Mais avant tout regardez sur Youtube la parodie de Mastercard par Wikileaks.
Les groupes bancaires Mastercard, Visa, Western Union, Bank of Amerika, Paypal ne reversent plus à Wikileaks les dons que les internautes lui versent.

Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble et la chancelière Angela Merkel avaient encore lancé en vain la semaine dernière un plan dans lequel les créanciers privés et les banques seraient d’accord de prendre à leur compte une partie de cette dette, mais sur la seule base du volontariat et sans cadeau gouvernemental européen. Ces banques qui avaient spéculé massivement en toute connaissance de cause sur des obligations privées et d’États (Bons du Trésor), alors que n’existaient depuis de nombreuses années plus aucune garantie privée ou publique, profitent du bail-out depuis 2008 qui leur est offert gratuitement par les États (rachat des créances pourries, toxiques et illiquides financées par des Bons du Trésor émis par les gouvernements) et par les banques centrales (FED’, BCE) qui leur offrent des liquidités à un taux voisin de zéro. Les nouveaux Bons du Trésor émis pour financer le sauvetage des banques et des créanciers privés ne sont que de la création d’une x-ième dette publique destinée à financer les entreprises privées. Ces nouvelles dettes publiques ne sont que des subventions publiques pour des spéculateurs privés travaillant selon le modèle pyramidal Ponzi-Madoff. Cette nouvelle création de dette publique constitue aussi au niveau planétaire le plus grand transfert de la dette privée vers la dette publique de toute l’histoire de l’humanité. En passant, les États membres de l'OMC organisent un gang-bang, le viol collectif des clauses de l'OMC qui interdisent les subventions d'entreprises privées. Les sauvetages et autres formes de nationalisations des banques systémiques sont des subventions d'entreprises privées. Malheureusement ces entreprises privées sont subventionnées pour produire de la destruction de richesse et du détournement des biens publics.

Pour calmer les Indignatos et les manifestants d’Athènes, les États sont donc obligés de créer de l’illusion. L’illusion comptable que les banques et les créanciers privés vont, comme les contribuables et les peuples, supporter le coût de leur spéculation malchanceuse et de leur bulle des subprimes, des primes, des Alt-A, des CDS/CDO et de leurs autres spéculations sur des produits OTC qui sont hors comptabilité et qui se font de manière opaque dans le shadow banking. glace_2.jpgBien que depuis 2008 les G20, Ecofin, l'Euro-Groupe, Bruxelles et Francfort, Tim Geithner/Bernanke/Obama, Christine Lagarde/Sarkozy se sont appliqués à stimuler la création d'une nouvelle bulle spéculative encore plus grosse que celle d'avant ladite "Crise" et qui fait exploser les cotations des valeurs boursières, le problème de contrôler et de réguler les marchés financiers et les transactions financières n'a jamais été abordé autrement que part des vociférations et des galimatias de nos grands dirigeants. C'est comme si l'on incitait un garnement à jouer au ballon de foot dans votre salon, et que plus il casse de bibelots, plus on lui donne la petite pièce comme récompense. Le garnement se sent pousser des pieds et shoote encore plus fort et plus souvent pour vivre la plénitude de son innocence. La DAS, le Ministère Public, l’Éducation Nationale sont même venus poser dans le salon des webcams pour relayer dans le monde l'image de cet enfant heureux qui s'exprime avec talent sans entrave. Pourquoi subventionner et renforcer cette bande systémique de tricheurs et de spéculateurs? Les gouvernements élus démocratiquement, qui ont soutenu depuis 1989 ce régime systémique autoritaire des producteurs de produits financiers titrisés dérivés globalisés, savent très bien qu'ils disparaitront sans révolution d'Indignatos à partir du moment où ils se mettront à devenir eux-mêmes insoumis à leurs lobbies financiers.

Les gouvernements n'ont pas peur d'une révolution de peuple mais des lobbies financiers. Le FMI se conforte lui-même dans son idéologie de la privatisation générale, de l'exigence des plans d'austérité pour financer les pertes des banques et des spéculateurs systémiques et de la libre circulation des produits financiers en mettant à sa tête Christine Lagarde comme nouvelle directrice générale en replacement de DSK. L’État Providence Bancaire a choisi de vivre sans les Travailleurs mais avec les banques. Depuis les années 1980, la politique du FMI a toujours été sous la direction de Jacques de Larosière (1978-1987), de Michel Camdessus (1987-2000) et des suivants celle de forcer les pays à élaborer des plans d’ajustement structurel qui ont tous conduit à la ruine des pays d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie. Par la suite la plupart des pays émergents ou en développement ont refusé de recourir à l’aide du FMI ou de la Banque mondiale, comme vient de le faire l’Égypte. Le fonctionnement du FMI est toujours “un dollar = une voix”, si bien que les États-Unis, avec plus de 17% des voix, disposent d’un droit de veto qui leur permet de contrôler le FMI, où les grands pays de l’Union européenne jouent aussi un rôle majeur. Avec la crise financière, que le FMI n'avait pas vu venir, ce sont maintenant des pays européens qui s'adonnent à leur plaisir libertarien d'imposer à leurs peuples des plans d’austérité tout aussi draconiens que ceux des PED - Pays En Développement ou des Pays ACP - Afrique, Caraïbes, Pacifique. La Hongrie, l'Ukraine, la Lettonie, l'Irlande, la Grèce, le Portugal sont les dernières victimes de programmes d'austérité d'une extrême violence sociale pour satisfaire aux exigences des marchés financiers. Christine Lagarde est une avocate d'affaire ultralibérale qui n'a aucun double langage.

Les banques françaises détiennent plus de 100 milliards de dette grecque, dont 15 milliards en Bons du Trésor, et les banques allemandes détiennent tout autant en dette grecque dont 22 milliards en Bons du Trésor grec. Les banques françaises, puis les banques allemandes ont trouvé une manière très élégante de se sortir du dilemme grec et ont imposé leur vision à Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy: elles vont échanger les anciens bons du Trésor grec qui sont pourris contre des nouveaux Bons du Trésor grec censés être sûrs. Ces nouveaux Bons du Trésor grec sont censés être plus sûrs parce qu'ils sont garantis pas la Banque Européenne d'Investissement et par le FESF - Fonds Européen de Stabilité Financière. La Grèce va donc rembourser aux banques de l'Europe du nord les Bons du Trésor à 5 ans qui arrivent à maturité actuellement et les banques françaises et allemandes seront prêtes à réinvestir 50% de ces rentrées financières en nouveaux Bons du Trésor grec qui ont une durée prolongée à 30 ans au lieu des 5. La Grèce va payer un taux d'intérêt beaucoup plus bas que celui pratiqué sur les marchés financiers actuellement et qui s'établissent aussi par rapport au prix du risque encouru. Il sera de seulement 5% et il correspond à un taux d'intérêt obtenu sur les marchés financiers par le FMI ou par le FESF. Les banques françaises et allemandes vont sortir de leurs bilans les Bons du Trésor grec en les plaçant dans un SPV ( Special Purpose Vehicle / Fonds Commun de Créance - FCC ) qui n'est qu'une bad bank qui sera garantie par l'Union Européenne et le FESF. glace_4.jpgLes banques se seront démises de leur risque et de leurs pertes et les auront transférés sur l'Union Européenne par l'intermédiaire de cet instrument financier qui est le SPV. Le SPV est comme les CDS une technique financière qui permet une multimutualisation du risque grâce à une titrisation des créances comme pour les subprimes qui ont été le détonateur de ladite Crise des subprimes en 2008. Le SPV émet des titres pour multimutualiser ses risques. Comme les CDS, ces titres émis par le SPV garantissent la décorrélation de risque entre les risques portés par les titres issus de l'opération de titrisation, dans le cas présent de titrisation de Bons du Trésor grec toujours autant pourris même avec un nouveau maquillage, et les risques de défaillance de l'emprunteur, l'Etat grec. Le SPV, comme les CDS, ne résout pas le problème des emprunteurs sans bonités bancaires, donc ici des emprunteurs souverains qui sont comme des emprunteurs privés appelés emprunteurs NINJA - No Income, No Job, no Assets (sans revenus, sans emploi et sans garantie) et les nouveaux Bons du Trésor grec restent des junk-bonds sans valeur comme les anciens.

Avec le modèle français, la Grèce, le Portugal, l'Espagne seront exemptés pendant 30 ans de rembourser leur dette, et les banques et investisseurs privés pourront shooter dans de nouveaux périmètres des salons spéculatifs. En 2014 le transfert de la dette grecque sur la dette publique européenne passera pour les contribuables européens de 26% à 64%. Grâce au modèle français, ce ne seront pas les banques et les créanciers privés, mais les contribuables européens qui paieront en totalité en cas de défaut de paiement de la Grèce. Grâce au modèle français tous les Bons du Trésor grec pourris sont transformés en Bons du Trésor grec pour lesquels ce ne sera plus la Grèce mais les contribuables européens qui vont payer en cas de défaillance de la Grèce. Grâce au modèle français tous les Bons du Trésor grec pourris sont remboursés en totalité aux créanciers privés alors qu'ils ne sont plus que des junk-bonds.

Avec de tels plans de sauvetage des PIGGS en défaillance de paiement, nous sommes à présent très loin de la clause de non bail-out qui est un des piliers de la Zone Euro. Cette manipulation équivaut à créer un euro-drachme, c'est à dire une Zone Euro dans laquelle circulent des Euros différents en parfaite concurrence déloyale et faussée.

Ceci permet aux banques de répudier avec élégance leur propre risque encouru par leurs comportements spéculatifs à haut risque et qui ont mené à ladite Crise, et en l’occurrence à la crise grecque. L’avantage de cette manipulation comptable est de calmer les agences de notations qui ne la qualifieront pas "d’événement de crédit" (cessation de paiement / insolvabilité du débiteur). Mais cette manipulation ne peut pas cacher l’impuissance affichée et ostentatoire des gouvernements. Ces gouvernements ne veulent pas trouver d’autre solution que celle d’offrir aux banques et créanciers privés un marché sûr et prometteur afin qu’ils veuillent bien se déclarer volontaires pour participer au rachat de la dette grecque, et finalement à l'assouplissement indolore de leurs propres pertes. L’exigence que les créanciers privés financent en réalité et totalement leurs propres pertes ne pourra de toute manière jamais être imposée… dans un État de droit. Le gouvernement français fête déjà cette "solution" comme une victoire due à sa propre initiative. Cette "solution" n'a comme effet que d'encourager les spéculateurs à avoir des comportements à très haut risque puisque le too big to fail - trop grand pour faire faillite est maintenu en l'état sans inflexion.

En cas "d'événement de crédit" les CDS, les assurances sur le défaut de paiement, devront être remboursées, et comme personne ne sait qui détient ces assurances sur la dette grecque, personne ne peut évaluer les effets de domino dans l'effondrement financier résultant de la banqueroute d’État de la Grèce et de la bulle des CDS dédiés. Pour rappel, vous pouvez acheter des CDS sur le dette grecque sans détenir le moindre des Bons du Trésor grec. Vous pouvez acheter une assurance incendie sur la maison de votre voisin et vous avez donc tout intérêt à ce qu'elle soit détruite par le feu. Seuls les CDS sur la mort de votre voisin sont interdits. Les CDS ont officiellement été inventés (par JP Morgan) pour multimutualiser le risque, mais comme le risque et la chose couverte par ce risque ne sont pas dans le périmètre de la même personne, les CDS ne sont que des objets de très haute spéculation comme pour n'importe quel pari de bookmaker qui peut aussi parier sur l'apparition d'un trou dans vos chaussettes. Là où CDS et chose couverte par le risque entrent dans le même périmètre, c'est dans la zone garnie par l'activité conjointe des banques qui pratiquent des opérations d'assurance sur le défaut de remboursement des crédits qu'elles accordent. Ces banques se croient investies du pouvoir divin d'accorder aveuglément n'importe quel crédit à n'importe quel clochard, parce qu'elles se croient sauvées par avance en vendant des assurances qu'elles ont inventées sur le crédit accordé au clochard, en sachant que le clochard ne capitalise rien d'autre qu'une cirrhose de son foie. Ces banques titrisent ces différents crédits accordés à différents clochards, les morcellent et les associent en bundles (fagots) pour en faire des produits financiers dérivés qu'elles vendent sur les marchés financiers en espérant qu'il n'y ait qu'un seul "black swan", un seul clochard, un seul risque imprévu appelé "moral hasard" contre lequel elle pourra faire face. Mais comme les banques ont inondé les marchés avec leurs crédits octroyés à des multiples clochards emprunteurs appelés NINJA (No Income, No Job, no Assets) qui n'ont pas de bonités bancaires, elles ont répudié elles-mêmes de leur pratique leur devoir de vigilance, le risque et leur devoir d'y faire face. Les banques se sont administrées à elles-mêmes une potion d'éternelle jouvence qu'elles ont elles-mêmes inventée pour se donner fière allure et pour attirer le spéculateur intéressé par la potion magique des CDS au lieu d'investir sainement dans un projet économique d'un entrepreneur. A chaque accroc et embuche dans la salle du bal des échevelés crétins de spéculateurs et de leur pourvoyeurs, ceci explique les effets de domino pour tout événement de crédit et pour son corollaire pour tout effondrement de la bulle des CDS, en sachant que même les CDS ont été achetés... avec des crédits... eux-mêmes soi-disant couverts par des CDS. Ce qui se veut donc une multimutualisation du risque n'est qu'un multidécuplement de la longueur du levier de l'activité de spéculation. C'est comme si vous pariez sur le bookmaker qui a parié sur le risque d'apparition des trous dans les chaussettes de celui qui a parié sur la possibilité de la perte du mouchoir de son voisin quand ce dernier a sorti de sa poche les clefs de son automobile. Car les banques inventent des CDS sur tout et n'importe. Et le commerce de ces CDS se fait dans le shadow banking avec des opération OTC, Over the counter, qui sont hors bilan, donc opaques. Si bien que 70 à 90% des liquidités financières sont déversées dans un endroit inconnu de la communauté économique vue dans son ensemble, donc des États, donc des instituts de statistiques, donc du ministère de l'économie et des finances. Donc il est impossible de calculer un PIB et d'avoir une politique économique, financière, fiscale. Les États sont assis sur une méduse dont ils ne peuvent apercevoir les contours, les limites, la forme, l'étendue, mais les États font toujours semblant d'être des États de droit et font semblant d’appeler les électeurs aux urnes. La seule chose réelle qui subsiste sont les plans d'austérité que les États imposent à leurs peuples quand ils s'occupent du sauvetage des banques-assurances qui ne peuvent plus faire face à tous leurs événements de crédits.

Ceci dit, l'Europe dispose encore d'un arsenal pour contrer les banqueroutes d’État et l'effondrement de la bulle des CDS dédiés à leurs Bons du Trésor, ce que n'ont plus les USA. L'enjeu est la course entre les bombes à retardement américaine et européenne. Si à la fin de QE2 - la facilitation quantitative de la Fed' de juin 2011 les USA plongent dans la banqueroute d’État ou dans une forme déguisée avec dévaluation massive du $, le coupable de ladite Crise sera désigné et un changement radical de modèle de société pourra prendre place sans révolution. Si l'Europe de la Zone-Euro s'effondre avant les USA, l'effondrement des USA restera dans l'histoire et les consciences comme un événement dû à l'effet de domino et le modèle économique libertarien pourra encore commettre ses déprédations habituelles et durables. Pour lancer un débat de fond, nous ne pouvons compter en France sur le PS qui s'occupe de la chasse au furet 2012.

La Grèce avait obtenu un bail-out de 110 milliards d'euros en mai 2010 et a besoin aujourd'hui de la même somme pour financer les remboursements de ses Bons du Trésor qui arrivent à maturité jusqu'en 2014.

Si le gouvernement français fanfaronne, le gouvernement allemand reste clairvoyant et considère qu'avec le "modèle français" les créanciers privés ne vont pas payer, même en partie, le refinancement européen de la dette grecque en transformant les Bons du Trésor de 5 ans à 30 ans. C'est même l'effet inverse qui sera obtenu: les banques, assurances et créanciers privés seront totalement et définitivement libérés de tout risque de défaut de paiement de l’État grec. C’est uniquement le contribuable qui va couvrir le risque. D’autre part une nouvelle aide financière de la Grèce n’est possible que si les banques ne craignent pas une insolvabilité et que si les agences de notation n’interprètent pas le report de la date d’échéance des Bons du Trésor grec comme une cessation de paiement. Nous pourrons déjà être sûr qu’elles n’y verront que du mal, après une courte émotion positive, et même si je ne suis pas d’accord avec le violent Diktat d'usurier imposé par les agences de notation, il faut dire qu’elles mettent le doigt sur la plaie puisque derrière les créances souveraines irrécouvrables de la Grèce se cachent les créances privées pourries de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal, des banques françaises, allemandes, etc. Dès que les agences de notations interpréteront en mal l’application du "modèle français", le day of reckoning sera arrivé et les banques et assurances devront révéler au grand jour l’ampleur de leur dette en dépréciant fortement la valeur de leurs créances publiques grecques, portugaises, espagnoles. Puis ce sera le tour pour les créances privées tout autant pourries qui seront révélées dans toute leur ampleur avec les pertes de la bulle des CDS. Pour les banques allemandes le modèle français est une aubaine, parce qu'elles avaient déjà déposé la moitié de leurs Bons du Trésor grec dans la Bad Bank nationale allemande, la SoFFin. C'est une manière élégante de faire de son épave une Rolls Royce payée par le gouvernement.

Avec l'argent reçu par le remboursement des anciens Bons du Trésor grec, payés au prix fort alors qu'ils ne valent plus rien, les banques se sont obligées à réinvestir 50% dans de nouveaux Bons du Trésor grec mais à 30 ans. Les banques devront investir 20% du reste dans un fonds à coupon zéro (0% de tx d’intérêt) qui jouissent du triple AAA et qui ont une durée de 30 ans. glace_3.jpgDans ce fonds il y aura des émissions d’emprunt provenant des États de l’UE les plus solides ou du FESF pour lequel tous les membres de la Zone-Euro apportent leur garantie. Selon ses statuts, le FESF est autorisé à émettre des Bons de Trésor pour la durée qu’il juge nécessaire. A la différence des Bons du Trésor habituels, l’investisseur d’un emprunt à coupon zéro ne touche pas de dividende annuel mais il achète bien meilleur marché ces obligations, dont le prix est d’autant plus bas que la durée est longue. Pour un taux normal de 4% pour un titre arrivant à maturité dans 30 ans, l’investisseur devra payer par exemple 20 euros et obtiendra plus de 60 euros le jour de sa maturité. La différence sera payée aux banques et assurances par l’émetteur de ces Bons, les États de l’UE ou le FESF et les contribuables européens. Dans ce cas les créanciers privés investiront 70% de leur capital initial et recevront 30 ans plus tard 117% en retour.

La Grèce est assise sur 330 milliards d'euros de Bons du Trésor qu'elle ne peut rembourser en l'état actuel car elle ne peut plus refinancer toute seule sa dette sur les marchés financiers internationaux. Ceci représente 140% du PIB. Sans plan de sauvetage européen, la dette souveraine grecque atteindrait en 2012 165% du PIB. Mais même si l'Europe aidée aussi par la Chine pouvait sauver la Grèce de sa dette souveraine pourrie, il reste la dette privée grecque pourrie, et toutes les positions toxiques, illiquides et pourries des banques françaises, allemandes, de l'Europe du nord qui ont investi et massivement spéculé sur les dettes des PIIGS. Une aide européenne pour la Grèce est avant tout un sauvetage des banques françaises qui détiennent plus de 100 milliards de la dette publique et privée grecques, et un sauvetage des banques allemandes qui en détiennent 120 milliards. Il en va de même pour les dettes publiques et privées du Portugal, de l'Espagne, etc.