Ce 27 mai 2009, GM est en faillite. L'administration Obama va encore injecter plus de 70 milliards de $ dans GM pour indemniser ses salariés et le Fonds de Pension de GM et pour payer les créanciers et les fournisseurs. On parlera bientôt de Ford. GM est en faillite à cause de sa mauvaise politique industrielle, mais surtout, comme Chrysler appartenant au Fonds Cerberus, à cause de sa filiale financière GMAC qui a fait plonger le groupe dans la situation désastreuse des créances pourries et de la spéculation systémique. (Graphique cliquable à gauche: Stress Test, les 19 plus grandes banques US, Wall Street Journal).


Graphique cliquable à droite: performance des fonds de pension en général. Les pertes totales de ces fonds étaient estimées à 5.400 milliards de dollars à fin 2008, sur un volume total d’actifs de 20.000 milliards de dollars, qui les ramène en dessous de leur niveau de 2005, soit plus de 20 % de pertes en moyenne et de 25% de pertes aux USA, 35% en Irlande selon l'OCDE. "ll avait fallu 5 ans aux fonds de pension pour effacer les pertes de la crise boursière dot-com de 2002", explique Alain Boyadjian, directeur du département Actuariat et avantages sociaux au cabinet de conseil Hewitt. "Ils commençaient tout juste à sortir la tête de l’eau lorsque l’actuelle crise économique et financière les a rattrapés". En textes plus clairs le système de fonds de pension est en perte depuis 2002 et le sera encore plus gravement à partir de 2009, et au moins pour dix ans. Là aussi, il y aura deux décades perdues et les retraités auront perdu leurs économies. Les fonds de pension américains - 2/3 des actifs des fonds de pension dans le monde - ont perdu 1.700 milliards de dollars entre l’éclatement de la crise en août 2007 et fin 2008, dont près de la moitié - 754 milliards de dollars - sur le seul quatrième trimestre 2008. A titre d’exemple, le fonds de pension de General Motors accusait un déficit de 14 milliards de dollars fin 2008. En dépit d’une stratégie de diversification entreprise dans le sillage de la crise boursière de 2002, les fonds de pension continuaient d’allouer une part majoritaire de leurs placements aux actions et aux CDS/CDO, et ce à la veille de l’éclatement de la crise: celles-ci représentaient en moyenne 55 % du portefeuille en 2007, contre 28 % pour les obligations et 15 % de produits alternatifs. L’investissement dans des fonds de hedge funds, consécutif à la stratégie de diversification engagée, mais dont le profil de risque n’était pas toujours compris, a constitué un autre facteur de baisse, souligne l’OCDE dans son rapport. Ceux-ci se sont transformés en produits illiquides et toxiques au cœur de la crise. Le risque pour les salariés de perdre tous leurs engagements de retraite en cas de faillite de l’employeur est très grand. Au Canada et aux USA, plusieurs milliers de retraités du secteur automobile ont récemment manifesté pour protester contre le refus des autorités publiques d’assurer le paiement de leurs retraites en cas de banqueroute de  General Motors ou de  Chrysler. Empêtré dans les déboires des plans de sauvetage bancaire, le gouvernement américain n'envisagera pas d'organiser le bail out des fonds de pension. L'enseignement de cette Crise du Système des Risques est que le traitement social de la crise n'est pas un soucis aux USA comme en Europe. Le G20 de Londres est entré dans l'Histoire comme le G20 des Banques. Les peuples n'ont qu'à bien s'agenouiller.

Je vous ai aussi expliqué dans un article précédent la situation actuelle désastreuse du $ et des Bons du Trésor US qui conduisent l'agence de notation à rabaisser la note triple-A des USA au regard de sa capacité à rembourser ses dettes publiques. Je vous ai aussi livré une part de ces scansions tellement porteuses d'espoir quant à la Réforme du Système Monétaire et Financier International. Je vous ai aussi fait part de mon étonnement de voir que personne n'est au courant de la tenue de ce G192 le 1er juin 2009 et que les États ne vont pas envoyer à l'Assemblée Générale de l'ONU leurs gouvernants de la tête de leur exécutif, mais des personnes de second rang, voire personne du tout. L'ONU reste ce "machin". (Graphique cliquable: pouvoir d'achat du $ de 1920 à 2009)

Il est un signe distinctif qui doit être apprécié à sa valeur juste. C'est Stiglitz qui a été nommé Président de la Commission d'expert pour ce G192 et non pas Paul Krugman, pentito du libéralisme qui s'est souvenu assez récemment qu'il a fait sa thèse chez Jagdish Bhagwati et qu'il faudrait essayer de comprendre ce qu'est la croissance appauvrissante pour les Pays En Développement comme pour les Pays Industrialisés.

Joseph Eugene Stiglitz est un économiste américain qui reçut le prix Nobel en 2001 pour un travail commun avec George Akerlof et Michael Spence. Il est un des fondateurs et un des représentants les plus connus du "nouveau keynésianisme". Il a acquis sa notoriété populaire à la suite de ses violentes critiques envers le FMI et la Banque mondiale, émises peu après son départ de la Banque mondiale en 2000, alors qu'il y était économiste en chef. Il s'est montré très critique envers le président George W. Bush, le considérant "comme une menace pour la bonne tenue de l’économie mondiale et plus dangereux que le candidats aux élections brésiliennes de 2002." Il pensait à Luiz Inácio Lula da Silva, qui a déjà été élu deux fois Président du Brésil. Parmi les recherches les plus connues de Stiglitz figure la théorie du screening, qui vise à obtenir de l’information privée de la part d’un agent économique: cette théorie, avec les lemons d’Akerlof et l’effet signal de Spence, est à la base de l’économie de l'information et du nouveau keynésianisme. Il s'intéresse à l'économie du développement et s'impose dans des sujets comme les causes et conséquences des inégalités, la persistance du chômage, la fréquence des crises financières.

Tout en n'étant pas altermondialiste, Joseph Stiglitz collabore avec les forums sociaux et partage certaines analyses: il est ainsi partisan d'une taxe Tobin ou équivalente sur les transactions financières et pour une régulation de la mondialisation. En Bolivie, Il a également approuvé la nationalisation (ou la réappropriation) des hydrocarbures, qu'il a décrit comme un processus de « restitution de biens".De même, Stiglitz a fondé en 2000 "l'Initiative for a Policy Dialogue" à l'Université de Columbia, initiative qui s'est donné pour mission d'expliquer aux pays en développement qu'il y a des alternatives aux prescriptions du FMI. L'IPD organise également une formation pour journalistes, afin que ceux-ci puissent décrypter et analyser les propos émanant du FMI avec leurs propres paramètres. L'IPD travaille en collaboration avec des instituts de recherche, dont certains du "Tiers Monde" et notamment l'ONG fondée par Martin Khor, Third Worls Network, accréditée auprès de l'ONU, du courant altermondialiste. Vous comprenez, Stiglitz possède toutes les qualités qui feraient de lui pour Madame la Ministre de l'Intérieur français un suspect des saboteurs du TGV.

Ce week-end du 30 mai 2009, Timothy Geithner, Secrétaire américain au Trésor, va faire un voyage dans le fournil jaune pour implorer Zhou, le Gouverneur de la Banque Centrale de Chine, de réévaluer le Yuan Renminbi - sous-évalué selon les américains - et de reprendre les achats de Bons du Trésor américain. Zhou et Hu Jintao, le Président chinois, cachent de moins en moins leur colère face à la politique monétaire et financière américaine qui consiste à s'endetter, et que le pays devient insolvable, à vendre des trillions de Bons du Trésor américains qui ne valent quelque chose que tant qu'il y a quelqu'un, des crétins grégaires, qui les achètent.

Dans un article du Guardian du 27 mars 2009, Joseph Stiglitz s'est exprimé au sujet du G192.
Je vous en livre la traduction et un exposé:

Début de l'article du Guardian >>>

"La création d'une nouvelle architecture financière est à réaliser. Si nous échouons, le désastre va être éprouvé encore plus cruellement par les pays pauvres. La crise financière qui a commencé aux USA sur le marché des subprimes s'est transformée en récession mondiale de 1,5%, ce qui est le plus mauvais chiffre depuis la Grande Dépression. Les pays, qui ont pris toutes sortes de mesures pour répondre à la crise, voient leur taux de croissance décliner et tombent de plus en plus profondément dans la dépression. Mais les effets les plus désastreux seront ressentis par les pays en développement.

Une Commission d'experts sur la Réforme du système monétaire et financier international que je préside, vient de publier son rapport préliminaire. Ce rapport concentre tout spécialement son attention sur les graves conséquences de la crise sur les pays en développement et les pays pauvres. Selon les estimations, il y aura 30 millions de personnes de plus qui seront au chômage en 2009 par rapport à 2007. Il n'est pas impossible que l'augmentation soit de 50 millions. 200 millions de personnes seront jetés dans la pauvreté, principalement dans les pays en développement, si des mesures ne sont pas prises rapidement pour réagir contre la crise.

Alors que la crise est globale, les mesures apportées sont prises par les gouvernements nationaux qui s'inquiètent naturellement plus des intérêts de leurs propres citoyens. Les mesures particulièrement ingrates et protectionnistes telles que le 'buy american' qui figure dans le paquet de stimulation fiscale des USA. Selon la Banque Mondiale, 17 des 20 pays du G20, ont engagés des mesures protectionnistes après avoir appelé à ne pas le faire au G20 de Washington de novembre 2008. En se concentrant sur l'impact au niveau national plutôt que global, la stimulation globale sera bien moindre et la relance globale sera bien plus faible.

Alors qu'il existe un consensus à ce que tous les pays doivent entreprendre de fortes mesures fiscales de stimulation, beaucoup de pays en développement ne disposent pas de ressources et ceci réclame une approche concertée pour créer des fonds additionnels destinés relancer la dépense et au soutien en liquidités pour les pays et les entreprises des pays en développement qui sont mis en difficultés par la raréfaction du crédit. Les pays industrialisés devraient contribuer à la stimulation de la dépense à hauteur de 1%; il devrait y avoir immédiatement une émission de Droits de Tirages Spéciaux (DTS), la 'monnaie du FMI' qui peut être utilisée spécialement pour aider ces pays qui font face aux difficultés. Et des efforts régionaux, comme l'Initiative Chang Mai en Asie, doivent être élargies.

Il est important que toute forme d'assistance doive être prodiguée en dehors des contraintes habituelles associées. Les conditions qui forcent les pays en développement réduire la dépense et à et à augmenter les taux d'intérêt sont contreproductives: l'intention de l'assistance est de les aider à développer leur économie, tout en contribuant à la relance globale. Les carences des règles des institutions internationales qui distribuent des fonds comme le FMI ont été soulignées depuis longtemps, mais leurs réformes sont totalement insuffisantes. Les pays qui disposent de fonds sont souvent réticents à fournir de l'argent aux institutions dans lesquelles elles ont un droit de vote réduit et qui ont mis en œuvre des politiques qu'ils ne défendent pas. Et les pays sont souvent réticents à emprunter. La Commission d'expert recommande la création de nouvelles facilités de crédit dans lesquelles les points de vue des nouveaux fournisseurs de liquidités et des nouveaux emprunteurs sont mieux entendues.

Il existe de nombreuses leçons qui doivent êtres tirées de la crise. L'une d'entre elles est la nécessité d'une meilleure régulation. Mais les réformes ne doivent pas avoir simplement un aspect cosmétique, elles doivent aller plus loin que le secteur financier. Un renforcement inadéquat de la loi de la compétitivité des banques a permis aux banques de  croître au-delà du stade du too big to fail (trop grand pour être en faillite). Une corporate governance inappropriée a produit des schémas d'incitation qui ont conduit à une prise de risque excessive et à un comportement avec une vision à court terme qui dessert les actionnaires.

La Commission recommande la création d'un Conseil de Coordination Économique Global, non seulement pour coordonner la politique économique, mais aussi pour expertiser la situation économique, identifier les fossés dans les aménagements institutionnels globaux et pour proposer des solutions. En ce moment existe un besoin d'une Autorité de Régulation Financière Globale en dehors de la quelle il y a un risque d'arbitrages de régulation, de torpillage de la régulation, et de création d'une course en à la baisse. Il y a un besoin de créer une Autorité à la Concurrence Globale, les marchés ont une échelle globale. Il y a un besoin d'une meilleure manière de répondre aux insolvabilités des pays, qui seront nombreuses lors de cette crise. Et il y a un besoin d'une meilleure manière de maîtriser les nombreux risques rencontrés par les pays en développement, spécialement avec la dette et la maîtrise des capitaux.

L'autre recommandation importante de la Commission est la création d'un nouveau système global de réserves. Le système actuel, avec au centre le $ comme monnaie de réserve, se délite. Le Dollar est devenu volatile. Il y a de des craintes grandissantes au sujet des risques inflationnistes. Au même moment, mettre tellement de liquidités de côté tous les ans pour protéger les pays contre les risques d'instabilité globale crée une réduction de la demande ce qui affaiblit l'économie globale. Le système est caractérisé par le fait que les pays pauvres prêtent des trillions de $ aux USA principalement à un taux d'intérêt nul, alors qu'il existe dans leurs propres pays tellement de besoins vers lesquels l'argent pourrait être redirigés. Selon la Commission, le Nouveau Système de Réserve Global est faisable, n'intègre pas de force inflationniste et pourrait rapidement être mis en œuvre.




Il y avait eu après la Crise Asiatique de nombreux débats et discours sur une nouvelle architecture financière globale. Mais cela en était resté à ce stade. Quand l'économie globale avait repris, la volonté de réforme s'était évanouie. Cette crise et bien plus sévère. Elle sera plus longue. Espérons que nous apprendrons cette fois-ci notre leçon
." 


<<< Fin de la traduction




Nous avons appris aujourd'hui sur mes médias internationaux que l'ONU elle-même avait minimisé et caché le nombre réel de morts civils de la guerre civile au Sri Lanka. L'ONU avait été parfaitement au courant du nombre réel. S'il faut être tout autant circonspect face à l'ONU qui est une Institution Internationale démocratique et légitime, il existe une Conférence qui la contourne comme la Banque Internationale des Règlements domiciliée à Bâle.