(publié la 1ère fois début juin 2006) Pour se légitimer dans leur Eiertanz, leur danse de l'oeuf, ils prennent même comme exemple la Grande Coalition allemande actuelle, qui, elle, doit gérer une réunification lamentable qui n'a été faite que sur les chaînes commerciales et le soutien de l'immobilier. 29% de chômage à l'Est correspondent à une crise nationale bien plus grave que celle issue du krach boursier de 1929 (l'Allemagne reste championne du monde en valeur à l'export depuis 7 ans, mais la demande intérieure ne suffit pas à soutenir le BIP).

Les rapprocheurs n'offrent que des plans adhoc et n'ont pas de projet de société global en réponse aux évolutions du temps, des choses et de la planète.

Un rapprochement politique - forcément vers un centre - ne donne qu'un nouveau clivage insipide et sans saveur. Il ne donne que l'illusion d'être un acteur actif qui "offre de bonnes réponses aux questions bien posées". En fait ceci mène à du nivellement. Seul le ton se donne comme étant engagé, mais la discipline de vote avec la droite témoigne du reste.

Un rapprochement politique vers le centre épouse en douceur la globalisation, la privatisation, la dérégulation, l'avènement de l'AGCS au lieu de choisir une réponse en rupture. Car ce ramollissement, en épousant la globalisation, lui permet son expansion libérale, alors qu'une orientation à gauche ou à droite demande un profilage courageux et clair.

Quant à Ségolène, qui n'est pas de gauche comme presque tout le PS, elle flatte les gens de droite, qui croient en une confirmation de leur propre position sécuritaire. Ségolène n'est qu'un miroir aux alouettes, ou plutôt aux linottes. J'ai entendu dire que Montebourg voudrait se rapprocher de Ségolène. Pour les bas de laine ou pour tricoter des chaussettes?

Le système paritaire rhénan, mis en place par Ludwig Erhardt (CDU, la droite chrétienne) et moteur de croissance et de répartition des richesses, n'avait fait depuis 1949 qu'organiser la "Lutte des classes" en une négociation de branche, annuelle, de 3 à 4 semaines en automne. Elle a aussi confirmé la Mitbestimmung, la codécision, qui est en fait une tradition allemande qui remonte à Bismarck. Ceci est un témoignage vivant d'un "Rapprochement actif" et non pas d'une fusion, qui n'est qu'un rapprochement à la française, où l'objectif est d'anéantir le partenaire pour se profiler soi-même. C'était aussi le cas lors du "Programme Commun", où Mitterand-1 accueillait le PC pour mieux le casser. C'était un rapprochement centriste.

Lire aussi: Europe, déprédation sociale par pilotage de processus et lire aussi Europe, le retour de Bolkenstein par la Directive Services ___________________________________________________

En Allemagne, en 1875, le SPD se crée par la fusion de "l’association générale allemande des travailleurs" fondée en 1863 et le "parti travailliste social démocrate" fondé en 1863. Face à cette force, Bismarck se voit contraindre de faire voter des lois sociales importantes (non par progressisme mais par obligation), notamment la première loi concernant l’assurance maladie en Europe.


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Lisez ma série détaillée de la Constitution européenne. Sa ratification aurait été une élégante manière de faire parapher, de manière déguisée, par le peuple la doctrine libérale qui est rappelée tout au long du texte de la Constitution, et pourquoi pas l'AGCS. (note du 30 XII 23006: la Directive Service votée en Décembre 2006 est la preuve que Bolkenstein est revenu et est définitivement applicable sous le libellé "liberté de prestation de services" et non plus sous "détachement de travailleurs").

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Lire aussi mon article de début juillet 2006