Les deux agences de notation Moodys et S&P's - Standard & Poors qui ont leur siège aux USA se partagent 80% du chiffre d'affaire des services de notation autour de la planète et appartiennent en réalité au même groupe d'investisseurs: The Capital Group, et BlackRock, et Vanguard Group et une douzaine de hedge fonds et de groupes financiers dont Warren Buffet est aussi actionnaire. La notation des États souverains et des entreprises de la planète dépend donc d'un oligopole américain, pays dit de la libre-entreprise dont l'activité principale est de la museler au maximum et de la livrer à quelques spéculateurs initiés. Ceci est bien sûr une violation des clauses de l'OMC.

cardan_2.jpgA chaque accroc et embuche dans la salle du bal des échevelés crétins de spéculateurs et de leur pourvoyeurs, ceci explique les effets de domino pour tout événement de crédit et pour son corollaire pour tout effondrement de la bulle des CDS, en sachant que même les CDS ont été achetés... avec des crédits... eux-mêmes soi-disant couverts par des CDS qui sont des CDS square. Ce qui se veut donc une multimutualisation du risque n'est qu'un multidécuplement de la longueur du levier de l'activité de spéculation (leveraging). C'est comme si vous pariez sur le bookmaker qui a parié sur le risque d'apparition des trous dans les chaussettes de celui qui a parié sur la possibilité de la perte du mouchoir de son voisin quand ce dernier va sortir de sa poche les clefs de son automobile. Car les banques inventent des CDS sur tout et n'importe quoi qui bouge comme des subprimes par exemple. Et le commerce de ces CDS se fait dans le shadow banking avec des opérations OTC, Over The Counter, qui sont hors bilan, donc opaques. Si bien que 70 à 90% des liquidités financières sont déversées dans un endroit inconnu de la communauté économique vue dans son ensemble, donc des États, donc des instituts de statistiques, donc du ministère de l'économie et des finances. Donc il est impossible de calculer un PIB et d'avoir une politique économique, financière, fiscale.

Il n'y a eu qu'un PIB fictif et furtif dédié aux initiés. Les États sont assis sur une méduse dont ils ne peuvent apercevoir les contours, les limites, la forme, l'étendue, le sens de la progression et du déplacement mais les États font toujours semblant d'être des États de droit et font semblant d’appeler les électeurs aux urnes. La seule chose réelle qui subsiste sont les plans d'austérité que les États imposent à leurs peuples quand ils s'occupent du sauvetage des banques-assurances qui ne peuvent plus faire face à tous leurs événements de crédits. Et tous ces titres issus de la titrisation sont les positions toxiques, illiquides, irrécouvrables qui sont encore cachées dans les banques qui ont obtenu le droit de falsifier leurs bilans avec l'assouplissement des normes comptables IASB/IFRS et de ne pas les révéler ou de les mettre petit à petit au grand jour. Mais bientôt approche le day of reckoning.

L'expression "événement de crédit" est une invention sémantique de cette année 2011 qui est aussi passé en allemand sous "Kreditereignis" et qui est plus qu'un drift sémantique mais qui a été nécessité par le besoin de vivre dans un nouveau mensonge collectif et universel. Par ce mensonge l'humanité du haut-phalanstère, de l'hémisphère nord, riche et industrielle a imposé la lobotomie automatique et librement consentie qui fait place à l'humanisme automatique du Consensus de Washington et de l’École de Chicago qui stipule le trickle-down-effet, l'effet de percolation par lequel la concurrence libre et non faussée offre à tous la croissance du bien-être et apporte le plein emploi.

Par l'événement de crédit une faillite d'une banque systémique ou une banqueroute d’État n'est plus qu'un micro-événement que l'on peut gommer avec des jeux comptables, des assouplissements des normes comptables "prudentielles" internationales (Bâle II / Bâle III) et des Directives Européennes CRD, AIFM/ESMA, Solvency II et par des sauvetages et autres bail-out organisés par les gouvernements et les banques centrales qui rachètent les positions toxiques, pourries et illiquides des banques-assurances en échange de liquidités fraiches à taux zéro et issues de la monnaie de contrefaçon provenant de la planche à billet. Par événement de crédit prend place dans l'opinion publique mondiale des peuples un concept suffisamment étendu et vague qui occupe la partie du cerveau dans laquelle se trouvent les mots hyperinflation, Crise de 29, Weimar.

Par ce concept ne prend pas place dans les consciences des peuples qu'ils sont directement engagés pour les 30 prochaines années à venir à payer les remboursements des dégâts et des destructions causés par le système du shadow-banking et le système généralisé Ponzi-Madoff. Un tel concept remplace à lui seul toute une idéologie totalitaire et dispense les régimes politiques de s'installer par la force d'un putsch nanti de son décorum, de rituels militaires et de ses plans d'extermination des insoumis et de leurs déviances. Le langage ne correspond pas à la vérité existante mais à une volonté normative de classifier et d'ordonner son environnement. Le groupe de mots "événement de crédit" masque la réalité de l'échec inéluctable de notre modèle économique ordolibéral qui ne peut que conduire au Fukushima social.