Le fonds Cerberus dépossédé de ses actifs par des vampires plus forts que lui

Le 4 juin 2007 je vous avais exposé que le Fonds Cerberus s'était jeté sur Chrysler pour le vider de ses actifs, ce qu'il a aussi réussi avec brio. J'avais aussi exposé le 19 novembre 2008 mon indignation de voir que le club de Wall Street, avec à sa tête Geithner Bernanke et Obama, avait fait cadeau de 34 milliards de $ pour sauver Chrysler et GM, dans laquelle Cerberus détenait aussi 80% des parts. Aujourd'hui je vous annonce que Cerberus fait lui-même l'objet du greed (cupidité) des marchés financiers et d'autres hedge fonds.

Visitez le site de Cerberus et regardez sur son Portofolio les liens vers les entreprises qu'il a vidées de ses actifs (en bon français, qu'il a acquises).


Cerberus, le Fonds prédateur et vautour, est entrain de connaître un lemming run. Ses investisseurs sont entrain de lui retirer très massivement leur confiance et leurs fonds. Cerberus vient de se voir retirer 5,5 milliards de $, ce qui représente 71% de ses actifs selon le Wall Street Journal. La raison est l'insatisfaction face aux pertes du Fonds Cerberus, mais aussi le besoin de liquidité chez les investisseurs qui ne trouvent plus d'argent frais sur le marché financier et qui doivent eux-mêmes couvrir leurs pertes. Stehpen Feinberg, co-fondateur de Cerberus avec William Richter, "est surpris d'un tel comportement".

Cerberus avait été avant la crise l'un des Hedge Fonds les plus chanceux. Mais l'erreur de management financier n'épargne pas les Hedge Fonds et les Fonds de Pension eux-mêmes et le rachat à Daimler de 80% de Chrysler et la prise de participation majoritaire dans GM par sa branche financière GMAC qui restait la seule branche depuis 5 ans à produire des "bénéfices". Aujourd'hui, il ne fait plus de doute que ces bénéfices étaient fictifs (à la Madoff Ponzi) avec des marges opérationnelles réalisées dans la spéculation sur les crédits hypothécaires et sur l'assurance de ces crédits hypothécaires et des autres formes de crédits par l'intermédiaire de la création et du négoce des titrisations appelées CDS ou CDO, en espérant qu'il y aurait toujours de plus en plus de crétins qui achètent ces titres adossés sur rien depuis bien longtemps (Crise des Tulipes).

Suite à l'insolvabilité de Chrysler et de GM et à l'issue des aides de sauvetage gouvernementales versées par Washington, Cerberus a perdu le contrôle de ces groupes industriels, de toute façon voués à la faillite depuis plus de 5 ans à cause d'un management industriel préhistorique. Je vous ai expliqué dans mes articles dès 2007 que 2/3 des activités de ces groupes automobiles étaient réalisés dans des opérations d'investment banking et de hedge fonds. La punition est sévère, mais des millions de travailleurs sont mis au chômage et des millions de retraités ne touchent plus leur retraite et n'obtiennent que de subsides de l'État et ne bénéficient plus de soins médicaux des-dites caisses privées d'assurance maladie.

Le Hedge Fonds Cerberus est traité de la même façon qu’il a maltraité et vidé les entreprises dans lesquelles il avait réalisé des prises de participations spéculatives. L’objectif d’un Hedge fonds et d’un Fonds de Pension ne repose pas sur du management d’entreprise qui doit nécessairement s’orienter sur du moyen et du long terme pour lui permettre une pérennité. Le Hedge Fonds, encore plus que le Fonds de Pension, s'affaire à dégager d’une entreprise le plus vite une marge opérationnelle à deux chiffres en la rationalisant à outrance, en annulant toute dépense d'investissement et de modernisation, en licenciant en masse son personnel..., puis de la revendre dans cette position fictive de santé financière. Ces fonds sont comparés à des criquets qui s’abattent sur des champs de blé. Cette fois-ci ce sont les actionnaires de Cerberus qui punissent directement Cerberus en lui retirant la confiance et les milliards investis. Tous les fonds de pension et les hedge fonds ont connu depuis un an une dépréciation sur les marchés boursiers et financiers allant jusqu’à 2/3 de leur valeur initiale ou jusqu'à la liquidation. Les investisseurs n’ont plus confiance en leur propre système de cupidité ou doivent trouver eux-mêmes des liquidités pour couvrir leurs propres pertes.

Le Hedge Fonds Cerberus Capital Management veut alors rompre avec ses années de pratique et casser ce qui a fait son mode de vie, à savoir de partir massivement d’une entreprise pour faire un même coup spéculatif dans une autre entreprise. Cerberus veut empêcher ses actionnaires de partir et veut prendre des mesures qui les fixent pour une durée de trois ans.

Cerberus Capital Management lutte contre des rumeurs selon lesquelles plusieurs de ses Fonds sont en situation d’insolvabilité. Cerberus s’était donné comme raison sociale le nom du chien des enfers de l’antiquité grecque et était il y a encore un an l’un des investisseurs financiers les plus bénéficiaires. Les entreprises tremblaient déjà en entendant simplement que Cerberus étudiait leurs comptes et les actionnaires se ruaient vers lui par avidité criminelle qui détruit l'outil de production.
 
Le Groupe Cerberus Capital Management s’est mis dans cette situation après avoir investi à perte et par pure mégalomanie 15 milliards de $ dans Chrysler et dans la filiale financière GMAC, qui agit elle-même comme un Hedge Fonds, à l’image de Porsche avant que ce dernier ne se mette lui-même depuis un an en situation de faillite technique. Chez Porsche, les bénéfices étaient de très loin plus important que le chiffre d’affaire, mais ces pratiques irresponsables de management financier ont aussi entrainé sa chute et son rachat par Volkswagen, alors qu’il était prévu que ce soit Porsche qui rachète Volkswagen.

Cette mégalomanie n'est pas une spécificité américaine ou allemande. Peugeot ou Renault sont des Hedge Fonds adossés sur de la construction automobile qui n'est plus qu'un alibis économique. Les banques captives de PSA (Peugeot-Citroën, PSA) et de Renault ont titrisé les actifs de leurs groupes dans leurs filiales PSA Financial Service et Banque PSA Finance et Renault RCI Banque. Renault ou Peugeot-Citroën (PSA) ont exercé un autre métier au travers de leurs départements Financial Products. Peugeot Société Anonyme (PSA) s'est aussi  bien amusée avec les mortgages (crédits hypothécaires et subprimes) et a détourné dans la spéculation de titres les actifs gagnés avec les ventes des automobiles, tout en délocalisant et en payant au rabais son personnel ouvrier et employé. Il en va de même pour Renault. PSA et Renault, qui ont perdu des centaines de millions d'euros avec les opérations de titrisation ont reçu 9 milliards d'euros comme "aide" financière de l'État français. C'est tellement monstrueux que l'on a de la peine à le croire. Ces groupes automobiles avaient déjà obtenu 5 milliards d'euros de la SFEF qui est la Société de Financement de l'Économie en France qui a été inventée par l'état français suite à la grande crise de la finance mondiale.

Le deuxième G20 finance de Londres et des banques

Le G20 finance de Londres du 5 septembre 2009 engage, avec des nouveaux milliards issus du chapeau-claque, l'intensification des plans conjoncturels de sauvetage ou de relance - on ne sait plus trop bien - avec la politique monétaire et financière expansionniste, et, à la différence du G20 de Londres de novembre 2008 qui ne l'avait même pas évoquée, il rejette le proposition du ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, SPD, d'introduire la taxe Tobin-Spahn. La stricte observance des normes comptables dites "prudentielles" de Bâle II est aussi maintenue et l'obligation des fonds propres ne fait que l'objet d'un bavardage caché derrière le bruit des Bonus. qui a occupé tous les débat à la place du sort des millions de Travailleurs qui sont mis au chômage ou contraints au travail partiel. La politique reste l'art du réel, à savoir d'organiser le transfert des savoirs, des pouvoirs et des richesses d'une classe sociale à une autre. Malheureusement la légion des travailleurs n'a plus la force et n'a plus envie de s'organiser pour rétablir l'équité. Depuis la Chute du Mur, la légion des Travailleurs, les partis politique dits de gauche, les syndicats se sont laissé aller, par collusion avec le discours global de l'élite financière et par la "fluidification" des rapports avec le patronat, à une déflation culturelle et sociale. Je rappelle qu'en Allemagne, les 35 heures avaient été obtenues après 8 semaines totales de grève de tout le secteur de la métallurgie, de l'électrotechnique et de l'électronique. Et en Allemagne on ne fait pas grève comme on va à la pêche.

Commentaires

1. Le 31. août 2009, par Thomas, le Cimbre,

Taux de visiteurs uniques de mon site au 31 août 2009.

La rentrée sera chaude.

Beaucoup de surfeurs cliquent très souvent sur Google ou d'autres moteurs de recherche le mot "cimbre" pour trouver mon site. Cimbre semble donc se profiler sur le net comme une marque de fabrique.





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2. Le 31. août 2009, par Jean-Thomas

Cher Monsieur,
je suis heureux que vous ayez repris vos activités depuis quelques
jours et je constate que vos positions ne varient pas. Vous maintenez
toujours que le système est au bord de l'implosion à cause de ces
montagnes d'actifs toxiques qui empêchent les banques d'ouvrir le
robinet du crédit, touchant ainsi de façon létale l'économie réelle.


Pourtant, dans de nombreux articles (et vous n'êtes pas le seul à
l'avoir remarqué) vous indiquez qu'avec la complicité des gouvernements
occidentaux les banques ont réussi à modifier leurs bilans (je parle des grandes
banques, pour les plus petites, le nombre de faillites aux USA est assez
éloquent et ne mérite pas d'être commenté outre mesure). D'où l'inutilité
des "Stress Tests".

Mais dans la mesure ou cela fait maintenant deux trimestres
que les institutions financières arrivent à dissimuler les milliers de milliards
de passif, pourquoi cela changerait-il à l'avenir ?

Quel est l'événement
susceptible de faire sortir la vérité sur l'état réel des banques et précipiter
ainsi la fin du système ?

J'avoue que je commence à douter fortement et qu'il faut
peut-être s'attendre à voir les banques fonctionner "en l'état" pendant de nombreuses
années (avec les conséquences que cela aurait : robinet du crédit fermé, faillites
d'entreprises en cascade, augmentation du chômage...).


Deuxième point de désaccord : vous annoncez un "Weimar II" avec une hyper-inflation
à venir dans la mesure où les états font marcher la planche à billets. Mais cet argent est englouti par les institutions financières et n'est pas injecté dans l'économie réelle. D'où mon scepticisme sur la question de l'hyper-inflation.


Merci.

3. Le 31. août 2009, par Thomas, le Cimbre

Les évènements vont bientôt se précipiter. Le grand rdvz est vers la fin de l'été 09.

Ça empirera à cause du dromadaire à 3 bosses, et plus il y aura d'insolvabilités, plus il y aura de faillites privées et d'entreprises,
et plus la bulle des CDS/CDO va exploser. C'est le principe de levier de la bulle des CDS/CDO qui a été créée et conçue pour des temps de "croissance" (même fictive) et qui va amplifier la chute lors de récessions. On pensait que récession et dépression n'étaient plus de ce monde.

Quant à l'hyperinflation, elle sera nécessaire pour réduire à zéro les dettes publiques issues de ces p... de plans de "Sauvetage" des banques. Ce sera pratique, car il "faudra" aussi annuler les autres dettes publiques. L'État va se payer sur les seuls qui pourront toujours payer, vous, nous, nos enfants et petits-enfants.



Sur le graphique à gauche  vous voyez aussi que les liquidités (offerte par la Fed') restent dans les banques. Elles sont de 10.000 milliards, 10 trillion de $. J'ai expliqué sur mon site dès septembre 08 les taux de prêt inter-bancaire, Libor et Euribor, qui sont très élevés et qui sont l'image inverse du niveau des liquidités qui reste à dormir dans les banques qui font de la trésorerie avec. Plus ces taux sont élevés, moins les banques sont disposées à emprunter des fonds à d'autres banques et plus ces liquidités restent dans leur coffres. Car les banques illustrent parfaitement que l'on ne peut avoir confiance dans le capitalisme débridé, elles sont aux premières loges du spectacle. Quand elles vont ressortir ces liquidités nous nous approcherons de l'hyperinflation.


Là où je vous rejoins, c'est que je crois depuis septembre 08 qu'il y aura une économie qui suivra le  "U-shape", un U avec un très long fond. On mettra 20 ans à s'en remettre et je serai sans doutes déjà sous terre à ce moment là.

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