Pendant 3 semaines après le 15 IX 2008, j'écrivais et je disais que, puis qu'il n'y a plus d'idéologie capitaliste ou sowjetiste, nous allons enfin nous parler. Puis il y a eu les Sommets des pokers menteurs du G20 de Washington de novembre 08, du Sommet européen, du G20 de Londres du 2 avril 09, de l'Otan de Strasbourg du 4 avril 09, et le PLan-(s) Européen-(s) avec ses "Boîtes à Outils", les Plans de Sauvetage, de Restitution de la Confiance, les Plans américains TARP, TALF, PPIP, etc... qui injectent des milliers de milliards de $ dans les banques, dans les "industries clefs" victimes ou impactées d'elles-mêmes par leur spéculation systémique.



Même Porsche demande en Allemagne une aide de l'État pour s'être endetté de 9 milliards d'euros pour pouvoir acquérir 51% de VW. A la fin mars 2009, Porsche était en réalité en faillite et a reçu un crédit de VW. Du coup c'est VW qui va absorber Porsche qui ne peut rembourser. Le scénario a été le même entre Schaeffler et Continental. Greed, la cupidité. La Californie était pionnière dans le développement des subprimes et des crédits pourris dès le 1er jour. Comme économie nationale, la Californie est au 5ème rang mondial, ex-æquo avec la France.

Très rapidement j'avais aussi compris après quelques semaines qui ont suivi le 15 IX 2008, que, puisqu'il n'y a plus d'idéologie, il n'y aura plus qu'un maillage d'allégeances utiles et tribales à un fort en gueule qui occupe son autorité dans une zone opérationnelle: au travail, à l'Université, dans les Associations. L'étalon est les affaires, ceci n'a plus besoin d'être sous couvert d'idéologie.

Les Plans Geithner-Brown-Merkel ne sont que des mauvais médicaments administrés au faux malade après une mauvaise analyse et un faux diagnostique. On purge les milliers de milliards de positions toxiques des banques, assurances et des CDS / CDO / LBO avec la taxpayer money et les déficits budgétaires cumulés qui ne seront remboursés que vers 2039 (deux mille trente neuf) en hypothéquant l'avenir de deux générations et tout ceci seulement à cause du vol commis par le système de spéculation systémique sur le risque et pour prétendre offrir des rendements de 25% pour une petite partie dans les populations. Ces chefs de gang imposent deux décades de misère qui s'ajoutent aux deux décades perdues depuis les enseignements de la Chute du Mur de Berlin qui n'ont jamais été formulés, voire simplement perçus.

Dès le 15 IX 2009 j'écrivais que depuis le Chute du Mur, nous avons derrière nous deux décades perdues où nous aurions pu créer un autre monde avec les enseignements des erreurs des deux idéologiques principales déchue ou en déchéance.

Le peuple américain est le peuple qui arrive à se mentir le plus fort et de manière la plus audible. Ce n'est que le dernier hallali avant le lemming run. Le mensonge le plus médiatisé et planétaire a été fait la semaine dernière avec la publication du Stress Test, le Stress de Résistance des banques américaines conçu et manipulé par Timothée Geithner, Secrétaire US au Trésor. Le Stress de Résistance des banques américaines, qui ont toutes été renflouées par le Trésor américain, n'a rien d'alarmant, ça va. Les deux grands instituts de crédit hypothécaire américains, la Fannie Mae et la Freddie Mac, ont déjà été renflouées sept fois depuis septembre, mais ça va. Les milliers de milliards sont pompés dans l'économie, mais il n'y a pas d'effet de ralentissement de la récession. C'est la trappe à liquidité qui prépare l'hyperinflation, mais ça va. Depuis 10 mois les USA perdent par mois entre 500.000 et 600.000 emplois, mais ça va.

Jusqu'à présent nous pouvions attribuer aux gouvernants ces fausses politiques avec les faux médicaments administrés au faux malades. Mais hier, les USA viennent de franchir un pas. C'est l'expression populaire par voie de référendum qui a perpétré le mensonge collectif avec un énorme effet de levier.

Depuis novembre 2008 nous savons que la Californie est en banqueroute d'État comme l'Islande ou comme 44 autres États fédéraux américains (Graphique à droite). La Californie ne paye ses dépenses qu'avec des reconnaissances de dette appelées IOU (I owe you - je te dois). Ce sont des torchons avec le tampon officiel. La Californie s'est fait aussi racheter par la Fed', ces papiers en échange d'argent créé in subito par Paper Mil on the Potomac, la planche à billets. La Californie, l'Oregon et l'Arkansas sont en situation de faillite technique depuis novembre 2008 et attendent de l'annoncer. Ce n'est pas grave, ça va encore aller, parce que la Fed' vient d'annoncer aujourd'hui 20 mai 2009, qu'elle va racheter pour 1000 (mille) milliards d'emprunts d'État. Pour cela La planche à biller va être accélérée. Ceci n'est pas du keynésianisme, c'est de la contrefaçon de billets de banque, mais les agences de notation préfèrent dégrader l'Espagne, la Grèce, l'Autriche dans leur poker dénonceur.

Le 19 décembre 2008, Arnold Schwarzenegger déclarait que "l'État de Californie se trouve en état d'urgence fiscale", ce qui lui avait permis de convoquer les parlementaires californiens pour une session extraordinaire afin de débattre des finances précaires de l'État, au budget duquel "il manquait 40 milliards de dollars pour l'année fiscale en cours et celle à venir", la Californie risquant de manquer de liquidités dès le mois de février 2009, si Arnold Schwarzenegger et le Parlement californien ne parviennaient pas à s'entendre sur un programme de réduction du déficit budgétaire. Le 15 janvier 2009, dans son discours annuel sur l’état de l’État devant le Parlement californien, Arnold Schwarzenegger déclarait que la Californie risquait "la cessation de paiement d'ici quelques semaines" et qu'il était prêt à geler des dépenses le temps de conclure un accord permettant de combler le déficit budgétaire, le gouverneur républicain et la majorité démocrate de l'assemblée de l'État étant toujours en désaccord sur les moyens pour résoudre ce problème financier. A l'occasion de son discours, Arnold Schwarzenegger déclarait: "Cela n'a aucun sens de parler d'éducation, d'infrastructures, d'eau, de réforme du système de protection santé et de ce genre de sujets alors que nous sommes face à un énorme déficit budgétaire. La réalité, c'est que notre État sera handicapé tant que nous n'aurons pas résolu la crise budgétaire. La vérité, c'est que la Californie est en état d'urgence."

Le Gouverneur de Californie avait appelé hier, mardi 19 mai 209, les californiens à s'exprimer sur 6 questions relatives à une politique budgétaire et fiscale drastique. Sur les 7 questions posées par le référendum, les californiens en ont rejetées 6 avec une majorité allant de 60 à 65%. Seule la réduction des salaires des élus a été approuvée à 72%.

Selon le San Francisco Chronicle les californiens se sont prononcés contre le paquet de mesures devant permettre de réduire le déficit public de la Californie. L'augmentation de l'imposition et de nouveaux emprunts ont été rejetés. Ces mesures auraient dû apporter à l'État 6 milliards de $. Arnolod Schwarenegger avait prévenu que le Non des électeurs ferait passer le déficit budgétaire de la Californie à 26 milliards de $. Le déficit budgétaire californien augmente de 2 milliards par mois, malgré toutes les mesures déjà prises depuis l'automne 2008. Les fonctionnaires avaient dû accepter une réduction de salaire de presque 20% avec des jours chômés non payés. Les licenciements dans les services publics, les arrêts des travaux d'infrastructure des écoles, des hôpitaux, des voiries, les coupes budgétaires dans les services sociaux, de santé et de retraite ne permettent même pas d'infléchir l'effondrement.

Arnold Schwarzenegger est un Républicain. En 2003, l'un des premiers actes en tant que Gouverneur de la Californie a été pour Arnold Schwarzenegger de réduire les impôts. À l'occasion d'un discours prononcé à la Convention nationale républicaine de 2004, à New York, Schwarzenegger a expliqué dans quelles circonstances il s'est positionné politiquement, dès son arrivée aux États-Unis d'Amérique: "Je suis finalement arrivé ici en 1968. Quelle journée spéciale c'était [sic]. Je me souviens de mon arrivée ici avec les poches vides, mais plein de rêves, plein de détermination, plein de désir. La campagne présidentielle battait son plein. Je me souviens regardant le duel présidentiel Nixon-Humphrey à la télévision. Un de mes amis parlant l'allemand et l'anglais traduisait pour moi. J'ai entendu Humphrey dire des choses sonnant comme le socialisme, que je venais de quitter. Mais ensuite, j'ai entendu parler Nixon. Il parlait de la libre entreprise [...], de réduire les impôts et de renforcer l'armée. À écouter Nixon parler, cela sonnait plus comme une bouffée d'air frais. J'ai dit à mon ami, j'ai dit : "De quel parti est-il?". Mon ami a dit : 'Il est républicain.'. J'ai dit: Alors, je suis un républicain.. Et j'ai été un républicain depuis." Argent, célébrité et marketing avaient dominé sa campagne électorale, au détriment des idées politiques, le programme de Schwarzenegger était essentiellement basé sur la dénonciation des excès de dépenses et de taxes attribués au gouvernement sortant. Pour son second mandat, Arnold Schwarzenegger avait déclaré: "Je suis à l'aise dans le parti qui milite pour moins de gouvernement, plus de secteur privé, un parti qui croit à plus de libertés et laisse les gens faire des affaires sans que le gouvernement mette des lois, des impôts et des taxes en travers de leur route. Je suis du parti qui croit à une armée puissante, qui défend l'ordre et la loi, punit les criminels, y compris par la peine de mort." Le rejet du référendum de Schwarzenegger le 19 mai reste d'une logique sans merci. La Californie, républicaine ou démocrate souvent bipartisane à 50/50 (Gouverneur/Congrès), reste fidèle à elle-même, mais a décidé de s'opérer par un suicide collectif terminé par le bail out final de la Fed'.

Le lobby des groupes d'intérêts dénonçant l'imposition et toute forme d'État en général a donc gagné en Californie contre le pape culturiste de la libre-entreprise. Mais l'ère des dettes payées par les Bons du Trésor (Bonds) vendus autour de la planète est révolue et les agences de notation ont encore dégradé la bonne foi de la Californie qui est en réalité le 1er État fédéral américain qui ne reçoit plus que A2. Cette notation est un évènement capital qui passe totalement inaperçu dans sa gravité même si Bloomberg.com le révèle de cette manière simplement comptable et sans un mot de plus: "The three major credit rating companies, citing the magnitude of California’s deficits, reduced the grades on more than $46 billion of bonds in February and March. Now, California’s full faith and credit pledge is rated A by Standard & Poor’s and an equivalent A2 by Moody’s Investors Service, five grades below the top investment ranking. California is the lowest-rated U.S. state"  (Les 3 principales agences de notation spécialisées dans l'évaluation des crédits, en citant l'ampleur du déficit californien, ont réduit la notation sur plus de 46 milliards de $ en Bons du Trésor californiens entre février en mars. A présent la capacité à rembourser (la bonne foi) et les garanties sur les crédits de la Californie sont passées à A chez Standard & Poor's et à A2 chez Moody's Investor Service, ce qui est 5 notations en dessous du niveau le plus élevé de notation. La Californie est l'État fédéral américain qui a la plus basse notation). Aujourd'hui, 21 mai 2009, l'agence de notation Standard & Poor's vient de dégrader le Royaume-Uni du triple AAA en "A- 1+".

Un site d'analyse très critique et très sérieux comme Mish's qui fait référence dans les Universités françaises a titré ce matin son article avec "Hooray, for California, Propositions go down in Flames" (Hourra, les propositions sont parties en fumée). Mish's Global Economic Trend Analysis est très utile pour lire des critiques, mais ce site milite pour le désengagement de l'État dans toute affaire économique. Il a pu parler du "Sowjet Obama" en évoquant les Plans gouvernementaux. Il est le fidèle et emblématique reflet des USA, qui critiquent ouvertement les actions de l'État américain.C'est ce même élan qui pousse les banques américaines à déjà rendre au Trésor américain les milliers de milliards qu'ils ont reçu de lui depuis l'automne 2008, voire depuis janvier et juillet 2007 pour purger les dettes. Ils peuvent se le permettre parce que les normes comptables ont été tellement légalement assouplies que les centaines de milliards de pertes se sont évaporées dans les livres de comptes. Les banques croient aussi qu'en rendant ces milliards de $ les actions vont de nouveau augmenter et la "valeur" de leurs sociétés avec.

Bien qu'il y ait eu la faillite de la Bear Stearns ratrappée par la Fed' en mars 2008, la Lehman Brothers, qui avait été laissée tomber par le Gouvernement Bush, passe pour être la première grande faillite des USA de l'après-guerre. La Californie ne veut pas s'avouer qu'elle doit agir fiscalement, comme le fait actuellement l'Irlande, pour ne pas devenir officiellement le 1er État américain en banqueroute d'État. Le management d'évènement d'Obama a toujours su dévier l'attention des américains pour provoquer un blow up à Wall Street. Mais à chaque fois il faut que l'annonce et son effet soient plus grand que celle et celui précédents. Jusqu'où s'arrêtera l'effet de diversion? On fait péter l'Empire State Building, le Siège de l'ONU à Manhattan, on lance des attaques à l'anthrax, on crée des foyers de grippe du cochon, on s'occupe du Pakistan, de la Mer de Chine?

Entre 2005-2007, la banque d'investissement Bear Stearns fut reconnue comme la "plus admirable" (most admired) société de valeurs mobilières, par l'étude du magazine Fortune "America's Most Admired Companies", et seconde parmi les sociétés de titres. Cette étude annuelle constitue un classement prestigieux révélateur du talent des employés, de la qualité de la gestion et de l'innovation. Cependant, en mars 2008, l'action de la société Bear Stearns perd 80 % de sa valeur, en relation avec la crise des prêts immobiliers dite des subprime. Et le mensonge de l'illusoire productivité américaine se révèle comme des miettes de tranches de salamis, malgré l'ampleur des désastres qui y succèdent aux autres. Voilà, j'ai de nouveau mêlé ma petite histoire à la Grande.