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13 mai 2013

Explosion imminente de la bulle des LBO - Le LBO est à l'entreprise ce que les Subprimes sont à l'immobilier

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Le 2 mai 2009 je vous entretenais au sujet de la faillite de la croissance financée par la bulle des CDS, des CDO, des LBO. Il est temps d'approfondir la question de la titrisation des LBO, les "fonds de la terreur", qui sont tout autant devenus depuis l’inversement de la croissance de 2008 des toxiques qui seront épongés entre 2013 et 2016 par le contribuable à qui il advient de dégraisser le mammouth de la financiarisation.

Comme je l'écris depuis 5 ans nous subissons le dévoiement du keynésianisme avec la recapitalisation directe de la faillite collective d'un modèle de société et d'un modèle d'entreprise issu de la criminalité en banques organisées, de la libre circulation des capitaux, de la finance sans visage, du shadow banking, des financements extra-bilanciels et des produits financiers dérivés titrisés. Ce dévoiement keynésien est du Ponzi sur la bulle Ponzi des années 90',  2000  et 2010. Obama et ses homologues européens sont des chefs du gang Ponzi qui ont aggravé la crise en se gonflant leur bulle échoïque pour accroitre leur égo. A contrario le Baltic Dry Index est effondré à son plus bas en continu depuis janvier 2012 en ayant perdu 75% et 98% depuis 2008. Depuis Bartholomäus Welser ou depuis la Crise des Tulipes une crise spéculative reste une crise spéculative, comme pour la Loan & Saving Crisis des années 90, la Crise Asiatique du 2YK, la Crise dot.com, la crise de la New-Economy, la Crise des Subprimes. Les financiers titrinogènes et les petits rats qui croient à l'humanisme automatique de l'enrichissement sans cause et sans labeur du Consensus de Washington et de Bruxelles n'ont qu'en tête leur Droit de cacher et blanchir leur risque, leurs toxiques et leur toxicité qu'ils font même passer pour de "l'esprit d'entreprise", leur moral hazard, ces incertitudes sur la corrélation des défauts des débiteurs.

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0_Brennkessel_2.jpgDans le contexte de l'enrichissement sans labeur et sans cause par les flux spéculatifs, les entreprises elles-mêmes se sont données les moyens de ne pas rendre pérennes leurs activités industrielles, commerciales et de service en ne pratiquant plus que leur propre optimisation financière. On a même fait passer depuis 2008 le moral hazard, l’aléa moral, pour une séquence normale de notre ADN sans quoi la vie même est impensable et impossible. Au nom de cet "esprit d'entreprise", la planète subit en plus de la crise de l'insolvabilité des banques une crise de l'insolvabilité des entreprises créée de toute pièce par elles-mêmes et pas uniquement parce que les banques leur ont fermé le robinet des liquidités depuis 2008. Nous sommes en face de la Bulle des LBO - Leveraged Buy Out, ces Opérations de rachat d’une société avec fort effet de levier grâce à l'emprunt et un montage financier organisé par les banques arrangeuses. Le LBO permet aux spéculateurs de se faire passer pour "des entrepreneurs qui ont une idée à faire valoir" et de se sentir sur-calibrés pour accomplir une mission supérieure de faire valoriser l'entreprise qu'ils ont ciblée. L'opération de financement par LBO promet aux capital-investisseurs appelés les mezzanines, les seniors ou les juniors, une valorisation financière de l'entreprise en portefeuille avec un rendement attendu de 25%. L'entreprise est devenue une saucisse à vendre qui ne cesse de se rallonger, mais pas à cause de son contenu, mais à cause du bavardage autour de sa valeur qu'elle prétend avoir. Une entreprise n'est plus une entreprise, mais un syndrome ou une maladie contagieuse. Le but est de spéculer sur une augmentation de la valeur de l'entreprise-cible au terme du LBO pour rembourser la dette d'acquisition et faire une énorme plus-value lors de la revente de cette entreprise en portefeuille. Le LBO offre d'abord aux capital-investisseurs l'accès instantané à leur profit avec une fraction minimale de mise de fonds propres et avec le rachat ultérieur de leur dette d'acquisition à effet de levier avec les moyens dégagés par le non-respect des conventions collectives, la mise au chômage massif pour réduire les coûts de fonctionnement, par l'appauvrissement des salariés et des populations dans des Pactes de Compétitivité imposés par chantage.

Et en dernier ressort les dettes irrécouvrables et pourries des LBO seront recapitalisées par les contribuables et les budgets nationaux qui nationalisent d'une manière ou d'une autre ces toxiques alors que ces dettes d'acquisition des LBO étaient déjà défiscalisées cumulativement à hauteur de l'intérêt de l'emprunt et avec l'exonération de l'impôt sur les sociétés et sur la distribution des dividendes. La fiscalité française sur les LBO - un héritage de la période Sarkozy que Hollande ne dénigre pas et avalise même - est la plus avantageuse au niveau européen. En plus de tous ces cadeaux fiscaux il y a exonération des impôts sur les plus-values réalisées lors de la revente de ces entreprises-cibles, si un délai de deux ans est respecté après la maturité du LBO dont le débouclage est programmé dans les 3 à 5 ans après leur acquisition permise avec l'emprunt. Le levier fiscal est le pilier de la rentabilité des LBO et la "libre entreprise" est donc largement payée par les contribuables avant et après les faillites. L'industrie du LBO est un paradis fiscal et une niche fiscale institués dans le périmètre du pays par le législateur au seul bénéfice des capital-investisseurs. Cette décomposition du signifiant "esprit d'entreprise" se fait de manière tout autant violente, mais au nom de la "création d'emploi", du "maintien de l'emploi" qui sont de nos jours des signifiants sans contenus. C'est la sublimation de l'esprit d'entreprise.

Plus il y a de décroissance ou de récession, plus les acquisitions d'entreprises ou le financement des extensions d'entreprises par LBO mènent inéluctablement à la faillite. Les entrepreneurs ont même créé tout naturellement une holding qui a racheté par LBO leur propre entreprise pour accéder encore plus instantanément au profit et détourner ses actifs. Le LBO est une opération financière à haut risque même en période de croissance et en plus le LBO relègue obligatoirement au second plan les primes et les salaires, la formation des salariés, la Recherche & Développement et les investissements et réduit gravement les possibilités d'autofinancement de l'entreprise... qui doit alors avoir recours à... l'emprunt auprès des banques qui profitent déjà de leur situation privée d'avenir. Pour les entreprises, les banques agissent au travers des LBO comme des Vulture Funds - fonds vautour. Le LBO, aussi appelés "fonds de la terreur", est comme une acquisition par un hedge fond, mais à domicile. Le LBO offre à l'acquéreur-spéculateur le levier juridique par lequel il s'assure le contrôle d’une entreprise sans avoir besoin de répondre à l’obligation d'en détenir la majorité du capital tout en limitant son engagement financier et en exigeant le maximum du retour sur son investissement. En passant, le capital-investisseur peut même avoir radicalisé son intervention en dépeçant le département R&D de l'entreprise ainsi acquise et avoir organisé le transfert de technologie et l'accaparement de son portefeuille de brevets d'invention et de ses contrats au profit d'une autre entreprise dans laquelle il est lui-même acteur. Les fonds LBO s'intéressent surtout aux PME, mais Picard, Afflelou, DELL ont aussi été des entreprises ciblées par les LBO. Le LBO, qui a accéléré la désertification et la désindustrialisation du pays, sert à faire remonter un maximum et au plus vite du cash comme une sangsue sur un mammifère. L'objectif pour le repreneur d'une entreprise, quand il ne s'agit pas d'une reprise par le management ou les salariés, étant de céder cette entreprise dès qu'une occasion de plus-value se présente. Or ces occasions ne se présentent plus depuis 2008 où nous sommes entrés en récession. Le scandale des Bolognaises à la viande de cheval est arrivé chez Spanghero, une LBO qui a vendu son âme et sa culture d'entreprise aux spéculateurs.

0_Brennkessel_3.jpgLe LBO est à l'entreprise ce que le Subprime est à l'immobilier, et il semble que 1/4 des émetteurs de LBO feraient faillite en Europe d'ici à 2014/15 où les LBO montés depuis 2006, 2007 et encore 2008 arriveront à maturité et quand les emprunts faits pour les acquérir arriveront à échéance et qu'il faudra les renouveler et les rééchelonner. Il semble même que 50% des LBO soient en risque de défaillance, ce qui est réaliste quand on apprécie l'ampleur de la récession à l'aide du Baltic Dry Index. Le LBO est l'égal du financement pyramidal à la Ponzi. Pour 1 euro apporté en fonds propres pour 6 à 9 euros empruntés, le capital-investisseur s'assurait encore en 2008 la propriété d'une entreprise qu'il espérait essorer. Dans les opérations d’une certaine importance la dette des LBO, qui peut atteindre un ratio astronomique, n’est pas portée dans sa totalité par le banquier ou le mezzaneur (capital-investisseur) qui l’a mise en place. Le risque de la dette des LBO est syndiqué, multi-mutualisé, est transformé et blanchi au travers de paquets de créances en produits financiers titrisés mis sur le marché, soit dans le cadre d’opérations de gré à gré OTC - Over The Counter extra-bilancielles, soit à travers la constitution de véhicules ad hoc, les SPV ou des CDO. Comme le débouclage des LBO ne pourra se faire comme prévu dans cette période de récession, la BEI - Banque Européenne d'Investissement pense devoir lancer avant 2015 une opération similaire aux deux opérations bancaires "Grosse Bertha" et "Bazooka" en direction de ces entreprises pour leur racheter leur m****, leurs produits financiers titrisés sur les LBO. Autrement dit, la BEI va procéder au bail-out des entreprises qui ont détourné leurs actifs sociaux dans ces opérations de financiarisation par LBO sur le dos de leurs salariés et des recettes publiques du fisc. La BEI va donc aussi dévoyer le keynésianisme bien que sur son portail elle affiche ceci: "La BEI accroît son soutien à l'innovation et au renforcement des compétences, des domaines cruciaux pour la croissance à long terme dans l'UE."

A cause du financement extrabilanciel des LBO, le législateur et les instruments de statistique nationale ne peuvent pas évaluer la situation réelle des multiples d'endettement des entreprises par rapport à leur résultat et le PIB d'un État est ici aussi un PIB fictif, furtif et d'initié qui ne permet pas au gouvernement d'avoir une politique économique réaliste et sérieuse ni une politique fiscale d'impôt sur les sociétés. PIB ne veut pas dire PIB. En un mot, on ne sait pas ce qui se trafique dans une économie nationale, mais ce genre d'entrepreneurs vous traiterons de communiste si vous réclamez un contrôle et une réglementation. Le signifiant "communiste" est toujours aussi bon-marché et soulage celui qui s'en sert comme réprimande. Pourtant, le LBO n'a rien à voir avec un management durable de l'entreprise mais est une manœuvre d’optimisation financière sans logique industrielle qui passe par la spéculation à court terme, de 5 ans environ, et les banques et les fonds d'investissement ont poussé à ce système d'endettement et ont obtenu des banques centrales les liquidités pour permettre aux fonds-LBO et aux spéculateurs d'assouvir leur haut risque spéculatif. Les fonds-LBO sont devenus eux-mêmes des banquiers sans visage et sans siège qui n'ont même pas été concernés par le périmètres des normes prudentielles comptables Bâle II, qui pourtant étaient tellement laxistes puisqu'elles aménageaient pour les banques et les entreprises et les assurances la possibilité d'interpréter elles-mêmes leur exposition au risque et leur ratio d'endettement qu'elles ont toutes criminellement minimisées pour conserver le minimum de fonds propres règlementaires et engager un maximum d'opérations d'investissement-endettement à fort effet de levier.

A tous les niveaux, les banques centrales n'ont pas exercé de contrôle ou de réglementation sur les banques qui ont volontairement négligé leur fonction d'analyste pour devenir broker, et actuellement les dettes d'acquisition des LBO ne sont plus recapitalisées par les banques dont le seul motif d'existence depuis 2008 et de se recapitaliser elles-mêmes avec les liquidités gratuites de la BCE et des États "souverains". Les banques sont coupables de n'avoir pas voulu constater les insuffisances d'actifs des entreprises rachetées par LBO et de leur avoir accordé un soutien abusif qui les a conduites à la faillite. Le Législateur et les Pouvoirs Publics de notre "État de Droit" sont coupables d'avoir accordé en métropole aux capital-spéculateurs le privilège de la niche fiscale des quatre défiscalisations sur les LBO. Un État de Droit n'est pas un État de Droit. L'objectif de la création des LBO n'a souvent pas été de développer l'entreprise, mais de détourner ses actifs. Le LBO permet au travers de la rotation de la propriété du capital de l'entreprise de la laisser nue avec ses dettes augmentées par effet de levier. Et comme pour les CDS-square, les CDS sur des CDS, le milieu financier a amplifié la financiarisation de l'entreprise avec des LBO sur des LBO appelés LBO-secondaires. Bien sûr il y a aussi des LBO tertiaires et des LBO quaternaires et la traçabilité est d'autant plus anéantie. Le LBO est le détournement de la quasi-totalité de la création de valeur économique de l'entreprise vers les apporteurs de fonds propres qui la mettent en pression de façon disproportionnée et abusive face à son résultat. Le LBO est une diminution et même une destruction de fonds propres de l’entreprise qui sont remplacés par des prêts, qui deviennent des toxiques en période de décroissance ou de récession. En réalité les hedge fonds ou les LBO ont généré la décroissance économique en rendant les groupes industriels, les PME et les TPE incapables de résister sur les marchés et à la concurrence internationale. Avec l'appui des austérologues de la Commission de Bruxelles et des gouvernements, les capital-investisseurs comptent aussi se refaire une santé sur les dos des Travailleurs en leur imposant des Accords de Compétitivité, le TSCG et la Règle d'Or. Vous avez vu comme les médias français et le gouvernement affilié font de la lèche au Travailleur pendant ce mois de mai 2013 avec tous les ponts en nous affirmant que "non, ce ne sont pas les jours fériés qui vont mener à la baisse de la croissance, ils ne coûteront que 0,1% du PIB, et c'est très bien de faire du tourisme, c'est bon pour l'économie". Un tel ton démontre que l'implosion est imminente.

Mais comme ces accords du Pacte de Compétitivité et la Règle d'Or ne suffisent pas à ramener la santé aux entreprises qui se sont rendues elles-mêmes malades, le gouvernement français a par exemple mis en place les mini-injections keynésiennes du plan CICE - Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi du gouvernement français pour soutenir "la culture du risque" des entrepreneurs selon Jean-Marc Ayrault, 1er Ministre PS du Gouvernement Hollande épris du corpus libéral. Ces mini-injections keynésiennes sont plus destinées à recapitaliser et rééchelonner les dettes des entreprises plutôt que de lancer de nouveaux projets économiques à caractère social et environnemental. 0_Brennkessel_4.jpgLe gouvernement et l'État français se substituent aux banques pour faire un bail-out des entreprises qui sont les premières avec le "Mouvement des Pigeons" de Jean-David Chamborédon à critiquer les contributions patronales et les allocations chômage, alors que le taux d'impôt sur les sociétés est passé en 20 ans de 50% à 33% et même jusqu'à 15% pour les PME, ou même à 0% pour les groupes internationaux, sans reparler de la défiscalisation des LBO. En ce moment on entend aussi que "le management français est très prisé à l'international". On oublie de préciser que les français sont N°1 des LBO en Europe, ce qui n'a rien à voir avec une politique d'entreprise mais avec leur financiarisation et avec l'optimisation fiscale.

Si vous cherchez sur Google Déclaration de la Crise des Subprime mon site est en A1 sur 1.070.000 résultats. Il est aussi le seul car j'ai inventé ce signifiant; personne n'a compris que ladite crise est une guerre civile planétaire, ne parlons même plus d'une lutte des classes. C'est pareil pour titrinogène, alors que c'est la maladie du siècle de l'économie issue des Dividendes de la Paix de 1989: externaliser le risque de la dette, mutualiser la dette, titriser la dette, blanchir la dette en un objet financier, et comme l'économie réelle n'est pas prévue pour rapporter ce retour sur investissement, multi-mutualiser la dette devenue des toxiques, titriser les toxiques, blanchir les toxiques en un objet financier et faire racheter les toxiques par le contribuable, blanchir les toxiques devenus des Bons du Trésor et faire rembourser les toxiques d’État par deux générations futures. Autrefois on disait "privatiser les bénéfices et nationaliser les dettes", mais à la fin des années 80' et avec les Autoroutes de l'Information il manquait la dimension séculaire et ubuesque. Pour parvenir au pouvoir ou pour y demeurer avec assurance, il fallait décomposer ce signifiant, et mettre en avant l'audace économique de celui à qui tout est permis librement parce qu'on voulait bien lui reconnaitre, à lui l'acteur global libéré du temps, la force de faire du futur et de la croissance sa créature. Si vous cherchez sur Google la bulle des LBO, mon site est déjà en A2 sur 421.000 résultats un jour après la publication de mon billet sur le net. Ceci aussi n'est pas non plu un contenu de conscience et un vécu collectif.
Si vous cherchez sur Google aifm spv cdo mon site est en A2, A3, A4, A5

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18 avril 2013

La décomposition institutionnalisée des signifiants se poursuit: les 90% d'endettement et la politique d'austérité de Kenneth Rogoff

Lofoten-01.jpg

PIB ne signifie pas PIB. Entreprise ne signifie pas entreprise. Crise ne signifie pas Crise.

Le dérapage des signes et la décomposition des signifiants est un art de la prise d'un pouvoir ou de son maintien. Depuis l'année-Lehman 2008 les mots sont martelés, émis et renversés. L'essentiel n'est pas leur signification, mais l'emprunte psychique de la confusion qui résonne en nous. C'est la sublimation de la démocratie. Le mot crise est dans notre bouche et nous ne savons plus depuis 6 ans à quel mot d'accompagnement nous vouer. La décomposition des signifiants veut progressivement nous plier en deux avec leur fond sonore et nous enlever l'idée que l'on peut se lever, conduit par notre entendement. C'est un mauvais calcul parce que le défaut d'élévation appellera un soulèvement. Il y a quelques semaines on nous avait fait croire que le FMI "s'était trompé dans ses calculs". Aujourd'hui on nous apprend que l’économiste américain Kenneth Rogoff, qui a été économiste en chef du FMI de 2001 à 2003, avait fait une erreur dans son tableau Excel et avait maquillé son analyse sur le seuil des 90% de l'endettement d'un État comme barrière à la croissance. Le refrain de Rogoff est la moelle du FMI, de la Commission de Bruxelles et de la Troïka et le fondement de leur politique d'austérité, de "réformes" et de privatisation. A partir de ce seuil des 90%, les États endettés doivent mettre en œuvre tous les mécanismes de réduction de la dette selon Rogoff. Aujourd'hui ce sont de nouveau des économistes américains qui ont désavoué Rogoff. Le calendrier de cette annonce n'est pas un hasard parce que la Constitution américaine interdit aux USA de dépasser le plafond d'endettement de 100% du PIB et que le Congrès, le Sénat et Obama sont paralysés dans le débat du "Fiscal Cliff" de la rallonge budgétaire. Le consensus politique n'ayant pas de voix on fait craquer le signifiant des 90%, dix-pour-cent, dix-pour-cent, même si en réalité les USA se trouvent en banqueroute d’État depuis quelques années déjà au même titre que l'Irlande, la Grèce ou Chypre. Et comme des pays de la Région Europe comme la France sont entrain de dépasser le seuil des 90% d'endettement par rapport au PIB, la bande sonore des médias va un peu quitter le thème divertissant attisé par l'extrême droite catho contre le Mariage pour tous, et la gauche croyant que ses principes sont reconnus va amplifier le son du mot, car cela porte plus d'écho que de s'engager dans une certaine idée de croissance au lieu de combattre les éléments de défaisance sociale et environnementale. La gauche adore positiver et croit que dénoncer n'est pas un engagement positivement sonore. Dénoncer ne lui accorde pas de redondance, mais pour moi dénoncer est construire l'avenir. Avec ceci on ne peut pas briller aux alentours et on me prend pour un Störtebeker, un "rouge", un "communiste". Cet entourage est l'homme du passé qui s'accroche à des signifiants qu'il croit avoir entendus. L'insulte envoutante et presque sympathique du "gauche de la gauche" est retombée comme un soufflé dans une caverne et on prononce "rouge" ou "communiste" comme si soulagé on s'explosait son comédon devant sa glace. Vous vous êtes déjà observé comme vous reteniez votre respiration avant de le faire sauter? Et comme le retour d'air et du bruit de votre corps vous parle et vous rassure? On nous raconte aussi depuis la Déclaration de la Crise des Subprime qui remonte à 2007 mais dont on voit le démarrage dès juillet 2006, que "This Time is Different" pour vous faire entendre que "cette fois-ci la crise ne ressemble à aucune autre", ce qui permet aux gouvernants et aux G4, G8, G20 et à la Commission de Bxl de faire semblant de faire la narration d'une autre stratégie de remédiation en rachetant par milliers de milliards les actifs pourris des banques et en vous racontant que le keynésianisme du New Deal qui a versé des milliers de milliards dans la relève des USA après 29 avait été une fausse politique.

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Depuis Bartholomäus Welser ou depuis la Crise des Tulipes une crise spéculative reste une crise spéculative, comme pour la Crise dot.com, la crise de la New-Economy, la Crise des Subprimes. Les financiers titrinogènes et les petits rats qui croient à l'humanisme automatique de l'enrichissement sans cause et sans labeur du Consensus de Washington et de Bruxelles n'ont qu'une bille en tête, celle de se donner le Droit de cacher et blanchir leur risque, leur moral hazard, leurs toxiques et leur toxicité qu'ils font même passer pour de "l'esprit d'entreprise".

Dans le contexte de l'enrichissement sans labeur et sans cause par les flux spéculatifs, les entreprises elles-mêmes se sont données les moyens de ne pas rendre pérennes leurs activités industrielles, commerciales et de service en ne pratiquant plus que leur propre optimisation financière. On a même fait passer depuis 2008 le moral hazard, l’aléa moral, pour une séquence normale de notre ADN sans quoi la vie même est impensable et impossible. Au nom de cet "esprit d'entreprise", la planète subit en plus de la crise de l'insolvabilité des banques une crise de l'insolvabilité des entreprises créée de toute pièce par elles-mêmes et pas uniquement parce que les banques leur ont fermé le robinet des liquidités depuis 2008. Nous sommes en face de la Bulle des LBO - Leveraged Buy Out, ces Opérations de rachat d’une société avec effet de levier grâce à l'emprunt et un montage financier. Le LBO permet aux spéculateurs de se faire passer pour "des entrepreneurs qui ont une idée à faire valoir" et de se sentir sur-calibrés pour accomplir une mission supérieure de faire valoriser  l'entreprise qu'ils ont ciblées. L'opération de financement par LBO promet aux capital-investisseurs appelés les mezzanines, les seniors ou les juniors, une valorisation financière de l'entreprise avec un rendement attendu de 25%. L'entreprise est devenue une saucisse à vendre qui ne cesse de se rallonger, mais pas à cause de son contenu, mais à cause du bavardage autour de sa valeur qu'elle prétend avoir. Une entreprise n'est plus une entreprise. Le LBO offre d'abord aux capital-investisseurs l'accès instantané à leur profit avec une fraction minimale de mise de fonds propres et avec le rachat ultérieur de leur dette d'acquisition à effet de levier avec les moyens dégagés par la mise au chômage massif pour réduire les coûts de fonctionnement, par l'appauvrissement des salariés et des populations dans des Pactes de Compétitivité imposés par chantage. Et en dernier ressort les dettes des LBO seront recapitalisées par les contribuables et les budgets nationaux qui nationalisent d'une manière ou d'une autre les toxiques alors que les dettes des LBO étaient déjà défiscalisées cumulativement à hauteur de l'impôt sur les sociétés, de l'intérêt de l'emprunt et de la distribution de dividendes sans imposition.

Lofoten-09.jpgLe levier fiscal est le pilier de la rentabilité des LBO et la "libre entreprise" est donc largement payée par les contribuables avant et après les faillites. L'industrie du LBO est un paradis fiscal et une niche fiscale institués dans le périmètre du pays par le législateur au seul bénéfice des capital-investisseurs. Cette décomposition du signifiant "esprit d'entreprise" se fait de manière tout autant violente, mais au nom de la "création d'emploi", du "maintien de l'emploi" qui sont de nos jours des signifiants sans contenus. C'est la sublimation de l'esprit d'entreprise. Plus il y a de décroissance ou de récession, plus les acquisitions d'entreprises ou le financement des extensions d'entreprises par LBO mènent inéluctablement à la faillite. Les entrepreneurs ont même créé tout naturellement une holding qui a racheté par LBO leur propre entreprise pour accéder encore plus instantanément au profit et détourner ses actifs. Le LBO est une opération financière à haut risque même en période de croissance et en plus le LBO relègue obligatoirement au second plan les primes et les salaires, la formation des salariés, la Recherche & Développement et les investissements et réduit gravement les possibilités d'autofinancement de l'entreprise... qui doit alors avoir recours à... l'emprunt. Le LBO est comme une acquisition par un hedge fond, mais à domicile. Le LBO offre à l'acquéreur-spéculateur le levier juridique par lequel il s'assure le contrôle d’une entreprise sans avoir besoin de répondre à l’obligation d'en détenir la majorité du capital tout en limitant son engagement financier et en exigeant le maximum du retour sur son investissement. En passant, le capital-investisseur peut même avoir radicalisé son intervention en dépeçant le département R&D de l'entreprise ainsi acquise et avoir organisé le transfert de technologie et l'accaparement de son portefeuille de brevets d'invention et de ses contrats au profit d'une autre entreprise dans laquelle il est lui-même acteur. Le LBO sert à faire remonter un maximum et au plus vite du cash comme une sangsue sur un mammifère. L'objectif pour le repreneur d'une entreprise, quand il ne s'agit pas d'une reprise par le management ou les salariés, étant de céder cette entreprise dès qu'une occasion de plus-value se présente. Or ces occasions ne se présentent plus depuis 2008.

Le LBO est à l'entreprise ce que le Subprime est à l'immobilier, et il semble que 1/4 des émetteurs de LBO feraient faillite en Europe d'ici à 2014/15 où les LBO montés depuis 2008 arriveront à maturité et quand les emprunts faits pour les acquérir arriveront à échéance et qu'il faudra les renouveler. Le LBO est l'égal du financement pyramidal à la Ponzi. Dans les opérations d’une certaine importance la dette des LBO n’est pas portée dans sa totalité par le banquier ou le mezzaneur (capital-investisseur) qui l’a mise en place. Le risque de la dette des LBO est mutualisé, est transformé et blanchi en produit financier titrisé mis sur le marché, soit dans le cadre d’opérations de gré à gré OTC - Over The Counter extra-bilancielles, soit à travers la constitution de véhicules ad hoc, les SPV. A cause du financement extrabilanciel des LBO, le législateur et les instruments de statistique nationale ne peuvent pas évaluer la situation réelle de l'endettement des entreprises par rapport à leur résultat et le PIB d'un État est ici aussi un PIB fictif, furtif et d'initié qui ne permet pas au gouvernement d'avoir une politique économique réaliste et sérieuse ni une politique fiscale d'impôt sur les sociétés. PIB ne veut pas dire PIB. En un mot, on ne sait pas ce qui se trafique dans une économie nationale, mais ce genre d'entrepreneurs vous traiterons de communiste si vous réclamez un contrôle et une réglementation. Le signifiant "communiste" est toujours aussi bon-marché et soulage celui qui s'en sert comme réprimande. Pourtant, le LBO n'a rien à voir avec un management durable de l'entreprise mais est une manœuvre d’optimisation financière sans logique industrielle qui passe par la spéculation à court terme, de 5 ans environ, et les banques et les fonds d'investissement ont poussé à ce système d'endettement et ont obtenu des banques centrales les liquidités pour permettre aux spéculateurs d'assouvir leur haut risque spéculatif. A tous les niveaux, les banques centrales n'ont pas exercé de contrôle ou de réglementation sur les banques et actuellement les dettes d'acquisition des LBO ne sont plus recapitalisées par les banques dont le seul motif d'existence depuis 2008 et de se recapitaliser elles-mêmes. Les banques sont coupables de n'avoir pas voulu constater les insuffisances d'actifs des entreprises rachetées par LBO et de leur avoir accordé un soutien abusif qui les a conduites à la faillite. Le Législateur et les Pouvoirs Publics de notre "État de Droit" sont coupables d'avoir accordé en métropole aux capital-spéculateurs le privilège de la niche fiscale de la défiscalisations sur les LBO. Un État de Droit n'est pas un État de Droit. L'objectif de la création des LBO n'a souvent pas été de développer l'entreprise, mais de détourner ses actifs. Et comme pour les CDS-square, les CDS sur des CDS, le milieu financier a amplifié la financiarisation de l'entreprise avec des LBO sur des LBO appelés LBO-secondaires. Le LBO est le détournement de la quasi-totalité de la création de valeur économique de l'entreprise vers les apporteurs de fonds propres qui la mettent en pression de façon disproportionnée et abusive face à son résultat. Le LBO est une diminution et même une destruction de fonds propres de l’entreprise qui sont remplacés par des prêts, qui deviennent des toxiques en période de décroissance ou de récession. En réalité les hedge fonds ou les LBO ont généré la décroissance économique en rendant les groupes industriels, les PME et les TPE incapables de résister sur les marchés et à la concurrence internationale. La BEI - Banque Européenne d'Investissement se pose à haute voix la question, si elle va lancer avant 2015 une opération similaire aux opérations "Grosse Bertha" et "Bazooka" en direction de ces entreprises pour leur racheter leur m****, leurs produits financiers titrisés sur les LBO, autrement dit, si elle va procéder au bail-out des entreprises qui ont détourné leurs actifs sociaux dans ces opérations de financiarisation par LBO. La BEI va donc aussi dévoyer le keynésianisme bien que sur son portail elle affiche ceci: "La BEI accroît son soutien à l'innovation et au renforcement des compétences, des domaines cruciaux pour la croissance à long terme dans l'UE." Avec l'appui des austérologues de la Commission de Bruxelles et des gouvernements, les capital-investisseurs comptent aussi se refaire une santé sur les dos des Travailleurs en leur imposant des Accords de Compétitivité, le TSCG et la Règle d'Or. Vous avez vu comme les médias français et le gouvernement affilié font de la lèche au Travailleur pendant ce mois de mai 2013 avec tous les ponts en nous affirmant que "non, ce ne sont pas les jours fériés qui vont mener à la baisse de la croissance, ils ne coûteront que 0,1% du PIB, et c'est très bien de faire du tourisme, c'est bon pour l'économie". Un tel ton démontre que l'implosion est imminente.

Mais comme ces accords du Pacte de Compétitivité et la Règle d'Or ne suffisent pas à ramener la santé aux entreprises qui se sont rendues elles-mêmes malades, le gouvernement français a par exemple mis en place les mini-injections keynésiennes du plan CICE - Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi du gouvernement français pour soutenir "la culture du risque" des entrepreneurs selon Jean-Marc Ayrault, 1er Ministre PS du Gouvernement Hollande épris du corpus libéral. Ces mini-injections keynésiennes sont plus destinées à recapitaliser et rééchelonner les dettes des entreprises plutôt que de lancer de nouveaux projets économiques à caractère social et environnemental. Le gouvernement et l'État français se substituent aux banques pour faire un bail-out des entreprises qui sont les premières à critiquer les contributions patronales et les allocations chômage, alors que le taux d'impôt sur les sociétés est passé en 20 ans de 50% à 33% et même jusqu'à 15% pour les PME, ou même à 0% pour les groupes internationaux, sans reparler de la défiscalisation des LBO. En ce moment on entend aussi que "le management français est très prisé à l'international". On oublie de préciser que les français sont N°1 des LBO en Europe, ce qui n'a rien à voir avec une politique d'entreprise mais avec leur financiarisation.

Lofoten-08.jpgL'actuel dévoiement du keynésianisme pour recapitaliser les banques a permis le plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique. Les révisionnistes de Bruxelles font passer les "injections keynésiennes" à l'image des "Grands Travaux" de la Tennessee Valley pour des objets de la risée et du mépris médiatique. Les "Grands Travaux" annoncés en 2009 par le président français alors en poste pour relancer l'économie sont oubliés au profit de ce qui est appelé le sauvetage des banques. Ce néo-keynésianisme est du communisme sélectif monétaire de l’État Providence Bancaire. A cause de la création d'une bulle sur la bulle, j'ai été le seul et dès août 2009 à avoir identifié la 3ème crise des subprimes, celle que j'ai appelée la Bulle Obama-FHA et la 2ème vague de faillite des banques. Ce qui est chic, comme nous sommes dans un état permanent de crise depuis 2006 et demi, la crise des banques peut toujours se permettre de se faire oublier son nom, il reste en nous un malaise collectif que nous associons avec notre cancer éventuel que nous redoutons tous ou avec notre péché originel que nous contournons tous de manière active ou passive. Nous vivons tous depuis l'année-Lehman 2008 avec notre i-ration de sommeil et nous nous dirigeons tous vers une fatigue jusqu'à l'effondrement sociétal. Vous pouvez approfondir votre compréhension de ma phénoménologie active dans mon billet précédent.

Si vous cherchez sur Google Déclaration de la Crise des Subprime mon site est en A1 sur 1.070.000 résultats. Il est aussi le seul car j'ai inventé ce signifiant; personne n'a compris que ladite crise est une guerre civile planétaire, ne parlons même plus d'une lutte des classes. C'est pareil pour titrinogène, alors que c'est la maladie du siècle de l'économie issue des Dividendes de la Paix de 1989: externaliser le risque de la dette, mutualiser la dette, titriser la dette, blanchir la dette en un objet financier, et comme l'économie réelle n'est pas prévue pour rapporter ce retour sur investissement, multi-mutualiser la dette devenue des toxiques, titriser les toxiques, blanchir les toxiques en un objet financier et faire racheter les toxiques par le contribuable, blanchir les toxiques devenus des Bons du Trésor et faire rembourser les toxiques d’État par deux générations futures. Les toxiques ont été rachetés depuis 2008 et jusqu'à présent directement par les gouvernements, ou par le FESF - Fonds Européen de Stabilité Financière conjointement avec le MES - Mécanisme Européen de Stabilité dans le cadre du Pacte budgétaire européen. Le nouveau MES - Mécanisme Européen de Sécurité pourra bientôt même renflouer rétroactivement et directement les banques (retroactive bailout), mais le renflouement avec les moyens publics n'est toujours pas exclu... Autrefois on disait "privatiser les bénéfices et nationaliser les dettes", mais à la fin des années 80' et avec les Autoroutes de l'Information il manquait la dimension séculaire. Pour parvenir au pouvoir ou pour y demeurer avec assurance, il fallait décomposer ce signifiant, et mettre en avant l'audace économique de celui à qui tout est permis librement parce qu'on voulait bien lui reconnaitre, à lui l'acteur global libéré du temps, la force de faire du futur et de la croissance sa créature. De toute façon, la Réforme Européenne tonitruante sur la Structure des Banques n'entrera en vigueur qu'en 2018, soit 10 ans après l'année-Lehman 2008 et une décade perdue pendant laquelle aucune réforme sur le contrôle et la règlementation des banques n'a été appliquée.

Revenons au désaveu du principe de Kenneth Rogoff. Quelle est la lecture qu'il faut avoir de la contre-analyse économique face au principe de Rogoff du plafond de 90% de la dette publique à ne pas dépasser? Que la dette publique c'est chic et qu'il faut en faire davantage. Mais ce ne sera toujours pas pour lancer de grands travaux structurels dans l'économie réelle pour faire un tremplin à la relance économique naturelle. Les banques étant encore plus en faillite technique qu'en 2008 à cause de la politique dite de sauvetage des banques, le bail-out, il faudra encore plus leur racheter leurs toxiques d'avant 2008 et ceux qu'elles ont créés et vendus sur les marchés financiers depuis 2008 au lieu de soutenir l'industrie et les PME, donc le Travail et les activités. Avec ce transfert sélectif et massif des liquidités au profit des banques depuis 2008, nous vivons une période extrêmement violente, mais ce n'est pas un contenu de conscience ni un vécu collectif. C'est la sublimation de la démocratie. Pour sortir de leur comptabilité et donc "multimutualiser" leurs dettes, les banques ont blanchi leurs anciens CDS/CDO toxiques et ont inventé et vendu des CDS-square ou même des CDS-cube, c'est à dire des CDS sur des CDS, ou des CDS sur des CDS sur des CDS. La première fois que je vous ai exposé les CDS-square est le 10 janvier 2009. Pour plus d'amples explications faites la recherche interne sur mon site en cliquant square qui apparaitra en surbrillance dans tous les billets qui contiennent ce mot et faites défiler un à un tous les billets apparus. La dette publique a donc explosé à partir de 2008 très précisément, et lors de cette année-Lehman 2008 les économies ne se trouvaient pas encore en récession, il n'y avait donc pas un effondrement des recettes fiscales. L'explosion de la dette publique est due au grand bail out des banques too big to fail au détriment de chacun d'entre nous et de nos enfants qui dans un vrai Welfare State, un vrai État Providence, étions des too little to fail. L'explosion de la dette publique est due à la défiscalisation des LBO qui est pour l’État une privations des recettes fiscales. L’État se rend volontairement pauvre au bénéfice des spéculateurs. Par notre attitude irresponsable lors de tous les rdvz électoraux depuis 2008 nous avons accepté la faillite personnelle de nous tous, les petits. Dans le bruitage des signifiants, "récession" n'a pas le droit d'être prononcé, pourtant il n'y a pas de reprise économique. Pour donner l'illusion de la croissance tentée de revenir il y a la facilitation quantitative, la planche à billets qui permet de remplacer dans les banques les toxiques par des liquidités payées et avancées par les contribuables. Il ne fait pas non plus partie du vécu collectif et du contenu de conscience, que nous vivons depuis 2008 une Guerre des facilitations quantitatives, mais vous pouvez chercher sur Google les compléments d'information. Ladite Crise a déjà duré plus longtemps que la 2ème guerre mondiale.

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Comme les chinois qui ont éliminé pour leurs résidents quelques mots embarrassants des recherches sur Google, les américains poursuivent le glissement des signes et la décomposition des signifiants en ayant changé hier, le 22 avril 2013, la méthode de calcul du PIB. Il s'agit pour les USA de faire croire que la relance économique naturelle est de retour et en plus vigoureuse, que les USA disposent encore d'une bonne marge de manœuvre face à leur plafond d'endettement, et surtout que le pays est loin d'être en récession ou en déclin. Les normes utilisées depuis des décennies dans la comptabilité nationale américaine ont été modifiées hier et les USA intègrent dans le calcul du PIB depuis hier comme actifs les dépenses Recherche & Développement. En une nuit les USA ont gagné 3% de croissance du PIB. En ajoutant ces 3% au désaveu de la barrière ultime de l'augmentation de l'endettement de Kenneth Rogoff, les USA ont éliminé le blocage du bavardage entre le Sénat, le Congrès et Obama au sujet du fiscal cliff. Depuis 2008 je vous entretiens au sujet du cow-boy de papier. Cow-boy de papier aussi n'est pas encore un vécu de conscience collectif, parce qu'il n'est pas encore devenu un signifiant qui vous aura signifié que les USA sont en faillite. Les USA pensent toujours maintenir leur pouvoir dominant sur la scène des États et dictent le contenu du dictionnaire, et l'Europe atlantiste de Bruxelles est trop heureuse de ne pas avoir à être inventive, elle a tellement peur d'exister. Pour installer son autorité pédagogique, Rogoff avait oublié dans son tableau Excel les 5 pays au début de l'alphabet. Avec le nouveau paramètre comptable, les USA vont chercher leur grandeur dans le passé et recalculer leur PIB jusqu'à 1929. PIB ne veut plus dire PIB. Mais une crise spéculative reste une crise spéculative et toute décomposition de signifiants depuis Bartholomäus Welser, financier et escroc des Habsbourg, 1484-1561, n'y changera jamais rien.

Dette publique ne signifie pas dette publique.


(Photos: été 2012, à vélo de Helsinki aux Îles Lofoten)

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4 commentaires

13 février 2013

Comble de la défaisance: la BCE autorise l'Irlande à rembourser sa dette de l'Anglo Irish Bank de 2038 jusqu'à 2053

cantillon_musee_bruxellois_biere_028.JPGSi vous cherchez sur Google histoire ou historique de la privatisation mon site est en A1 sur 1.760.000 résultats depuis 2009. Si vous cherchez sur Google pas de reprise économique mon site est en A1 sur 17.9000 résultats depuis 2009.

Dans ce nouvel article je refais de la paléontologie financière et je montre comme toujours que même un spectateur dolent est un citoyen responsable de son environnement. Seul Robinson n'est responsable que de son assiette. Dans ladite Crise, il n'y a ni victimes, ni tyran, mais il y a un tissu sans trous de co-responsables, tous citoyens. Ma paléontologie financière n'est pas issue d'une fascination de la chute, mais du langage par lequel nous nous sommes conduits à cette chute et avec lequel nous bavardons maintenant sur sa remédiation sans pour autant observer que ce langage relève du passé et qu'en ayant Occupied the WordS nous pourrions inventer maintenant. Le bavardage sur la crise est destiné à amplifier le glissement de signes et la décomposition des signifiants. Bavarder permet de ne pas savoir mais en ce moment de cultiver son animal spirit. Le langage n'est pas une barrière à l'humanité mais dans la narration de la Globalisation nous nous sommes crus être devenus des hommes augmentés et finalement des finorgs, des couplages entre organisme et finance qui ne peuvent que s'enrichir dans des packages all inclusive, d'où la chute en désuétude des syndicats puisqu'on a voulu croire que sans eux on s'enrichit mieux et que l'on surpasse les "acquis" sans lutte, ce qui est classe. Dans la narration de la Crise nous ne nous rendons pas compte que nous devenons en plus des hommes simplifiés et appauvris. Pendant que nous sommes massivement appauvris et que la dette publique a explosé depuis 2008 au milieu de ce bavardage sur ladite Crise, nous ne savons pas que la bulle échoïque à la bourse, alimentée par la guerre des facilitations quantitatives comme la Grosse Bertha ou le Bazooka en Europe et TARP, TALF, PPIP, QE1, QE2 et QE3 aux USA, a par exemple restitué aux USA 11.000 milliards d'actifs aux 10% d'américains les plus riches. Cette bulle échoïque boursière est la plus longue depuis 1928. L'addiction aux facilitations quantitatives prendra fin et le meltdown sera d'autant plus douloureux que les économies sont en récession depuis 2008 pendant que dans le même temps les banques se sont encore plus enfoncées dans la faillite technique tout en multipliant les produits financiers dérivés. Depuis 2008 j'écris sur mon site que toute l'économie mondiale est une économie pyramidale Ponzi. Suis-je de gauche en affirmant ceci? Les crétins le pensent, surtout s'ils sont diplômés.

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Le dérapage des signes et la décomposition des signifiants est un art humain de la prise ou du maintien du pouvoir. Il y a quelques semaines on nous avait fait croire que le FMI "s'était trompé dans ses calculs". Aujourd'hui on nous apprend que l’économiste américain Kenneth Rogoff avait fait une erreur dans son tableau Excel et avait maquillé son analyse sur le seuil des 90% de l'endettement d'un État comme barrière à la croissance. Le principe de Rogoff est la moelle du FMI et de sa politique d'austérité et de privatisation. Aujourd'hui ce sont de nouveau des économistes américains qui dénoncent l'analyse de Rogoff. On les traite déjà "d'économistes de gauche" aux USA. Le calendrier de cette annonce n'est pas un hasard pour la simple raison que la Constitution américaine interdit aux USA de dépasser ce seuil d'endettement et que le Congrès, le Sénat et Obama sont paralysés dans le débat du "Fiscal Cliff" de la rallonge budgétaire. Le consensus politique faisant défaut on fait craquer le signifiant des 90%. Et comme des pays de la Région Europe comme la France sont entrain de dépasser le seuil des 90% d'endettement par rapport au PIB, la bande passante des médias va un peu quitter le thème divertissant du Mariage pour tous, et la gauche croyant que ses principes sont reconnus va amplifier le son, car il est plus facile de s'engager dans une certaine idée de croissance que de combattre les éléments de décroissance. La gauche adore positiver et croit que dénoncer n'est pas un acte d'engagement positif. Dénoncer n'est pas flatteur, mais comme pour moi dénoncer est une manifestation énorme de foi en l'avenir. L'entourage me traite de "rouge" ou de "communiste" quand je dénonce. Cet entourage est l'homme du passé qui s'accroche à des signifiants qu'il croit avoir compris. On nous raconte aussi depuis la Déclaration de la Crise des Subprime qui remonte à 2007 mais dont on voit le démarrage dès juillet 2006, que "The Time is Different" pour vous expliquer que "cette fois-ci ladite crise ne ressemble à aucune autre", ce qui permet aux gouvernants et aux G4, G8, G20 et à la Commission de Bxl de faire semblant d'imaginer une autre stratégie de remédiation en rachetant par milliers de milliards les actifs pourris des banques et en vous racontant que le keynésianisme du New Deal qui a versé des milliers de milliards dans la relève des USA avec le New Deal avait été une fausse politique. Comme je l'écris depuis 5 ans nous subissons le dévoiement du keynésianisme avec la recapitalisation directe de la faillite collective d'un modèle de société issu de la criminalité en banques organisées, de la libre circulation des capitaux, du shadow banking et des produits financiers dérivés. Depuis Bartholomäus Welser ou depuis la Crise des Tulipes une crise spéculative reste une crise spéculative. Les financiers et les petits rats qui croient à l'humanisme automatique de l'enrichissement sans cause et sans labeur n'ont qu'une bille en tête, celle de se donner le Droit de cacher leur risque, leur moral hazard, leurs toxiques et leur toxicité qu'ils font même passer pour de "l'esprit d'entreprise". On a même fait passer depuis 2008 le moral hazard comme une séquence normale de notre ADN sans quoi la vie même est impensable et impossible Ce dévoiement du keynésianisme a permis le plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique. Les révisionnistes de Bruxelles font passer les "injections keynésiennes" à l'image des "Grands Travaux" de la Tennessee Valley pour des objets de la risée et du mépris médiatique. Les "Grands Travaux" annoncés en 2009 par le président français alors en poste pour relancer l'économie sont oubliés au profit de ce qui est appelé le sauvetage des banques. Ce néo-keynésianisme est du communisme sélectif monétaire de l’État Providence Bancaire. A cause de la création d'une bulle sur la bulle, j'ai été le seul et dès août 2009 à avoir identifié la 3ème crise des subprime celle que j'ai appelée la Bulle Obama-FHA. et la 2ème vague de faillite des banques. Ce qui est chic, comme nous sommes dans un état permanent de crise depuis 2006 et demi, la crise des banques peut toujours se permettre de se faire oublier son nom, il reste en nous un malaise collectif que nous associons avec notre cancer éventuel que nous redoutons tous ou avec notre péché originel que nous contournons tous de manière active ou passive. Nous vivons tous depuis l'année-Lehman 2008 avec notre i-ration de sommeil et nous nous dirigeons tous vers une fatigue jusqu'à l'effondrement sociétal.

cantillon_musee_bruxellois_biere_029.JPGNous devons devenir conscients que nous faisons l'Histoire et que nous pouvons savoir quelle Histoire nous faisons. Avec le regard sur les mots il faut passer par cette prise de conscience et par la description au cathéter de ce qui nous arrive pour construire autre chose, sinon nous ne refaisons qu'une anastylose de notre ruine commune. Les économies nationales occidentales sont devenues des portefeuilles de dettes à effet de levier (LBO / Ponzi) et ce ne seront que le budget national et les contribuables nationaux et européens, comme pour Chypre le Tigre olympique, qui vont financer la défaisance de ces dettes "en souffrance" des banques en les capitalisant toutes sans avoir le moindre retour sur investissement et en léguant ces dettes à deux générations futures. Si vous cherchez sur Google europe providence bancaire mon site est en A1, A2, A3, A4 et A5 sur 13.000.000 de résultats. J'ai inventé ce signifiant. "Europe providence Bancaire" reste un impensé collectif qui n'a pas d'existence topographique mais qui est une lacune dans le contenu de conscience des peuples, un grave vécu collectif situé quelque part sous la semelle. Un ami qui a peur du rouge, m'a encore traité de rouge récemment. Suis-je rouge, parce que je pense "europe providence bancaire"? Pour "état providence bancaire" c'est la même chose. Un de mes anciens étudiants de Bruxelles, diplômé d'une Grande École de Management, m'a dit que je suis "idéaliste et qu'il ne faut pas vouloir espérer faire avancer à grands pas les choses, sinon c'est du communisme. Il faut s'inscrire dans les partis et faire petit à petit bouger les choses de l'intérieur". Cet ami ne se rend pas compte qu'à très grands pas les choses ont évolué depuis l'année-Lehman 2008 très gravement au détriment des populations, des contribuables et des vraies économies productives avec tous ces milliers de milliards qui ont été déversés sur les banques pour leur racheter leurs toxic assets issus de leur spéculation et de la circulation toute libre des capitaux. Avec l'aide des banques centrales la bulle des dérivés financiers est passée de 60.000 milliards à 70.000 milliards de 2008 à 2012. A grand pas cette extrême violence est déversée sur les pays par nos gouvernants, le G4, le G8, le G20, le FMI/ESM qui ne réforment pas les banques universelles, le shadow banking, les oasis fiscaux de blanchiment et d'évitement des lois et règlements. Par nos gouvernements?

Vous pouvez passer ce §-ci, le Cimbre va partir en vrille dans les 3 prochaines phrases avec son idée des frères-bessons. Il n'y a plus besoin de sniper ni de soulèvement des peuples parce que chaque personne incarne sans clivage maître et esclave. Cette socialisation sédative de l'individu est passée par l'assimilation de la norme du contenu de conscience et du comportement. Un énervement contre cette norme est l'extinction de cette noire gémellité qui nous habite et personne ne veut administrer sa propre disparition. Dominique Roth parle de la tyrannie de la norme de l'ordre marchand. Cette vision est naïve, un tyran appelle toujours le soulèvement. Le blocage par le tyran n'est que provisoire, mais la gémellité ne s'efface pas. La norme du progrès apporté par la science, l'industrie et la "libre circulation des marchés" de l'ordolibéralisme n'est pas une information tyrannique. J'en veux pour preuve l'absence de soulèvement qui a accompagné la mise en place du Traité de Lisbonne et depuis 2008 du sauvetage des banques avec les violations permanentes des statuts de la BCE et des Directives Européennes. Comme si l’État Providence et l'homme n'étaient pas à sauver. Mais nous laissons aussi passer "la Règle d'or du Pacte de compétitivité du TSCG" et les plans d'austérité. Une autre offre politique, inventive, parlementaire et démocratique existe clairement depuis les débats sur le TCE - Traité Constitutionnel Européen mais les frères-bessons ne l'intègrent pas et n'en font pas un nouveau contenu de conscience et un retour à la solidarité. Il n'y a pas de tyrannie de la norme mais une énorme lâcheté qui nous habite. L'homme est responsable de son destin sous Hitler, sous Staline comme avec la Déclaration de la Crise des Subprimes qui marque l'enracinement de la sédation létale avec laquelle nous avons perdu plus de deux décades. Quand nous avons cassé notre jouet nous sommes plus faible qu'un enfant et pour ne pas expurger notre noire gémellité qui nous habite, nous nous exprimons avec le kicking the can down the road et donnons le coup de pieds dans la dose de soda pour la faire rouler le long de notre route qui plonge. Reconnaître d'avoir été dans l'erreur est perçu comme passer du paraître au disparaître.

Rien ne peut abroger la responsabilité, il suffit d'utiliser la démocratie qui est à libre disposition du citoyen. Être au faîte de notre conscience et de notre civisme ne nuit pas à la santé et nous détournerait du keeping up with the joneses. Reconnaître d'avoir été dans l'erreur, c'est comme le joueur de loto qui avoue avoir dépensé son énergie à se déproduire depuis des décennies. Au Sommet de l'Euro à Chypre, Wolfgang Schäuble, Ministre des finances allemand et CDU, n'a pas non plus reconnu avec son homologue irlandais avoir été dans l'erreur. Il a donné le kick décisif au comble de la défaisance qui est l'appoggiature de "la destruction par les marchés" et de la faillite en banques organisées léguée à la dette publique conformément aux décisions d'Athènes de 2009. La Crise n'est pas un spectacle de Sprechgesang, elle est un envasement social dans l'oubli collectif de la démocratie. L'assimilation de la norme, ce pacte de sédativité, prend corps depuis la globalisation des années 80.

Pour fournir une norme apaisante, l'Irlande avait été privilégiée pendant 10 ans par Bruxelles, les Commissions et les Fonds structurels européens pour mettre en œuvre la politique libérale de la privatisation de tout et de plus encore. L'Irlande avait été adorée dans les années 2000 comme le "Tigre Celtique". Proportionnellement au nombre d'habitants et grâce à ses lobbies surdoués, et grâce aux lobbies financiers l'Irlande a été le pays qui a touché le plus de Fonds structurels européens, ce qui s'était encore renforcé pour lui faire adopter le "Yes" au référendum repetita pour adopter le Traité de Lisbonne, le Traité Simplifié modificatif (TSE / TCE). Depuis l'automne 2008, l'Irlande avait été encensée par Bxl, les marchés financiers et les agences de notation pour avoir été le premier pays à mettre en œuvre les plans d'austérité, les réductions de salaires, etc. Tous les modèles irlandais ont échoué, ceux de la croissance, de la concurrence déloyale face au continent européen et avec ses multiples opting-out et autres exemptions, et maintenant avec sa très lourde politique d'austérité et du pacte de compétitivité qui plonge encore plus toute la population dans la récession et la misère. L'Irlande est en banqueroute d'État et redevient depuis 2010 un pays d'émigration comme lors de la Potatoe Famine au XIXème siècle. Pour l'Irlande, il existe l'assurance-vie du Fonds Européen de Stabilité Financière - FESF pour sauver les banques, et une fois de plus c'est l'Europe, les européens et les budgets nationaux qui paieront les dettes, que l'on n'appelle pas "dette publique" mais avec lesquelles on puni le citoyen et le Travailleur.

Anglo Irish Bank, la troisième banque de l'Irlande déjà entièrement nationalisée en janvier 2009, avait annoncé en mars 2010 la plus grande perte d'une entreprise de toute l'histoire du pays. Nous passions d'un superlatif à l'autre depuis le 15 IX 2009 avec la faillite de la Lehman Brothers. AIG a été la plus grosse faillite des USA et de l'histoire de l'humanité. La faillite de la Bank of Scotland a été la plus grande faillite de l'histoire du Royaume-Uni. Il était passé totalement inaperçu, le 30 mars 2010, que l'Irlande ne parvenait toujours pas à sortir de sa banqueroute d'État dans laquelle elle se trouve depuis 2008. Le Ministre des Finances irlandais, Brian Lenihan, avait créé pour l'Irlande la Bad Bank, un fonds de défaisance pour nettoyer les bilans, et avait racheté 81 milliards d'euros d'actifs en souffrance aux banques Allied Irish Banks Plc, puis Bank of Ireland Plc et à Anglo Irish Bank Corp. Ces actifs pourris étaient déposés dans la bad bank irlandaise Nama - National Asset Management Agency (en irlandais: Gníomhaireacht Náisiúnta um Bainistíocht Sócmhainní).

cantillon_musee_bruxellois_biere_030.JPGLe bail-out irlandais de 2010 avait doublé le déficit budgétaire de l'Irlande. En 2010 j'écrivais que ces rachats des créances pourries en Irlande, appelé swapping asset for cash sont à présent une pratique grossière, courante et répétée... aussi longtemps que la population est d'accord que l'État Providence bancaire éponge les dettes issues de la criminalité financière du système Ponzi généralisé (voir mon article du 6 mars 2009). Nous avons tellement l'habitude de ces signes intérieurs et extérieurs de faillite des banques et des États que la décision du gouvernement irlandais passe inaperçue. Elle est cachée des grands médias parce que nous en sommes toujours au schéma habituel de la socialisation des dettes et de la privatisation des bénéfices. Les obligations souveraines irlandaises et les CDS (swaps sur la défaillance des crédits) émis sur ces obligations ne sont pourtant pas la proie des spéculateurs internationaux qui épargnent pour l'instant les têtes de files du modèle anglo-saxon comme l'Irlande, le Royaume-Uni et les USA. A leur chute, le modèle capitaliste et Ponzi aura vécu. Le parti gouvernemental irlandais, Fianna Fáil ("Soldats du destin") avait travaillé en étroite collaboration avec la branche immobilière et est l'un des grands responsables de l'éclatement de la bulle des crédits hypothécaires pourris en Irlande. De nombreux politiciens du Fianna Fáil ont touché pendant la période du miracle économique du "Tigre Celtique" des pots-de-vin pour qu'ils transforment les terrains agricoles, les vases, les marécages et les zones inondables en terrains à bâtir. Le contrôle démocratique n'a pas fait son travail et a fermé l’œil. Nous disposerons toujours de noms, de noms de personnes actives dans la compromission locale ou universelle, de noms comme Bernie Madoff, mais il faudrait révéler la banque de données comportant le nom de tous ces électeurs actifs et passifs qui se sont tout autant baignés et abreuvés de compromission universelle en cautionnant ou en ne s'opposant pas à un modèle de société défini dans le Grand Livre du Traité Modificatif Européen, du Traité de Lisbonne, ou du Consensus de Bruxelles et du Consensus de Washington. Pour ma part je suis nonniste pro-européen, et tout ce qui nous arrive je l'avais prévu, dit, publié sur internet depuis 2006 et enseigné depuis 1989, 1993 avec l'arrivée de Windows 92 en DUT, DESS, Master 2 et Master Grande École. Le franc-parler exige alors de soi d'être professionnellement quasi excellent et nuit toujours gravement à ce que l'on appelle "carrière". Être soi nuit gravement à la santé et je ne le souhaite à personne pour rien au monde car c'est un état qui ne se partage pas. Le franc-parlé argumenté exige une énorme dépense d'énergie quand on "prêche dans le vide", mais au moins je ne serais pas un de ces chypriotes ou irlandais ulcérés qui avaient adhéré à un modèle d'économie et de société en s'imaginant que l'humanisme automatique allait arroser tout le monde de richesses gratuitement, sans cause et sans efforts. L'activité bancaire du Tigre olympique, Chypre, représentait 720% de son activité industrielle, commerciale et de service avec la pratique totale de la concurrence déloyale du dumping fiscal. Tous les chypriotes ont profité de ce modèle de société de la finance et de l'immobilier macrocéphales, comme les Irlandais, les Islandais, etc. L'activité bancaire de l'Allemagne dépasse de 310% son activité industrielle, commerciale et de service, donc son PIB. Dans la Deutsche Bank, il n'y a que 4% des flux qui ne sont pas à but spéculatif. La Deutsche Bank n'est en réalité qu'une banque de façade qui est la filiale de son propre hedge-fonds DWS qu'elle a propulsé et qui vit essentiellement du shadow banking, donc des opérations extra-bilancielles OTC - Over-The-Counter, des CDO, des CDS que le législateur, les régulateurs et les Directives Européennes MiFID et MiFID2 ont aménagées spécialement. Seulement 4% des opérations de la Deutsche Bank sont des opérations bancaires "traditionnelles", 96% passent par son hedge fonds pour alimenter la spéculation financière sans objet économique et industriel. Il faudrait expulser de la Zone-Euro les oasis fiscaux qui ont blanchi l'argent sale et triché comme Chypre, bien sûr comme le Luxembourg, la Deutsche Bank, le Crédit Agrcicole, BNP CE, la Société Générale, etc. La Grèce avait triché et falsifié ses comptes avant l'adhésion à l'Euro, et c'était connu de tous. Le modèle économique du blanchiment de l'argent sale de Chypre était connu de tous avant son adhésion à l'Euro, mais la liberté de circulation des capitaux était tellement fascinante. Pour le Luxembourg la proportion des activités financières est de ... 2100% par rapport au PIB du pays, pour le Royaume-Uni c'est 600%. Tous ces pays se sont imaginés s'enrichir en passant le peigne à brimbelles sur les pays voisins.

Lors de la période dorée de la croyance aux forces miraculeuses du capitalisme financier, la Commission de Bruxelles mandatée par les pays membres de l'Union Européenne et par les pays adhérents de la Zone-Euro avait totalement dérégulé et libéralisé à partir du 1er novembre 2007 le commerce des produits financiers avec la Directive MiFID de 2004 sur les Marchés d'instruments financiers et services d'investissement (Markets in Financial Instruments Directive). C'était sous l'impulsion du Commissaire Européen à la Concurrence, au Marché Intérieur et aux Services dans la Commission Barosso 1 qu'a été rédigée et imposée la Directive MiFID ou MIF - Marché d'Intermédiaires Financiers. Le Commissaire à la Concurrence est le seul Commissaire qui ne doit pas rendre des comptes, c'est un Super-Commissaire, un archevêque du marché intérieur européen. McCreevy a été Commissaire à la Concurrence de 2004 à 2010, et n'avait pas une interprétation toute personnelle de la circulation des biens et des services et des capitaux et des Travailleurs dans la Région Europe, ni de la Concurrence-libre-et-non-faussée, il appliquait avec le zèle atlantiste les commandements néo-libéraux de l'École de Chicago et du Consensus de Washington. McCreevy a été choisi par Barosso pour son savoir faire dans le Tout-par-le-marché, le market drive. Depuis 1992, il avait occupé différents postes en Irlande dans les gouvernements comme ceux de ministre des Affaires sociales, ministre du Tourisme et du Commerce et ministre des Finances. McCreevy avait déjà comme ministre irlandais organisé la concurrence déloyale avec sa politique de dumping social, de déréglementation et de dumping fiscal en abaissant le taux d'imposition des bénéfices des sociétés de 50% à 12% pour forcer les délocalisations vers son pays. L'Irlande s'était érigée comme le "Tigre celtique" avec sa politique de concurrence déloyale dirigée contre les autres pays européens alors que c'était son pays qui avait le plus bénéficié des largesses de la Commission Européenne par rapport au nombre d'habitants. La Commission de Bruxelles avait voulu mettre en avant le modèle irlandais pour qu'il soit une source intarissable d'inspiration pour les autres pays de l'Europe. L'Irlande a été le premier Pays membres de l'Union Européenne qui a été en banqueroute d'État et qui a été sauvé par l'Europe avec des centaines de milliards d'euro. L'Irlande a touché bien plus d'aides de sauvetage que la Grèce mais tous les non-repentis de la Concurrence-libre-et-non-faussée continuent à mettre en avant l'Irlande qui était subitement devenue le néo-modèle européen qui avait si rapidement appris à réduire la dette publique. La réalité est que l'Irlande a sombré dans une très grave récession et qu'elle a déjà fait passer 8 (HUIT) plans d'austérité en février 2012 en projetant dans la précarité et la pauvreté financière et structurelle toute sa population. Mais répétons-le, il n'y a pas de tyrannie de la norme ordolibérale, tout le peuple irlandais était fier de se lancer dans des projets immobiliers. Ayant beaucoup voyagé en Irlande en 2006, 2007 et 2008 je me souviens que les continentaux étaient pris pour des bureaucrates européens et demeurés like french socialists. Dans le plus petit des villages j'étais étonné à quel point des bâtisses traditionnelles étaient rasées pour y mettre des parkings en silo, des supérettes en béton, des immeubles à étages. Il existe aujourd'hui 2800 villes fantômes en Irlande qui ne sont que des quartiers entiers faits de ruines immobilières, de maisons inachevées ou inhabitées.

Le Président américain Obama 1, Nobel sans cause de la Paix, est le mariole de Wall Street qui avait dans son Conseil économique à la Maison Blanche des personnes comme Larry Summers qui est celui qui a entrainé tout le Congrès américain à déréglementer tout le système économique et financier américain avec l'abolition de la Loi Glass-Steagall pour laisser librement commercer Wall Street, les banques, les fonds spéculatifs comme ils l'entendent au préjudice de l'équilibre global et des intérêts des populations. En Europe nous avions un homologue à Larry Summers, tout autant envoyé des lobbies, en la personne de McCreevy. Grâce à l'ancien Commissaire Européen au Marché Intérieur, l'irlandais McCreevy, l'Irlande et la Grande-Bretagne jouissent totalement de la liberté de fausser la concurrence et de la rendre déloyale avec les opting out au détriment de tout le continent européen. Deux mois après la tenue du G20 de Washington de novembre 2008, ledit Bretton Woods 2, le Commissaire européen irlandais McCreevy chargé du marché et des services, n'avait pas tenu compte des appels du Parlement européen pour la mise en place d'une régulation couvrant tous les acteurs financiers. L'attitude de McCreevy était contraire aux conclusions du G20 de Washington où l'Europe s'était "engagée à renforcer le régime de réglementation, le régime du contrôle prudentiel, le management du risque et avait assuré de contrôler et de réglementer de la manière la plus appropriée les marchés financiers, les produits financiers, les acteurs du marché financier". McCreevy s'était même accordé l'appui du secteur industriel pour éviter toute réglementation. McCreevy s'était aussi permis, devant l'Association Britannique de Capital Risque, de critiquer violemment, sans la nommer, l'Union Européenne avec ses "régulateurs zélés" et ses "règles aveugles"  ("trigger happy regulators" et "indiscriminate regulations"). Les propos tenus en novembre 2010 par le Commissaire irlandais McCreevy n'avaient rien d'étonnant quand nous connaissons l'attitude naturellement arrogante de l'Irlande et de la Grande-Bretagne qui se sont octroyés en échange de l'adhésion à l'Union Européenne cette panoplie d'opt outs au niveau fiscal et social, avec la complaisance servile des autres États membres adulés de libre circulation de tout et de plus encore. L'Europe a accordé en décembre 2008 un marchandage avec McCreevy en lui demandant de refaire passer en Irlande le référendum en échange d'un octroi d'une série supplémentaire d'opt-outs, comme toujours dans le domaine de la souveraineté fiscale, sociale et du droit du travail. Ces opt-out consacrent la concurrence déloyale et faussée en permettant à l'Irlande, comme à l'Angleterre des avantages concurrentiels déloyaux attirant d'une manière artificielle l'établissement des entreprises du continent européen ou de pays tiers.

cantillon_musee_bruxellois_biere_031.JPGL'Europe n'a pas besoin de craindre le putsch permanent de la finance, elle pressent avec finesse les besoins des banques et du commerce, puisqu'elle n'est qu'une construction catallactique qui se fixe comme objectif la Liberté de circulation des personnes, des biens, des services et la Libre circulation des capitaux. On ne peut parler comme Dominique Roth de la "tyrannie de la norme" et on ne peut reprocher à l'Europe, à McCreevy, à Michel Barnier son successeur, ce qu'ils sont, puisqu'ils sont adossés aux élections européennes, à un Parlement européen élu. Et s'il devait y avoir des NON, NEJ et NO, l'Europe est adossée à des référendums constitutionnels, l'Europe est adossée à la volonté des gouvernements élus dont l'objectif clair et affiché avait été de faire passer par tous les moyens le Traité Européen Simplifié modificatif (TSE / Traité de Lisbonne) à la place du TCE. Les Gouvernements, dont le gouvernement Sarkozy, qui ont fait passer le TSE se sont fondés sur les résolutions du Parlement Européen. Le Parlement Européen est édifié lui-même sur l'activité principale d'organiser des putschs et des dénis de démocratie au profit de ses frères de sang du secteur commercial et financier. Les eurodéputés, UMP et UDF français avaient rejeté avec la Résolution Leinen le résultat du référendum sur la Constitution Européenne (TCE) lors d'un vote le 14 juin 2006 au Parlement de Strasbourg. Les eurodéputés avaient annulé le NON français et le NEJ hollandais par deux votes au Parlement européen avec l'injonction donnée "de faire revoter d'une manière ou d'une autre" le TCE. Le 14 juin 2006, ces euro-députés avaient voté pour une résolution exigeant que la France remette la Constitution européenne "telle quelle sur les rails de la ratification"  dès 2007. De plus, est c'est bien plus arrogant et incroyable encore, ils ont voté "contre" un amendement rappelant la règle de l'unanimité pour la ratification et du respect pour les votes français et néerlandais: Texte officiel du Parlement Européen. Il est d'autant plus grave, qu'au milieu de ladite Crise déclenchée avec la crise des Subprimes de 2008, les euro-électeurs avaient boudé les élections européennes le 7 juin 2009 et avaient offert une majorité écrasante aux partis de droite. C'était le choix seul des électeurs européens d'avoir donné le Parlement Européen à des médiocres, il n'y a toujours pas de "tyrannie de la norme marchande" comme il n'y a pas de victimes du système. L'occasion était de nouveau délibérément perdue par les électeurs que l'Europe fasse autre chose que d'organiser sa normalité d'usage, un marché qui n'est ni libre, ni non faussé et qui détruit l'emploi et les acquis sociaux.

L'Irlande de la rue radicalise régulièrement ses wildcat strikes pour démontrer qu'elle n'accepte pas d'être sauvée par l'Europe et Begg, le Secrétaire général irlandais de la confédération syndicale, compare les conditions liées à l'aide de sauvetage aux conditions du Traité de Versailles imposées à l'Allemagne. Des dizaines de manifestants irlandais se massent devant les bâtiments de la poste à Dublin où "l'Insurrection du lundi de Pâques" avait démarré en 1916 pour parvenir à l'indépendance de la République d'Irlande. La différence avec la guerre civile anglo-irlandaise et qu'à l'époque l'Irlande était rendue exsangue par la Grande Bretagne, alors que ces dernières 20 années, l'Irlande a pompé l'Europe avec ses opting out fiscaux et sociaux. L'Irlande avait importé 1 million de travailleurs pauvres issus des Pays Baltes et de Pologne pour parvenir comme Tigre Celtique à sa prospérité passagère des années 90 et 2000. Pourtant c'est officiel, Bruxelles continue toujours à renoncer à demander à l'Irlande d'aligner son taux d'imposition aux bénéfices des sociétés sur la moyenne européenne et laisse ce pays poursuivre sa concurrence déloyale et faussée avec ses opting-out. En aménageant les opting out pour l'Irlande, le Traité de Lisbonne organise donc toujours la concurrence déloyale et faussée à partir de la violence du dumping social et fiscal britannique et irlandais. Pour les irlandais ces opting-out sont une manière de préserver leur indépendance. Grâce à l'ancien Commissaire Européen au Marché Intérieur, l'irlandais McCreevy, l'Irlande et la Grande-Bretagne jouissent totalement de la liberté de fausser la concurrence et de la rendre déloyale au détriment de tout le continent européen. Ces pays ne sont pas responsables en soi, c'est l'Europe toute entière qui autorise ces opting-out à ses propres Traités et Directives qui est seule responsable. L'Europe n'est pas lâche face à la Grande-Bretagne et à l'Irlande, elle veut adopter délibérément le modèle britannique appelé "Consensus de Bruxelles" sur le continent. 

Le gouvernement irlandais est coupable de la banqueroute frauduleuse. Le numéro de mars 2008 du magazine Vanity Fair avait annoncé l’effondrement des banques irlandaises parce qu’elles ne cessaient d’approvisionner massivement en liquidités les entrepreneurs immobiliers. Ce numéro de Vanity Fair avait été sorti des kiosques à journaux le même jour de sa parution parce que les banques irlandaises avaient menacé de rompre leurs relations d’affaire avec Merill Lynch, la banque d’investissement américaine dont le siège est à Manhattan. Dans la foulée Merill Lynch avait publié un rapport selon lequel „toutes les banques irlandaises enregistraient des profits confortables et étaient bien capitalisées“. Pour ce rapport de 7 pages Merill Lynch avait touché 7 millions d’euros. La banque d’investissement Merill Lynch avait tout intérêt à dresser un bilan élogieux des banques irlandaises puisqu’elle était la banque qui détenait le plus d’obligations irlandaises. Le ministre irlandais des finances, Brian Lenihan, qui connaissait la publication de Vanity Fair, avait offert la garantie de son gouvernement à toutes les banques irlandaises. Le parti du ministre irlandais des finances, Fianna Fáil, était entre cul et chemise avec les banques et l’immobilier. cantillon_musee_bruxellois_biere_034.JPGTout juste avant la garantie offerte aux banques par le gouvernement, Brian Cowen avait joué une partie de golf avec son ami Seán FitzPatrick et avait diné le soir même avec les grands banquiers irlandais au Clubhouse. Seán FitzPatrick, qui était le Ditrecteur de la Anglo Irish Bank, est convaincu de fraude, a été arrêté déjà trois fois et encourt jusqu'à 5 ans de prison ferme. Les investisseurs privés qui avaient acquis des obligations et des titres des banques irlandaises ne s’attendaient pas que le gouvernement irlandais allait sauver totalement leur argent. Ce sauvetage avait été totalement financé par le contribuable irlandais. Mais très vite la garantie du gouvernement irlandais en faveur des banques s’est révélée être un tonneau sans fond. Les banques distillaient jour par jour les annonces typiques du day of reckoning et la garantie gouvernementale augmentait de jour en jour au gré des révélations des chiffres par les banques. Le chiffre de 106 milliards de déficit avait fini par être avoué et il était clair que mathématiquement l’Irlande ne pouvait jamais les rembourser. L’Irlande était bien en banqueroute d’Etat, mais les médias mondiaux préféraient ne pas en parler et faire de la bande passante avec la crise de la Grèce et la Crise de l'Euro qui étaient des victimes aisées et convenables à leurs yeux. L'Irlande qui faisait partie des pays les plus riches du monde était reléguée au rang des pays du tiers monde et sa crédibilité sur les marchés financiers se trouvait même derrière celle de l'Irak. Il était impossible d'annoncer que la réussite de ce Tigre Celtique n'était qu'une chimère et que son PIB n'était qu'un PIB fictif, furtif, un PIB d'initié. Le fleuron de la libre circulation des marchés et des capitaux est bien en banqueroute d’État. Le gouvernement irlandais avait fini par nationaliser la Anglo Irish Bank et l'avait transformée en un pool de défaisance, une bad bank appellée IBRC - Irish Bank Resolution Corporation.

Quel est le destin d'un bad bank sinon de se faire oublier du public au moyen de diverses procédures de techniques comptables toutes frauduleuses. Pour Peugeot - PSA il suffit d'annoncer des "dépréciations d'actifs" de 5 milliards pour cacher que son département finance, PSA Finance a coulé le fabricant d'automobiles. Pour la Société Générale, qui a relocalisé en France à partir de ses 49 filiales off-shore (paradis fiscaux) 100 milliards de produits toxiques, il suffit de concentrer ses pertes dans une filiale domiciliée à Paris - Inter Conseil Europe - IEC - à La Défense qui agrège les "actifs cantonnés". IEC n'a pas de site web... Pour la Deutsche Bank il suffit de resservir les plats en packageant les pertes de sa bad bank en nouveaux produits financiers titrisés CDS/CDO. Pour Dexia qui fait faillite tous les six mois il suffit de se faire recapitaliser par le gouvernement français et les contribuables. En juillet 2011 les banques et Dexia avaient réussi le "Stress-test" européen qui leur attestait une bonne santé financière avec un excellent fonds propre réglementaire. Avec la seconde chute de Dexia, les médias redécouvraient le 3 octobre 2011 "les produits toxiques pourris qui sont toujours cachés dans les banques depuis la crise des subprimes à hauteur de plusieurs centaines de milliards". Et pourtant la banque centrale américaine, la Fed', avait déjà sauvé les banques européennes et françaises à hauteur de plus d'un millier de milliards de $, dont 124 milliards pour la Société Générale, 175 milliards pour BNP Paribas, 105 milliards pour Dexia. Ce n'était pas à cause de l'Euro ni de la Grèce mais à cause de leur trillions d'actifs pourris que les banques cachent dans leurs comptes. Il n'y a pas de crise de l'Euro, il y a la crise des banques. Les banques françaises sont avec la Deutsche Bank les leaders en produits financiers dérivés et donc en produits poubelles (actifs pourris dérivés / CDS/CDO, etc). Pour la Suisse, le fonds de défaisance de UBS a été officiellement et légalement délocalisé en 2008 dans le paradis fiscal des Iles Caïmans. Mais que faire de IBRC, la bad bank, le fonds de défaisance de l'Anglo Irish Bank? L'Irlande veut donc tricher comme la Grèce l'a fait il y a dix ans, et maquiller son déficit budgétaire sous le regard bienveillant de l'Euro-Groupe et de Eurostat. Avec l'affaire Cahuzac, la France des médias et des gaulois se fait plaisir à s'insurger contre les petites frappes et les banques qui transfèrent leurs bénéfices dans les paradis offshore, mais on a oublié que ce sont nos gouvernements au G4 de Berlin de 2009 qui ont organisé la relocalisation dans nos pays des milliers de milliards de produits toxiques et des dettes des banques et des entreprises. Nos gouvernements ont transformé à pas de géant nos propres pays en paradis fiscaux pour les dettes des spéculateurs.

Même narrative, la démocratie européenne n'est pas une dictature; c'est pourtant dans un processus démocratique de la représentation parlementaire et de l'expression du vote des européens que l’Europe accorde aux banques des droits d'exception et un pouvoir absolu. Depuis 2008 les banques criminelles, toutes selon le schéma de spéculations financières Ponzi Madoff Kerviel Abodoli, ont été subventionnées par l'État Providence Bancaire et aussi par l'Europe Providence Bancaire pour les sauver momentanément de leur faillite réelle et pour les aider à fusionner entre elles pour "qu'elles puissent immédiatement rebondir quand la crise sera passée". Le successeur de Mc Creevy, Michel Barnier, UMP, Commissaire Européen à la Concurrence et au Marché Intérieur a rappelé dans son Communiqué du 6 juin 2012 que les contribuables des États de la Zone Euro ont déjà donné 4500 milliards d'euros d'octobre 2008 à octobre 2011. C'est un hold-up. A ces 4500 milliards s'ajoutent plus de 1000 milliards donnés en deux opérations de facilitations quantitatives et de carry-trade lancées par la BCE en échange de plus d'un millier de milliards d'actifs pourris déposés chez elle "en garantie", ce qui est une violation de ses statuts. La BCE s'est donc transformée en fonds de défaisance pour toute banque européenne qui en fait la simple demande sur papier libre. La France adore s'insurger "avec la plus grande sévérité" contre une petite frappe de ministre du budget qui s'est blanchi tout seul sa fraude fiscale dans un mensonge esthétique, mais elle ne veut pas voir que médias et gouvernement lui cachent qu'en Europe 4500 + 1000 milliards d'euros ont été déjà payés par les contribuables depuis 2008 pour racheter les toxiques aux banques en faillite et qu'à cause de ceci les budgets sociaux sont vidés. La France se sent forte quand elle peut lyncher son petit martyre domestique identifiable comme un rouleau de PQ portant un nom ressemblant à Kerviel, Abodoli, Cahuzac alors qu'il faut réclamer de réglementer et contrôler les flux financiers, le shadow banking et les chimères financières.

Mais que faire de IBRC, la bad bank, le fonds de défaisance de l'Anglo Irish Bank? C'est alors qu'en février 2013, le Ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble entre en action pour réapprovisionner d'arguments le principe ordolibéral de la circulation libre et non faussée des capitaux. Il n'y a toujours pas lieu de hurler à "la tyrannie de la norme marchande" puisque depuis 2008 il y a eu des élections européennes, des législatives, des présidentielles partout en Europe et le même personnel de bureau a été reconduit avec parfois comme seule alternance celle de l'étiquette. Les politiciens ne veulent pas changer le monde qui leur finance leurs campagnes électorales, et les électeurs, qui courent au Aldi pour comparer les prix, n'ont pas le temps de réinventer le monde. Tout électeur laisse cohabiter en son for intérieur le politicien qui le démolit et l'esclave qui en redemande. Si c'était le contraire ça se saurait. Après chaque tournée électorale on ne change pas l'équipe qui perd et on conforte l'Europe comme holding de défaisance. Dans ce genre de coming-out c'est Wolfgang Schäuble qui s'est réaffirmé comme le plus fervent admirateur du modèle offert par le Tigre Celtique qui est selon lui le modèle du pays qui a été l'un des plus riches de la planète et qui a réussi à se sortir de la crise en appliquant avec âpreté et conviction les recommandations du FMI, à savoir la discipline budgétaire, les plans de redressement de l'économie, la compression et la privatisation des services publics, l'adéquation avec le pacte de compétitivité. Au Sommet de Chypre, le Tigre Olympique, les chantres de l'Euro se sont autoproclamés "Sauveurs de l'Euro" en affirmant que les réformes portent leurs fruits, que les efforts n'ont pas été vains. Pourtant dans la foulée du Sommet de Chypre, la banqueroute d’État dans laquelle se trouve toujours l'Irlande a été délocalisée dans le temps jusqu'à 2038 et de nouveau soustraite de la conscience publique. La banqueroute d'Etat de l'Irlande ne doit pas devenir un contenu de conscience. Ce qui n'existe pas n'engendre pas de dynamique comportementale et d'énervement.

cantillon_musee_bruxellois_biere_035.JPGLe gouvernement irlandais avait fini par financer les pertes de la Anglo Irish Bank avec 64 milliards d'euros offerts gratuitement par la BCE en échange du dépôt chez elle des actifs pourris, toxiques et irrécouvrables dans les deux opérations "Bazooka" et "Grosse Bertha". Ces deux opérations de facilitation quantitative représentent les 1000 milliards d'euros offerts aux banques systémiques européennes et même anglaises (!!!) par la BCE en décembre 2011 et février 2012. Mais l'Irlande devait commencer à rembourser cette semaine de ce mois de février 2013 une première tranche de cette facilitation quantitative. L'Irlande, en banqueroute d’État et malgré la dizaine de plans d'austérité et de réforme, n'en est pas capable et l'annonciation de la fin définitive du modèle de Tigre Celtique aurait été le renversement définitif du paradigme ordolibéral. Le paradigme n'est pas un fait issu de l'idéologie, d'une dictature, d'un régime nazi ou stalinien. C'est le paradigme de la réussite personnelle et collective par la libre circulation du consommateur, c'est le paradigme du Keeping up with the Joneses ou du "Kaufen" de Helmut Kohl, réunificateur des Allemagnes. Ce paradigme serait tombé. C'est ce qui arrivera avec l'effondrement de la Grande-Bretagne et des USA qui ne saurait tarder.

Wolfgang Schäuble, gourou de l'Europe Providence Bancaire, CDU et ministre des finances allemand, a donc présenté au Sommet de Chypre à son homologue irlandais, Michael Noonan, son ancien secrétaire de cabinet ministériel, Jörg Asmussen, SPD. Jörg Asmussen siège au Comité directeur de la SoFFin (fonds de sauvegarde et de défaisance des bad bank allemandes), au Conseil de la Bafin (autorité de surveillance financière) et du „Wirtschaftsfonds Deutschland“ (Fonds économique allemand), qui attribue des garanties aux entreprises, sans contrôle parlementaire. Le 9 septembre 2011, la BCE annonce que Jörg Asmussen remplace Jurgen Stark au conseil de la BCE. Suite à l’entrevue avec Asmussen, Noonan a affirmé que "le Directeur de la BCE, Mario Draghi, s’est montré très coopératif". Une  année et demi de négociations avec la BCE ont pu s’achever et en une nuit le Parlement Irlandais avait déclaré l’insolvabilité du fonds de défaisance de la Anglo Irish Bank. Nous avons dépassé, avec cette décision politique de déclarer l’insolvabilité des banques, le plan Bilderberg de la Destruction et la restructuration par les marchés décidé à Athènes en 2009. Ce ne sont pas les marchés qui ont désigné l’insolvabilité de la banque, sa sédation terminale, mais les politiciens irlandais élus et sur la demande du gouvernement irlandais. La BCE a donc autorisé la banque Centrale Irlandaise a échanger toutes ses reconnaissances de dettes envers la BCE contre des Bons du Trésor à maturité longue. Le Day of reckoning irlandais, la déclaration publique de la banqueroute d’Etat de l’Irlande a donc été reportée à 25 ans plus tard en 2038. Le 2 avril 2010 j'écrivais "Du Traité de Lisbonne à la Bad Bank - L'Européen libre et non faussé va payer pendant 80 ans". Personne sur le Net n'avançait une telle date et je n'étais pas loin de la vérité puisque l'Irlande n'aura remboursé sa dette publique des banques qu'en 2053. Il ne s’agit bien sûr de rien d’autre que de la monétisation de la dette bancaire ce qui est interdit par le Traité de Maastricht et le Pacte de Dublin (clause du no-bail-out). Mais ce n'est pas tout. Le Ministre des Finances irlandais, Michael Noonan, du Fine Gael (le Clan des Celtes), s'est senti pousser des ailes depuis le Sommet de Chypre et a annoncé le 4 mars 2013 aux ministres des finances de l'Euro-Groupe que l'Irlande ne commencera à rembourser que dans 15 ans les 65 milliards d'euros avancés par le FESF - Fonds Européen de Solidarité Financière pour le sauvetage des banques irlandaises et les 85 milliards d'euros avancés par le FMI. Ces fonds avancés proviennent des cotisations des États membres et ont été levés grâce à la dette publique et aux contribuables. Le 26 octobre 2011 je vous écrivais que le FESF n'est qu'un SPV - Special Purpose Vehicle, un portefeuille de dettes à effet de levier (LBO), un fonds comme ceux qui ont fait tomber la Lehman Brothers ou les autres banques. L'Irlande se voit donc autorisée par les gouvernements européens et Bxl à poursuivre ses manœuvres de criminalité financière pour pérenniser l'illusion du Tigre Celtique auquel les marchés doivent sourire. Noonan est de l'avis que la défaisance des banques irlandaises ne doit rien coûter à l'Irlande. Le Tigre de l'Atlantique Nord, l'Islande, avait montré la voie en refusant de payer la totalité de ses dettes. Autrefois, des comportements gouvernementaux comme ceux de l'Irlande ou de l'Islande auraient été un casus-belli et un motif de déclaration de guerre. La guerre est déclarée depuis la Déclaration de la Crise des Subprimes, mais les peuples préfèrent qu'elle soit déclarée contre eux-mêmes dans une internationale des endettés publics. Il ne s'agit plus d'une guerre nationale mais d'une guerre que des peuples lèguent à deux générations futures qui vont payer pour l'égoïsme des papy-boomers et des quadras encore plus dangereux qu'eux. L’Irlande et l'Islande ont fait un putsch financier adoubé par les gouvernements européens émanant des Parlements élus et par Bxl. Aucun Parlement en Europe ne lance une Motion de Défiance contre leurs gouvernements. Il n'y a ni tyran ni victime mais le choix partagé de société de l'humanisme automatique du Consensus de Washington, même 6 ans après la Déclaration de la Crise des Subprimes et après l'année Lehman 2008. Il n'y a ni tyran ni victime mais un choix partagé de société, le contraire se saurait. Si vous cherchez sur Google engraisser les banquiers mon site est en A6 sur 424.000 résultats, ou engraisser les banques.

L'Irlande est toujours perçu comme le modèle de l'esprit d'entreprise. Al Capone a-t-il été le modèle de l'esprit d'entreprise? La défaisance irlandaise va donc être bientôt imitée par la Grèce qui n'a pas l'intention de sombrer dans le Chaos et la guerre civile. Le 21 mai 2009 je vous écrivais que les USA sont prêts pour une guerre civile sur leur sol: "si les USA font banqueroute avant l'Europe, la guerre monétaire américaine va directement se retourner contre les USA eux-mêmes et la guerre civile américaine se mettra en place comme elle est prévue dans USA, guerre civile - HR 645, Loi du 22 janvier 2009 sur Camps d'internement dans les bases militaires." Mais une défaisance actuellement gratuite et qui sera remboursée par nos enfants est tellement plus agréable à intégrer par le citoyen comme contenu de conscience et comme norme de comportement. Mais la sédation létale réelle, n'est pas celle de la Anglo Irish Bank, mais bien du "citoyen", on se demande encore citoyen de quoi donc au juste. Le citoyen administre non seulement la fin de sa propre existence mais commet en plus l'infanticide sur ses enfants. Il n'y a rien de plus drôle que de mourir ensemble et sans descendance pour arrêter la farce. Les frères bessons qui nous habitent ont à ce point réalisé leur fusion moléculaire qu'ils ont étouffé entre eux-deux leurs enfants. Il n'y a pas de tyrannie de la norme marchande comme l'affirme Dominique Roth, mais bel et bien dans le comble de la défaisance de l'humanité une extermination que l'on voudrait déléguer sur de la répression financière afin de délocaliser hors de soi la faute. Mais comme le remboursement à partir de 2038 ne sera toujours pas possible, il faudra organiser de l'hyperinflation qui détruira tout tout de suite et avant les premières échéances. Pour l'homme, il n'y a rien de plus réconfortant qu'une bonne ruine pour qu'il s'octroie l'idée de sa grandeur de bâtisseur. Dans n'importe quel plan, nos enfants restent toujours packagés dans cette sédation létale. Le devoir de mémoire, de conscience, ne doit pas commencer 60 ans après les Rafles du Vel d'Hiv, mais avant et au moment de celles-ci. La co-responsabilité est le bien le plus à partager et doit s'installer au quotidien comme contenu de conscience. Rien ne peut abroger la co-responsabilité, il suffit d'utiliser la démocratie qui est à libre disposition du citoyen. Il n'y a ni Conspiration, ni Tyrannie de la norme marchande, il y a l'Homme.

cantillon_musee_bruxellois_biere_036.JPGLe Cimbre est-il pessimiste?

Le site du Cimbre, nonniste pro-européen, s'appelle "Rénovez Maintenant". Le Cimbre propose comme Michel Serres dans Petites poucettes d'inventer maintenant. Le Cimbre écrit souvent que le politique est l'art du réel, celui de privatiser savoirs, pouvoirs, droits et richesses. Le minimanifeste de Stépahne Hessel, Indignez-vous, est vide. Avec le brouillard du Net et des gouvernements et médias google-affiliés, la transmission des savoirs n'est pas faite comme le dit benoîtement Serres, mais le contenu des consciences a été bourré avec une phénoménologie envahissante qui s'approprie toute vision d'autodétermination de soi et des peuples. Je suis pessimisto-optimiste mais je sais que le haut phalanstère de l'hémisphère riche ne prendra sa décision de modifier ses contenus de conscience et de comportement qu'après être tombé dans le trou et après avoir compris cet évènement comme tel.


Oui, nous sommes des millions de lucioles cavernicoles qui émettent dans le noir. Et comme pour le Salon des Indépendants qui a pris son élan dans l'Ecole de Barbizon, il va s'avérer que les artistes de la vie vont s'agréger naturellement dans un mouvement impressionniste où les vibrations de la lumière vont nous unir. En fait, je suis beaucoup plus optimiste que toi, et mon voyage au bout du langage m'a préparé au monde meilleur depuis beaucoup plus longtemps, depuis 1989, 1957... Mais j’exècre les révolutions et les indignations qui ne font que de relocaliser d'un côté la violence et de l'autre la réaction. Par le travail de Télésphore et du Cimbre, j'en appelle à la maîtrise du mot. Il faut s'occuper du mot, il n'y a pas besoin de sortir du lot, le savoir est à nous et dans nos tête. Le pensé existe et bouge. Quand le mot devient un contenu de conscience choisi, le comportement inventif et novateur suivra en toute dignité, sans heurts, sans violence, sans mort. La planète ne se donnera à nos enfants que comme cela. Rénovez maintenant.

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6 février 2010

Selon le MIT, les investisseurs étrangers sont responsables de l'effondrement du système financier US



Le Time a publié en collaboration avec CNN un article exposant l'analyse de Ricardo Caballero, Chef du Département Économique du MIT - Massachusetts Institute of Technology, qui dénonce les investisseurs étrangers qui sont selon lui les responsables de l'effondrement du système financier américain et de l'effondrement économique des USA.

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Dans cette société de chuchoteurs, de menteurs et de dénonceurs, la réalité n'est plus partagée. Nous sommes comme au temps de Lénine où le langage est usurpé pour couvrir des manœuvres de terrassement. Avec Photoshop j'ai fusionné ci-dessus ces deux documents iconographiques parce j'ai pensé que le même code pictural y est utilisé. J'ai juste raccourci l'image de droite et mis le $.


Vous pouvez lire dans un discours de Benjamin S. Bernanke fait à la Fed' le 21 novembre 2002 ce qu'il pense de la planche à billets: "Like gold, U.S. dollars have value only to the extent that they are strictly limited in supply. But the U.S. government has a technology, called a printing press (or, today, its electronic equivalent), that allows it to produce as many U.S. dollars as it wishes at essentially no cost". Bernanke reste fidèle en 2009 et 2010 à sa conception de la monnaie de contrefacteur de la planche à billets de Paper Mill of the Potomac et a été nommé par le Time Magazine "Person of the year 2009". Son prédécesseur, Alan Greenspan, avait été amoureusement appelé "le gourou Maestro" pendant 16 ans par ses concitoyens.

Photo cliquable à droite: Couverture du Time du 2 janvier 1939: Hitler, Person of the year 1938: The cover picture featured Hitler playing "his hymn of hate in a desecrated cathedral while victims dangle on a St. Catherine's wheel and the Nazi hierarchy looks on." This picture was drawn by Baron Rudolph Charles von Ripper, who had fled Hitler's Germany. By 1938, Hitler had firmly seized power in Germany, taken over Austria and Czechoslovakia, and had been given a free hand in Eastern Europe by the English prime minister of the time, Neville Chamberlain. Time has had to defend this choice throughout history, and at the time defended it by stating that the “Person of the Year” was a title bestowed on the person who had most influenced events of the previous year.

Début de la traduction de l'article de Ricardo Caballero publié dans Time >>> La plupart des erreurs qui ont conduit à la crise financière est attribuée aux traders de Wall Street, aux banques qui ont accordé sans scrupules des prêts hypothécaires et à la régulation laxiste des marchés. Mais pour Ricardo Caballero existe un autre groupe significatif d’acteurs qui ont contribué au désastre monétaire des USA et qui ne font pas l’objet d’un blâme: ce sont les étrangers.

Selon Caballero il n’y a aucun doute que la pression exercée sur le système financier US, qui a conduit à la crise financière, provient de l’étranger. "Les investisseurs étrangers ont créé une demande pour des actifs qu’il était difficile de produire dans le secteur financier américain. Tout ce qu’ils désiraient était des actifs sûrs et leur investissement dans ces actifs a fait des USA une place non sûre".


Caballero, qui est originaire du Chili, n’est pas entrain d’absoudre de leur faute les banquiers américains et les autorités de contrôle. Mais il dit que les commissions d’enquête et les groupes d’avocats qui étudient la crise financière passent trop de temps le peigne fin sur Wall Street et ne s’occupent pas assez des déséquilibres globaux qui sont amplement à décrier. "Ce qui m'horripile est que le Congrès tente de créer un nouveau système de régulation mais qu’il ne se demande pas d’où provient la pression qui a conduit les USA à créer ces produits financiers. Pour trouver une solution il ne suffit pas d’étudier le système financier US".

Un bon nombre d’économistes et d’analystes est d’accord avec Caballero. Alex Pollock du American Enterprise Institute for Public Policy Research a dit qu’il est "clair que les investisseurs étrangers qui ont acheté des CDS émis sur les crédits hypothécaires garantis par la Fannie Mae et la Freddie Mac ont donné le combustible à la bulle immobilière américaine". René Stulz de l’Université d’Ohio a dit que "Caballero a pointé du doigt l’acteur déterminant de la crise". Selon Stulz, "les investisseurs en quête d’investissements sûrs aux USA ont créé une demande pour de nouveaux produits qui ont forcé le système financier à fonctionner différemment de ce qu’il faisait par le passé, ce qui l’a fragilisé sans que l’on ne comprenne vraiment à l’époque les conséquences de cette fragilité".

Le Time écrit bien évidemment que "tous les économistes ne prennent pas à leur compte l’analyse de Caballero". Selon d'autres économistes, "si les liquidités ont inondé les USA, ceci ne signifie pas que l’assèchement actuel du crédit était inévitable". Ils disent "qu’une régulation stricte aurait pu empêcher les banques d’investissement US de créer massivement des produits financiers dérivés adossés sur des crédits hypothécaires accordés à des emprunteurs sans garanties ou avec un niveau de garanties très faible, et éviter que ces banques d’investissements ne vendent aux investisseurs étrangers ces produits dérivés comme des produits sûrs". Selon Anil Kashyap de la Booth School of Business de l’Université de Chicago "le blâme est principalement à adresser aux choix faits aux USA".

Même si l’on peut débattre du rôle des investisseurs étrangers dans la bulle du crédit aux USA, qu’en est-il du rôle des banquiers et des bonus? Pour la Commission d’Enquête sur la Crise Financière (Financial Crisis Inquiry Commission), le déséquilibre global est aussi l’un de ses 22 champs d’investigations qu’elle s’est donnés pour ses deux jours d’audition qu’elle a organisés à cet effet. Caballero déplore que pendant ces deux jours d’audition des décideurs des grands groupes financiers, des analystes, des régulateurs, des managers des hedge fonds, il n’a jamais été évoqué le rôle qu’ont pu avoir les investisseurs étrangers dans la création de cette crise.

Pour Caballero l’histoire de la crise financière ne commence pas à Miami ou à Las Vegas mais dans des groupes d’investissements et bureaux des banques centrales de Beijing et de Riyadh. Caballero affirme que les investisseurs étrangers, et en particulier ceux qui ont déployé les réserves des gouvernements étrangers, préfèrent des investissements relativement sûrs, ce qui a fait de l’économie américaine normalement stable des USA un terrain de chasse naturel pour eux. Les liquidités se dirigent en principe vers les actions, mais après la débâcle du Nasdaq et de la bourse du début des années 2000’ (crise Enron dot-com des valeurs technologiques), les investisseurs ont détourné leur appétit vers les bons, emprunts et obligations.

La Chine qui était affairée avec une balance commerciale de plus en plus déséquilibrée en sa faveur par rapport aux USA, avait acheté de plus en plus de Bons du Trésor américain, ce qui avait exercé une forte pression à la baisse sur leurs rendements financiers et ce qui a rendu les Bons du Trésor US moins attractifs pour d’autres investisseurs étrangers. Ceci avait boosté la demande pour des obligations sur la dette américaine offrant un meilleur rendement et avait ouvert la porte à des banques d’investissement opérant à Wall Street avec une nouvelle catégorie de produits titrisés offrant un rendement fixe, principalement des CDO et toute forme d’obligations adossées sur de la dette (collateralized debt obligations). La plus grande part des capitaux levés pour ce type d’investissement a été canalisée sur le marché hypothécaire immobilier. Ceci offrait la possibilité aux instituts de crédits d’accorder plus de prêts, aux particuliers d’acheter plus de maisons individuelles et d’appartements, et ceci avait aussi boosté le prix de l’immobilier industriel et commercial. La plus grande partie de ces prêts a été accordée à des emprunteurs qui ne disposaient ni des garanties ni des moyens de les rembourser. Il s’en suivirent l'effondrement des entreprises et des commerces, les faillites et banqueroutes et la chaos à Wall Street.

Selon Caballero la question sur la manière de prévenir à l’avenir une nouvelle crise similaire est mal posée. Il pense que de réformer le système financier US n’offre qu’une partie de la réponse. Selon lui, les investisseurs étrangers ont tout autant à modifier leur comportement. Caballero pense que les USA doivent encourager les gouvernements et investisseurs étrangers à détenir un portefeuille diversifié de placements américains, au lieu de juste les laisser canaliser toutes leurs liquidités dans des titres sur des emprunts hypothécaires. L’une des possibilités est de forcer les gouvernements et les investisseurs étrangers, qui placent leur argent sur des titres hypothécaires, à en déposer une partie sur un compte à la Fed’. Caballero comprend "qu’il existe des investisseurs qui préfèrent placer leurs liquidités sur des produits américains plus risqués au lieu de les laisser simplement à la Fed’."

Et le Time conclue avec cette citation de Caballero: “Il y a une fissure dans le système financier US, mais il est important de se demander d’où provient l’eau qui a provoqué cette fissure. La seule façon d’assurer la résilience des USA face aux chocs systémiques et de contrôler l’approvisionnement."

Mon analyse phénoménologique des propos de Caballero et du MIT et de la manière dont le Time les met en forme >>>

"...d’où provient la pression qui a conduit les USA à créer ces produits financiers.  ... contrôler l'approvisionnement."

Le Massachusetts Institute of Technology - MIT est une des meilleures et des plus prestigieuses institutions de recherche et universités américaines, spécialisées dans les domaines de la science, de la technologie, du management, de l'économie, des sciences politiques. L'analyse de son Chef du Département des Sciences Économique, Ricardo Caballero, fait autorité à ce titre et doit être reconnue comme telle. Harvard et le MIT se partagent mondialement le meilleur référencement mondial dans toutes les universités de sciences économiques pour toutes les formations universitaires, doctorantes, pour tous les MBA, dans toutes les Grandes Écoles de Commerce. Depuis les années 60', Harvard et le MIT ont déterminé substantiellement tous les comportements des traders, managers, PDG, CEO, des décideurs politiques, des influenceurs sociétaux et syndicaux de la planète avec la vision totalement mathématique de la science économique adossée uniquement sur l'étude de cas comme seul principe structurant de l'enseignement, de la réflexion, de l'action, de la gestion, de la modernisation et rationalisation de l'économie d'entreprise et des échanges économiques mondiaux. Libres. Non faussés.

Les études de cas normalisées et orthonormées ont établi autour de la planète les normes de gestion, les normes de management, les normes financières, comptables et même prudentielles comme Bâle 2, Solvency II, FASB, IASF, IFRS, etc. Le langage du cas était transposable dans toute décision économique et d'entreprise et était l'espéranto économique du monde qui n'a à être qu'un monde économique. Ces normes forment un système de sèmes, de morphèmes, de phonèmes, de syntagmes qui ne nécessitait plus d'être mis en doute puisqu'il était communément admis, reconnu, utilisé par le décideur cardinal, l'investisseur placé à son sommet. En parlant de lui-même, le Chairman et CEO de la Goldman Sachs a dit, "qu'il n'est qu'un banquier qui accomplit l'œuvre de Dieu" (I'm doing God's work). Même si tout dieu, du plus petit au plus grand, est toujours regardé au final entre quatre yeux avec crainte, l'investisseur a été depuis 1989, le dernier dieu en date, après avoir supplanté l'entrepreneur, l'industriel, comme référent unique et structurant. L'investisseur avait fini par incarner l'infaillibilité papale en gravissant au plus hautes marches de la pyramide Ponzi et en se multimutualisant le moindre des risques que pourraient comporter ses actes. La défaillance était inclue dans le dernier cas possible, celui de l'infaillibilité des assurances CDS adossées sur toute et la moindre des obligations de dette encourue. Le dieu financier avait la chance de toujours être secondé depuis Adam Smith par la main vibrante du marché, de la Richesse des Nations qui s'occupait bienheureusement de manière "invisible" de la bobologie des marchés clonés.

La chance qui a été donnée à l'homme par Adam Smith, est qu'il dispose d'un genre de dieu qui bosse pour lui, et que quoique l'homme fasse de ses appétits personnels il est inclus par un humanisme automatique dans un système de grégarité qui ne peut que relier les êtres dans de la congruence bénéfique pour tous et renforcée ces dernières décennies par le trickle-down effect, l'effet de percolation de l'École de Chicago.

Redonnons la parole à Adam Smith dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Livre IV, ch. 2, 1776: "À la vérité, son intention, en général, n'est pas en cela de servir l'intérêt public, et il ne sait même pas jusqu'à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l'industrie nationale à celui de l'industrie étrangère, il ne pense qu'à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu'à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler. Je n'ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n'est pas très commune parmi les marchands, et qu'il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir." Nous ne pouvons en vouloir aux dernier dieu en date, l'investisseur d'AIG ayant une participation croisée avec la Goldman Sachs et la JP Morgan adossée sur le partenariat des CDS d'avoir mené jusqu'à l'apothéose la pensée d'Adam Smith en établissant à l'aide de la globalisation de l'OMC la symbiose respirante de l'industrie nationale et de l'industrie étrangère commerçant librement dans la Grande Maison du Grand Village de la globalisation où plus personne n'était étranger.

La pensée de Caballero reproduite dans le Time ne peut être prise comme une saute d'humeur d'un citoyen américain dont les placements pour sa retraite dans le système par capitalisation des fonds de pension ont perdu toute leur valeur. Les fonds de pension américains ont perdu en 10 ans 60,7% de leur valeur, la retraite perçue par un américain de 65 ans a baissé de 71,7% (Source Lipper). Vous êtes en face du raté de l'idéologie de la Nouvelle Politique Économique de la privatisation de tout et de plus encore. La Nouvelle Politique Économique de Lénine avait tué des millions de russes avant qu'elle ne soit appliquée et elle n'a mené qu'au fiasco et au chaos. La nouvelle politique économique de l'OMC, du commerce libre et de la privatisation globalisée conduit les peuples à la mort sans retraite ni rémission.




Je pense même que les mots utilisés par Caballero ne sont pas simplement destinés à faire comprendre ladite crise, comme il la ressent. Nanti de son autorité morale, intellectuelle et scientifique, Caballero est entrain d'offrir un système de langage qu'il veut être structurant pour l'avenir, pour le futur de son pays, pour la vision du monde de ses concitoyens, pour leur attitude comportementale qu'ils auront à adopter dans leurs congruences économiques et d'échanges, et pour ce qui doit être générateur de valeur ajoutée et de valeurs économiques reconnues et partagées.



1) Le consommateur, l'inconnue à ne jamais évaluer pour Caballero:

dans son exposé, Caballero ne parle pas du surendettement des ménages, mais de crédits hypothécaires accordés à des emprunteurs sans garanties ou avec un niveau de garanties très faible. Ceci montre déjà que pour Caballero, l'emprunteur n'est pas un individu doté de la capacité de discernement, capable d'établir des choix et d'agir de manière responsable. L'emprunteur est une donnée pour une étude de cas, un goulot consommateur appelé homo oeconomicus et ayant un comportement consumériste type, toutes choses étant égales par ailleurs.

A tout crédit qui lui est offert, le consommateur le saisit dans une simple relation de cause à effet. Il n'existe pas de place pour se demander si le consommateur vit au dessus de ses moyens, si le consommateur se nuit à lui-même par son acte d'achat à crédit. Ce qui vous paraît être comme une exagération de trait communément admise qui pourrait peut-être reposer sur l'impondérable du désir ou sur de la compulsion, est plus qu'un modèle de société. C'est un système de société. Pourquoi? L’une des propositions d’Obama était de créer une autorité de défense du consommateur pour lui éviter d‘être trompé lors de l’attribution de crédits à la consommation, revolving, hypothécaires, automobiles, pour faire des études… Depuis un an l’industrie financière à rabâché aux oreilles des politiciens et par les médias qu’il serait préférable de laisser tomber ce projet qui nuirait à la croissance et à l’emploi. Le CEO de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, a donné le coup de grâce à ce projet en octobre 2009 par un discours à New York largement retransmis. Un tel discours semble avoir la force d’un veto, le projet est abandonné. Christopher Dodd, Président démocrate de la Commission Banque du Sénat américain vient récemment d’abandonner les négociations. Les lobbies des agents et promoteurs immobiliers, des vendeurs d’automobiles et d’autres distributeurs ont officiellement annoncé s’être sortis des griffes des autorités avec la promesse de maintenir l’emploi… Ce sont justement les voix opposées des amis politiques d’Obama qui ont été déterminantes. Selon Dodd, le travail de lobby pour "garantir la concurrence libre et non faussée" auprès des "Nouveaux Démocrates" a été couronné de succès. 

Le groupe des „Nouveaux Démocrates“ est proche des entrepreneurs et parvient régulièrement à combattre des directives et résolutions plus sévères. Les Nouveaux Démocrates ont bénéficié de dons lors de leurs campagnes électorales. La tête de file est le député Mike McMahon… de souche allemande. A lui seul il a encaissé un demi million de dollars que la banque d’investissement Goldman Sachs lui avait versé. Il avait dit au magazine Capital que "la Goldman Sachs était absolument fiable dans le combat contre la crise et qu’il s’opposerait violemment à une imposition plus élevée des banques qui ferait fuir la Goldman Sachs de la ville de New York, parce que New York a besoin de la Goldman Sachs". Quand Obama avait annoncé vouloir surtaxer les banques, McMahon s’était révélé comme étant l’un des plus virulents opposants: "je ne pense pas que l’industrie financière doive être la tire-lire que le gouvernement doit briser à chaque fois quand il a des problèmes budgétaires à résoudre". Kenneth Thomas du Wharton Business School avait dit que "les politiciens devraient porter sur leur veston le badge de leurs sponsors, comme ceci on saurait au moins à quoi s’en tenir".

La députée des Nouveaux Démocrates de l’Illinois, Melissa Bean, passe pour être leur porte-parole. Elle a touché 1,4 million de $ du secteur financier depuis sa campagne électorale de 2008 et sa mission est de modifier des passages du texte de loi régissant la protection du consommateur. McMahon se trouvait dans l’assistance quand Obama avait tenu l'un de ses habituels discours incendiaires au 1er anniversaire de la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers. McMahon avait répondu que "les plans d’Obama de réguler les marchés de produits dérivés financiers nuisent aux entreprises partenaires et mettent en danger les emplois." Deux semaines après ce discours d'Obama les représentants des Nouveaux Démocrates se réunissent avec Geithner et la réforme du marché des produits dérivés est reportée à plus tard sans agenda. Il ne sera plus question d’obliger les instituts financiers d’établir des chambres de compensation destinées à intervenir et soutenir un partenaire comme la Lehman Brothers lors de sa défaillance et des grands groupes comme des compagnies de transport aérien, des distributeurs d’énergie et d’autres grands distributeurs de biens et services sont subitement écartés de la réforme.

Pour conclure cette première partie de mon analyse sur la position du MIT face à la débâcle des marchés financiers américains, nous observons que Ricardo Caballero surfe sur un invariant. Caballero n'a pas intégré dans son système d'analyse et de revendication devant la Commission d’Enquête sur la Crise Financière qu'il existe à la base le consommateur floué par les banques, les assurances, les crédits hypothécaires et les agressions des marchands et commerçants. Il est très grave mais tout autant symptomatique que dans la modélisation du Chef du Département du MIT, la plus petite et la plus inférieure des pierre d'embase de la pyramide n'existe pas. Et sous terre encore moins quelque chose qui pourrait porter le nom de Travailleur (Graphique cliquable: évolution de la pauvreté aux USA de 2000 à 2008... !!!).

La consommation ostentatoire fait partie du modèle américain, il n'est pas étonnant que la politique monétaire de l'argent facile d'Alan Greenspan, de Henry Paulson et de Ben Bernanke ait à ce point pu faire mouche et faire passer le taux d'endettement des ménages américains à 140% et son taux d'épargne à 0,2%. Aux USA, consommer permet aux ménages de garder leur rang social et d'en remontrer aux voisins et à la paroisse avec une apparence éblouissante de réussite, en réalité basée sur des actifs fantômes, puisque financés à partir de rien, ou si vous voulez de crédits pourris impossibles à rembourser, surtout lorsque l'on est un débiteur Ninja (no income, no job, no asset). Il faut aussi rappeler que pendant cette période de l'argent facile, et surtout depuis 2000, il y a eu aux USA une répartition de plus en plus inégalitaire des richesses réelles; les 1% les plus riches des américains se sont accaparés 75% de la croissance économique. La part la plus importante des richesses, des revenus a aussi migré vers une proportion de plus en plus faible de la population. Les 1% d'américains les plus riches détiennent plus du 1/3 des richesses, et les 10% des plus riches détiennent les 75% des richesses. Voici encore la preuve de ce que Jagdish Baghwati n'avait pas imaginé, à savoir la croissance appauvrissante à l'intérieur même des pays industrialisés. Nous pouvons aussi exprimer la situation avec le point de vue des pauvres et de la classe moyenne: le revenu réel avait baissé. L'addiction à la consommation des américains sera difficile à freiner et Barack Obama ne s'y trompe pas non plus. Il a fait passer volontairement le déficit budgétaire américain à 1200 milliards de $ en 2009 et il le fera passer à 1800 milliards en 2010 avec les soi-disants Plans de Sauvetage, de défaisance, de création d'une bad bank, de bail out... Il a injecté dans l'économie encore plus de liquidités que le Plan TARP, le Plan Paulson, Bush... Il pilote avec Bernanke et Geithner l'helicopter money, et il souffle sur la frustration du consommateur américain impossible à sevrer qui souffle sur sa braise et son incendie qu'il propage. Il nourrit le "Keeping up with the Joneses", cette "Consommation ostentatoire" qui avait déjà été décrite par l'économiste et sociologue américain Thorstein Veblen (photo) dans sa Théorie de la classe de loisir (1899).

Derrière la crise des subprimes se trouve le gigantesque programme socio-politique intitulé "A chaque citoyen sa maison" et qui a été propagé par... Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed'. Les banques américaines et mondiales ont gagné énormément, l'État américain a énormément stimulé et encouragé le sur-boom immobilier avec de l'argent facile et à bon marché et avec les cautions implicites de Fannie Mae et de Freddie Mac, les organismes de prêts hypothécaires. Le gourou des gourous de cette époque, Alan Greenspan, gouverneur de la Fed', la Banque Centrale américaine, avait encore démultiplié l'accès facile à l'argent en baissant toujours un peu plus le taux directeur, ce qui permettait aux banques de dépôts, de crédit et d'affaires, mais aussi aux banques d'investissement et aux fonds de spéculation, aux banques systémiques (les spéculateurs fous, ces maîtres d'œuvre des ventes à découvert des actions, le short selling) d'accéder à de l'argent facile à bon marché pour financer tout et n'importe quoi, et aussi l'achat à crédit de millions et de millions d'actions et de ces titres que l'on appelle "valeurs toxiques", "positions négatives", "créances douteuses", "créances pourries".
 
Caballero a oublié que les deux instituts para-publics de crédit hypothécaire, la Fannie Mae et la Freddie Mac, qui couvraient plus de 50% des crédits hypothécaires aux USA faisaient partie des leviers de la politique de l'argent facile d'Alan Greenspan. Ces deux sociétés avaient toujours joui d'un statut spécial soutenu et garanti financièrement par l'État. Elles rachetaient les prêts hypothécaires, procédaient à la mutualisation du risque, à leur titrisation (comme pour les subprimes) et revendaient des titres (obligations) garantis par l'État fédéral. Grâce à leur situation privilégiée, ces deux sociétés, à faibles coûts financiers et de fonctionnement et aux rendements opérationnels très élevés, avaient très rapidement conquis plus de 50% du marché des prêts hypothécaires, à ce point qu'Alan Greenspan lui-même finit par prendre peur et qu'il parlait d'elles en ces termes: "the big, fat gap" (la grosse et grasse faille). A partir de 1991 elles ont aussi financé des emprunts "douteux" (non recouvrables). Elles ont signalé en 2007 des pertes de plusieurs milliards et le Congrès et Henry Paulson ont décidé de les nationaliser en septembre 2008 parce qu'elles étaient trop grosses pour risquer une faillite: "Too big to fail".

Avec la consommation soutenue en masse avec un taux directeur de la banque centrale américaine (Fed') de plus en plus bas depuis 9 XI, depuis la crise Enron/Worldcom de la New Economy des valeurs technologiques, avec un chèque de 600 $ envoyé à chaque ménage américain en septembre 2008 par le Gouvernement fédéral, avec des injections en centaines de milliards de $ dans les banques, avec les épongeages publics (bail out) des dettes privées et des positions toxiques des instituts financiers, nous assistons à une augmentation des liquidités qui ne connaît pas d'équivalent dans l'histoire... depuis 2000 ans. Cet évènement multimillénaire n'est pas dicté par les "étrangers", mais est un fait de politique intérieure des USA conduite par le patriote américain Obama.

Cette longue période de crédit " facile" de 21 ans (depuis 1989) et de liquidité abondante a encouragé l’endettement à outrance depuis 9 XI, non seulement des emprunteurs finaux, mais surtout des intermédiaires et des fonds d’investissements, qui ont maximisé les effets de levier en finançant des portefeuilles d’actifs par de la dette bancaire ou des émissions de commercial paper. C’est le cas des "monoliners", des Hedge Funds, des Investment Banks, voire des banques commerciales elles-mêmes. Ces déséquilibres bilanaires majeurs n’ont pas posé de problème jusqu’au moment où la crise de confiance et l’incapacité de renouveler les financements a provoqué soit des défaillances (et dès lors, l’intervention des États), soit des ventes forcées d’actifs, qui ont largement contribué à enfoncer les valeurs boursières et financières.

Tim Geithner, Secrétaire d'État au Trésor américain a déclaré le 7 février 2010 que les USA garderont éternellement la note maximale AAA. “Absolutely not, that will never happen to this country” a-t-il répondu à ABC au sujet d'un downgrade des USA. La crise des subprime est terminée, elle a fait ses ravages. Depuis janvier 2010 commence la crise des alt-A dans une économie américaine effondrée. En janvier 2014 commence la crise FHA et Ginnie Mae que le patriote populiste Obama à créé avec ses Obama Mortgages, c'est à dire la création exponentielle de la dette privée pour "rembourser" la dette. Sur le site de la FHA vous avez un onglet et une page qui s'appelle "Obama Mortgage" (Crédit hypothécaire Obama) avec l'invite suivante: "In early 2009, the Obama administration announced a program called Making Home Affordable. This program is expected to help nine million homeowners keep their homes and avoid foreclosure through refinancing and modified loans designed to lower monthly mortgage payments" (Au début de l'année 2009, l'administration Obama a annoncé un programme appelé 'Rendre la maison individuelle accessible'. Avec ce programme 9 millions de propriétaires seront aidés pour garder leur maison individuelle et pour éviter la faillite grâce au refinancement et à la redéfinition des termes de leur emprunt avec de plus petites mensualités de leurs crédits hypothécaires.) La FHA garantit à 100% les crédits pour l'acquisition ou la construction immobilière.

Dans sa réforme présumée et à venir sur les banques, Obama laisse de côté Fanie Mae, Freddie Mac, Ginnie Mae et la FHA qui sont tous en faillite malgré les Big-Fat-Bail Out cycliques auxquels ils ont droit tous les 2 mois. Ces quatre établissements nationalisés dans les faits depuis 2008 n'ont jamais cessé d'amplifier ce que pourquoi tout le système financier américain a sombré par sa propre faute et sans l'assistance des "étrangers": ils empaquètent des crédits immobiliers, multimutualisent leurs risques en inventant des produits financiers dérivés MBS (équivalent à des CDS) qu'ils se font directement garantir par le gouvernement. Le bail-out de Fannie Mae et de Freddie Mac a déjà coûté 712 milliards $ et Obama vient de garantir le 24 décembre 2009 qu'il n'y aura pas de limite supérieure; Obama a réussi à faire passer une loi qui lui permet de ne plus demander l'autorisation au Congrès pour continuer à renflouer Fannie Mae et Freddie Mac.

Le gouvernement américain amplifie la bulle hypothécaire et immobilière et ne se fait pas dicter sa conduite par des étrangers mais par le Congrès et le Sénat US. Ricardo Caballero avait sûrement vécu chez les aborigènes mais pas entre les consommateurs américains pour avoir publié son analyses dans Time. Caballero n'a sans doute pas compris que les USA se sont donnés Obama comme patriote président. Ce trou de langage dans l'analyse de Caballero est destiné à préparer les USA à réaliser un bond quantique des USA. Ce n'est ni celui de l'épargne, ni celui de la restriction budgétaire. J'y reviendrai dans mon commentaire. Pour 2010 RealtyTrac estime que 3,5 millions de nouvelles maisons seront saisies par les huissiers. Ils s'ajouteront aux 4,7 millions saisis en 2009. Fannie Mae et Freddie Mac garantissent pour 5000 milliards de $ d'hypothèque. Leurs plus grands créanciers sont la Chine, le Japon, le Luxembourg, la Belgique, la Russie. L'État américain est trop content des capitaux des investisseurs étrangers et n'a pas repris à son compte leurs créances comme celles des 66 autres banques qui soutiennent Freddie Mac et Fannie Mae. Freddie Mac et Fannie Mae sont devenus des objets de chantage entre la Chine, la Russie et les USA. Mais les USA sont seuls responsables de cette situation en ayant cru qu'ils pouvaient vendre leur pauvreté au reste du monde. Le Congrès US a aussi autorisé le Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, de sortir de la comptabilité nationale le trou de Fannie Mae, Ginnie Mae, Freddie Mac et de la FHA. Vous pouvez donc comprendre pourquoi les spreads sur les CDS émis sur la dette souveraine et les T-Bonds américains ne pourront jamais être une référence et que les hedge fonds se ruent sur la Grèce en faillite. Ricardo Caballero ne réclame pas la transparence de ce côté de la part de la Commission d’Enquête sur la Crise Financière. Les CEA et traders de ces instituts de crédits hypothécaires touchent toujours leurs boni, mais en liquide car les actions ne valant plus rien, les stock-options sont tombés en désuétude.


2) Le choix "impossible" des investisseurs aux USA selon Caballero:

Selon Caballero, les investisseurs, pour lui "étrangers", ont créé aux USA la demande vers des produits financiers dérivés à haut risque qui ont détourné l'économie américaine de son mode habituel de fonctionnement et qui ont dévié les placements des investisseurs des actions vers les produits spéculatifs CDS, CDO, RMBS, MBS... sensés offrir une garantie multimutualisée du risque aux obligations et emprunts publics ou privés. Les banques systémiques gagnent sur le revers et sur l'avers. Ils gagnent sur les intérêts des remboursements de la dette, et sur les assurances qu'ils vendent sur les marchés spéculatifs pour multimutualiser les risques des prêts qu'ils ont octroyés.

Graphique à droite de la Deutsche Bank pour ses activités aux USA: en bleu clair les bénéfices financiers sont repartis à la hausse dès la fin de l'année 2008, alors que la "crise" commençait juste à faire rage. La crise Enron dot-com de 2000-2001 est bien lissée, mais l'économie réelle en noir avait bien souffert. En 89 commence le découplage du financier et du "réel". Dès 93 je faisais mes cours en Master Grande École en dénonçant les produits financiers dérivés. La "crise" âgée de 4 ans a commencé en 2006. Les "green shoots" de mars 2009 sont passés par le "we are back on the track" de décembre 2009 pour ne rester qu'une "jobless recovery" depuis un an et pour s'offrir un nouveau mot: recoverygeddon qui est égale à Revovery + Armageddon. Moins 8,5 millions d'emplois aux USA.

Graphique à gauche: Croissance de la dette US. Le PIB fictif et d'initié des Financial Profits montré avec la courbe bleue clair du graphique ci-dessus à droite, n'a pas profité aux finances publiques. Le PIB américain est de 14.000.000.000.000 de $. Une dette publique équivalent à 90% du PIB ne permet plus au pays de réaliser de la croissance. Caballero n'a pas demandé dans son analyse du Time pourquoi la Loi américaine anti-trust n'est pas intervenue pour casser l'entente entre banques et assurances, ou pour casser la position dominante des grandes banques qui regroupent la banque de dépôt, la banque d'investissement et l'activité d'assurance. Cette entente et cette position dominante soutenues par l'abandon du Glass Steagall Act est une distorsion légale et institutionnelle des marchés, qui ne peuvent plus être "libres et non faussés", où il ne peut pas y avoir "d'information pure et parfaite", où il est impossible que "toute chose est égale par ailleurs", et où "la main vibrante des marchés" est amputée. Tous les credos libéraux et néo-libéraux, que je ne défends pas, ont été détournés par les patriotes américains qui ont canalisé vers eux leur idéal d'enrichissement en gardant sous un pochoir l'espoir du trickle-down effect et de l'humanisme automatique et doré du Consensus de Washington de l'École de Chicago. Lors de ma 1ère année de Sc Eco de Strasbourg en 1972 il fallait étudier ces credo du libéralisme dans le livre de micro-économie de Raymond Barre. Dès cette époque, en 1972,  je savais bien qu'ils étaient aussi saugrenu et déplacé que quand je disais debout sur des échelles dans les amphis que je suis "Thomas 1er, le Roi du Tamboulina."
En cas de crise et de tendance récessionniste ou dépressionniste, les USA comme le reste des pays industrialisés financent la dette et la relance économique avec une dette encore plus grande, puis font des coupes budgétaires dans les domaines dont les États peuvent agréablement se passer: les services publics, la santé, le social, les allocations chômage et perte d'emploi, l'éducation, la recherche et le développement, les infrastructures et les Haribo.

3) Les crises spéculatives et croissance appauvrissante exportées par les USA:

Ricardo Caballero, Chef du Département économique du MIT devrait de nouveau étudier la Crise asiatique. La crise économique asiatique était une crise économique qui avait touché les pays de l’Asie du Sud-Est à partir de juillet 1997, puis qui s’était propagée aux autres pays émergents comme la Russie, l'Argentine, le Brésil. Le surinvestissement et des niveaux de dette extérieure très élevés étaient les causes de cette crise, qui avait débuté sous la forme d’une crise monétaire avec une forte dépréciation des monnaies asiatiques. La crise asiatique avait été initiée par la chute du baht thaïlandais, et s'était propagée à très grande vitesse. La dépréciation des monnaies avait touché l'Asie du Sud-Est et tout particulièrement Taïwan dont la monnaie était dépréciée de plus de 45 % par rapport au dollar en l'espace de trois semaines. L’éclatement de la bulle financière en Thaïlande avait provoqué une chute de la bourse début 97. Le déficit de la Balance des paiements courants de la Thaïlande de 8 % du PIB et la dette externe croissante et l'endettement à court terme de ce pays avaient fait fuir les investisseurs et acteurs financiers étrangers de plus en plus méfiants. Face à la fuite des capitaux hors de la Thaïlande et aux ventes de bahts, les autorités avaient tenté de défendre la monnaie thaïlandaise avec une injection de 23 milliards de dollars provenant de la Banque centrale thaïlandaise. Ceci n'avait produit aucun effet et le gouvernement avait laissé flotter sa monnaie. La défiance des spéculateurs s'était reportée alors sur les autres monnaies de la zone comme le peso philippin, le ringgit malais, la roupie indonésienne et les capitaux avaient fui le continent (« fly to security »). La BCE doit aussi méditer à ceci. La perte de confiance dans les monnaies asiatiques s'était étendue et avait entraîné la dépréciation de la roupie indonésienne, du ringgit malais et du peso philippin.

À l'automne 1997, la crise avait atteint la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong. Cette perte de confiance rapide était accentuée par le rapprochement dans les mêmes produits financiers des valeurs de toute la région. La situation financière des banques et des entreprises locales, qui étaient fortement endettées à court terme en dollars et en yens, s'était détériorée rapidement. L'insolvabilité d'un grand nombre d'entre elles ainsi que la fuite des capitaux avait entraîné un l'effondrement du crédit et de l'activité économique entre la fin de l'année 1997 et le début de l'année 1998. Après les Tigres, la crise avait gagné les Dragons (Hong Kong, Corée du Sud) et fin 1997, 12 pays émergents étaient touchés (Tigres, Dragons, Brésil, Argentine, Inde). Après une accalmie au début 1998, la crise avait redémarré dans la sphère financière, avait détruit en quelques mois un total de 600 milliards de dollars d'actifs et l'économie réelle s'était effondrée en réduisant considérablement le pouvoir d’achat des populations qui n’avaient plus accès au crédit (credit crunch comme aujourd'hui en 2009-2010 aux USA et en Europe). Durant l’été 98, la contagion internationale par le dollar comme monnaie d'échange et monnaie de réserve s'était confirmée, le risque était devenu systémique et avait provoqué le krach russe. La crise était devenue politique et le remboursement de la dette externe du pays se fait par l’émission de Bons du Trésor russe, dont le service occupait par la suite 35 % des dépenses budgétaires. L’État russe s'était mis en cessation de paiement en 1998 parce qu'il ne disposait pas comme les USA de l'arrogance criminelle de propulser sur la planète de la helicopter money et parce qu'il n'avait pas la capacité à vendre ses bons du trésor sur les marchés financiers internationaux. Pour les tenants du consensus de Washington, cette crise fut considérée comme la démonstration que le capitalisme libre et non-régulé était la seule possibilité, sans alternative, de développement économique, après la disparition du communisme et l’effondrement de ces pays asiatiques qui pratiquaient une troisième voie. Milton Friedman, Michel Camdessus et Alan Greenspan estimaient "que la crise était positive, car elle permettait d’imposer rapidement un modèle où l’État n’intervenait pas dans l’économie".

4) La palinodie américaine, débile et xénophobe à forte intention structurante de Caballero:

C'est pourquoi les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque Mondiale s'étaient abstenues de jouer leur rôle pendant la crise asiatique, et ses conséquences jouèrent un rôle important dans le développement de l’altermondialisme. C’est aussi elle qui poussa les pays du Sud à refuser les nouvelles mesures de libéralisation des marchés mondiaux proposées par l’OMC à Seattle en 1999. Ceci avait amené à l'échec des négociations de Doha en 2001 et à la prorogation à sine die de toutes autres négociations de libre-échange en 2007 et à la mort physique de l'OMC. Les analyses de Ricardo Caballero contiennent de manière subliminale l'échec des négociations de Doha. Les USA et l'Europe s'étaient immédiatement lancés dans une concurrence aux accords bilatéraux appelés APE (Accord de Partenariat Économique) et ALE (Accord de Libre Échange) qui avaient encore plus décuplé l'asservissement et l'infériorité économique des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et des PED (Pays en Développement). C'est en 2001 que la Chine avait lancé le G21, le Groupe des pauvres dissidents et réfractaires à l'assujettissement aux clauses de l'OMC et à ses "ingérences dans les affaires intérieures" des États-nations. C'est à cette époque que l'Afrique a lancé l'idée du "protectionnisme intelligent" parce qu'elle déplorait le déséquilibre croissant dans les échanges commerciaux imposés par les puissances économiques étrangères (L'Afrique est passée d'une soumission à une autre).

Ricardo Caballero constate (en cachette) dans son analyse que la globalisation s'est retournée contre les USA qui sont devenus tout aussi fragiles que les pays africains. Vous ressentez progressivement que Caballero et le Time sont entrain de faire procéder dans l'esprit des américains, mais en mauvaise part, une mutation idéologique de la conception de la globalisation. Cette mutation avait déjà immédiatement été réalisée dans les faits avec l'échec des Négociations de Doha, l'abandon pur et simple de l'esprit du libre-échange avec le musèlement par les milliers d'APE et d'ALE. La pensée de Cabalerro, qui semble n'être qu'une débile palinodie xénophobe, comporte une très forte intention structurante devant relier et réconcilier le trader américain et la mainstreet.


5) Stiglitz avait dénoncé le Consensus de Washington et l'OMC, mais Caballero du MIT en a peur:

Le consensus de Washington est une expression créée en 1989, par l’économiste John Williamson pour résumer les mesures standard recommandées aux économies d'Amérique latine en difficulté (crise Tequila) puis celles des Pays asiatiques, par les institutions financières internationales domiciliées à Washington (Banque mondiale, FMI - Fonds monétaire international) et soutenues par le Département du Trésor  américain. La Consensus de Washington est issu de l’idéologie de l’école de Chicago.

En écrivant son analyse dans le Time, Caballero craint que les USA s'engouffrent eux aussi dans un long isolement et dans une "décennie perdue" comme l'Amérique latine restée engluée après la Crise Tequila durant les années 1980 dans une profonde crise économique, dans l'hyperinflation dévastatrice qui détruit actifs, biens, épargne et retraite, dans la déstructuration sociale, le chômage de masse et dans les instabilités politiques. La crise de la dette extérieure avait écarté l'Amérique du Sud des marchés financiers internationaux et l'avait rendue exsangue avec un transfert net négatif de ressources financières de près de 25 milliards de dollars en moyenne annuelle en direction des USA.

Le paquet de réformes alors recommandées par le FMI, la Banque Mondiale et le Trésor américain aux États sur-endettés comportait systématiquement, comme solution à la crise de la dette accompagnée de récession et d'hyperinflation, la stricte discipline budgétaire parce que les déficits keynésiens n'étaient plus considérés comme la solution miracle, et donc la diminution des dépenses publiques, la libéralisation du commerce extérieur. Cette politique de libre-échangisme recommandait systématiquement l’abolition des barrières douanières et contingentements à l'entrée sur le marché et la libéralisation des investissements internationaux. Lors de la privatisation recommandée des monopoles ou participations de l'État, les fleurons des économies en crise passent alors grâce à la libéralisation des marchés financiers sous contrôle des capitaux étrangers avec la garantie du libre-établissement des services financiers dans tous les pays membres de l'OMC. Les pays économiquement inférieurs aux USA n'étaient pas structurés pour affronter cette libéralisation des échanges financiers et les actifs gagnés sur place ont été placés aux USA dans des fonds spéculatifs.

Caballero a peur de l'attaque des étrangers sur les USA qui viendra de ceux qui disposent actuellement d'actifs en excédent: les chinois. Caballero craint que le paquet du Consensus de Washington et de l'OMC ne dévaste à son tour les USA en l'écrasant comme ils l'on fait eux-mêmes avec les pays inférieurs à eux. La palinodie de Caballero est structurante et est un appel au protectionnisme des USA. La Chine et les USA se livrent déjà ouvertement à une guerre protectionniste sur des catégories de produits consommables comme des pneus ou des sac à main, etc. L'analyse de Caballero est entrain de légaliser les barrières douanières et les mesures protectionnistes ("...contrôler l'approvisionnement") et est déjà entrain d'expliquer que les USA ne veulent plus respecter la Cour arbitrale de Genève qui règle des conflits entre des membres de l'OMC, comme par exemple celui de Boeing / Airbus Industrie EADS.

Caballero rejoint avec sa palinodie débile et xénophobe la Grande Désillusion de Stiglitz qui appelait à une croissance partagée et aux solidarités mondiales. Stiglitz, qui avait démissionné de la Banque Mondiale, avait aussi souligné que de par le monde, dix pays à revenu intermédiaire avaient connu de 1994 à 1999 de graves crises financières qui avaient fait sombrer le niveau de vie, causé la chute du gouvernement et aggravé le sort de millions de personnes. Les décideurs avaient été confrontés à la menace de la contagion financière et les économistes de ces pays avaient remis en question le rythme et l’enchaînement des mesures de déréglementation et de libéralisation imposées par l'OMC. Caballero est plus simpliste: il accuse les investisseurs étrangers et leur demandent de simplement déposer leurs liquidités à la Fed', dans ce Fort Knox de carton. Caballero aimerait faire pression sur les investisseurs et gouvernements étrangers pour qu'ils fassent comme leurs grands-pères qui avaient déposé à Fort Knox tous leurs stocks d'or dans le Système Monétaire International adossé sur l'or. Les américains avaient dénoncé unilatéralement en 1973 l'étalon-or et le SMI en ne rendant pas l'or aux États qui le leur avait confié, sauf à la France de De Gaulle. Caballero peut tout aussi bien péter dans un violon, mais son analyse perpétue dans l'esprit des américains que le monde est une marchandise qui leur appartient, qui leur doit tout, allégeance et soumission... en échange de la protection militaire... Contre lui, il y a actuellement le Consensus de Pékin (chemins de fer, ports, barrages, amitié, respect mutuel, pétrole, minerais), les populistes de gauche comme Lula, Chavez... mais pas l'Europe toujours adulée de la statue de sa liberté du Colmarien aussi inébranlée qu'une cathédrale de dévotions.

6) Caballero voudrait garder l'avantage des armes financières des USA dans la guerre de la monnaie:

Lors de la Crise asiatique de 1997-99, les fonds de pension, les hedge fonds et investisseurs étrangers et principalement américains opérant dans ce secteur avaient perdu la plus grande partie de leurs actifs, et la crise menaçait de devenir une crise systémique planétaire. Washington avait alors comme à l’accoutumée déployé ses armes financières pour mettre en œuvre le Big Fat Bail-Out des fonds américains.

En l’espace de quelques mois la Russie avait connu la banqueroute d’Etat. Le Management des placements à long terme qui était l’un des acteurs majeurs sur le marché des produits dérivés financiers, avait sombré. Wall Street était au bord d’un effondrement inconnu depuis 1929. Le Dow Jones et le Nasdaq avaient plongé. Mais la Banque Centrale américaine, la Fed’ avait ouvert en grand les vannes des liquidités et stoppé momentanément l’incendie que les investisseurs américains avaient déclenché en Asie dans une activité de bulle spéculative et immobilière. Les américains avaient jubilé en racontant que la Fed' avait gagné. Cette victoire ne fut que de très courte durée parce que la Fed’ avait démontré aux spéculateurs et investisseurs américains et étrangers qu’elle était un partenaire fillable et qu’elle prendrait à sa charge les sauvetages en cas de crise. En absorbant les actifs toxiques et pourris des fonds américains, la Fed’ avait mis massivement sur les marchés financiers les liquidités qui ont nourri la prochaine bulle des valeurs technologie de 1998-1999, appelée crise dot-com Enron.

Dans des modèles d'entreprises issus des études de cas du MIT et de Harvard, les entrepreneurs échevelés s'étaient lancés dans des investissements en se promettant des rendements à deux chiffres qui rendaient la "vieille" industrie sans intérêt pour eux. Les investisseurs avaient bénéficié de la politique d'Alan Greenspan, Président de la Fed', qui avait offert durant 16 années de suite des liquidités à un taux directeur excessivement bas. Grâce à cet argent facile, la bulle avait très rapidement gonflé et l'euphorie avait fait doubler le Nasdaq en un an. Que ce soit pour les investissements dans la bulle asiatique ou dans les valeurs technologiques, les investisseurs américains agissaient en maître sur le sol américain ou à l'étranger, partout où une zone à potentialité de marge opérationnelle forte se présentait à eux. La mot de passe était "Capital Risk", "Risk Management", "OTC", tous ceux qui ne pouvaient prononcer ces mots étaient de demeurés tous justes bon à avoir un emploi posté avant d'être au chômage. Les projets industriels issus des modèles mathématiques du MIT et de Harvard comme des supercheries à grande échelles ne tenaient pas la route, et le concept de croissance durable n'était que quelque chose pour des 68huitards attardés ou des "french liberal socialists" plus apparentés à des dinosaures risibles et ringards, mais pas encore à de "la gauche de la gauche" ou de "l'ultra-gauche" ou des "verts utopistes, climatistes et décroissants" de 2009-2010. L'inventivité des projets économiques et des produits détournait l'industrie américaine de son savoir-faire industriel. C'est ce que dénonce aujourd'hui Caballero du MIT à partir du moment où tous les USA sont menacés par leurs propres investisseurs ou avec leurs produits issus de l'ingénierie financière américaine qu'ils mettent sur le marché. Les valeurs des actions dans le secteur technologique se sont effondrées aussi rapidement qu'elles avaient gonflé et en 2000-2002 toute l'économie américaine était entrée en dépression. A cette époque on avait commencé à faire le distinguo entre "économie réelle" et spéculation. La courbe bleue clair du graphique de la Deutsche Bank au début de cet article montre le spread entre ces deux formes d'économie. Sur le tableau cliquable à gauche établi par la Fed' nous pouvons voir que la Crise des technologiques avait fait perde 6600 milliards de $ aux actions, aux assurances-vie, aux fonds de pension et aux fonds d'investissements.


Ceci n’avait pas freiné dans ses élans Alan Greenspan, dit le Maestro, de baisser le taux d’intérêt directeur de la banque centrale américaine, la Fed', à un niveau jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale et pour la période la plus longue depuis la Grande Dépression. Il avait pompé dans l’économie américaine des liquidités à bon marché comme jamais auparavant. Alan Greenspan avait banni le risque et comme résultat la Fed’ avait prêté des dizaines de trillions (milliers de milliards) de $ qui se sont canalisés dans le marché de l’immobilier. Ricardo Caballero oublie de décrire ce comportement totalement fou du Président de la Fed’ qui avait été cautionné par les pouvoirs politiques du Congrès et du Sénat. Le gouvernement et la Fed' ont crié victoire en ayant "vaincu" la crise des valeurs technologiques. En ayant vaincu la Crise de la Bulle des technologique les USA ont créé, sans avoir besoin de l'intervention des investisseurs "étrangers", la bulle immobilière et des crédits hypothécaires dite des Subprimes (Housing Bust). Sur le tableau cliquable à droite de la Fed': les pertes de la bulle hypothécaire ont été 2,5 plus grandes que celles de la bulle des technologiques. 15500 milliards de $ de pertes pour les actions, les assurances-vie, les fonds de pension, les fonds d'investissements, les banques et assurances. Quel est ce modèle et ce système de société qui organise une telle destruction systémique et qui est voulue par les citoyens américains? En moins de 10 années l'économie américaine à détruit de son propre gré 22100 milliards de $. De son gré parce que depuis la crise des Tulipes, et la Crise de 29, et la Crise asiatique, tout américain savait. Ricardo Caballero aussi.

7) La PIIGS Propaganda et Caballero préparent la guerre xénophobe:

Et le Big Fat Bail-Out est poursuivi par Obama qui a ajouté avec Tim Geithner et Bernanke 30% du PIB en liquidités issus de la Helicopter Money, de la monnaie de contrefaçon. Obama attire comme il peut les investisseurs étrangers et crée la mère de toutes les bulles qui cette fois-ci va conduire à Weimar II, l'hyperinflation et la Grande Dépression II. Pourquoi? Cette fois-ci il les USA se dirigent droit vers l'effondrement obligataire de leurs Bons du Trésor. La comptabilité nationale américaine est tout autant manipulée que celle des banques lors du stress-test des 19 grandes banques. Depuis le début de la fin de l'hégémonie américaine économique en 2001 avec l'échec des négociations de Doha pour l'OMC et du modèle du Consensus de Washington, les USA ne peuvent plus empêcher leur effondrement pur et simple depuis 2007 avec la crise hypothécaire des Subprimes. C'est pourquoi les agences de notation font diversion en dénonçant dans leur poker les "Club Med spreads" ou bien encore les PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Greece, Spain), ou les UR PIIGS en ajoutant l'Ukraine et la Roumanie. La presse américaine traite indifféremment le sujet de la "Euro-Zone Debt Default Risk Crisis", la défaillance de la dette souveraine de ces pays à la périphérie de l'Europe en illustrant les articles avec des images de cochons. Ceci doit plaire à Ricardo Caballero avec ces "bailing out PIIGS", "fringe PIIGS", etc. Cherchez donc sur Google Images ou Google le mot PIIGS.

8) Caballero déplore le régulation introuvable:

Caballero est fâché contre les investisseurs étrangers qui ont acheté massivement des produits financiers dérivés. Nous pouvons confirmer que les particuliers, les investisseurs institutionnels, les banques étrangères, le Crédit Mutuel, la Société Générale, la Caisse d'Épargne, mais aussi des Communautés Urbaines, des Théâtres nationaux, des Communes se sont jetés, pour améliorer leur trésorerie, sur les produits financiers américains qui promettaient des rendements à deux chiffres. Les Campus universitaires étaient placardés des publicités pour AIG, les banques américaines, et nos étudiants étaient même très honorés de faire à l'œil leur Volontariat dans leurs bureaux à Detroit ou Chicago plutôt que de faire un stage rémunéré avec frais de déplacement payés. Mais on ne peut permettre à une putain d'en vouloir aux zonards du soir de venir exprimer leur rendement à deux chiffres. A Caballero du MIT non plus. Caballero ne peut se plaindre qu'une régulation plus stricte n'a pas existé pour empêcher les banques d’investissement US de créer massivement des produits financiers dérivés adossés sur des crédits hypothécaires accordés à des emprunteurs sans garanties et pour éviter que ces banques d’investissements ne vendent aux investisseurs étrangers ces produits dérivés comme des produits sûrs. Caballero ne peut se permettre de se plaindre, d'autant plus que le système politique américain et les lobbies financiers ont entreposé Obama à la Présidence pour ne pas instaurer une régulation.
 
La dérégulation américaine est une oeuvre collective voulue par l'ensemble de la société américaine. Les américains ne sont pas un peuple qui se laisse dicter la politique de son modèle et son système de société par des étrangers. John Dugan est un dérégulateur de la première heure et avait révélé en 1991 dans son livre „Modernizing the Financial System“ qui fait autant référence que les pensées de Augustus von Hayek et les publications de l’Ecole de Chicago et du Consensus de Washington. John Dugan ne voyait dans toute autorité de surveillance financière pas moins qu’un instrument de satan. John Dugan s’était amplement vanté de son travail de lobby quand le Glass Steagall Act avait été aboli en 1999. Pourtant nous savons que cette loi était parvenue à minimiser depuis 1933 le risque pour le système financier. Aujourd’hui, John Dugan est employé dans l’administration Obama. Vous savez qu’aux USA, quand un président est élu, c’est toute l’administration qui change du haut en bas jusqu’à madame pipi. John Dugan est actuellement "Comptroller of the Currency" au ministère des finances, c'est à dire contrôleur de la monnaie, du $. La personne qui avait poussé à octroyer les pleines libertés aux banques est dans le gouvernement Obama directement sous les ordres du Secrétaire d’Etat au Trésor, Tim Geithner, qui devrait officiellement prouver sa capacité à juguler les spéculateurs financiers qui sont de nouveau déchaînés en 2009 et 2010 et qui annoncent des milliards de bénéfices et des versements de milliards de boni.

Quand Obama mimait il y a deux semaines un courroux et menaçait de taxer les banques aidées par l'État et qui reversent des boni et qui font des bénéfices, John Dugan annonçait au même moment officiellement au Conseil d’Administration de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) qu’il était fermement opposé à ce nouvel impôt. John Dugan n’a pas changé de terminologie comme lobbyiste et contre le gouvernement Obama et son ami le plus proche est Tim Geithner, qui a toujours été extrêmement proche de Wall Street et du monde de la finance, tout comme beaucoup de Représentants démocrates du Congrès qui font partie du 1er cercle d’Obama. La Réforme de la Surveillance des opérations financières, qui était l'une des promesses électorales d'Obama, est régulièrement torpillée par eux dès qu’il en reparle. Aucune loi n'a été promulguée à ce sujet depuis une année de mandature d'Obama... parce qu'il n'existe pas la moindre des propositions de loi. Ce sont les sénateurs McCain et Cantwell qui ont déposé la proposition de loi de réinstaurer le Glass-Steagall Act. L'un est démocrate, l'autre républicain. Après 8 mois de débats, le Sénat a écarté les propositions de régulation avec une centaine d’amendements, d’exceptions et d'exemptions juste avant Noël 09 et le lobby bancaire a communiqué amplement sur son succès pour rassurer les "investisseurs" et les marchés financiers. Caballero serait inspiré de critiquer ceux qui maintiennent en vie le shadow banking system américain et qui lui offrent le Big Fat Bail-out.

9) Caballero ne critique pas le Hedge Fonds Cerberus qui a délocalisé et tué le Travailleur américain:

(à terminer de rédiger)

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24 octobre 2009

IASB, IFRS, Solvency II, Bâle II: Victoire de la Lutte des classes financières - Droit de cacher les risques

Le CIT Group, première banque américaine pour les PME, a fait faillite le dimanche 1 X 2009.

La faillite de la banque âgée de 101 ans est la plus grande faillite bancaire depuis celle du 15 IX 2008 de la Lehman Brothers et la 5ème plus grande faillite de l'histoire des USA.

La faillite du groupe de services financiers CIT, spécialisé dans les réseaux franchisés et commerces associés aura un impact sur des dizaines de milliers de détaillants et sur les dépenses de consommation représentant les deux tiers du PIB des USA.

Chaque G20 depuis l'automne 2008 s'était donné comme objectif de réformer les marchés financiers et leurs pratiques, d'éradiquer les paradis fiscaux, et d'instaurer la transparence sur les marchés financiers et de redirection de l'épargne.

Lire la suite...

1) Les junk bond, LBO, CDS/CDO sont aux entreprises les équivalents du Subprime, du Alt-A des prêts hypothécaires.

Le CIT Group se finançait avec ses activités financières selon la méthode Ponzi-Madoff en empruntant cycliquement sur les marchés financiers et en spéculant sur le marché des hypothèques (subprimes, Alt-A...). Ces deux activités étaient devenues l'activité principale du CIT Group au lieu de s'occuper de son vrai métier, le financement des PME, comme pour les départements financiers de Chrysler et de GM. Cette faillite est très grave et montre que les aides des plans gouvernementaux américains de sauvetage TARP, TALF, PPIP ne servent à rien et que l'économie américaine poursuit une très grave récession. Il n'y a pas de reprise. Le CIT Group avait reçu 2,3 milliards de $ à la fin de l'année 2008 et croyait pouvoir continuer à compter sur le club de Wall Street avec Obama Geithner Bernanke à sa tête. Mais ce trio ne pensait pas que CIT Group représente un risque systémique et ne lui a pas offert un second refinancement de ses dettes.

La faillite du CIT Group est-elle en contradiction avec le titre de mon article, la Victoire de la Lutte des Classes financières? Non. Les lobbies de l'Élite financière de la Lutte des classes exercent une énorme pression sur les G20 pour faire passer par IASB au plus vite les changements des normes comptables, et ils y sont parvenus. Il est juste trop tard pour le CIT Group, mais grâce au Chapitre 11 (protection légale US contre les créanciers en cas de faillite), il va organiser une "liquidation ordonnée" comme pour Chrysler, GM, etc et pour cacher encore plus vite ses positions toxiques en se restructurant comme l'ont fait en France la Caisse d'Épargne et la Banque Populaire. Le CIT Group prétendra aussi en même temps comme pour la CE et la BP "qu'à l'heure actuelle l'ampleur des dettes n'est pas encore connu". Le CIT Group va se diviser, comme Alistair Darling veut le faire avec les banques britanniques, et l'on ne saura plus vraiment faire la différence entre la good bank, la bad bank, la zombie bank. On saura juste que l'État est intervenu pour recapitaliser et que les contribuables, qui ont tout perdu dans le bail out gouvernemental, vont payer au moins pendant 20 années les dettes budgétaires créées pour sauver ces truands systémiques qui n'auront perdu qu'une partie de leur mise, car les banques et les créanciers passent avant l'État quand il y a liquidation d'une entreprise et remboursement sur la masse concordataire. Comme Chrysler et GM qui étaient détenus par le Hedge Funds Cerberus, le CIT Group était détenu par Carl Icahn qui avait acquis sa réputation de "pirate des entreprises". Il n'y a rien d'étonnant que le CIT Group ait dévoyé ses synergie dans le management financiers compulsif et spéculatif économicide. Son actionnaire majoritaire est le golden boy Carl Celian Icahn qui fit fortune en rachetant les junk bonds de Michael Milken en dans les branches industrielles à haut rendement du multimédia et de l'énergie: Icahn est le directeur de Blockbuster et le propriétaire d'American Real Estate Partners, XO Communications et American Railcar et possède des actions dans bon nombre d'autres sociétés comme National Energy Group, Hollywood Entertainment ou Yahoo!

Icahn est un digne successeur de Michael Milken sans en tirer les leçons, mais en faisant encore pire et dans une ampleur décuplée. Miachael Milken avait marqué son époque dans le domaine financier en travaillant durant les années 70 et 80 dans une banque d'affaires américaine, la Drexel Burnham Lambert qui n'existe plus aujourd'hui suite à son dépôt de bilan. On peut déjà affirmer que Cit Group a opéra comme la Drexel Burnham Lambert en étant spécialisé - comme Bernard Tapie à l'époque en France - dans le domaine des fusion-acquisitions. Milken avait inventé l'instrument financier particulier appelé junk bonds ou obligation pourrie (voir sous Wiki le classement des rating agencies, agences de notation). Le junk bond est dans le marché des crédits aux PME ce que le subprime est sur le marché des crédits hypothécaire. Cette innovation financière du junk bond reposait sur une analyse à propos des capacités d'endettement des moyennes entreprises à la fin de 1970. Il était admis qu'une PME était plus souvent dans l'incapacité de payer, de rembourser ses dettes – principalement sous forme d'obligations – que les grandes firmes qui, elles étaient jugées comme étant en bonne santé. Le pari de Milken, et de Icahn dans les années 2000 était de donner accès aux crédits à ces petites firmes pour qu'elles puissent se développer, mais que celles-ci fussent prêtes à honorer leurs dettes avec des intérêts bien plus élevés que la moyenne en ce temps. Communément, une obligation d'une grande firme offre 5 % à 8 % de rendement pour les créanciers; les firmes qui avaient eu recours au crédit de Milken par l'intermédiaire de Drexel, la banque, offraient jusqu'à 20 % ! Le marché des junk bonds connut rapidement un vif succès et les entreprises voulaient toutes de ce crédit miracle, même si les taux qu'elles devaient payer étaient trop élevés. Mais bien vite, ces obligations à haut rendement furent utilisées pour lancer des OPA hostiles (Offre Publiques d'Achat) sur des firmes aux résultats stagnants. Le raideur empruntait de l'argent grâce aux junk bonds, rachetait l'entreprise-cible qui était donc payée très, très cher puis pour rembourser son crédit, démantelait la firme rachetée et ne gardait que les actifs les plus intéressants. Cette période a fait et fait la fortune de Drexel et de ses banquiers, c'était l'ère de ces fameux golden boys comme R. Perelman, Carl Icahn, T. Boone Pickens... ou Madoff qui rachetaient tous ce qu'ils voulaient, les délits d'initiés sont évidemment fréquents. Les LBO (voir plus bas) financés par des banquiers comme Icahn avec son CIT Group, comme Milken avec sa banque Drexel restent dans les mémoires du monde financier comme les plus agressifs, les plus rapides et surtout les plus rentables, mais aussi les plus frauduleux et les plus responsables de système de faillites déchainés.

2) La planche à billet + 0% taux directeur de la Fed = taux d'intérêt négatif de 20%, carry trade et mégalo-bulle du risque

Le contenu de ce paragraphe s'est transformé en article de fond >>>  Berlin: deux décades perdues, et la Chute continue

3) Il y a plus grave que les bonus: le casino-capitalisme, le Traité de Lisbonne dont il faudra bien finir par parler

Je ne me suis jamais occupé des bonus réservés aux traders, raiders et associés qui forment l'élite la plus performante et la plus moderne de la Lutte des classes. Il gagnent toujours et sont servis par les politiciens, députés, sénateurs, ministres et partis politiques. Les boni ne m'impressionnent pas et le prince-président français comme les autres gouvernants se sont félicités au G20 de Pittsburgh d'avoir aboli quelque chose... qui n'existe plus sous sa forme ancienne parce que les salaires de toute la branche financière ont été augmentés de 30% en moyenne depuis un an pour contourner les éventuels interdits et pour laisser les masses discuter de quelque chose qu'elles comprennent à la différence de la régulation des produits financiers dérivés, c'est à dire du casino-capitalisme.

La discussion sur les bonus est le dernier rempart avant la discussion sur le fond du pourquoi de notre système économique.
Le ministre gauche-droite Besson a encore inventé un sous-forum final: celui du pourquoi de la برقع en France (burka).

Vous avez pu constater que je n'attendais rien du G20 de Pittsburgh, comme je n'avais rien attendu du G20 de Washington de novembre 2008 et du G20 de Londres d'avril 2009 que les médias vendaient en souscription comme le Bretton-Woods II. Le hold-up des USA sur le monde et sur le FMI continue pour soutenir, avec de la création monétaire artificielle ou synthétique, le $ comme monnaie de référence. La grande décision du G20 de Pittsburgh a été de poursuivre la relance des Green Shoots et de préparer la 3ème bulle des subprimes avec la planche à billets. Chaque G20 est en général dénoncé quelques jours après par ses organisateurs.

Souvenez-vous aussi du comportement de la Ministre Française, Christine Lagarde, qui vient de s'opposer à la dernière loi du Parlement français qui a été votée pour instaurer une surtaxe spéciale et temporaire sur les bénéfices des banques, justement de ces banques qui empruntent à taux zéro auprès de la banque centrale (BCE pour l'Europe) pour faire des affaires financières juteuses sans pour autant distribuer des crédits aux particuliers et aux entreprises qui en demandent pour réaliser leurs projets industriels et commerciaux. L'État a été trop lâche, a offert un 1/2 trillion aux banques pour réaliser leur bail-out (sauvetage) sans pour autant rentrer dans leur capital ou émettre des exigences de gouvernance. Cette loi a été votée au Parlement français le vendredi 23 Octobre 2009, mais a de suite été annoncée comme relevant d'une "erreur technique" et sera à nouveau soumise au vote. L'État continue à engraisser les banques avec l'argent public ou les dettes publiques avec l'appui des ministres et de la majorité des Députés du Parlement (ou du Congrès américain). L'État orchestre la Lutte des Classes au grand bonheur du monde financier et a organisé le plus grand transfert de toute l'histoire des richesses à partir du budget de l'État et de l'endettement, de la défiscalisation des entreprises (abolition de la Taxe Professionnelle): l'unique groupe bénéficiaire du transfert est celui des traders, des banques, des assurances, des instituts financiers.

Donc je ne vais toujours pas vous entretenir des bonus, mais de ce qui a constitué le cadre de la crise financière et qui entraine à présent la crise du crédit, de la production et qui apporte le chômage de masse des peuples, la misère économique, la désolation sociale et familiale et d'ici peu la Grande Dépression et l'hyperinflation. Dès avril 2007 je vous parle d'une crise en U-shape, en forme de U, dans laquelle le fond du U sera très long. Deux générations futures seront sacrifiées et vont payer pour les dettes des papy-boomers et de leurs challengers victorieux, les quinquas et les quadras, voir les vingtas qui vont porter le nom générique de Jean. Car la dette des papy-boomers n'est pas celle de la Sécurité Sociale, mais celle du système financier de leur Casino-Capitalisme mariné dans leur Globalisation qui doit apporter démocratie et développement, ou apporter le bien-être et tendre au plein-emploi comme le promet le Traité de Lisbonne.

4) Éliminer le Risque et le prix du Risque avec IASB, IFRS, Bâle II,
les Fonds Propres Réglementaires, LBO, CDS/CDO, la Directive Européenne.

Dès le début grandiose de la crise, le 15 IX 2008, avec l'abandon du soutien à la Lehman Brothers par la Fed' et le gouvernement américain, je vous ai offert de longues analyses sur les Normes Prudentielles Comptables de Bâle II et de IFRS. Pendant des mois, j'étais seul, même en Grande École de Management, a traiter en continu de ce sujet que j'avais identifié comme étant la Pierre de Rosette qui permettait de lire la crise qui n'était pas ladite crise des subprimes, mais celle du système financier. Derrière Bâle II se situe la philosophie économique du Comité de Bâle et de la réelle Banque Mondiale, la BRI - Banque des Règlements Internationaux. Cette philosophie est la création de richesses avec annulation de la prise en compte du facteur risque, autrement dit avec la multiplication de l'effet de levier pour chaque euro, ou chaque $ prêté. Pour faire plus simple, il s'agissait de faire du business en réduisant au maximum la Couverture par les Fonds Propres et en multi-mutualisant le risque. Il est admis qu'une couverture de 7 à 8 % est suffisante pour les banques pour pouvoir répondre sainement et sereinement aux défaillances des emprunteurs qui ne peuvent plus rembourser leurs emprunts. (Photos: Ålesund, été 2009)

A la fin des années 90 et suite à la Crise du Millenium (crise de l'épargne et des profits, savings and loan crisis), la crise DotCom Enron, il fallait "démocratiser", compresser ou éradiquer les coûts du risque et rendre honorable et légal les activités d'enrichissement du turbo-capitalisme de ces R. Perelman, Carl Icahn, T. Boone Pickens, Madoff, Soros, Warren Buffet, ces Pères de cette élite financière.

Avec le système de Bâle II et des normes prudentielles comptables IFRS et de la Directive Européenne Fonds Propres Réglementaires (CRD), il était admis qu'une couverture de 2 à 3 ou 4%  était bonne et suffisante à partir du moment où les instituts financiers publiaient tous les trimestres le bilan des actifs pour informer les investisseurs financiers. Dans ce système pyramidal à la Madoff-Ponzi, la publication trimestrielle en phase ascendante de bulle spéculative nourrissait le caractère euphorisant du rendement à deux chiffres et donnait à ces publications trimestrielle une qualité compulsive. La bulle entretenait cette Élite de la Lutte des classes qui nourrissait la bulle et l'accroissement de la valeur des actifs n'était que sui generis et n'avait rien à voir avec du développement ou de la croissance. Il y a moins de 20 ans, les entreprises réalisaient le chiffre d'affaire avec 90% d'activité productive et 10% de management financier; en 2008 les entreprises réalisaient leur CA avec 90% en management financier. Le travail productif et commercial n'était qu'un alibi pour jouer au financier (Voir les filiales financières en faillite de Chrysler, de GMAC, de Ford, de Peugeot, de Renault qui sont renflouées par l'État sous-couvert de plan de relance). GMAC a extorqué 1,5 milliards de $ en 2009 au gouvernement allemand pour recapitaliser sa filiale européenne Opel et va licencier 10.000 ouvriers en Allemagne, pour finalement garder Opel dans son groupe.

Obama, à cheval sur son fréquentiel, vient de demander à Tim Geithner, Secrétaire américain au Trésor, de recommencer à mettre en œuvre ses bail outs à répétition pour les mêmes abonnés qui ont dévoyé toute activité économique dans du management spéculatif et financier: la GMAC va être aidé pour la 3ème fois et recevoir dans les prochains jours 5,4 milliards de $. Puis, AIG, GM, Citi, Bank of America, Chrysler vont aussi ouvrir le goulot. C'est du Ponzi gouvernemental légal. Yes. Recovery? Reprise économique? Pour être au courant heure par heure des banques US en faillite il y a le site The Bank-Implode-O-Meter. 17,8 maisons individuelles ont été abandonnées par leurs emprunteurs détenteurs du "titre de proriétés"i, et restent vides. Plus d'un million de maisons individuelles appartiennent à des "propriétaires" pour lesquels la faillite individuelle a été déclarée.

La Lutte des classes financières n'avait rien de démodé alors que tous nos politiciens de droite et de gauche nous ont fait croire pendant 20 ans que la scission droite gauche était ringarde, finie, dépassée et qu'ils parvenaient à faire passer les revendications sociales des masses laborieuses pour de l'extrême-gauche, de la Gauche de la Gauche, voire de l'ultra-gauche

Pour vous, faire passer les exigences de fonds propres réglementaires de 7/8 % à 3 ou 4% ne semble pas être dramatique ou tragique, mais ceci permet de faire passer l'Effet de levier de 20/30 à 50, 60 ou plus encore. Autrement dit: une banque prête 50 à 80 fois plus qu'elle ne dispose en réalité, en pariant sur la santé financière des emprunteurs de bonne foi et en pariant sur la croissance infinie. Ces instituts financiers, banques et assurances sont aujourd'hui techniquement en faillite au Royaume-Uni, aux USA comme ils l'ont été en Islande et comme ils le sont en Irlande. Pour l'Irlande, il faut laisser fonctionner l'Omertà, car l'Irlande est dans la Zone euro, il fallait lui faire cracher la ratification du Traité de Lisbonne avec une prime de 54 milliards d'euros versées aux cinq banques irlandaises. Pour le Royaume-Uni, savez-vous que la BCE soutient le £ et achète en masse des Gilts, les Bons du Trésor britanniques? Bruxelles a tellement besoin du modèle néo-libéral de la City pour bétonner son modèle de la Concurrence libre et non-faussée du Traité de Lisbonne.

Imaginez-vous en plus de cet imbroglio d'affaires des banques commerciales que les banques d'investissements ne sont pas tenues d'avoir des fonds propres réglementaires, et imaginez-vous qu'en plus il y a le système de shadow-banking par lequel ont été diffusés en dehors de la Bourse plus de 600.000 milliards en produits financés dérivés adossés comme des CDS / CDO, qui sont des systèmes d'emprunts et d'assurances sur défaillances de l'emprunteur, en sachant que toutes ces opérations sont des OTC (Over the Counter), des opérations de gré-à-gré qui sont hors-bilan, et pour lesquelles personne n'est vraiment capable d'avoir une vision statistique et une vision que l'ont pourrait faire passer par un système de comptabilité analytique et de comptabilité nationale. Ces 600.000 milliards (600 trillions) sont des transactions financières qui se font en dehors du circuit des marchés financiers, qui offraient en temps de croissance des bénéfices spéculatifs non soumis au contrôle des autorités administratives et non soumis à l'impôt. C'est un système de blanchiment de l'argent, tant que nous nous trouvons en période de croissance ou de positions toxiques et pourries dès le moindre des retournements de tendance économique. En 2009 le nombre de faillite de banques petites et moyennes non repêchées par les bail out est de 106, elles représentaient 106 milliards en actifs.

Sur le graphique cliquable à gauche vous pouvez voir que les 29 premières banques US sont en faillite à cause de leur mégalo-spéculation. Elles sont toutes des risques systémiques. Légendes: Billions = Milliards. Derivatives = la Bulle des CDS, les assurances sur défaut de paiement des crédits. Assets = les Fonds Propres. Attention: 4.807% = Quatre mille huit cent sept pour cent. Pour les seuls USA on estime la Bulle des CDS à 200 trillions = 200.000 milliards de $. Et pourtant, toutes ces banques annoncent des "bénéfices"... Goldman Sachs a un levier d'endettement de... 34262%. Ce tableau ne montre que la bulle des CDS dans le bilan de ces banques et non pas toutes les autres positions toxiques comme les subprimes, les Alt-A, les MBS... Vous comprenez que cette Élite de la Classe financière lutte pour cacher les risques, qu'ils soient les positions toxiques comme les assurances sur défaut de remboursement des crédits (CDS).

Ce système mégalo-spéculatif a été mis en forme avec les Normes Prudentielles Comptables intitulées Bâle II et Normes IFRS rédigées par le Comité de Bâle et par IASB. Cette mégalo-bulle des CDS/CDO qui fonctionne hors bilan et de gré à gré (Over The Counter) révèle dans l'économie nationale son existence et sa réelle ampleur lors d'un inversement de croissance, et sa chute se déchaine de manière surdimensionnée lors d'une Dépression et de l'éclatement de cette bulle. A partir du moment où le croissance disparait, ou où apparaît la Dépression les détenteurs de ces certificats, de ces titrisations (CDS / CDO) se trouvent en manque de liquidités, voient leurs actifs s'effondrer et perdent toute garantie bancaire et ne peuvent plus obtenir de nouveaux emprunts auprès des banques ou de l'argent frais sur les marchés financiers ou sur les marchés financiers actifs en bourse. La crise financière de ce shadow-bankig Ponzi-Madoff-Bush-Obama se transforme en crise économique, etc... L'aspect euphorisant et compulsif de ce cadre de normes comptables prudentielles de ce système mégalo-spéculatif était nourri et soutenu depuis 1990 par cette Élite de la Lutte de sa classe, mais devient subitement démodé et à réformer. Cette Élite bien classée travaille à sa Réforme depuis l'automne 2008 à l'aide de ces Lobbies dont les meilleurs des portes-paroles sont les membres du G8 qui siègent aux G20 et le Club de Wall Street avec à sa tête Obama et Bernanke-Geithner qui étaient déjà membres actifs dans le système mégalo-spéculatif précédent des Bush-Paulson-Greenspan.

Le risque des investisseurs privés "qui n'existait plus" depuis les années 90' - parce que multi-mutualisé - devient subitement gênant. L'État Providence bancaire est déjà venu depuis l'automne 2008 pour éponger la première partie devenant visible des effets négatifs de ce risque et arrose les banques et systèmes financiers de trillions en aides et plans de sauvetage ou avec le prochain "Grand Emprunt" en France. Mais la partie cachée n'en fini pas de se révéler. Que faire? Au fur et à mesure que les banques et assurances entremêlées prétendent refaire des bénéfices - grâce aux assouplissements légaux des normes Comptables IFRS et IASB, le risque continue d'apparaître en révélant à n'en plus finir des actifs toxiques et des positions négatives que l'on faisait passer pour être dormants. Dites-vous bien que nous ne sommes pas encore arrivés en octobre 2009 dans la crise économique mondiale et que la troisième "Crise des Subprimes" est déjà préparée par Obama en personne, par la Federal Housing Administration et le Ginnie Mae, et par la Fed' qui crée du $ de contrefaçon sur la planche à billet de Paper Mill on the Potomak. Mais avant cette troisième Crise des Subprimes nous allons entrer dans la Crise de la bulle des Alt-A qui sera aussi grande que la crise des subprimes.

Cette philosophie débridée du Casino-Capitalisme qui est née après la Chute du Mur de Berlin avait été perçue et mondialement vendue par les Bush comme la "Victoire de la Guerre froide" par l'Ouest sur l'Est. Le shadow-banking est une hypothèque sur deux générations. qui vont payer pour la cupidité des papy-boomers supplantés par les quinqua, quadra et les Jean-vingtas dits "fils-de". Le spéculateur aime gagner, et faire payer les autres ses propres risques en les multi-mutualisant jusqu'à la prise en charge publique par les contribuables. Mais comment faire pour organiser ce vol? La ministre française Christine Lagarde vient aussi aider cette Classe dans sa lutte financière et va faire revoter lundi la Loi votée "par erreur technique" du Parlement sur la surtaxe temporaire des bénéfices bancaires réalisés avec les aides publiques payées par les contribuables pour que les banques puissent faire comme d'habitude des jeux de trésorerie et "assainir leurs positions".

Obama, chef du gang Ponzi et du Club de Wall Street, est aidé par le lobby IASB et par Bruxelles. Il n'a plus besoin de s'agiter seul avec Tim Geithner, son Secrétaire fédéral au Trésor, et Bernanke, Secrétaire de la Fed' (Banque Centrale américaine), pour venir en aide avec brio dans cette Lutte des Classes financières. Plus besoin de falsifier un Stress-Test des 19 grandes banques, le système légal vient en aide pour falsifier les bilans et cacher les risques.

En droit, la certitude nait de la Stabilité du Droit. Dans le système des affaires, la Certitude nait de la Stabilité des Normes Comptables. Si le Droit ou les Normes sont élastiques nous retomberons dans l'arbitraire, le népotisme, le système des gangsters. Je sais exactement pourquoi j'ai titré un de mes billets "Y a-t-il un Eliot Ness pour arrêter Obama". Obama, comme les autres gouvernants, n'a ni la force ni l'envie de s'opposer à la privatisation de la Création de Monnaie. La planète est tellement perdue moralement qu'elle se constitue un héros comme elle se prépare un rôti à consommer et cuit aux micro-ondes pour que ça aille plus vite: elle a décerné le Prix Nobel de la Paix à Obama qui bavarde en poursuivant la politique économique spéculative Greenspan-Bush-Madoff et son œuvre de guerre mondiale. Le Financial Times Deutschland avait publié un article intitulé le "Ich-bin-nicht-Bush-Preis" ( le Prix-je-ne-suis-pas-Bush). Tim Geithner, actuel Secrétaire américain au Trésor de l'administration Obama, avait été auparavant Secrétaire de la Fed' de New York sous la direction d'Alan Greenspan de la Fed'. Tim Geithner avait aussi été chargé par Clinton d'organiser dans le cadre de l'OMC la mise en place de l'Accord sur les Services Financiers (Financial Services Agreement), qui avait promu l'ouverture et la libéralisation totale de ces services dans tous les États membres. La libéralisation totale est la dérégulation totale. Obama est un Janus, mais sa face cachée a le dessus. Geithner a été l'acteur majeur de la révocation en 1999 de la loi Glass-Steagall, c'est à dire de la confiscation de la Fed' et de la création monétaire du $ par Wall Street. Le Congrès avait révoqué en 1999 la loi Glass-Steagall passée en 1933 pendant la Grande dépression pour interdire les banques de fusionner les activités (banque commerciale, banque d’investissement, assurances), une fusion qui est à l’origine de la grande crise financière 2008-2009.

Après avoir eu l'autorisation de manipuler les bilans, et d'assouplir les normes comptables, le lobby financier IASB continue son chemin victorieux suite aux 12 décisions majeures qui ont conduit à la confiscation de la Banque Centrale et de Wall Street appuyée ensuite par des trillions d'aides publique des plans TARP, TALF, PPIP, et autres plans de Sauvetage et "de Relance". Quant à la Stabilité du Droit, nous estimons qu'elle est garantie par le Législateur. Quant à l'élasticité des Normes Comptables, elles est garantie par IASB, Bâle II, le Comité de Bâle, et d'autres clubs qui défendent l'Indépendance de la Banque Centrale, pour mieux la dominer de l'intérieur et de l'extérieur. Ce que j'ai appelé plus haut la confiscation de la Banque Centrale est un oxymore pour la Fed' qui est une fédération de 18 banques fédérales américaines régionales dans lesquelles les banques privées sont actionnaires. Ceci signifie que le Dollar est émis par une société privée à peu près anonyme à côté de Paper Mill on the Potomak où il est imprimé sur la planche des billets, quand il est imprimé (fiat currency).

Cette semaine le Trésor américain va procéder à ses assaisonnements habituels pour soigner les amis de Wall Street et pour encore essayer d'empêcher que le $ ne s'effondre. Lundi matin 26 octobre 2009 la Fed' va émettre pour 116 milliards de papier monnaie et de Bons du Trésor avec échéance à 2, 5 et 7 ans. Lundi après-midi 26 octobre le Trésor va émettre en plus 30 milliards en obligations et 7 milliards en TIFs (Tax increment financing) qui sont des Bons pour des dépenses en anticipation des rentrées fiscales futures. Mardi 27 octobre le Trésor va émettre pour 44 milliards de contrats à terme sur 2 ans. Mercredi 28 le Trésor va émettre pour 41 milliards de contrats à terme sur 5 ans. Le zombie devient junkie. Jeudi 29 le Trésor va émettre pour 31 milliards de contrats à terme sur 7 ans. Cette simple semaine le Trésor américain aura donc fait marcher la planche à billets à hauter de 182 milliards de $.

5) Bruxelles sous la tutelle de la transparence d'un bureau domicilié dans le Delaware.

Qui va se charger de la tâche de faire rentrer le vol et les détournements de fonds dans un cadre légal? Le Janus Obama-Madoff? Le doublon G8-20? Le G8-20 est un appareil de parade qui n'a aucune valeur juridique au niveau du droit international mais qui prend des décisions normatives qui engagent ou affectent les peuples de toute la planète. Pour faire payer aux peuples le grand vol spéculatif à hauts risques multimutualisés et non couverts des années 90' et 2000', il faut donc s'appuyer sur le Bureau des standards comptables internationaux, plus connu sous son nom anglais de International Accounting Standards Board (IASB - Site officiel), qui est l'organisme international chargé de l'élaboration des normes comptables internationales IAS et leur déclinaison européenne IFRS. L'homologue normalisateur américain est le FASB (Comité des normes comptables et financières - Financial Accounting Standards Board, Site officiel). L’IASB est un organisme privé dont le siège est à la City de Londres. Mais l'IASB est sous la tutelle de l’IASCF (International Accounting Standards Committee Foundation) créé en février 2001 sous la forme d'une entité à but non lucratif non gouvernementale enregistrée dans l'État du Delaware aux États-Unis.

Nous pouvons donc affirmer que les normes comptables européennes IFRS (Règlement CE n°. 1606/2002 dit "I.F.R.S. 2005") sont mises sous la tutelle d'une entité à but non lucratif domiciliée dans le Delaware aux USA. Les International Financial Reporting Standards (IFRS), sont plutôt considérées comme des normes européennes, bien que le processus de développement soit dominé par des experts anglo-saxons. La culture comptable anglo-saxonne est surreprésentée au sein du IASB c'est pourquoi, il est difficile de reconnaître le caractère européen des normes IFRS. Cette culture comptable anglo-saxonne constitue aussi le corpus du Traité de Lisbonne et de la Partie III du TCE qui y a été reprise in extenso mais avec d'autres numérotations d'articles et sans être regroupés sous un grand titre.

IFRS obéissait au double objectif d'harmoniser les différentes législations nationales et de les rapprocher du modèle américain: US GAAP. L'Europe, quoiqu'elle prétende d'elle-même, a toujours voulu être conforme aux États-Unis et s'en est toujours donnée les moyens et les cadres juridiques communautaires, quitte à faire du zèle (conf. OMC vs APE). Il ne manque plus que Tony Blair à la présidence de l'Union Européenne. Tony Blair est l'étalon des optings out, ces dérogations accordées au Royaume-Uni et à l'Irlande pour leur permettre de rendre la concurrence encore plus "libre" et encore plus "non faussée" et pour forcer au dumping social l'Europe continentale selon le modèle anglo-saxon.

La société française qui ne sait pas régler ses problèmes essaye de s'identifier avec sa fiction habituelle d'ennemi et fait pour cela rentrer dans les consciences de ses habitants de France la notion de l'ultra-gauche jusqu'au Mistral dans le prime de la série-B "Plus belle la vie" avec des rebondissements tout aussi fictifs d'une cellule terroriste. Cette Élite de la Lutte des classes financières est tout autant ultra-criminelle. Je conseille aux réalisateurs de cette série-B, NS, le Ministre Besson et MAM, de rédiger d'autres épisodes.

6) IASB, FASB, IFRS promettent transparence et clarté

  1. L'IASB a pour principaux buts "d'élaborer et de publier des normes comptables internationales pour la présentation des états financiers et de promouvoir leur utilisation au niveau mondial".
  2. Le FASB a pour mission "d'établir et d'améliorer les normes de comptabilité et d'information financière pour l'orientation et l'éducation du public, y compris les émetteurs, auditeurs et utilisateurs d'informations financières."
  3. Les normes IFRS - International Financial Reporting Standards ou normes internationales d'information financière, plus connues au sein de la profession comptable et financière sous leur nom anglais, sont des normes comptables, élaborées par le Bureau des standards comptables internationaux "destinées aux entreprises cotées ou faisant appel à des investisseurs afin d’harmoniser la présentation et la clarté de leurs états financiers."
L'enjeu des normes IFRS: après les scandales financiers du début des années 2000 en Europe et aux États-Unis (crise "DotCom", Enron, WorldCom…), les pouvoirs publics se sont attachés à renforcer la qualité de la communication financière afin de rétablir la confiance du public, des épargnants et des investisseurs. Ce vaste mouvement s’était traduit par l’adoption d’un ensemble de textes dont l’objectif commun était  l’amélioration de la sécurité financière. L’année 2005 a ainsi vu l’application des normes IFRS (International Financial Reporting Standards, dénommées jusqu’en 2001 normes IAS pour International Accounting Standards) existant depuis 1973, destinées à toutes les entreprises faisant appel public à l’épargne. Les grands fonds d’épargne collective comme les fonds mutuels, les fonds de pension, les compagnies d’assurance détiennent depuis l'année 2000 plus de 50 % des actions des entreprises cotées. L'adoption et l'application des normes comptables internationales au sein de l'Union européenne sont régies par le règlement (CE)1606/2002 du 19 juillet 2002. Ce règlement européen du 19 juillet 2002, en imposant aux entreprises faisant appel public à l’épargne de présenter leurs comptes consolidés selon les normes IFRS, vise principalement à "garantir une meilleure transparence comptable". En effet, la présentation des comptes de ces entreprises selon des normes harmonisées doit en faciliter la compréhension et surtout la comparaison à l’échelon de la région européenne et à l'échelon international.

7) La Norme Comptable de la Juste Valeur des actifs d'une entreprise (Fair Value + Mark to Market)





La logique comptable de ces normes comptables IFRS repose sur quelques points en particulier: l'option de Valorisation à la juste valeur des actifs et passifs (Fair-Value + Mark to Market), la primauté de la substance sur la forme, l’approche prioritairement bilancielle (et non économique, durable), la prise en compte prioritaire de la vision de l’investisseur, le principe de prudence subordonné à celui de neutralité et de pertinence, l’absence de textes spécifiques à un secteur d’activité, la moindre reconnaissance de la comptabilité d’intention (de management entrepreneurial), la place plus importante qu’occupe l’interprétation dans l’application des normes.




Cette information comptable élaborée grâce aux normes IFRS doit être

  1. "intelligible": son lecteur doit pouvoir se forger une opinion sur l’activité de l’entreprise à la simple lecture des informations comptables,
  2. "pertinente": les informations doivent permettre au lecteur de prendre des décisions économiques appropriées sur le futur de l’entreprise,
  3. "d’une importance relative" : une information comptable ne doit être divulguée que si et seulement si elle apporte des éléments utiles à la prise de décision. Ce seuil de signification, comme le disent les auditeurs financiers, dépend du jugement du professionnel. Par exemple, une baisse de l’activité économique de l’entreprise peut-être importante en volume mais non significative par rapport au chiffre d’affaire généré par le groupe.
  4. "fiable", utilisée sans risque d’erreur. La fiabilité repose sur quatre principes fondamentaux : la neutralité, l’apparence juridique, la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique et le respect de l’image fidèle...

Je vous écrivais plus haut dans cet article qu'en droit, la certitude nait de la Stabilité du Droit et que dans le système des affaires, la Certitude nait de la Stabilité des Normes Comptables. L'investisseur financier ou entrepreneur doit connaître la juste valeur de son acquisition ou de ses actifs et être en mesure d'apprécier le provisionnement (couverture en fonds propres) des banques & assurances en cas de défaillances ou de revers des marchés.

La juste valeur (I.A.S. 32) est le montant pour lequel un actif pourrait être échangé, ou un passif éteint, entre parties bien informées, consentantes, et agissant dans des conditions de concurrence normale (juste et non faussée...). Le principe de l’évaluation des actifs à leur juste valeur représente un impact majeur pour les établissements de crédit mais aussi pour toutes les entreprises qui ont des participations financières importantes. Plus que toutes les autres normes, ce principe de Juste Valeur rompt avec l'esprit de la comptabilité française notamment et remet en question les principes comptables "de base" dans la mesure où elle modifie certains concepts du formalisme comptable. La comptabilité "traditionnelle" enregistre l'acquisition d'un bien, un titre, etc... et ne revient sur cette valeur dite "historique" qu'au moment de la cession de ce titre, moment où l'on enregistre, au compte de résultat, une perte ou un gain. Le principe de la juste valeur oblige, si l'on sait que ce titre ne vaut plus que la moitié par exemple, à reconnaitre une perte "potentielle" et de montrer aux investisseurs potentiels et aux actionnaires la réalité économique du patrimoine de l’entreprise plutôt qu’une réalité comptable.

Les normes comptables mondiales IASB/FASB sont basées sur une même culture des affaires anglo-saxonnes d'investisseur s'appuyant sur le postulat de la sécurité offerte par la "Fin de l'Histoire" (Francis Fukuyama) et du consensus universel de la croissance sans fin qui trouve son résumé dans l'euphorie de la valorisation à la juste valeur des actifs d'une entreprise. L'euphorie de la valorisation à la juste valeur partait de l'intention politique Bush-Greenspan-Tony Blair du Casino-Capitalisme et avait un impact politique parce qu'elle se voulait être en même temps la preuve du bien-fondé de cette vision toujours gagnante de la concurrence libre et non faussée qui apporte le bien-être et qui tend au plein-emploi.

La valorisation à la juste valeur est en réalité uniquement la légitimation du concept de valorisation issu de cabinets privés d'audit financiers et des agences de notation. Cette valorisation à la juste valeur a entrainé la modification du comportement des managers qui se sont acharnés à créer du rendement financier comme EADS-Airbus ou Chrysler ou Merckle Ratiopharm par exemple. Avant l'application des normes IFRS et des normes comptables prudentielles Bâle II, en cas de perte de la valeur des titres et actifs possédés, il était judicieux au niveau comptable d'attendre un hypothétique rebond de ces actifs avant de les revendre, pour ne pas faire état de pertes sur titres. Ces normes comptables IFRS ne permettent pas de faire la différence entre avoirs propres et dettes, parce que l'on n'a pas envie d'installer dans la vision économique du monde qu'il y a des dettes et des risques dans toute activité.

Les grands spéculateurs, les Fonds de Pensions, les Hedge Funds, les Vulture Funds, les Banques & Assurances, les Banques d'investissement, les Monoliners, etc... ne veulent pas voir l'Origine de la Crise dans le Greed, le Comportement spéculatif  cupide, déraisonné et à haut risque, mais dans les normes comptables IFRS et les Normes Prudentielles Comptables Bâle II. Pour cette Élite de la Lutte des classes financières "l’évaluation des actifs financiers à la juste valeur (Fair-Value + Mark to Market) est à l’origine des importantes dépréciations constatées par les sociétés menacées de faillite". Pour cette Élite, "la combinaison des IFRS et des règles Bâle II pour les organismes financiers conduit à des anomalies. Les règles prudentielles des banques sont basées sur des instruments de mesure, sans aucun filtre qui ont un effet procyclique dévastateur en temps de crise qui nécessite une réflexion pour restaurer la cohérence des deux références". Les membres de l’IASB, estiment au contraire que "l’application des normes IFRS a permis d’afficher en toute transparence l’état et la nature de la crise. La méthodologie de la juste valeur est certes le pire des systèmes si on exclut toutes les autres méthodologies. La crise de confiance qui affecte largement les marchés financiers pourra être dépassée dès lors qu’on aura renforcé la transparence et multiplié les révélations." Un réel débat a lieu entre les investisseurs et les experts anglo-saxons de la comptabilité mais en réalité IFRS et Bâle II ont été conçus dans l'esprit de la Fin de l'Histoire en oubliant qu'il peut exister des crises économique.

8) Réviser les Normes comptables IFRS/Bâle II/Solvabilité II ou falsifier les bilans? Ou les deux?

Bâle II et Solvency II sont des normes comptables dont le seul objectif est de valoriser les instruments financiers. Par ces deux systèmes se réalise la comptabilité des entreprises qui font appel à l'épargne publique comme les banques, les banques d'investissements, les assurances, les fonds spéculatifs, les société cotées ou non en bourse, etc... Ces normes comptables ne s'intéressent pas à l'impact sur la volatilité des comptes qui peut se transmettre à l'économie toute entière. Il s'agit pour la nouvelle Norme en projet d'établir des critères appropriés pour la comptabilisation des actifs et passifs réglementaires de ces entreprises.

Nous pouvons normalement admettre que l'application de la méthode de la Juste Valeur et de Mark to Market a entraîné des critiques envers les normes comptables IAS / IFRS  depuis la "Crise des Subprimes" puisque ces normes exposent les sociétés à une très forte volatilité aussi bien de leur compte de bilan que de leur compte de résultat. Un retour à la situation antérieure qui ne prenait pas comme Norme Pivot la Juste Valeur me parait normal pour mettre fin à ce management financier des entreprises qui conduit à la plus grande crise économique que toute l'humanité n'ait connue. Le problème est que ce retour à la situation antérieure va se faire aujourd'hui au moment où les actifs détenus ne valent plus rien ou se sont très fortement dépréciés.

Ne plus mettre à la disposition du public la juste valeur réelle des actifs équivaut aujourd'hui à du maquillage de bilan et de la falsification des documents comptables. Les banques & assurances anticipent depuis un an la modification des Normes bilanaires et se remettent à déclarer des bénéfices en gardant dans les caves cadavres et informations sur pertes et dépréciations d'actif. Mais là aussi, on fait comme si ces actifs allaient de nouveau s'apprécier au moins à leur valeur antérieure, alors que la valeur antérieure était déconnectée de l'activité réelle des entreprises et seulement synchronisées sur l'activité spéculative d'une bulle des CDS / CDO, des LBO et d'autres produits financiers dérivés, sophistiqués et adossés sur d'autres produits dérivés financiers adossés, etc... Multi-mutualisation des risques = système pyramidal Ponzi-Madoff. Même si l'intention n'est pas dolosive et criminelle de modifier en cours abrupte de route les normes comptables dites prudentielles, le vol sera durable et les pertes comptables se révèleront tôt ou tard comme étant des pertes de résultat d'entreprise. Même si certaines banques feignent de rendre en partie les aides de l'État, elles profitent des taux d'intérêts voisins de zéro des Banques centrales et achètent et vendent en masse des produits qui rapportent, ne serait-ce que 1 ou 3% pour assainir et consolider leurs situation comptable. L'aide de l'État destinée à recapitaliser les entreprises faillitaires à cause de leurs activités de management financier spéculatif consacre la victoire définitive de l'Élite de la Lutte des classes financières en lui offrant la sur-multi-mutualisation de ses risques inconsidérés et encourus.

La personne humaine est moins chanceuse car l'État lui réduit régulièrement la mutualisation du risque dans le domaine de la santé, du chômage en lui expliquant que les caisses de l'État sont vides.

L'Élite financière du monde de la Lutte veut que "les normes comptables soient constituées de la sorte qu'elles ne mettent pas en danger la stabilité des marchés financiers" et les grands investisseurs "menacent l'IASB de se retirer totalement du marché des actions". Cette menace fait sourire quand on sait que plus de 70% des transactions financières se fait Over The Counter (OTC), hors bilan et de gré à gré avec le négoce des CDS/CDO et des LBO. L'Élite financière recherche en réalité un sanctuaire pour ramener leurs opérations d'affaires financières dans le secteur "officiel" et visible par tous et craint en même temps que ces opérations financières soient évaluables dans une comptabilité nationale et donc aussi par les autorités fiscales qui pourraient un jour se remettre à parler de la taxe Tobin-Spahn sur toute forme de transaction financière.

Comment faire pour bénéficier en même temps d'un "parapluie fiscal" les mettant à l'abri d'une éventuelle taxation, et d'un cadre de prospérité spéculative sans frein au plaisir?

Les assurances argumentent par le fait qu'elles détiennent sur un terme assez long des obligations d'emprunteurs et que cela n'a pas de sens à ce que les titres avec lesquels ces obligations sont assurés (CDS/CDO) soient "trop intégrés" dans les bilans. Cet argument est fallacieux pour les assureurs, parce que justement les assurances ont réorienté le centre de gravité de leurs activités dans le négoce de ces produits dérivés. Les faillites de AIG (qui reste la plus grande faillite de toute l'histoire américaine) ou de la WaMu, mais aussi de la Bear Stearns, de Lehman Brothers, de Fannie Mae et de Freddie Mac, etc en sont la preuve. Cet argument est fallacieux donc aussi fallacieux pour les banques et les banques d'investissement parce que les assurances sur défaillance du créditeur (Credit Default Swaps - CDS) ont poussé les entreprises à se surendetter pour des projets de nature financière, pour des fusions et des acquisitions avec plus de 90% des financements de ceux-ci à crédit (LBO), pour réaliser des achats à crédit d'actifs ou de titres, d'actions et d'obligations... alors même que leurs activités industrielles normales ne leur permettent jamais de leur donner les moyens de les réaliser, etc...

Il y a eu confusion d'activité entre le métier des banques, de banques et fonds d'investissement et des assurances. Il y a eu confusion entre les capitaux propres et les dettes, entre les actifs et les positions qui devinrent vites toxiques et pourries à cause de la philosophie économique anglo-saxonne du casino-capitalisme. Le Leveraged Buy-Out (LBO) qui est le financement d'acquisition par emprunt, consiste à racheter une société en ayant recours à l'endettement bancaire en générant un effet de levier facilitant l'acquisition et la défiscalisation du projet. Les banques ont elles-mêmes confondu leur rôle avec celui des private equity, ces fonds d'investissements qui ont principalement opéré à l'aide de ces LBO dont le seul objectif c'est de transformer les entreprises rachetées et momentanément détenues en machines à cracher du rendement opérationnel à deux chiffres en tendant à dépasser 15 à 20% ce qui peut être possible sur un court terme de 3 à 5 ans maximum (voir EADS - Airbus).

Le rendement habituel d'une "bonne" entreprise est de 3 à 5% au grand maximum si elle est dirigée avec un bon management entrepreneurial et non un management financier. 15 à 20% sont possibles techniquement mais non soutenables socialement et ne sont pas durables. Après quelques années ces entreprises sont revendues avec une "juste" valeur qui n'est qu'une photo instantanée et qui est donc totalement surcotée, parce qu'un rendement à deux chiffres n'est jamais soutenable sauf pour une start-up ou dans les nouvelles technologies. Pour en ajouter à ce greed, cette cupidité, les banques se sont empruntées entre elles, puis ont financé et couvert ces opérations LBO avec des CDS, ces crédits sur défaillance de l'emprunteur pour multimutualiser leurs risques et la volatilité financière qu'elles ont organisée aux dépens des entreprises et dans leur mégalo-bulle de l'acquisitionnite spéculative dont elles ont fait l'unique moteur de l'économie toute entière. De l'euphorie compulsive de l'acquisitionnite et de la spéculation compulsive nous passons après 15 ans de jeux à la révélation "déceptive" de ce qu'est une Économie: un jeu lent de mises en présences de synergies, et pour ceux qui l'ont oublié de synergies humaines. Il faudra donc que la nouvelle version de Solvency II, et que le futur Bâle III cessent de concevoir l'analyse comptable comme une opération de financiarisation de l'économie, mais qu'elle se mette à la concevoir comme de la durabilité développementielle (néologisme du Cimbre) qui n'est pas un oxymore.

Cette reconsidération des conceptions, normes et pratiques comptables ne se fera pas parce qu'au sommet de cette pyramide Obama-Ponzi-Madoff-G20 l'État se montre comme étant toujours, avec son idée dévoyée de Croissance, comme le grand insuflateur d'aides publiques issues des contribuables et d'argent de contrefaçon (planche à billet dans les Banques Centrales + Droits de Tirage Spéciaux - DTS dans la Banque Mondiale, transformée en Ministère Globale des Finances) et comme celui qui éponge les dettes criminelles et économicides de cette Élite de la Lutte des classes financières. Les banques et assurances ne veulent pas non plus comprendre, aujourd'hui, en phase d'éclatements de bulles, que leur porte-feuille de positions doit être évalué chaque trimestre pour des valeurs et des titres adossés sur des produits financiers dérivés soumis à de fortes variations de cotation ou de notation car cette volatilité et cette surcotation des entreprises qu'elles ont générées ne doivent pas être cachées du public. Cette obligation imposée par IFRS et par Bâle II devrait les obliger à garder une portion plus importante de leur capital en fonds propres pour couvrir leurs risques et éviter un run, c'est à dire une panique sur les marchés financiers nécessitant une course à des liquidités, une revente à perte de ces titres adossés, une dépréciation massive et en chaine de ces titres, etc... un krach. Dans ce système on ne sait plus qui est l'impresario de qui. Les banques sont-elles l'impresario des assurances? Les assurances jouent-elles le rôle d'impresario des banques? Les banques commerciales comme Crédit Mutuel, Société Générale, Caisse d'Épargne... jouent le rôle d'investment banker et les banques revendent des assurances contre la défaillance des emprunteurs (CDS). Dans ce système on ne sait plus qui veut, peut, doit porter la responsabilité des actes. Ceci est appelé la multi-mutualisation du risque. La multi-mutualisation du risque n'est rien d'autre que le système pyramidal Ponzi et Madoff. Une affaire de dépossession de biens à très grande échelle pour créer de la croissance au profit d'une classe financière toujours en Lutte gagnante.

Les banques et assurances qui connaissaient depuis toujours le risque encouru par des pratiques généralisées à la Kerviel-Madoff ne veulent toujours pas prendre les mesures nécessaires pour se couvrir de leur propre comportement à haut risque qu'elles encourent et qu'elles déversent sur l'État et le refinancement par les contribuables et la dette publique. Pourtant deux générations futures vont payer pour elles. Cette Élite financière réclame une assurance contre le défaut d'assurance des produits financiers dérivés adossés sur des assurances. Cette Élite financière réclame une assurance contre le moral hazard, l'aléa moral. Pourtant JP Morgan, inventeur des CDO/CDS, avait prouvé que cette assurance de la multi-mutualisation du risque ne peut exister. Nous connaissons cette vérité depuis Bartholomäus Welser (1484-1561) ou depuis la crise des Tulipes (1636).

(Photos: Bergen, été 2009) Les assurances, spécialistes du risque à couvrir et de l'enrichissement sur le risque à couvrir, se rappellent régulièrement à l'Ordre du monde pour expliquer comment il faut faire pour gagner de l'argent et faire gagner sans risque de l'argent.

En 2005 Henri de Castries, président du directoire du groupe Axa ou Thierry Derez, président-directeur général d’Azur GMF–Maaf avaient dit à la Séance plénière de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA): "La prise de risque conditionne la croissance: le monde est dominé par un modèle d’économie marchande issu de la révolution de 1989 permettant d’apporter la démocratie, par la circulation du capital, de la technologie et de l’éducation. Mais, alors que le monde s’enrichit vite, l’Europe paraît un peu en retard. Cet univers est favorable à la prise de risque, et il n’est pas de progrès ni de croissance sans prise de risque. .../...

Depuis la chute du mur de Berlin, il n’y a plus de risque sur le système lui-même: le triomphe de l’économie de marché est irréversible. Mais les défis de l’intérieur (affaire Enron…) sont parfois plus difficiles à relever. Les mesures réglementaires peuvent définir les nouvelles règles (note du webmestre: les recommandations de Bâle2), mais en partie seulement: une part d’autorégulation est nécessaire afin de renouer avec la confiance. Par exemple, la subjectivité introduite dans les normes comptables crée un espace de risque à gérer.  .../...

L’Europe, en particulier la France, est à la traîne, notamment par manque d’entrepreneurs « schumpeteriens », liant le capitalisme au risque et au profit. Cela est-il dû à un problème de valeurs? .../...

Au cours de la récente crise financière (note du webmestre: affaire Enron/Worldcom de 2002/03), contrairement aux prévisions concernant les dérivés de crédit, la transformation des marchés financiers a éclaté le risque, créant une multimutualisation et améliorant la sécurité du système. Cette capacité de transfert des risques constitue une opportunité pour l’assurance, c’est plus une source de progrès que d’opacité. Les régulateurs n’ont cependant pas les moyens de suivre ces évolutions. Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d’analyse économique, estime à ce propos qu’il faut affiner la réglementation prudentielle et se demande si une accumulation de risques entre les mains d’agents non régulés est source de risque et affecte la transparence. .../..."

Vous pouvez lire ces appels à l'autorégulation par les assurances et les investisseurs eux-mêmes qui ont été rédigées par Christian de Boissieu dans ces "Entretiens de l’assurance – 2005". Il en a été de même pour Bartholomäus Welser, de profiter de la mondialisation du Nouveau Monde, du commerce des épices, de l'or, des esclaves. Welser avait été autorisé à transporter 4000 esclaves noirs vers le Vénézuela. Le titre de la séance plénière de la FFSA était "Quelles protections pour quel dynamisme économique?" Il relève des écrits de Bartholomäus Welser (autour de 1510) ou de Christian de Boissieu (en 2005) qu'ils étaient parfaitement conscient des risques de leur modèle d'entreprise. Vous voyez dans ces Entretiens de la FFSA qu'il n'était pas ridicule d'affirmer que "le monde est dominé par un modèle d’économie marchande issu de la révolution de 1989 permettant d’apporter la démocratie, par la circulation du capital, de la technologie et de l’éducation". Nous fêtons le 20ième anniversaire de la Chute du Mur de Berlin. Je suis le seul à parler des Deux Décennies Perdues depuis cet accès à la "liberté globale". Non, je mens, j'ai vu la semaine dernière sur un site de placements financiers bloomberg.com le même titre: The two lost Decades. Mais il s'agissait de la chute du Dow Jones qui avait atteint des records à plus de 38900 de points d'indice et qui chute depuis 20 années. Il y a 8 jours on a fêté son retour au-dessus de la barre des 10.000.

Pour les assurances, une exigence généralisée de publication trimestrielle de la juste valeur des actifs jette les bases de Solvabilité II (Solvency II) qui est la réforme réglementaire européenne du monde de l'assurance. Dans la lignée de Bâle II, l'objectif de Solvabilité II est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d'assurances et de réassurance avec les risques financiers que celles-ci encourent dans leur activité. La marge de solvabilité en fonction des risques financiers avait été réglementée pour les banques avec la Directive CRD - Directive Européenne Fonds Propres Réglementaires et n'avait pas empêché la spéculation compulsive sans couverture du risque justement à cause de la faille de la trop grande marge d'interprétation voulue par les textes rédigés par le Comité de Bâle dans les Recommandations de Bâle II et déclinés tels quels dans cette Directive Européenne. C'est au tour de l'Assurance de voir sa réglementation s'adapter pour intégrer le risque. Après Solvabilité I qui prévoyait une marge de solvabilité déterminée en fonction de pourcentages sur les primes et les sinistres, la réglementation des assurances passe à des règles plus complexes intégrant le risque, soit par l'application de formules standards, soit par la prise en compte de trois piliers d'analyse et des modèles internes comme pour la Directive CRD. C'est justement ces "modèles internes", ces démarches internes de qualité, cette auto-régulation par le système lui-même qui a prévalu dans Bâle II, IAS/IRFS, la Directive européenne CRD et qui sera reprise dans Solvabilité II.

Solvabilité II encourage les compagnies d'assurance à adopter la démarche ERM (Enterprise Risk Management, un référentiel de contrôle interne) afin qu'elles soient en mesure par elles-mêmes (principe d'autorégulation de Henri de Castries de la FFSA) d'apprécier et de mesurer leurs risques. Au-delà de la simple validation d'une check-list, l'autorité de contrôle aura les pouvoirs de contrôler la qualité des données et des procédures d'estimation, des systèmes mis en place pour mesurer et maîtriser les risques au cas où ils se matérialiseraient. L'autorité de contrôle aura aussi le pouvoir d'imposer une marge de solvabilité complémentaire (capital add-on), sous certaines conditions, dans le cas où il aura été jugé que les risques ont été mal appréciés par la compagnie. Solvabilié II est une copie conforme de la Directive Européenne Fonds Propres Réglementaires pour les banques ou les entreprises opérant sur les marchés financiers et faisant appel à l'épargne publique. CRD et Solvency II sont des parades qui simulent une transparence, une régulation, une réglementation, un contrôle par une Autorité de Contrôle. En réalité les banques avaient pu opérer à leur guise pour attirer les investisseurs et les faire passer dans le presse-purée pour qu'ils crachent leur cash et celui de leurs actionnaires. Tous ces modèles d'appréciation et de mesure des risques par les entreprises agissant dans le secteur des marchés financiers étaient trop différents les uns par rapport aux autres et ne permettaient dans la réalité de la pratique l'établissement d'une norme lisible par n'importe quel investisseur, si bien que ce sont les agences de notations qui étaient la référence. En n'oubliant pas que les donneurs d'ordre et financeurs des agences de notation sont les entreprises notées. Il en sera de même avec Solvency II si des mesures claires sur la réglementation des agences de notation et sur la diffusion de l'information fiable et transparente ne sont pas prises.

Mais pour l'élite de la finance, cette réglementation Solvabilité II est déjà une réglementation de trop, malgré les failles qu'elle génère elle-même comme dans Bâle II et CRD, où toute interprétation est possible pour permettre la "libre entreprise" ou la liberté de l'investisseur à investir toujours plus dans la "course à la performance". Les assureurs dénoncent les "Ayatollahs des bilans comptables qui siègent dans IASB" et qui rédigent les normes comptables IFRS. Pour le Directeur général de Axa, Henri de Castries, la vision à court terme qui exige l'évaluation et la publication trimestrielle des titres agit de manière négative sur le résultat.

9) Victoire de la Lutte des classes financières
- Les risques pourront rester cachés

J'ai volontairement semé la confusion depuis le haut de mon article entre le Bureau des standards comptables internationaux, plus connu sous son nom anglais de International Accounting Standards Board (IASB), et le lobby de l'Élite de la Lutte des classes financières qui travaille auprès, devant ou contre IASB, parce qu'au final de chaque procédure de préparation de réforme de normes comptables, la comptabilité des entreprises doit être orientée vers les marchés financiers et non pas sur la pérennité des activités industrielles et commerciales, le durable dans la croissance. (Photo: Trondheim, été 2009)

Le lobby des assurances a réussi à arracher (demander) au si anglo-saxon et londonien IASB que les entreprises d'assurance pourront soustraire de leur compte résultat une partie des actions. Les assurances seront aussi autorisées à augmenter de manière significative leur porte-feuille en actions. Ceci permet d'un trait de plume d'augmenter de manière conséquente la valeur boursière de ces sociétés. Les assurances n'ont plus besoin de craindre de déclarer trimestriellement la dépréciation de leurs actifs comme des pertes. Par contre les assurances sont toujours autorisées à déclarer les dividendes de leurs actifs (actions) comme des bénéfices. Vous pouvez vous imaginer l'effet euphorisant pour les investisseurs qui ont besoin de la Certitude basée sur la stabilité des normes comptables. Le Tout-bénéfice est légalisé par IASB grâce au lobby des assurances. Le Législateur, alias le Parlement, n'a qu'à se plier et Bruxelles avec, car cet accord flanque à terre Solvabilité II qui de toute manière n'aurait été qu'une parade de régulation comme la Directive CRD. Au prochain ECOFIN et au prochain G20-Finances en Écosse la question des IFRS et de Solvency II sera évoquée au côté de question sur la candidature de Tony Blair à la Présidence de l'UE.

La décision de IASB aura des conséquences pour les marchés financiers comme pour des millions de titulaires d'assurance-vie. A la Bourse, un nouveau marché à la hausse est à prévoir. Par exemple le seul marché allemand des assurances-vie couvre 1100 milliards d'euros. Si les groupes d'assurances n'augmentaient en Allemagne que de 5% leur portefeuille d'actifs ceci offrirait des embouchées à 55 milliards d'euros supplémentaires et ferait augmenter le cours des actions et permettrait d'offrir aux clients des assurances-vies un plus fort rendement de leur placements, mais aussi de leurs risques qu'ils encourent, mais ces risques encourus resteront cachés et l'euphorie de bulle spéculative pourra continuer à faire son œuvre. Les assurances resteront libre d'élaborer leur modèle d'évaluation et de contrôle et pourront faire riper dans la partie autorisée à rester cachée les actifs connaissant "temporairement" une dépréciation. Cette nouvelle norme IASB fait comme si dans les 20 ans à venir l'économie des pays industrialisée connaîtra une croissance forte ou simple et n'aura pas à éponger les dettes dues aux plans massifs de bail-out et de "relance" des années 2008 à 2010 et n'auront pas à lutter contre la crise systémique de solvabilité (subprimes, Alt-A, Primes, et tout les emprunteurs) qui va éclater d'ici peu de temps, puis à lutter contre  l'hyperinflation qui sera autorisée à envahir la planète pour faire artificiellement disparaitre ces dettes publiques tout en appauvrissant à long terme les pays, les ménages, les Travailleurs.








Vous avez dit G20?













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19 août 2009

Le fonds Cerberus dépossédé de ses actifs par des vampires plus forts que lui

Le 4 juin 2007 je vous avais exposé que le Fonds Cerberus s'était jeté sur Chrysler pour le vider de ses actifs, ce qu'il a aussi réussi avec brio. J'avais aussi exposé le 19 novembre 2008 mon indignation de voir que le club de Wall Street, avec à sa tête Geithner Bernanke et Obama, avait fait cadeau de 34 milliards de $ pour sauver Chrysler et GM, dans laquelle Cerberus détenait aussi 80% des parts. Aujourd'hui je vous annonce que Cerberus fait lui-même l'objet du greed (cupidité) des marchés financiers et d'autres hedge fonds.

Visitez le site de Cerberus et regardez sur son Portofolio les liens vers les entreprises qu'il a vidées de ses actifs (en bon français, qu'il a acquises).

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Cerberus, le Fonds prédateur et vautour, est entrain de connaître un lemming run. Ses investisseurs sont entrain de lui retirer très massivement leur confiance et leurs fonds. Cerberus vient de se voir retirer 5,5 milliards de $, ce qui représente 71% de ses actifs selon le Wall Street Journal. La raison est l'insatisfaction face aux pertes du Fonds Cerberus, mais aussi le besoin de liquidité chez les investisseurs qui ne trouvent plus d'argent frais sur le marché financier et qui doivent eux-mêmes couvrir leurs pertes. Stehpen Feinberg, co-fondateur de Cerberus avec William Richter, "est surpris d'un tel comportement".

Cerberus avait été avant la crise l'un des Hedge Fonds les plus chanceux. Mais l'erreur de management financier n'épargne pas les Hedge Fonds et les Fonds de Pension eux-mêmes et le rachat à Daimler de 80% de Chrysler et la prise de participation majoritaire dans GM par sa branche financière GMAC qui restait la seule branche depuis 5 ans à produire des "bénéfices". Aujourd'hui, il ne fait plus de doute que ces bénéfices étaient fictifs (à la Madoff Ponzi) avec des marges opérationnelles réalisées dans la spéculation sur les crédits hypothécaires et sur l'assurance de ces crédits hypothécaires et des autres formes de crédits par l'intermédiaire de la création et du négoce des titrisations appelées CDS ou CDO, en espérant qu'il y aurait toujours de plus en plus de crétins qui achètent ces titres adossés sur rien depuis bien longtemps (Crise des Tulipes).

Suite à l'insolvabilité de Chrysler et de GM et à l'issue des aides de sauvetage gouvernementales versées par Washington, Cerberus a perdu le contrôle de ces groupes industriels, de toute façon voués à la faillite depuis plus de 5 ans à cause d'un management industriel préhistorique. Je vous ai expliqué dans mes articles dès 2007 que 2/3 des activités de ces groupes automobiles étaient réalisés dans des opérations d'investment banking et de hedge fonds. La punition est sévère, mais des millions de travailleurs sont mis au chômage et des millions de retraités ne touchent plus leur retraite et n'obtiennent que de subsides de l'État et ne bénéficient plus de soins médicaux des-dites caisses privées d'assurance maladie.

Le Hedge Fonds Cerberus est traité de la même façon qu’il a maltraité et vidé les entreprises dans lesquelles il avait réalisé des prises de participations spéculatives. L’objectif d’un Hedge fonds et d’un Fonds de Pension ne repose pas sur du management d’entreprise qui doit nécessairement s’orienter sur du moyen et du long terme pour lui permettre une pérennité. Le Hedge Fonds, encore plus que le Fonds de Pension, s'affaire à dégager d’une entreprise le plus vite une marge opérationnelle à deux chiffres en la rationalisant à outrance, en annulant toute dépense d'investissement et de modernisation, en licenciant en masse son personnel..., puis de la revendre dans cette position fictive de santé financière. Ces fonds sont comparés à des criquets qui s’abattent sur des champs de blé. Cette fois-ci ce sont les actionnaires de Cerberus qui punissent directement Cerberus en lui retirant la confiance et les milliards investis. Tous les fonds de pension et les hedge fonds ont connu depuis un an une dépréciation sur les marchés boursiers et financiers allant jusqu’à 2/3 de leur valeur initiale ou jusqu'à la liquidation. Les investisseurs n’ont plus confiance en leur propre système de cupidité ou doivent trouver eux-mêmes des liquidités pour couvrir leurs propres pertes.

Le Hedge Fonds Cerberus Capital Management veut alors rompre avec ses années de pratique et casser ce qui a fait son mode de vie, à savoir de partir massivement d’une entreprise pour faire un même coup spéculatif dans une autre entreprise. Cerberus veut empêcher ses actionnaires de partir et veut prendre des mesures qui les fixent pour une durée de trois ans.

Cerberus Capital Management lutte contre des rumeurs selon lesquelles plusieurs de ses Fonds sont en situation d’insolvabilité. Cerberus s’était donné comme raison sociale le nom du chien des enfers de l’antiquité grecque et était il y a encore un an l’un des investisseurs financiers les plus bénéficiaires. Les entreprises tremblaient déjà en entendant simplement que Cerberus étudiait leurs comptes et les actionnaires se ruaient vers lui par avidité criminelle qui détruit l'outil de production.
 
Le Groupe Cerberus Capital Management s’est mis dans cette situation après avoir investi à perte et par pure mégalomanie 15 milliards de $ dans Chrysler et dans la filiale financière GMAC, qui agit elle-même comme un Hedge Fonds, à l’image de Porsche avant que ce dernier ne se mette lui-même depuis un an en situation de faillite technique. Chez Porsche, les bénéfices étaient de très loin plus important que le chiffre d’affaire, mais ces pratiques irresponsables de management financier ont aussi entrainé sa chute et son rachat par Volkswagen, alors qu’il était prévu que ce soit Porsche qui rachète Volkswagen.

Cette mégalomanie n'est pas une spécificité américaine ou allemande. Peugeot ou Renault sont des Hedge Fonds adossés sur de la construction automobile qui n'est plus qu'un alibis économique. Les banques captives de PSA (Peugeot-Citroën, PSA) et de Renault ont titrisé les actifs de leurs groupes dans leurs filiales PSA Financial Service et Banque PSA Finance et Renault RCI Banque. Renault ou Peugeot-Citroën (PSA) ont exercé un autre métier au travers de leurs départements Financial Products. Peugeot Société Anonyme (PSA) s'est aussi  bien amusée avec les mortgages (crédits hypothécaires et subprimes) et a détourné dans la spéculation de titres les actifs gagnés avec les ventes des automobiles, tout en délocalisant et en payant au rabais son personnel ouvrier et employé. Il en va de même pour Renault. PSA et Renault, qui ont perdu des centaines de millions d'euros avec les opérations de titrisation ont reçu 9 milliards d'euros comme "aide" financière de l'État français. C'est tellement monstrueux que l'on a de la peine à le croire. Ces groupes automobiles avaient déjà obtenu 5 milliards d'euros de la SFEF qui est la Société de Financement de l'Économie en France qui a été inventée par l'état français suite à la grande crise de la finance mondiale.

Le deuxième G20 finance de Londres et des banques

Le G20 finance de Londres du 5 septembre 2009 engage, avec des nouveaux milliards issus du chapeau-claque, l'intensification des plans conjoncturels de sauvetage ou de relance - on ne sait plus trop bien - avec la politique monétaire et financière expansionniste, et, à la différence du G20 de Londres de novembre 2008 qui ne l'avait même pas évoquée, il rejette le proposition du ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, SPD, d'introduire la taxe Tobin-Spahn. La stricte observance des normes comptables dites "prudentielles" de Bâle II est aussi maintenue et l'obligation des fonds propres ne fait que l'objet d'un bavardage caché derrière le bruit des Bonus. qui a occupé tous les débat à la place du sort des millions de Travailleurs qui sont mis au chômage ou contraints au travail partiel. La politique reste l'art du réel, à savoir d'organiser le transfert des savoirs, des pouvoirs et des richesses d'une classe sociale à une autre. Malheureusement la légion des travailleurs n'a plus la force et n'a plus envie de s'organiser pour rétablir l'équité. Depuis la Chute du Mur, la légion des Travailleurs, les partis politique dits de gauche, les syndicats se sont laissé aller, par collusion avec le discours global de l'élite financière et par la "fluidification" des rapports avec le patronat, à une déflation culturelle et sociale. Je rappelle qu'en Allemagne, les 35 heures avaient été obtenues après 8 semaines totales de grève de tout le secteur de la métallurgie, de l'électrotechnique et de l'électronique. Et en Allemagne on ne fait pas grève comme on va à la pêche.

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28 décembre 2008

2ème Crise des surliquidités, mensonge et escroquerie planétaires de la Fed' et de la BCE - Global Meltdown 2009

Je vous ai déjà expliqué que Madoff est un enfant de chœur face au système systémique des marchés financiers. Aujourd'hui je vais vous raconter que Madoff est un enfant de chœur comparé à Alan Greenspan, Ben Bernanke, JC Trichet.

"Ce que nous savons avec certitude, c'est que les épisodes spéculatifs ne se terminent jamais en douceur. Il est sage de prédire le pire, même s'il est, selon la plupart des gens, peu probable."  Les travailleurs intérimaires, puis les autres, puis tous ceux qui possèdent des actions et de l'épargne payent cher aujourd'hui la confirmation du jugement formulé par l'économiste américain John Kenneth Galbraith. (Photo: Alan Greenspan, ancien Gouverneur de la Fed' et Bartholomäus Welser, financier et escroc des Habsbourg, 1484-1561)

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Mon article est composé de 5 paragraphes.

Vous prendrez conscience de l'ampleur millénaire de la crise économique de 2009.

  • 1] La spéculation des Tulipes de 1636: effondrement de la bulle spéculative
  • 2] Bartholomäus Welser (1484-1561), la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (2005):
          effondrement du système financier des risques cumulés
  • 3] De la crise des sur-liquidités au Global Meltdown 2009
  • 4] Crise de sur-liquidités, mensonge et escroquerie planétaires:
          le coût de l'argent n'est pas défini par la Fed' ou la BCE, mais par le LIBOR ou l'EURIBOR !!!
  • 5] Et l'Europe, l'Euro?
    Obama ne pourra pas empêcher la Banqueroute d'État des USA en 2009

La létalité de l'économie mondiale semble encore n'être qu'une lubie des pessimistes qui avaient critiqué l'ère du "turbo-capitalisme" transformé dès la Chute du Mur de Berlin en économie de vaudou et d'analystes financiers sur lesquels toute décision politique n'avait plus de prise ou de volonté de définir des mesures de régulation et de contrôle, de peur de voir venir s'abattre la vengeance des marchés. Il était aussi agréable pour les politiciens de n'avoir plus à gérer ce pour quoi ils n'avaient de toute façon plus été élus, à savoir la cohabitation économique des peuples, voire la prospérité pour les plus éblouis par le "progrès". Il avait été agréable pour les décideurs politiques de se déresponsabiliser de la chose publique, tout en feignant d'avoir le ton grave.

Tout le monde fait encore aujourd'hui comme si la crise dite "des subprimes", puis du "credit crunch", puis de l'économie mondiale ne va pas mener a l'effondrement globalisé et du système monétaire et de l'échange international. C'est Noël, c'est les fêtes de fin d'année, et à présent un épisode tellement télégénique, l'invasion de la bande de Gaza ravit les yeux. Pourquoi s'imaginer que nous sommes assis sur une chaise qui tombe? On ne sent rien. C'est même euphorisant toutes ces chutes et faillites autour de nous. Le Kassler de la St Etienne frémit donc dans son eau pendant encore 40 minutes.

Un faux médicament est administré à une crise non identifiée et les Plans de Sauvetage des banques spéculatives (bail out), de Restitution de la Confiance sur les Marchés financiers, de Relance économique ne font qu'exercer un effet démultiplié de levier sur la crise à venir que j'appelle le Global Meltdown 2009. Le G20 de Washington (dit Bretton Woods 2), le G4, les Plan-s "Européen-s" avec les "Boîtes à Outils" amplifient la chute au lieu d'y remédier. Le déni d'Europe est aussi fort que le retour tonitruant des mesures nationalistes. Quel genre de guerre va étouffer cette fois-ci réflexes et instincts destructeurs? Même le Conseil fédéral suisse planche sur un projet d'envoi de soldats

qui participeraient à un contingent de l'ONU chargé de protéger les navires contre les pirates dans le golfe d'Aden.

Pour être informé sur la crise, il ne faut surtout pas lire la presse française comme le Monde. J'ai mis dans mes favoris le Financial Times, le International Herald Tribune, the Independent, the Guardian, die Frankfurter Allgemeine Zeitung (centre-droit Francfort), die Tageszeitung (gauche alternative de Berlin), la Tribune de Genève, la Board of Governors of the Federal Reserve System, la Economic Research de la Federal Reserve Bank of St Louis, la Federal Reserve Bank of St Louis, le Financial Crisis Website de la St Louis Fed', la Federal Reserve Bank of New York, le Market Watch (Wall Street Journal.digital), le MarketOracle.eu (le Free Financial Markets Forecasting & Analysis web-site), le Economist.com, le Irish Times, le Scotsman..., comme les vents d'ouest ils amènent la pollution à nos oreilles.


  • 1] La spéculation des Tulipes: effondrement de la bulle spéculative

Graphique ci-dessus: crise de la Tulipe de 1637. L'une des premières crises modernes de surproduction s'est jouée autour de la production et de la commercialisation des bulbes de tulipes. Introduits en Europe un siècle plus tôt, ils font florès en 1630. Ils proviennent, pour la plupart, de la Méditerranée orientale et transitent par Amsterdam. Les tulipes sont très prisées par une population enthousiasmée par la nouveauté et, pour les monarques, elles sont un signe de leurs statuts. Entre 1634 et 1637, la demande augmente si vite que les prix grimpent de manière exponentielle. Les gains furent tels qu'ils incitèrent les fournisseurs à produire eux-mêmes de nouvelles variétés de tulipes (vendues encore plus chers) par sélection et modification des espèces variétales d'origine. En 1637, les prix atteignent des niveaux si élevés que la demande s'essouffle. Un bulbe se négocie autour d'une somme qui correspondrait aujourd'hui à 45 000 euros courants. Les prix s'effondrent, entraînant la faillite de nombreux fournisseurs de tulipes et d'obtenteurs. Les bulbes de tulipes ne purent plus qu'être plantés dans leur jardin après 1637. Celui qui est à la fin de la pyramide, qui n'a pas placé ses bénéfices et qui ne s'est pas retiré assez vite du marché, est le perdant. Quelle est la différence avec le système de John Law ou les schémas ou chaînes de Ponzi, remis au goût du jour par Bernie Madoff; ou avec le système des titrisations des subprimes et des autres "créances douteuses et toxiques", ou le financement de la dette par la dette? (Photo: Hendrick Pot, „Floras Mallewagen”, 1640).

Ce n'est pas la peine de se faire des gorges chaudes sur la collusion entre Madoff et l'autorité américaine de surveillance des activités boursières, la SEC. Madoff, n'est qu'un épiphénomène du système systémique américain d'épandage du risque avec simulation d'accroissement d'actifs fantômes. La Securities and Exchange Commission (SEC) est l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. C'est le "gendarme de Wall Street".

  • 2] Bartholomäus Welser (1484-1561) et la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (2005):
    effondrement du système financier des risques cumulés
Bartholomäus Welser peut être compris comme un archétype du manager bancaire moderne pour lequel Alan Greenspan, gouverneur de la Fed', Wim Duisenberg en Jean-Claude Trichet (gouverneurs de la BCE) ont lâché toutes les brides du crédit facile. Ce marchand, armateur, assureur maritime et financier avait fondamentalement violé le principe selon lequel il ne faut pas accumuler le risque en un seul endroit. Welser avait prêté la plus grande partie de l'argent de sa banque à un client unique qui fit faillite par la suite. Welser avait aussi violé fondamentalement le principe de l'entreprise: comme Administrateur du Venezuela (Petite-Venise, Klein-Venedig, Welser-Kolonie) sous Charles Quint, il ne s'était pas employé à multiplier la richesse de cette colonie et la sienne par conséquent, il avait envoyé ses gens à la recherche d'un nébuleux Dorado.

L'histoire de Bartholomäus Welser est à comparer à celle des Fugger, l'autre dynastie financière d'Augsburg. Pour être élu Empereur du Saint Empire Romain Germanique après avoir acheté la voix des Princes Électeurs (Kurfürsten), le roi d'Espagne Charles 1er (plus tard Charles Quint) avait pris un énorme crédit de 158.000 Gulden auprès des grands commerçants d'Augsburg, les Welser et les Fugger. Charles V ne put jamais rembourser ce crédit et donna en échange à Welser pour trente années le droit d'exploiter une partie du Nouveau Monde, le Vénézuela. Welser était à la tête d'un commerce de textiles, de la soie, des épices et colorants dont les activités s'étendaient de la Hanse, au Portugal, à l'Italie et à l'Inde.

La base des activités des Habsbourg se trouvait dans une soif insatiable de mener de nombreuses guerres très couteuses et dans l'entretien d'une cour impériale somptueuse. Welser avait encore "prêté" à Charles Quint 4,2 millions de ducats, soit 15% du besoin de financement de la Cour des Habsbourg. Welser, ne se voyant pas rembourser, avait alors réorienté toute l'activité de son commerce des îles, en un groupe financier, qui comme Bernie Madoff ou les banques d'investissement comme Lehman Brothers, Goldman Sachs, etc..., se refinançait avec des apports de capitaux extérieurs nouveaux moyennant une promesse de profiter des dividendes du Dorado prétendument exploité au Vénézuela. Welser n'a rien fait d'autre que de vendre des produits financiers dérivés, de titriser son risque encouru auprès de la famille des Habsbourg, de mutualiser le risque sous sa houlette comme les spéculateurs escrocs Madoff, Lehman Brothers, Northern Rock, Bears Stearns, Fannie Mae, Freddie Mac, Washington Mutual, Société Générale, Natixis, Real Hypo Estate, Fortis, Crédit Mutuel... La titrisation des dettes des clients permettait aux banques de les sortir de leur bilan ce qui était salué par les agences de notations et permettait de faire monter le cours des actions de ces banques émettrices.

Bartholomäus Welser n'a pas pensé autre chose que
ce qu'on dit en 2005 Henri de Castries, président du directoire du groupe Axa ou Thierry Derez, président-directeur général d’Azur GMF–Maaf à la Séance plénière de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) en 2005: "La prise de risque conditionne la croissance: le monde est dominé par un modèle d’économie marchande issu de la révolution de 1989 permettant d’apporter la démocratie, par la circulation du capital, de la technologie et de l’éducation. Mais, alors que le monde s’enrichit vite, l’Europe paraît un peu en retard. Cet univers est favorable à la prise de risque, et il n’est pas de progrès ni de croissance sans prise de risque. .../...
Depuis la chute du mur de Berlin, il n’y a plus de risque sur le système lui-même: le triomphe de l’économie de marché est irréversible. Mais les défis de l’intérieur (affaire Enron…) sont parfois plus difficiles à relever. Les mesures réglementaires peuvent définir les nouvelles règles (note du webmestre: les recommandations de Bâle2), mais en partie seulement: une part d’autorégulation est nécessaire afin de renouer avec la confiance. Par exemple, la subjectivité introduite dans les normes comptables crée un espace de risque à gérer.  .../...
L’Europe, en particulier la France, est à la traîne, notamment par manque d’entrepreneurs « schumpeteriens », liant le capitalisme au risque et au profit. Cela est-il dû à un problème de valeurs? .../...
Au cours de la récente crise financière (note du webmestre: affaire Enron/Worldcom de 2002/03), contrairement aux prévisions concernant les dérivés de crédit, la transformation des marchés financiers a éclaté le risque, créant une multimutualisation et améliorant la sécurité du système. Cette capacité de transfert des risques constitue une opportunité pour l’assurance, c’est plus une source de progrès que d’opacité. Les régulateurs n’ont cependant pas les moyens de suivre ces évolutions. Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d’analyse économique, estime à ce propos qu’il faut affiner la réglementation prudentielle et se demande si une accumulation de risques entre les mains d’agents non régulés est source de risque et affecte la transparence. .../..."

Vous pouvez lire ci-dessus des mises en garde de Christian de Boissieu dans ces "Entretiens de l’assurance – 2005" à côté du credo du risque; mais ces mises en garde n'auront jamais été écoutées. Il en a été de même pour Bartholomäus Welser, de profiter de la mondialisation du Nouveau Monde, du commerce des épices, de l'or, des esclaves. Welser avait été autorisé à transporter 4000 esclaves noirs vers le Vénézuela. Le titre de la séance plénière de la FFSA était "Quelles protections pour quel dynamisme économique?" Il relève des écrits de Bartholomäus Welser qu'il était parfaitement conscient des risques de son modèle d'entreprise, mais son plus grand débiteur était l'homme le plus puissant du monde sur l'empire duquel le soleil ne se couche jamais. Après Ötzi, Cybernatus, qui est le 1er crime avéré de la globalisation, le Nouveau Monde a donc déclenché dès 1519 la crise des subprimes et le Global Meltdown 2009. Au dessus de l'homme le plus puissant du monde, il y avait encore plus puissant depuis 1989: la globalisation de la "concurrence libre et non faussée qui autorégule les marchés, apporte démocratie et bien être". Vous voyez dans ces Entretiens de la FFSA qu'il n'était pas ridicule d'affirmer que "le monde est dominé par un modèle d’économie marchande issu de la révolution de 1989 permettant d’apporter la démocratie, par la circulation du capital, de la technologie et de l’éducation". Il est étonnant que l'on avait réussi à faire passer pour d'ingrats demeurés les altermondialistes qui prétendaient le contraire. (Photo: Klaus Kinski dans Aguirre ou la Colère de Dieu de Werner Herzog)

Pour avoir accordé des crédits supplémentaires à Charles Quint, Bartholomäus Welser était autorisé à élargir ses activités financières à l'Espagne. Après que Cortès avait apporté à Charles Quint l'argent des aztèques et que Pizarro avait apporté l'or des incas, Welser prétendait ramener l'or de l'El Dorado, mais les espagnols étaient déjà passés. Welser fut cependant encore assez convainquant et avait réussi à lever des capitaux et à rediriger ces nouvelles liquidités d'autres financiers et investisseurs vers son entreprise à l'image de Ben Bernanke et de Jean-Claude Trichet qui avaient injecté des milliards de $ et d'euro à trois reprise en 2007 et avant septembre 2008  pour permettre de "rétablir la confiance des marchés". Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet avaient réalisé, sous la pression du lobby financier et bancaire, un mauvais diagnostic et avaient administré un faux médicament qui n'avait effectué qu'un effet de levier, rassuré les spéculateurs compulsifs qui se croyaient encore plus libérés que jamais de tout risque et qui attendaient encore plus l'État Providence pour les soulager de leurs pertes.

La puissance de Charles Quint finit par se briser, et la famille des Habsbourg, noyée dans les dettes, avait encore réussi à sommer les financiers d'Augsbourg et Welser de la "refinancer". Les troubles économiques provoqués par le tarissement des promesses d'enrichissement issu du  Nouveau Monde, les cours impériales et royales surendettées et la montée du protestantisme et des affrontements religieux nourrissaient depuis deux décennies un climat très instable qui réduisait à néant le climat de confiance dans les affaires. Welser, qui ne voulait pas financer de guerre de religion entre les catholiques et les protestants, avait aussi ouvert une ligne de crédit à François 1er, l'ennemi juré de Charles Quint. Petit à petit, Bartholomäus Welser s'était retiré des affaires avec un gros patrimoine après avoir cédé son commerce et sa banque qui se sont dirigés vers la faillite inéluctable avec la banqueroute d'État de l'Espagne en 1557. C'est à ce stade d'effondrement global que Ben Bernanke, Jean Claude Trichet, Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Gordon Brown continuent à agir en lançant la plus grande vague de tous les temps du refinancement de la dette des instituts financiers, des banques et des entreprises à coup de plusieurs milliers de milliards d'euros et de $. Le mauvais médicament est de nouveau appliqué au faux diagnostic.

  • 3] De la crise des sur-liquidités au Global Meltdown 2009:
Derrière la-dite Crise de la Bulle des Subprimes, il y a d'autres bulles cachées qui ont éclaté. Le responsabilité de l'une est portée par Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed' de 1987 à 2006, appelé  "l'économiste des économistes", ou le "Maestro", qui a commis sur toute la période de son mandat une seule et même erreur. Alan Greenspan a été gravement mis en cause en 2006 pour avoir laissé fortement augmenter la masse monétaire par une politique de taux d'intérêts très bas (de l'argent facile), qui est un des facteurs de l’émergence de la crise dite des subprimes qui s'est déclenchée au second semestre 2006. La masse monétaire est devenue une arme de destruction massive.
 
Revenons, comme pour Bartholomäus Welser, un peu en arrière. Alan Greenspan n'est rien d'autre que l'un des ces paradigmes, ce genre de valeurs communément acquises autrement que par la raison et par la réflexion, auxquelles tout le monde se soumet de manière servile et contre lesquelles tout mode de réflexion achoppe sans rémission. Pendant les 15 ans de son règne, Alan Greenspan avait passé pour le sorcier des chefs des banques centrales jusqu'au jour où il fut contraint à la démission au regard de la crise financière américaine au début de l'année 2006. La Fed' qui pourvoyait les banques en liquidité à bon marché avec un taux d'intérêt très bas avait conduit ces banques à négliger le risque sur le marché hypothécaire. De l'argent à bon marché avait été déversé en milliards de $ sur le marché américain par la Fed' à la suite de l'éclatement de la bulle de la Nouvelle Économie (Enron/Worldcom...) et des attentats du 9 XI sur les Twin Towers de Manhattan (Ironie: le Projet Manhattan était le nom du projet scientifique qui avait permis l'élaboration de la bombe atomique aux USA pendant la seconde guerre mondiale). C'est justement à partir de ce moment que les banques abandonnèrent toutes mesures de précaution et allouèrent des crédits immobiliers à risque aussi à des emprunteurs dénués de la moindre des garanties. Tout semblait correct tant que les prix de l'immobilier accusaient une hausse constante. L'inflation des valeurs immobilières finançait une grande consommation, payée elle-même par crédit.

A partir du moment où la bulle des prix de l'immobilier commence à éclater, des millions de crédits pourris menacent le système financier mondial parce que les banques américaines avaient externalisé et mutualisé le risque, comme Bartolomäus Welser, en inventant de nouveaux produits financiers en opérant une titrisation de leurs prêts hypothécaires. Ces prêts hypothécaires douteux ont été transformés en actifs fantômes déversés en fleuves sur les marchés par la (re)-génération spontanée en titres financiers adossés à ces créances hypothécaires douteuses. Les placements et spéculations nationales et internationales se sont jetés avidement sur ces titres garantis par les agences de notations très accommodantes et laxistes qui ne menaient pas elles-mêmes les contrôle prudentiels mais qui faisaient aveuglément confiance aux allégations de leurs émetteurs. La spéculation avide et aveugle ne voulait pas se donner le temps d'étudier la traçabilité de ces produits dérivés. Quand vous achetez un paquet de Mousseline, demandez-vous si le sel contenu provient des Salines de Guérande? L'intermédiation des distributeurs de ces titres (nous pourrions dire de ces receleurs) se doit normalement être de bonne foi et garantir l'origine des biens revendus.

Alan Greenspan, sorcier déchu, n'avait pourtant qu'à étudier le modèle d'école fourni au Japon dans les années 80' par l'effondrement de la bulle spéculative de l'immobilier qui était alimentée par la politique de l'argent à bon marché conduite par la BoJ (Bank of Japan, banque centrale) et qui avait poussé vers le haut la croissance des cours de l'immobilier. La BoJ avait fini par réaliser que cet investissement de masse des banques dans l'immobilier n'avait pas été suivi par le reste de l'économie productive ("réelle"). La BoJ avait alors restreint les liquidités, la masse monétaire, en augmentant le taux d'intérêt directeur et l'éclatement de la bulle immobilière avait conduit à la faillite de plusieurs très grandes banques japonaises et avait jeté tout le pays dans une récession et une déflation qui avaient duré 10 ans.

Alan Greenspan, sorcier déchu, avait lui-même fait sa propre expérience infructueuse de la même manière sur son propre terrain de jeu. C'était l'époque de la crise Enron, ce fonds de pension en faillite (comme Cerberus, propriétaire de Chrysler...) qui avait plumé de toutes leurs économies des millions de retraités en vidant définitivement des fonds de pension. Alan Greenspan avait débloqué en 1998 de l'argent à bon marché aux banques américaines qui ont racheté le Fonds de pensions LTCM pour le sortir de la faillite. Cette action et cette mesure d'urgence de la Fed' avait donné un signal fatal aux marchés financiers dont les acteurs à très forte tendance spéculative ne se sont plus sentis jugulés dans leur course effrénée à encourir de hauts risques. Cette politique de la banque centrale de l'argent à bon marché avec des taux d'intérêts très bas n'a été qu'une stimulation aux comportements déviants ("moral hazard") sur les marchés et les marchés financiers. En conduisant cette politique de l'argent facile avec un taux d'intérêt très bas, la Fed', la banque centrale américaine avait délégué une part de son monopole, soit celui de l'émission de la monnaie et du contrôle de la masse monétaire. En effet, les banques commerciales n'opérant plus elles-mêmes les contrôles préalables à l'octroi des prêts, ouvraient elles-mêmes le robinet de l'argent, alors que la banque centrale feignait de croire que la rigueur de ces banques ne pouvait que garantir un bon emploi de cet argent dans des investissements de consommation ou des investissements productifs. La banque centrale n'avait dans les faits uniquement dans son champs de compétences et d'attributions que l'outil du taux d'intérêt comme seul instrument de contrôle de régulation de la masse monétaire. La spéculation boursière avait été elle-même amplifiée très rapidement par l'effet de levier, car les achats de produits dérivés ou d'actions se sont faits massivement à crédit sans contrôle des garanties de l'emprunteur, qu'il ait été particulier ou investisseur institutionnel. (Photo: John Law de Lauriston)

La leçon japonaise ou de la faillite du fond de pension américain LTCM n'a pas été apprise par le successeur d'Alan Greenspan, Ben Bernanke, chef de la Fed' depuis 2006. Il poursuit la politique agressive de la baisse des taux d'intérêts (de 5,25 % à 2,25 % en septembre 07, ....puis à l'heure où je vous écris de 0% à 0,25% en décembre 2008) et de l'inondation du marché par la masse monétaire en espérant maintenir la croissance, ou tout au moins l'activité économique, ou l'évitement de la récession-déflation. Mais, paraît-il, l'heure n'est plus à la créativité et il parait qu'hypothéquer l'avenir de deux générations à venir avec la trappe à liquidités et les déficits budgétaires abyssaux coûtera moins cher qu'une récession-déflation aux générations actuelles... En une action similaire à celle de 1998, Alan Greenspan avait "aidé" avec un crédit de 30 milliards de $ en février 2008 la banque JP Morgan à racheter la banque faillitaire Bear Stearns et il a donné de nouveau le même signal fatal aux spéculateurs dont le métier se réduit à engranger des bénéfices et à faire payer les pertes par la banque centrale, donc l'État, puisqu'en cas de crise il y a un rachat aidé du faillitaire (comme aux USA) ou une nationalisation du faillitaire comme la Northern Rock en Grande-Bretagne, ou de la IKB ou de la West LB comme en Allemagne, ou de Fortis et de Natixis comme en France et en Belgique...

Avant la nouvelle réunion du G20 de Londres d'avril 2009, le-dit Bretton Woods 2, Nicolas Sarkozy et Tony Blair vont se réunir la semaine prochaine pour refonder le "nouveau capitalisme"... Il ne manquait plus que Tony Blair... Cliquez sur la mention inutile.

Derrière la crise des subprimes se trouve le gigantesque programme socio-politique intitulé "A chaque citoyen sa maison" et qui a été propagé par... Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed'. Les banques américaines et mondiales ont gagné énormément, l'État américain a énormément stimulé et encouragé le sur-boom immobilier avec de l'argent facile et à bon marché et avec les cautions implicites de Fannie Mae et de Freddie Mac, les organismes de prêts hypothécaires.
 
Le gourou des gourous de cette époque, Alan Greenspan, gouverneur de la Fed', la Banque Centrale américaine, avait encore démultiplié l'accès facile à l'argent en baissant toujours un peu plus le taux directeur, ce qui permettait aux banques de dépôts, de crédit et d'affaires, mais aussi aux banques d'investissement et aux fonds de spéculation, aux banques systémiques (les spéculateurs fous, ces maîtres d'œuvre des ventes à découvert des actions, le short selling) d'accéder à de l'argent facile à bon marché pour financer tout et n'importe quoi, et aussi l'achat à crédit de millions et de millions d'actions et de ces titres que l'on appelle "valeurs toxiques", "positions négatives", "créances douteuses", "créances pourries".
 
Les deux instituts para-publics de crédit hypothécaire, la Fannie Mae et la Freddie Mac, qui couvraient plus de 50% des crédits hypothécaires aux USA faisaient partie des leviers de la politique de l'argent facile d'Alan Greenspan. Ces deux sociétés avaient toujours joui d'un statut spécial soutenu et garanti financièrement par l'État. Elles rachetaient les prêts hypothécaires, procédaient à la mutualisation du risque, à leur titrisation (comme pour les subprimes) et revendaient des titres (obligations) garantis par l'État fédéral. Grâce à leur situation privilégiée, ces deux sociétés, à faibles coûts financiers et de fonctionnement et aux rendements opérationnels très élevés, avaient très rapidement conquis plus de 50% du marché des prêts hypothécaires, à ce point qu'Alan Greenspan lui-même finit par prendre peur et qu'il parlait d'elles en ces termes: "the big, fat gap" (la grosse et grasse faille). A partir de 1991 elles ont aussi financé des emprunts "douteux" (non recouvrables). Elles ont signalé en 2007 des pertes de plusieurs milliards et le Congrès et Henry Paulson ont décidé de les nationaliser en septembre 2008 parce qu'elles étaient trop grosses pour risquer une faillite: "Too big to fail".

Avec la consommation soutenue en masse avec un taux directeur de la banque centrale américaine (Fed') de plus en plus bas depuis 9 XI, depuis la crise Enron/Worldcom de la New Economy, avec un chèque de 600 $ envoyé à chaque ménage américain en septembre 2008 par le Gouvernement fédéral, avec des injections en centaines de milliards de $ dans les banques, avec les épongeages publics (bail out) des dettes privées et des positions toxiques des instituts financiers, nous assistons à une augmentation des liquidités qui ne connaît pas d'équivalent dans l'histoire... depuis 2000 ans. L'évènement est donc multimillénaire.

Cette longue période de crédit " facile" de 20 ans (depuis 1989) et de liquidité abondante a encouragé l’endettement à outrance depuis 9 XI, non seulement des emprunteurs finaux, mais surtout des intermédiaires et des fonds d’investissements, qui ont maximisé les effets de levier en finançant des portefeuilles d’actifs par de la dette bancaire ou des émissions de commercial paper. C’est le cas des "monoliners", des Hedge Funds, des Investment Banks, voire des banques commerciales elles-mêmes. Ces déséquilibres bilanaires majeurs n’ont pas posé de problème jusqu’au moment où la crise de confiance et l’incapacité de renouveler les financements a provoqué soit des défaillances (et dès lors, l’intervention des États), soit des ventes forcées d’actifs, qui ont largement contribué à enfoncer les valeurs boursières et financières.

Pour retrouver des positions bilanaires plus saines, les banques exposées au produits à risque ont alors aussi été contrainte de vendre des actifs qui étaient sains au départ, mais la mise sur le marché de ces actifs sains en avait entrainé une baisse massive des cours, d'où la baisse de 40% du Dow Jones, du CAC40, du Dax... de plus de 40% en 3 mois. Du coup les bonités des entreprises détentrices de portefeuilles se sont aussi réduites et ont abaissé leur valeur en dessous de leurs encours, autrement dit, les ont poussé à la faillite et au licenciement de masse calculé en millions de Travailleurs (Travailleurs, terminologie des Communautés européennes et du Traité de Lisbonne).

La responsabilité de la Fed' qui a maintenu une politique monétaire très accommodante alors que la bulle du crédit s’enflait au point de nourrir une inflation des prix immobiliers est également déplorable et a fini par renvoyer Alan Greenspan de son poste. Ben Bernanke avait simulé une volonté de reprise, et même s'il avait voulu, le Meltdown était déclenché (voir mon article du 11 avril 2008).

Vous avez donc compris qu'il y a au moins une crise cachée derrière cette crise des subprimes qui ne suffit pas à expliquer à elle seule l’ampleur de l’onde de choc sur le système financier mondial. Regardons quelques chiffres: le montant total des crédits hypothécaires non-prime aux États-Unis est estimé à 1,1 trillion de dollars (1.100 milliards) et les baisses de valeurs sur l’immobilier américain sont de l’ordre de 30%. Elles continueront d'ailleurs à baisser pendant toute l'année 2009 et plus de 5 millions de "propriétaires" vont être mis à la rue aux USA par les huissiers avant 2010 parce qu'ils ne peuvent plus rembourser leur dette et leurs crédits. Cela donne des pertes très en deçà des 1,7 trillions de dollars estimés par le FMI comme étant le montant total des pertes engendrées par la crise. Nous sommes totalement en dessous de la réalité, telle qu'elle est évaluée par le FMI, à la fin de mon exposé vous avez les chiffres réels publiés par la Fed'... Ce montant lui-même est (relativement) peu de choses à l’échelle des actifs financiers mondiaux, ou à celle des pertes de valeurs causées par la chute des cours boursiers sur l’ensemble des places mondiales. Je vous l'ai expliqué dans ce paragraphe ci-dessus et je vous livre à présent les graphiques et les chiffres que j'ai téléchargés directement sur le site de la Federal Reserve.

  • 4] Crise de sur-liquidités, mensonge et escroquerie planétaires:
    le coût de l'argent n'est pas défini par la Fed' ou la BCE, mais par le LIBOR ou l'EURIBOR !!!
J'ai récupéré directement les graphiques sur le Site de la Fed', de MarketOracle.eu et de ProAT.com. Il vont vous exposer que les analyses de Ben Bernanke, Gouverneur de la Fed', de Jan Claude Trichet, Gouverneur de la BCE, mais aussi de Gordon Brown et d'Alistair Darling, d'Angela Merkel, de Nicolas Sarkozy sont fausses et administrent un faux médicament d'après un faux diagnostic. Si vous êtes lecteur fidèle de mon site, vous saurez aussi lire mes analyses personnelles et de gauche, que je ne manque jamais de faire, même si les plus étourdis d'entre vous ne savent plus faire la différence entre gauche et droite.
 
Selon ces sources il semble que nous nous dirigions vers un évènement économique qui n'a pas d'égal dans toute l'histoire que ce soit dans la "Manie des Tulipes" de 1637, dans l'effondrement du système de l'écossais John Law  de Lauriston (1719, inventeur du papier-monnaie, compagnie du Mississipi), ou dans la bulle technologique dot-com de 1999.

Il semble aussi que l'hyperinflation de la République de Weimar de 1923 ou de la Grande Dépression ne puissent même pas être les avant-goûts adventices d'un petit déjeuner sur l'herbe. Il y aura un gigantesque transfert de valeur qui va écraser la plupart d'entre nous et qui va favoriser certains, les survivants de la Classe globale de la Globalisation. Le graphique à gauche vous expose la courbe de la panique qui est élaborée à partir du taux Libor, le taux interbancaire à 1 mois. Ce taux d'intérêt est basé sur le taux interbancaire offert à Londres (LIBOR) à 3 mois dans la monnaie dans laquelle est libellé le prêt, augmenté d'une marge au titre des coûts (qui comprend la marge moyenne pondérée que prélève la BID, Banque Interaméricaine de Développement) au titre des coûts, hors frais et/ou gains au titre de l'atténuation des risques), augmenté aussi de la marge normale de la BID sur les prêts. La Banque révise trimestriellement son taux basé sur le LIBOR qui est aussi un instrument de mesure de la confiance. Cet instrument financier permet de déterminer clairement l'impact des évènements qui provoquent la défiance sur les marchés financiers. Le nom de ce taux été formé par la contraction des mots anglais London interbank offered rate ("taux interbancaire offert à Londres"). Il existe un équivalent pour la Zone Euro, l'EURIBOR ou  TIBEUR. Le graphique ci-dessus vous montre le taux LIBOR, son niveau normal et son pic suite à la faillite de la 5ème banque britannique, la Northern Rock en juillet 2007, puis les pics des faillites de la banque d'investissement Bear Stearns américaine, puis des deux instituts de crédit hypothécaire, la Freddie Mac et la Fannie Mae, puis la faillite non repêchée de la banque d'investissement Lehman Brothers, qui est au jour du 15 septembre 2008 le réel déclenchement du cataclysme monétaire international et qui n'a plus rien à voir avec la-dite crise des subprimes.

Revenons au scénario de l'hyperinflation qui préfigurera le Global Meltdown 2009. Selon mes recoupements que je fais entre ce que je lis des analystes de mes sources sus-citées, il semble que ce n'est pas la déflation qui marquera notre futur immédiat, mais l'hyperinflation appelée par les masses colossales de liquidités injectées depuis un an en particulier et dont vous pouvez voir les graphiques de la Fed' plus bas. L'hyperflation démarrera quand les personnes vont se mettre à constater que leur argent qu'elles ont sur leur compte bancaire ne va permettre que d'acheter la moitié le mois prochain que ce qu'il permet d'acheter le mois en cours.

Une panique en résultera comme à Weimar. Le graphique à gauche montre le taux réel de l'inflation en noir, et le taux de l'inflation en rouge selon le nouveau mode de calcul entré en vigueur dans les années 80'. Il semble d'ailleurs que l'inflation aux USA est déjà de 12% pour les biens manufacturés depuis quelques mois (le graphique à gauche ci-dessus). En Islande elle est de 18% en décembre 2008. L'Islande n'a fait que de précéder les Royaume-Uni et les USA dans la banqueroute d'État. Ce n'est pas non plus un hasard si la Fed' a cessé de publier en 2006 (début de la crise des subprimes) l'indicateur de la masse monétaire M3. M3 est égale à M1 (billets, pièces et dépôts à vue) + M2 (dépôts à termes inférieurs ou égaux à deux ans et les dépôts assortis d'un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois) + les instruments négociables sur le marché monétaire émis par les institutions financières monétaires (IFM), et qui représentent des avoirs dont le degré de liquidité est élevé avec peu de risque de perte de capital en cas de liquidation... Quand une banque centrale ne publie plus M3, c'est qu'elle veut tenter de dissimuler la création de monnaie. Et aux USA elle est galopante depuis la politique d'Alan Greenspan et surtout depuis 2006, et maintenant avec les Plans Paulson, TARP, etc... Pour les analystes, il se pourrait bien qu'un prix de l'or à plus de 800 $ signale en réalité une inflation, et non une déflation, pour 2010 et après. L'or est passé du 1er au 26 janvier 2009 de 876 $ à 913 $ l'once

Un rush hyper-consumériste va pousser les gens à acheter tout et n'importe quoi d'utile et d'inutile. Les entreprises de transformation ne seront plus disposées à vendre leurs biens produits, parce que le prix obtenu ne leur permettra pas de payer les salaires, les charges et les matières premières ou semi-finies pour poursuivre la production de nouveaux lots. Chacun qui vendra quelque chose sera un perdant, parce qu'avec la même somme il ne sera plus capable d'acheter le même objet. La monnaie, créée électroniquement à la Bourse et pour la Bourse, et avec l'achat à crédit d'actions et de produits dérivés, depuis la politique de l'argent facile d'Alan Greenspan lors de la phase des spéculations sur les dérivés titrisés, qui a conduit à la crise des subprimes et à la crise financière, a procuré des bénéfices colossaux aux initiateurs de pyramides spéculantes qui remettaient en circulation sous d'autres formes très créatives de nouveaux dérivés titrisés en mixant d'anciens produits dérivés. Mais ces bénéfices colossaux se sont réalisés sur la masse des populations au travers de l'effondrement de leurs relatifs standard et niveau de vie. Voilà, comme je vous l'expliquais ici le 6 octobre 2008, nous avons la preuve de la croissance appauvrissante, que ce soit pour les pays pauvres comme le prouve depuis 1954 Jagdish Bhagwati, mais aussi pour des classes de plus en plus élargies dans les pays industrialisés. Tant que cette équation ne sera pas intégrée dans le mental des gouvernants et des hommes politiques, des Plans américains TARP ou des débiles Plan-s Européen-s des "Boîtes à Outils" de nationalisations-recapitalisations (bail out) des systèmes bancaires systémiques qui créent de la dette (déficits budgétaires colossaux) pour payer de la dette, ne vont que créer la bulle de l'après-bulle.

La consommation ostentatoire fait partie du modèle américain, il n'est pas étonnant que la politique monétaire de l'argent facile d'Alan Greenspan ait à ce point pu faire mouche et faire passer le taux d'endettement des ménages américains à 140% et son taux d'épargne à 0,2%. Aux USA, consommer permet aux ménages de garder leur rang social et d'en remontrer aux voisins et à la paroisse avec une apparence éblouissante de réussite, en réalité basée sur des actifs fantômes, puisque financés à partir de rien, ou si vous voulez de crédits pourris impossibles à rembourser, surtout lorsque l'on est un débiteur Ninja (no income, no job, no asset). Il faut aussi rappeler que pendant cette période de l'argent facile, et surtout depuis 2000, il y a eu aux USA une répartition de plus en plus inégalitaire des richesses réelles; les 1% les plus riches des américains se sont accaparés 75% de la croissance économique. La part la plus importante des richesses, des revenus a aussi migré vers une proportion de plus en plus faible de la population. Les 1% d'américains les plus riches détiennent plus du 1/3 des richesses, et les 10% des plus riches détiennent les 75% des richesses. Voici encore la preuve de ce que Jagdish Baghwati n'avait pas imaginé, à savoir la croissance appauvrissante à l'intérieur même des pays industrialisés. Nous pouvons aussi exprimer la situation avec le point de vue des pauvres et de la classe moyenne: le revenu réel avait baissé. L'addiction à la consommation des américains sera difficile à freiner et Barack Obama ne s'y trompe pas non plus. Il va faire passer volontairement le déficit budgétaire américain à 1200 milliards de $ avec les soi-disants Plans de Sauvetage, de défaisance, de création d'une bad bank, de bail out... Il a aussi été élu pour ceci, pour sortir les poubelles et pour tuer une seconde fois, une troisième fois le veau d'or. Il va injecter dans l'économie encore plus de liquidités que le Plan TARP, le Plan Paulson, Bush... Il prend en main le foen à billets, et il souffle sur la frustration du consommateur américain impossible à sevrer qui souffle sur sa braise et son incendie qu'il propage. Quand la "confiance" des consommateurs reviendra, les océans de liquidités séquestrées dans les banques vont déferler sur les marchés. Il faudra subvenir à ce "Keeping up with the Jonese", cette "Consommation ostentatoire" qui avait déjà été décrite par l'économiste et sociologue américain Thorstein Veblen (photo) dans sa Théorie de la classe de loisir (1899).

Par rapport aux informations alarmistes sur l'hyperinflation, nous pouvons aussi penser à l'envers (wir könnten auch als Querdenker meinen, dass.../ je suis au moins trilingue en Alsace vous savez) que les analystes plus avertis que d'autres vous font une propagande contre l'hyperinflation parce qu'ils savent que nous arrivons dans une phase réelle de désinflation. Ils vous alors semblant de penser, qu'il n'est pas légitime de se dire qu'il y a une phase d'inflation galopante qui commence bien que la baisse actuelle des matières premières comme du pétrole entraine une baisse relative des prix. Si bien que par cette propagande ces experts de l'analyse et de la contre-information incitent les consommateurs à aller consommer en masse pour que la relance passe par les voies naturelles, c'est à dire par une augmentation de la demande, plutôt que par une augmentation de l'offre, qui doit elle-même passer par une phase de relance de la production et des échanges internationaux. De l'épargne il y en a dans les ménages. Mais pas de la confiance. Cette contre-expertise en volutes est donc une manière de faire du chantage sur les "réformateurs du capitalisme" pour qu'ils aient un plan de mesures de dégrèvements fiscaux. A ce stade de la réflexion, c'est comme avec la foi, t'y crois ou t'y crois pas. Et comme nous sommes dans un système d'information impure et imparfaite, il y a de quoi cravacher le baudet. Enfin, les athées ont aussi une vie, ne l'oublions pas. Et une pensée. Et une capacité de réflexion. Et les ménages ont peur pour leur avenir et leurs enfants. C'est encore plus simple.

En réalité il semble que les deux tendances seront combinées. Leap2020, un site qui fait aussi référence au Pôle de Gestion Économique de Strasbourg, parle de recessflation, de récession combinée à une inflation. Pour Nouriel Roubini, les deux tendances seront combinées dans une stag-déflation, une stagflation combinée à une récession et une déflation. C'est selon le degré de pessimisme que vous choisirez le modèle en "U", avec un hard landing, un atterrissage dur, et une remontée vertigineuse de l'inflation, ou en "L" sans remontée immédiate. Pour Nouriel Roubini la récession américaine va dépasser les 5%. Des sites plus pessimistes parlent de récession à deux chiffres.

Je vous ai entretenu plus haut du taux LIBOR interbancaire aux USA qui indique le taux pratiqué par les banques entre elles quand elles se prêtent de l'argent. Ce taux est surtout un indicateur de confiance. Sur le graphique de droite vous voyez le taux interbancaire de la Zone Euro, EURIBOR, et vous appréciez l'éloignement strictement opposé des inflexions de courbes entre le taux directeur de la BCE, qui ne cesse de baisser, et l'augmentation du taux interbancaire. Deux conclusions sont à tirer: 1) ce n'est pas le taux directeur des banques centrales qui tire vers le haut ou vers le bas le coût de l'argent, mais le taux interbancaire; 2) malgré la circulation de liquidités amplifiée due à la baisse du taux d'intérêt directeur, le coût de l'argent augmente en réalité. Mon explication personnelle est encore plus simple: les marchés financiers jugent insuffisante l'autonomie des banques centrales qui ne doivent pas rendre des comptes aux gouvernements et à la politique; les marchés financiers se sont créé à leur propre mesure l'instrument qui leur convient pour conduire la politique monétaire. Mon autre conclusion est que les banques font un bénéfice entre l'argent prêté à bas coût, voire à taux 0% (le dernier abaissement du taux directeur de la Fed' de décembre 2008) et l'argent qu'elles prêtent à un taux plus élevé qui n'a plus rien à voir avec une marge commerciale bénéficiaire. L'argent des contribuables, créé par les banques centrales sert donc directement à l'enrichissement des banques privées et aujourd'hui à se refaire une santé comptable en compensant les dettes toxiques irrécouvrables ou la chute de la valeur des actifs sains qui existent encore dans le bilan! Le LIBOR et l'EURIBOR sont donc les indicateurs de l'État Providence du marché financier. Vous avez déjà pu voir dans le § précédent que la Fed' avait en réalité délégué à la Fannie Mae, à la Freddie Mac, mais aussi aux banques d'investissement et commerciales la capacité à créer de la monnaie. Cette capacité avait été utilisée sans discernement et sans analyse réelle des bonités (situation de solvabilité) des emprunteurs. Les prêts ont été accordés aux "débiteurs-Ninja", no income, no job, no assets (sans revenus, sans emploi et sans garanties).

Ceci n'avait pas été un manquement des prêteurs ou une brèche du système prudentiel du calcul du risque et du taux de couverture (Basel 2, IFRS, et IAS), mais une volonté affichée du gouvernement Bush et d'Alan Greespan de faire de la croissance et de la financer sur des dettes publiques couvertes avec des ventes de Bons du Trésor américain et de la titrisation à répétitions de produits financiers dérivés.

La vision ordolibérale des gouvernants laisse aux marchés financiers les moyens de créer leur propre mesure d'auto-régulation et l'instrument qui leur convient pour conduire la politique monétaire. J'espère bien que vous comprenez que le législateur s'est créé l'instrument de sa dépossession de son pouvoir régalien et que ceux qui critiquent, en particulier les gauches et les souverainistes, l'autonomie de la BCE, sont à quelques mondes de retard. Le taux directeur de la BCE constitue le seuil plancher au-dessus duquel les banques vont gagner de l'argent en re-prêtant les fonds injectés par la banque centrale, ou en faisant de la rétention de ces fonds pour ajuster leur propre trésorerie, ce qui est le cas actuellement depuis l'été 2007 comme vous pouvez l'observer sur le graphique de l'EURIBOR.

Le taux LIBOR ou EURIBOR, s'il est un instrument financier, il reste un instrument de mesure de la confiance. Les banques, ne pensant pas que les nouveaux emprunteurs seront en mesure d'investir pour gagner de l'argent, elles préfèrent faire payer à l'avance le coût du risque à l'emprunteur, voire ne pas octroyer de crédit. Vous vous souvenez, comme on avait essayé de faire passer pendant presque 20 ans pour des arriérés les européens, les français, parce qu'ils n'avaient pas en eux la culture du "capital-risque"? Le serpent se mord la queue, et apparemment il aime ça. JC Trichet, Ben Bernanke ne savent plus comment faire pour soudoyer les banques, afin qu'elles s'ouvrent aux demandes de prêt. Les banques jouent aussi un jeu douteux en n'allant pas chercher en masse les centaines de milliards qui leurs sont offerts pour être recapitalisées (bail out). Elles agissent ainsi, car si elles avouent le montant de leur positions toxiques et de leur situation labile ou devant mener à une quasi faillite, elles seraient immédiatement sanctionnées par le marché et leurs actions en bourse perdraient trop de valeur. Elles exercent un chantage sur les gouvernements, car elles aimeraient que la recapitalisation se fasse sans contre-partie, sans conditions et car elle redoutent une chute de leurs propres actions à la bourse, car elle dévoileraient ainsi le bilan toxique. En Allemagne la Deutsche Bank, qui est de loin "most-leveraged" en Europe, semble jouer le plus avec le feu ou la dynamite. Les banques jouent un dangereux poker menteur pour gagner du temps et faire ramollir la BCE et les gouvernements. Tôt ou tard, les banques seront obligées de révéler "en entier" leur bilan et devront avoir l'honnêteté des dirigeants de la Lehman Brothers, qui n'avaient caché aucune position toxique. Les banques poursuivent leur chantage qu'elles exercent sur le gouvernement et exigent à présent la création d'une Bad Bank, une mauvaise banque qui prend à sa charge toutes les positions négatives des banques commerciales et d'investissement et qui les fasse disparaître, quand on y pense plus. Gordon Brown et Angela Merkel sont sur le point d'accepter. Les Suisses délocalisent le Fonds de défaisance simplement aux Iles Vierges, dans ce paradis fiscal.

D'un côté nous redoutons une nouvelle hausse des liquidités, totalement déconnectée avec toute réalité économique et qui va pousser à l'hyperinflation, d'un autre côté on pense que c'est la seule manière de corriger la crise. Dans les deux cas, c'est l'impasse et l'erreur.

Le International Herald Tribune de New York du 31 décembre 2008 reste lui aussi dans l'expectative et ne voit pas de renversement de tendance au niveau de l'économie tant que les banques, qui ont été arrosées copieusement par le Trésor public et les banques centrales, n'octroient pas de nouveaux crédits. Des pans entiers de l'économie et des industries clefs se sont arrêtés de fonctionner. Les investisseurs attendent eux aussi de connaître le "nouveau code de la route", d'autant plus que dans ces 18 derniers mois celui-ci a été réécrit tellement de fois, que personne n'est sûr si le gouvernement va intervenir ou non. De plus les analystes ne voient pas venir un rebond de l'économie tant que les dépenses ne réaniment pas le marché de l'emploi et le prix de l'immobilier:

.../... "Even after receiving millions, in some cases billions, of dollars from the government, banks are reluctant to lend money. Crucial parts of the financial system have stopped functioning. The exuberance of the boom, which led bankers to make loans to people who could not repay them, has given way to a seemingly intractable fear of making any loans at all.

.../... Despite the government interventions, and indeed even because of them, many investors are reluctant to act until they are sure of Washington's next step.  'Investors will regain their confidence when they are sure they understand the rules of the road,' said Jaret Seiberg, a financial policy analyst at the Stanford Group, a research and consulting firm in Washington. In the past 18 months, those rules have been rewritten so many times that nobody is sure when the government will intervene and when it won't." .../...

"The troubles in the economy, of course, only add to the anxiety. Investors and bankers will be reluctant to extend credit until home prices stop falling and until more people are finding jobs than losing them. All of that spending will not revive the job market and lift housing values overnight."

Il est déplorable que toutes ces liquidités ont mené en premier lieu à la bulle qui cache d'autres bulles et qui a éclaté. Il est encore plus déplorable que les nouvelles liquidités injectées par les gouvernements et les banques centrales comme la Fed' ou la BCE soient mis sous séquestre par les banques commerciales ou les banques d'investissement. Le graphique n°1 vous montre pour les USA toute la masse monétaire. Cette masse monétaire a mis 200 années pour passer de 0$ à 800 milliards de $, ... mais ces derniers trois mois depuis l'été 2008... elle est passée de 800 milliards de $ à 1600 milliards de $. Regardez la courbe!



Le graphique n°2 vous montre aux USA le cash en circulation de novembre 1919 à novembre 2008. En réalité une toute petite partie de cette masse monétaire est sortie des banques pour circuler dans l'économie. A l'avenir les prix vont devoir augmenter pour absorber comme une éponge le surplus de la masse monétaire.






Le graphique n°3 vous vous montre le montant en $ empruntés par les banques à la Fed' depuis 1925 jusqu'à la fin de l'année 2008. Le minuscule pic que vous pouvez apercevoir avec grandes difficultés vers 2002 représente l'éclatement de la bulle dot-com des Nouvelles Technologies qui n'était que la bulle visible de la crise du système des profits avec les affaires Enron/Worldcom. Ce cliff, cette falaise, indique que pour les banques, la crise financière faisant suite à la crise des subprimes est 100 fois plus grave que le krach de 2002/03 qui avait déjà considérablement perturbé les esprits et mis des millions de travailleurs à la rue et poussé à la faillite des centaines de milliers d'entreprises.


Le graphique n°4 vous montre le montant des crédits alloués aux banques par la Fed'. Ce graphique inclue aussi le bail out, le renflouement des créances douteuses toxiques détenues par les instituts bancaires conformément au Plan Paulson, appelé TARP (Troubled Assets Relief Program). De la fin de l'année 2007 à novembre 2008, le montant est passé de 800 milliards de $ à 2200 milliards de $. Vous avez bien lu!
"It is climbing skyward like a homesick angel - Ceci monte vers le ciel comme un ange qui a le mal du pays."




Le graphique n° 5 représente les réserves en excès des banques. Au cours d’une journée ordinaire, le système bancaire américain se contente de 12 milliards de dollars de réserves pour réaliser 4000 milliards de dollars de transactions. En moyenne, un dollar de réserve est utilisé 300 fois par jour. Ceci est la preuve que les banques séquestrent des réserves, et bloquent le système. Vous voyez trois autres pics sur ce graphique: en 1929, en 1940 et en 2001 avec le 9 XI, l'attentat sur les Twin Towers de Manhattan. Les banques ont réduit leur tolérance au risque, ce qui nécessite une augmentation des comptes de réserves. Elles désirent avoir un matelas plus important pour se prémunir en cas de pertes. Les banquiers estiment qu'ils ont besoin de plus de réserves est deviennent réticents à prêter aux autres banques. Vous pouvez comparer le pic de 1940 au début de la Seconde Guerre Mondiale et le pic de 2008. Les banques perçoivent 50 fois plus élevée la gravité de la crise financière de 2008 par rapport à la Seconde Guerre Mondiale.

J'ai téléchargé directement sur le site de la Fed' ces graphiques. A la vue des courbes nous allons être témoins et victimes d'évènements extraordinaires qui vont s'articuler autour de la valeur du $ qui est de toute manière déjà en ce moment estimé par les analystes à 12 fois au-dessus de sa valeur réelle. Les acteurs de l'économie, les banques et sûrement les politiciens, les gouvernants sont en mesure d'évaluer la létalité de l'économie américaine et de la Banqueroute d'État qui va marquer l'Histoire des USA et du Royaume-Uni. Il semble qu'avant juin 2009 s'effondrera le système monétaire international et qu'il n'y aura plus pendant quelques semaines de monnaie d'échange entre les continents.

D'après les analystes les USA et le Royaume-Uni ne renoueront avec la "croissance" qu'à partir de 2018. D'après le classement du World Economic Forum du FMI publié en octobre 2008, les banques britanniques se situent, en termes de solvabilité, au 44e rang mondial derrière le Botswana.

  • 5] Et l'Europe, l'Euro?
    Obama ne pourra pas empêcher la Banqueroute d'État des USA en 2009.
Aujourd'hui, 30 décembre 2008, JC Trichet, Gouverneur de la BCE, annonce qu'il est très inquiet parce que les banques n'accordent toujours pas suffisamment de crédits, bien au contraire, elles organisent une rétention du crédit. Les Plan-s "Européen-s" avec les "Boîtes à outils" de Sauvetage, de Restitution de la confiance et de Relance ainsi que les différentes baisses du taux directeur de la BCE n'ont toujours pas provoqué le moindre des frémissements deux mois après, même pas au niveau de l'indice de confiance des ménages ou des entrepreneurs. JC Trichet a annoncé pour le début janvier une nouvelle baisse du taux directeur en dessous de 2,5%. Nous pourrions croire que les banques commerciales européennes font pression sur la BCE pour obtenir comme de l'autre côté de l'Atlantique les mêmes conditions de refinancement à un taux situé entre 0 et 0,25%. Mais si nous observons le LIBOR et l'EURIBOR (revenir au §4) nous voyons que la différence avec le taux directeur américain ou européen est sensiblement la même. La baisse coordonnée du taux directeur de toutes les banques centrales ne provoque aucun effet depuis septembre 2008.

Sur le graphique n°6 vous voyez à la date du 9 ocobre 2008 le montant des prêts octroyés aux banques commerciales par la BCE.













Sur le graphique n°7 vous pouvez mesurer l'ampleur des dépôts que les banques mettent à la BCE contre rémunération. Ceci est la preuve qu'il n'y a pas de problème de liquidité mais un problème de confiance entre les banques, comme le déplore JC TRichet, hier le 30 décembre 2008, dans son discours qui doit marquer le 10ème anniversaire de l'Euro. Les banques retirent les liquidités du marché, les séquestrent ou les replacent en lieu encore plus sûr que sur leurs comptes, soit à la BCE.

L'éclatement de la Bulle des subprimes qui a des répercussions sur "l'économie réelle" comme le disent les médias depuis octobre 2008 est à formuler différemment: les sur-liquidités faciles et les politiques accommodantes et sans contrôle des banques centrales et des recommandations de Bâle 2, les déficits budgétaires des États ont exercé, de manière démultipliée et sans commune mesure avec la réalité économique, un levier sur la dette pour financer la dette. Puis l'effondrement des prix de l'immobilier aux USA, en Espagne, en Irlande, et dans les nouveaux Länder de l'Allemagne a provoqué la crise du crédit. Puis une baisse de la consommation. Puis une récession. Puis une accélération de la crise du crédit (credit crunch). Puis une crise financière mondiale. Puis le Global Meltdown 2009 avec une déflation. Puis une crise sociale géopolitique, puis une hyperinflation... C'est Weimar en plus.

La création de monnaie a été abandonnée aux marchés comme nous l'avons vu plus haut. L'intervention publique ordolibérale a orchestré la déresponsabilisation et le malinvestissement dans des produits financiers dérivés et titrisés à très haut risque. Depuis longtemps le monopole sur la création monétaire n'est plus détenu par les banques centrales. La politique monétaire d'argent facile réclamée par les banques leur a permis d'être terriblement moins précautionneux avec leurs investissements, d'autant plus qu'elles pouvaient anticiper que les banques centrales et les gouvernements viendraient à leur secours en cas de défaillance.

Ces sauvetages, ces bail outs et ces différents plans de Sauvetage et de Restitution de la Confiance des Marchés sont devenus la réponse privilégiée à toutes les crises financières depuis 1929. La dilution de la responsabilité et le système de mutualisation du risque ont permis aux banques de se constituer de larges portefeuilles de créances immobilières sur les ménages insolvables.

Les banques moins irresponsables et cupides qui n'avaient pas compté sur l'intervention monétaire et les recapitalisations dans leur stratégie financière avaient refusé ces produits dérivés toxiques, mais aussi perdu des parts de marchés face à leur concurrents déloyaux. Les politiques monétaires et les Plans Paulson, Gordon Brown, JC Trichet et les Plan-s Européen-s avec leur Boîtes à Outils créent un État Providence pour les systèmes systémiques des banques, détournent le Trésor Public et donnent une prime aux escrocs qui récompense les comportements kamikazes et pénalise les choix prudents.

Sur le tableau ci-dessus publié aujourd'hui, 1er janvier 2009 par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, vous voyez en rouge les pertes du marché des actions en 2008 pour un montant investi de 100.000 euros. Vous voyez que l'Islande a tout perdu et est passée de 100.000 à 3000 euros. L'Islande est en banqueroute d'Etat et a été soutenue par le FMI. Ne poussez pas des "oufs" de soulagement, ce sera la situation du Royaume-Uni en mars 2009 et des USA en juin 2009. En bleu vous avez les "Anleihen", les autres formes de placements comme les Bons du Trésor, l'or... Regardez biens quels sont les pays en bas du tableau. Le Royaume Uni reste le prochain candidat à la Banqueroute d'État en raison de la constitution toxique de tout son PIB. Sur ce tableau vous n'avez pas la chute du cours des actions en Irlande: 91.4% en 2008, contre 56.8% pour le Royaume-Uni, 47.8% pour les USA. Vous voyez que l'Irlande (République), le Tigre Celtique est morte financièrement, suivra les pas de l'Islande et va sans doute demander le soutien du FMI, comme la Grande Bretagne en 1976 et bientôt à nouveau.

Je peux lire aujourd'hui, 14 janvier 2009, dans le Irish Times et dans le Financial Times que le débat est lancé au sujet de l'aide de l'Irlande par le FMI. Voici la teneur d'un avertissement fait par le gouvernement irlandais: "the State's borrowing figures are unsustainable and could possibly lead to the International Monetary Fund ordering mass dismissals of public sector workers in the future"; Et "The Irish government has told trade unions that without agreement on public sector pay cuts, it may have to go to the International Monetary Fund for help" (sans accords dans le secteur public, le gouvernement irlandais sera obligé d'aller demander de l'aide au FMI).

Les profits issus du secteur de la finance représentaient aux USA 14% du total des profits des entreprises américaines en 1960, mais ils se montaient à 39% de ce même total en 2007. C'est sur la base globale des richesses produites que les économistes français avaient comparé pendant des années le productivité horaire ou annuelle par employé dans les économies américaine et française. L'objectif de ces économistes et de ces politiciens était d'exercer une pression sur les revendications salariales en France et d'inculquer une mauvaise conscience et un complexe dans la tête du Travailleur.

La dette des ménages américains passe de 46% du PIB en 1979 à 98% en 2007... ce qui fait que le tiers de ces mêmes ménages supportent une dette continue de 10000 dollars sur leurs cartes de crédits avec des taux allant de 11 à 15% ...et jusqu’à 30% en cas de retard de paiement. Les ménages avaient pris leur maison ou leur appartement pour un distributeur à billets de banques, puisque ce bien immobilier était leur garantie pour les autres crédits de consommation. Tant que l'immobilier augmentait, les "propriétaires" prélevaient l'argent au distribanque ou demandaient un nouveau crédit hypothécaire. Des centaines de milliers de "propriétaires" totalement insolvables n'avaient pas attendu les huissiers et avaient simplement renvoyé sous enveloppe timbrée à la banque la clef de leur maison ou de leur appartement, à charge à elle de se rembourser sur un "actif" devenu fantôme et sans prix sur le marché. Une défaillance sur marché immobilier américain a amplifié la nature holistique du système financier qui fait qu’un dépôt de bilan de la Lehman Brothers du 15 septembre 2008 et de l'assurance AIG qui s'était impliquée par ses filiales dans les crédits adossés (titrisation), peut entrainer une catastrophe planétaire en un délai extrêmement court.

Les politiques monétaires mal avisées d'Alan Greenspan avaient provoqué cette crise avec l'aide de ces deux entreprises parapubliques américaines, ces Instituts de crédit hypothécaire, la Fannie Mae et la Freddie Mac. En se portant garantes d'acquéreurs de logements insolvables, elles ont prôné l'irresponsabilité financière de ménages surendettés. Elles ont étalé, mutualisé, dilué ces crédits dans des systèmes pyramidaux à la Ponzi-Madoff sous forme de titres financiers dérivés complexes revendus à l'ensemble de l'industrie bancaire, qui les a retransformés elle-même en  produits dérivés toxiques et ayant la capacité d'une propagation virale envers l'ensemble des marchés nationaux et internationaux.

Il ne faut donc pas se tromper de diagnostic dans ce désastre financier, et ne pas administrer le remède du déficit budgétaire massif qui ne va que préparer la nouvelle crise après le Global Meldown 2009. Débloquer des liquidités pour secourir les banquiers ne peut qu'encourager ces derniers à continuer leur gestion malsaine, irresponsable et économicide qui va propulser des millions de Travailleurs au chômage, rompre des familles, briser des destins et engendrer des conflits de plus grand envergure. Ces récentes interventions des États et des banques centrales préparent par conséquent les désastres moraux de demain, les détresses personnelles et les misères collectives.

Après le Global Meltdown 2009, il faudra sortir du cycle infernal des éclatements de bulles qui se répètent de manière de plus en plus rapprochée et violente. Il faudra avoir le courage de se demander quel modèle de société nous voulons, quel genre de croissance nous voulons, "une croissance durable ou une décroissance conviviale". Il faudra organiser la réallocation des ressources vers des actifs sains et qui garantissent aussi l'existence des générations futures. La génération qui a fait la Seconde Guerre Mondiale, si elle a libéré le monde du nazisme, elle a aussi volé à ses petits enfants une certaine aisance matérielle et de vie, elle a détruit deux générations à venir et, de par sa faute, le monde et l'économie mettront vingt ans à se remettre du Global Meltdown 2009.

Le graphique ci-dessus montre l'Evolution de la base monétaire des USA et les indications des crises corrélées de 1910 à 2008.


<<< Mode de lecture: 1 trillion = 1000 milliards, 1 billion = 1 milliard
77000 milliards de destructions d'actifs les 11 derniers mois  / 
Mode de lecture >>>
incapacité du gouvernement à inverser la tendance de la destruction d'actifs, malgré le programme de bail out, le TARP = 700 billions de $ (Plan Paulson) + les milliards offerts à Ford, GM, Chrysler.





<<< Incapacité du Gouvernement à contrecarrer la déflation

Les banques séquestrent les aides du Plan Paulson et ont des réserves excessives.
La force déflationniste est 100 fois supérieure à la capacité à avoir une mesure anti-cyclique. C'est pourquoi le gouvernement américain n'a pas été capable d'éviter la déflation des années 30, et le gouvernement japonais la déflation des années 90.







Les deux tableaux suivants
: Le prétendu "Credit Crunch" n'est qu'un refus des banques commerciales ou d'investissement d'octroyer des crédits. Depuis 80 ans, il n'y a eu qu'une augmentation continue des crédits. Mortgage = emprunt immobilier des particuliers, Corporate Bond = obligations des sociétés / emprunt des sociétés.
















A chaque fois que je ferme le fichier de ce site et que je crois que mon article est fini, je clique sur mes sources favorites d'informations que je vous ai citées en début de cet article.

Aujourd'hui, le 1er janvier 2009, la Fed' vient de racheter 500 milliards de créances douteuses. C'est unique dans l'histoire des banques centrales, qu'une banque centrale rachète des papiers commerciaux, et à fortiori des papiers hypothécaires pourris. A ceci se mesure le désarroi de la Fed', de Hank Paulson et de Ben Bernanke. En réalité le Fed' va racheter toutes les créances toxiques de la Fannie Mae et de la Freddie Mac, qui représentent plus de 50% du marché hypothécaires des USA. Comme la Fed' ne peut plus baisser le taux directeur, elle se sent obligée d'utiliser d'autres outils, ou, comme ici, d'en inventer. Les autres Hedge Fonds ont déjà prévenu Bernanke que la Fed' devra acheter ces 6 prochains mois "tout ce qui lui tombera sous les doigts". Les banquiers et les hedgers poursuivent leur chantage auprès du gouvernement américain pour qu'il endosse leur comportement de kamikaze systémique et pour laisser payer le bail out et sans doute plus encore par le Trésor public. Un chantage au chômage et à la crise sociale majeure leur facilitera la tâche. L'État américain ou européen consolide sa nouvelle qualité d'État Providence pour le système systémique bancaire et du financement de la dette par la dette. Ce n'est pas tout, la Fed' va aussi tititriser elle-même ces pourritures virales toxiques qu'elle rachète et va les transformer en Bons du Trésor ou autres produits financiers. Ce tour de magie noire peut encore fonctionner un peu car il y a en ce moment un rush vers la Fed' et les déposants préfèrent payer un intérêt négatif plutôt que de laisser l'argent dans les autres instituts bancaires. Les banques se transforment en feeder funds comme elle l'ont fait elles-mêmes ou auprès d'escrocs systémiques comme Bernie Madoff. Cette fois, la Fed' se conduit officiellement comme un Bernie Madoff. Oui, mais le $ est surévalué de 12 fois, et en été 2009 nous aurons le nouveau dollar. Il n'y a donc plus que les américains eux-mêmes à s'agenouiller devant des Madoff privés et des Madoff d'État. Nous sommes en face d'un lemming run. Ce n'est pas le tsunami qui vient aux lemmings, ce sont les lemmings qui viennent au tsunami. A l'ultime instant de grâce surgira la guerre avant la mise en redressement judiciaire. (Photo: Gaza, 1er janvier 09)

Au sujet de la déresponsabilisation des instituts bancaires garantie par la Fed', nous pouvons lire ceci sur son site: "As previously announced, over the next few quarters the Federal Reserve will purchase large quantities of agency debt and mortgage-backed securities to provide support to the mortgage and housing markets, and it stands ready to expand its purchases of agency debt and mortgage-backed securities as conditions warrant."         "Comme précédemment annoncé, la Réserve fédérale achètera au cours des prochains trimestres de grandes quantités de dettes d'agences et de titres adossés pour soutenir les marchés immobiliers et hypothécaires, et elle est prête à étendre ses achats de dettes d'agences et de titres adossés si les conditions le justifiaient."

Le gouvernement américain d'Alan Greenspan à Bernanke en passant pas Henry Paulson se comporte de plus en plus comme cet État Providence et récompense les instituts bancaires qui ont tous lâché leur cœur de métier pour profiter massivement de spéculation et de la "concurrence libre et non faussée qui permet l'autorégulation du marché et qui apporte le bien-être". Obama ne pourra jamais inverser cette comédie d'escrocs privés et d'État, les sommes mises en jeu sont trop colossales et la spirale tourne depuis 2006.

Selon John Kenneth Galbraith dans son essai "Anatomie d'une catastrophe financière", nous lisons "Euphorie, spéculation, réductions d’impôts, innovations hasardeuses dans la finance d’entreprise sont les causes de la crise économique de 1929".

J'ai trouvé ce commentaire sur le site the Market Oracle: au sujet de l'autonomie de la Fed' et de son action:

"The last 85 years of allowing our currency to be manipulated by a private bank has been a series of crisis, failure, and mismanagement. Ron Paul clearly articulates why the Federal Reserve has helped destroy the American Dream and needs to be abolished:

Abolishing the Federal Reserve will allow Congress to reassert its constitutional authority over monetary policy. Though the Federal Reserve policy harms the average American, it benefits those in a position to take advantage of the cycles in monetary policy. The main beneficiaries are those who receive access to artificially inflated money and/or credit before the inflationary effects of the policy impact the entire economy. Federal Reserve policies also benefit big spending politicians who use the inflated currency created by the Fed to hide the true costs of the welfare-warfare state. It is time for Congress to put the interests of the American people ahead of the special interests and their own appetite for big government." Le tableau à gauche vous montre la dette des USA: elle était de 356,7% du PIB en septembre 2008. Avec le Plan Paulson, le TARP, le Plan GM/Ford/Chrysler et le futur Plan Obama, elle va continuer à monter skywards comme ce homesick angel... Hier, le 1er janvier 2009, l'industrie américaine de l'acier réclame aussi une aide de 1000 milliards de $... Depuis des années nous savons (cherchez dans mon site) que les USA sont économiquement arriérés, que leur productivité horaire et annuelle sont très mauvaises, mais les néolibéraux et les ordolibéraux nous ont pris pour des demeurés quand nous l'expliquions. Le PIB des USA a été calculé sur de la dette et de la production de "richesses" spéculatives, c'est à dire sur du vent et sur des lubies virales. Les USA ne disposent même pas du socle industriel pour organiser leur relance. Pour rappel, le critère de Maastricht impose une dette cumulée de 60% maximum du PIB. Les pays européens étaient de 2 à 3% au-dessus des 60% en septembre 2008.

Sur le graphique ci-dessus à droite vous voyez le déficit budgétaire allemand actuel qui doit de nouveau retomber en dessous de 3% avec les plans de "Sauvetage" et de Relance. Il était à 0% en 2008. Comparez avec le déficit français sur le graphique ci-dessous pour 2009/10... Nous n'avons aucune marge de manœuvre, notre déficit avait déjà dépassé les 3% et depuis le Président Chirac. Même si j'estime que les 4 critères de Maastricht ne sont que des critères ordolibéraux, un déficit qui n'est fait que pour financer des choses comme le "Paquet Fiscal" est une pénalité pour la France et sa population. Le déficit budgétaire du Royaume-Uni est déjà de plus de 8%, en sachant qu'au Plan Brown/Darlington il faudra ajouter plusieurs super-Plans. Le montant des dettes cumulées du Royaume-Uni dépassera les 100% du PIB (Critère de Maastricht = 60%). La dette cumulée des USA était de 356,7% du PIB en septembre 2008.

La Californie sera en Banqueroute d'État vers le 15 février 2009. 44 États fédéraux des USA sont en très grave déficit budgétaire. Le déficit de la balance commerciale US était à la même époque de 700 milliards de $. Les USA sont en faillite et toute mesure de "relance" va encore plus plomber la situation. Nous ne pouvons compter sur les USA que comme une créance toxique. Mais il n'y aura personne pour racheter cette dette, et un pays ne peut pas faire un bail out de lui-même autrement qu'en quittant cette galaxie ou qu'en édulcorant sa propre douleur par une guerre ou une guerre civile. C'est fini. Je l'avais prévu et prédit dès 1990.

Nouriel Roubini, appelé Doctor Doom (Docteur  catastrophe), avait tout décrit dès 2006: "La Fed ne peut venir en aide au « système financier bis ». [..] Les risques sont bien sûr élevés, et la capacité des autorités à y faire face bien moindre que ce que la plupart espèrent. Il ne s’agit pas de dire que n’existe aucun moyen de s’en sortir. Mais malheureusement il s’agit de moyens toxiques. En dernier ressort, les gouvernements résolvent les crises financières. C’est là une loi d’airain. Les sauvetages peuvent exister, lorsque le gouvernement choisit ouvertement d’assumer la dette douteuse ou l’inflation, ou même les deux. Le Japon a choisi la première solution, au grand regret de son ministre des finances. Mais le Japon est un pays créditeur, où les épargnants ont une confiance totale dans la solvabilité de leur gouvernement. Les USA, au contraire, sont un pays débiteur. Il doit garder la confiance de l’étranger. S’il y échoue, la solution inflationniste devient probable. [..] Les États-Unis sortiront certainement de la crise, mais ils dépendront de la gentillesse des étrangers », ce sera le début de la fin de l’empire américain ."

Au même moment Alan Greenspan avait dit: "Je dirais à mes auditoires que nous ne sommes pas face à une bulle mais à une mousse - de nombreuses petites bulles locales qui ne grandissent jamais à un point pouvant menacer la santé de l’économie dans son ensemble".

Conjuguée à la récession des pays industrialisés de "l'Hémisphère Nord" sera la récession de la Chine et de l'Inde où l'exportation a chuté de 12,5%. De juin 2008 à octobre 2008 le coût moyen journalier du fret maritime est passé de 370.000 $ à... 3700 $. La demande intérieure de ces deux pays est quasi inexistante face à la masse de biens produits. Ces pays, principalement fournisseurs des USA, vont imploser. Selon le ADP National Employment Report le site officiel américain des statistiques sur le marché de l'emploi, et selon le site d'analyse économique, Mish's Global Economic Trend Analysis, qui est pris comme référence aux USA pour les investisseurs qui fuient la volatilité, les USA ont déjà perdu 2,8 millions d'emplois en 2008, 1.9 million d'emplois le dernier trimestre de l'année 2008 et 693.000 simplement en décembre 2008. Le rythme s'accélère de mois en mois. Le site Mish's vient d'être classé par le Times comme l'un des 25 blogs mandiaux du monde qui traite des questions de la finance.

Nous avons les Élections Européennes 2009. La politique de Jean Monnet de la "concurrence libre et non faussée du marché qui s'autorégule, qui apporte le plein-emploi et le bien-être" (Traité de Lisbonne) doit être révisée. "L'ordre spontané" de von Hayek doit être combattu, il est pourtant partout dans le Traité de Lisbonne et dans les Directives européennes. Mobilisez-vous, politiquement.



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4 octobre 2008

Interventionisme, nationalisations, Plan Paulson, scandales financiers et bancaires, Crise des Subprimes




Le rêve américain est enfin mort,
mettons-nous à travailler maintenant.


Le modèle américain est enfin mort,
mettons-nous à créer une société européenne maintenant.


Le Secrétaire fédéral américain au Trésor, Henry Paulson, vient de nationaliser les Organismes de Refinancement hypothécaire cotés en bourse, Freddie Mac et Fannie Mae (50% des prêts immobiliers des USA), qui sont en faillite, ce qui est une violation des accords de l'OMC. Ce renflouement de sociétés privées par un État est le plus grand de toute l'histoire qui n'a jamais eu lieu. Ces deux entreprises représentaient presque 6000 milliards de $. L'année dernière la faillitaire Bear Stearns avait été renflouée avec l'argent public aux USA et la Northern Rock, 5ième banque anglaise, avait été nationalisée en Grande-Bretagne. 11 banques ont déjà fait faillite aux USA. Aujourd'hui, 10 septembre c'est au tour de Investmentbank Lehman Brothers de devoir se mettre sous la protection de Chapter 11, c'est à dire de déposer son bilan. La Fed' ne parvenant pas à trouver un repreneur pour Lehman Brothers, la 3ième banque d'investissement des USA, achète depuis hier en masse les titres douteux que cette banque avait émis. Une fois de plus, le contribuable paye pour tous ces capitalistes de la vieille époque qui ont voulu s'enrichir sans travailler. L'irresponsabilité et les manœuvres déprédatrices de rapt sur les moyens productifs sont donc a partager entre l'État et ce genre de managers financiers et d'investisseurs hystériques.

1] Moritat - Implosion du système financier et économique américain.
2] Le Plan Paulson Bush Bernanke - Le plus grand et le plus cher Plan de Sauvetage boursier de tous les temps.
Plan de nettoyage des bilans des banques et de disparition des dettes
3] Réflexions sur la violation américaine des clauses intégristes de l'OMC.
Les prémices d'un nouveau Bretton-Woods?
4] Historique de la nationalisation de la Freddie Mac et de la Fannie Mae.
""Socialiser"...
5] Robert Solow, la synthèse néo-keynesienne et les dettes budgétaires saines de relance.
6] Lutte des classes à l'allemande.
7] Économie comportementaliste, entreprenance, croissance qualitative, normes ISO dans la gouvernance politique.
8] Mendicité du mort américain rejetée par l'Allemagne et l'Europe.
Basel II, l'appareil cadre limitant les activités à risque des banques.
9] Mendicité de l'escroc américain auprès du FMI.
10] La banque du Sud
L'Amérique latine, plus courageuse que l'Europe
11] Écroulement des banques "most leveraged" en Europe - De Fukuyama à Paulson
Les États-Membres européens cassent un à un le dogme de la libre circulation et de l'auto-régulation des marchés.
Supercherie de la BCE, de l'Euro-Groupe, de la Zone Euro
12] Le chantage impérialiste de la Chine, premier créancier des USA, le Cow-Boy de Papier(s toxiques)

Lire la suite...


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  • 1] Moritat - Implosion du système financier et économique américain
(ce §1 évolue au jour le jour et de faillites en faillites. J'ai écrit la majorité de ce post vers le 5 IX 08, à l'époque plein d'idées exprimées ici ne l'étaient pas dans les médias généralistes ou spécialisés)
Dans cette crise systémique de l'économie de bulle ce sont les dérivés de crédits qui ont fait effondrer les USA. Un pays aussi irresponsable se permet de faire la police et la guerre en Irak, en Afghanistan, etc. Le terrorisme économique des USA est élevé en idéologie intégriste du tout laisser-faire, de la libre circulation de tout et de n'importe quoi, de l'autorégulation des marchés. Les dégâts du comportement économicide du pays et du peuple américain sont bien plus dévastateurs que ceux de fanatiques intégristes religieux.

Aux dernières nouvelles du lundi 15 IX 2008, la Fed' laisse tomber cette banque d'investissement Lehman Brothers. A présent la vraie corrida va commencer. La plus grande assurance du monde, AIG est sur les genoux en ayant perdu 87% de sa valeur en 3 jours, et la très sérieuse et réputée mais menacée de faillite, la banque d'investissement Merill Lynch se jette dans les bras de sa rivale, la Bank of Amerika pour 50 Milliards de $, soit la moitié de sa valeur d'il y a un an. C'est toujours une recapitalisation que n'aura pas à payer le contribuable. Oui? Vous croyez? Oh, mais la Lehman Brothers faillitaire est à présent placée sous la protection de Chapter 11 et les créanciers ne pourront pas faire valoir leurs créances qui s'élèvent à 613 milliards de $, soit le PIB de la Norvège et du Portugal réunis. La Fed' se déclare prête à aider momentanément ces créanciers: 56 banques ayant prêté à Lehman Brothers ont demandé un crédit à court terme à la Fed' pour faire face à leur pertes qu'elles ont subies.

Aux dernières nouvelles de mardi 16 IX 2008, le gouvernement américain a décidé de soutenir financièrement AIG qui avait accumulé 20 milliards de pertes. La Fed' lui accorde un méga-crédit de 85 milliards de $ qui va courir sur deux ans, toute la valeur de ce groupe en constitue la garantie. Le Secrétaire d'État américain au Trésor, Henry Paulson, et le Congrès américain sont derrière ce crédit qu'il soutiennent. Le gouvernement américain prend 80% du contrôle du groupe AIG. En bon français nous appelons ceci une nationalisation. Souvenez-vous comme ce mot était connoté depuis des décennies comme issu de l' "économie planifiée" à la mode des régimes dits communistes. Il est dramatique que nos régimes capitalistes ne mettent en régime nationalisé que les pertes, les banqueroutes issues de la spéculation financière rapace et économicide et qu'ils poursuivent à mettre dans le domaine marchand les services publics, par exemple, au nom de la libre circulation des marchandises et des services et des capitaux et des travailleurs qu'ils prennent pour le salut éternel et durable des économies "modernes, réformatrices, ouvertes sur le monde, sur les échanges et qui donnent la dignité au travailleur qui reçoit son argent à la juste hauteur de son travail...".

AIG avait ouvert il y a moins d'un an son capital à hauteur de 20 milliards de $ qui sont partis en fumée. AIG couvre toutes les formes d'assurance mais est aussi sévèrement impliqué dans la crise des subprimes en étant administrateur de bien et en ayant ramifié ses activités à très haut risque comme les banques d'investissement. En premier lieu le gouvernement avait essayé de lancer une action concertée entre les banques et des assurances, mais elles avaient toute décliné cette invitation. Il est évident qu'une faillite de cette ampleur n'est pas supportable par les marchés financiers et les économies américaine et mondiales. Mais vous voyez, le principe de l'OMC selon lequel un soutien financier de l'État d'une entreprise privée est interdit, est démantelé par leurs auteurs eux-même. L'OMC est donc d'émanation américaine et aurait dû servir leurs intérêts et leur vision du monde. Cette crise aura ceci de bon, que l'Europe, si elle décide d'accéder à sa maturité politique, économique et budgétaire unifiée, peut de nouveau prendre ses distances face à ce paradigme étouffant de l'OMC et du modèle néo-libéral que tous nos influenceurs et tous nos partis nous ont présenté comme le modèle cardinal à suivre des bienfaits universels de la globalisation. Selon ce mainstream, il est devenu arriéré et réactionnaire de parler d'État Providence, de Welfare State, de Wohlfartsstaat et le monde ouvrier, des salariés, des employés l'a cru, asséné par les slogans des politiciens tout autant de "gauche", aidés ou poussés de leur bras droit, les médias.

Des décisions si antagonistes du gouvernement américain entre le lundi 15 IX et le mardi 16 IX laissent voir son profond désarroi et sa peur panique qui n'aboutit plus dans une gestion cohérente de la crise des subprimes et de tout le mode de fonctionnement des États-Unis. Tous ces milliards de crédits octroyés par la Fed' ou tous ces milliards d'aides directes sans contre-partie sont des milliards qui ne sont pas investis dans l'économie réelle pour financer des projets industriels de croissance et de stabilité, et la dette du budget américain, qui est déjà abyssale, se creuse de manière multipliée, décuplée, centuplée. Le modèle américain, adulé par le président français, NS, et par son club privé qu'est l'UMP, n'est qu'une insulte faite à la planète entière, un modèle de dilapidation des biens et du capital social des entreprises, des biens des ménages déposés sous forme d'épargne et de placements, des biens de la nation et du pays. Ce running on empty a définitivement démontré la faillite inéluctable vers laquelle il nous entraîne. Mais en France, le président bling-bling continue à faire son jogging avec le T-Shirt et le pictogramme NYPD pour organiser sa réal-politique, celle de transférer dans son club les savoirs, les richesses et les pouvoirs.

Aux dernières nouvelles du mercredi 17 IX 2008 à 9h du matin, le plus grand organisme de prêt immobilier britannique, la Halifax Bank of Scotland (HBOS), est en situation de faillite. Le frère américain du modèle néo-libéral, le Royaume-Uni, a toujours brillé par sa gémellité américaine et avait nationalisé il y a un an la Northern Rock. Le Royaume-Uni, qui se sert à sa guise dans les accords de la Communauté Européenne en se préservant avec un vaste écran d'opting-out, n'a qu'à bien se tenir maintenant.

Une telle situation, un tel cadre de l'omnipotente liberté du tout laisser-faire et de la foi en l'autorégulation infaillible des marchés n'ont jamais existé en Europe continentale. La folie furieuse de dérégularisation qui a pris de plein fouet les USA après la Chute du Mur de Berlin, les a conduits à séparer les banques d'investissement des banques généraliste et d'affaire. Aux USA, les banques d'investissement ne sont soumises à aucun contrôle à la différence des banques d'affaires. De plus, toutes ces banques d'investissement étaient indépendantes, c'est à dire sans qu'elles ne fassent reposer leurs activités sur les banques généralistes d'affaire et de dépôts. Cette indépendance fera aussi partie du passé avec les mesures de régulation accompagnant le Plan Paulson appelé „Troubled Asset Relief Program“ (TARP).

Dans une banque d'affaire l'activité commerciale conduit à acheter de l'argent par les dépôts et à vendre de l'argent avec des crédits. L'activité financière d'une banque d'investissement la conduit à ne pas avoir d'argent mais à diriger vers elle de l'argent. Les positions négatives des banques d'investissement, les dettes, y sont transformées en avantage parce que la vente de ces dettes produit de l'argent. Mais pour réaliser des profits il faut constamment manipuler et créer par titrisation (voir dans mon site) des activités et des produits financiers nouveaux dérivés des crédits comme un moulin qui a constamment besoin de grains. C'est pourquoi la législation américaine n'avait pas assimilé les banques d'investissement à des banques d'affaire et ne les avaient pas soumises à l'obligation de constituer des fonds propres de garantie et de réserve, ni aux contrôles pour les activités boursières. De plus le Gouvernement avait rejeté pour les USA l'obligation de créer des fonds propres décidée par la conférence internationale pour un nouveau système comptable dans l'économie globalisée qui a abouti au système comptable IRFS dans Basel II. Dans ce système pyramidal, copié sur les lettres en cascade, arrive un moment où les dettes doivent être recouvrées. Sous Reagan l'énorme déficit budgétaire des USA avait aussi été brillamment revendue en millions de petits morceaux, en titres, eux-même vendus et revendus. L'intérêt de ce système est que ces titres accélèrent leur circulation pour générer de l'argent sous forme de profit. Ce système de vente de prêts hypothécaires n'a jamais existé en Europe, mais les banques européenne comme la Société Générale en France, la Northern Rock en Angleterre, la Halifax Bank of Scotland en Écosse, la IKB en Allemagne ont acheté des positions dans ces banques américaines d'investissement et dans ces instituts financiers comme l'Assurance AIG qui avaient aussi des activités de banques d'investissement. Ces banques européennes sont en faillite ou ont été nationalisées par les gouvernements respectifs.

Après 1999, quasiment toutes les obligations relatives aux instituts financiers furent éliminées comme expliqué ci-dessus. Wall Street devint une mine d'or. La fin de la bulle de l'Internet avait alors parue comme un revers temporaire. Les activités s'étaient alors très rapidement reportées sur la revente lucrative des crédits et sur la spéculation à crédit. La voracité envers des profits croissants avait rendu aveugle face aux risques qui croissaient en même temps. On n'échangeait plus des biens et des services contre de l'argent, mais de l'argent contre de l'argent.

Des 5 banques américaines d'investissements il ne reste aujourd'hui plus que la Goldman Sachs et la Morgan Stanley; la Bear Stearns, la Merill Lynch et la Lehman Brothers viennent d'être éliminées, ces deux dernières en deux jours. Les banques d'investissement comme les hedge-fonds ne sont soumis à aucun contrôle des autorités gouvernementales à la différence des banque de dépôts. Il reste encore 1000 milliards "d'actifs toxiques" à déprécier, ces actifs toxiques comme les subprimes. Dès le début de la crise des subprimes ce chiffre court et est à chaque fois contesté, et de mois en mois des pans entiers de l'économie (non réelle) des USA mais aussi dans le monde s'effondrent. A présent nous voyons que le secteur des assurances est gravement menacé et vacille déjà avec AIG, la plus grande assurance du monde, qui comme toutes les assurances américaines avait assuré les titres (subprimes) et les prêts hypothécaires irrécouvrables contractés par les particuliers dont la solvabilité n'était plus contrôlée par les organismes de crédits. Un marché de 62.000 milliards de $ est remis en cause, car il est au tour de ces assurances de payer pour les risques encourus. Le cataclysme va-t-il être évité? En français on parle de "correction du marché", en allemand de Wertberichtigung, de correction de la valeur. Je ne peux que rigoler, si ce management financier s'est assassiné lui-même, mais l'économie réelle s'effondre avec lui et les millions de petites-gens, salariées et employées vont perdre leur emploi, être mis en chômage technique, être contraint à un flex-time tellement porté aux nues dans ces cieux anglais et américains comme le modèle de l'employabilité des masses qui leur apporte la "dignité par le travail", une, deux, sept heures de travail par semaine. Après ces corrections du marché et l'introduction de règles comportementalistes nouvelles pour les acteurs du marché et de l'économie, la croissance durable de l'économie pour les peuples ne va pas être amenée par la gauche, mais par... la droite... après un krach généralisé. La gauche claudiquera loin par derrière et feindra de l'avoir dit et de nous avoir prévenu. Et les possédants se referont une santé, sur le dos des petites gens et des États qui épongeront les dettes et les pertes et les faillites de tous ces spéculateurs déprédateurs, en privatisant toujours et encore les bénéfices et en nationalisant les pertes. Comment ne pas être révolté? Et en attendant, les petites gens, évincés du monde du travail, réduiront d'autant leur cotisations et leurs droits à la retraite pour laquelle, comme un voleur, les États reculeront l'âge pour y accéder, en sachant que, comme en France seulement 38% des salariés atteignent effectivement cet âge légal, le reste étant licencié avant. Les trois agences mondiales de notation des valeurs boursières, Moody's, Standard & Poor's et Fitch ont déclassé AIG en Aa3, A-Minus et AA-Minus en annonçant le déclassement imminent en Junk-Bond, ce qui se traduit à peu près par "valeur-poubelle". J'adore le langage fleuri du capitalisme financier.

Aux dernières nouvelles du mercredi 17 IX 2008 à 22h 05, sur les deux dernières banques d'investissement qui n'ont pas encore fait faillite, la Morgan Stanley est en situation très difficile. Par son influence et sa taille, c'est la seconde banque d'investissement après la Goldman Sachs. La Morgan Stanley passe déjà pour être la prochaine candidate à un rachat ou une absorption. Elle a perdu plus de 60% de sa valeur en deux jours. Ce serait drôle que les chinois la rachètent, pour changer un peu. La Goldman Sachs est entrain de dévisser ce soir. Il ne faut plus se voiler la face, tout le système bancaire américain est entrain de s'effondrer cette semaine du 15 septembre 2008, et avec lui le système américain des assurances avec la AIG. On parle aussi à présent des systèmes de Hedge Fonds qui commence à vaciller.

Aux dernières nouvelles du jeudi 18 IX 2008, le ministère des finances américain émet des Bons du Trésor, non plus pour financer le budget de l'État mais pour fournir de l'argent frais à la banque centrale américaine, la Fed, qui elle même avec méga-crédits qu'elle octroie aux faillitaires prend à son compte le risque boursier!!! J'avais toujours entendu parler de la sacro-sainte indépendance de la Banque Centrale, qui a servi de modèle pour la BCE, la Banque Centrale Européenne. Indépendance? Face aux tentations des politiciens de soutenir leur politique de croissance par la planche à billet, l'émission de monnaie, mais pas indépendance face aux marchés financiers, pour lesquels, cette banque centrale est le biberon du soir et du matin. L'État est devenu un État Providence pour les spéculateurs immoraux qui ont dilapidé les actifs d'un pays. L'État vient au secours de Wall Street et détourne la Banque Centrale de sa fonction pour langer et soigner les spéculateurs toxiques.

Aux dernières nouvelles du vendredi 26 IX 2008 la plus grande banque d'épargne et dépôt a fait faillite.. Il s'agit de la plus grande faillite bancaire de toute l'histoire des USA. Elle vient d'être rachetée par la J.P Morgan Chase, la troisième banque des USA. Les déposants n'auraient rien à craindre. WaMu s'était engagée dans ce gros loto des prêts hypothécaire lors du boom immobilier, alors que cette activité ne faisait pas partie de sa vocation. Même un diocèse allemand d'un Land à l'Est de l'Allemagne s'était égarée à prendre des participations dans la Freddie Mae et a tout perdu...

Aux dernières nouvelles du dimanche 28 IX 2008 le plus grand groupe bancaire et d'assurance néerlandais-belge Fortis se trouve en cessation de paiement.. La BCE étudie une Plan de sauvetage dans lequel se sont associés les gouverneurs des banques centrale de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la France... Une nationalisation partielle est décidée. Fortis emploie 85.000 collaborateurs et gère 2500 représentations et guichets.

Le groupe bancaire anglais Bradford & Bingley (B&B) est en situation de cessation de paiement. Ceci devient banal, il n'y a plus de commentaires extra-ordinaires à faire. Les crédits hypothécaires de B&B seront nationalisés à hauteur de 63 milliards d'Euro et le reste de la banque sera racheté par appartement par d'autres banques qui seront aidées par la banque centrale qui leur accordera un crédit à taux préférentiel dont les remboursements pourraient ne plus devenir exigibles d'ici quelques mois... A la nationalisation directe ou déguisée on ajoute cette méthode qui est aussi une entrave grave à la concurrence, car ces banques racheteuses seront aidées à la différence des autres qui doivent continuer à compter sur leurs propres actifs. Si vous ne l'aviez pas compris la B&B est la seconde grande banque britannique à être nationalisée avec la Northern Rock en juillet 2007. La valeur de l'immobilier continue a s'écrouler en Grande-Bretagne, les maisons valent moins que les hypothèques. La spirale déflationniste de l'immobilier s'accélère, d'autres grandes énormes faillites sont à attendre.

Le plus grand groupe européen de crédits hypothécaires, la Hypo Real Estate dont le siège est à Munich et qui fait partie de l'indice DAX (les 30 plus grandes valeurs allemandes cotées), s'est effondré. Le gouvernement allemand a déclaré ne pas vouloir soutenir ce groupe. L'actionnaire majoritaire de la Hypo Real Estate est l'américain Flowers. C'est une filiale irlandaise de la Hypo Real Estate, la Depfa-Bank qui est à l'origine de cet effondrement en chaine. Enfin, ceci est l'explication dominante qui coure sur les médias. L'autre explication est que la Hypo Real Estate avait soutenu massivement, comme aux USA, dans l'ex-Allemagne de l'Est la construction de maisons, achetées à crédit sans apport personnel de l'emprunteur. La bâtiment et la consommation auraient dû être le moteur de la croissance dans les nouveaux Länder de l'Allemagne réunie. Ce n'est toujours pas le cas, cette partie de l'Allemagne ne se soutient pas économiquement elle-même, vit des soutiens financiers publics de l'ouest, vingt ans après, et le taux de chômage y est de 25%.

Plusieurs banques ont porté secours à la Hypo Real Estate avec leurs propres fonds, mais là aussi il ne faut pas se leurrer, les fonds qu'elles lui ont prêtés pour un crédit à court terme et à moyen terme sont autant de liquidités qui réduisent la masse monétaire réellement mise sur l'industrie et le marché en Europe. A cette raréfaction de la masse monétaire la BCE devra répondre en baissant les taux d'intérêts directeurs ou en mettant des liquidités sur le marché. Cette attitude à posteriori, pour consolider des plans de sauvetage ne correspond toujours pas à une politique budgétaire et macroéconomique de la BCE, de l'Euro-Groupe et de la Commission de Bruxelles. 46 milliards d'Euros versés en deux tranches sont nécessaires pour sauver la HRE, 40% viennent de la Fédération allemande, le reste des banques privées. Si vous ne l'avez toujours pas compris le Bund, la Fédération allemande s'est portée caution pour ce plan des banques de sauvetage de HRE. Le Bund prévoit un fonds de 300 milliards au maximum qui pourrait aussi servir à d'autres sauvetages. Et comme je l'écrivais ici encore hier soir Manual Barroso et la Commission à la Libre concurrence interrogent ce soir, lundi 29 IX, pour savoir si la caution accordée au plan de sauvetage de la HRE par le gouvernement fédéral allemand ne cache pas une simple manœuvre de concurrence déloyale face aux autres banques du même secteur. Au sujet de la toute-libre-concurrence-du-tout-et-du-reste, vous savez ce que j'en pense, mais si l'État intervient je veux que ce soit pour des plans d'infrastructure de santé, d'éducation, de R&D, pour des Plan quinquennaux par exemple comme nous l'avons connu en France jusqu'à la fin des années 60.

En ce jour, lundi 29 IX, la valeur en bourse de la Hypo Real Estate a dévissé de 75%, ce qui est la plus grande chute enregistrée depuis que le Dax existe. L'année des superlatifs a commencé. La valeur de la Commerzbank a dévissé de 18%, la Dresdner Bank l'a suivi. Ici, nous sommes en face de banques "traditionnelles" d'affaire et de dépôts. Il n'y a rien d'étonnant. Remontez au §2: le 19 IX le short selling, la vente à terme à découvert sur des valeurs à la baisse, avait été suspendu par l'Institut fédéral allemand de surveillance des services financiers (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht - BaFin).

Aux dernières nouvelles du lundi 29 IX 2008, la banque Dexia connait des difficultés en France et en Belgique. Il parait que dexia était une "sage" Banque des Collectivités locales et que "c'est la faute aux Belges".
La banque américaine Citigroup reprend pour une somme de 12 milliards de $ la quatrième banque américaine, la Wachovia. Les fonds pour le rachat sont "avancés" par "l'État" américain.

A chaque fois on peut aussi se rendre compte que tous ces faillitaires avaient racheté, à crédit, dans un passé très récent d'autres groupes pour une valeur très surestimée. Que ce soit aux USA ou en Europe. Je ne vous donne pas la liste et dans le cadre de mon article elle ne nous aide pas à la prise de conscience.

Pour l'instant, personne ne parle de la situation sur les autres continents?



Dernières nouvelles du Lundi 29 IX 2008:
C'est la Nuit de toutes les Nuits.
Le Congrès n'a pas accepté le Plan Paulson (ce qui est normal, pourquoi sauver le mort américain? Mais un mort qui ne se sauve pas lui-même va être secouru par le FMI comme je l'écris depuis qq temps).
J'ai froid.
Et le plus curieux. Demain on se réveillera et la planète aura encore changé de visage.
Le 15 IX tous les paradigmes sont tombés.
Le 29 IX, ah! mais c'est bien vrai, la symbolique des chiffres. Le 29.


  • 2] Le Plan Paulson Bush Bernanke - Le plus grand et le plus cher Plan de Sauvetage boursier de tous les temps
    Plan de nettoyage des bilans des banques et de disparition des dettes


Selon l'ONU et les objectifs du Millénium, il faut 20 milliards de $ par an pour régler en Afrique tous les problèmes de maladie, de pauvreté et de malnutrition.

Avant même que le Plan Paulson - „Troubled Asset Relief Program“ (TARP) - ne commence à s'appliquer, c'est déjà la moitié du marché financier américain qui est nationalisé.

Aux dernières nouvelles du vendredi 19 IX 2008, depuis le krach boursier de 1929, et même depuis toute son histoire, l'Amérique toute libérale, toute néo-libérale va mettre en œuvre le plus grand et le plus cher PLAN de Sauvetage suite à ce krach bancaire de 2008. Ce plan, décidé par Henry Paulson, Secrétaire d'État au Trésor, Ben Bernanke, Gouverneur de la Banque Centrale Federal Reserve, Président George Bush et le Congrès américain va coûter 1 billion de $ aux contribuables, soit 1000 milliards de $ (ou 10.000 $ par américain si l'on prend pour base un "petit" Plan de 700 milliards de $). Avec une telle somme les USA auraient pu se payer un très bon système de couverture de sécurité sociale pour tous, de santé et de retraite ou lancer un plan de relance et de stabilisation économique de grande envergure sur une décennie. Mais en conformité avec les règles auto-édictées par l'OMC, club américain de riches, il était interdit à l'État d'injecter dans les entreprises de l'argent pour piloter une politique industrielle et une politique macro-économique. Un billion de $ pour racheter et éponger les emprunts hypothécaires, les dettes impayées et pour racheter les valeurs mobilières et les titres devenus nuls ou invendables de ce système spéculatif bancaire (titres, actions, obligations), d'assurance et de fonds financiers (hedge-fonds et fonds de pension) et pour que ces dettes impayées ou ces valeurs mobilières nulles n'apparaissent plus dans le solde comptable des banques. Ces entreprises ont du coup repris de la valeur en bourse et peuvent continuer à verser les dividendes à leurs actionnaires. L'Homme de la rue verse donc des dividendes aux actionnaires, mais ne peut jouir d'un Welfare State. L'État Providence, celui qu'il fallait, à tout prix et à force propagande médiatique et politique, étouffer avec ses derniers protagonistes from old europe, consolide cette racaille de spéculateurs déprédateurs, économicides qui se servent dans les pays où ils sévissent et sur les peuples qui les subissent ou qui ont cru, de manière imbécile pouvoir en faire partie. Bling-bling. Ces sociétés privées libérées de leurs "positions négatives" voient leur cotation en bourse remonter en flèche dans un feu d'artifice le 19 septembre 2008. Le contribuable paye leur détournement de biens sociaux. Nous sommes à présent très loin du fait que l'État privatise les bénéfices et nationalise les dettes. L'État impose au contribuable de payer l'échec global d'un système capitaliste que l'on avait voulu lui vendre comme la solution unique de globalisation accumulatrice de richesses dont tout le monde profite. Celui qui n'y adhérait pas était dénoncé comme réactionnaire communiste national-socialiste rouge-brun à gauche de la gauche. Et le PS et les autres partis de gauche ont joyeusement accompagné cette féodalité des détenteurs des savoirs, des pouvoirs et des richesses et nous avaient fait croire qu'ils faisaient de la politique.

Ce plan d'escroquerie d'État, Plan Paulson (dit Plan de Sauvetage), prévoit la création d'une holding publique (financée par l'État, on en est déjà arrivé à devoir préciser ce qu'est une entreprise publique) qui va racheter toutes les valeurs mobilières nulles ou invendables et les crédits impayés aux établissements de crédits et financiers américains et à leurs filiales à l'étranger. Cette holding, appelée "Bad Bank", devrait tenter, une fois, un jour ou l'autre, dans un avenir à attendre, de les revendre. Cette holding va aussi créer un fond de garantie pour les fonds financiers (hedge fonds et fonds de pension) et pour les banques d'investissements. Ce fonds de garantie devra jouer le même rôle que la réserve obligatoire que les banques de dépôts doivent constituer en Europe pour conserver un volant de fonds propres. Ces banques d'investissement et ces fonds financiers n'investissent pas ou n'octroient pas de crédits industriels ou à des fins spéculatives en s'appuyant sur l'argent des comptes de dépôts et d'épargne, mais ils se fournissent sur les marchés financiers et ils revendent leurs prêts sous forme de titre (titrisation comme pour les subprimes, chercher ce terme dans mon site). Cette holding publique va donc garantir en un premier temps les actifs des fonds monétaires jusqu'à 50 milliards de dollars, afin d'en assurer la solvabilité et de maintenir la confiance dans ces produits financiers. Des augmentations de ce fonds de garantie sont prévues en fonction de l'évolution du marché boursier. Les spéculateurs ne se sont pas trompés, ils sont sûrs à présent de ne plus être jamais lâché comme la banque d'investissement Lehman Brothers en début de cette semaine du 15 septembre 2008.

Dans ce plan de vol d'État, l'Autorité américaine de régulation des marchés financiers (Securities and Exchange Commission, SEC) a pris une première mesure qui se veut coercitive: elle interdit jusqu'au 2 octobre 2008 les "naked short selling". Ce système de ventes à terme d'actions et de titres en général, dont le vendeur n'est pas propriétaire au début de l'opération mais seulement emprunteur, permet une spécualtion à la baisse et a accéléré la chute vertigineuse de la valeur des actions de la Bear Stearns il y a un an, de Fannie Mae et de Freddie Mac il y a 15 jours, de Merrill Lynch et de Lehman Brothers en début de cette semaine, de Morgan Stanley et de Goldman Sachs depuis deux jours. Les Hedge Fonds avaient donc tout intérêt à voir baisser le cours des actions de ces 5 banques d'investissement, des ces deux plus grands organismes de crédit immobilier et de la plus grande assurance du monde qui faisait aussi un travail de banque d'investissement. La logique habituelle des fonds de pension et de s'emparer de valeurs mobilières, de prendre des parts de capital d'entreprises en tout ou en partie et de générer une très forte hausse de ces actions (25% étant la cible alors que la marge opérationnelle d'une entreprise saine est normalement de 3%) par un management financier totalement étranger à un management d'industriel et de développement durable en procédant à des "rationalisations", des licenciements, des liquidations de secteurs d'activités, des réductions ou arrêts des investissements dans Recherche & Développement, des fifth quarter sales, etc...).

Comme seconde mesure, la SEC va donc mener une enquête préalable à d’éventuelles poursuites, contre cinquante hedge fonds pour avoir répandu des nouvelles alarmistes (un buzz) sur la Bear Stearns il y a un an et sur la Lehman Brothers au début de cette semaine afin de faire s'effondrer le cours de leurs actions. Des poursuites au civil et au pénal seront engagées contres ces spéculateurs "illégaux" à la baisse selon le modèle du Martin Act qui existe dans l'État de New York.
Deux événements concourent à la réalisation du bénéfice dans l'opération du "naked short selling". Nous allons très simplement analyser "short selling" et "naked".
Le "short selling" consiste à 1) emprunter d'abord des actions d'une entreprise dont les cours semblent baisser, 2) on les vend immédiatement, 3) on attend la baisse effective du prix des actions, 4) on rachète le même nombre d’actions au prix inférieur au prix de vente, 5) on les restitue au prêteur. Le bénéfice est déjà réalisé en début d'opération, il ne reste plus qu'à jouer à ce lotto toujours gagnant.
Par "naked" (nu), on entend la vente à découvert qui est possible parce que la SEC, l'autorité boursière américaine accorde un délai de grâce de trois jours entre le moment où l’on donne l’ordre de vente des actions que l’on a empruntées et celui où il faut effectivement les livrer. Les spéculateurs donnent aussi en plus des ordres fictifs de vente d'actions qu’ils annuleront ensuite car ils n'ont pas l’intention de les livrer; ils n'ont jamais emprunté ces actions et n'ont qu'influencé violemment à la baisse leur cours.

Si l'on s'étonne de l'apparition ces derniers jours du terme de "économie réelle" au lieu de simplement parler de travail, de valeur travail, de créations de biens et de services, nous comprenons ici tout le sens de l'économie non réelle. Car, vous l'avez remarqué comme moi, le terme "d'économie virtuelle" ne passe pas dans les médias. On oppose toujours "spéculations financières" ou "marchés financiers" à "économie réelle". Si l'on donnait la place dans la sémantique quotidienne à "économie virtuelle" on avouerait qu' "économie réelle", et donc travail et valeur travail, est subalterne à "économie virtuelle" et donc que l'économie toute entière est basée sur un artefact, pour les érudits, et sur un mensonge, pour les démunis. Et donner la place au "travail", ceci risque de nous faire rappeler le "à chacun selon son travail", cette valeur communiste mais aussi de "l'économie sociale de marché" selon son acception allemande mais pas selon l'acception du TCE et du TSE (Traité Simplifié Européen - Traité de Lisbonne), cette valeur qui est détournée dans les mentalités "modernes" par "mon travail, mon salaire, ma carrière, ma pension". Ne confondons pas les discours de NS et de son 1er ministre Fillion, qui parlent de valeur travail dans le sens de la pressurisation des travailleurs, mais pas du juste salaire du travail.

Aux dernières nouvelles du vendredi 19 IX 2008, 23:00 heures, l'Institut fédéral allemand de surveillance des services financiers (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht - BaFin) vient d'interdire pour une période allant du 20 septembre 2008, 00:00 heure au 32 décembre 2008, 24:00 heures, le short selling (Leerverkäufe = ventes à découvert) pour les investisseurs qui misent sur la baisse. Les entreprises concernées sont: Aareal Bank, Allianz, AMB Generali Holding, Commerzbank, Deutsche Bank, Deutsche Börse, Deutsche Postbank , Hannover Rückversicherung, Hypo Real Estate (HRE), MLP und Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft. Des mesures analogues sont prises en Grande-Bretagne mais elles s'appliquent de manière générale pour tout le monde de la finance. Joh! Je croyais que la City était invincible et rayonnante, elle installe un Mur de l'Atlantique à présent? C'est moche, Queen Mommy, c'est moche.

Vous voyez entre les lignes d'informations mes réflexions personnelles ainsi que dans le § suivant n°3 de ce post. Tout individu muni d'une raison parvient à ces réflexions. Heureusement, que le Prix Nobel de l'Economie, Joseph Stiglitz (photo) mêle sa voix à la mienne... aux dernières nouvelles du samedi 20 IX 2008, 20:15 heures. On se sentait un peu à l'étroit. Selon Stiglitz, ce Plan de rachat par une holding publique est inadmissible, car personne ne voudra racheter ces valeurs toxiques dans un avenir proche ou moins proche. Stiglitz, Professeur d'économie à l'Université de Columbia, New York, voit en cette crise "la fin d'un modèle désastreux", "la fin d'une idéologie, selon laquelle les marchés libres et dérégulés fonctionnent toujours"; "le système financier américain et le Gouvernement ont perdu toute crédibilité".

A ce jour, les sociétés privées actives dans le secteur des marchés financiers gèrent un patrimoine évalué actuellement à 3,4 billions de $. Une bonne partie de ce patrimoine de valeurs mobilières et de titres est représentée par les valeurs toxiques qu'aucun investisseur privé ne veut acquérir. Une très petite partie de ces valeurs toxique est pour l'instant désignée par le Plan Paulson Bush Bernanke de manière explicite ou implicite. Pour Stiglitz "il existe une probabilité très élevée qu'une autre banque soit atteinte de la crise prochainement et il n'est pas du tout sûr que le rétablissement de la confiance des marchés revienne avec le Plan Paulson".

Depuis un an il existe dans les mots croisés allemands une question: "Assaut sur une banque en trois lettres?". Il faut remplir RUN. Running on empty?

Ce socialisme de riche est une escroquerie, nous pouvons l'admettre à présent sans être catalogué de "militant" premièrement, et de "gauche de la gauche" ensuite. Le débat sociétal, politique, économique, sur les valeurs humaines peut enfin commencer. En attendant il faut lier des directives strictes de contrôle par l'État à toutes ces nationalisations et à tous ces cadeaux financiers en milliards pour "racheter" (faire disparaître) avec les moyens publics les valeurs toxiques et les crédits douteux et irrécouvrables.



  • 3] Réflexions sur la violation américaine des clauses intégristes de l'OMC

    Les prémices d'un nouveau Bretton-Woods?
Nous sommes encore très loin de subir les effets de la crise des subprimes, et l'euphorie cultivée de part et d'autre de l'Atlantique autour de la Obama-mania est destinée à retarder le collapsus général. Les analystes économiques disent que pour l'instant "nous ne voyons que la queue de rat de la crise des subprimes".

Ce Plan Paulson de Sauvetage du naufrage, de 1000 milliards de $, qui est censé calmer les marchés financiers va accélérer la récession économique américaine inéluctable du fait des tissus économique et industriel qui la construisent. Ces 1000 milliards de $ ne servent qu'à retirer des marchés et des bilans comptables les "positions négatives", les dettes et les valeurs mobilières nulles ou invendables. La confiance dans les marchés est censée revenir et le feux d'artifice des rebonds des positions boursières mondiales, qui a eu lieu de suite après l'annonce de ce Plan, ne veut rien dire. Ces 1000 milliards de $ ne seront pas injectés dans l'économie travailleuse, que l'on appelle "l'économie réelle". Les USA, qui ont créé une croissance totalement fictive depuis 15 ans et qui ne repose que sur une système de plus en plus élaboré d'endettements et de produits dérivés des crédits (titrisation), vont se rendre compte que leur économie dite réelle n'est pas du tout compétitive dans la globalisation. Les réformes nécessitées par la globalisations et qui ont été faites dans le management européen, n'ont jamais été faites aux USA. Les trois grands groupes automobiles américains, Chrysler, Ford et GM sont en situation de faillite. Ce n'est pas un hasard si Daimler (Mercedes) s'est défait il y a deux ans de Chrysler qui n'a jamais su adopter la Coporporate Idendity de Daimler, et en l'occurrence qui n'a jamais voulu adapter son comportement managérial et ses lignes de produits aux nécessités du marché et de l'inflation du prix du pétrole. Il en va de même pour tout le système américain de PME qui n'est pas compétitif contrairement à ce que nos médiateurs de l'imposture et du mensonge, incorporés par les influenceurs des partis politiques et de l'information, nous ont asséné depuis la chute du Mur de Berlin et plus précisément depuis 15 ans avec la succession des crises systémiques de l'économie rythmique de bulles éclatantes dans le cadre flashy de l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce.

Les médias vous assènent maintenant depuis une semaine que les mesures du Gouvernement américain décidées avec la FED, la Banque Centrale, et le Congrès (le Parlement américain) sont "incompréhensibles", "surprennent totalement". En émettant toujours ces idées, les médiateurs continuent à propager la mantra que les décideurs et leurs influenceurs ont voulue salvatrice et jubilatoire pour les économies et pour les peuples: la foi cardinale en le tout-laisser-faire et l'autorégulation des marchés. Ces-dits intellectuels ne sont pas capables de se regarder en toute humilité et de dire que contrôle, régulation, règlementation et organisations des grands consensus entre les partenaires économiques et sociaux font partie du devoir régalien d'un État. Tous ces bonimenteurs jouent encore la peur du communisme pour conserver leurs grosses parts majoritaires de savoirs, de richesses et de pouvoirs qu'ils ont volées sur la masse de la population et sur les richesses réelles des économies nationales et mondiales. La pensée, la pensée économique, l'organisation politique, l'organisation de la société et de l'État se sont mis en parenthèses depuis octobre 1989 à la Chute du Mur de Berlin. Pour ma part je n'ai jamais été dupe et j'ai vécu seul ma longue tristesse face à cette anesthésie importée et imposée. Etant aussi artiste-peintre, j'avais peint dès 1987 la Chute du Mur de Berlin. Mes tableaux, aussi, valent ce qu'ils valent, mais ils sont là et ici dans ce post.

Les contribuables, le Main Street, payent pour l'instant déjà 500 milliards de $ pour sauver Wall Street alors que le Plan Paulson n'est même pas encore lancé. Le consommateur redevient subitement un citoyen quand il doit éponger les dettes et les valeurs toxiques d'entreprises privées. Il y a aux USA 20% d'illettrés totaux et 20% de la population qui vivent sous le seuil de pauvreté qui attendent aussi. Pendant 15 ans les banques d'investissement, les hedge fonds, les fonds de pension et les sociétés de participation se sont conduits comme les seigneurs ultimatifs et les chômeurs, les travailleurs victimes du flex-time contraint ont fini par culpabiliser de ne pas être au travail, voire de ne pas pouvoir ou vouloir cumuler deux ou trois petits boulots. Parce que depuis plus de dix ans, il était de bon ton aux USA mais aussi en Grande-Bretagne de laisser dire qu'un travail ne devait plus forcément permettre à l'employé de subvenir à ses besoins, mais qu'il lui fallait cumuler deux petits emplois. Et de toute façon l'importation par la porte du Mexique aux USA de travailleurs au rabais pour faire baisser le niveau salarial américain avec des mexicains tous frais, ou d'un million de travailleurs issus des Pays Baltes, de Pologne, d'Ukraine pour la seule Irlande ces dix dernières années, permettait d'organiser la rafle des richesses en direction des profits du capital. L'insouciance des gouvernants politiques est à mesurer à l'opulence des entreprises privées et des marchés boursiers. Il en est de même pour la Grande-Bertagne qui pousse encore plus fort que tout pays européen à intégrer la Turquie, ce genre de Chine domestique et de réservoir de main d'oeuvre quasi gratuite, dans le Marché Commun, ou l'Europe si vous êtes un naïf. Cette insouciance va disparaître avec cette opulence qui s'est effondrée et qui ne se rétablira plus. La croissance fictive, nourrie par un système d'endettement remis perpétuellement à jour en inventant des nouveaux produits financiers dérivés (en Allemagne il en existe 150.000 de types différents) pour ne conserver que la part profitable des opérations d'investissement et pour se dégager du risque et le proroger à un avenir in-envisageable, est terminée.

Aux USA l'OMC n'est utile que si elle sert les % américains (voir les subventions des FSC, des entreprises qui exportent, ou de Boeing, etc). Depuis une semaine les USA renient avec précipitation les principes fondamentaux de l'OMC (privatisation, non interventionnisme de l'État) par lesquels ils espéraient obtenir et garder une suprématie sur la planète en mettant le système économique planétaire au service de leur idéal de liberté enrichissante de l'american dream. La séparation entre le secteur public et le secteur privé n'a été qu'une fiction de propagande.

Je pense d'ailleurs qu'il est fort probable que, tout de même, les USA vont être lâchés par une part des médiateurs et que la vérité sur 9 IX va sortir... (On n'a jamais vu un avion au Pentagone...). Vous avez dit "Axe du Mal"?

Je pense que ce Plan Paulson, qui est officiellement évalué à 700 milliards de $, et à 1000 milliards de $ par les commentateurs économiques, va dépasser de très loin ces chiffres prévisionnels. C'est comme la guerre du Golf n° 2 qui était évaluée à quelques milliards de $ et qui dépasse 2000 milliards de $. Dès le début, ce chiffre était connu, mais les médiateurs politiques et les médias financiers avaient occulté ce chiffre dans les journaux et les prime-times. Les américains croient toujours qu'ils ont besoin de déclencher et d'entretenir une guerre planétaire pour entretenir leur économie de guerre et leurs grands groupes militaro-industriels.

Pour moi, les USA ne pourront plus faire face à leurs engagements internes et externes et vont aller mendier à l'extérieur et tenter une rapprochement avec les autres pays, les autres continents et la région européenne qu'ils ont méprisés, agressés ou attaqués. Les USA ne pourront jamais financer le Plan Paulson de 1000 milliards de $ parce que leur dette extérieure augmente chaque semaine de 660 millions de $ et les ménages sont endettés à hauteur de 11 billions de $.

Je pense même qu'un retour aux accords de Bretton-Woods et à un système de convertibilité or va figurer dans un agenda. Mais cette fois-ci, le monde ayant subit tous les sévices de l'hégémonie du $, l'étalon change-or ne sera plus annexé au $, mais à une corbeille de monnaies à l'image de ce que fut l'Ecu avant l'introduction de l'Euro. Vous ne trouverez pas encore sur le Web ce genre de réflexion, ce sont les miennes. En réalité à quoi procède Henry Paulson avec le Plan Paulson? A recréer une prairie autour de la maison. A reconstruire un Bretton-Woods privé pour la zone US, à savoir installer une convertibilité en actifs garantie par une holding publique pour recréer la confiance des marchés; ce rôle aurait dû être dévolu à Fort Knox, la plus grande réserve d'or des USA, et à la convertibilité or de la monnaie dans les Accords de Bretton-Wood. Les réserves d'or sont une dépense préalable qui doit servir pour les coups durs quand un État a besoin de liquidités. Une partie de la masse monétaire qui circule ou qui est crée doit connaître sa convertibilité en de l'or détenu dans les réserves de la banque centrale. Ce n'est plus le cas et les dernières créations de monnaies avec ces 1000 milliards préalables du Plan Paulson s'en éloignent d'autant. Le Plan Paulson devrait permettre d'éviter l'effondrement vertigineux du $ qui doit suivre le krach économique à venir qui va succéder à cette crise bancaire et des liquidités qui est elle-même le fruit de la crise des subprimes. Une convertibilité or des monnaies et un appareil de contrôle, de réglementation et de certification des marchés financiers et monétaires doivent faire partie d'un accord planétaire. Un système inspiré de Bretton-Woods reconduirait à l'auto-discipline des économies qui se laissent aller à tout faire.

Je pense aussi que le $ comme monnaie internationale a fait son temps. Depuis la guerre du Golfe 1 et 2 déjà, les pays producteurs menacent de ne plus se référencer au $. C'était le cas dès le 6 juin 2006 pour l'Iran.

L'Europe tente bien pour elle-même, avec ses accords de Maastricht, a donner un premier cadre de régulation à l'activité économique en se donnant des critères qui doivent éviter des dérives. Mais ces cadres soignent une certaine idée de la "stabilité" mais oublient "la croissance", qui est le second volet de l'Accord de Dublin, le Pacte de Stabilité et de Croissance, qui a instauré l'Euro. Aucune politique macro-économique et budgétaire européenne n'accompagne la BCE dont les Etats-Membres de la zone Euro ont voulu la totale indépendance face aux volontés des États. En réalité la BCE a montré cette année 2008 et tout récemment que si elle doit être indépendante et garantir la stabilité des prix, elle n'hésite pas a venir en aide à la Fed' américaine et à injecter près de 300 milliards d’euros, pour répondre au "credit crunch", à la réduction des crédits offerts par les banques angoissées, ce qu’elle se refuse de faire habituellement pour éviter l’inflation. Ces liquidités offertes subitement par la BCE ne serviront pas à des grands projets économiques européens ou d'infrastructure. Il serait ridicule que l'Europe décide justement en ce moment de crise, un assouplissement des critères de Maastricht sans avoir d'autre vision économique que la Stabilité, c'est à dire une certaine idée de la Stabilité.

Pour une autre raison l'effondrement économique américain va avoir lieu et les américains vont mendier sur la scène internationale un retour à des accords inspirés des Accords de Bretton-Woods: les grands pôles de richesses chinois, indiens, de Singapour, et bientôt russes pourraient s'intéresser de trop prêt au "patrimoine" américain. Les américains se débrouilleront aussi pour empêcher par un appareil de lois les rachats de leurs entreprises par des groupes étrangers, comme le capitalisme américain sera devenu si vulnérable aux prises de participations étrangères. La violence qu'ils ont eue avec leurs campagnes de rachats-rejets menées par leurs fonds de pensions va leur être renvoyée avec la même force dévastatrice. Ce sera la fin de l'OMC sur les terres de leurs inventeurs, l'OMC étant déjà morte depuis l'échec définitif du cycle de négociations de Doha, Qatar, en ce qui concerne les milliers d'Accords bilatéraux qui ont pris place pour la remplacer et dérober avec encore plus de violence les Pays En Développements. Les USA vont trouver subitement un intérêt dans ce qui est étranger à la volatilité et qui tente de s'en échapper. La volatilité aurait dû les enrichir, elle les a ruinés. Des valeurs de croissance durable, utile à l'entreprise et utile à la société et à l'individu... feront partie des salons où l'on cause.

Mais il existe encore des millions d'abrutis qui croient que l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) existe encore et que le combat politique de gauche est à mener contre elle!

L'Europe, plus libérale de très loin que les USA, encore plus intégriste des marchés, sauf pour le marché agricole subventionné, poursuit encore plus intensément la politique du désengagement de l'État à la mode du "The Road of serfdom" de von Hayek.


  • 4] Historique de la nationalisation de la Freddie Mac et de la Fannie Mae
  • "Socialiser"...
En Allemagne la banque IKB Deutsche Industriebank, qui était en situation de faillite à cause des engagements dans les subprimes américains, a été renflouée par l'État fédéral allemand, à hauteur de 10,7 milliards d'Euros et elle vient d'être vendue au fond américain Lone Star pour 115 millions d'euros. Comme d'habitude, on privatise les bénéfices, mais on nationalise les pertes, sur le dos du contribuable. En ce moment les médias français réintroduisent dans leur sémantique du quotidien petit à petit, mais en mauvaise part, le mot "socialiser": "on privatise les bénéfices, mais on socialise les dettes". Ces médiateurs de l'imposture n'osent même pas réapprendre ce verbe "socialiser" et n'osent pas le conjuguer proprement, ils ont peur d'être pris pour des communistes. Il est intéressant de voir réapparaître dans les médias et les salons et en prime-time ce verbe "socialiser". D'abord son emploi ici, subitement communément admis par le nouveau mainstream est débile. Réfléchissez vous-mêmes au sens de ce verbe "socialiser" , je ne vous demande même pas d'avoir une connaissance historique du socialisme ou de jongler avec des "historicités" pour flatter le savant qui est en vous. Les médiateurs ont trouvé la parade contre les régularisationnistes historiques ou néo-générés depuis la première vague de la crise des subprimes: pour les médiateurs il faut rendre puant le verbe "socialiser" et l'associer à du trash, du déchet, de la poubelle, à la merde produite par les activités toxiques des banques et des spéculateurs afin de ne pas rendre ses lettres de noblesse à ce verbe "socialiser". On ne peut pas non plus envisager que ce choix sémantique du verbe "socialiser" est un simple racourci de langage du terme communément utilisé de "capital social" dans les SA, Sociétés Anonymes ou par Actions. Je vous invite à relire le Wiki. Jamais on utilise le verbe "socialiser" pour parler de l'émission des actions ou de recapitalisation d'une entreprise. Dans son utilisation nouvelle pour le domaine de la nationalisation des actifs toxiques et de dettes irrécouvrables des instituts financiers et de spéculation, ce verbe "socialiser" est donc un néologisme de propagande pour le tout-laisser-faire et la toute-autorégulation-par-les-marchés. Ceci aussi, comme d'autres choses que j'écris, vous ne le trouverez pas sur le web.

La nationalisation de Fannie Mae est un retour aux sources parce que cette institution publique de garantie des prêts hypothécaires avait été créée par Franklin Roosevelt dans la Politique du New Deal après la Grande Dépression de 1929 pour apporter une garantie supplémentaire aux particuliers qui voulaient financer un projet ou construire une maison.

Cette institution, la Federal National Mortgage Association qui devint plus tard la Fannie Mae, avait été transformée en Société par Action (SA) et privatisée en 1968 par Lyndon Johnson pour financer la guerre du Viet-Nâm.

Cette société avait toujours joui après sa privatisation d'un statut spécial soutenu et garanti financièrement par l'État. Elle rachetait les prêts hypothécaires, procédait à leur titrisation (comme pour les subprimes, voir ce mot dans mon site) et revendait des titres (obligations) garantis par l'État fédéral.

Pour éviter un monopole, l'État fédéral américain avait alors fondé la Federal Home Loan Mortgage Corporation, nommée Freddie Mac, dont le rôle, les compétences et les attributions étaient les mêmes que celles de Fannie Mae. Grâce à leur situation privilégiée, ces deux sociétés, à faibles coûts financiers et de fonctionnement et aux rendements opérationnels très élevés, avaient très rapidement conquis plus de 50% du marché des prêts hypothécaires, à ce point que l'ancien Secrétaire de la Fed' (Federal Reserve, banque centrale américaine) parlait d'elles en ces termes: "the big, fat gap" (la grosse et grasse faille). A partir de 1991 elles ont aussi financé des emprunts "douteux" (non recouvrables). Elles ont signalé en 2007 des pertes de plusieurs milliards et le Congrès et Henry Paulson ont décidé à présent de les nationaliser parce qu'elles étaient trop grosses pour risquer une faillite: "Too big to fail".

Avec la consommation soutenue en masse depuis 9 XI, un chèque de 600 $ envoyé à chaque ménage américain cette année par le Gouvernement fédéral, les nationalisations de l'offre, nous assistons au retour de l'intervention de l'État dans une politique économique et budgétaire de relance de la consommation. L'Europe ne dispose toujours pas d'harmonisation fiscale, budgétaire, encore moins de politique économique et budgétaire commune.

Vous pouvez bien sûr vous imaginer ce que cache ce retour idéologique violent pratiqué avec pragmatisme aux USA. Ce n'est bien sûr pas pour mettre l'économie au service de l'homme et des intérêts communs, c'est un chainage de mesures qui cachent le désarroi face à la crise à venir. Car le crise des subprimes, n'a pas encore commencé. La Grande Bretagne est à la fin de cet été 08 le premier pays européen qui est officiellement en récession économique à la suite, entre autre de cette crise des subprimes. L'Espagne suit de très près et le chômage y a augmenté de 25% en un an.


  • 5] Robert Solow, la synthèse néo-keynesienne et les dettes budgétaires saines de relance
Pour le Prix Nobel de l'économie de 1987, Robert Solow, il est temps que l'État fasse des dettes pour relancer l'économie comme Maynard Keynes l'avait préconisé. Or justement Robert Solow avait bâti sa réputation sur son anti-keynesianisme et en expliquant de manière quantitative que la croissance est le fruit conjugué du travail et du capital; c'est ce que l'on appelle le "modèle de Solow".

Pour Solow, "le capitalisme fonctionne relativement bien", mais pas dans des cas de crise, de crise financière, de récession, de faiblesse de l'investissement ou de l'exportation, etc... Dans son interview la plus récente donnée le 25 août 2008 au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung il dit que même le "gouvernement le plus conservateur et le plus incapable" comme celui de G. W. Bush a de suite réagi à la crise du 9 XI, puis des subprimes. Selon Solow, les critères de Maastricht qui ne visent qu'à réduire le déficit de l'État, sont trop rigides et une politique budgétaire et fiscale ne devrait même pas se fixer l'objectif de réduire chaque année le déficit budgétaire, mais devrait se fixer l'objectif de la nouvelle dette qui sera adéquate pour l'économie.

Je me souviens moi-même de la politique française du plan quinquennal et je me demande toujours pourquoi elle a été abandonnée. Il existe tout de même des projets économiques, sociaux et écologiques d'une ampleur énorme qui seraient tellement plus utiles et efficaces que le cadeau fiscal du Président et chanoine français NS destiné à financer ses copains aisés. Ou plus efficaces que le chapelet de Grenelles lancé par le gouvernement français et qui ne correspond pas non plus à un projet économique et social.

Pour Solow, la Fed' a effectivement injecté aux USA des milliards de $, mais pas dans la bonne direction et uniquement pour soutenir l'économie de bulle, que ce soit celle de la biologie et de la haute technologie, celle de l'autoroute de l'information ou celle plus récente de l'immobilier et des subprimes.

Pour Solow, la politique budgétaire et fiscale doit être bien plus réactive et doit pouvoir et savoir être une alternance, voire un mix entre la politique de l'offre et la politique de la demande: nous sommes en face d'une "synthèse néo-keynesienne". Mais pour parvenir à une politique de croissance et d'emploi et de répartition des richesses il faut établir un consensus entre tous les partenaires économiques après de négociations sérieuses et menées sans ambiguïtés, ce qui n'est pas le cas des politiques budgétaires menées selon les 4 critères de Maastricht, ni le cas des politiques de restriction budgétaire et salariale actuelles. La situation de win-win, tout le monde gagnant, n'est pas établie et on assiste à une modification de la répartition des richesses au profit de détenteurs d'ordre et de tâche dans l'industrie et du commerce (Stake-holders + share-holders, dirigeants et actionnariat).


  • 6] Lutte des classes à l'allemande
Je rappelle que tous les corps de métiers ont obtenu en Allemagne de 8 à 25% de salaire ces 18 derniers mois sans augmentation du temps de travail pour l'exercice 2007/08, mais c'est aussi normal, en Allemagne fédérale fonctionne la lutte des classes. En France on carmagnole sur le tarmac et nos "syndicats", dont les rapports avec le patronat sont "fluidifiés", fonctionnent sur le mode a posteriori, fanfaronnent quand ils ont obtenu 0,8% d'augmentation répartis sur 18 mois, et le peuple français, politiquement et syndicalement immature, est content et regarde à la TV les JO de crétins, Koh-Lanta ou d'autres endormissoirs comme l'Université d'été de la Rochelle où le clergé des curés "socialistes" du PS se fait la nique devant les webcams au lieu de penser aux petites-gens de plus en plus exsangues et sans avenir. La plus belle d'aujourd'hui dimanche est que notre 1er Ministre, Monsieur Fillion, a dit "qu'il fait une politique de gauche" avec son RMI-bis qui "apporte la dignité au travailleur". Le travailleur n'a pas à être un travailleur pauvre et à être subventionné, il n'est pas un mendiant. La dignité du travailleur dans le travail est à mesurer à la hauteur d'un salaire décent et qui lui permette une autonomie financière et de fonder foyer, famille et avenir. Le travail subventionné ne fait que de pérenniser l'insulte du patronat français à ne pas payer le travail. La politique budgétaire de l'État ne doit pas donner le quitus à ce patronat déprédateur. GM, le constructeur d'automobile est en situation de faillte, tout comme Ford USA (regardez la photo du siège de GM à Detroit: les deux Amériques, n'est ce pas. Non, ce n'est pas une photo prise à Shangai).


  • 7] Economie comportementaliste, entreprenance, croissance qualitative, normes ISO dans la gouvernance politique
Dans mon exposé nous avons l'impression d'oublier que cette crise des subprimes est issue de ou a été alimentée et multipliée par l'économie comportementaliste des citoyens américains eux-mêmes euphorisés par la Chute du Mur de Berlin et des Twin Towers de Manhattan. Ils sont cru que leur économie comportementaliste orientée vers la liberté pour tous de s'enrichir avait été confirmée par la Chute du Mur, et que Wall Street, toujours debout, devait montrer par dessus l'effondrement des Twins que la liberté de s'enrichir et de saupoudrer sur toute la planète cette liberté inconditionnelle n'étaient que le seul modèle possible de coexistence entre les humains.

Derrière la crise des subprimes se trouve le gigantesque programme socio-politique intitulé "A chaque citoyen sa maison" et qui a été propagé par Alan Greenspan, le précédent Gouverneur de la Fed'. Les banques américaines et mondiales ont gagné énormément, l'État américain a énormément stimulé et encouragé le sur-boom immobilier avec de l'argent facile et à bon marché et avec les cautions implicites de Fannie Mae et de Freddie Mac, les organismes de prêts hypothécaires.

La bulle immobilière devait faillir tôt ou tard comme pour la trentaine de crash financiers qui ont eu lieu depuis le premier de l'histoire, en 1637, le crach des tulipes en Hollande où un simple bulbe avait été coté plus de 87.000 euros en valeur pondérée. Aujourd'hui le système financier, bancaire, économique mais aussi social américain est parterre. 5 à 6 millions d'américains de plus sont dans la rue, parce qu'ils ont été expulsés de leurs nouvelles maisons saisies par les huissiers. Les futurs nouveaux chômeurs issus de la récession économique américaine induite par le réseau économique américain et par la 5ième, puis la sixième vague de la crise des subprimes, vont faire grossir le rang des laissés-pour-compte qui ne bénéficient pas de la croissance.

Il parait pourtant qu'à long terme et en s'additionnant, les prises de risques sont toujours payantes et génératrices de croissance bien que la formule suivante soit folle: plus le marché des capitaux est libre et dérégularisé, plus la probabilité d'une crise est grande mais aussi plus sont ouverts les marchés financiers, plus importante est la croissance du bien-être économique. Pour confirmer ceci les économistes prennent l'exemple des tigres de l'Asie du Sud-Est qui ont été dévastés par la Crise asiatique et "qui seraient aujourd'hui loin derrière l'Inde s'ils avaient évités les crises avec des barrières protectionnistes". Ici les économistes utilisent le conditionnel pour étayer leur thèse du krach.

Ces économistes affirment qu'un système de régulation n'est pas seulement impensable actuellement, mais qu'il fait partie de l'histoire. Ils trouvent leur preuve dans le fait qu'il n'y avait jamais de crise d'éclatement de bulle en RDA, mais qu'il n'y avait pas non plus le bien-être économique. Il faut savoir ce que l'on entend par bien-être et bien-être économique. Il faut sérieusement réorienter l'économie comportementaliste vers la croissance qualitative. Il est évident que nous rejetons un système totalitaire, mais il ne faut pas non plus confondre planification, intervention de l'État avec communisme ou stalinisme, comme il ne faut pas voir dans une "gauche de la gauche" des voix qui demandent un interventionnisme et une répartition. L'idéal managérial est aussi d'améliorer dans un process de production la qualité à un tel point que le SAV puisse devenir inutile. Il ne faut pas choisir une croissance aveugle dans un appareil qui génère des crises systémiques d'une économie de bulles et réorienter le contribuable dans un service de SAV dont l'essence est de chaque fois payer pour réparer ce qui de toute manière doit casser. Tout management moderne tend à concevoir tout process de production de biens et de services de la manière la plus efficace et la moins dispendieuse et énergies et en moyens inutiles dans une entreprenance qui débute avec la conception du produit et qui termine dans le retraitement du produit arrivé en fin de vie. C'est un plan élargi qui conduit maintenant le management moderne du troisième millénaire. Une économie nationale se doit donc aussi de suivre un plan, une planification, comme ce management du cycle de produit dans cette entreprenance et doit intégrer dans son stratégique et dans son opérationnel tous les coûts sociaux, environnementaux et historiques d'ordre général de mutation des cultures et de sociétés. Ceci ne peut se faire que dans un grand système de consensus et de négociations sociétales, paritaires et tarifaires. Ceci ne peut se faire que si les savoirs, les pouvoirs et les richesses sont partagés dans une démocratie dont l'objectif et de mettre en commun les solidarités locales, régionales et globales. La norme ISO doit donc aussi intégrer l'économie comportementaliste et le système de consensus de la prise de décision et d'organisation des actes à prendre.

Je veux bien admettre qu'un système de prise de risque est plus dynamique et générateur de quelque chose, mais il ne faut pas alors faire payer cycliquement les manquements graves à la responsabilité de l'investisseur dont l'action et les manoeuvres opérationnelles ne sont pas conduites dans un esprit de croissance qualitative et durable dont les effets d'enrichissement ne sont pas aussi redistribués entre tous les réalisateurs concrets (réels) de cette croissance, les travailleurs et le pays qui octroie à tous une concession pour y vivre, pour s'y épanouir et pour y accomplir ses activités. Vous avez aussi remarqué ces derniers temps que les médiateurs vous disent aussi que "l'ascenseur social est en panne", "que c'est la première fois depuis la seconde guerre mondiale qu'une génération suivante aura un bien-être économique inférieur à la précédente." Ces médiateurs ont juste encore besoin d'exercice pour réaliser leur analyse quantitative de cette dépréciation. Nous trainons tout de même depuis 1973, la première crise du pétrole, un volant officiel de chômage de 8 à 10 millions de personnes en France et sont extraits des statistiques tous travailleurs dégradés par le flex-time imposé et tous les travailleurs pauvres qui ne sont que des partialisations du temps de travail et de la valeur travail. Nous excluons les retraites qui du fait des non-accumulations de bonnes annuités se réduisent alors que le PIB a décuplé depuis 1973 et que les investisseurs doublent tous les dix ans leur patrimoine en passant joyeusement entre les crises sur le long terme. Il faudra rétablir la répartition des richesses.


  • 8] Mendicité du mort américain rejetée par l'Allemagne et l'Europe.
  • Basel II, l'appareil cadre limitant les activités à risque des banques.
Comme je le pressentais depuis quelques jours le mort américain brille aujourd'hui par sa mendicité. Ils nous ont fait le coup avec la guerre du Golf, guerre du pétrole et après 9 IX et après l'effondrement du "nouveau marché" et des caisses d'épargne qui suivit l'effondrement des Manhattan Twins.

Aux dernières nouvelles du lundi 22 septembre 08 les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 on annoncé leur volonté inconditionnelle de mettre tout en œuvre pour éviter un effondrement des marchés financiers.

Le G7 soutiendrait le Plan Paulson en libérant les banques et les autres acteurs du marché financier des créances toxiques. Les banques centrales travailleraient ensemble pour surmonter les raréfactions de liquidité. Les organes de surveillance des opérations boursières contribuent déjà à la stabilisation des marchés en interdisant momentanément les marchés à terme à découvert, les naked short sellings (voir plus haut). Il est important, selon le G7 d'organiser de manière plus effective les marchés et de ramener les investisseurs dans un environnement de marché des liquidités stable.

Le gouvernement fédéral allemand a annoncé qu'il ne participera pas au Plan Paulson de sauvetage américain. Selon le Ministre des Finances Glos, "chacun doit balayer devant sa porte et ainsi la ville restera propre". Pour le porte-parole du Gouvernement fédéral allemand, Wilhelm, la crise actuelle a son origine dans la marché hypothécaire américain et dans les activités de titrisation. Madame Angela Merkel, chancelière, exige une régulation plus forte des marchés financiers, une plus grande transparence du marché, l'indépendance des agences de notation et une garantie en fonds propres pour les activités financières à risques. Madame la Chancelière a critiqué les américain de ne pas avoir accepté, il y a quelques années, les exigences de garanties en fonds propres pour les banques lors de la conférence internationale sur le nouveau système comptable des entreprises dans la globalisation qui porte le nom "Basel II".

Il existe un appareil de contrôle, de surveillance et de régularisation, mais les USA ne l'ont jamais adopté: il a été élaboré avec les accords de Bâle II - Basel II qui ont été signés en 2004 par les gouverneurs des banques centrales du Comité de Bâle pour fixer la réglementation bancaire. Ils proposent un certain nombre de normes prudentielles pour limiter les risques bancaires comme le risque de crédit ou de contrepartie, en jouant sur les exigences de capitaux propres, justement ceux qui ont fait défaut à toutes ces banques d'investissements et ces banques de dépôt avec des activités de banques d'investissement. En particulier, ils proposent la mise en place du "ratio McDonough", qui limite le montant des prêts accordés en fonction du niveau des capitaux propres et du risque des prêts. Ces normes prennent la suite des normes issues des accords de Bâle I, dont le "ratio Cooke", qui ne prenait pas en compte finement le risque. Elles sont entrées pleinement en vigueur au 1er janvier 2008. Lors du G7 de Rostock - Heiligendamm en 2007, Angela Merkel avait intimé Greoge Bush d'accepter les décisions du Comité de Bâle. George Bush avait refusé sans discuter.

Le ratio MacDonough, ou ratio de solvabilité bancaire, fixe une limite à l'encours pondéré des prêts accordés par un établissement financier en fonction de ses capitaux propres. Le niveau d'engagement des banques est ainsi limité par leur propre solidité financière. Il est plus fin que le ratio Cooke auquel il succède car il prend en compte le risque plus ou moins élevé des différents prêts accordés.

Les capitaux propres (Common equity, Equity, Net worth, Shareholders’ equity) représentent l'argent apporté par les actionnaires à la constitution de la société ou ultérieurement, ou laissés à la disposition de la société en tant que bénéfices non distribués sous forme de dividendes. Ils couvrent le risque total de l'entreprise: si celle-ci va mal, ils ne seront pas rémunérés, donc aucun dividende ne sera versé; si elle dépose son bilan, les porteurs de capitaux propres ne seront remboursés qu'après que les créanciers l'aient été intégralement, ce qui est très rarement le cas. Si elle va très bien au contraire, tous les profits leur reviennent.

L'attitude de l'Allemagne avec sa fin de non recevoir face au Plan Paulson porte une signification bien plus importante qu'une rebuffade et nous montre que la planète a changé. Qui, plus que l'Allemagne, serait redevable devant les américains, de leur Plan Marshall. Que l'Allemagne tienne un tel langage sans ambages nous montre bien que cette fois-ci le la planète a changé de visage et que le suivisme derrière le patient américain a assez duré. Le patient est mort dans sa forme actuelle, l'Allemagne laisse l'irresponsabilité à leurs auteurs. Madame la Chancelière allemande, qui passe pour être encore plus atlantiste que son parti de droite, la CDU, est le début d'une proposition européenne d'un modèle propre.

L'UE salue le Plan Paulson dans son principe. L'EU planifie depuis quelques années déjà de telles mesures et le Commissaire au Marché Intérieur, McCreevy, va proposer dans quelques jours une Directive mais ne voit pas la nécessité d'appliquer le Plan américain de sauvetage parce qu'il n'existe pas en Europe les mêmes conditions. Il en est de même pour le Japon dont les instituts financiers sont richement capitalisés.

Il est temps que le PS et les gauches proposent un programme de gauche et ne se laissent pas dépasser sur ce terrain aussi, comme je vous l'écris depuis des mois sur mon site. Le PS pense encore à accompagner cette "destruction créatrice" prônée par Joseph Schumpeter. Le PS comme les syndicats français ont un mode de fonctionnement à posteriori, ils ne sont pas des forces de conceptions, de propositions et d'action.


  • 9] Mendicité de l'escroc américain auprès du FMI.
Ce pays, appelé USA, sera bientôt en cessation de paiement, en banqueroute d'État, comme le Zimbabwe, etc....
Ce pays appelé USA va s'effondrer comme l'URSS, ce n'est plus qu'une question de mois.
L'Euro s'installe sur la planète comme une valeur refuge. D'ici assez peu de temps, les échanges internationaux se feront en Euro et non plus en $.


Le Fonds monétaire international (FMI) est une institution internationale regroupant 185 pays, dont le rôle est de "promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté".

Le FMI assure la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières. Pour cela, il fournit des crédits aux pays qui connaissent des difficultés financières telles qu'elles mettent en péril l'organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier et bancaire, ou les flux d'échanges de commerce international avec les autres pays.

Lors d'une crise financière, pour éviter qu’un pays ne fasse faillite, le FMI lui prête de l’argent le temps que la confiance des agents économiques revienne. Le FMI conditionne l’obtention de prêts à la mise en place de certaines réformes économiques.

Voilà, d'ici quelques temps, les USA vont soutirer de l'argent qui doit revenir à des pays en cessation de paiement comme le Zimbabwe, Haiti, etc.. comme les Pays pauvres, les Pays en Développement, les Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Et le FMI octroiera un crédit aux USA pour financer leurs crédits douteux, toxiques, irrécouvrables, et leurs escroqueries montées à l'échelle nationale et soutenues par une idéologie d'État et populairement partagée.

Et les USA obtiendront ce crédit de la part du FMI, car ils y ont la majorité en voix qui est calculée au prorata des cotisations. Celle des USA sont les plus élevées, car les USA se servent du FMI et de la Banque Mondiale comme un instrument destiné à satisfaire leur conception géopolitique. DSK, le-dit "socialiste" français, patron du FMI, n'aura pas son mot à dire, il est payé pour faire ce que la majorité des voix exprimées par les membres du FMI lui demandent de faire.


  • 10] La banque du Sud
Pour le développement de ce paragraphe, je vous invite pour l'instant à me rejoindre à un article que j'avais commencé le 25 mai 2008.



  • 11] Écroulement des banques "most leveraged" en Europe - De Fukuyama à Paulson
    Les États-Membres européens cassent un à un le dogme de la libre circulation et de l'auto-régulation des marchés.
    Supercherie de la BCE, de l'Euro-Groupe, de la Zone Euro
Je pense que vous avez entendu comme moi
- la Moritat du FMI, qui "veut inviter toute la communauté internationale à repenser le système monétaire mondial",
- la Moritat de la BCE et de la Commission de Bruxelles "qui veulent inviter toute la communauté internationale, y compris les Russes (on ne dit pas la Russie) et la Chine et l'Inde parce que l'Europe seule ne peut engager une refondation du système monétaire",
- et la Moritat du Président bling-bling français, NS, qui ne "voit pas en la crise la mort du capitalisme".

Ces trois Moritaten signifient la même chose: le cataclysme est en marche.

Les système bancaires européens sont-ils plus sains que les système bancaires américains?

"Sain" sous-entend, selon le main-stream usuel depuis presque deux décennies, un management du risque responsable et économiquement défendable: il faut toujours entendre par là la couverture en fonds propre que la banque conserve pour garantir ses risques encourus, ou ses prêts octroyés. Depuis 1990 une campagne mondiale, issue des USA et appliquée avec complaisance en Europe, faisait grand cas du Risk-Management et tous ceux qui ne plaçaient pas le maximum de leurs actifs dans le risque passaient pour des demeurés conservateurs qui n'avait pas ressenti et perçu "le grand appel de l'histoire". Même pour Fukuyama, c'était la "Fin de l'Histoire", puisque la force génératrice naturelle et fondamentale de l'Histoire et de ses Historicités résidant naturellement dans les antagonismes avait disparu avec la Chute du Mur de Berlin et conduisait encore plus naturellement à l'harmonie libérale de la démocratie. Tous les mondes et tout le monde étaient promis selon Fukuyama à avancer de concert... vers l'entendement de leurs diversités complémentaires... vers la croissance... et dans la création des richesses. Le ton était donné à la modernité, et The End of History inventée par Hegel, actualisée par Marx devenait une valeur mondiale socialisée, pardon, partagée par tous. Le croisement des valeurs et des paradigmes collaborationnistes et révisionnistes était dans le fruit de la Première Chute du Mur de Berlin, sur l'Est, qui date d'octobre 1989.

Ainsi donc, la modernité ne s'entendait que dans le management du risque sans histoire. Le temps n'était plus à la pensée, mais à l'action, oh pardon, aux actions... en bourse. Fukuyama, les USA, la Chine, l'Europe ont alors consacré le Triomphe de l'action et la Fin de l'Homme dans son avers, celui du travail qui passa au revers de nos visages. Nous devions avoir honte d'être des entités travaillantes, voire de réclamer un salaire pour du travail. L'Europe avait inventé un nouveau péché issu du nouveau monde: celui du Travail. Nous étions réduits à générer du profit. L'Europe s'est attelée à cette tâche par un appareil de Directives de Libres-Circulations; la transposition dans les Directives, à valeur universalisante, d'une certaine forme de vie n'aurait pas chagriné Friedrich Heinrich Alexander, Baron von Humboldt. Cette transposition dans les Directives Européennes est plus sûre car elle est une valeur Constituante qui rend caduque a priori toute Constitution Européenne et elle encercle d'un Mur son territoire et son prospect. C'est cette même modernité qui faisait passer pour des imbéciles tous ceux qui parlaient encore du "clivage droite/gauche", ou pour des terroristes de l'intérieur tous ceux qui parlaient de Lutte des Classes (cherchez dans mon site "Lutte des Classes à l'allemande"). Le temps était aux affaires, au Win-Win, au "tout-le-monde-gagnant".

En fait la situation de certaines banques européenne est pire qu'aux USA!

Prenons comme exemple la Deutsche Bank. Cette banque est la banque la plus "leveragée" au monde (most leveraged of the world), son levier est de 50 contre 20 à 25 pour les banques américaines. Le total des actifs de la Deutsche Bank est de 2000 milliards d'euros pour 40 milliards de fonds propres...

La Deutsche Bank est une grande banque avec un total de ses actifs qui représente 80 % du PIB allemand. Personne ne pourrait aider la Deutsche Bank si elle était acculée dans une situation de cessation de paiement. Ni la BuBa (la Bundesbank, Banque Centrale allemande), ni la BCE. Un PLan Paulson serait insuffisant pour effacer du bilan comptable les positions négatives, c'est à dire pour lui racheter les dettes avec les fonds de l'Etat allemand, puis pour faire comme si elles n'avaient jamais existé... La Deutsche Bank pourrait alors, par effet de domino, entraîner avec elle Allianz, la BNP, la Société Générale déjà affaiblie, etc...

Personne ne le dit en ce moment, c'est à dire tout le monde, Paris, Berlin, Londres, Bruxelles et la Commission le cachent bien. Quoi? Qui a prêté aux ménages américains? Les pays qui dégagent des excédents commerciaux comme l'Allemagne, la Chine... Dans un avenir très proche les banques qui ont prêté aux USA, ne pouvant plus recouvrir leur créances, vont devoir chercher d'autres liquidités sur le marché des capitaux. Or les banques ne se faisant plus confiance entre elles, il reste à compter sur le taux directeur de la BCE qui est maintenu à 4,5% alors que celui de la Fed' est à 2%. Le Gouverneur de la BCE maintient ce taux très élevé, contre toutes les vociférations des milieux industriels qui ne peuvent plus obtenir des crédits pour financer de nouveaux projets industriels. La Fed' justifie cette politique du taux directeur élevé pour garder un taux d'inflation faible. Selon les experts, une augmentation de la masse monétaire n'entraînerait pas d'inflation.

Ce Dimanche soir du 4 X 2008, Angela Merkel, Chancelière allemande, emboîte le pas sur l'Irlande et déclare que le Gouvernement allemand va garantir toutes les créances et tous les dépôts, que ce soit ceux de Hypo Real Estate comme de tous autres instituts financiers, de toutes banques, de toutes caisse de dépôts et de prêts. La garantie couvre un montant de 568 milliards d'euros, mais elle est annoncée "comme n'ayant pas de limite supérieure". Une telle panique en Allemagne laisse augurer demain, à l'ouverture de la Bourse de Francfort un effondrement de HRE et peut-être de la Deutsche Bank; Quelle Europe! La Grèce a annoncé une garantie similaire.

L'Euro-Groupe, la BCE, la Zone-Euro sont une supercherie tant qu'il n'y a pas de politique économique, budgétaire et fiscale commune!

Le modèle de société construit par les pères fondateurs de l'après-guerre a été démoli par eux-mêmes. Les plus malhonnêtes d'entre vous, toujours prêts à inventer le prochain mensonge, me répondent que "non, le système européen est bon en temps normaux". Le NON du 29 mai vous enseigne le contraire. L'objectif fondamental de mon site RzM 67 est inscrit dans sa bannière tout en haut: Critique de l'ordolibéralisme. Mon site n'est pas une vocifération de ces gauchistes ou de ces révolutionnaires que je déteste. Il vous propose en de très longues analyses des arguments qui vous sont nécessaires pour poursuivre la réflexion politique et être exigeants de vos politiciens.

Ces "Pères-fondateurs de l'Europe" qui ont capitalisé depuis les trente-glorieuses, se sont appliqués à détruire de manière systémique ce qu'ils ont amassé, poussés par la force de leur cupidité et de leur égoïsme, au nom de la "libre circulation et de l'autorégulation des marchés". La Commission à la Concurrence et la Commission au Commerce se sont attachés à orienter la circulation selon le modèle de von Hayek (voir dans mon site). Jean Monnet s'est fait duper, et encore, je le soupçonne de collusion. Depuis plus de 20 ans les ménages n'arrivent plus à former un avenir pour eux, pour leurs enfants, pour leurs retraites. Ils sont versés dans la précarité, le flex-time, la dérégulation par pilotage de processus dirigée par les Directives européennes, les injections de l'OMC acceptées et devancées avec complaisance par l'Europe, par l'AGCS et les Accords sur les ADPIC, par ladite globalisation qui ont obligé à accepter que la finance, les hedge fonds, les fonds vautours vous dépècent de vos petits acquis.
Cette génération, qui s'est enrichie et qui a capitalisé, vole à leur enfants et petits enfants, en le détruisant, un certain petit bien-être et laissent une planète polluée et appauvrie.


  • 12] Le chantage impérialiste de la Chine, premier créancier des USA, le cowboy de papier(s toxiques).
La Chine jouit d'une position dominante sur les USA et dans le monde. Elle dispose aussi d'une bombe interplanétaire: 500 milliards de $ en Bons du Trésor américain que la Gouvernement des USA émet joyeusement pour financer son déficit budgétaire. Des Titres, quels qu'ils soient, jouissent d'une valeur tant que le porteur a confiance en l'autorité d'État ou du marché qui les a émises. Toutes les titrisations des subprimes, mais aussi à présent de beaucoup de titres, d'actions et d'obligations émis par des entreprises plus ou moins liées aux spéculateurs financiers ou aux banques d'investissements, s'effondrent jusqu'à la valeur zéro ou passent en dessous d'elles pour rendre l'entreprise qui les a émis débitrices avec des positions uniquement négatives (bilan négatif = cessation de paiement = faillite, banqueroute). L'État américain est en faillite depuis l'administration Bush, père et fils, et la Plan Paulson, qui n'est rien d'autre qu'une relance de la "planche à billet" enfonce encore plus les USA dans les abîmes de la cessation de paiement.

La Chine a déjà menacé de mettre sur le marché ses 500 milliards de $ de ses Bons du Trésor américain. La Chine s'est payé un JO de Crétins en unissant tous les lâches et les affairistes de la planète sur une terre de dictature; la Chine va se payer maintenant les USA. Contre des armes, les USA envoient ses B52, ses tirs interplanétaires, contre le chantage de la Chine, les USA ne peuvent rien du tout. Le Tigre de papier est supplanté par le Cow-boy de papier.

Les USA sont dépendants à 100% des chinois car les Fonds de pensions se nourrissent des entreprises qui réduisent les coûts avec comme outil managérial unique, le lean-management (management du dégraissage) et la délocalisation, car cet outil est le moyen le plus efficace de générer en un temps record de la marge opérationnelle qui sert à financer les Fonds de Pensions. Les USA ont misé massivement et totalement sur le système de retraite par capitalisation qui est construit sur les Fonds de Pensions. L'individualisme américain où chacun a une pension et des soins selon ses moyens versés, est en fait une répartition mondiale des coûts du financement de ses soins et de sa retraite. Le monde paye les retraite avec les délocalisations, les mise en chômage massif imposés par ces Fonds de pensions qui dégagent de la marge avec ces entreprises qu'ils tuent comme Cerberus par exemple. En France le Président bling-bling NS veut déplacer le système de retraite par répartition sur le système par capitalisation. C'est hallucinant de voir comment les USA pratiquent le communisme en mettant en commun pour ses cow-boys et ses cochons les richesses de la planète et de leurs habitants avec tous ses réseaux de spéculations boursières, financières et de Fonds. Comment ne pas être révolté, comment rester "seulement socialiste", comment édité une Motion C du PS, quand on est témoin et victime de ce Monde d'Avance qu'est l'Organisation capitalistique actuel du monde?

Les problèmes doivent s'énoncer avec leurs propres mots par ceux qui veulent les résoudre. Le PS et son avatar de la Motion C, mais aussi le NPA et d'autres révolutionnaires sont à plusieurs mondes de retard et leur objectif premier est de poursuivre leur routine historisante de fonctionnaire du social et de la révolution, plutôt que de se mettre eux-mêmes en action dans la zone de risque et d'ouragan du Monde d'Avance qu'est la planète gérée par les spéculateurs qui nous tuent.

Le Cow-Boy américain est un maquereau et prend la planète pour sa putain, les gauches sont ses palefreniers qui lui cirent ses pompes.

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Lire dans la liste des billets ci-dessous: la future réforme de la Fed' et le contrôle des marchés financiers de Henry Paulson et mon analyse très détaillée de la Bubble economy

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