En juin 2009, le taux d'intérêt des Bons du Trésor US à 10 ans est de 3.86%, donc plus élevé que l'Irlande ou la Grèce, en quasi banqueroute d'État. C'est une tragédie nationale et ceci est la mesure du manque de confiance des investisseurs face à l'État US.

La Banque Européenne d'Investissement (EIB), vient de refuser un prêt à Jaguar Land Rover tant que la notation ne retrouve pas le triple-A. La BEI a pour mission de favoriser la réalisation des objectifs de l'Union européenne en accordant des financements à long terme en faveur d'investissements viables...

Les 3 dernières questions décisives qui se posent avant l'été 2009 sont les suivantes:

  1. Le Royaume-Uni et l'Irlande vont-il entraîner cet été l'Europe dans leur banqueroute d'État?
  2. L'effondrement du Système Monétaire International aura-t-il lieu avant ou après l'été 2009?
  3. Le $ va-t-il s'effondrer avant ou après l'été 2009 ? Selon les analystes indépendants, le $ était surévalué de 15 fois en septembre 2008, et le seront de 27 fois à la fin de l'année 2009 avec une émission de 6360 milliards de $ en Bons du Trésor simplement par l'administration Obama depuis le 21 janvier 2009. A ceci s'ajoute la contrefaçon monétaire de 2000 milliards de $ issus de la planche à billet (Quantitative Easing), et 1900 milliards de déficit budgétaire, et 11300 milliards de dettes cumulées, et 10000 milliards supplémentaires accordés par le Congrès pour la période 2010 à 2019.
Selon les analystes de MoneyWeek: "Most independent analysts reckon these are pie-in-the-sky and that the real figures will be a lot worse." (La plupart des analystes indépendants reconnaissent que ce sont des ortolans dans le ciel et la situation réelle sera bien pire).

Les deux autres plus grandes agences mondiales, Moody's et Fitch, n'ont pas encore osé faire le pas du déclassement. Moody's a simplement dit du bout des lèvres "que le triple-AAA n'est pas garanti indéfiniment." Depuis plus de 10 ans, les agences de notations n'ont fait que de donner des notes de complaisance à toutes les banques et assurances, aux hedge fonds, aux monoliners, aux fonds de pensions,... sans faire d'analyse comptables et financières elles-mêmes mais en ne se basant que sur les rapports fournis par leurs donneurs d'ordre. Les agences de notations sont juges et parties.

Cliquez sur l'horloge de la dette américaine    >>>

Les agences de notation sont juges et parties.
Je vous invite à relire un article où vous comprendrez les mécanismes de la collusion entre les agences et les émetteurs de titres, d'obligations ou d'actions. La crise des subprimes, et toutes les autres faillites des banques, assurances, et des fonds prouvent à quel point elles trichent, mentent, manipulent, falsifient les données comptables, exercent les pressions sur le législateur et sur les autorités de régulation des marchés financiers. Lors de la Crise Asiatique, ce sont Stand & Poor's, Moody's, Ficht et les autres évaluateurs de risques et pourvoyeurs de notation qui se sont révélées comme n'étant qu'au service de leurs donneurs donneurs qui leur livrent eux-mêmes les rapports et bilans qu'ils ont maquillés. Les agences de notation avaient aussi donné encore quelques jours avant le triple-A, AAA, aux tigres asiatiques qui se sont effondrés dans la Banqueroute d'État.

Entre 2005-2007, la banque d'investissement Bear Stearns fut reconnue, sur les bases des rapports établis par les agences de notation, comme la "plus admirable" (most admired) société de valeurs mobilières, par l'étude du magazine Fortune "America's Most Admired Companies", et seconde parmi les sociétés de titres. Cette étude annuelle constitue un classement prestigieux révélateur du talent des employés, de la qualité de la gestion et de l'innovation. Cependant, en mars 2008, l'action de la société Bear Stearns perd 80 % de sa valeur, en relation avec la crise des prêts immobiliers dite des subprime.




Exemples de Classement des Top 20 en 2008 (click to expand):
à gauche, Goldman Sachs (bail out par la Fed' et le Plan Paulson le 21 septembre 08)
à droite, American Express (chute des bénéfices de 2007 au 1er trimestre 2009)


Du côté des médias anglophones, mais aussi de Nouriel Roubini ou de Paul Krugman, s'opère un poker dénonceur dans le quel on fait comprendre que les pays d'Europe Centrale sont plus mal en point que l'Irlande et le Royaume-Uni qui sont en réalité déjà en situation technique de cessation de paiement, ou que les USA qui vont faire plonger la planète dans leur sillage noir. Dans ce poker dénonceur contre les banques européennes, l'argument est que les banques européennes sont bien plus leveraged (effet de levier de 30 fois) que les banques américaines. C'est d'ailleurs ce qui est dit partout de la Deutsche Bank depuis septembre 2008.

La Deutsche Bank qui était déficitaire à la fin de l'année dernière, parce qu'elle est un des grands acteurs mondiaux sur les produits financiers dérivés devenues des créances pourries, gagne en 2009 son argent sur l'une de ses autres grandes spécialités, à savoir le commerce des Bons du Trésor émis par les États. En ce moment c'est le seul marché qui est florissant, les États émettent des Obligations d'État, font des déficits public abyssaux pour purger les créances pourries des banques et pour tenter de les sauver de l'insolvabilité définitive. Les bénéfices dans ce domaine ont augmenté de 200% pour la Deutsche Bank. Cette source de bénéfice est la seule en ce moment pour le banque d'investissement. La Deutsche Bank, comme global player, a coopéré dans la création de cette crisse des risques qui balaye la planète. Sur le site de la Deutsche Bank vous avez en libre accès la page dboffshore spécialisée dans les affaires avec ses filiales domiciliées dans les paradis fiscaux. Vous vous souvenez, pour le G20 de Londres du 2 avril, il n'y a pas de paradis fiscaux. La Deustsche Bank vante sur son site ses "solution adaptées aux besoins des clients fortunés" ("maßgeschneiderte Lösungen"). La Deutsche Bank réalise ses affaires avec 499 filiales qu'elles entretient dans les paradis fiscaux, dont 151 dans les Îles Caïmans et 79 à Jerrsey. Selon le Ministre des finances allemand, Peer Steinbrück, la Deutsche Bank soustrait au fisc 100 milliards d'euros. Dans un prochain billet, je vous expliquerai dans quel genre de "Conférence" s'est rendu son Directeur, Joe Ackermann. Ce n'est pas au G192 de l'ONU, ou dans les illégitimes et non-démocratiques G4, G8, ou G8+12, au regard du droit international que se décident le nouveau Système Monétaire International, mais à ce genre de Conférence Mondial, qui travaillent dans le secret comme la Banque Internationale des Règlements (BRI), qui est la véritable banque mondiale.

Dans le poker dénonceur il y a la dépendance des pays de l'ouest face à l'emprunt et à la dette: la masse globale de prêts consentis en Franc Suisse hors de Suisse est estimée à 500 milliards d’Euros, dont la majeure partie a été prêtée en Europe de l'est. La quasi totalité des 1700 milliards de dollars d’emprunts est-européens est détenue par des banques de l'Europe de l'ouest. L'Autriche, l'Italie, la Suède, la France, la Belgique, l'Allemagne détiennent 84 % de la dette des pays de l'Europe de l'Est. La part de la dette à court terme est lourde en Europe de l'Est: ces pays devront rembourser ou refinancer l’équivalent de 400 milliards de dollars en 2009, soit le 1/3 du PIB de leur PIB. La situation des pays de l'Europe de l'Est est dramatique, mais celle des USA et du Royaume-Uni sont pires.