______________________________________________________________________

note, 17 avril 2008: Depuis février 2008, puis mars, puis avril... j'ai environ 80 visites par semaine de surfeurs qui ont tapé sur google "service d'action civique".

Cette recrudescence d'% pour ce truc de fascho, alors que rien dans les médias n'en a fait une mode subite, me laisse penser que les gueules noires se forment et se préparent... pour des "minériades" à la française


J'en connais un qui monte tellement des groupes sociaux contre des autres dans ce pays, qu'il espère que le société française implose et qu'on l'appelle pour qu'il se fasse passer pour le sauveur de la France (fin de la note).

note, 14 mai 2008: le phénomène s'accélère, j'ai à présent depuis environ le 11 mai 2008 de 30 à 40 visites par jour de surfeurs qui ont cliqué cette occurrence sur les moteurs de recherche.

note, 23 mai 2008: à présent des surfeurs cliquent sur Google "Service d'Ordre UMP".

note du 27 octobre 2009: Charles Pasqua a été condamné le 27 Octobre 2009 à 1 an de prison ferme dans l'Angola Gate.

______________________________________________________________________

Pasqua avait été l'un des créateurs du SAC (Service d'action civique), police privée gaulliste fortement liée au Milieu et auteur de nombreux "coups de main" et de meurtres "républicains". Le SAC a été de 1960 à 1981 une association loi 1901 au service du général De Gaulle puis de ses successeurs gaullistes, mais souvent qualifiée de police parallèle, créée à l'origine pour constituer une "garde de fidèles" dévouée au service inconditionnel du "Général" après son retour aux affaires en 1958. Ses statuts précisent seulement qu'il est une "association ayant pour but de défendre et de faire connaître la pensée et l'action du général de Gaulle". Il a pour ancêtre le service d'ordre du Rassemblement du peuple français, qui s'était déjà illustré dans des affrontements parfois violents face aux communistes. Il recrute parmi les militants gaullistes mais aussi dans le milieu. Parmi ses fondateurs, on trouve Charles Pasqua mais aussi son ami Étienne Leandri, ancien collaborateur notoire (il a porté l'uniforme de la Gestapo) reconverti dans le trafic de drogue et protégé par la CIA pour ses activités anti-communistes. Beaucoup de voyous de l'époque se sont promenés avec une carte du SAC. En 1975, Jacques Chirac aurait été président du SAC, selon Daniele Ganser (2005). Malgré l'épuration effectuée en 1968-1969, de 1968 à 1981, ses membres auront des ennuis avec la justice pour: «coups et blessures volontaires, port d'armes, escroqueries, agressions armées, faux monnayage, proxénétisme, racket, incendie volontaire, chantage, trafic de drogue, hold-up, abus de confiance, attentats, vols et recels, association de malfaiteurs, dégradation de véhicules, utilisation de chèques volés, outrages aux bonnes mœurs

Il y avait en fait deux SAC. Sous une même étiquette coexistaient d'une part des groupes gaullistes très droitiers et activistes, recrutant des personnes souvent honorables comme un magistrat de l'Est de la France, un certain nombre de militants ouvriers souvent liés aux syndicats indépendants (CGSI, CFT, CSL) et d'autre part une série d'individus aux franges perméables du renseignement, du banditisme et de l'extrême-droite, utilisés pour des "coups" qui n'ont rien de commun avec un État de droit.

Quand le SAC était dissout par la gauche en 1982, de nouvelles structures sont apparues. Certains, lors de la période de flottement du SAC, voulurent récupérer cette organisation qui a toujours existé de façon autonome par rapport aux différents partis gaullistes. Charles Pasqua est l'un d'eux. Le futur ministre de l'Intérieur créa à cette occasion « Solidarité et défense des libertés » qui rassemblait des membres du RPR (prédécesseurs de l'UMP), de l'UDF, des anciens du SAC et même de certains mouvements très à droite comme le Parti des forces nouvelles (PFN).

Voici donc le contexte de la 5ème République, « la république des copains et des coquins », et d'une telle personne allergique à la couleur rouge, Charles Pasqua Ministre de l'Intérieur, qui ont scellé depuis 21 ans le destin de la vie politique française par le biais des découpages des circonscriptions électorales permettant l'élection des députés de l'Assemblée Nationale.

Avec Charles Pasqua, les circonscriptions des "banlieux rouges" avait été rassemblées à raison de 3 pour 1, et les circonscriptions rurales ou votant à droite avaient été divisées par trois.

Aux dernières élections législatives de 2007, la majorité en voix revient aux partis de gauche, mais la majorité absolue en siège revient à l'UMP. La France n'est pas un État de Droit.
A juste titre une plainte peut être déposée à la Cour Européenne des Droit de l'Homme. Elle sera entendue. La France s'assied sur le Déclaration des Droits de l'Homme et sur les Droits fondamentaux. Elle fera aussi des efforts pour effacer la Charte européenne des Droits fondamentaux dont il sera question le 21 et 22 juin 2007 au Sommet européen qui va transformer le TCE en un mini Traité, ou Traité simplifié.

_______________________________________________

Je reproduis ci-dessous in extenso un article du Journal Libération expliquant le point de vue du Conseil Constitutionnel sur le découpage des Circonscriptions électorales du pays français.

Libération du 4 Juin 2007:
Aux législatives, l'électeur corse pèse plus que l'alsacien: Etabli par Pasqua en 1986, le découpage en 577 circonscriptions n'est plus jugé équitable par le Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel s'en est ému à plusieurs reprises : le découpage de la France métropolitaine en 577 circonscriptions est beaucoup trop ancien pour être honnête. Dans un pays censé assurer l'égalité républicaine entre tous ses citoyens, la voix d'un électeur de Lozère vaut trois fois celle d'un Grenoblois, la voix d'un Corse pèse deux fois plus que celle d'un Alsacien. L'explication en est simple : il y a un député pour 34 400 habitants dans la 2e circonscription de Lozère, et un pour 125 243 habitants dans la 1re circonscription de l'Isère (recensement Insee de 1999). Les exemples de cet ordre se chiffrent par dizaines ­ sans compter les disparités au sein d'un même département.

Réalisé il y a plus de vingt ans par les bons soins du ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua, à partir des données du recensement général de 1982, le découpage des circonscriptions n'assure plus l'égalité entre les citoyens garantie par la Déclaration des droits de l'homme de 1 789 (article 6) et la Constitution de la Ve République (articles 3 et 24).

Déjà, le 7 juillet 2005, dans une série d' «observations sur les échéances électorales de 2007», les neuf sages de la rue Montpensier soulignaient que les déséquilibres démographiques entre les circonscriptions rendaient ce remodelage «nécessaire» : «Il incombe au législateur de modifier ce découpage. Si cela n'est pas fait avant les prochaines élections législatives [soit celles de 2007, ndlr], ce qui serait regrettable, cela devra être entrepris au lendemain de celles-ci», écrivaient-ils, en insistant sur le fait que «ces disparités ne peuvent que s'accroître avec le temps».

Piqûre de rappel. Plus récemment, dans une décision du 3 mai 2007, ils administraient une piqûre de rappel : «Il ne fait pas de doute que la carte des circonscriptions législatives est aujourd'hui inconstitutionnelle.» Il y a certes toujours eu des différences démographiques d'une circonscription à l'autre ­ généralement de plus ou moins 10 %, au nom de l'aménagement du territoire. Mais les mouvements de population (désertification d'un côté, densification de l'autre) du dernier quart de siècle ont amplifié les inégalités électorales. La loi du 11 juillet 1986 (article 2), qui précise qu' «il est procédé à la révision des limites des circonscriptions, en fonction de l'évolution démographique, après le deuxième recensement général de la population suivant la dernière délimitation» (soit après le recensement de 1999) est restée lettre morte.

Aucun des gouvernements qui se sont succédé depuis cette échéance (Jospin, Raffarin, Villepin) n'a suggéré un découpage plus équitable. Une proposition de redécoupage, formulée en 2005 par un conseiller d'Etat, deux constitutionnalistes, un statisticien et un haut-fonctionnaire, a été recalée par le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, et son ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.

Certes, toute opération de «remodelage» est exposée à des accusations de «charcutage électoral» ­ où Charles Pasqua s'était d'ailleurs révélé un orfèvre. Mais surtout les élus du monde rural sont très sourcilleux de ne rien abdiquer de leur représentativité. Du coup, les parlementaires n'ont pas osé toucher à l'équilibre des circonscriptions, aggravant, au fil des ans, le déficit démocratique.

Susceptibilités rurales. Quel que soit le résultat des prochaines législatives, le gouvernement devra ouvrir rapidement ce chantier-là. Il peut le faire a minima : maintien d'au moins deux députés par département (pour ne pas froisser les susceptibilités rurales), nombre total de députés inchangé (pour ne pas prêter le flanc à l'antiparlementarisme), mais correction des inégalités les plus criantes.

Dans ce cas, le redécoupage pourrait impliquer une trentaine de départements, regroupant une petite moitié des 577 circonscriptions. L'exécutif peut aussi être plus ambitieux et en profiter pour introduire, par exemple, la dose de proportionnelle que la majorité des partis réclament. Nicolas Sarkozy devra dire jusqu'où il veut porter, de ce côté-là, la rupture.

Fin de l'article

____________________________________________

Vous apprécierez le cynisme de Monsieur Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, citant Anatole France:
« La gauche ne sait pas gouverner mais elle sait se défendre ». Vous comprendrez aussi la forfaiture du député Arnaud Montebourg qui a détourné son Mouvement "Rénover Maintenant" pour en faire un Comité de soutien de Marie Ségolène Royal. Ce mouvement s'était initialement fixé comme objectif la VIème République. Le Lion est mort ce soir.
Article du Monde et Article de Libération: