.

Si vous cherchez sur Google 29 banques systémiques G20 de Cannes mon site est déjà en A1 et en D3 sur 170.000 résultats 31 minutes après la publication de ce billet, et pour 29 banques systémiques europe mon site est en A4 et B8 sur 1.990.000 résultats après 51 minutes. Pour banques systémiques europe mon site est en A9 sur 3.500.000 résultats 1 heure après publication.

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1 octobre 2011

La Fed a payé le bail-out de la Société Générale avec 124 milliards et de BNP-Parisbas avec 175 milliards, et pourtant elles sont toujours "sous-capitalisées"

audit_Fed_bailout_2011.jpg
Selon la FAO, il "ne" faut que 30 milliards par an pour éradiquer la faim dans le monde.

L'euro se porte bien en valant 1,38 $, depuis quelques années. Il n'y a pas de crise de l'euro.
Il y a depuis juillet 2006 la crise des banques.

OHADA - Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires et la CEDEAO - Communauté Économique Des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont mis depuis longtemps en ligne mon billet du 18 avril 2010 intitulé "2ème vague des grandes faillites des banques - 2ème et 3ème Krach immobilier commercial et industriel". Aujourd'hui il ne reste plus que quelques semaines avant le global meltdown du système monétaire international, avant Weimar 2.0 et l'hyperinflation qui suivra la Grande Dépression 2.0 . En l'attendant, la guerre monétaire oscille entre la politique de la terre brûlée, les petites phrases du poker menteur et dénonceur de Obama-Geithner-Bernanke et les semonces journalières ou répétées toutes les 6 heures par les agences de notation, par Warren Buffet, George Sorros, Roubini. Pour éprouver l'imminence de l'effondrement final, en Allemagne les banques vont abaisser vraisemblablement à partir du 17 octobre 2011 de 75% les garanties pour les comptes des épargnants. La Directive Européenne l'avait prévu pour 2025, mais elles veulent prendre de l'avance. Ça ne concerne que les gros comptes qui dépassent les 100.000 euros garantis par l’Allemagne. Les banques sentent le collapse total venir, et ce ne sera pas à cause de la Grèce mais des subprimes, des produits financiers titrisés CDS, CDO et autres OTC. Elles font du chantage sur les États "souverains" pour des bail-out à répétition, mais elles ne rembourseront pas les épargnants institutionnels. Les banques annoncent donc officiellement qu'elles vont voler leurs clients déposants avec l'Europe-Assistance de Bruxelles qui leur est essentiellement dédiée.

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rallarros__224_.jpgLes nouveaux lecteurs de Rénovez Maintenant 67, journal d'un Cimbre peuvent avoir le sentiment que l'auteur radote sur des choses qu'ils entendent eux-mêmes partout. Depuis l'été 2011 les médias mettent effectivement en public ces thèmes avec une vision plus acerbe et moins prête-à-penser qui est similaire à la mienne. Le site RzM67 a encore quelques longueurs d'avance et pour beaucoup d'entrées il est en première page des moteurs de recherche.

Il n'est pas prévu dans les statuts de la BCE qu'elle rachète les Bons du Trésor des Pays Membres de la Zone Euro. Elle le fait pourtant depuis août 2011. La BCE n'est pas démocratiquement légitimée quand elle envoie avec la signature de Mario Draghi, son prochain Directeur, aux chefs de gouvernements européens un courrier demandant de réduire les retraites, les salaires et le nombre de fonctionnaires et d'imposer des plans d'austérité. Le 9 octobre 2011, la Troïka composée de la BCE, de l'UE et du FMI, qui négocie avec le gouvernement grec, a commis une irréparable ingérence dans les affaires intérieures de la Grèce en demandant au gouvernement d'abolir l'autonomie tarifaire. Comme en Allemagne, l'autonomie tarifaire est garantie aux syndicats dans les négociations salariales. Cette très grave ingérence dans le droit du travail et syndical est un avant-goût de ce que sera la gouvernance économique européenne: le nivellement par le bas du bas pour satisfaire aux exigences des banques et des marchés financiers. La soumission à ces ingérences des financiers est un mode habituel de fonctionnement des États. Il est à présent officiellement connu que la réforme des retraites en France avait été imposée par une agence de notation qui avait soumis au chantage le gouvernement et les syndicats français qui avaient directement négocié avec cette agence de notation. La Commission de Bruxelles n'est qu'un clone des agences de notations. La volonté de la Troïka est de transformer les européens en travailleurs immigrés intérieurs dans leurs propres pays, pour en faire des travailleurs précaires sous-payés. La Troïka demande à ce que les salaires grecs et le salaire minimal grec baissent pour les rendre concurrentiels. Il va être difficile pour les européens d'avaler encore une fois la "Concurrence libre et non faussée qui garantit le plein emploi et apporte le bien-être" sur laquelle sont rédigés tous les Traités européens et le Traité de Lisbonne. Il faut rappeler que la Grèce est d'abord victime de l'Euro, du Traité de Lisbonne, des Directives Européennes, de l'Euro-Groupe, d'ECOFIN mais aussi de Mario Draghi et de Goldman Sachs,

Le FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière, le "parapluie européen" qui n'arrête pas de s'élargir, est entrain de supplanter la BCE dans ces activités illégitimes. Ce qui est d'autant plus méprisable, est que le FESF se voit attribuer le rôle de ce qui a pourtant été critiqué en 2008 par nos gouvernants tout effrayés par l'effondrement provoqué par le lâchage de la Lehman Brothers. Le FESF n'est rien d'autre qu'un SPV - Special Purpose Vehicle, un Fonds Commun de Créances (FCC), qui est mis en œuvre dans une opération ad hoc de déconsolidation via des techniques de titrisation de certains actifs des bilans des sociétés. Le FESF n'est rien d'autre qu'un véhicule de titrisation pour des États souverains en faillite de la Zone-Euro et bientôt pour leurs banques en faillite. Les SPV avaient conduit à au premier éclatement de la bulle des produits financiers dérivés de l'année-Lehman 2008, parce que les banques en faillite devaient rappeler qu'avec ces opérations managériales et comptables elles avaient transféré légalement (shadow banking) dans un périmètre extrabilanciel leurs activités de spéculation à haut risque afin de les cacher pour que les spéculateurs présents et potentiellement avides n'aient pas peur et poursuivent leur hystérique et criminelle spéculation dans le schéma pyramidal Ponzi-Madoff toujours renouvelé. Le FESF permet légalement de cacher européennement aux yeux de tous ces opérations extrabilancielles à haut risque qui sont aujourd'hui des actifs pourris, toxiques, irrécouvrables qui seront rachetés par le contribuable pour les déposer proprement et de manière organisée à la poubelle des peuples. On appelle ceci la faillite organisée, je l'appelle la politique de la terre brûlée. Normalement un SPV est conçu opérationnellement pour mettre en œuvre un effet de levier (leverage) pour que le retour sur investissement, ici la spéculation, soit maximum. Mais le SPV européen, le FESF, est un machin gouvernemental qui peut se permettre d'avoir l'arrogance de ne pas prévoir le levier d'enrichissement, parce que le seul objectif est de racheter, de cacher et de laisser pourrir en paix les actifs toxiques comme des Bons du Trésor d’États Membres de la zone euro qui ont subitement besoin de liquidités et qui n'en trouvent plus sur les marchés financiers internationaux à un taux d'% acceptable. Le FESF est donc une officine de blanchiment de la dette, et bientôt des dettes des banques privées tout autant en faillite que certains États "du sud". Le FESF commence comme un SPV qui a les moyens financiers de se payer des actifs grâce à la ritournelle de la pyramide Ponzi-Madoff, mais devient une bad bank parce que ces actifs rachetés ne valent rien et sont des junk bonds. La pyramide Madoff-Ponzi européenne n'est qu'une pyramide à 1 tour, tout le monde le sait, tout le monde va payer, tout le monde va tout perdre et tout le monde s'en fout. Tout ceci pour garantir le renouvellement de la libre circulation des capitaux garantie par les Traités européens et le Traité de Lisbonne. Goethe: "Nul n'est plus esclave que celui qui se croit libre sans l'être". Si vous cherchez sur Google fonds européen de stabilité financière et spéculation mon site est en page A ligne 10 sur 67900 résultats. Ceci signifie que ce machin qui est entrain de violer jour après jour un peu plus les Traités Européens n'intéresse personne. Si vous cherchez sur Google chute système monétaire mon site est en A4 de Google sur 549000 résultats. Suis-je un con ranké? Par contre je connais encore des demeurés hystériques qui ne jurent que par cette Europe et qui m'écrivent que des partis de gauche veulent démolir le capitalisme. Ils ne voient pas que ce communisme sectoriel de riches démolit les Travailleurs, les peuples et même leur "capitalisme".

rallarros__251_.jpgDepuis 2008, la BCE a mis à la disposition des banques, instituts hypothécaires et hedges fonds européens 4600 milliards d'euros. Mais la Fed', la banque centrale américaine, a mis, sans en informer le Congrès américain, à la disposition des instituts financiers dans la même période 16.000 milliards de $. Nous pouvons le voir ci-dessus dans le tableau 8, page 144 du Rapport d'audit officiel GAO- United States Government Accountability Office qui est soumis à la Commission Finances du Congrès américain. Vous pouvez télécharger vous-même le rapport GAO-11-696, Jul 21, 2011 complet directement sur le site fédéral américain de GAO, le Service Gouvernemental de la Comptabilité des USA. J'ai conservé cet audit sur mon site en format pdf. Vous pouvez voir que des banques européennes ont profité de ce bailout financé par la Fed', dont 124 milliards pour la Société Générale, 175 milliards pour BNP Paribas, 105 milliards pour Dexia. Les programmes américains de bailout similaires au parapluie européen, le FESF / ESMA, contiennent le mot "Facility". Pour comprendre le tableau voici la légende: TAF = Term Auction Facility; PDCF = Primary Dealer Credit Facility; TSLF = Term Securities Lending Facility; CPFF = Commercial Paper Funding Facility; AMLF =  Asset-Backed Commercial Paper Money Market Mutual Fund Liquidity Facility; TALF = Term Asset-Backed Securities Loan Facility. Les "banques partenaires" européennes ont échangé ces facilités offertes par la Fed' avec des actifs pourris, des junk bonds, ce qui signifie que la Fed' s'attendait à ne pas être remboursée et qu'elle n'a pas une grande opinion de ses dollars de contrefaçon qu'elle imprime sur la planche à billets. La Fed' a jeté 4000 milliards de $ de Helikopter Money sur les banques partenaires étrangères pour les sauver de la faillite, mais aussi pour organiser elle-même à son heure venue son day of reckoning qui révélera que les banques européennes ont choisi la solution de se laisser corrompre par la Fed'. Quand rien n'ira plus aux USA, la Fed' jettera sur les écrans les informations comptables de ces banques européennes en faillite et agira comme un Wikileaks de mauvaise augure, délinquant et prédateur. Pour cela elle passe un coup de fil aux agences de notation Standard & Poor's, Fitch, Moody's toutes les 6 heures pour faire son whistleblowing et rendre tout affairés nos gouvernants européens.

rallarros__267_.jpgVous voyez, la Société Générale, BNP Paribas ou Dexia par exemple ploient sous leurs propres positions toxiques depuis 2008 et ceci n'est pas dû à la dette grecque. Le tableau ci-dessus montre les bail-out qui ont principalement été réalisés du 1er décembre 2007 au 21 juillet 2010. 2007 ? Oui, dès 2008 je vous explique que ladite Crise a commencé exactement en juin/juillet 2006. Ceci n'empêche pas la Société Générale de relocaliser en France 100 milliards de positions pourries irrécouvrables ("38 milliards hors produits dérivés") dans sa "structure de défaisance", sa bad bank Inter Conseil Europe dans son propre immeuble à Paris La Défense. Depuis plus d'un an mon site est en Page A, ligne 2 de Google sur 302000 résultats pour l'entrée société générale bad bank. Pour crise financière et création monétaire mon site est en Page 1, Ligne 8 sur 2.100.000 résultats, ce qui prouve que personne ne comprend la crise, sinon je serai relégué en page 3.000.000. Pour l'entrée privatisation création monétaire mon site est en A3 de Google sur 791000 résultats. Si vous cherchez sur Google lobby financier mon site est en A3 sur 5.120.000 résultats.

Ces actifs pourris irrécouvrables portent le nom de "actifs cantonnés", de "porte-feuille cantonné" ou "activités arrêtées" ou "les actifs gérés en extinction". En clair, la Société Générale va défalquer en France les pertes liées aux actifs toxiques de son bénéfice imposable. Les banques découvrent subitement le patriotisme et elle déversent leur ypérite sur les petits citoyens qu'elles relèguent dans les tranchées. Les 10 dernières années précédant la "Crise", les 5 milliards de bénéfice annuel de la Société Générale étaient délocalisés dans les filiales off-shore pour échapper à l'impôt français. Dans les rapports d'activité de la banque on évoque les actifs pourris de la manière suivante: "les actifs encore portés". Bientôt ces actifs pourris seront mis dans un fonds de défaisance public et seront portés par l’État français, c'est à dire nationalisés, et gonfleront ladite dette publique et renforceront le plan d'austérité budgétaire. En juillet 2011 Dexia et les autres banques avaient réussi avec brio le "Stress-test" européen qui leur attestait une bonne santé financière avec un excellent fonds propre réglementaire. Dans notre monde, seuls les puissants sont autorisés à mentir. Avec la seconde chute de Dexia et avec sa fin, les médias redécouvrent depuis le 3 octobre 2011 "les produits toxiques pourris qui sont toujours cachés dans les banques depuis la crise des subprimes à hauteur de plusieurs centaines de milliards".

Il est drôle de voir qu'en deux jours, ce n'est plus la faute à la Grèce, mais aux actifs pourris. dettes_grecques_banques_EU_2011.jpgSur ce graphique à droite en millions apparaissent les deux prochaines banques françaises qui vont être recapitalisées gratuitement. Devinez qui. Vous voyez sur le graphique que les "actifs encore portés" par les banques représentant la dette grecque sont environ égaux à 2% des actifs en pourrissement des banques. Comme les banques vont bientôt être recapitalisées en plusieurs tranches par les gouvernements, deux fois 50 milliards d'actifs en pourrissement passeront inaperçus à côté de 100 milliards et les citoyens seront soulagés et payeront joyeusement pour elles et appelleront d'eux-mêmes de leurs vœux les plans d'austérité. C'est pourquoi l'ABE - l'Autorité Bancaire Européenne flaire l'opportunité de réaliser un nouveau Stress-Test, un Blitz-Stress-Test, en prétendant augmenter les seuils d'exposition au risque, qui de toute façon resteront bien avantageux pour les tricheurs systémiciens. Il est reconnu depuis une semaine que la Dexia porte 100 milliards d'actifs toxiques. Sur ce graphique n'apparaît même pas la Dexia qui est bien plus petite que BNP Paribas. Vous voyez. Je suis content de ne jamais succomber au politiquement correct, qui s'est réduit depuis 2008, à avaler l'ostie de travers sans la lécher. Depuis 2008, je travaille la bulle des CDS/CDO et des autres produits opaques négociés de gré à gré dans le système du shadow banking. Des milliers de cons m'ont pris pour un gauchiste. 80% des produits financiers titrisés dérivés sont négociés de gré à gré dans le système du shadow banking qui n'est soumis à aucun contrôle ni aucune règlementation. Aujourd'hui on avoue que Dexia a 100 milliards d'actifs pourris dans ses comptes bancaires. Si Dexia a 100 milliards d'actifs pourris, la Société Générale en a donc encore plus, car son modèle managérial était encore plus risqué que celui de Dexia qui était, comme pour toutes les banques, d'emprunter à court terme pour financer des "actifs" à long terme offrant des taux plus élevés et de vendre des produits financiers dérivés titrisés dans la pyramide Madoff-Ponzi. Vous pouvez voir sur le site www.eFinancial Careers.fr que de belles opportunités de carrières s'offrent dans les banques poubelles. Par exemple la Hypo Real Estate allemande est devenue la 8ième banque allemande.


Les rallarros__300_.jpggouvernements français et allemands ne reculent pas devant la pire des perversités qui est d'annoncer publiquement qu'ils forceront en novembre 2011 après le G20 de Cannes les banques à accepter les centaines de milliards d'euros de recapitalisation. Les banques en faillite technique ne peuvent pas faire autrement que d'accepter ces aides et ne disposent d'aucune liberté d'action. Le Président de la Commission Européenne et l'Autorité Bancaire Européenne annoncent le 12 octobre 2011 que la cagnotte du FESF, le parapluie européen ou fonds de sauvetage européen ou fonds de stabilité européen, sera versée directement aux banques qui sont touchées par la crise de la dette souveraine. Voilà, le FESF qui est déjà une violation du Pacte de Dublin (création de l'euro, clause du no-bail-out) et du Traité de Lisbonne est déjà violé quelques mois après avoir été créé. Le FESF ne devait servir qu'à éponger les dettes des États en faillite de la Zone-Euro. Cette violation bis indique la réalité du problème qui est dans les banques du nord à cause de leurs actifs toxiques en pourrissement. L'Union Européenne est devenue un simple organisme de transfert automatisé des richesses payées par les euro-citoyens contribuables. En réalité le tour est plus élégant que ceci. La Commission de Bruxelles demandent aux banques d'appliquer au plus vite ce que recommandent sans obligation les nouvelles normes comptables prudentielles Bâle III: augmenter le pourcentage des Fonds Propres Réglementaires jusqu'à 9% des actifs à risque et bien avant l'éventuelle date butoir de 2019. A défaut de ceci, la Commission se voit contrainte de faire un gros cadeau aux banques pour les recapitaliser. Les banques viennent d'écrire une violente lettre incendiaire de protestation au ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, CDU, parce qu'elles ont peur que l'une ou l'autre banque qui ne parvient pas à lever des fonds propres se dénonce d'elle même et révèle que les marchés financiers internationaux lui font moins confiance qu'à ses voisines. Tôt ou tard, d'une manière comme d'une autre, le day of reckoning arrive.

L'activité principale des banques consiste actuellement à brûler la terre qu'elles foulent et à faire détourner l'attention du feu en faisant bavarder la planète sur un épouvantable palimpseste qu'elles recouvrent à chaque fois: y apparaissent et disparaissent des mots comme Espagne, Portugal, Grèce, Société Générale, Dexia, BNP Paribas, AXA, parfois, mais c'est plus rare en raison d'un choix esthétique, Bank of Amerika, puis de nouveau Grèce, ou Belgique, Espagne. Les faces variables du palimpseste imposées par les marchés financiers, les agences de notation, IIF - International Institute of Finance, le syndicat des banques dont le Président est Josef Ackermann de la Deutsche Bank, permettent de faire du chantage sur les gouvernements qui reculent à chaque fois leur décision d'imposer, ne serait ce que les nouvelles normes comptables prudentielles Bâle III. Selon ces normes prudentielles comptables Bâle III, 1) les banques devraient détenir d'ici 2015 suffisamment d'actifs fongibles qu'elles peuvent mettre rapidement sur les marchés financiers pour résister pendant 30 jours à une crise de liquidité. Puis, 2) les banques devraient constituer des fonds propres à hauteur de 7,5% de leurs actifs à risque avant 2019 au lieu des 2% imposés actuellement par Bâle II. Les banques devraient ainsi pouvoir couvrir totalement leurs pertes. Dans Bâle III comme déjà dans Bâle II qui a provoqué ladite crise au lieu de permettre de l'éviter, ce sont les banques qui évaluent elles-mêmes leur exposition au risque, et comme les produits dérivés titrisés et financiers sont négociés de gré à gré dans le shadow banking, elles pourront toujours publier ce qu'elles ont envie et cacher la réalité. Finalement 3) les banques ne devraient s'endetter qu'avec un levier (leverage) de 33 fois par rapport à leur capital au lieu des 60 fois qui sont aujourd'hui très courant. IIF prétend que les normes du Comité de Bâle coûteraient 7,5 millions d'emplois et 3,2% de points de croissance en moins, donc une récession de nos jours. En Europe et aux USA rien n'avance, Cameron de la Grande-Bretagne a repoussé l'application de toutes les recommandations Bâle III à 2019. Aux USA les recommandations Bâle III passent pour être antiaméricaines, et les recommandations Bâle II n'y étaient de toute façon pas appliquées. En gros c'est comme pour la taxe Tobin, "elle pourrait être bien mais il faut attendre que tout le monde l'applique, car nous ne vivons plus seuls dans notre beau pays". En octobre 2011, aucune leçon n'a été tirée de la chute de la Lehman Brothers en 2008. En fait si. Une énorme leçon a été tirée de la faillite de Lehman Brothers: dans les mémoires populaires des médias, Lehman Brothers, est imposé comme le premier mot inscrit sur le palimpseste bancaire d'épouvante. Le palimpseste épouvantable dit que c'est la faute à Lehman Brothers, et qu'on se dirige en octobre 2011 sur un Lehman Brothers 2.0, mais restent dans le périmètre impensé le shadow banking, la bulle des produits titrisés financiers dérivés, et pour être encore plus grossier la libre circulation des capitaux. Les banques s'occupent à diriger leur feu sur leur terre qu'elles brûlent. Pour perdre le moins, les banques ne spéculent plus à la hausse, elles font des opérations twist qui leur permettent de déplacer et de sauvegarder en un portefeuille de catastrophe leur bulle de richesses qui se dévalorise et pourrit depuis 2006. Pendant que les gouvernements jettent les peuples dans l'austérité et la précarisation, les banques ont le temps de consolider leur porte-feuille de catastrophe grâce aux indemnités maladie provenant des trillions de liquidités offertes par la Fed', la BCE, FESF / ESMA, les gouvernements européens et Bruxelles.

Le grand tableau du GAO en début d'article est en "billion" et mon texte est en "milliard". Pour que vous soyez sûrs que je traduis bien, voici le lien sur anglaispratique.fr. Aux 16.000 milliards de $ de bail out, il ne faut pas oublier d'ajouter les 2300 milliards de Helikopter money, la planche à billet de Paper Mill on the Potomak, et le plan PPIP par lequel la Fed a racheté aux entreprises industrielles et commerciales américaines 4700 milliards de $ de positions toxiques comme des MBS, des RMBS, des CDS/CDO, etc. Il ne faut pas non plus oublier les 3100 milliards de $-Swap-Lines par lesquels la Fed' a offert à 14 banques centrales de la planète des liquidités en dollar pour entretenir les échanges commerciaux en dollar. Il ne faut pas oublier les nationalisations totales des instituts hypothécaires américains comme Fanny Mae, Freddie Mac, Ginnie Mae qui ont aussi englouti 5000 milliards de $. Avec ces 5000 milliards de $ Obama avec ses "Obama Mortgage" et la FAH - Federal Housing Administration et la Ginnie Mae ont créé la troisième bulle des crédits hypothécaires que j'appelle la bulle des sub-subprimes. Personne n'en parle, vous pouvez vous reporter sur mon article du 29 août 2009. alt_A_US_2009_to_2015.jpgVous voyez sur le graphique de gauche que avant la crise des Sub-Subprimes, la deuxième crise des Subprime et des Alt-A, la bulle Bush Paulson, va continuer à s'amplifier jusqu'en juillet 2013. Oui, les USA sont depuis longtemps en banqueroute d’État et bien plus gravement que l'Islande, l'Irlande, la Grèce. Cela fait 45 mois que la Fed injecte des liquidités et les USA ne sortent pas de la banqueroute d’État, pauvre Obama, le nobel sans cause qui donne des conseils à l'Europe. Malgré tous ces bail-out, les instituts financiers sont toujours "sous-capitalisés" à l'automne 2011, c'est à dire en faillite à cause de la bulle des CDS de 600.000 milliards qui implose en continu depuis l'automne 2008. Ceci n'a pas empêché par exemple la Morgan Stanley d'augmenter de 14.000 milliards sa bulle des CDS de décembre 2010 à juin 2011. Les USA sont le plus grand ennemi du monde de l'ouest, des peuples et... du capitalisme. Si nous faisons la somme des dépenses de la Fed pour administrer son communisme monétaire sélectif et son simili-keynésianisme, nous voyons que les USA sont endettés à 250% du PIB, ce qui dépasse de très loin le 80% de la Grèce, ou de l'Islande avant sa banqueroute d’État. (Photos: été 2011, mon expédition polaire arctique à vélo, 2355 km)

Rien n'a été appris depuis l'année-Lehman, les banques et assurances systémiques ont fusionné entre elles avec l'appui et les recapitalisations des gouvernements. Les 28 banques systémiques devraient constituer des fonds propres réglementaires à hauteur de 9,5% par rapport à la masse de leurs actifs à risque, soit 2,5% de plus que les autres banques. Les banques universelles devraient séparer leurs activités d'investissement de l'activité traditionnelle de banques et de dépôt. Mais d'après les recommandations du FSB, Financial Stability Board - Conseil de Stabilité Financière, la séparation peut se faire dans une simple délocalisation dans une filiale, donc dans la porte à côté au même étage que les banques. L'universel n'est séparé que par une porte ouverte. Rien n'a été appris depuis l'année-Lehman et la bulle extra-bilancielle de 600.000 milliards des transactions financières des produits dérivés et titrisés a été indirectement entretenue et nourrie avec les aides publiques que les banques ont utilisées pour leur jeux de trésorerie au lieu d’innerver l'économie réelle. La Deutsche Bank est le plus grand négociant de la planète en bons du trésor et produits financiers dérivés. La bulle de 600.000 milliards de ces produits financiers négociés en dehors des bourses et de manière totalement opaque représente 6,5 fois le PIB de tous les pays de la planète. Rien n'a été appris depuis l'année-Lehman 2008, 4 ans après ladite crise, et le short selling, le "pari baissier à règlement différé" ou la "vente à découvert spéculative" n'est pas réglementé ni contrôlé. Si Josef Ackermann, président de la Deutsche Bank et de l'IIF - International Institute of Finance, le syndicat des banques et de la Lutte finale de la Classe, refuse d'abandonner les créances sur la dette publique grecque, c'est qu'elle ne veut pas que le dernier rempart tombe devant ses trillions d'actifs pourris privés qui seront alors quasiment révélés. Josef Ackermann, dont la Deutsche Bank reste la most leveraged bank of the world, poursuit sa politique de la terre brûlée en déviant publiquement le vrai débat aussi longtemps que possible tout en réalisant ses opérations twist pour remélanger son portefeuille et se préparer à perdre le moins possible tandis que les peuples, les 99%, les États perdront tout avec les 2 générations futures qui payeront aussi.

rallarros__312_.jpgLe 18 octobre la Commission de Bruxelles, le Président du Conseil européen et le Parlement européen ont annoncé qu'ils autoriseront les Pays-Membres de l'UE d'interdire les CDS sur les Bons du Trésor. Les CDS sont des produits dérivés financiers titrisés qui sont des assurances sur tout et n'importe quoi, mais il n'est pas nécessaire d'être propriétaire ou de posséder ce tout et ce n'importe quoi pour investir dans des CDS. Seuls les CDS sur la mort d'une personne humaine sont interdits. Pour obtenir l'autorisation d'interdire les CDS sur les Bons du Trésor, les Pays-Membres devront demander à l'Autorité Européenne des Marchés Financiers/European Securities and Markets Authority - ESMA son avis qui n'est qu'un avis consultatif. Parfois une conscience publique supérieure des appareils d’État ose s'imposer contre le pouvoir absolu et prédateur des marchés. Cette conscience ne s'affirme pas pour interdire les CDS sur les denrées alimentaires qui entrainent une inflation galopante de leur prix et qui poussent des régions du globe dans la famine avec la bulle du maïs et de blé, comme les CDS sur les Bons du Trésor poussent la Grèce à la banqueroute d’État parce qu'elle ne peut plus acheter du crédit sur les marchés financiers internationaux. L'interdiction des CDS sur les Bons du Trésor n'aura de toute façon pas d'effet parce que les CDS sont surtout négociés à la City, à Londres. Michel Barnier, UMP et Commissaire à la Concurrence et au Marché Intérieur, amuse la galerie en proposant d'interdire aux agences de notation (américaines) de publier la note de solvabilité des États Membres de la Zone-Euro et l'UE. Avec l’accès aux informations sur internet, c'est comme interdire à un ivrogne de vomir.

Nous allons bientôt nous rendre compte que ce Régime Systémique Autoritaire qui s'est sanctuarisé derrière tous les pare-feu inimaginables a détruit autant l'économie que le régime de Hitler ou de Staline. Deux générations futures vont payer ce que les pappy-boomers, les anciens hippies de 68, ont commis. Nous sommes bien en face du plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique comme je vous l'écris depuis 2008. Pendant ce temps-ci, le PS français fait semblant de faire des primaires pour la Chasse-au-furet-2012 parce qu'il n'ose pas s'assumer et s'imposer comme un parti de gauche qui éclaire et informe les citoyens en leur proposant un programme pour les gens et pour les deux générations suivantes qui vont éponger cette dette privée nationalisée. Il faut arrêter de dire "c'est compliqué". Ces 16.000 milliards de $, ces 4600 milliards d'euro sont le Lutte finale de la Classe.

Dans cette économie de marché financière, il n'existe plus qu'une seule classe qui a réussi à organiser légalement pour elle même le défi d'initié en rendant asymétrique "l'information pure et parfaite" qui est la main vibrante qui régule le marché. En soustrayant le marché financier global du marché de l'économie avec le shadow banking et la délocalisation des opérations financières dans le périmètre extrabilanciel non régulé du gré-à-gré des produits OTC - Over-The-Counter, l'information sur la santé financière des banques reste sur le seul côté des banques. Le régime financier systémique asymétrique autoritaire a réalisé ces 20 dernières années son plus grand rêve, celui de se soustraire d'une croyance vieille de 235 années à laquelle Adam Smith, qui n'était pas africain, avait donné naissance dans son "La Richesse des Nations": l'information pure et parfaite qui régit les grands équilibres du marché en postulant que l'équilibre efficace est la règle et que la faillite est l'exception. La puissance du marché et la défaillance du marché constituent intimement la réalité du marché et pour rendre asymétrique la réalité du marché, les banques se concentrent pour atteindre le seuil systémique où elle sont too big to fail et jouissent de l'assurance-vie gratuite des États dans lesquelles elles siègent comme le FESF. Les systémiciens se sont aussi rendus, avec le cadre légal des États et de leurs normes comptables "prudentielles", auto-immunes contre la volatilité dont le risque sera toujours couvert en dernier ressort par les gouvernements initiés à la voltige financière et désinhibés des peuples qui les portent par votation. La discussion n'a plus à s'aligner sur les joujoux de la pensée, capitalisme vs. communisme, mais elle doit en venir à la reconnaissance que la terre n'est pas plate à l'image de la planche à billets des systémiciens. Les systémiciens se sont créé depuis 1989 une bulle de vie dans laquelle n'est pas entré le conflit entre efficacité lucrative individuelle et enrichissement de la nation. Les systémiciens ont activé à outrance la volatilité parce qu'ils disposent de l'information asymétrique qui leur permet à tout moment de remélanger leur portefeuille individuel en dirigeant à chaque fois la marge opérationnelle vers eux-mêmes. La volatilité de la main vibrante des marchés n'est pas "l'expression de la rationalité des marchés", mais de l'initiation monolithique de la Classe heureuse toujours en lutte et qui est jusqu’au-boutiste en s'offrant, en avant-dernier recours et juste avant le bail-out de l’État Providence bancaire, le short selling et le pari mutuel des initiés gagnant sur les actifs en pourrissement: spéculation à la baisse. Le management asymétrique de l'information par les agences de notations, dont les avis coordonnés sont financés par leurs donneurs d'ordre initiés de la finance, permet de conduire la volatilité des marchés vers l'entonnoir qui déverse les richesses du même côté. Les procès contre les minus personnages épisodiques Kerviel, Madoff, Kweku Adoboli sont les jeux-du-roi pour divertir l'éventuelle prise de conscience des peuples. Kerviel, Madoff, Adoboli permettent d'entretenir le registre épique ou picaresque de la légende de celui qui a fait perdre 2 milliards à la SocGen ou à UBS. L'asymétrie informative de ces 2 milliards passe mieux dans les esprits que les 16.000 milliards dépensés par la FEd ou les 4600 milliards mis à la disposition de la BCE pour sauver les banques en faillite. On croit encore croire que l'agissement égoïste individuel laisse surgir le bien-être macroéconomique de tous. Les systémiciens surfent sur la réinitialisation de La Richesse des Nations d'Adam Smith avec l'humanisme automatique du trickle-down-effect, l'effet de percolation, du Consensus de Washington de l’École de Chicago (voir mon article du 6 octobre 2008). L’émergence de dissidents - qui ne sont pas des Indignés - comme les pays émergents et le BRICS, ne se démarque pas du comportement asymétrique des systémiciens initiés, elle va seulement aiguiller la volatilité enrichissante vers eux, les nouveaux, en laissant toujours de côté l'Afrique bonne à piller. De Adam Smith en passant par Augustus von Hayek (Road to Serfdom) et Ludwig von Mises pour aller jusqu'à Milton Friedmann, Ronald Raegan, Margaret Thatcher et le Traité de Lisbonne, l’État a été présenté comme l'ennemi du marché et la souveraineté nationale comme quelque chose de nuisible. C'est pourtant en composant avec leur partie intime et refoulée de leur psychologie que les libre-échangistes et les libertariens ont joui sans entrave: l’État dans ce monde païen de la religion du capitalisme libre a toujours été gardé dans l'infra-conscient comme le bon-sauveur des grandes faillites systémiques. Sur le long terme la croissance est appauvrissante pour tous. Les "modernes" instruments financiers n'apportent pas de la valeur ajoutée mais de la destruction, c'est que j'ai enseigné depuis 1991 à mon retour de Jéna en Thüringe quand j'y avais été envoyé par le Ministère et le Goethe Institut dans un voyage d'étude pour observer la "Aufschwung Ost " (Croissance à l'Est). 1% de la population US rafle 99% de la croissance de revenus depuis 30 ans, et en France 2% de la population est propriétaire de 58% des richesses.

Ces mêmes libertariens promeuvent la libre-circulation des biens, des services, des travailleurs et des capitaux dans leurs modèles conjugués du Consensus de Washington/Bruxelles et de l'OMC - l'Organisation Mondiale du Commerce mais s’accommodent très bien du fait que le plus grand partenaire des échanges commerciaux réels est la Chine. Après avoir massivement investi dans la technologie et la formation, l'essor économique chinois s'est fait grâce à la violation totale de tous les principes de base du libre échange: la Chine a subventionné massivement comme les USA (avec les FSC, Foreign Sales Corporations) l'exportation; le gouvernement chinois est massivement intervenu pour planifier l'évolution de l'économie, pour contrôler les changes, pour compresser les prix sur le marché intérieur, pour subventionner directement et indirectement les entreprises pour les protéger de la concurrence internationale. Les holoéchangistes financiers supranationaux adorent l'Etat quand il est leur État Providence, leur organisme privé de transfert de richesses, de pouvoirs et de droits. Dans la globalisation, le monde n'est plus qu'une Maison Commune pour les holoéchangistes et une niche pour les 99% restants. La concurrence libre non-faussée et l'information pure et parfaite ne sont qu'une illusion suprématiste. Il n'y a pas de crise de liquidité, il n'y a pas de crise de la dette souveraine, il n'y a pas de crise bancaire, il y a crise de l'idée que l'homme se fait de lui-même. L'homme ne s'habite pas, il surfe sur son illusion. L'homme n'est que l'architectone de lui-même qu'il se construit avec toute la complaisance qu'il aime à s'administrer.

Entre le 1% et les 99% existe un démarche collaborative qui est très légèrement assombrie par le mouvement planétaire Occupy Wall Street que les médias tentent d'ignorer, de discréditer et d'associer avec le mouvement d'extrême droite américain Tea Party de Ron Paul. Dans cette démarche collaborative, l'homme pauvre et riche se répartissent les rôles d'agents et distribuent leurs activités autour du transfert des savoirs et des pouvoirs en le réduisant à une simple transfiltration des richesses d'en bas vers le groupe des dégourdis au sommet. Cette transfiltration a été rendue possible à partir du socle épistémique du Régime Systémique Autoritaire. Le Régime Systémique Autoritaire est une proposition d'organisation de la société qui a transformé le paradigme simple de la main vibrante et régulante d'Adam Smith et du "croissez & multipliez-vous" en un état des connaissances qui se stabilise depuis septembre 2008 dans l'État Providence Bancaire et actuellement dans le Fonds Européen de Stabilité Financière qui est une hiérarchie supérieure au Traité de Lisbonne qu'il supplante de fait. L'Europe Unie est sur la planète la proposition la plus élaborée de régime qui met en place le trickle-up effect, l'effet de percolation inversé vers le sommet, en distribuant à ses agents, les États Membres, les missions et fonctions qui permettent de réaliser transfiltration et privation. Cette Europe Unie, londonienne et irlandaise dans les faits directeurs, représente le système le plus abouti de cette transfiltration des richesses et de cette privation des droits. Mais de Berlin au Caire nous voyons que des socles épistémiques ont eux-mêmes une durée de vie relative, alors que la proposition de la réalité augmentée de l'individualité bourgeoise demeure depuis 1789. L'homme n'est pas fait pour l'homme, mais pour accaparer. Le PS redemandera "plus de justice" pour la Chasse-au-Furet 2012 et son comparatif, qui a pour image une vue en-dehors de lui-même et des petites-gens, est appuyé sur le socle épistémique communément admis de l'enrichissement adam-smithien agréable.

rallarros__318_.jpgComme après la fin du IIIème Reich, de l'Union Soviétique, de la RDA, les anciens nazis, les anciens Politbonzen, les Papon et Barbie, les anciens de la Stasi sont restés dans la haute administration ou sont devenus les oligarques des régimes nouveaux. Après l'effondrement de ce Régime Systémique Autoritaire, les anciens banquiers, traders et leurs gonfaloniers, les politiciens, resteront dans la haute administration et deviendront la nouvelle élite des oligarques. Ils auront transféré d'un ancien régime au nouveau régime leur aisance matérielle volée, et nous les petites gens devront recommencer à zéro, car nous aurons faim, nous voudrons de nouveau aller vers en haut pour ressortir de notre précarité procréée par ces systémiciens financiers qui nous regardent d'un œil compatissant.

A chaque fois j'écris mes billets comme si je me sentais encore juste vite obligé de livrer un dernier testament avant l'explosion. Mon père m'avait tellement impressionné quand il parlait de adolf et de tous ces gens qui disaient "wir haben es nicht gewusst" ("nous ne l'avions pas su"). Avec un début de recul je me rends compte aussi que par mes écritures je lutte contre cette énergie qui pourrait s'installer chez tout un chacun et qui les poussera (tous) à dire par après qu'ils ont connu des gens, plein de gens, qui disent "wir haben es nicht gewusst". Et avec cette aura de celui qui dit qu'il a connu des gens qui disaient, il se fera voir sous sa singularité et se fera reluire une durable notoriété et prouvera qu'il est profondément démocrate, lui.



------------------------------------- Communiqué >>>

Alter-Forum face au G20 en novembre

La Coalition française G8G20 2011 prépare l’Alter-Forum « Les peuples d’abord, pas la finance », du 1er au 4 novembre, en parallèle avec la Réunion du G20, qui est prévu les 3 et 4 novembre à Cannes, en France. Plusieurs activités sont prévues : le 1er novembre, manifestation internationale, suivi par une réunion publique, un concert (si la collecte de financements le permet !) une conférence de presse le 4 novembre à la fin de l’Alter-Forum et du Sommet du G20 et une manifestation symbolique, qui reste à définir, au cours de la protestation ou de la réunion publique. >>> Plus d'information << Fin du communiqué



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Occupy the WordS / I want my Europe back >>> Partager

un commentaire

30 août 2011

Christine Lagarde, FMI, et l'Autorité Bancaire Européenne, ABE, préparent la nationalisation des dettes des banques européennes en faillite

rallarros___205_.jpgChristine Lagarde, Directrice du FMI, a sonné l'alarme le 29 août 2011 en disant que "les banques européennes sont sous-capitalisées". Selon Christine Lagarde, l'origine du mal provient des Bons du Trésor détenus par les banques, aujourd'hui dépréciés, émis par les pays européens du sud ou périphériques (PIGS). Ce sont des positions illiquides, toxiques, pourries, irrécouvrables comme d'autres. En réalité Christine Lagarde cache la réalité comptable des banques qui détiennent énormément plus de CDS et d'autres produits financiers dérivés titrisés Over the Counter - OTC négociés de gré à gré dans le système du shadow banking et en dehors de tout contrôle qui n'existe tout simplement pas pour le commerce de ces produits. En feignant de dire la vérité la Directrice du FMI ment puisqu'elle détourne l'attention de la réalité comptable des banques. La bulle des CDS/CDO, des Subprimes, des Alt-A, etc est dépréciée bien plus gravement et il faudra bien un jour que les banques le révèlent ou couvrent leurs pertes si une hyperinflation ne s'installe pas assez vite selon leur goût pour les cacher.

D'autre part le coming-out de Christine Lagarde n'est qu'une manière élégante de dire que les États vont recapitaliser avec l'argent du contribuable les banques, dont la Société Générale par exemple qui relocalise en France 100 milliards de positions illiquides et pourries. (màj du 20 IX 2011: le groupe Siemens a retiré 500 millions d'euros de la SG pour les placer directement à la BCE). Une nationalisation (recapitalisation) des banques permettra simplement de cacher le fait qu'avec toutes les positions toxiques irrécouvrables qu'elles ont dans leurs coffres elles sont proches de la faillite ou en faillite. En recapitalisant les banques, sans en devenir actionnaire majoritaire ou même "partiel" comme en 2008/09, Christine Lagarde et le reste du monde financier s'imaginent que le day of reckoning n'arrivera pas et que les populations vont payer, vont accepter que les États transfèrent la dette privée des banques vers la dette publique, et vont accepter tous les plans d'austérité et les coupes budgétaires dans le social, les services publics, la santé, l'éducation. En France, la taxe spéciale sur les hauts revenus créée en août 2011 va rapporter 200 millions de francs, mais la taxe sur les mutuelles va rapporter 1,5 milliards de francs. La taxe sur les hauts revenus est unique, mais la taxe sur les mutuelles est permanente. C'est ainsi que le gouvernement français conçoit la justice et les réformes. (Photo: juillet 2011, expédition polaire arctique, 2355 km à vélo)

Le discours de Christine Lagarde à Jackson Hole avait été favorablement accueilli par le parterre de gouverneurs des banques centrales qui en jouissant de leur indépendance par rapport aux gouvernements parviennent à faire dire aux politiciens que les programmes gouvernementaux de rachat des positions toxiques et irrécouvrables des banques est destiné à soutenir l'économie et à faire revenir la croissance. Toutes ces mesures détruisent en réalité l'économie nationale mais aussi d'entreprise, les emplois, les situations sociales, les acquis sociaux et projettent des millions de personnes dans la pauvreté et la précarité. L'Europe et ses États-Membres ont mis à la disposition des banques 4600 milliards d'euros depuis 2008, c'est autant qui ne sont pas investis dans l'économie productrice de biens et de services et dans les services publics, la santé, le social, la culture, l'éducation. Ne nous laissons pas leurrer, quand les médias disent que "les banques ont remboursé". Il ne s'agissait en réalité que de un ou de deux milliards par ci ou par là. Pour leurrer encore plus les populations européennes, la Commission de Bruxelles annonce subitement un projet d'introduire en 2014 la taxe Tobin. Cet annonce sert à fluidifier les 17 Parlements européens qui sont entrain de voter l'élargissement du "parapluie européen", le FESF / ESMA. Mais les recettes de cette taxe Tobin ne rapporteraient que 80 fois moins que les 4600 milliards mis à la disposition des banques européennes depuis 2008. Cette taxe Tobin elle-même est déjà dictée par les lobbies financiers parce que si elle est de 0,1% sur les transactions concernant les placements et les actions, elle ne sera que de 0,01% sur les produits dérivés. 70 à 80% des transactions financières concernent les produits dérivés négociés officiellement et légalement de manière opaque dans le système du shadow-banking. La compréhension de la crise est très simple, mais les médias et autres influenceurs vous martèlent que c'est compliqué que tout ceci.

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Pour le Financial Times Deutschland le discours tenu par Christine Lagarde à Jackson Hole, à la réunion annuelle des directeurs des banques centrales de la planète, est un discours de "pyromane". Pourtant la politique de la terre brulée, de la destruction par les marchés de la bulle des dettes avait été décidée en mai 2009 à la Conférence Bilderberg et à la BRI - Banque des Règlements Internationaux, qui est une banque mondiale bis. La destruction par les marchés a été très efficace au mois d'août 2011 qui a été le mois le plus sévère depuis l'effondrement de la Lehman Brothers en ce qui concerne les pertes enregistrées par les hedge fonds et les banques. fed_Helikopter_2011.jpgDepuis septembre 2008 il y a eu une bulle échoïque et les hedge fonds gèrent un volume de 2000 milliards de $. Le précédent volume record était de 1900 milliards de $ en 2007 avant ladite Crise. Tous ces moyens financiers n'ont pas empêché la chute du Baltic Dry Index (voir graphique actif en bas de page), l'effondrement du fret maritime international et n'ont pas freiné la récession. La bulle échoïque des actions après le premier éclatement de la bulle des produits financiers dérivés de l'année-Lehman 2008 a été provoquée par lesdits plans de relance avec l'argent prêté à taux zéro ou négatif par les banques centrales et les facilitations quantitatives (planche à billets, QE1, QE2) et les plans de rachats par les banques centrales des positions pourries (TARP, TALF, PPIP, et FESF / ESMA en Europe entre autre) payés par des nouveaux emprunts sous la forme de Bons du Trésor, Treasuries et bientôt d'Euro-Bonds en Europe. Ces dernières années la Fed', banque centrale américaine, a imprimé directement 2300 milliards de faux dollars sur la planche à billets de Papermill on the Potomak. Tous ces plans ne constituent que du détournement des fonds publics que devront payer deux générations futures. Nous connaissons le plus grand transfert de dette privée vers la dette publique de toute l'histoire de l'humanité. Sur les graphiques à droite vous voyez que la planche à billets de la Fed' (graphique du haut) monte et que les crédits octroyés au particuliers et aux entreprises décroissent en même temps et proportionnellement, ce qui veut dire que les banques ont gardé les liquidités aisément facilitées pour elles par la banque centrale pour continuer à spéculer et se refaire une trésorerie. C'est du détournement criminel de fonds publics pour faire plaisir aux banques, à leurs actionnaires et aux spéculateurs.

Immédiatement après le discours de Christine Lagarde de Jackson Hole, le Dow Jones, le Nasdaq et les autres indices boursiers sont repartis à la hausse. Jours après jours, depuis le début de ladite Crise, les États, les gouvernements, les G20 consolident l'assurance-vie qu'ils offrent gratuitement aux spéculateurs criminels du monde bancaire et de la finance.

Les banques seront recapitalisées directement par les États-Providence bancaires, ou avec les Euro-Bonds - Bons du Trésor Européen, qui ne sont que des hypothèques sur les générations futures, ou avec le "parapluie européen" FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière / ESMA (European Securities and Markets Authority). Le tabou étant brisé, l'Autorité Bancaire Européenne - ABE/EBA a tenu le même discours que Christine Lagarde le 30 août 2011. Pourtant le Stress-Test des Banques Européennes publié le 15 juillet 2011 n'avait rien révélé de critique. Pourtant le FESF / ESMA censé sauver les pays européens de la périphérie est en réalité destiné à sauver les banques françaises qui ont 100 milliards de Bons du Trésor des États européens du sud par exemple et les banques allemandes qui en ont autant. En calculant la valeur du marché de ces Bons du Trésor ces banques sont donc déjà en faillite à cause de leur spéculation sur la dette de l’État grec qu'ils ont aidé à tricher pendant 10 ans au regard des critères de Maastricht. S'ajoute leur spéculation sur les autres pays PIGS et sur la bulle des CDS et autres produits financiers dérivés. Le FESF / ESMA est autorisé à racheter ces Bons du Trésor pourris et donne à fonds perdus aux États en banqueroute de l'argent frais. Le contribuable va payer. La BCE rachète depuis deux ans des Bons du Trésor de pays européens en difficulté financière, ce qui constitue une violation des accords de Maastricht et du Pacte de Dublin de "Croissance" et de Stabilité instaurant l'Euro. Nous avons avec le FESF encore une fois une violation du Traité de Lisbonne (Traité Simplifié modificatif Européen), une création d'une haute autorité européenne sans que les peuples ne soient consultés. Cette haute autorité se saisit de l'autonomie fiscale et budgétaire des États européens pour n'agir qu'en pompier pyromane et non pas pour harmoniser (vers le haut) une Europe économique, fiscale et sociale. Le parapluie FESF / ESMA constitue de facto une modification des Traités Européens (Critères de Maastricht, Pacte de Dublin et Traité de Lisbonne) d'une telle ampleur qu'il devrait être soumis à référendum, même si en France par exemple la gauche et la droite s'assoient dessus comme au Congrès de Versailles du 4 février 2008. Dans la situation actuelle un NON serait la réponse à un référendum sur la modification des traités antérieurs.

La création du FESF vous semble lente, mais nous voyons qu'elle est excessivement rapide quand il s'agit de venir au secours du monde de la finance, alors que nous attendons une politique fiscale, économique, sociale européenne depuis plusieurs décennies. Depuis le premier éclatement de la bulle des produits financiers dérivés de l'année-Lehman 2008, aucune mesure européenne de contrôle et de régulation n'a été prise contre la libre circulation des capitaux. En totale violation des traités fondateurs de l'Euro (clause du no-bailout) la BCE a été transformée par les gouvernements et la Commission en self-service pour tous les États membres de l'Euro-Zone et pour les banques en faillite de toutes l'UE. Ils sont sûrs que la BCE rachètera les Bons du Trésors des états en banqueroute d’État et les actifs pourris des banques an faillite. Il est étonnant que l'on fasse grand cas des démissions des allemands Axel Weber et Jürgen Stark du Conseil Économique de la BCE pour lesquels la BCE crée de la Helikopter Money en faisant tourner la planche à billets en rachetant au prix fort les Bons du Trésor pourris de la Grèce, de l'Italie, du Portugal et de l'Espagne, alors que depuis 2008 la BCE rachète au prix fort les actifs pourris des banques européennes. Nous voyons ici le double jeu ou l'hypocrisie de la BCE et des Traités qui ont conduit à la création de l'Europe. Nous avons d'un côté la clause de no-bail-out qui a été violée, la discipline budgétaire des États membres de la Zone-Euro conformément aux critères de Maastricht et de l'autre côté la libre circulation des capitaux qui non seulement n'est ni contrôlée ni réglementée, mais qui est encore, en période de situation de faillite bancaire, sauvée, soutenue et stimulée par la BCE. Toute la querelle actuelle au sujet de la BCE ne tourne que autour du sauvetage des Etats membres de la Zone-Euro, mais pas du sauvetage du milieu financier qui a dévoyé les économies nationales et qui les a conduites dans la faillite, la récession et la précarisation des peuples. Là aussi nous voyons l'idéologie violente, autoritaire et à sens unique du Traité de Lisbonne jusqu'au Traité de Rome. Cette querelle ouverte au sujet du rachat par la BCE des Bons du Trésor des États européens périphériques est étonnante quand on sait que les banques françaises détiennent 100 milliards de Bons du Trésor de ces pays ainsi que les banques allemandes. Le rachat de ces Bons du Trésor des pays PIGS est un bail-out des banques européennes du nord plus qu'un sauvetage de ces pays en banqueroute d’État. L'exposition des banques françaises ou allemandes à la dette grecque est sans commune mesure avec l'exposition de ces banques aux autres actifs pourris qu'elles détiennent dans leurs coffres. Mais on détourne les bavardages sur la Grèce qui sera, malgré ses 2% dans le PIB européen, le Schwarz' Peter de l'Europe qui saura engluer ses peuples dans une culpabilité d'un ouvrier ou d'une femme de ménage qui a plus dépensé qu'il ne gagne par mois.

Quand vous faites sur Google "traité de maastricht article 103 sauver la grèce" mon site est en Page 1, ligne 1 et 2, alors que le sauvetage de la Grèce constitue une violation des Traités européens et devrait être au moins ratifié par un nouveau Traité européen, voire par un référendum européen. Cette question capitale de la vie européenne n'est pas traitée par les politiciens, et les autres influenceurs. Le temps pris par les tergiversations depuis 3 ans que la Grèce sombre dans la banqueroute d’État aurait suffi pour élaborer un nouveau Traité européen discuté au niveau parlementaire et sociétal. Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, CDU, prépare déjà le scénario de la banqueroute d'Etat de la Grèce... en élaborant un plan de sauvetage des banques allemandes. Du schmecksch d' bouchon? Tu sens le bouchon? Voilà. Une fois de plus tout est dit. Mais les faillites révélées des banques allemandes, à le suite de la banqueroute d'Etat de la Grèce, seront officiellement causées par la Grèce et non pas par les banques du nord qui ont spéculé sur la dette grecque publique et privée en achetant les produits titrisés. Rendez-vous compte, ce mot de "titrisation" dans toutes les bouches en 2008/09 est ressorti du vocabulaire dominant et est de nouveau un impensé. La banqueroute de la Grèce a été préparée méthodiquement par l'Europe, Ecofin, l'Euro-Groupe et par les banques européennes du nord avec Goldman Sachs (<<< relire mes deux articles de février 2010).

Il n'y a donc depuis le premier éclatement de la bulle des produits financiers dérivés de l'année-Lehman 2008, pas de "Crise" mais l'effondrement du Régime systémique autoritaire, une accumulation de Bulles Echoïques et une suite de Krachs majeurs avant la Grande Dépression 2. Tous les moyens budgétaires ont été utilisés colossalement pour relancer la spéculation, il ne reste plus de moyens financiers pour des plans conjoncturels de relance de l'économie. Les peuples vont souffrir et payer. 

L'endroit et le moment du discours de Christine Lagarde sur la situation des banques européennes a été le seul point d'étonnement de la part des directeurs des banques centrales. Il n'y a rien d'étonnant à ceci en soi, Christine Lagarde est non seulement la voix de Nicalos Sarkozy qui reste un grand admirateur des États-Unis, mais elle a surtout eu une brillante carrière dans un grand cabinet américain d'avocats et de 1995 à 2002, elle a été membre du think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle a coprésidé avec Zbigniew Brzezinski et Henry Kissinger la commission Action USA-UE-Pologne et suivi plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Le CSIS est à l'origine de la déclaration commune pour une renouvellement du partenariat transatlantique. Christine Lagarde a agi à Jackson Hole, cette fois-ci comme directrice du FMI, dans ce poker menteur et dénonceur pratiqué par les USA depuis l'année-Lehman pour discréditer l'Europe et pour la faire tomber avant eux. Pour les USA il est primordial que l'Europe tombe avant les USA. Si les USA étaient officiellement en banqueroute d’État avant, ce serait l'échec du modèle de société de l'humanisme automatique du trickle-down-effect du Consensus de Washington et de l'Ecole de Chicago. Dès la chute de la Lehman Brothers en septembre 2008 je vous écris que les USA pratiquent le poker menteur et dénonceur contre l'Europe. Avant-hier je lis pour la première fois dans le Financial Times Deutschland une analyse similaire à la mienne et dans laquelle est employée l'expression "race to bottom".

C'est pourtant dans cet esprit de race to bottom, de poker atlantiste menteur et dénonceur que Christine Lagarde s'est exprimée. En effet rien n'obligeait Christine Lagarde à faire son discours de pyromane à Jackson Hole. L'influence politique néo-libérale de Christine Lagarde avait été renforcée au contact de Brzezinski. Dans son livre, The Great Chessboard - Le Grand Echiquier, Brzezinski, membre du Groupe Bilderberg et co-fondateur avec David Rockefeller de la Commission Trilatérale centrée sur l'empire global américain, salue "une Europe Occidentale qui reste dans une large mesure un protectorat américain". Pour Brzezinski "l'Europe doit résoudre le problème causé par son système de redistribution sociale qui freine l'initiative européenne". Ces néo-libéraux sont pour la libre circulation des capitaux mais ne renoncent pas au bail-out des États quand les banques sont en faillite, même parce qu'elles ont détourné leurs activités dans la spéculation aveugle. La situation réelle des banques reste connue, surtout de Christine Lagarde ou de l'Autorité Bancaire Européenne, bien que toutes les positions toxiques, illiquides, irrécouvrables soient encore cachées dans les banques qui ont obtenu le droit de falsifier leurs bilans avec l'assouplissement des normes comptables IASB/IFRS et de ne pas les révéler ou de les mettre petit à petit au grand jour. Mais bientôt approche le day of reckoning.

Avant le day of reckoning les banques accélèrent la création des passerelles destinées à réaliser sans heurts et sans émois médiatiques le transfert de leur dette privée vers la dette publique. La Grèce leur sert d'instrument. Pour satisfaire aux futures normes "prudentielles" comptables Bâle III élaborées par le Comité de Bâle qui ne seront obligatoires qu'en... 2019, les banques ont... intensifié leur management de spéculation sur les Bons du Trésor qui ne font pas l'objet de l'obligation faite aux banques de constituer un fonds propre qui leur permettrait de résister pendant 30 jours à une crise majeure. Bâle III est entrain d'être décliné dans le droit européen et dans les droits nationaux des États-Membres européen en remplacement de la Directive CRD - Fonds Propres Réglementaires. Goldman Sachs a annoncé que les normes prudentielles Bâle III sont "antiaméricaines" et qu'elles ne les reconnaitrait pas. Grâce à l'activité des lobbies financiers, ces normes Bâle III élaborées avec peine depuis l'année-Lehman 2008 passent donc à côté de leur objet tout comme Bâle II. Les banques ont donc acheté des Bons du Trésor à risque, dont la valeur au marché baissait dès le jour de leur émission, parce qu'elles détiennent l'assurance que la Fed' à 100%, la BCE et le FESF allaient les racheter pour les extraire de la comptabilité des banques. Ceci est une manière de transférer la dette privée sur la dette publique. Les banques reçoivent des liquidités fraiches contre du papier pourri. Le parapluie européen FESF ne suffira et le FESF qui va entrer en vigueur en 2012 ne couvrira pas que les États Membres de la Zone Euro en banqueroute d’État, mais aussi les banques en faillite. Tout est organisé pour accorder une assurance-vie aux banques et aux banques universelles systémiques. Ces banques seront indirectement sauvées par les États qui demanderont au FESF / ESMA des crédits au nom des banques. Tout est aménagé pour le confort des banques et l'obligation d'appliquer les normes "prudentielles" Bâle III ne sera effective qu'en 2019, mais les banques se sont déjà empressées d'appliquer ce qui est le meilleur pour elles: l'augmentation de l'achat de Bons du Trésor pour lesquels il n'est pas obligé de constituer un certain pourcentage de Fonds Propre Réglementaire destiné à tenir 30 jours en cas de crise systémique.

En de hors de Bâle III qui comme Bâle II profite à la spéculation financière au lieu de la "sécuriser", les réelles réformes promises depuis l'année-Lehman ne sont jamais arrivées parce que tous nos politiciens sont au services des lobbies financiers. Aux USA la 'Volcker-Rule" s'est liquéfiée en Dodd-Bill du nom de Christopher Dodd qui a été depuis 20 ans l'acteur principal de la dérégulation des marchés financiers. En Europe les lobbies financiers travaillent à Bruxelles et quand ils ne réalisent pas leurs propres avancées ce sont les Commissaires Européens, dont Michel Barnier, qui vont à eux pour leur offrir ce qu'ils attendent et même ce qu'ils n'ont pas encore demandé. Pour rassurer le secteur financier et des banques, le Commissaire européen au Marché Intérieur et aux Services, Michel Barnier, UMP et successeur de McCreevy, a créé un Groupe d'experts, le GEBI - Group of Experts in Banking Issues dont il a offert la gouvernance aux banques et dont la fonction est de réguler les activités des banques. Vous avez la liste des membres du GEBI ici. La société européenne s'américanise encore plus avec cette décision du Commissaire français Michel Barnier et la Commission de Bruxelles se soumet avec méthode et détermination de plus en plus aux banques, comme le Congrès et le Sénat américains sont soumis réglementairement à Wall Street et à ses lobbies. La dernière preuve en date est la réforme Obama qui s'appelle Volcker Rule, mais qui est vite passée dans l'opinion publique américaine comme la Dodd Bill, du nom du Sénateur américain démocrate qui est le Président de la Commission Banque et qui est officiellement rémunéré et au service des lobbies financiers.

Tous les lobbies financiers et bancaires se sont regroupés sous la bannière de International Institute of Finance - IIF dont le président est Josef Ackermann le directeur de la Deutsche bank qui reste depuis 2008 la most leveraged bank, la banque qui a le moins de fonds propres et le plus d'actifs comme les CDS et autres produits financiers dérivés. Si les banques ne participent pas à leur propre bail-out, elles le doivent à ce réseau de lobbies. C'est le IIF et la City de Londres qui ont fait passer le FESF / ESMA et Solvency 2. La Commission de Bruxelles qui élabore les projets de Directive Européenne ne travaille que sur la base d'un groupe d'experts qui ne sont que des lobbyistes financiers délégués par les banques. La toute nouvelle ONG Finance Watch créée il y a quelques mois n'est pas encore opérationnelle. Ces lobbies n'ont pas seulement une influence totale sur la Commission mais aussi sur les euro-Députés. Même Sven Giegold, euro-député vert et fondateur de Finance Watch est bombardé par des projets de textes et des amendements qui émanent directement du IIF ou de Josef Ackermann qui négocie directement avec Angela Merkel, chancelière allemande. Il y a à Bruxelles 700 lobbyistes financiers qui construisent à leur manière l'Europe. Ce ne sont pas des élus, mais ils sont en contact permanent avec les politiciens qui perdent en même temps le contact avec leurs électeurs. C'est pourtant l'électeur qui va payer pendant 20 ans à venir les dégâts causés par l'industrie de la finance. La démocratie est contournée.

FESF.jpgSelon les dernières estimations émanant des banques elles-mêmes, les besoins en recapitalisation des banques européennes s’élèveraient au jour d'aujourd'hui à 100 ou 200 milliards d'euros dans une estimation basse et seraient couverts par le programme analogue aux plans américains TALF et TARP de rachat des actifs pourris des banques par la Fed'. Les banques exercent un chantage sur les gouvernements avec l'alibi grec. Après ce sera l'alibi portugais. Mais le rapport de proportion entre les positions toxiques représentées par les Bons du Trésor des pays européens du sud est de 1 à 100, voire de 1 à 1000 ou plus par rapport aux autres positions toxiques privées qui sont cachées dans les banques. Le 25 IX 2011, Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances CDU, a déclaré que l'Allemagne voudrait déjà augmenter la taille du parapluie européen FESF qui n'est prévue que pour 2013. Il semble qu'un quadruplement soit envisagé. Le président français actuellement en poste, Sarkozy, parle aussi déjà d'accorder au FESF une licence bancaire, ce qui lui permettrait d'acquérir de manière illimitée des Bons du Trésor pourris de pays en banqueroute avérée ou imminente, qu'il déposerait à la BCE en échange de manière tout autant illimitée de crédits. Le FESF permettrait à tous les États en difficulté financière de ne pas... économiser pour assainir les finances. Le FESF serait alors un véhicule de la planche à billets qui permettrait le financement monétaire de ladite "dette publique" cumulée du rachat des dettes privées des banques. Ce tour de magie est nécessaire dans la Zone-Euro dans laquelle la planche à billets est interdite par les Traités Européens. Le débat médiatique sur l'élargissement de la force de frappe du FESF / ESMA permet aussi de rendre l'hyperinflation inaperçue et europe-compatible en faisant passer dans l'impensé les dégâts de la République de Weimar qui imprimait Eine Billion Reichsmark sur les billets de banque. Ce n'est pas un hasard si Larry Summers, le grand dérégulateur, puis le Secrétaire d’État aux Finances, Tim Geithner, et le Nobel sans cause Obama recommandent très chaudement depuis un mois à l'Europe de suivre le modèle américain de sauvetage des banques (pourtant Bank of Amerika qui est le plus grand institut bancaire des USA avec un capital de 2260 Mia de $ est de nouveau en faillite et est la plus dangereuse banque du monde avec la Deutsche Bank). L'Europe, par la bouche de Jean Claude Juncker, avait répliqué à Tim Geithner que l'on "ne parle de l'Euro qu'entre membres de la Zone-Euro", mais elle reste hypnotisée par le modèle américain qui crache ses salves contre l’État Social qui est la "cause de l'endettement". Pour être sûr que l'Allemagne accepte cette semaine le FESF avec un plafond élargi, l'agence de notation américaine Standard & Poor's fait depuis le 26 IX 2011 un chantage sur l'Allemagne en annonçant qu'elle pourrait lui enlever le triple-A, le AAA. Pourtant la BCE transforme déjà elle-même des Bons du Trésor des Pays PIGS en crédits, mais elle reste encore relativement bridée dans ce modèle d'activités car elle doit elle-même se refinancer sur les marchés financiers internationaux au lieu d'imprimer de la monnaie de contrefaçon. Nos gouvernants organisent depuis 2008 un gang-bang permanent contre tous les Traités Européens, pourtant conformes à la religiosité néo-libérale, qui à leur goût ne permettent encore pas assez leur libre circulation des capitaux. La Lutte des Classes ne s'est jamais aussi bien portée qu'en ce moment. Même Marx aurait rêvé d'une telle synergie recréative. Jamais de toute l'histoire de la Création de l'Europe Unie, un appareil européen n'a été créé et transformé aussi vite. Mais il s'agit de sauver les banques en tuant les peuples. Un organe de contrôle et de règlementation des flux des capitaux et quant à lui en bavardage depuis 2008. Souvenez-vous de notre élu pivot qui déclamait: "la crise de l'économie de marché, la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et que je ne tolèrerai pas...", ou qui menaçait encore à la veille du G20 de Londres de "claquer la porte avant la fin".

Peut-être que le basculement du Sénat en France dans une majorité de gauche, pourrait être le jour du réveil des citoyens. C'est la Première fois sous la 5ème République que le Sénat est à gauche.
Le Sénat n'a jamais le dernier mot dans le processus législatif, mais peut-être elle à trouvé le 25 septembre 2011 le 1er mot des citoyens réveillés.

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màj du 3 IX 2011: le poker menteur et dénonceur des USA a pris aujourd'hui une tournure encore plus violente. Le directeur de l'agence de notation Standard & Poor's a déclaré au Forum Européen de Alpbach dans le Tyrol qu'il attribuera la note la plus basse, CC, aux euro-bonds, aux Bons du Trésor européens. Si les euro-bonds sont garantis à hauteur de 27% pour l'Allemagne, de 20% pour la France et de 2% pour la Grèce, S&P's attribuera le CC aux euro-bonds ce qui constitue la note attribuée à la Grèce. Vous verrez que plus grande sera la violence du poker menteur et dénonceur des USA, plus proches ils seront de la révélation de leurs banqueroute d’État. Ce n'est plus qu'une question de semaines à présent. Ce qui est sûr, c'est qu'en rachetant les positions toxiques des états européens de la périphérie, mais aussi directement des banques, la BCE est devenue une bad-bank comme les autres.

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màj du 22 septembre 2011: en Allemagne les banques vont abaisser vraisemblablement à partir du 17 octobre 2011 de 75% les garanties pour les comptes des épargnants.
C'était prévu officiellement pour 2025, mais elles veulent prendre de l'avance.
Bon, ça ne concerne que les gros comptes qui dépassent les 100.000 euros garantis par l’État.
Les banques sentent la fusion nucléaire imminente, le collapse total venir, et ce ne sera pas à cause de la Grèce.
Elles font du chantage sur les États "souverains" pour des bail-out à répétition, mais elles ne rembourseront pas les épargnants institutionnels.
Les banques annoncent donc officiellement qu'elles vont voler leurs clients déposants.
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màj du 30 septembre 2011: Lire ici

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Alter-Forum face au G20 en novembre

La Coalition française G8G20 2011 prépare l’Alter-Forum « Les peuples d’abord, pas la finance », du 1er au 4 novembre, en parallèle avec la Réunion du G20, qui est prévu les 3 et 4 novembre à Cannes, en France. Plusieurs activités sont prévues : le 1er novembre, manifestation internationale, suivi par une réunion publique, un concert (si la collecte de financements le permet !) une conférence de presse le 4 novembre à la fin de l’Alter-Forum et du Sommet du G20 et une manifestation symbolique, qui reste à définir, au cours de la protestation ou de la réunion publique. >>> Plus d'information




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1 décembre 2009

CDS, CDO, OTC, RMBS - Deux décades perdues: le PIB furtif et fictif - Le PIB d'initié

Hier le prince-président français a encore pris avec des mimiques ostentatoires pour des demeurés ceux qui veulent "ralentir" la croissance et il a justifié l'aide aux banques donnée par des fonds publics et des garanties directes de l'État et par l'argent prêté à taux Zéro par la banque centrale BCE. Le prince-président et ses boys parlent de croissance du PIB.

Mais ce PIB n'est que leur avatar de leur préparation mentale en éprouvette de laboratoire structuratrice d'État, d'économie nationale et des relations économiques entre les habitants d'un pays et avec leurs voisins. Dans cette éprouvette, le prince-président, ses boys et ses apparentés comme le PS français, cultivent les habitants de leur pays comme l'on cultive des virus sur un substrat nourricier. Leur seul objectif est d'obtenir dans leur bouillon de la multiplication, qu'ils nomment croissance. Et ils en sont fiers de cette multiplication et la gauche godillote française jubile avec ses poupons en tête dont les joues sont gonflées par la cravate trop serrée. Ils veulent de la croissance du PIB coûte que coûte et regardent le peuple au labeur d'un œil compatissant. (Huiles de Robert Dandarov sur Malevitch)

Lire la suite...

Vous êtes invités à lire la 1ère partie de cet article et vous pouvez aller directement au paragraphe 4 si cet "essai littéraire" vous pèse. La non-objectivité de la "Reprise" économique n'est qu'une illusion suprématiste et ne concerne que les banques systémiques qui bénéficient des aides gouvernementales de sauvetage. Comme il existe la non-objectivité de la Reprise ou des "green shoots", il existe depuis presque 20 ans la non matérialité du PIB en croissance. Croissance sur dettes.

Les banques ne cessent en ce moment d'annoncer un bon résultat opérationnel, mais "résultat opérationnel" n'est pas une norme comptable internationale définie par les standards IASB / IFRS et chaque banque peut y faire figurer ce qu'elle veut, quand elle le veut, et changer ses propres critères selon ce qu'elle a envie de communiquer ou de cacher. Les médias et les politiciens ne restituent que ce mensonge planétaire qui doit servir de bain gingival à ceux qui prononcent ces mots. Le bouche est purifiée et peut donc parler de croissance. On peut nommer ceci le parl'être, le mensonge, le faux en écriture en fonction de sa foi ou de sa compromission personnelle. L'homme s'est adossé sur un marché cognitif unique. L'homme de l'hémisphère riche.

Face à cette immatérialité du PIB en croissance, il existe la réalité du NAIRU et de l'appauvrissement d'un prolétariat élargi aux classes moyennes qui se déprécient comme acteurs économiques titulaires d'une sécurité alimentaire et matérielle.

Face à cette croissance, l'Afrique est encore plus vite dépolluée de son désir de sécurité alimentaire, économique et politique dans le miroir suprématiste de l'organisation mondiale du commerce libre et non faussé (OMC) qui crée du bien-être et qui tend au plein emploi en apportant par-dessus le marché la démocratie (Traité de Lisbonne).

Les miroirs suprématistes se cumulent pour se concrétiser en un thaumatrope qui montre à chaque inclinaison différente la même image du cochon repu qui dit merci et qui n'éprouve même plus le besoin de nourrir une conscience politique et d'aller voter. La médiocrité de la nouvelle gouvernance européenne conformément au Traité de Lisbonne en est par exemple un résultat. Pour faire miroiter ce thaumatrope dans tous ses sens on n'a même plus besoin d'une urne électorale ou d'un doigt d'un Bilderberg, de la Trilatérale, de la Banque des Règlements Internationaux ou d'autres princes et imbéciles aux grands chœurs, le cochon bat la queue et ça lui suffit même s'il ne mange plus que du son. Il a en lui haut et fort une certaine image de croissance, du PIB à la tête dans la gamelle. Car il faut moins de temps pour ne plus le dire, la titrisation est oubliée. Aux excès de langage courant depuis 1989, mais que vous ne percevez subitement et intensément que depuis le début médiatique de la crise "des Subprimes" à partir du 15 IX 2008, je dois opposer des coups de butoir avec des mots qui vous semblent être des néologismes, pour que vous preniez conscience et admettiez de mettre des mots sur tous vos états. Mais ne vous inquiétez pas, je vais me remettre à mon langage économique plus bas, comme il se doit... et vous verrez que le monde de la finance fait encore pire depuis le 15 IX 2008 et avec la garantie, le soutien et l'aval des gouvernements. A une folie, j'ajoute la mienne. A vous de voir qui est le plus atteint. Le Stress-Test des banques ou moi? La Grèce qui falsifie ouvertement les critères comptables de Maastricht dès son adhésion à la Zone Euro, ou les USA qui font la guerre en plus? Thaumatrope ou Obama?




La tentative d'utiliser "Nobel" Obama comme miroir suprématiste destiné à endiguer les foules pâlit très vite (Photo: Signature de BO). Obama est un raté global. "Nobel" Obama réduit ses objectifs environnementaux et triple ses GIs expédiés dans le ‏هندوکش. "Je vous suis redevable d'une mission", son discours d'hier devant l'École des Cadets de Westpoint était le même que celui du Sommet de l'Otan à Strasbourg le 4 avril 2009 lors de son townhall meeting tenu devant les jeunes UMP et des Grandes Écoles, et au Sommet de Prague du 6 avril 2009a été consacré le déconstructivisme de l'État hormis de sa fonction ressentie comme régalienne d'État Providence Bancaire. Le suprématisme du primat de la croissance sur l'Homme est l'image inversée du déconstructivisme de l'État des habitants des pays et de l'état de l'homme en tant que dépositaire d'une enveloppe dans laquelle il génère et gère des aspirations paisibles et lentes dans lesquelles il n'est pas obligé de s'inventer ennemis & dangers avant chaque lendemain pour transformer une illusion de vivre en se bavardant de lui-même.




Paragraphe 4
) Rassurez-vous, je vais bientôt vous entretenir des réserves fractionnaires, des CDS / CDO, des RMBS et des bulles des produits titrisés adossés sur ce reste de vie. La mode du parl'être de la titrisation qui avait été collectivement nommée Titrisation et seulement en apparence identifiée comme étant la mère de toutes les bombes de l'éclatement de la nommée Bulle des Subprimes après le 1er lâchage de la Lehman Brothers le 15 IX 2008, avait très vite pâlit malgré la suite collectivisée des pertes issues des faillites de Goldman Sachs, de la Washington Mut, de AIG, de Chrysler, de General Motors, de l'Islande, de HSBC... et bientôt de Boeing. La bulle létale des titrisations a été pourtant amplifiée depuis septembre 2008 par le club de Wall Street, Obama-Bernanke-Geithner, avec les programmes de recapitalisation des banques et grâce à la non-indépendance des banques centrales aux ordres des porteurs du pouvoir politique légal des États et du pouvoir illégal du G8-20 qui n'est qu'un club informel de rencontres sans réalité juridique internationale et démocratique.

Je peux vous exprimer ceci plus simplement, mais vous auriez déconnecté parce que vous auriez cru lire marx dans mes propos: le pouvoir appartient aux banques. Il est tellement inscrit dans les gènes que le CAC 40, le Dow, le Nikkei soient notre credo et que l'État doive disparaître dans l'efficacité commerçante des marchés qu'il m'est nécessaire de faire repasser cette idée à double-face dans le double-face du suprématisme de la valeur et du PIB adossé au déconstructivisme de l'État pour faire reprendre conscience. Et bien que les banques fussent décriées puis nommées par le "too big to fail" à la fin de l'année 2008, leur recapitalisation leur a permis de fusionner entre elles et de devenir encore plus too big to fail en opérant leur croissance de leur nature systémique de risque. Mais ceux qui savent vous vendent cette croissance comme une "nécessité pour être encore plus prêt devant la concurrence internationale, pour être en mesure de rebondir après la crise et pour permettre de gagner des indices de croissance". On feint d'ouvrir et de nourrir le débat démocratique en faisant bavarder les foules sur une taxation temporaire des bonus bancaires de 2 à 3000 traders valable jusqu'en avril 2010, mais la perversité démultipliée du système financier global auto-centré est un billion de fois plus grave, peuplicide et économicide. La Lutte des Classes est parfaitement moderne, visible, lisible et présente devant la corbeille de la Bourse, mais ne l'est plus devant la gamelle de l'affamé, auquel on a dit que le clivage gauche-droite est ringard, et il l'a cru et intégré dans son comportement syndicalement, politiquement et sociétalement non revendicatif et soumis. L'affamé n'a plus que sa langue, mais elle lui sert à lécher sa gamelle. Dès 1989 j'ai basculé dans la Gauche du IIIème millénaire en donnant un nom aux choses. Depuis 1989, la Chute du Mur, la gauche a orchestré les Deux décades perdues parce qu'elle n'a perçu que le primat de la globalisation comme liant de l'humanité. La Gauche a transposé dans l'esprit global la nécessité nécessaire de la réalité des banques en lui donnant le packaging du progrès de la globalisation. Quand hitler était arrivé au pouvoir il avait aussi promis un reich de 1000 ans et il avait su convaincre en plaçant les individus au centre du miroir suprématiste et en en écartant juste ce qu'il fallait pour parvenir à son accomplissement. La droite fait son travail et elle le fait bien conformément aux aspirations de ses donneurs d'ordre électeurs. Le coupable est seule, la gauche. Là où elle renie la lutte des classes elle collabore, soutient, renforce et s'ajoute à la compromission universelle. La lutte des classes du IIIème millénaire ne se fera pas avec une x-ième révolution, mais avec le contrôle démocratique des pouvoirs conformément à la Constitution. L'électeur doit vouloir, il n'a qu'à écouter les alternatives qui existent. Il est tellement masochiste qu'il préfère attendre d'être un squelette sur lequel le monde s'écroule comme à l'écroulement de la République de Weimar.

paragraphe 5) Souvenez-vous du printemps 2009, une oreille distraite aurait eu pu croire que le prince-président français en exercice était de gauche quand il mettait son accent tonique sur les "marchés financiers fous" en vociférant à hue et à dia avec des "je ne tolèrerais pas que..." et qui menaçait encore à la veille du G20 de Londres de "claquer la porte avant la fin, si". Ou au G4 de Berlin de février 2009 nous étions fiers du parl'être de notre pinnochio local qui ne posait plus simplement son regard compatissant sur le peuple mais qui reprenait pour lui sa destinée en main en disant "la crise de l'économie de marché, la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et que je ne tolèrerai pas...".

Tous les G20 depuis l'automne 2008, Londres, Washington, Pittsburgh, etc.. le G4 de Lecce, ont consacré la victoire des banques, le maintien des paradis-fiscaux ou leur renforcement off-shore, le placement du quantitative-easing (planche à billet) au centre de l'économie politique en instrumentalisant à cet effet le Fonds Monétaire International (FMI), la non-régulation et le non contrôle des flux financiers. Même la nouvelle autorité de contrôle européenne créée la semaine dernière et présentée comme une victoire est une coquille vide selon les journaux financiers eux-mêmes. J'y reviendrai dans un prochain article.

Les G20, G8 ne sont que des clubs sans autorité et sans légitimité juridique internationale à la différence de l'ONU ou de la FAO, mais des décisions monétaires y sont prises et les états membres s'y tiennent. Le Sommet climatique de Copenhagen de décembre 2009 n'a été qu'un club et sa décision à minima n'a aucun caractère juridique contraignant et ne sera pas respectée.

Dans mon "essai littéraire" ci-dessus, qui est un libelle à la Montaigne, je vous ai demandé si nommer les choses intensément, si déposer son accent tonique sur des mots comme PIB ou croissance étaient des activités structuratrices d'État, d'état, d'une forme d'économie, des relations domestiques et internationales entre les habitants d'un pays et avec leur voisins. L'objectivité d'un mot ou la non-objectivité de ce mot est structurante dans son environnement où il a cours, tout comme les triple-A des évaluations infondées des agences de notations Moody's ou Standard and Poor's. Utiliser le contraire d'un mot pour cacher son revers est tout autant structurant. Ne plus utiliser un mot quand on a mis dessus pendant des mois l'accent tonique est tout aussi structurateur. La titrisation avait été dénommée toniquement au printemps, pour faire croire aux peuples que l'on détenait le grand coupable, même si l'on n'allait mettre au cachot que le nano-Madoff qui avait fait du joujou dans un coin de la scène Ponzi globale, destructrice et ordonnancée. Les peuples ont besoin de grands procès mais de petits coupables, sinon ils se mettraient à douter d'eux-mêmes et attaqueraient de front le dictionnaire, et leur colère serait encore plus violente s'ils se mettaient à comprendre qu'ils sont autant coupables en ayant accepté de se glisser dans la compromission universelle qui leur octroyait à eux aussi un lopin de confort furtif avec sa fiction de culture agricole et de l'ensemencement générique offert au plus petit d'entre nous. Il est confortant de se sentir être un organisme génétiquement manipulateur. Il est réconfortant d'être structuré. Chacun est agent d'un reich. Je reste profondément conscient de la responsabilité de chacun dans cette compromission universelle. Le chacun comme électeur par-ci, mais cultivateur de son lopin furtif par là. Le PIB n'est que l'expression de son propre besoin d'identification. Les rapports entre mon voisin et le PIB sont fluidifiés si l'identification se fait dans une société sans culture et sans éducation, dans un double-face du suprématisme de la croissance et du déconstructivisme de l'État. L'essentiel est de cravacher. La marche suivra son cours.

paragraphe suivant)  Le cours ne suivra pas la marche.  Je vous ai écrit au printemps qu'en réalité les décisions au sujet des parités des monnaies avec le Dollar comme pivot se prennent dans le système para-secret de la Banque Internationale des Règlements, qui a toujours été nommée "Banque Mondiale bis" depuis 1945. La Bank for International Settlements - Banque des Règlements Internationaux, BRI, est la banque centrale des Banques Centrales. C'est le cœur idéologique de la politique économique globale comme l'entendent les pays du G7. La BIS est un club de Banques Centrales qui siège à Bâle et dont l'objectif est de gouverner les gouvernements. Ce club n'a pas de statut officiel relevant du droit international comme le G8, le G20 à la différence de l'Otan et de l'ONU.

Pourtant c'est à la BRI que sont prises les décisions de dévaluer ou de défendre les monnaies, de fixer le prix de l'or, de réguler le système bancaire off-shore, d'augmenter ou de diminuer les taux d'intérêts à court terme. La BRI est aussi appelée le réacteur nucléaire qui surplombe avec sa tour de 17 étages le ville médiévale de Bâle. La BRI n'apparait quasiment jamais en public et ne fait pas de communiqué. Elle est faite de 55 membres mais en réalité ce ne sont que l'Allemagne, la France, les USA, la Suisse, l'Italie, le Japon et la Grande-Bretagne qui se rencontrent régulièrement à Bâle. La BRI est le club supranational le plus secret, le plus exclusif, le plus puissant de la planète. Elle avait été officiellement pro-nazi dès 1930. Elle a été le centre du système bancaire de Hitler cogéré avec les américains... Elle n'avait jamais été liquidée comme l'avaient demandé en 1944 les américains à la Conférence de Bretton-Woods. C'est du Comité de Bâle de la BRI que sont sorties en 2004 les Recommandations de Bâle, appelées Bâle II, qui sont à l'origine des interprétations libres qui ont mené à la crise des subprimes, des CDS / CDO, de ce Système du Risque des produits dérivés titrisés adossés au mark to market (à la valeur du marché) qui a plongé la planète dans la spéculation systémique et dans cette crise économique la plus grave de l'histoire économique de l'humanité. Les Recommandations de Bâle II étaient vendues comme des Normes Prudentielles Comptables, ont été déclinées avec les Directives CRD en Europe toujours friande du dernier cri du crétinisme néolibéral. Mais les normes prudentielles comptables n'ont organisé que la contagion planétaire du mark-to-market et détourné le capitalisme dans un Casino-capitalisme. Il pourrait paraître très drôle de voir en ce moment Abu Dabi réclamer à la Citigroup 7,5 milliards de $ pour qu'elle le dédommage d'avoir commis des "erreurs d'interprétations frauduleuses". En d'autre temps ceci serait un scénario de déclaration de guerre. Peut-être que nous sommes en guerre et que nous ne le savons pas. Nous ne le savons pas.

Je fais un amalgame entre la BRI et le FMI? Le FMI peut et veut devenir ce club bis de la BRI, puisqu'il s'agit d'organiser un système mondial centralisé de planche à billet, ce que la BIS ne pouvait pas faire sans sortir de l'anonymité. C'est à partir de l'analyse de la BRI depuis sa création que s'est développée la "Théorie de la Conspiration" qui buzz très bien sur le net et dont je ne vous conseille ni la lecture ni le visionnage, et dont je n'ai regardé que quelques secondes de vidéo. Pour moi, il n'y a pas de Conspiration s'il y a une démocratie forte, active, informée et éduquée à l'exercice de la dialectique dès la maternelle. L'altérité doit être politique; l'altruisme peut-être conservé par les églises, peut m'en chaut. Il n'y a pas de victimes d'un système mafieux féodal, il n'y a qu'une tolérance générale à cet occultisme parce que l'individu est plus enclin à s'arranger avec la quotidienneté de la compromission universelle.

Je vous sens attristé, à chaque fois que je vous promets que je vais revenir au langage économique plus bas, je me relance dans des phrases. Voilà: la BIS / BRI va publier le 7 décembre 2009 son rapport trimestriel sur la situation globale de la Titrisation des produits financiers dérivés que l'on nomme CDS, CDO, OTC. Vous l'avez compris, la crise n'est pas la crise de l'économie de marché, mais la crise du capitalisme dont le seul objectif est de réaliser et de canaliser la croissance des richesses financières. La Titrisation inventée par la JP Morgan (fusionnée depuis 2009 avec la Goldman Sachs) et qui a été copiée en 15 ans par tous les systèmes bancaires, d'assurance et par les banques centrales, est à l'origine de l'effondrement des pays industrialisés du Global Meltdown que certain appellent encore timidement Grande Dépression II.

Au printemps 2009, les économistes comme Krugman, Nouriel Roubini, parlaient de l'éclatement imminent de la bulle des CDS qui était évaluée à 68.000 milliards de $ (68 trillions). Dans le dernier document téléchargeable de la BIS / BRI nous voyons que cette bulle est non seulement considérablement sous-évaluée, mais qu'en plus elle a recommencé à gonfler.

Selon le rapport des statistiques de la BIS / BRI, le montant total notionnel de tous types de contrats OTC a été en juin 2009 de 605 trillions de $ (605.000 milliards) et a augmenté de 10% par rapport à décembre 2008.  Les OTC, Over The Counter, sont des contrats de gré-à-gré et des opérations extra-bilancielles réalisées sur le marché mondial financier qui ne sont pas encadrées par le moindre des contrôles (over the counter) selon la volonté des législateurs. La bulle plus spécifique des CDS a augmenté pendant la même période de 60%. Les CDS, Credit Default Swaps, qui sont des assurances contre la défaillance des emprunteurs et des produits financiers dérivés sur les emprunts pour permettre aux banques la multimutualisation des risques des emprunteurs, sont tout autant des contrats réalisés de gré-à-gré et des opérations extrabilancielles over the counter qui échappent à tout contrôle des autorités financières selon la volonté du législateur. Vous pouvez visualiser le Graphique de la BRI / BIS. Les liquidités mises sur le marché par les banques centrales dans des opérations de Sauvetage et de Relance dites "Bail-Out", ou TARP, TALF, PPIP, etc... sont tout autant soustraites des circuits monétaires et financiers réels et transparents de l'économie réelle pour se transformer directement en produits spéculatifs qui tournent en rond sans plus jamais rejoindre l'Économie Réelle. L'augmentation de ce nouveau gonflement de la bulle des CDS est d'autant plus grande qu'il existe dans la même période un ralentissement de la croissance de richesses (du PIB) lié au déclin de 30% de l'activité productive réelle de biens et de services. Ceci est un hold-up nourri et soutenu par les gouvernements et les autorités financières de contrôle dans un système pyramidal Ponzi-Madoff qui fonctionne en circuit fermé en vidant l'économie réelle de ses actifs et des liquidités financées par les dettes publiques et la planche à billet pour créer le retour de la Croissance. Si je vous dis "les krits, les martiens, les langoliers sont parmi nous" vous ne me croirez pas. Si je vous dis que les paradis fiscaux sont domiciliés sur le territoire métropolitain, vous penserez à Rudolph the Red-Nosed Reindeer et votre nez brillera d'incrédulité. Tous ces contrats de gré-à-gré sont extra-bilanciels et non contrôlés par les gouvernements et les autorités de contrôle.

Au nom de la liberté des marchés financiers et de service de capitaux les gouvernements et l'Europe dans son Traité de Lisbonne ont voulu ne pas aménager un système de contrôle et de surveillance qui instaurerait une "distorsion des marchés qui ne seraient plus libres et non faussés".  Autrement dit, la majorité des actifs des économies nationales de la planète est extraite du circuit concret et industrieux de l'économie réelle pour nourrir la Lutte des classes spéculatives. S'il n'existe pas d'autorité gouvernementale et intergouvernementale de contrôle et de surveillance des flux financiers intérieurs et internationaux, il est impossible d'observer le PIB et de définir le moindre des indices de Croissance. Les chiffres de PIB que l'on vous publie ne sont pas des notions non-objectives ou immatérielles, ou suprématistes, ou déconstructivistes, ce ne sont que des chiffres qui ne sont pas porteurs de sens. Donc toute comptabilité nationale, toute politique budgétaire d'un État, toute décision prise par les clubs privés illégitimes et sans fondements juridiques comme le G4, le G8, le G20, le G20-Finance, ne sont que des amoncèlements de mots dépourvus de sens tant que l'on n'aura pas installé la transparence des marchés. Du PIB, il y en a, il suffit de ramener les actifs non pourris dans le circuit économique réel industrieux et l'on pourra financer les services publics, la santé, le chômage, la sécurité sociale, la culture et l'éducation, et... la faim dans le monde... et le Green New Deal. Les intrications ne sont pas là où l'on veut vous simplifier et vous réduire.
Congrès du riz en Afrique 2010
à Bamako.

Dans cette situation fictive puis artificielle de carence économique due au casino-capitalisme, il est donc plus agréable de faire parler les peuples sur les paradis fiscaux off-shore et de laisser faire la multiplication des Langoliers sur le territoire domestique. Avec la dernière édition de Solvency II et la soi-disant nouvelle Autorité européenne de surveillance des marchés financiers dont la naissance a été proclamée le 1er décembre 2009, les gouvernements continuent à se donner les moyens légaux de cacher les risques réels de l'économie systématisée par les produits financiers dérivés et de faire exister un monde parallèle. Mais ce monde parallèle, c'est vous, c'est nous. Ce qui est structurateur d'État, d'état, des relations économiques et de la vie domestique ce sont Bâle II, l'OMC, l'AGCS, les APE / ALE, les Accords sur les ADPIC et les ADPIC+, Solvency II. Sous hitler, staline, mao, pol pot, honecker nous avions une prosopopée indentifiable en face de laquelle l'individu avait le loisir de se structurer. Dans ce creuset du monde parallèle des désidentifiés globaux, il faudra travailler à l'identité humaine des affamés, des spoliés, des chômeurs, des Travailleurs (terminologie des Directives européennes) et ne pas demander à des peuples à s'identifier contre 400 femmes qui portent la رقع, comme en France (chiffre officiel des RG).

La part salariale a diminué en 20 ans en France de 12% dans la répartition des richesses restantes et comptabilisées dans le PIB.

encore un paragraphe) En compensation ou pour donner le change, les législateurs pilotés par les recommandations Bâle II et Solvabilité II éditées par la BIS / BRI ont délibérément préféré laisser le grand voile sur le substrat nourricier de leur climat total d'opacité œuvrer en faveur de leur concurrence libre et non faussée de leurs marchés financiers. Imaginez-vous en plus de cet imbroglio que les banques d'investissements ne sont pas tenues d'avoir des fonds propres réglementaires, et imaginez-vous qu'en plus il y a le système de shadow-banking par lequel ont été diffusés en dehors de la Bourse pour une valeur de 600.000 milliards en produits financiers dérivés, titrisés ou adossés comme des CDS / CDO, qui sont des systèmes d'emprunts et d'assurances sur défaillances de l'emprunteur, en sachant que toutes ces opérations sont des OTC (Over the Counter), des opérations de gré-à-gré qui sont hors-bilan, et pour lesquelles personne n'est capable d'avoir une vision statistique et une vision que l'ont pourrait faire passer par un système de comptabilité analytique et de comptabilité nationale. Les autres banques d'affaire et commerciales pratiquant le négoce de ces "Services" financiers, ne sont pas tenue d'avoir des fonds propres pour ces activités-ci. C'est comme si un assureur n'est pas tenu d'avoir des fonds propres pour couvrir les sinistres ou les zones sinistrées qu'il assure. Ceci est criminel et voulu par les législateurs qui n'ont jamais voulu intervenir. Ces 600.000 milliards (600 trillions) sont des transactions financières qui se font en dehors du circuit des marchés financiers, qui offraient en temps de croissance des bénéfices spéculatifs non soumis au contrôle des autorités administratives et non soumis à l'impôt. C'est un système de blanchiment de l'argent, tant que nous nous trouvons en période de croissance ou de positions toxiques et pourries dès le moindre des retournements de tendance économique. L'éclatement de la bulle des CDS a commencé même si de nouveaux trillions de $ de nouveaux CDS sont mis sur le marché. On gonfle une bulle qui se vide encore plus vite pour garder présente... l'illusion de croissance, ou de reprise, de green shoots.

Ces bulles constituent un PIB d'initié, mais seront collectivisées en positions toxiques par les peuples comme aujourd'hui qui sont obligés de les racheter contre de l'argent frais de la planche à billet, des déficits publics, contre le "Grand Emprunt", contre des émissions de Bons du Trésor que l'État devra racheter dans quelques années avec l'argent des contribuables et des habitants du Pays. Tout ces rachats sont de la Dette pour un Trou, mais l'on vous dit que c'est pour remettre sur pieds la croissance.





Sur le graphique cliquable à gauche vous pouvez voir que les 29 premières banques US systémiques, dites "too big to fail", sont en faillite à cause de leur mégalo-spéculation opaque. Elles sont toutes des risques systémiques. Légendes: Billions = Milliards. Derivatives = la Bulle des produits dérivés, des OTC, CDO, CDS, les assurances sur défaut de paiement des crédits. Assets = les Fonds Propres. Attention: 4.807% = Quatre mille huit cent sept pour cent. Pour les seuls USA on estime la Bulle des CDS à 200 trillions = 200.000 milliards de $, contre 14,5 trillions pour le PIB des USA en 2008. Et pourtant, toutes ces banques annoncent des "bénéfices"... Goldman Sachs a un levier d'endettement de... 34262%. Ce tableau ne montre que la bulle des CDS dans le bilan de ces banques et non pas toutes les autres positions toxiques comme les subprimes, les Alt-A, les MBS... Vous comprenez que cette Élite de la Classe financière lutte pour cacher les risques, qu'ils soient les positions toxiques comme les assurances sur défaut de remboursement des crédits (CDS), etc. Obama, le veule, a permis aujourd'hui le 8 XII 2009 à AIG, qui a pourtant été la plus grande faillite de l'humanité et de l'histoire des USA, d'augmenter massivement les salaires et boni de ses traders. Graphique à droite: too-big-to-fail devient de + en + big. 2009 est l'année Obama.







Criminalité financière légale de la libre circulation des capitaux et des services financiers)


Quand vous voyez un Madoff quelque part vous croyez avoir tout vu, compris le monde et ça vous suffit pour vous structurer, pour renforcer votre identité nationale et éventuellement élaborer un argumentaire revendicatif entre l'action de grâce du thanksgiving et les fêtes de fin d'année. Avec madoff vous savez où est le ponzi. Vous savez où tourner la tête. Un petit voile par là, et ça repart.

J'avais écrit après la chute du Mur, en 1990 ceci: "Il n'y a pas de palimpsestes, il n'y a que des empalés. Ceci fait plaisir aux gouvernants de voir le peuple croire et vivre à tout jamais qu'il ne sait pas générer de la pensée. La recette a d'autant mieux pris que depuis 1989, la Chute, le fascisme est devenu un plaisir intérieur nourri en le for intérieur de l'individu qui s'est anesthésié et anéanti en laissant, dans le cadre d'une cuisson à l'étouffé de la globalisation et de l'OMC, bavarder en lui-même les deux derniers frères bessons qui l'habitent: le maître et l'esclave. Ainsi le gouvernant n'a plus besoin d'agir pour contenancer le peuple, il empoche. Le sniper est mort, mais le hedger guette et caquette, comme papon tapie guettent et caquettent."

Les dérivés de crédit, CDS sont des assurances contre les défaillances d'un emprunteur. Avec les CDS on peut aussi assurer les titres obligataires ou les créances commerciales que l'on ne possède pas. Ceci est un outil légal de criminalité financière qui permet d'organiser à l'échelle de la planète une spéculation déprédatrice et destructrice. La Banque Centrale Européenne, vous savez cette banque pour laquelle tous les partis et tous les politiciens garantissent et défendent l'indépendance, regarde d'un œil bienveillant la liberté des "investisseurs" d'intervenir le plus facilement possible sur les dérivés de crédit, pour permettre l'efficacité des marchés d'engendrer des synergies et pour nettoyer du marché ce qui n'est pas rentable à leurs yeux. Avec les dérivés de crédit n'existent pas les contraintes liées a la cotation et aux conditions des marchés boursiers qui sont soumis à une autorité de contrôle et de surveillance: la COB (Commission des Opérations de Bourse) et l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France, la SEC (Securities and Exchange Commision) aux USA, dont la Directrice Mary Shapiro a des démêlés de plus en plus violents avec Wall Street à cause des ses divergences de points de vue de plus en plus prégnantes.

Le CDS est une assurance contre une défaillance d'emprunteur. A la différence d'une assurance conventionnelle, vous pouvez assurer des titres obligataires ou des créances commerciales même si vous n'en êtes pas propriétaire. C'est comme les jeux et paris occultes sur les matchs de foot de la FIFA ou de la UEFA, il suffit de fluidifier l'arbitre et de fausser le jeu pour empocher les encours (enjeux). C'est comme si assuriez contre les risques d'incendie la maison de votre voisine, et que vous aviez le charisme organisé nécessaire pour lancer sur les marchés financiers votre produit financier en activant dessus les hystéries spéculatives. Vous pouvez mettre le soir le feu à la maison de la voisine en lançant dessus une fusée du Nouvel An. Il existe sur n'importe quelle créance titrisée, son équivalent en CDS qui mime de l'assurer. La défaillance des entreprises, des villes, des communes, des États est assurée par les CDS. Pour soigner l'opacité, les émetteurs de CDS créent à l'infini des macédoines de CDS d'un petit bout de cette entreprise, avec un petit bout de cette autre. Ils y mettent le tout dans un baratte, moulinent et réémettent des CDS sur des CDS qui sont des CDS-Square (au carré) ou Cube, etc... Le produit financier est mystérieux et attire de manière compulsive des acheteurs de protection que je peux appeler des tueurs à gage qui viennent avec leur mise de fonds mais qui obtiennent une concession et une licence d'extermination et dont l'activité et d'attendre qu'une répétition de meurtrissures mette fin à la vie de l'entité de référence sur laquelle ils ont acheté une protection. C'est l'acte fondateur de la mafia.

Les acheteurs de protection ont tout intérêt à agir à l'inverse du développement durable et de la croissance réelle pour que les entités de référence fassent faillite sur un parcours où la fin de vie est une issue normale et non fatale. C'est l'acte fondateur de l'empire du sens unique sans traçabilité. Entre l'achat des protections (CDS) et cette faillite de l'entité de référence, il faut que la valeur des CDS enfle rapidement, que les CDS s'échangent souvent sur les marchés financiers, qu'ils innervent les synergies spéculatives. Ceci est un acte fondateur du système pyramidal Ponzi. Il faut donc faire courir des bruits et rumeurs contre l'entité de référence pour créer et lui infliger un événement de crédit, pour venir encaisser et pour le laisser s'éliminer de lui-même. C'est tuer sans donner l'acte de la mort légale en conformité avec le Master-Agreement, la Convention cadre de l’ISDA (International Swap and Derivatives Association). Ce qui est le plus beau, dans un génocide, c'est de lui donner une structure et un aspect d'état. La modernité de ce génocide, est qu'il peut se pratiquer sans uniforme et de son bureau ou de sa table de cuisine avec l'ADSL.

Tous les partis, les gouvernements, les influenceurs, les G20, les G8, etc... s'inclinent devant les lobbies des banques. Les CDS sont économicides et peuplicides et ont comme objectif de vider les entreprises, les épargnes, les peuples, les économies nationales de leurs actifs. 90% des activités des entreprises résident depuis 15 ans dans les activités financières et dans la délocalisation de leurs bénéfices et de leurs actifs dans des produits externes financiers dérivés qui promettent des rendements à deux chiffres, et en tous cas toujours plus élevés que les bio- et nouvelles technologies.

Les économies nationales et d'entreprises se sont transformées en des réseaux logistiques de drainage et de canalisation des actifs, ceux qui devraient constituer le PIB réel, apporter emploi, bien-être et croissance. Le système économique a donc intérêt à sous-payer le personnel des Travailleurs, à mettre au chômage, à désinvestir dans la Recherche et le Développement, à déclarer leurs bénéfices d'entreprise ou de spéculation dans les paradis off-shore ultramarins ou domestiques, et à offrir à la collectivisation leurs pertes au pays dans lequel ils ont établi le siège de leurs entreprises, etc... Vous voyez, on vous impose un débat sur l'identité nationale, et on feint de s'offusquer dans les sphères du pouvoir que la notion d'État, de Nation, de République soit quelque chose d'informe chez les habitants d'un pays. Pays vautourisé.

Les CDS ne sont pas simplement des produits criminels parce qu'il n'existe pas de loi pénale qui interdise ces produits financiers dérivés qui sont tout autant une violation de l'esprit des lois pénales des sociétés modernes que l'est le système pyramidal boule-de-neige Madoff-Ponzi, la faillite frauduleuse, la corruption. La crise, "la crise de l'économie de marché, la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et que je ne tolèrerai pas...", comme le dit si élégamment le prince-président français actuellement en poste, est le symptôme de l'œdème des CDS. Les banques commerciales, les banques d'affaire, les assurances, les départements finance des entreprises de bien et de service (comme chez Chrysler, GM, mais aussi Renault, Peugeot-Citroën) ont détourné la majorité de leurs activités génératrices d'une croissance de valeurs (Croissance furtive, fictive appréciée par les agences de notation) dans du négoce sur les risques de crédit (CDS) et des achats de protection (CDS). Elles se sont même protégées contre leurs propres risques de crédit avec des CDS. La seule faillite de la Lehman Brothers a elle-même entrainé autour d'elle 700 milliards de pertes nettes dans des entreprises de biens et de services, comme VW, Siemens, EADS Airbus, EON, RWE... mais aussi des syndicats, des villes, des communes... qui avaient chez elle des encours sous la forme de hedging transactions, des transactions de couverture.

Au final on se rend compte qu'aucune entité de référence est assurée en réalité parce que personne ne détient une masse de fonds propres suffisamment importante pour venir en aide à des entreprises défaillantes qui ont des difficultés de trésorerie et qui ne peuvent pas rembourser leurs crédits ou leurs titres obligataires. Avant ladite Crise, presque tous les CDS de la planète étaient détenus par le portefeuille de AIG ou réassurés par AIG. AIG a été il y a un an la plus grande faillite de toute l'histoire de l'humanité.

Le système économique ne générant plus que du PIB d'initié, mais plus du PIB réel, a donc pris congé dans son élan générateur de la durabilité, si bien qu'il s'est créé sa propre crise de la Non-Production de Richesses Réelles avant que ladite Crise ne devienne la crise des Titrisations, puis des Subprimes qui ne sont que la crise du marché des crédits immobiliers hypothécaires. Donc, avant de créer la Bulle des CDS le système économique a créé et nourri son inanition en inventant une système de normes comptables prudentiel (Bâle II) qui n'est qu'un système qui donnait une façade d'autorégulation mais qui aménageait toutes les failles nécessaires à favoriser la "concurrence libre et non faussée" et la libre circulation des capitaux et des marchés financiers. Les champignons vénéneux poussent et se multiplient sur le substrat nourricier naturel qui s'offre à eux. Le système des bonus et de l'intéressement à la croissance de ce PIB d'initié n'est qu'un résultat de cette idéologie déprédatrice et peuplicide.

La Grèce représente 2,5% du PIB de la zone Euro et 1,9% de celui de l'UE, si la Grèce fait une banqueroute d'État, c'est émouvant pour les européens, mais ceci restera à peine perceptible car. J'admire la souplesse des investisseurs et des agences de notations qui accordent un ordre de passage à la danse macabre: la Grèce, l'Espagne passent avant le Royaume-Uni et les USA pour la déclaration universelle de droits de la faillite. Les agences de notation qui manipulent l'information n'avaient jamais communiqué sur les risques simples ou systémiques des subprimes et n'avaient pas vu venir l'effondrement de Lehman Brothers et AIG. Elles ne communiquent pas sur la bulle des Alt-A, des RMBS, des CDS, des OTC, des Dettes souveraines (Bons et Obligations du Trésor), mais elles communiquent et fondent leur notation sur les bilans produits par les donneurs d'ordre, les entreprises elles-mêmes. Comme il n'existe pas une agence de notation grecque ou lituanienne, on n'entend que Ficht, Moody's, Standard & Poor's qui jouent ce que j'ai appelé dès l'automne 2008 le poker dénonceur. La Californie, qui est maintenue en forme comme les USA et le Royaume-Uni, est le 6ème pays du monde. Les traders ne sont pas mes ennemis, ils font leur job, comme l'élu Obama fait le leur à la tête des G20 et de ses clubs affiliés. Le Trésor américain émet lui-même des CDS sans doute aussi pour compenser l'éclatement de la bulle des CDS en donnant l'illusion que les investisseurs s'adonnent à de la croissance en investissant. Il parait que diriger des fonds sur les fonds qui font le négoce de ces fonds s'appelle investir. Ce n'est qu'une pandémie de plus, mais celle-ci est réelle.

Les peuplades de désidentifiés globaux des pays, où œuvre par hasard une économie nationale, écoutent les gouvernants qui s'inclinent devant les lobbies bancaires en structurant l'État Providence Bancaire et en faisant circuler la rumeur que des groupes financiers étrangers peuvent profiter de nous et qu'il faut renforcer ses capacités et sa force de frappe financière pour être en mesure de barrer la route à ces étrangers. Les lobbies financiers expliquent qu'il est antiproductif de créer des autorités de contrôle et de surveillance et qu'elles ne seraient assimilées par les marchés que comme des barrières protectionnistes qui rendraient instables les marchés financiers. Ces barrières, ne pourraient selon eux au mieux et dans le meilleur des cas que générer à court terme une certaine croissance sans avenir. Et nous, nous tournons la tête vers l'avenir tous les matins comme de bons citoyens sans se voiler la face parce que nous sommes amoureux de la transparence.

Quand l'ADSL aux œufs d'or de la globalisation est cassé, les lobbies bancaires demandent à la BIS / BRI de demander aux États de transformer l'inflation réelle normale de 8/12% en hyperinflation pour éliminer encore plus vite leurs positions toxiquement concrètes.

Ce texte était encore écrit pour démontrer que s'il n'est pas possible d'observer, de cerner, mais aussi de définir le PIB, c'est parce que le marché n'est non seulement pas libre et pas faussé, mais qu'il est manipulé, détourné et que l'information n'a jamais été pure et parfaite et que le mensonge jouit de sa suprématie devant lequel toute la sphère politique s'agenouille, car il est plus pratique de croire en des automatismes de marché que de se donner la peine de réguler et de se demander pour quel type de société et de convivialité (et de planète) on serait disposé à réguler. A l'illusion suprématiste du trickle-down effect (effet de percolation) qui enrichit les masses automatiquement avec la liberté des marchés et sa main vibrante qui régule, assainit, crée du bien-être et tend au plein emploi (OMC + Traité de Lisbonne) il faut dire que nous sommes des désidentifiés globaux unis par un mensonge auquel nous avons tous adhéré par action, pensée, parole, omission, compromission et élection. IASB, IFRS, le Stress-Test, les APE, l'OMC, les ADPIC, le Traité de Lisbonne, on s'étonne que nous arrivions encore à exister dans ce cadre. Nous y parvenons parce que nous disposons du luxe de ne pas nous poser la question. Ce luxe nous identifie face à l'Afrique.

La Grande Dépression II a été mise en œuvre à partir d'avril 2008) Je posais la question le 11 avril 2008 dans un article au sujet de la volonté et de la capacité de la Fed' à reprendre la situation des crédits délinquants et de la bulle des Subprime et des CDS. Henry Paulson, qui avait succédé au "gourou" Greenspan sur le poste de Secrétaire Général de la Fed' avait lui-même posé cette question. Et le global meltdown qui se transforme aujourd'hui en Grande Dépression II a été téléguidé par les banques à partir de cette contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance.

Voici ci-dessous ce que j'écrivais en avril 2008 >>>

Quand la croissance durable du club des riches, composé de l'OMC, du FMI, de la Banque Mondiale, de l'OCDE, mais aussi à sa tête composé de la néolibérale Union Européenne, est elle-même menacée, le grand garant, l'IIF, sort de l'ombre pour porter le flambeau olympique de la finance et qui n'hésitera pas à commanditer sa milice privée.

L'IFF n'est pas une association secrète mais il n'était connu que des milieux spécialisés et il n'organisait ses réunions qu'à New York, Londres ou Washington. C'est la première fois dans ses 25 ans d'existence qu'il a siégé à l'étranger, soit à Francfort et qu'il a émis un catalogue de propositions d'une telle ampleur. L'IIF est une association bancaire qui regroupe 375 membres. Il s'agissait pour l'IIF de se demander si les politiciens des pays industrialisés de l'ouest allaient imposer des limites à la branche débridée du secteur bancaire. Dans ce cas, l'IIF reconnaît "la légitimité des politiciens face à la crise financière la plus virulente et la plus grave depuis la seconde guerre mondiale et qui est due à un octroi excessif de prêts en Amérique, à des spéculations inappropriées et à une politique lacunaire du risque de beaucoup de banques européennes et américaines".

Selon Charles Dallara, Président de l'IIF, l'organisation fera tout son possible pour "assainir d'elle-même la maison et pour ne pas abandonner cette tâche au législateur". L'IFF prévient les politiciens de ne pas "légiférer dans l'urgence et de manière inappropriée". La crise "qui n'avait commencé qu'en rien d'autre qu'une crise immobilière aux USA avait pris une telle ampleur parce que les banques avaient enveloppé les crédits immobiliers dans des constructions de plus en plus complexes et qu'elles les avaient revendues au niveau mondial". Ceci avait provoqué "une crise de confiance entre les banques parce que personne ne connaît en réalité ses pertes réelles et la forme et la hauteur des risques encourus".

Nous ne pouvons croire qu'au niveau de la direction générale de tous ces instituts financiers et bancaires l'on ne connaisse au jour le jour les positions comptables et l'orientation des affaires. C'est comme l'affaire montée du trader de la Société Générale qui aurait à lui seul provoqué la plus grande des pertes d'une banque. Non. Nous sommes bien au niveau du tout-laisser-faire où le seul objectif est de tromper le partenaire économique pour profiter de lui au maximum et le plus vite possible dans ce système des réseaux emboîtés du monde de la finance. Pourtant, il y a moins d'un an l'IIF répandait en 2007 sa mantra selon laquelle "ce système des réseaux financiers emboîtés concourrait justement à la stabilisation du système financier et que les instituts financiers se préoccupaient de répartir les risques de manière efficiente". Il y a un an aussi, Dallara chantait les louanges pour le "management du risque très amélioré des banques". Et c'est le contraire qui est réalité: l'opacité des produits structurés et imbriqués entre eux a échoué et a mis en péril la stabilité mondiale du système financier.

Les banquiers ont promis de faire pénitence et de "grandes lacunes ont été reconnues dans la pratique des affaires de la part des instituts de crédit". Un code de bonne conduite, qui sera publié cet été (2008), promet un meilleur management du risque contrôlé de manière plus accrue par le Président du directoire et du Conseil de surveillance de chaque institut financier. Dans un catalogue en 98 points l'IFF plaide pour améliorer la transparence de ces produits financiers complexes et pour rémunérer les banquiers qui prennent plus en compte les critères du long terme dans leurs calculs du risque. Vous voyez ce que la taxe Tobin n'a pas encore eu le droit d'appliquer, à savoir de freiner le tourisme spéculatif, l'IIF prétend vouloir le freiner. Ne nous faisons aucune illusion, ceci n'est qu'une pseudomnésie, rien d'autre. Il faut aux banques gagner du temps pour se régénérer dans la bubble economy et pour inventer une nouvelle bulle pour opérer en leur faveur les transferts de richesses auxquels elles aspirent. Les banques ne se sont jamais soumises elle-mêmes à leurs obligations volontaires de bonne conduite et leur dernier déni en date remonte à mars 2007 où l'IIF avait recommandé sans suite les banques à améliorer le management de la trésorerie (liquidités).

La crise a des racines bien plus profondes que l'éclatement de la bulle financière, le management défaillant du risque, etc... Les banques ont inventé depuis ces deux dernières décennies des produits de plus en plus innovants et sophistiqués avec lesquels elles se sont laissées dépasser. Les entreprises financières ont contribué de manière considérablement disproportionnée à la croissance économique des nations industrialisées (économie "réelle" / économie non-"réelle"). Les banques ont aussi gonflé leurs bilans avec des montagnes de dettes et se sont catapultées dans des proportions non tenables sur le long terme. Au début des années 80' la dette de la branche américaine de la finance correspondait à 1/10 du volume du crédit, elle est aujourd'hui de 50%.

Que la main ferme de l'État "bidouille" (selon Dallara) dans les affaires des banques, ou que ce soit la main tranquille des marchés qui s'en occupe, les banques devront rétrécir de manière incontournable le volume de leur dette et devoir restreindre le volume de leurs affaires. Pourtant l'IIF rejette de façon véhémente et à tout prix des lois plus astreignantes pour les banques mais les souhaite pour les sociétés de notation (rating). L'IFF attend aussi, en situation de crise, un plus grand soutien financier de l'État... cqfd. Oh, non, non pas pour sauver des banques, saperlotte, pécaïre, mais pour éviter une plus grande crise et la récession. Eh voilà, les gars, l'État doit de nouveau agir, avec l'aide du contribuable, comme une entreprise de réparation des marchés financiers internationaux pilotés par des opérateurs au comportement irresponsable et méprisant de la chose publique.

Vous n'avez toujours pas envie de vous demander, pourquoi il y a des européens nonnistes comme moi? Ah oui, c'est vrai le PS et ses boys de Solférino se sont "abstenus" le 4 février au Congrès de Versailles pour l'adoption du TSE, du Traité de Lisbonne.

C’est pourquoi nous, citoyens européens nonnistes, demandons l’abrogation du Chapitre 2 "Interdiction des restrictions quantitatives entre les États" du Traité de Lisbonne (TSE, Traité Simplifié Européen) de l’art. 56 qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également que soit restreinte la "liberté d’établissement" (chap. 2, art. 48), qui laisse opportunément au capital la possibilité de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et qui permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs. Vous voyez, même si le FMI devait émettre des recommandations de bonnes conduite, l'Europe s'est elle-même verrouillée de partout avec une adoption de la Constitution européenne "simplifiée" qui demeure la Loi fondamentale au-dessus de toutes les autres lois nationales et qui a force quasi immuable. J'ai voté NON le 29 mai, je vote toujours NON parce que je suis un européen convaincu. L'histoire punira d'elle-même tous ces partis qui ont abandonné les peuples au profit des affaires commerciales d'une UE qui n'est qu'une AELE, Association Européenne de Libre Échange conforme au modèle anglais, que notre nouveau Président, NS, est venu embaumer à la City avec ses chaussures à talons hauts.  <<< Fin de mon article d'avril 2008

Selon le rapport de la BCE du 18 XII 2009 les banques européennes vont encore révéler 189 milliards d'euros de pertes en 2010.

Tous les plans de "sauvetage" appelés bail-out totalisent en ce moment 12,7 trillions de $ (12.700 milliards) ou 20% du PIB mondial. Ces fonds ne seront jamais restitués et ont gonflé les poches des banques, de Wall Street, des traders, de Chrysler, de GM, AIG, des compagnies d'assurances, Peugeot, Renault, etc... qui sont à l'origine de la crise financière mondiale. L'État a payé une prime à la criminalité financière et sera jugé d'une manière ou d'une autre comme un criminel. Obama a reconduit les plans de sauvetage jusqu'à la fin de l'année 2010 et a renommé Bernanke de nouveau pour 4 prochaines années comme gouverneur de la Fed'.


Au trickle-up effect, ce détournement du PIB réel au profit des initiés financiers, l'État Providence bancaire ajoute le trickle-up effect légal avec le plus grand transfert régalien de l'histoire de l'Humanité de la dette privée (pas celle des ménages) vers la dette publique, en rachetant les positions toxiques et délinquantes des systèmes d'activité bancaire.


Le 28 XII 2008, j'ai commencé ma série appelée Global Meltdown 2009. En 2010 ce titre conservera son sens sans variante. Puis j'avais écrit le 6 juillet 09 l'Été sanglant.


Vous avez remarqué, plus personne ne parle d'Économie Réelle en simulant de dénoncer l'autre Économie. Les banques rédigent le Diderot et les bavards l'apprennent par cœur. Quand le mensonge et la manipulation auront perdu leur souffle, il y aura toujours le Traité de Lisbonne pour régler son compte sans faux-pas. La sclérose de la forme évite à l'homme de s'habiter. Il banque décapité.

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6 commentaires

11 avril 2008

Bubble economy. De Paulson à Tobin? La Fed' donne l'exemple à la dogmatique BCE? - I



Ouf, les gars! Vous avez tous raison depuis toujours, il n'y a plus de clivage droite/gauche, conservateurs/réformateurs, UMP/PS.
Je ne suis pas un "gauchiste" ou encore ce "rouge-brun-national-social" ou un "gauchiste égoïste individualiste soixantehuitard".
Il y a plus gauchiste que moi, ou moins gauchiste que moi, enfin il y a quelqu'un qui pense plus fort et plus juste que moi:
c'est le Secrétaire d'État américain au Trésor, Henry Paulson, qui vient de publier sa réforme du rôle de la Fed', la banque centrale américaine.

Comment en est-on arrivé là? Je vous invite à lire mon analyse de la crise qui commence avec Ötzi, l'homme des glaces, et qui passe par le plan pour la Fed', annoncé par Henry Paulson

Partie 1:
1] Commerce international, globalisation, économie de bulles (bubble economy).
2] La dernière bulle des subprimes et de la titrisation a été géniale.
3] 1000 milliards de pertes présumées et révélées sous peu de la dernière bubble economy en date.
4] Le fautif: Alan Greenspan, ancien secrétaire général de la Fed', la réserve fédérale US, banque centrale américaine.
5] Comment éviter de telles crises financières des bulles?

Partie 2:
6] Le nouveau front de classe des déçus du libéralisme. Il n'y a plus de clivage droite gauche
7] Révision des attributions de la Fed', plan Henry Paulson.
8] Et la taxe Tobin?
9] Hayek / Keynes?
10] Oui, mais quid des vulture fonds qui jettent dans la faillite les pays africains comme l'emprunteur américain?
11] Les jérémiades du FMI face à la crise des subprimes - Les oublis du FMI face aux fonds vautours
12] La psycholepsie des Grands Argentiers du G7 du 11 avril 2008 (plus rénovateurs que la gauche!)
13] La contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance

Lire la suite...

Avec Henry Paulson, le manifeste en bannière de mon site trouve sa légitimité aussi dans tout l'éventail de la droite, de l'ultra-libéral au Ps compris, et ce que j'écris sur mon site, tout comme ATTAC, prend enfin sa dimension éligible pour bazarder tous ces paradigmes que j'ai vus moi-même dès 1989 après la Chute du Mur de Berlin. Je suis tellement heureux d'avoir enfin été rattrapé par l'histoire, après 19 ans de pratique solitaire.

Du coup, les européens, avec - entre autre - leur Article 56 du Traité de Lisbonne (TSE, Traité Simplifié Européen), succédané du TCE (le NON du 29 mai), ont de nouveau le dogmatique pour eux comme valeur privée jalousement gardée, à l'image de leur cher Hayek, père fondateur de la pensée européenne de la toute-libre-circulation.
Cet article 56 empêche justement toute restriction de circulation des capitaux entre les États membres partie à l'Union Européenne.


1] Commerce international, globalisation, économie de bulles (bubble economy).
Mythes, paradigmes et asservissements des acteurs économiques, des consommateurs, des travailleurs, des partis et des syndicats (Vous pouvez sans problème passer au § 2)

Le soucis majeur d'un détenteur de surplus en biens, non nécessaires à sa consommation immédiate dans et autour de sa chaumière, est de les transformer en biens de rapport. Remontons au néolithique. Depuis Ötzi, le premier crime avéré du commerce international et de la globalisation, le détenteur de biens a couru après le temps pour gagner plus en travaillant encore moins. Son objectif a de tous temps été de compresser le temps jusqu'à le rendre quasi nul mais facile et lucratif avec les Autoroutes de l'information de l'ère "virtuelle". La démarche entrepreneuriale d'Ötzi l'avait télétransporté en pensée dans une analyse prospective de la maximisation du profit tiré de son investissement, pour lui encore chiffré en heures, en mois de travail. Dans sa gibecière il y avait un caillou dont la provenance est la Sicile et dont on retrouve de semblables dans les tumuli du Danemark. Ce caillou n'est pas une pierre précieuse mais son espèce géologique ne se retrouve jamais en scandinavie et elle se trouve uniquement en Sicile. Ötzi a donc véhiculé, dans son supply chain management passant par dessus la cordillère des Alpes, un mythe érigé en paradigme à l'image des golden boys, des hedgers que l'on appelle à présent traders.

Le commerce à crédit de ce caillou a été titrisé (voir définition au §2) à l'image des prêts hypothécaires américains et des subprimes (voir définition au §2) qui ont été transformés en titres négociables émis sur le marché financier. Le subprime n'est en lui-même rien, si ce n'est une promesse de réaliser un bénéfice à partir de rien d'autre que des dettes antérieures de tiers transformées en titres payables avec un gain selon le cours en vigueur au jour de la réalisation (revente). Ötzi n'avait sur lui qu'un caillou aux promesses inouïes, cette promesse était devenue un mythe nourrissant la rareté de ce bien, les rêves, la terre promise de félicité, le mythe. Le signifiant "caillou" s'est offert lui-même un second signifié, plus, un paradigme, le paradigme de la voie unique et la plus efficace pour créer de la richesse et pour la rendre durable. Le transport de ce caillou, l'acte d'import-export commis par Ötzi entre la Sicile et le Danemark, est lui-même en un premier temps un acte réel d'économie de marché, comme en un second temps un acte irréel d'émanation et de fixation d'un mythe accompagné d'un paradigme auquel tout membre intégré de la société environnante, mais aussi voisine et étrangère, se doit de s'y conformer pour exister. Le caillou se tient en main, mais sa valeur est une promesse qui passe dans l'économie moins "réelle" (irréelle?) si le paiement est réalisé en échange et à la hauteur de cette valeur, la mesure du mythe. Autour de ce caillou s'est constitué une économie irréelle, celle du commerce du mythe déconnecté de ce caillou. Le caillou n'était pas lourd à transporter mais le parcours logistique était long et périlleux.

Le capitalisme n'a pas comme objectif de pourvoir en biens et en services des masses avides à abreuver de plaisirs, mais à confondre le temps et à démultiplier la valeur promise, le mythe, le paradigme, et à intégrer le tout dans la volatilité qui permet aux plus malins de faire comme le chat de Schrödinger (voir dans la physique quantique), c'est à dire d'avoir simultanément au moins deux états différents en au moins deux lieux différents tout en se rassasiant et en se sentant bien, repu et à repaître encore plus jusqu'au jour des temps à venir (à la nuit des temps?). De Ötzi à Adam Smith rien n'avait changé et l'accroissement de la productivité des activités se faisait à pas imperceptibles pour les générations qui continuaient à se brasser.

Puis surgit en 1990 le hedger, le golden boy, le trader qui misât depuis sa chambre sur la valeur à acquérir au plus vite et de manière phénoménale. En marché financier, le long terme commence au delà de 10 minutes. Toute économie - activité créatrice de richesses dans une chaine élaborée de process systémiques - a pour objectif la transgression du caillou au mythe et au paradigme pour festonner la socialisation des membres d'un groupe mis au service et sous la tutelle de cette transgression. Toute économie réelle a pour seul objectif la transgression de cette économie réelle en une économie "irréelle", l'économie des bulles, qu'elles soient financières, de la "Nouvelle économie", de l'Internet, de l'immobilier, des nouvelles technologies, des biotechnologies et du séquençage du phénotype humain, et maintenant des subprimes. Je pense qu'il ne vous a pas échappé que les fonds de pensions et d'investissement, se sentant subitement en chômage technique, viennent de se retourner en catastrophe vers les valeurs alimentaires au niveau mondial en amplifiant la raréfaction, la spéculation, la hausse des prix, la crise alimentaire et la guerre du pain.

La révolution par rapport à Ötzi a eu lieu ces 15 à 20 dernières années et en tous cas depuis 1989 avec la chute du Mur de Berlin et avec l'ouverture d'un monde sur l'autre pour créer la "Maison commune" et pour récolter "les Dividendes de la paix". La globalisation du Grand village a apporté avec elle la quintessence de cette économie non-réelle, l'internationalisation financière. Les nouveaux Ötzis n'ont plus à craindre une flèche plantée dans l'omoplate et de mourir sur le glacier de l'Ötzthal dans le Tyrol du sud. Ils se télétransportent sur les marchés financiers comme le chat de Schrödinger en étant partout et dans leur chambre à la fois, en créant quelque chose qui est une richesse cumulative tant que la valeur et le mythe ont cours et tant que le paradigme est en vigueur dans le mental et dans la symbolique commune et dans les partis et dans les syndicats pour organiser une fourmilière sociétale d'humains ahanant en les mettant à leur service. Cette capacité à la télétransportation se régénère d'elle-même en de nouveaux produits financiers à l'effondrement du dernier produit financier en date ayant eu cours (éclatement de la bulle) pour accéder à un nouveau (nouvelle bulle) produit financier encore plus prometteur. Il n'y a pas d'irréel. Il n'y a pas de mise-en-scène, tout est réel et vérité, même le mensonge.

Depuis la globalisation et l'internationalisation financière, les deux dernières décennies n'ont été que secouées par des métamorphoses sinistres, de bulles en éclatements de bulles, des produits financiers en d'autres, tout ceci en orchestrant des déports massifs de richesses de groupes sociaux à d'autres, de régions à d'autres en ayant comme effet collatéral la déprédation de groupes de plus en plus grands à l'intérieur de cette fourmilière sociétale de serviteurs.


2] La dernière bulle des subprimes et de la titrisation a été géniale:. Cette dernière bulle en date a consisté en la transformation en un nouveau et inventif produit financier (titrisation) à valeur spéculative (le subprime simple ou le subprime basé sur le prêt hypothécaire) à partir du risque bancaire des prêts ou des prêts à risque octroyés pour des placements immobiliers et donnés sans contrôle, sans couverture, sans caution, sans apport à des demandeurs insolvables, douteux et incapables de rembourser dans l'échelle du temps allant de l'ouverture du prêt jusqu'à toute la durée des échéances à venir. Nous pouvons prétendre que ces banques sont des créanciers véreux. Avec ce nouveau produit financier les banques ont réduit encore plus leur part de la couverture bancaire légale et pour certaines elles se sont mises en situation de faillite, voire en faillite: Bears Stearns (5ième banque américaine, en faillite, USA, rachat avec fonds publics de la Fed' en février 08), Northern Rock (en faillite, GB, nationalisée cet été 2007), West LB et Sachsen LB et Bayern LB et IKB (en faillite, D, renflouée par l'État en février 08 et/ou rachetées par une autre banque publique Landesbank Bade-Wurtemberg), UBS (en difficulté, Suisse), Société Générale (en difficulté, F, renflouée par augmentation de capital en février 08 et menacée d'une OPA par la BNP).

Comme d'habitude les bénéfices sont privatisés et les risques sont mutualisés, huile de Georg Grosz intitulée Hitler en enfer c'est à dire payés par l'État avec son armada de contribuables serviles et corvéables. La politique est bien ce que je dis depuis toujours et de manière apparemment cynique: c'est l'art du réel qui consiste à opérer, d'un groupe social à un autre, un transfert des savoirs, des richesses et des pouvoirs. Pour l'instant je passe encore pour un sale gauchiste, vous verrez quand la crise fera rage et que les gueules noires sortiront des égouts pour réclamer leur dû à moins que ce soit pour "sauver" un régime en matant les manifestants comme lors des minériades de Temeschwar (Timisoara). Avez-vous remarqué que les médias avouent tout de même du bout de lèvres et des doigts que cette "mutualisation des pertes et des risques n'est pas morale, mais vous comprenez il faut bien rétablir la confiance des marchés".

Vous êtes donc à présent observateurs comme moi de l'érection d'un paradigme devant être le credo de tous les credi. Il suffit de le dire pour y croire, ou d'y croire pour le dire. Dans le paradigme ce qui est le plus important est l'absence de contre-offensive mentale pour détrôner ce paradigme. Une société ne se mesure donc pas à la valeur de ses valeurs, mais à la paralysie qu'elle s'impose pour ne pas se transgresser elle-même. L'indiscipline est un devoir, mais il faut être très courageux pour s'y essayer.

Mais au fait, c'est quoi le subprime et la titrisation?
Voici d'abord une explication simple: Aux USA, les foyers qui ont construit des maisons et les banques d'investissement étaient devenus des joueurs au lotto. Ils ont trop cherché et couru le risque dans ce sport vidéo du "capital risque" qui devait faire passer tous les autres acteurs de l'économie, qui ne le pratiquaient pas, pour des arriérés. Le problème était que tout le monde, la femme de ménage, le chauffeur de taxi, devait acheter à crédit une maison même sans apport personnel et que les banques l'avait financée à 100%. L'emprunteur du crédit n'était redevable que sur le prix de la maison, et pas comme Europe, aussi sur ses autres biens et sur son salaire. Celui qui achetait une maison à crédit, ne pouvait que être gagnant. Ceci avait libéré une propension à la prise de risque totalement déconnectée de la réalité économique de chaque foyer (devenu le premier maillon spéculateur) et avait déclenché une sur-liquidité pour payer des maisons et pour consommer d'autres biens à crédit, dont les crédits prenaient comme garantie la même maison dont la valeur devait indéfiniment augmenter. Les banques, elles-aussi n'agissaient plus que dans le seul esprit de tirer un maximum du capital risque, sans avoir la moindre des couvertures en fonds propres et même en s'endettant aussi énormément. Les banque avaient alors revendus les créances en des produits dérivés, qui sont de pures merveilles d'invention créatives de nouveaux produits financiers, des titrisations destinées uniquement à la spéculation sans se reposer sur la moindre des économies réelles. Puis les banques avaient vendu et racheté des paquets de ces titres et créances, les avaient transformés en d'autres paquets de titres en inventant d'autres nouveaux produits financiers à "haute" valeur spéculative, pour les revendre en externalisant à chaque fois le risque sur le dernier acheteur, en tous cas sur d'autres. C'est le principe des lettres pyramidales.

La titrisation est une technique financière qui consiste classiquement à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels que des créances, comme des factures émises non soldées ou des prêts en cours, en les transformant en titres financiers émis sur le marché des capitaux. Une telle titrisation s'opère en regroupant un portefeuille (un lot) de créances de nature similaire (prêts immobiliers à risque, prêts à la consommation, prêts pour s'acheter une trottinette, prêts sur n'importe quoi et pas seulement immobilier...) que l'on cède alors à une société, un fonds qui en finance le prix d'achat en plaçant des titres auprès d'investisseurs. Les titres (obligations, billets de trésorerie, ...) représentent chacun une fraction du portefeuille de créances titrisées et donnent le droit aux investisseurs de recevoir les paiements des créances (par exemple quand les factures sont payées, ou quand les prêts immobiliers à risque versent des mensualités) sous forme d'intérêts et de remboursement de principal. La titrisation peut également viser à ne transférer aux investisseurs que le risque financier lié aux actifs concernés, auquel cas les actifs ne sont pas vendus, mais le risque ou partie du risque transféré grâce à une titrisation synthétique. Née aux États-Unis dans les années 1980, la titrisation a connu une expansion importante également en Europe à partir de 2000 tandis que les produits et les structures devenaient de plus en plus complexes. La crise des subprimes survenue en 2007 a provoqué un ralentissement du marché, tandis que les autorités de marché considèrent la question de savoir si la titrisation devraient être mieux encadrée. Cette titrisation des subprimes a été l'élégante manière pour les établissements émetteurs de crédits de se défausser du risque sur d'autres établissements financiers ou sur d'autres investisseurs privés ou particuliers qui ont acheté ce genre de titres. En bon français grossier, c'était la manière d'en**ler l'investisseur, ou la manière de vouloir le beurre et son argent à la fois, comme le chat de Schrödinger. En termes juridiques c'est un dol. Les émetteurs de prêts hypothécaires étaient encore plus raffinés que ceci. Ils avaient créé des sociétés dont le rôle était d'acheter ces titres, de les regrouper en "parts seniors", destinées aux personnes âgées et qui seront remboursées les premières, et en "parts junior" destinées aux moins âgés, plus chères et avec un taux d'intérêt moins élevé. Ces émetteurs se sont débrouillés pour racheter les parts seniors. Evidemment les argentiers disposent du luxe de se permettre de ne pas assumer le risque. En cas de crise ils peuvent toujours s'appuyer sur la continuité de l'État, le refinancement de la dette par le Trésor Public... pour rassurer les marchés financiers.

La crise des sub-primes (en anglais subprime mortgage meltdown) est une crise financière et boursière mondiale, déclenchée en 2006 par un krach des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis (les subprimes), révélée au monde en février 2007, puis transformée en crise financière mondiale à partir de l'été 2007. Les subprimes sont des crédits à risque comprenant les prêts hypothécaires, les cartes de crédit, les locations de voitures, accordés aux États-Unis à une clientèle peu solvable, sur la base d'une majoration du taux d'intérêt (prime appliquée à un emprunteur dont la solvabilité est en dessous d'un certain seuil) censée compenser les risques pris par le prêteur. Les remboursements d'emprunt immobiliers à risque étaient limités au paiement des intérêts (déductibles aux États-Unis), celui du capital étant souvent différé pour s'imputer sur le prix de revente du logement deux ou trois ans après, avec une plus-value tant que les prix de l'immobilier montaient, ce qui était le cas avant 2006. Ces prêts étaient majoritairement accordés à des conditions de taux d'intérêt variables. Le double mouvement de baisse des prix de l'immobilier aux États-Unis (dégonflement de la bulle immobilière) à partir de 2006 et de remontée des taux d'intérêt a conduit au défaut de paiement de nombreux emprunteurs, et donc à la mise en situation de faillite, ou de quasi-faillite, des établissements spécialisés aux États-Unis. D'autant que les prix des habitations sont tombés sous la valeur de garantie. La crise des crédits subprimes américains a conduit à une défiance au niveau mondial envers les créances titrisées (ABS, RMBS, CMBS, CDO) qui comprennent une part plus ou moins grande de crédits subprime, puis envers les fonds d'investissement, les OPCVM (dont les SICAV monétaires) et le système bancaire susceptibles de détenir ces dérivés de crédit. Soit un mouvement de réévaluation du risque et d'aversion au risque. De façon plus indirecte, la crise a provoqué à partir du 18 juillet 2007 une crise de confiance générale dans le système financier, une chute des marchés financiers et une crise de trésorerie bancaire. De crainte que la crise ne touche la sphère de l'économie réelle, les Banques centrales ont été amenées à injecter des liquidités dans le marché interbancaire et à assouplir leur politique monétaire (la Fed' en septembre 2007).

Historique, sémantique et rentabilité présumée des subprimes: le terme subprime est un dérivé de prime lending rate, qui est le taux d'intérêt accordé aux emprunteurs les plus fiables. Prime lending désigne ainsi le crédit accordé aux emprunteurs fiables, et subprime lending le crédit accordé aux emprunteurs à risque. L'écart de taux, c'est-à-dire la différence entre le subprime lending rate et le prime lending rate sert à payer le risque supplémentaire pris par les investisseurs quand ils décident de prêter de l'argent aux emprunteurs à faibles garanties.

Pour les créanciers, les prêts subprime étaient considérés comme individuellement risqués mais collectivement sûrs et rentables. L'estimation de rentabilité reposait sur une hausse régulière du prix de l'immobilier, justifiée par l'absence de baisse à l'échelle nationale depuis 1945. Ainsi, si un emprunteur venait à défaillir, il était toujours possible de revendre la propriété avec une plus-value. Cependant, la conjonction de l'augmentation des taux d'intérêt à court terme (de 1 % à plus de 5 %) et de la baisse des prix dans l'immobilier a mis en faillite les clients les plus fragiles, puis certaines des banques elles-mêmes. En 2007, plus de trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement et contraints de vivre dans la rue en ayant tout perdu et en étant couvert de dettes.


3] 1000 milliards de pertes présumées, et révélées sous peu, de la dernière bubble economy en date.
Externalisation du risque bancaire et émission de monnaie par les banques privées de commerce et d'investissement


Selon les dernières estimations du FMI d'aujourd'hui le 9 IV 2008, nous savons que ces prêts (douteux) à la consommation et à l'investissement s'appuyant sur les hypothèques atteignent les 1000 milliards, milliards garantis par rien et perdus définitivement. Il y a effectivement 24 heures (vingt quatre) on parlait de 600 milliards, il y a une semaine de 300 à 400 milliards. Quand on parlait, il y a 15 jours, de 300 à 400 milliards de prêts non remboursables, les banques américaines annonçaient des "avertissement sur bénéfices", des "provisions pour pertes" pour révéler leurs "actifs dépréciés" ou les "engagements hors bilan" (oui, ça existe... la Bilanzmakulatur), soit 150 à 200 milliards pour les banques américaines, mais aussi 100 à 150 milliards pour les banques européennes qui avaient racheté ces titres des subprimes émis sur le marché. Selon Georges Soros, inventeur des Hedge Fonds et qui a fait fortune en misant en 1992 sur la sortie de la livre du système monétaire européen: "Nous n'avons pas encore touché le fond. Cette crise est la pire que l'on ait jamais connu depuis 1930".

Ces prêts à la consommation et à l'investissement ont été accordés sous la forme de prêts hypothécaires à risque (subprimes) devant en théorie être garantis sur la valeur des biens bâtis, eux-mêmes financés par des prêts. Ce système de télétransportation du profit n'avait fonctionné qu'à partir du moment où valeur immobilière continuait à alimenter le mythe de l'augmentation de cette valeur. L'inversement de tendance a juste provoqué la prise de conscience que ce mythe n'avait plus cours, que cette économie n'avait rien de palpable (réel), que le bien immobilier ne valait qu'une partie excessivement inférieure, que le paradigme dominant n'avait plus de support et que tous les emprunteurs et spéculateurs sur les titres de ces emprunts revendus comme produits financiers ne seront que des Ötzi, des Ötzi morts.

Des millions de faillites personnelles sont ajoutés à des faillites des plus grands groupes bancaires américains, anglais, français (Société Générale), allemands, et Suisse (UBS). Les banques américaines ont revendu leur risque face à ces prêts douteux, les prêts hypothécaires/subprime, en produits financiers, soit des titres. Les banques européennes ont été assez cupides pour déroger à leur attitude habituellement moins risquée pour acheter en masse ces titres voués à être sans valeur. La légendaire banque suisse UBS, connue pour son attitude très portée sur l'économie "réelle", celle de l'entrepreneuriat et non du management financier, s'est aussi laissée aller à cette télétransportation organisée par le manège financier. Le cours de l'action de l'USB avait même augmenté de manière significative la semaine dernière à l'annonce de ses provisions pour pertes majeures, car l'actionnaire Ötzi Schrödinger avait encore préféré honorer la subite transparence de cette banque, dans ce climat de totale perte de confiance des marchés financiers. Malheureusement tout n'est pas encore avoué du côté des banques spéculatives de cette dernière bulle et il reste encore 600 milliards de pertes à avouer en ce jour du 9 IV 2008. En connaissant déjà l'effet des 350 à 400 milliards avoués... (Blague >>> US GAAP, new definition of UBS Accounting: 1, There are two sides of the balance sheet - the left side and the right side. 2, On the left side, there is nothing right, and on the right side, there is nothing left!)


4] Le fautif: Alan Greenspan, ancien secrétaire général de la Fed', la réserve fédérale US, banque centrale américaine.

Alan Greenspan n'est rien d'autre que l'un des ces paradigmes, ce genre de valeur communément acquise autrement que par la raison et par la réflexion, auxquelles tout le monde se soumet de manière servile et contre lesquelles tout mode de réflexion achoppe sans rémission. Pendant les 15 ans de son règne, Alan Greenspan avait passé pour le sorcier des chefs des banques centrales jusqu'au jour où il fut contraint à la démission au regard de la crise financière américaine au début de l'année 2006. La Fed' qui pourvoyait les banques en liquidité à bon marché avec un taux d'intérêt très bas avait conduit ces banques à négliger le risque sur le marché hypothécaire. De l'argent à bon marché avait été déversé en masse sur le marché américain par la Fed' à la suite de l'éclatement de la bulle de la Nouvelle Economie et des attentats du 9 XI sur les twin towers de Manhattan. C'est justement à partir de ce moment que les banques abandonnèrent toutes mesures de précaution et allouèrent des crédits immobiliers à risque aussi à des emprunteurs dénués de la moindre des garanties. Tout semblait correct tant que les prix de l'immobilier accusaient une hausse constante. L'inflation des valeurs immobilières finançait une grande consommation, payée elle-même par crédit. A partir du moment où la bulle des prix de l'immobilier commence à éclater, des millions de crédits pourris menacent le système financier mondial parce que les banques américaines avaient externalisé leur risque en inventant ce nouveau produit financier en opérant une titrisation de leur prêts hypothécaires devenus des titres sur lesquels placements et spéculations se sont jetés avidement.

Alan Greenspan, sorcier déchu, n'avait pourtant qu'à étudier le modèle d'école fourni au Japon dans les années 80' par l'effondrement de la bulle spéculative de l'immobilier qui était alimentée par la politique de l'argent à bon marché conduite par la BoJ (Bank of Japan, banque centrale) et qui avait poussé vers le haut la croissance des cours de l'immobilier. La BoJ avait fini par réaliser que cet investissement de masse des banques dans l'immobilier n'avait pas été suivi par le reste de l'économie productive ("réelle"). La BoJ avait alors restreint les liquidités, la masse monétaire, en augmentant le taux d'intérêt directeur et l'éclatement de la bulle immobilière avait conduit à la faillite de plusieurs très grandes banques japonaises et avait jeté tout le pays dans une récession et une déflation qui avaient duré 10 ans.

Alan Greenspan, sorcier déchu, avait lui-même fait sa propre expérience infructueuse de la même manière sur son propre terrain de jeu. C'était l'époque de la crise Enron, ce fonds de pensions en faillite qui avait plumé de toutes leurs économies des millions de retraités. Il avait débloqué en 1998 de l'argent à bon marché aux banques américaines qui ont racheté le Fonds de pensions LTCM pour le sortir de la faillite. Cette action et cette mesure d'urgence de la Fed' avait donné un signal fatal aux marchés financiers dont les acteurs à très forte tendance spéculative ne se sont plus sentis jugulés dans leur course effrénée à encourir de hauts risques. Cette politique de la banque centrale de l'argent à bon marché avec des taux d'intérêts très bas n'a été qu'une stimulation aux comportements déviants ("moral hazard") sur les marchés et les marchés financiers. En conduisant cette politique de l'argent facile avec un taux d'intérêt très bas, la banque centrale américaine avait délégué une part de son monopole, soit celui de l'émission de la monnaie et du contrôle de la masse monétaire. En effet, les banques commerciales n'opérant plus elles-mêmes les contrôles préalables à l'octroi des prêts, ouvraient elles-mêmes le robinet de l'argent, alors que la banque centrale feignait de croire que la rigueur de ces banques ne pouvait que garantir un bon emploi de cet argent dans des investissements de consommation ou des investissements productifs. La banque centrale n'avait dans les faits uniquement dans son champs de compétences et d'attributions que l'outil du taux d'intérêt comme seul instrument de contrôle de régulation de la masse monétaire.

La leçon japonaise ou de la faillite du fond de pension américain LTCM n'a pas été apprise par le successeur d'Alan Greenspan, Ben Bernanke, chef de la Fed' depuis 2006. Il poursuit la politique agressive de la baisse des taux d'intérêts (de 5,25 % à 2,25 % en septembre 07) et de l'inondation du marché par la masse monétaire en espérant maintenir la croissance, ou tout au moins l'activité économique, ou l'évitement de la récession. En une action similaire à celle de 1998, il a "aidé" avec un crédit de 30 milliards de $ en février 2008 la banque JP Morgan à racheter la banque faillitaire Bears Stearns et il a donné de nouveau le même signal fatal aux spéculateurs dont le métier se réduit à engranger des bénéfices et à faire payer les pertes par la banque centrale, donc l'État, puisqu'en cas de crise il y a un rachat aidé du faillitaire (comme aux USA) ou une nationalisation du faillitaire comme la Northern Rock en Grande-Bretagne, ou de la IKB ou de la West LB comme en Allemagne.


5] Comment éviter de telles crises financières des bulles?

Les économistes néolibéraux comme Joseph Schumpeter et actuellement von Hayek expriment leur sympathie pour la convertibilité or (réserve en or de Fort Knocks égale, jusqu'à une certaine hauteur, à la masse monétaire en circulation) qui agirait comme un frein idéal sur l'économie du crédit. Un autre économiste néolibéral, Milton Friedman, pensait que cette convertibilité or est trop chère et que les tendances inflationnistes peuvent être évitées en agissant de manière stricte sur la masse monétaire.

Pour les USA, un retour à la convertibilité or tout comme une dénationalisation de l'argent, telle que préconisée par von Hayek (protagoniste de l'État minimal), ne semblaient pas être les mesures appropriées pour la Fed'. La dénationalisation de l'argent prévoit de retirer à la banque centrale le monopole de l'émission de la monnaie et de confier cette tâche à un ou des émetteurs privés (comme en Europe avec la BCE) soumis à la libre concurrence et qui pourvoiraient ainsi le marché commercial et financier en de l'argent doté d'une solide réputation. Ni l'une ni l'autre des possibilités n'est choisie aux USA. C'est alors que le Secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, annonce son projet de révision des attributions de la Fed', la banque centrale américaine.


Veuillez lire la seconde partie: Bubble economy. De Paulson à Tobin? La Fed' donne l'exemple à la dogmatique BCE? - II

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1] Pour signer la pétition lancée par Oxfam contre les vulture funds et Stop the debts vulture de Jubilee Debt Campaign

2] Pour signer la pétition européenne "Spéculation et crises financières: ça suffit".

Occupy the WordS / I want my Europe back >>> Partager

2 commentaires

Bubble economy. De Paulson à Tobin? La Fed' donne l'exemple - II

huile de Georg Grosz

Suite de la 1ère partie: Bubble economy. De Paulson à Tobin? La Fed' donne l'exemple à la dogmatique BCE? - I


Partie 1:
1] Commerce international, globalisation, économie de bulles (bubble economy).
2] La dernière bulle des subprimes et de la titrisation a été géniale.
3] 1000 milliards de pertes présumées, et révélées sous peu, de la dernière bubble economy en date.
4] Le fautif: Alan Greenspan, ancien secrétaire général de la Fed', la réserve fédérale US, banque centrale américaine.
5] Comment éviter de telles crises financières des bulles?

Partie 2:
6] Le nouveau front de classe des déçus du libéralisme. Il n'y a plus de clivage droite gauche
7] Révision des attributions de la Fed', plan Henry Paulson.
8] Et la taxe Tobin?
9] Hayek / Keynes?
10] Oui, mais quid des vulture fonds qui jettent dans la faillite les pays africains comme l'emprunteur américain?
11] Les jérémiades du FMI face à la crise des subprimes - Les oublis du FMI face aux fonds vautours
12] La psycholepsie des Grands Argentiers du G7 du 11 avril 2008 (plus rénovateurs que la gauche!)
13] La contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance

Lire la suite...


6] Le nouveau front de classe des déçus du libéralisme. Il n'y a plus de clivage droite gauche

Les voix des déçus du libéralismes se font de plus en plus fortes aux USA qui se veulent en être le paradis et le sanctuaire et devant lequel notre Président NS tombe en pâmoison et entre en transe tétanique. Ces voix sont celles de plus de trois millions d'emprunteurs américains qui ne peuvent plus honorer le remboursement des échéances de leurs multiples emprunts et de leurs prêts hypothécaires à risque (subprime) et qui vivent à présent dans la rue comme les sdf qui ont tout perdu. Ces voix sont aussi celles de ceux qui ont acheté les titres émis sur ces prêts hypothécaires à risque et qui ne valent plus rien aujourd'hui. Ces voix sont encore celles des actionnaires de toutes ces banques au comportement hasardeux, irresponsable et véreux qui ont misé sur ces produits financiers basés sur ces titres indexés sur ces prêts hypothécaires qui ne valent plus rien puisque la bulle des crédits immobiliers à risque (subprime) a éclaté et que le prix de l'immobilier s'est écroulé. Nous voilà à présent en face de cet unique front de classe où il n'existe plus de clivage droite gauche puisque le même destin les unit, à savoir la perte de leur fondement et de leur stabilité économique, le toit qui a disparu sur leur tête avec les économies et les placements financiers destinés à assurer l'avenir, les vieux jours, les pensions, l'habitat.

Sont associés dans ce désastre économique et financier, 1) l'emprunteur consommateur avide, irresponsable et aveugle, 2) le spéculateur avide et déprédateur qui voulait s'enrichir dans cette économie du non-"réel" de ces subprimes, 3) les banques qui n'ont plus fait leur métier de contrôle de la solvabilité de leurs clients emprunteurs d'un côté et d'un certain degré de certitude de leurs placements de l'autre côté.

La situation semble être favorable pour qu'un nouveau consensus (de classe...) se forme et fasse éclater ce paradigme du tout-spéculatif de la globalisation et de l'internationalisation financière. C'est là qu'intervient Henry Paulson, Secrétaire d'État au Trésor américain. Les scandales des faillites des fonds de pensions Enron qui avaient mis irrémédiablement des centaines et des centaines de milliers de retraités à la rue et sans le sou n'avaient eux-mêmes pas été assez forts pour faire péter ce paradigme du tout-spéculatif.


7] Révision des attributions de la Fed', plan Henry Paulson.

A cette demande de nationalisation ou d'aide de l'État, pour éponger les dettes ou pour inverser le sens des faillites..., s'ajoute la nécessité de l'État de consolider ou de rétablir la confiance sur les marchés pour que les affaires reprennent ou ne s'effondrent pas dans une grave récession.

Henry Paulson est arrivé à la conclusion qu'il est illusoire d'être pédagogique en voulant raisonner les masses ou la fourmilière sociétale de consommateurs ou de créanciers mais qu'il faut donner à la banque centrale américaine, la Fed', le pouvoir d'imposer aux banques commerciales et d'investissement leur devoir de contrôle des garanties et de l'évaluation des risques, en les contrôlant elle-même.

Le plan Henry Paulson, cet électrochoc, est déjà perçu comme étant la plus grande réforme du rôle de la banque centrale américaine, la Fed', depuis le krach de 1929, voire depuis la guerre de Sécession (guerre civile américaine). Pourtant tous s'accordent à dire que s'il y a réforme de la Fed', il faudra attendre l'élection du nouveau président américain. Une chose est sûre, Henry Paulson a fait péter le paradigme du tout-laisser-faire néolibéral. Enfin vu de l'Europe, ce tout-laisser-faire néolibéral a une existence réelle dans le mental commun des européens, tout le monde sait que les USA prennent des mesures dirigistes quand ils en éprouvent le besoin, c'est à dire quand la catastrophe est arrivée. Seule l'Union Européenne consacre la liberté totale de toutes les circulations de biens, de services, de travailleurs et de capitaux et bannit avec son article 56 du Traité de Lisbonne (Traité Européen Simplifié) la moindre des restrictions de la circulation des capitaux entre les États membres.

Le Plan: il prévoit un contrôle renforcé des marchés financiers par la Fed'. Jusqu'à présent les différents contrôles étaient éparpillés entre différentes autorités qui ne communiquaient pas entre elle. A l'avenir, un nouvel organisme de surveillance sera créé pour contrôler et interdire les prêts hypothécaires afin d'éviter des débâcles comme celle de la crise des subprimes. Cette organisme devra éditer des normes destinées aux banques de prêts hypothécaires ou de crédits fonciers et devra contrôler les États fédéraux dans ce domaine. Le plan prévoit de légiférer au sujet des compétences et attributions des autorités de tutelle de la Fédération et de chacun des États fédéraux. L'autorité de régulation des marchés financiers américains (SEC) sera fusionnée avec la Commodity Futures Trading Commission dont la mission est de contrôler et de réguler les marchés à terme des matières premières et des devises. Le Office of Thrift Supervision, dont la mission est de contrôler les caisses de dépôts et de prêts sous la haute autorité du ministère des finances, fusionnera avec l'Office of the Comptroller of the Currency qui contrôle l'ensemble des banques nationales américaines. La Fed' sera impliquée dans une plus grande mesure dans le contrôle des acteurs financiers dans l'espoir de contribuer plus amplement à la stabilité du système financier. La Fed' n'avait par exemple pas la possibilité de prévoir suffisamment à l'avance le risque encouru par la Bears Stearns avec les prêts hypothécaires à haut risque. A l'avenir les banques d'investissement seront aussi soumises aux mêmes exigences de transparence et de publication de leur situation à l'instar des banques polyvalentes de dépôts ou d'affaires. Jusqu'à présent elles ne devaient pas rendre des comptes. La Fed' pourra s'arroger le droit de se faire présenter les comptes des banques d'investissement et de placement, des Hedge-Fonds et des agences de notation (évaluation et conseil boursier) et de tout autre institut financier.


8] Et la taxe Tobin?

Les propositions de Henry Paulson doivent encore être soumises au vote du Congrès majoritairement Démocrate, mais ces derniers sont déjà entrain d'élaborer des propositions encore plus sévères. Historiquement les Républicains sont plutôt dans la mouvance de Hayek et de l'État minimal, il est donc d'autant plus intéressant que Henry Paulson fasse sauter ce paradigme qui gouverne son action et la vision plus globale de la société américaine. Comme écrit plus haut, ceci vu de loin et de l'Europe, car l'État fédéral comme les États fédéraux ne se sont jamais privés d'intervenir dans le commerce quand ils le jugeaient nécessaire. Je souligne le fait que l'Europe a une vision fausse des USA, et que le dernier président en date français, NS, cultive pour flatter son propre compte, cette vision de l'Amérique néolibérale. Il n'en demeure pas moins vrai que de telles nouvelles attributions et compétences de la Fed' seront une révolution culturelle. A l'ampleur de ce saut quantique nous pouvons mesurer l'ampleur de la crise (cataclysme) qui se prépare. Le symbole, le mythe, le mensonge, le paradigme sont du réel constituant de l'existant humain. La transgression est significative à la vue de l'état antérieur, de l'état annoncé, de l'état prétendument en cours et de toutes les danses et contorsions faites devant elle.

Aujourd'hui, nous sommes très loin du débat sur la Taxe Tobin qui devait être prélevée sur chacune des transactions boursières pour éviter le tourisme des investisseurs, des fonds de pensions, des hedge-fonds qui prélèvent à chaque fois leur marge au détriment de l'économie "réelle" et du management entrepreneurial. Mais avec l'application du plan Paulson il n'est pas impossible que cette taxe Tobin revienne pour consolider les entreprises et rendre leur activité et leur croissance durable. Durable est donc l'un de ces paradigmes qui tentent de s'imposer dans la sphère conceptuelle et sémantique des masses. Il faut savoir que chaque paradigme cache son anti-matière, son anti-image, qui est sans doute encore plus prégnante que le paradigme lui-même.

Il ne vous aura pas échappé que tous les médias se plaisent actuellement à parler de "l'économie réelle" en évoquant à contrario, comme éberlués devant une découverte inattendue et surprenante, cette économie spéculative qui n'a rien d'irréel et en annonçant à demi-mots mâchés le grand cataclysme des répercussions sur cette autre économie (la réelle), en pensant subitement tout pudiquement à cette économie productive (presque oubliée) de biens et de services, en pensant à l'écroulement de la production américaine, à l'effondrement prévu de la demande et aux répercussions pour l'emploi. Ah, oui, c'est vrai, il faut aussi les payer ceux-là. Dans le glocal on avait oublié le local au profit du global. Ce retour à la mise en avant de cette "économie réelle" dans le paysage sémantique est une transgression arrière partant du credo du librement-spéculatif pour accéder à l'entreprise quasi locale. La proximité, la subsidiarité reprend du sens. Ceci me fait le même effet que les Kapo, les VoPo, la Stasi et la Securitate et tous les flics qui gardent mètre par mètre le passage de la flamme olympique: c'est une collision signifiante qui caractérise le mensonge, la valeur, le mythe, le paradigme qui font exister le monde et sa fourmilière sociétale. J'appelle communément ceci sur mon site la participation à la compromission universelle. (Les tentatives d'étouffement de la flamme olympique sur son parcours jusqu'à Péking n'ont rien de généreux pour les tibétains dont on se fout du génocide du 1,2 million des leurs, elles veulent juste faire la nique à la Chine, à cette Chine).


9] Hayek / Keynes?

Cette analyse ci-dessus entre-t-elle en collision avec l'analyse keynésienne qui met en avant une faiblesse de la demande comme facteur déclenchant et aggravant la crise? Cette analyse de la conjoncture économique met ici en avant les facteurs monétaires, le rôle de l'argent et du crédit qui financent l'investissement. C'est justement sur ce point que Hayek et Keynes sont violemment opposés. Pour Hayek la crise a été préparée par les mauvais investissements (ici à risque) des entreprises et des banques et c'est à ce niveau que doivent être opérées les corrections.

Pour ma part, il n'y a pas lieu d'opposer, dans ce système d'économie de bulle, la vision de Hayek à celle de Keynes. A l'époque de Keynes nous étions encore tout proche d'Ötzi et le temps avait encore cette dose romantique et mystérieuse d'incompressibilité, les volatilités n'étaient pas encore si fugaces comme le permettent depuis 15 ans les autoroutes de l'information du grand village global, et l'économie "réelle" s'exerçait dans le domaine palpable des biens et des services arrosé d'une couche de valeur, de mythe et du paradigme de la croissance capitalistique. Depuis l'ouverture et le rapprochement global et la capacité d'agir partout en même temps, comme le permet le marché financier global, l'économie non-"réelle" a pris (avec le chat de Schrödinger) la place de l'ancienne économie du palpable, de celle d'Ötzi. Pour moi il y a conjugaison de la crise d'avant (de celle vue par Hayek, et les mauvais investissements des entreprises et des ménages) à la crise d'après (de celle de la chute, de la carence ou de l'absence de la demande... de biens économiques palpables).

Les économistes de gauche, et en ce qui me concerne, d'un Parti Socialiste toujours absent des débats, devront apprendre à réviser leur vision du monde et à avoir une stratégie qui sache répondre à la crise d'avant combinée à la crise d'après. Le mot "durable" n'a pas encore livré tout son sens. Je pense que, pour le monde, et pour l'Europe, un Plan Paulson, associé à la taxe Tobin, à une politique budgétaire européenne qui assujettit la BCE et l'Euro-Groupe (chercher ce mot dans le site) à des critères sociaux et plus uniquement monétaires, pourrait ramener toute l'économie nationale et d'entreprise à ce monde visuel et audible du palpable. Durable.


10] Oui, mais quid des vulture fonds qui jettent dans la faillite les pays africains comme l'emprunteur américain?

Le monde "civilisé" industrialisé se découvre subitement un mal qui l'entraîne à sa perte et invente des systèmes pour se réparer de ses premiers dégâts et pour se protéger du cataclysme futur. Le mal est provenu d'un systémique et déjà banal éclatement de bulle, cette fois-ci de la bulle des prêts et placements hypothécaires à risque. La cupidité véreuse des systèmes bancaires avait inventé un nouveau produit financier se voulant être prometteur pour les spéculateurs. Ils avait procédé à la titrisation de ces dettes contractées pour les placements immobiliers à risque.

Il existe une autre forme de titrisation des dettes qui est orchestrée par les vulture fonds, les fonds vautours. Ces fonds vautours sont des fonds de couverture qui rachètent à vil prix des obligations (des créances) de pays pauvres, souvent accablés de dettes, pour ensuite entamer une procédure judiciaire à l'usure et les obliger à payer la valeur nominale (le montant initial de la créance) de ces obligations au moment de leur émission, majorée des intérêts moratoires et des intérêts composés.

Les pays africains endettés jusqu'à l'étranglement sont devenus, eux aussi, l'objectif cardinal d'investisseurs véreux qui se promettent des marges opérationnelles d'un exceptionnel niveau. Il existe un type nouveau de fonds d'investissements qui se sont spécialisés dans le rachat à vil prix de créances non recouvrables des pays du tiers monde et dans les actions en recouvrement portées devant les tribunaux.

En avril 2007 la Zambie a été la plus récente des victimes de ces vulture funds (fonds vautours). La Cour de Londres a condamné la Zambie à payer à Donegal International, le vulture fonds américain, 17 Millions de $. La Zambie avait contracté en 1979 à Ceaucescu, le tyran de la Roumanie, un emprunt de 15 millions de dollars pour acheter des tracteurs agricoles roumains. Dans les années 80, la chute du cours du cuivre, qui représente la plus grande valeur d'exportation de la Zambie, a plongé le pays dans des difficultés financières insurmontables et dans l'impossibilité de rembourser la dette.

Alors que ce crédit devait être totalement remboursé dans les années 90, le vulture fonds Donegal enregistré dans les Iles Vierges anglaises, a racheté la créance pour 3,28 millions de dollars. Donegal a ajouté au capital dû les intérêts et la capitalisation des intérêts, et a porté l'affaire devant la cour londonienne et revendiqué 55 millions de dollars. La cour aurait donné raison à Donegal si ce dernier n'avait pas versé 1 million de dollars au Président Chiluba de Zambie pour qu'il remette la créance sur le second marché. La cour a rabaissé le montant de la demande de Donegal sans juger sur le fond et sans en remettre en question l'objet. Donegal a réalisé une marge opérationnelle de 700% (= montant de la dette + taux d'intérêts + plus intérêts composés + intérêts moratoires). Pour la comparaison, la marche opérationnelle d'une strat-up ou d'un fonds de pension est de 20%, celle d'une activité économique habituelle de 3 à 7%.

Le milliardaire new-yorkais, Paul Singer, a inventé le vulture fonds en 1996 et fondé sa société Elliot Associates Ltd. Paul Singer avait réussi a empocher 58 millions de dollars du Pérou pour une créance de 20 millions de dollars qu'il avait racheté 2 millions de dollars. Paul Singer avait menacé de faire plonger le Pérou dans la faillite. Le Pérou, acculé à la faillite par ce fonds vautour, avait dû consentir à lui payer les 58 millions de dollars pour être admis a la table de nouvelles négociations avec la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International (FMI) en vue d'une reconversion de sa dette. Paul Singer avait en effet menacé de bloquer toutes nouvelles négociations entre le FMI et le Pérou aussi longtemps qu'il ne serait pas remboursé.

La Zambie fait partie des "Highly indebted poor country" (HIPC, les Pays Pauvres Très Endettés, PPTE) qui venaient justement d'obtenir une annulation de la dette. Ces pays s'étaient engagés de réaliser en échange des investissements d'une même valeur dans les infrastructures, la santé et l'éducation. Les 17 millions dûs par la Zambie à Donegal représentent 1/4 de son budget annuel social et de santé. La Zambie qualifie d'injuste le jugement de la Cour de Londres, mais pour Donegal la cour n'a fait que d'appliquer un principe de légalité dans le cadre du remboursement d'une somme empruntée.

Alors que les bailleurs de fonds internationaux consentent des remises de dette pour les dettes persistantes, ce sont des créanciers privés véreux qui tirent bénéfice de ces programmes. Des comportements d'une telle immoralité mettent en péril les objectifs du Millenium qui prétendent vouloir réduire de moitié la pauvreté dans le monde...

Cette stratégie est mise en œuvre dans toute l'Afrique actuellement. La Zambie n'est que la pointe de "l'iceberg". D'autres vulture funds comme Kensington, Elliot Associates réclament des sommes tout autant astronomiques aux autres pays africains. Selon le FMI 44 affaires sont pendantes devant les tribunaux pour un montant global de 1,9 milliards de dollars. Le ministre des finances anglais, Gordon Brown (qui a remplacé Tony Blair) avait critiqué dès 2002 ces pratiques et réclamé leur interdiction. George Bush avait cessé de critiquer les vultures funds quand Paul Singer s'était constitué comme le premier financeur de sa campagne électorale aux Présidentielles.

Il est à regretter que le plan Paulson n'évoque même pas ces Vulture Fonds américains qui comme les Hedge Fonds, les banques, doivent être tout autant contrôlées par la Fed'. Mais pour Paulson, cette pauvreté dans laquelle sont jetés des pays entiers, les PED (Pays en développement) et des Pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique), est sans importance.

11] Jérémiades du FMI face à la régulation des marchés financiers - Oublis du FMI face aux fonds vautours:

Les travaux préparatoires du G8 de Heiligendamm / Rostock promettaient de traiter de la question des Vulture funds et de l'Afrique. Le G8 qui chapeaute de manière informelle toutes les organisations globales comme le Fond Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale, l'ONU, l'OTAN... aurait dû proposer l'interdiction des vulture funds, mais George Bush s'y était opposé pour les "raisons personnelles" citées plus haut.

Le Pérou, acculé à la faillite par le fonds vautour Elliot Associates Ltd de Paul Singer, avait dû consentir à lui payer les 58 millions de dollars pour être admis a la table de nouvelles négociations avec la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International (FMI) en vue d'une reconversion de sa dette. Paul Singer avait en effet menacé de bloquer toutes nouvelles négociations entre le FMI et le Pérou aussi longtemps qu'il ne serait pas remboursé. Le FMI avait donc fait du chantage sur le Pérou pour qu'il honore au préalable la créance de ce fonds vautour. Ce n'est pas un hasard si le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC sont des Clubs de riches aux yeux des pays pauvres.

Le fonds vautour Kensington International (détenu par le Fonds Elliot Associates de Paul Singer) a racheté une dette du Congo-Brazzavile pour 1,8 million de dollars. Ce fonds, dont le siège est établi dans les îles Caïman, réclame aujourd'hui 120 millions de dollars au Congo-Brazzaville. Pour se faire payer, il fait saisir dans le monde entier des fonds destinés au Congo — Brazzaville. Une première saisie, pour un montant de 10.300.000 euros, concerne un "prêt d'État à État" qui fait partie d'un crédit mixte destiné au financement de la construction d'une centrale thermique à Brazzaville. La deuxième saisie a trait à un don, d'un montant de 587.585 euros, de la Coopération belge au développement en faveur de la direction générale de la télévision nationale du Congo-Brazzaville. La saisie a été demandée au moment du versement par la Belgique en faveur de l'État congolais. Le comportement des fonds vautours a un impact direct sur la politique en matière de coopération au développement. Certains pays en développement visés par les fonds vautours risquent de se voir couper les vivres par la communauté internationale, étant donné que les fonds vautours s'emparent chaque fois de cette aide pour engranger rapidement des bénéfices.

Les accords relatifs à la remise de dettes dans le cadre du FMI ou de la Banque mondiale doivent valoir pour tous les créanciers. Il faut protéger les pays les plus pauvres contre leurs créanciers, à l'instar de ce que l'on peut faire aujourd'hui pour les entreprises.

Ce vulture capitalisme des fonds vautours est-il si éloigné des pratiques des banques américaines et des autres instituts de crédit qui ont transformé en titre leurs prêts hypothécaires à risque qu'ils sont accordés sans contrôle et sans garantie à des emprunteurs non solvables pour des achats immobiliers? Non. La prédation du vautour est la même et les banques américaines voulurent gagner bien plus d'argent en titrisant les créances et leur risque encouru avec l'octroi de ces créances véreuses. Les fonds vautours sont des créanciers véreux, les autres banques américaines et européennes qui ont racheté ces titres à des fins spéculatives sont tout autant des créanciers véreux.

DSK, issu de l'aile libérale du PS et le nouveau patron du FMI, n'est pas Henry Paulson. Il ne propose rien pour attribuer au FMI et à la Banque Mondiale de nouvelles compétences de contrôle et d'interdiction de ces fonds vautours.

Les ONG intensifient les pressions aux États-Unis. En mai 2007, la sous-commission Afrique (Subcommittee on Africa) du Congrès américain a organisé une audition sur l'impact des fonds vautours sur les programmes d'allègement de la dette.

En France, le gouvernement a pris une initiative dans ce domaine et une proposition de loi a été déposée. Cette proposition prévoit que les juges peuvent déclarer les actions des Fonds vautours irrecevables ou les rejeter. C'est aller trop loin dans la mesure où cela constitue probablement une violation des droits de la défense et une atteinte à l'accès de tous à la justice. Cette proposition ne passera sans doute pas le cap de la Cour européenne.

Il convient d'élaborer des codes internationaux de bonne conduite. La mise en œuvre, au sein des forums internationaux compétents, de directives et de codes de bonne conduite visant à prévenir la revente de dettes à des fonds vautours aux pratiques abusives et agressives est une bonne piste dans laquelle les gouvernements et l'Europe doivent s'engager. Pour l'instant aucun accord international existe à ce sujet et le FMI et la Banque Mondiale commencent tout juste à s'émouvoir de ces pratiques.

Mais face à la crise des subprimes le FMI est plus prolixe: voir FMI et Attac même combat: le contrôle des marchés financiers


12] La psycholepsie des Grands Argentiers du G7 du 11 avril 2008 (plus rénovateurs que la gauche!)

L'électrochoc du Secrétaire d'État américain au Trésor, Henry Paulson, a ébranlé le paradigme du consummisme et des comportements à risque et addictifs des emprunteurs, des spéculateurs et des bailleurs de fonds véreux. Les ministres de l'économie et des finances du G7 se sont rencontrés dans une réunion extraordinaire à Washington, toujours pour tenter de rétablir la confiance sur les marchés financiers, en fait pour essayer de rendre durable leur morphing du même visage d'Ötzi Schrödinger qui feint ses mea culpa d'usage en expliquant "qu'il s'était mépris sur la gravité de la situation". Le monde des grands responsables et des grands spécialistes internationaux, qui se sont mépris, grandit de jours en jours à la même vitesse que les pertes avouées de jour en jour: Georges Soros, Alan Greenspan et Ben Bernanke patrons de la Fed', la 5ième banque américaine Bear Stearns, la plus grande banque du monde Citigroup, la plus grande banque suisse UBS, la Société Générale... : "les turbulences sur les marchés financiers demeurent prégnantes et plus durables que nous ne l'avions anticipé". C'est étrange, la crise est connue depuis 2006, et dès juin 2007, plus de 3 millions d'américains avaient été déclarés en faillite personnelle et avaient tout perdu, dont leur bien immobilier acquis avec ces prêts hypothécaires à haut risque. La raison de cette cécité et de cet autisme était de jouer au poker menteur et de se tromper mutuellement entre banques en retardant au maximum les publications des pertes pour ne pas dévisser à la bourse, et entre banques centrales pour éviter une dévaluation de sa monnaie.

Le Grand-Guignol ne pouvant plus durer, à l'orée du cataclysme à venir, le G7 a "mis en demeure les banques de publier leurs pertes dans les cent jours et lors de la publication de leurs comptes semestriels". Cette sommation est mignonne, mais comme les recommandations du G8 de Heiligendamm Rostock ou de Gleneagles, elle ne comporte aucun cadre légal et un catalogue et un agenda de mesures dans le cadre de la souveraineté des États concernés. Le G7 poursuit en demandant "des améliorations de la comptabilité et de la transparence des engagements hors bilan des établissements financiers". Elle demande aussi "la valorisation à la juste valeur des instruments financiers durant les périodes délicates". Le G7 souhaite que "des tests de robustesse soient appliqués aux produits risqués et dérivés" et que "les ratios de trésorerie (liquidité) des banques soient améliorés et augmentés". D'ici à la fin de l'année le G7 veut aussi que "soient accrues les exigences de fonds propres pour les produits structurés complexes et les entité hors bilan pour mieux en apprécier la dangerosité". Les agences de notation doivent "mettre fin à leurs conflits d'intérêts résultants de leur double activité, celle de la notation (boursière et d'entreprises) et celle de la commercialisation de produits financiers complexes". Les agences de notation doivent aussi "améliorer leur méthodes d'évaluation".

Les ministres de l'économie et des finances du G7 "se réservent le droit de réglementer si les agences de notation ne devaient pas se réformer". Nous pouvons donc observer que l'intervention de l'État prévue par le G7 n'est pas encore inscrite dans leur mental, à l'image de Henry Paulson, et qu'une seule réglementation est prévue pour les agence de rating (notation). Le G7 n'attend que du FMI et de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) pour octobre des proposition destinées à encadrer leurs futures activités propres. Nous observons la couardise du G7 et sa manière de faire rentrer par la petite porte le retour de l'interventionnisme étatique en s'appuyant sur d'autres organisations internationales. Malheureusement il faudra passer par le cataclysme financier et économique pour mettre fin à cette psycholepsie des responsables politiques qui sont encore dans leur rêve néo-libéral, en apparence pour eux légitimé par la chute du Mur de Berlin, qui est dans la continuité de von Hayek et de son État minimal. C'était tellement agréable pour cette classe politique de se laisser élire par les peuples sans être obligés d'agir pour le bien public et pour le service au public et pour laisser faire ce laisser-faire.


13] La contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance

Quand la croissance durable du club des riches, composé de l'OMC, du FMI, de la Banque Mondiale, de l'OCDE, mais aussi à sa tête composé de la néolibérale Union Européenne, est elle-même menacée, le grand garant, l'IIF, sort de l'ombre pour porter le flambeau olympique de la finance et qui n'hésitera pas à commanditer sa milice privée, le moment venu, à l'image de la Chine génocidaire. (avez-vous remarqué que l'État souverain français a laissé opérer la milice privée chinoise en jogging bleu et blanc sur son territoire et tout au long du parcours de la flamme? La compromission universelle n'a pas de limite).

L'IFF n'est pas une association secrète mais il n'était connus que des milieux spécialisés et il n'organisait ses réunions qu'à New York, Londres ou Washington. C'est la première fois dans ses 25 ans d'existence qu'il a siégé à l'étranger, soit à Francfort et qu'il a émis un catalogue de proposition d'une telle ampleur. L'IIF est une association bancaire qui regroupe 375 membres. Il s'agissait pour l'IIF de se demander si les politiciens des pays industrialisés de l'ouest allaient imposer des limites à la branche débridée du secteur bancaire. Dans ce cas, l'IIF reconnaît "la légitimité des politiciens face à la crise financière la plus virulente et la plus grave depuis la seconde guerre mondiale et qui est due à un octroi excessif de prêts en Amérique, à des spéculations inappropriées et à une politique lacunaire du risque de beaucoup de banques européennes et américaines".

Selon Charles Dallara, Président de l'IIF, l'organisation fera tout son possible pour "assainir d'elle-même la maison et pour ne pas abandonner cette tâche au législateur". L'IFF prévient les politiciens de ne pas "légiférer dans l'urgence et de manière inappropriée". La crise "qui n'avait commencé qu'en rien d'autre qu'une crise immobilière aux USA avait pris une telle ampleur parce que les banques avaient enveloppés les crédits immobiliers dans des constructions de plus en plus complexes et qu'elles les avaient revendues au niveau mondial". Ceci avait provoqué "une crise de confiance entre les banques parce que personne ne connaît en réalité ses pertes réelles et la forme et la hauteur des risques encourus".

Nous ne pouvons croire qu'au niveau de la direction générale de tous ces instituts financiers et bancaires l'on ne connaisse au jour le jour les positions comptables et l'orientation des affaires. C'est comme l'affaire montée du trader de la Société Générale qui aurait à lui seul provoqué la plus grande des pertes d'une banque. Non. Nous sommes bien au niveau du tout-laisser-faire où le seul objectif est de tromper le partenaire économique pour profiter de lui au maximum et le plus vite possible dans ce système des réseaux emboîtés du monde de la finance. Pourtant, il y a moins d'un an l'IIF répandait sa mantra selon laquelle "ce système des réseaux financiers emboîtés concourrait justement à la stabilisation du système financier et que les instituts financiers se préoccupaient de répartir les risques de manière efficiente". Il y a un an aussi, Dallara chantait les louanges pour le "management du risque très amélioré des banques". Et c'est le contraire qui est réalité: l'opacité des produits structurés et imbriqués entre eux a échoué et a mis en péril la stabilité mondiale du système financier.

Les banquiers ont promis de faire pénitence et de "grandes lacunes ont été reconnues dans la pratique des affaires de la part des instituts de crédit". Un code de bonne conduite, qui sera publié cet été, promet un meilleur management du risque contrôlé de manière plus accrue par le Président du directoire et du Conseil de surveillance de chaque institut financier. Dans un catalogue en 98 points l'IFF plaide pour améliorer la transparence de ces produits financiers complexes et pour rémunérer les banquiers qui prennent plus en compte les critères du long terme dans leurs calculs du risque. Vous voyez ce que la taxe Tobin n'a pas encore eu le droit d'appliquer, à savoir de freiner le tourisme spéculatif, l'IIF prétend vouloir le freiner. Ne nous faisons aucune illusion, ceci n'est qu'une pseudomnésie, rien d'autre. Il faut aux banques gagner du temps pour se régénérer dans la bubble economy et pour inventer une nouvelle bulle pour opérer en leur faveur les transferts de richesses auxquels elles aspirent. Les banques ne se sont jamais soumises elle-mêmes à leurs obligations volontaires de bonne conduite et leur dernier déni en date remonte à mars 2007 où l'IIF avait recommandé sans suite les banques à améliorer le management de la trésorerie (liquidités).

La crise a des racines bien plus profondes que l'éclatement de la bulle financière, le management défaillant du risque, etc... Les banques ont inventé depuis ces deux dernières décennies des produits de plus en plus innovants et sophistiqués avec lesquels elles se sont laissées dépasser. Les entreprises financières ont contribué de manière considérablement disproportionnée à la croissance économique des nations industrialisées (économie "réelle" / économie non-"réelle"). Les banques ont aussi gonflé leurs bilans avec des montagnes de dettes et se sont catapultées dans des proportions non tenables sur le long terme. Au début des années 80' la dette de la branche américaine de la finance correspondait à 1/10 du volume du crédit, elle est aujourd'hui de 50%.

Que la main ferme de l'État "bidouille" (selon Dallara) dans les affaires des banques, ou que ce soit la main tranquille des marchés qui s'en occupe, les banques devront rétrécir de manière incontournable le volume de leur dette et devoir restreindre le volume de leurs affaires. Pourtant l'IIF rejette de façon véhémente et à tout prix des lois plus astreignantes pour les banques mais les souhaite pour les sociétés de notation (rating). L'IFF attend aussi, en situation de crise, un plus grand soutien financier de l'État... cqfd. Oh, non, non pas pour sauver des banques, saperlotte, pécaïre, mais pour éviter une plus grande crise et la récession. Eh voilà, les gars, l'État doit de nouveau agir, avec l'aide du contribuable, comme une entreprise de réparation des marchés financiers internationaux pilotés par des opérateurs au comportement irresponsable et méprisant de la chose publique.

Vous n'avez toujours pas envie de signer les pétitions ci-dessous? Ou de vous demander, pourquoi il y a des européens nonnistes comme moi? Ah oui, c'est vrai le PS et ses boys de Solférino se sont "abstenus" le 4 février au Congrès de Versailles pour l'adoption du TSE, du Traité de Lisbonne.

C’est pourquoi nous, citoyens européens, demandons l’abrogation du Chapitre 2 "Interdiction des restrictions quantitatives entre les États" du Traité de Lisbonne (TSE, Traité Simplifié Européen) de l’art. 56 qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également que soit restreinte la "liberté d’établissement" (chap. 2, art. 48), qui laisse opportunément au capital la possibilité de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et qui permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs. Vous voyez, même si le FMI devait émettre des recommandations de bonnes conduite, l'Europe s'est elle-même verrouillée de partout avec une adoption de la Constitution européenne "simplifiée" qui demeure la Loi fondamentale au-dessus de toutes les autres lois nationales et qui a force quasi immuable. J'ai voté NON le 29 mai, je vote toujours NON parce que je suis un européen convaincu. L'histoire punira d'elle-même tous ces partis qui ont abandonné les peuples au profit des affaires commerciales d'une UE qui n'est qu'une AELE, Association Européenne de Libre Echange conforme au modèle anglais, que notre nouveau Président, NS, est venu embaumer à la City avec ses chaussures à talons hauts.

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1] Pour signer la pétition lancée par Oxfam contre les vulture funds et Stop the debts vulture de Jubilee Debt Campaign

2] Pour signer la pétition européenne "Spéculation et crises financières: ça suffit".


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Lire aussi: FMI et Attac, même combat: le contrôle des marchés financiers.

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