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Là c'est sûr, Banksy s'est inspiré du film Le ballon rouge. Et la charte graphique colle aussi.
Autrement, je trouve que le cinéaste aurait dû arrêter son film après la longue séquence vers la fin
où l'on ne voit plus que longtemps le ballon en plan serré devant un mur. Ne sachant pas s'il allait quitter ce carré.

Ce film est de 1953 comme moi, et j'ai aimé être replongé dans la rue exactement comme je l'ai vécue enfant.

Le gris, les longs manteaux à martingale serrés sur des corps maigres et filiformes, les autos, les tacots,
les vélos, les charrettes, le vitrier et son appel.
Les démarches des gens qui n'ont plus rien à voir avec celles d'aujourd'hui. Pour sûr.
Même la manière d'attendre le bus. Du sérieux.

Mais aussi tous ces magasins avec devantures et portes en bois, dont la peinture craquelée et délavée date des années 30.
Plus rien ne brille. Même leur souvenir.

Le garçon de café en costume cravate et long tablier gris qui lave la vitre sur une échelle. Tout colle.

Les rayons du soleil que l'on comprend qu'il existe car ils sont attrapés par la brume,
le fog, le smog, les rues serrées. Le vrai Montmartre, paradis des voyous et des terrains vagues.

Quant au film: c'est une autobiographie. Un petit original au nez rouge, qui amuse, amuse, intrigue et qui, à cause de son nez rouge, rapidement emmerde tout le monde, jusqu'à susciter partout la volonté collective de l'éliminer. Pas même sa maman n'a accepté. Personne ne l'a interrogé.  Tout le monde lui a montré qu'il n'a ni parole ni pensée. On s'en fout de ses sentiments.

Non, on ne s'imagine pas qu'il en a. Il est un truc.

La fin est lugubre, de sa vie cet enfant n'a jamais eu droit
dans ce monde ici bas à la contiguïté sociale, à laquelle,
en tout humain tout honneur, il aurait aussi eu droit.

Même avec le ballon bleu ça a foiré.

C'est un beau film, mais la fin fout tout en l'air et est idiote. Il m'a inspiré pour faire des phrases sur RzM67. Phrases qui ne servent à rien comme l'existence de ce gamin qui n'a rien apporté à ses entourages. Dommage que le cinéaste ait cru mettre un épilogue de mystère qui est juste son antonyme.

Ci-contre "före barnuppgång  -  avant le lever de l'enfant", mon Tableau 1 de ma Saison 2 commencé le 17 novembre 2019 après 27 années d'interruption.
Il est de nouveau prémonitoire >>> voir mon commentaire n°1.
Le 17 XI 2019 on ne parlait pas de Covid-19.

Depuis le 06 VI 06 je parle ici de l'instauration du fascisme élégant, sans sniper,
sans prime au cadavre, avec soumission de tous en pleine autodétermination.