Le plus grand plaisir des hommes en OUI est de faire passer les nonnistes pour des crétins et le NON pour une spécificité française de l'Astérix (citation d'une intervention d'un eurodéputé au PE Strasbourg) qui ne sait pas se mettre au son des Cimbres, des Huns, des Allamans, des Celtes... Quand ce plaisir ravivé par le putsch constitutionnel du Parlement Européen de Strasbourg du 14 juin 2006 ne suffit plus, quand la suspension du TCE par la Cour fédérale constitutionnelle allemande ne suffit plus, les hommes en OUI se doivent de mettre en oeuvre le déni de démocratie qui guide les institutions politiques européennes depuis leur naissance. Les hommes en OUI font passer les nonnistes pour les "coalisés rouges bruns", pour les gauchistes révolutionnaires qui veulent mettre à pied toute construction politique réellement existante.

Le journal de centre-droit, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, avait lors de la campagne référendaire du TCE très souvent formulé le regret que "le peuple allemand n'avait pas eu le droit de s'exprimer et qu'il était contourné."

Tous les syndicats allemands n'ont aucun problème à reconnaitre le système économique des marchés. Ils s'y inscrivent très bien dans le modèle du "système paritaire rhénan" et dans la "Soziale Marktwirtschaft" (l'économie sociale de marché). L'Economie Sociale de Marché, une simple traduction à partir de la langue allemande mais ne disposant pas de signifié en français, avait été reprise dans le TCE, mais ne voulait plus rien dire parce que le Social en est absent, absent même de la Charte Sociale. Il est donc temps d'extraire le peuple français de ce malaise construit de toute pièce par les hommes en OUI qui "font de la pédagogie" depuis le 29 mai 2005 pour "expliquer l'Europe". Il faut se méfier du parti central français, l'UMP, mais tout autant de l'UDF non affilié, le MoDem, qui a voté sans hésitation et sans une seule voix d'abstention pour la non reconnaissance du NON français et hollandais le 14 juin 2006 au Parlement Européen de Strasbourg et pour "faire passer le TCE d'une manière ou d'une autre".

Je vous propose en version intégrale sans commentaire personnel la déclaration du syndicat IG Metall datée de Novembre 2006. IG Metall, comme beaucoup de nonniste a créé le mouvement "IG Metall goes Europe" qui est pro-européen comme tellement de nonnistes ou comme moi-même. J'espère qu'à l'avenir plus personne ne me traitera de gauchiste. En ce sens "gauchiste" est une insulte et est équivalent à ce TSS (tout sauf sarko) ou à toute stigmatisation.
Le PS français ferait bien de s'inspirer de ce manifeste
s'il veut "parler du réel".

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DEBUT de la traduction:

Manifest für ein solidarisches Europa / Manifeste pour une Europe solidaire

L'Union Européenne se trouve dans une crise profonde. L'insécurité face à l'avenir de l'Europe est encore grande 18 mois après le rejet du TCE par la France et la Hollande. Pour nous les syndicalistes, en tant que personnes qui mènent une réflexion et une action politique, il est nécessaire de nous unir afin de formuler et d'imposer notre vision et nos exigences pour une Europe commune et solidaire.

L'Europe des grands groupes industriels: L'agenda européen visait jusqu'à présent la création d'un marché intérieur, d'une zone monétaire commune et d'un espace économique de croissance prospère. Il n'a pas été laissé de place à la légitimation démocratique. Un modèle social commun est quasiment totalement absent. L'Europe n'est depuis sa création qu'une Europe des grands groupes industriels. La crise identitaire de l'Union Européenne est l'expression des problèmes économiques et sociaux. L'Europe ne dispose pas actuellement d'un idéal commun pour son développement futur; l'Europe ne sait pas dans quelle direction elle se dirige. L'idée dominante du marché européen constitue toujours noyau de tout le projet. Et c'est justement ce qui doit donner lieu à la nécessaire cohésion et à l'orientation pour le futur.

Le processus actuel de l'intégration européenne ne constitue pas un processus que les syndicalistes peuvent accepter.


La Constitution Européenne - un essai manqué: L'essai de mettre sur pied une Constitution européenne commune avait semblé être une possibilité d'élever la teneur démocratique de l'Europe. La caractère qu'avait pris le Traité Constitutionnel Européen ne peut obtenir notre approbation. D'un côté l'Union Européenne s'était obligée de suivre scrupuleusement le dogme néolibéral dans la politique économique, monétaire et fiscale. D'un autre côté il a été tenté d'ancrer dans la Constitution une politique de sécurité et de défense agressive comme élément constitutif d'une politique extérieure autonome de l'Union Européenne.

Ceci ne peut faire partie d'une politique solidaire comme nous nous la représentons.


Perspectives d'avenir: L'Europe se trouve face à une décision stratégique ayant une signification historique. Soit elle poursuit la démarche engagée. Ceci se réduirait à la poursuite du modèle d'intégration orienté sur les marchés et sur les élites. Ceci ne pourrait qu'engendrer une perte supplémentaire de confiance des personnes, une augmentation des conflits sociaux, des tensions politiques et un élargissement des inégalités sociales. La seconde voie présuppose la disposition et la force à établir une réorientation de la politique européenne. Ceci commence par la remédiation aux deux manquements essentiels du modèle actuel: la dimension sociale sous-développée et la lacune démocratique. Les lignes directrices d'une telle stratégie seront plus de sécurité au niveau social et plus de participation et de démocratie. Le processus constitutionnel a notoirement conduit à l'échec, la nécessité d'une Constitution demeure.


Revendication des syndicalistes européens: Nous les syndicalistes d'Europe avons développé ensemble une vision vers la quelle doit se développer l'Europe qui répond à l'esprit de solidarité.

Les revendication suivantes sont pour nous, les syndicalistes, d'une importance capitale:
- Nous revendiquons un modèle social européen et solidaire.
- Nous revendiquons une Europe qui repose sur les valeurs de la solidarité, de la tolérance et de la non-discrimination.
- Nous revendiquons l'implémentation des droits fondamentaux inaliénable. Ceux-ci ne doivent pas être limités aux droits civils fondamentaux. Des droits sociaux fondamentaux doivent en faire partie. A cet effet, la création de conditions minimum sociales et de politique fiscale est incontournable. Nous exigeons une base d'évaluation commune et des taux minimums communs pour la taxation des entreprises.
- Nous revendiquons un avenir sûr pour les jeunes. Ceci met au centre la lutte contre le chômage de masse, et en particulier du chômage des jeunes. Ceci doit être un objectif principal de l'action européenne commune. Une taxe à la délocalisation imposée à l'échelle européenne pourrait être significative pour les délocalisation ayant pour objet le dumping. Les politiques monétaires, économiques, structurelles et fiscales doivent se redéployer vers le soutien à l'emploi.
- Nous revendiquons une intensification de la coordination à l'échelle européenne de la politique des conventions collectives. Les dispositions actuelles ("Règlement de coordination") doivent être élargies et devenir contractuelles pour les branches industrielles et pour l'économie toute entière. Des initiatives d'élaboration de conventions collectives communes pour l'aménagement du temps de travail, pour les droits relatifs à la qualification, les conditions de travail doivent compléter ces dispositions. L'option des conventions collectives communes européennes doit être gardée comme la perspective à suivre.
- Nous revendiquons de faire cesser les atteintes rétrogrades contre la codécision (Mitbestimmung) et contre les droits des travailleurs en Europe. Les droits des travailleurs doivent être consolidés par des propositions relatives à leur développement. La mise en réseau des personnels d'entreprise, des groupements de défense des intérêts et des syndicats doit être élargie. L'examen du rapport d'expertise relatif à la modification de la disposition concernant les Conseils européens d'entreprise des délégués du personnel (ndtr: # comité d'administration français qui ne sont qu'une fiction patronale) doit être poursuivi et leurs droits et attributions doivent être améliorés.
- Nous revendiquons de mettre à profit le potentiel de l'Europe à créer la globalisation économique. Ceci concerne principalement l'importance des marchés financiers et des acteurs qui y sont influents face aux entreprises et aux États. L'Europe doit être le pionnier dans la régulation du capitalisme financier international des des fonds de pension.
- Nous revendiquons fondamentalement un modèle d'économie durable qui soit justifiable au niveau social et écologique.


Avancée de l'idée européenne et politique syndicale:

Nous mêmes, les syndicats, nous faisons face aux exigences de dépasser notre retard au niveau européen. Pour poursuivre les échanges actuels existants entre les syndicats et les confédérations syndicales européennes nous devons transformer ce thème dévolu aux experts en un thème quotidien de la pratique politique. Le syndicat va poursuivre sa démarche européenne et consolider la Fédération Européenne des Métallurgistes (FEM).

Revendications adressées à la Présidence allemande de l'Union Européenne!

Les syndicalistes allemands exigent du Gouvernement fédéral (allemand) de créer les bases du modèle social européen pendant la Préseidence de l'Union Européenne au courant de la première moitié de l'année 2007. Il faudra engager de manière décisive le retrait de la Constitution européenne les références néolibérales de politique économique et financière et il faudra forcer la concrétisation de la dimension sociale comme de l'implémentation du modèle social solidaire européen.

Nous évaluerons chaque initiative concernant l'élaboration d'une Constitution européenne à l'aulne de nos revendications.

FIN de la Traduction
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Angela Merkel, CDU (Union Droite Chrétienne) est atlantiste comme le Chef Président Sarkozy et n'a rien fait de sa présidence de l'Union Européenne.

Une agression colossale aura lieu avec le couple angelo-sarkozyien et leur Traité Simplifié contre les Travailleurs européens et contre les plus fragiles, les travailleurs français, qui ne sont représentés que par des syndicats politiques n'agissant qu'à postériori et de manière folklorique, cacophonique et impuissante.

La non-organisation du syndicalisme français est maintenue telle quelle car elle coute moins cher pour le patronat français qu'un syndicalisme à l'allemande qui fonctionne a priori. Le patronat français, avec les décideurs politiques à leur tête, préfère payer les coûts de grèves sporadiques qui sont indirectement un investissement pour leurs propres gains (golden hello + golden parachute) et pour leurs actionnaires. Dans la répartition des richesses entre le salaire du capital et le salaire du travail un écart de 10 points s'est fait en faveur du capital ces dix dernières années en France. La défiscalisation des Heures Supplémentaires va entrainer une mise au chômage pour faire faire les HS par les ouvriers restants en poste et va engendrer une aggravation du trou de la Sécu, car la part patronale et des cotisations sociales et de retraite va baisser du même ordre. Les ouvriers et employés qui ont voté pour ce programme sont des cons.

Si ceci ne vous suffit pas, lisez d'autres revendications: la Confédération Européenne des Syndicats (CES) réitère son soutien en faveur de la Constitution, déjà ratifiée par 18 États membres de l’UE, et souligne que toute nouvelle proposition doit aussi constituer une avancée pour l’Europe sociale. La CES s’oppose principalement à la suppression ou à l’affaiblissement de la seconde partie de la Constitution (§2), à savoir la Charte des droits fondamentaux, qui représente, selon elle, "l’avancée la plus importante pour les citoyens européens et qui doit dès que possible devenir juridiquement contraignante". John Monks, Secrétaire général de la CES a déclaré que "les dispositions et objectifs sociaux de la Charte sociale qui renforcent le rôle des partenaires sociaux sont indispensables si l’on veut que les travailleurs de toute l’Europe soutiennent une proposition de compromis. Nous avons besoin d’une dimension sociale plus forte répondant aux préoccupations concernant des questions telles que la sécurité de l’emploi, la restructuration et la mondialisation."