Qu'en est-il du coût du travail français? Laurence Parisot du MEDEF et les marchés financiers râlent, c'est leur métier. Pour se rassurer d'emblée, selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics (BLS) américain, malgré les 35 heures, les salariés français restent parmi les plus productifs du monde: un employé français produit en moyenne 72.000 $ de valeur ajoutée par an, contre 64.000 $ pour un Anglais, 59.000 $ pour un allemand ou 56.000 pour un japonais.

Le Journal du Management publie sur la base de l'Office for National Statistics américain d'autres statistiques tout autant laudatives sur la comparaison de la productivité entre les USA et la France ou sur le niveau du PIB par heure travaillée. Nous sommes bons. Il est donc temps de répartir les richesses en direction des salariés. Au sein du G7 la France arrive en tête au niveau du PIB par heure travaillée. Nous dépassons de toute manière de loin la Grande Bretagne qui nous est vendue comme le modèle de réussite. Pourquoi? La France est de très loin meilleure que l'Allemagne, mais c'est normal, la moitié du pays n'a pas en,core trouvé sa voie au niveau de l'économie durable et profitable et 25% est au chômage à l'Est. Au sujet de l'attractivité de la France pour les capitaux et l'investissement en dure vous pouvez aussi édifier votre pensant en lisant sur ce site un autre de mes articles avec beaucoup de références sur le Web: nous somme le second pays après la Chine pour les IDE (Investissements directs étrangers).

Que va privilégier cette Europe ouverte vers ces niveaux de vie si bas des pays entrants? Une rationalisation du système de production comme en France ou un dumping social qui demande tellement moins d'efforts managériaux et d'investissements pour parvenir au même résultat financier? La marge opérationnelle sera tellement plus grande avec des investissements moins élevés. Ces pays entrants sont donc l'Eldorado pour le monde des entreprises, comme le seront bientôt la Turquie et l'Ukraine quand l'Europe n'aura plus l'envie de feindre de résister à leur chantage de la dérive de leur pays vers d'autres obédiences. Bruxelles et ses boys nous vendront ceci comme la modernité incontournable.

La France pourrait-elle augmenter les salaires? Selon Jean Paul Fitoussi de l'Observatoire Français des Conjonctures Economique, expert au Parlement Européen dans le cadre de la Commission économique et monétaire - et qui a été mon professeur de macro-économie à la Faculté des Sciences Économiques de Strasbourg, c'est: "Oui, si on voulait, on le pourrait. Les entreprises privées pourraient le faire car la part des profits est relativement élevée. Seulement, elles ne le veulent pas pour ne point dégrader leur compétitivité vis-à-vis à la fois des entreprises de la zone euro et celles du reste du monde. En effet, la politique privilégiée des États membres de la zone est la désinflation compétitive et la vigueur de l'euro accroît mécaniquement la valeur en dollars des salaires européens. En l'absence d'une politique de croissance de la demande intérieure sur toute l'Europe, nos entreprises sont donc contraintes de s'imposer une désinflation compétitive par des salaires contenus. Seulement, ce n'est pas une fatalité. Car cette option vient seulement de ce que l'Europe n'a pas, aujourd'hui, les instruments nécessaires pour conduire une politique de croissance, comme le font les Américains quand ils en éprouvent le besoin. Les investissements publics et privés en Europe sont faibles, et pèsent sur les gains de productivité, aujourd'hui parmi les plus faibles au monde. Si la croissance moyenne des salaires aux États-Unis et au Royaume-Uni est plus forte que dans la zone euro, et qu'en France en particulier, c'est parce que leurs gains de productivité sont sensiblement plus élevés. En conduisant une politique volontariste de croissance de la productivité, et donc d'accélération de la croissance économique par des investissements publics et privés bien supérieurs, on pourrait distribuer davantage de salaires. Car c'est la productivité qui dans la durée permet de nourrir les salaires."

La dette publique n'est pas un problème pour un Etat selon Jean Paul Fitoussi.