sans être "libre-penseur", il est difficile de penser librement.

Grass invite bien sûr à réfléchir à sa propre compromission universelle, celle ayant eu cours sous le régime totalitaire nazi.

Son aveu, ne me semble pas tardif, mais trop précoce. Il paraît être en opposition à tout son travail, justement aux imbéciles aux gonfalons brandis. En dehors de sa honte personnelle, son dernier acte, doit faire réfléchir tous les tricheurs et vendus, tous ceux qui prétendent être au service d'un pays, d'une société, d'un parti, d'un système, de l'homme et qui ne font que de gérer leur mièvre compromission personnelle avec la vie.

Je vous invite à lire l'introduction à mon roman économique, politique et sémantique que j'ai commencé justement à la Chute du Mur de Berlin et à la commémoration imbécile et bourgeoise du Bi-centenaire de la Révolution française.

J'y ai travaillé 13 ans, et je me suis interrogé sur le langage double d'un frontalier (alsacien), sur la double Weltanschauung (manière de voir le monde), soit la Weltanschauung ouest/est, hémisphère nord/sud.

Car c'était si pratique de se savoir du "bon côté", du côté des gagnants, surtout le dimanche à table avec mémé et obeba, qui nous disaient, les lèvres violettes teintées de peur depuis l'annexion nazie, qu'à "250 kilomètres de Strasbourg, les russes étaient là et attendaient".

Bien sûr, tout mon roman s'axe (du mal/ du bien?) autour de la pensée unique de la globalisation, et je pense que nous sommes maintenant arrivé au stade ultime du fascisme, en ce sens que maître et esclave habitent en même temps la tête de tout un chacun. Car qui veut/peut/pense lutter contre cette globalisation, ce libéralisme qui va nous apporter l'AGCS et qui a déjà la démocratie à son service, et qui lance certains peuples à la XVème croisade?

A l'époque de Günter Grass, l'ennemi à concevoir, percevoir et déconstruire était flagrant. Il était plus "simple", disons "direct", de s'élever contre lui. Mais nous, nous devons nous élever contre un concept (globalisation/mondialisation) dont les délits sont autrement plus complexes qu'une soumission militaire d'un peuple.

Vous pourrez y lire de mes très nombreuses prémonitions et de mes aphorismes du genre: "Je suis un acquis culturel. Mais à qui profite le crime?" ou "La Constitution est écrite pour ceux qui ne se savent pas être ensemble", car dès 1989, la Chute du Mur de Berlin, je demandais la VIème République et je créais à la manière d'un "roman non figuratif" une constitution d'Etat du peuple.