Ce n'est pas seulement la peur panique de Ségolène face à la vérité politique, celle du débat contradictoire, c'est aussi la peur panique de ses protagonistes - et même de ses détracteurs - d'assumer cette belle partie de la vie politique qu'est le débat.

Quand je vois, même chez eux, où l'on devrait s'interroger sur la portée de la-dite question posée à Ségolène, que l'on continue à descendre Nolween ou à chercher si elle a, elle aussi une foule de garçons adulés derrière elle et qui agitent le goupillon rouge (quelle horreur, c'est sale, pécaïre, saperlotte!), on se rend compte que le débat de fond est étouffé. Ils ont une volonté délibérée de ne pas parler.

Mais oui!

Où est le "clivage" dans les yeux de Ségolène?

On peut poser la question encore plus simplement. Le PS est-il de gauche? Le PS est-il un PS? Ou du blairisme, du schröderisme? Ségolène centriste-libérale avec des zests très épicés "d'ordre juste" n'est pas de gauche. Pourquoi y a-t-il ici tellement d'intervenautes et de "supérieurs hiérarchiques" du P(S) qui veulent nous revendre ce produit issu du marketing et des instituts de sondage comme l'IFOP dont Laurence Parisot du MEDEF est directrice?

Ségolène est actrice du nouveau rapprochement centriste, qui n'est que l'espoir des faibles.

Pendant ce temps, la partie officiellement de droite de la scène politique française avance d'une manière implacable et si cohérente. Le coup sur les régimes spéciaux de Monsieur Fillion est une manière d'occuper le PAF et d'afficher une capacité à avoir un discours contradictoire à l'Intérieur de l'UMP. Le trialogue organisé depuis plus d'un an entre Messieurs Villepin, Chirac et Sarkozy n'est qu'un grand théâtre pour occuper le paysage audio-visuel français, pour amuser les gaulois qui adorent les chamailleries, l'arène.

Mais les effets de la précarisation sont très loin d'avoir atteint leur paroxysme, et les français, les petites gens comme les cadres moyens, les bobos, et même les cades supérieurs, mais aussi les stake-holders et les share-holders voudront être rassurés par un homme fort. Il n'y aura pas de risque de refaire le vol républicain des voies électorales comme en 2002, les électeurs d'extrême droite et donc déjà la majorité des ouvriers et des "couches populaires" pour commencer (je pose souvent la question au PS, mais personne ne répond au sujet des statistiques publiées par l'INSEE et le CNRS) vont de suite voter, eux aussi, pour Monsieur Sarkozy. Finalement je pose ici la question à tous: aimez-vous les ouvriers?

La seule chose à offrir au change à tout ceci, à l'avancée de la droite à l'UMP et au P(S), est une inscription parfaitement identifiée à gauche des programmes de la Présidentielle, qui est utile pour le bavardage, et des Législatives qui sont utiles pour la Députation et la constitution du Gouvernement.

Le plus simple, et on y excèle ici comme ailleurs, on fait semblant que l'on ne vous pose pas de question, ou l'on traite de malhonnête, et on continue sur son aire. C'est comme d'arrêter à jouer au loto après vingt ans de militantisme. Si on arrête on avoue que l'on a fait fausse route et galvaudé son énergie depuis 20 ans. Mais au loto la responsabilité personnelle s'arrête à son porte-monnaie.



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Lisez ma série détaillée de la Constitution européenne. Sa ratification aurait été une élégante manière de faire parapher, de manière déguisée, par le peuple la doctrine libérale qui est rappelée tout au long du texte de la Constitution, et pourquoi pas l'AGCS. (note du 30 XII 23006: la Directive Service votée en Décembre 2006 est la preuve que Bolkenstein est revenu et est définitivement applicable sous le libellé "liberté de prestation de services" et non plus sous "détachement de travailleurs").