Le fait est que nous nous sommes engagés dans une hyper-accélération des échanges commerciaux pour essayer de conserver un niveau de croissance dans les pays dits riches.

Le problème est que la Chine, qui excelle dans le commerce international depuis 4000 ans, nous rend ce que nous donnons aux tiers-monde ou aux pays émergeants: le chantage à l'échange aux intérêts unilatéraux, soit dans ce cas l'obligation d'organiser le transfert de technologie de l'Europe vers la Chine comme c'est déjà la cas pour les Airbus et le TGV.

Pour préserver un taux de croissance suffisant chez nous pour ne pas avoir dans les rues les masses appauvries par chômage et précarisation, les économistes et gouvernants de droite/gauche français nous présentent le paradigme de la modernité comme la seule réponse à la globalisation. Ils ne précisent pas qu'à côté de ce paradigme qui est un acquis des salons, il y a la voracité de l'ultralibéralisme financier qui pompe tout sur son passage en exigeant des marges opérationnelles de plus de 10%, ce qui dans le secteur industriel n'est pas rélisable sur le moyen et long terme. (cliquez "marge opérationnelle" dans "Rechercher un mot" sur ce site)

Au niveau de l'agriculture les termes de l'échange sont tout autant faussés avec un désavantage prépondérant pour l'une des parties. L'Europe, mais surtout la France, est tout autant crapuleuse et condamnable que les USA protectionnistes. Subventionner les agriculteurs français à outrance, c'est tuer l'agriculture des pays émergeants. J'en ai honte, nos marchés français sont fermés pour l'agriculture des pays émergeants. Et comme l'agriculture de la Brie et de la Beauce est le financier du RPR/UMP, tout tourne en rond et la France "est bien [mal] inspirée" à donner des leçons d'ouverture.

Il nous reste l'espoir européen d'une avance technologique, de recherche fondamentale et appliquée et de dépôt des brevets. Et là aussi, l'Europe, les régions nationales européennes (Etats-membres) ne font que de gérer les comptes et le budget de l'Etat. Ensuite il faut effectivement reconsidérer le Traité de Rome qui n'appelle que la libre circulation de tout et qui met sur des listes blanches, grises et noires ce qui peut être un commerce aidé, associé, subventionné. Que faire dans cette période où l'on arrive à l'aboutissement du Traité de Rome et de la libre concurrence et de la libre-circulation de tout dans le Marché Commun? Nous ne pouvons protéger par aides et subventions un secteur marchand. Nous sommes sommés par les Directives européennes de mettre de plus en plus de services dans le secteur marchand. L'Europe des nouveaux arrivants craint toute tutelle de l'Etat et aspire à un libéralisme "très ouvert", quitte à se vendre aux US comme le fait la Pologne. La Bulgarie et la Roumanie ne sont pas prêts pour l'Europe mais on les fait rentrer l'année prochaine. Nous ne pouvons faire un sous-fichiers des riches européens et un sous-fichier des nouveaux arrivants. Ce serait de nouveau une injure face à ces "petits" pays. Faut-il faire une Europe protectionniste et subventionnée des pères-fondateurs en laissant de côté les nouveaux arrivants dans cette démarche, mais en créant l'adhésion de la Turquie qui aspirera aussi à la libre circulation de tout et provoquera encore plus que les nouveaux arrivants un dumping social de fait. Le consensus de tous les partis au sujet de l'entrée de la Turquie est un fait, tout au moins aucun débat n'est mené ou publié. La Turquie sera la chine privée de l'Europe: un régime autoritaire militaire pratique pour les démocraties européennes et une zone de délocalisation de proximité. Pour un tel prix, l'Europe et les gouvernements des régions nationales européennes accpetent déjà maintenant la dilution du ciment culturel et de société européen jusqu'à Incirilik, la base aérienne d'où partent les bombardiers sur l'Irak. Sur l'Iran?

L'Europe ouverte commercialement et industriellement est beaucoup plus fidèle à l'OMC que les USA en ce qui concerne le secteur industriel, et bientôt ce sera pour l'AGCS. La libre circulation a montré sa force dans le marché commun entre pays de capacités économiques assez voisines, puis avec l'Irlande, le Portugal et l'Espagne quand l'Europe des riches savait utiliser les synergies, antagonismes et potentialités. Comment être face aux nouveaux entrants tellement plus pauvres que nous et tellement atlantistes?

Dans moins de deux ans, l'Inde remplacera la Chine. J'ai déjà ouvert un cours sur l'économie Indienne. Les méthodes seront les mêmes, et tout comme la Chine, le système de propriété intellectuelle (brevets, marques, dessins, modèles, certificats d'utilité) est quasi inexistant. L'Inde n'a pas réussi à protéger Basmati, Darjeeling, du dépôt de brevet par RiceTech ou Monsento, mais elle sera tout comme la Chine un contrefacteur, tout en exigeant le transfert de technologie comme ticket d'entrée pour des joint-ventures ou plus si affinités.

De la plus grande dictature du monde, la Chine, le flux majoritaire commercial passera à la plus grande Démocratie du monde, l'Inde, mais l'Europe n'aura rien fait évoluer dans sa pratique commerciale et industrielle et n'accélerera pas sa course à l'avance technologique qui a pourtant été promise et décidée dans le Traité de Lisbone pour l'objectif de 2010 et qui nous assurerait une certaine autonomie et un certain rayonnement économique durable. Je regrette l'époque des planifications incitatives que la France avait et qu'elle a clot avec son 5ième plan. C'était l'époque où la France ne comptait pas que sur le secteur privé et qu'elle se donnait par programmes et subventions les moyens de sa politique industrielle. Elle s'inventait ses plans Marshall. Un plan social et urbain pourrait être un bon Plan avec celui de la Recherche et de l'Education.

______________________________________________________________________
Lisez ma série détaillée de la Constitution européenne. Sa ratification aurait été une élégante manière de faire parapher, de manière déguisée, par le peuple la doctrine libérale qui est rappelée tout au long du texte de la Constitution, et pourquoi pas l'AGCS. (note du 30 XII 23006: la Directive Service votée en Décembre 2006 est la preuve que Bolkenstein est revenu et est définitivement applicable sous le libellé "liberté de prestation de services" et non plus sous "détachement de travailleurs").