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21 juin 2012

Il n’y a pas la "Crise de l’euro" mais la Crise des banques en faillite depuis 2008 / Solvency 2, Bâle III et MiFID2 annulés

Washington_Dix_Otto_Marx.jpg Les financiers spéculateurs ont réussi cette semaine un coup, qui n’est qu'un coup de maître pour les observateurs étourdis. Ce coup n’est qu'une simple étape technique dans un programme et une politique éprouvés. Les banques et assurances se font en effet massivement adoucir depuis 2008 par les États dits souverains la charge de leurs positions toxiques illiquides et irrécouvrables. Elles transfèrent massivement une grosse part de leurs dettes pourries sur la dette publique des États. Ces États mettent à la disposition des banques par l’intermédiaire de leur enfant illégitime, la BCE "indépendante", des liquidités à un taux voisin de zéro ou en réalité à un taux très négatif (jusqu'à -25% en taux annuel), et ces banques prêtent aux mêmes États des liquidités à des taux excessifs voisins de 7% ou supérieurs. Ces États junkies et veules se sont mis en situation de dépendance face à ces banques et ils craignent de manquer de subventions provenant des marchés financiers arrosés par la BCE pour acheter leurs Bons du Trésor qu'ils émettent pour financer les dettes privées qui leurs sont léguées par les banques sans modération depuis 2008. Les États laissent imaginer que leur propre survie dépend de la survie des banques qui s'enfoncent dans leur faillite due à leur propre cupidité criminelle, si bien qu’ils assouplissent à satiété les nouvelles normes comptables MiFID 2, Solvency 2 et Bâle III, déjà tellement perméables avant et après leurs réformes. Pourquoi ce Kuddel-Muddel? Pour préserver une certaine idée du monde libéral dans lequel la Banque Centrale ne peut être mise sous pression politique pour monétiser la... dette.

màj du 10 octobre 2012
: Le Royaume-Uni a annoncé que non seulement il ne va pas appliquer Bâle III, mais qu'il va encore baisser le niveau de fonds propres règlementaires des systèmes financiers, des banques et des assurances. Ainsi ils auront un matelas de couverture encore plus bas que celui déjà criminellement bas de Bâle 2 et qui a conduit à ladite crise.

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Otto_Dix.jpgDepuis 2008 je rappelle régulièrement avec ce titre de ce billet qu'il y a la Crise des banques, parce qu'il n'y a pas de crise de l'euro. Le récent coming-out de Michel Barnier du 9 juin 2012 sur le coût réel pour les contribuables européens de 4500 milliards d’euros et de 37% du PIB européen pour ledit "sauvetage" des banques n’a pas fait de vague en France. Il aurait pu pourtant être un argument décisif pour faire du Parlement français un Parlement de Gauche. Il faut donc réformer les marchés financiers, mais les financiers et spéculateurs ont réussi cette semaine un coup. Ils ont réussi à faire vider les trois projets européens de réforme Solvency 2, Bâle III et MiFID 2. Si vous cherchez sur Google "il n'y a pas de crise de l'euro", mon site est en B2 mais repassera bientôt en page N°1. Comme prévu!!! Au 17 août 2012, si vous cherchez sur Google "il n'y a pas de crise de l'euro" mon site est en A3 et en C10 pour 5.660.000 résultats. .  (Images: Otto Dix. 1ère image: ma création sous photoshop: GW, OD, KM)

Bâle III: Les régulateurs vont donc de nouveau assouplir pour les instituts financiers les nouvelles normes prudentielles comptables concernant l'obligation de respecter des ratios de liquidités. Il s’agit d’un point central de Bâle III selon lequel une banque doit détenir suffisamment d’actifs qu’elle peut écouler rapidement sur les marchés afin de résister à une crise de liquidité aigüe systémique ou spécifique à la banque sur une durée de 30 jours. Vous voyez la perversité ou la clairvoyance de Bâle III qui élève comme référence une crise financière de 30 jours, alors que les banques sont en faillite technique depuis 2008. Jusqu’à présent il était prévu dans le projet de réforme Bâle III que les banques conservent dans leurs réserves de liquidités du cash, des titres d'État liquides sur le marché et éligibles au refinancement en Banque Centrale... Suite aux recours de la branche, les régulateurs vont à présent permettre aux banques d’y associer jusqu’à une certaine hauteur de l’or et des actions. Les banques ont en effet des graves difficultés à constituer des réserves en cash et en obligations d’Etats. Selon une étude du Comité de Bâle il manquerait aux instituts financiers européens 1760 milliards d’Euro si la directive sur les liquidités devait être en vigueur aujourd’hui. Pour l’instant il est prévu que 60% en Bons du Trésor constituent ce coussin de solvabilité, mais la situation des Bons du Trésor en Europe ne permet plus de les considérer comme un safe haven pour les investisseurs, les spéculateurs et pour les épargnants, mais plutôt comme un prélude à des banqueroutes d’Etat. Et de toute façon la BCE rachète par centaines de milliards d'euros, en violation de ses statuts, des Bons du Trésor pourris (Grèce, Portugal, Espagne) ou les acceptent en dépôt de garantie (Italie), ce qui ne garantit pas non plus la solvabilité des banques. La BCE a démarré depuis aujourd'hui le 22 juin 2012, en totale violation de ses statuts, une nouvelle opération massive de facilitation quantitative en acceptant des banques comme corollaires (dépôts de garantie) des actifs totalement pourris et non éligibles en temps normaux. La BCE devient elle-même une bad-bank à la place de ses créanciers "de mauvaise foi" qui sont en faillite depuis 2008. Une crise des organes européens de décision s'ajoute à la crise des banques, mais ce n'est toujours pas une crise de l'euro. L'euro se porte bien.

Mervin King, chef de la banque centrale anglaise avait été l’un des plus forts protagonistes d’un renforcement des normes de réglementation bancaire Bâle III, mais il est aujourd’hui le plus fervent protagoniste de leur assouplissement, alors même qu’elles ne sont pas encore entrées en vigueur. Elles auraient dû l’être à partir du 31 décembre 2012. De toute façon ces nouvelles normes prudentielles ne concernent que les activités bancaires internes au bilan. Leurs activités hors bilan, le négoce des produits financiers dérivés, CDS/CDO, OTC et celles de leurs filiales dark pools ne sont pas prévues par Bâle III car il n'existe pas d'outils pour cerner le shadow banking.

Il en est de même pour la Fed‘ pour laquelle les nouvelles normes comptables de Bâle III aggraveraient la situation de stress dans laquelle se trouvent les banques. Je rappelle que la Fed’ comme la BCE publient régulièrement des stress-tests des banques qui pourtant attestent qu’elles ne se trouvent pas du tout dans une situation critique. Je me demande aussi pourquoi les banques manquent de liquidités puisque la Fed’ et la BCE les arrosent régulièrement de milliers de milliards de $ ou d’euros et qu’elles leur rachètent massivement leurs positions toxiques. Ceci s’explique par le simple fait que nous vivons en parallèle une gigantesque destruction de valeurs qui atteindra encore un montant de plus de 15.000 milliards de $ avant l’automne 2012. La directive sur les liquidités de Bâle III avait été fixée en 2010 suite à la faillite Lehman et après de très longues négociations qui n'avaient en réalité comme seul objectif que de gagner du temps et de laisser s'opérer la Destruction par les marchés décidée à la Conférence Bilderberg d'Athènes de 2009. Ce LCR - Liquidity Coverage Ratio devrait permettre d'éviter aux instituts financiers une crise de fuites de liquidités en cas de turbulences des marchés comme pour les faillites de la Lehman Brothers, de la WaMut - Washington Mutual aux USA ou de la Northern Rock en GB.

Otto_Dix_05.jpgSolvency 2: Je vous ai alerté le 24 octobre 2009 dans mon billet "IASB, IFRS, Solvency II, Bâle II: Victoire de la Lutte des classes financières - Droit de cacher les risques" au sujet des nouvelles normes comptables qui auraient dû aider à réglementer les activités des banques et des assurances. Pour les assurances la nouvelle directive européenne porte le nom de Solvency 2 / Solvabilité 2. Je pense que si vous avez pu lire les newsletters de votre mutuelle d’assurance maladie et de votre mutuelle complémentaire, vous avez vu que les chargés de la communication évoquent "Solvency 2" en anglais pour décrire sans rentrer dans les détails la nouvelle situation comptable à laquelle elles devront se préparer. Il aurait dû s’agir d’imposer aux assurances de conserver une plus grande part de fonds propres réglementaires au cas où une couverture devienne nécessaire en cas de défaillance de l’un de leurs créanciers. Les mutuelles aussi ont communiqué dans ce sens pour annoncer une augmentation des cotisations et une diminution des prestations. Il en va de même pour Bâle 2, Bâle 2+ qui entre temps s’appelle Bâle III qui s’est donné, officiellement et comme pour Solvency 2, comme objectif de rendre les normes prudentielles comptables plus contraignantes pour les banques en les contraignant à avoir un seuil de solvabilité plus élevé. Suite aux recours du lobby des assurances, la Commission Européenne va considérablement assouplir la directive sur les provisions techniques imposées aux assurances. La Commission va exempter de Solvency 2 pour les sept années à venir tous les contrats existants, qui auraient dû être concernés à partir de 2014. Les assurances ne seront tenues de respecter Solvency 2 pour les anciens contrats uniquement pour le management risque et pour la publication des rapports d'activité. Ainsi la réforme pour les assurances-vie est diluée. Selon une étude de la branche cette directive aurait mis en difficulté 40% des assurances ou les auraient rapprochées de la faillite. Solvency 2 est l'équivalent de la Directive CRD sur les Fonds Propres Règlementaires qui est la déclinaison en Europe de Bâle II.

MiFID2: Depuis 2008 il n'existe pas de proposition de réforme concernant les activités hors-bilan des instituts financiers, du shadow banking, des dark pools. Les banques ne vivent pratiquement plus que de leurs activités hors bilan qui n'ont rien à voir avec l'économie réelle de production de biens et de prestation de services. Par exemple la Deutsche Bank n'est qu'un hedge fond, un prime broker, auquel est accolée une banque. Dans mon article du 2 février 2012 "Victoire des Lobbies financiers: Directive MiFID 2 - Marchés d’instruments financiers - Analphabétisation de l'information" je vous ai annoncé que le 3ème volet des réformes annoncées par le G8, le G20, le G4, Ecofin, l'Euro-Groupe, le Sommet européen des 27 serait tout autant édulcoré et caduc avant même son entrée en vigueur. Sur les deux décades perdues depuis 1989 du PIB furtif, fictif et d'initié s'ajoutent 5 années perdues depuis 2008 pour ne pas appliquer les réformes du contrôle et de la règlementation des marchés financiers, du shadow banking, des réserves fractionnaires et des paradis fiscaux. Nos responsables politiques en ont profité pour organiser sur le dos des européens la balkanisation de l'euro pour maintenir les banques sous perfusion et dans un pneumothorax et ils ont rebaptisé la crise des banques "Crise de l'Euro" au lieu d'avouer que c'est la crise du Traité de Lisbonne et du modèle européen qui n'est qu'une déclinaison de la croissance appauvrissante induite par le Consensus de Washington et de l’École de Chicago.

Je vous avais annoncé le 16 février 2012 que MiFID2 voulait réformer MiFID. Lors de la période dorée de la croyance aux forces miraculeuses de l’humanisme automatique du capitalisme financier et de l’effet de percolation du trickle-down-effect du Consensus de Washington, la Commission de Bruxelles mandatée par les pays membres de l’Union Européenne et par les pays adhérents de la Zone-Euro avait totalement dérégulé et libéralisé à partir du 1er novembre 2007 le commerce des produits financiers avec la Directive MiFID de 2004 sur les Marchés d'instruments financiers et services d'investissement (Markets in Financial Instruments Directive). Avant que n'entre en vigueur en 2007 la Directive MiFID, le commerce des produits financiers se faisait dans les Bourses de valeurs de manière ordonnée et sous le contrôle et la surveillance des pouvoirs publics. Historiquement les Bourses avaient été créées pour être un instrument de régulation permettant de mettre acheteurs et vendeurs sur un pied d'égalité, d'établir une concurrence règlementée et une information ouverte sur les transactions qui doivent se dérouler sous le contrôle d'un organe national ayant siège dans chacun des États respectifs.

Par la Directive européenne MiFID, l'économie a été totalement abandonnée sur les marchés au travers de dark pools en opposition aux bourses. Pour que ces dark pools puissent s'amuser en paix, MiFID a permis la création des crossing networks, c'est à dire la mise en réseau de ces dark pools. C’était ouvrir le portail à l'implantation virale d'un état de fait dans un État de droits. Depuis MiFID, il existe en Europe plus d'une centaine de systèmes multilatéraux de commerce de produits financiers. Ce sont les MTF - Multilateral Trading Facilities / SMN - Système Multilatéral de Négociations; il y en a 143 en Europe. Aux USA ces plateformes s'appellent ATS - Alternative Trading Systems. En 2010 moins de la moitié des produits financiers ont été échangés dans les bourses. Dans ce nuage opaque et informatique le CAC 40 et les autres cotations boursières ne veulent plus rien dire, puisque plus de 50% des valeurs sont négociés en dehors de la bourse. Vous pouvez vous imaginer que l'AMF - Autorité des Marchés Financiers devient impuissante. Parmi ces plates-formes il y a Chi-X, ou BATS Chi-X Europe, ou Instinet, une filiale de la holding japonaise Nomura, ou Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, BNP Paribas, la Société Générale, ou Citadel et Optiver. Le réseau Turquoise, réunit BNP Paribas, Citigroup, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley, Société générale et UBS, que des banques qui ont fait faillite en 2008/09 et qui ont été pour l'instant sauvées compulsivement en apparence, du moins on ne parle pas de leur faillite puisque l’on n’a pas envie de croire qu’elles sont en faillite. Ce n’est pas un hasard si l’agence de notation Moody’s a rabaissé aujourd’hui le 22 juin 2012 la note de 15 grandes banques dont toutes celles-ci-dessus.

Avec ce négoce à l'aveugle des produits financiers dans ces centaines de plates-formes alternatives, plus aucune information sérieuse n'est possible sur la qualité des actions cotées en bourse qui devraient refléter la confiance des actionnaires qui investissent dans des projets industriels, à caractère financier, social, écologique ou dans des entreprises. Nous sommes en face de la fragmentation totale de l'information, et ici il n'y a même plus de dislocation du langage mais une analphabétisation des marchés. Les ordres d'achat et de vente se font de manière fragmentée en petites parties sur des centaines de plates-formes et plus ou moins en même temps. Une analyse recombinatoire est réalisée par ces networks pour donner un sens à un ordre d’achat ou de vente et pour le diriger vers celui à qui il est adressé. L'entité et la plénitude de l’ordre d’achat ou de vente ne sont décodables que pour quelqu'un qui dispose de toute la logistique informatique et du transport de la décision, de l'analyse et du sens qu'il est capable de donner à une action et à une situation du marché au milieu d'un nuage de volatilités. L’information n’est plus pure, n’est plus parfaite et n’est accessible qu’à une élite qui dispose de l’accès au savoir. L'objectif de MiFID1 a été volontairement de soustraire l'information des marchés règlementés et contrôlés de la Bourse pour la laisser à des initiés qui ont les moyens et la puissance de la traiter sous sa nouvelle forme fragmentée. Dans le milieu on parle avec fierté de "la puissance de feu" de ces plates-formes alternatives quand elles traitent l'information. Mais cette "puissance de feu" est un gâchis total d'énergie parce que le traitement de l'information se faisait tout seul dans les places boursières avant l'introduction de MiFID.

SCA0120964Ce modèle de dissection et de recombinaison de l'information constitue ce que j'appelle sur mon site depuis 2006 le modèle de privation de richesses, de savoirs et de droits. La fragmentation d'un ordre n'éveille pas la vigilance du marché des investissements financiers. MiFID a donc volontairement analphabétisé les marchés et rompu une fois de plus avec l'économie des marchés. Le marché, comme dans une économie soviétique ou maoïste planifiée est totalement manipulé. Un grand compte qui dispose d'un paquet d'actions dont lui seul connait "vraiment" la raison de les revendre va manipuler sa vente. Il va demander à son SMN - Système Multilatéral de Négociations d'émettre au rythme à hautes fréquences de la nanoseconde des offres d'achat sur son titre, et quand il aura suffisamment fait grimper le cours de ses actions, il va retirer subitement son offre d'achat et va les laisser acheter par les petits suiveurs ne disposant pas de l'information. Ces suiveurs vont payer un prix fort et indu et la concurrence a été totalement déloyale et faussée. Aux USA l'algo-trading qui utilise la moindre des variations de cours représente 70% des ordres, en Allemagne 40%.

La Directive MiFID voulant libéraliser le marché des produits financiers a monopolisé l'information réelle en quelques acteurs initiés sans qu'ils n'aient eu à commettre le moindre des délits. La loi, la Directive MiFID leur offre le délit sur un plateau. Avec un marché fragmenté, avec les négociations anonymes des dark pools et des crossing networks une taxe sur les transactions financières ne sera pas possible. Il faut interdire les ventes à l'aveugle, les produits vendus de gré à gré, les OTC extrabilanciels et il faut imposer la publication des informations ante et post-trade, avant et après le négoce.

La Commission de Bruxelles qui élabore les projets de Directive Européenne ne travaille que sur la base d'un groupe d'experts qui ne sont que des lobbyistes financiers délégués par les banques. Il y a à Bruxelles 700 lobbyistes financiers qui construisent à leur manière l'Europe. Ce ne sont pas des élus, mais ils sont en contact permanent avec les politiciens qui perdent en même temps le contact avec leurs électeurs. C'est pourtant l'électeur qui va payer pendant 20 ans à venir les dégâts causés par l'industrie de la finance. La démocratie est contournée avec la collaboration des politiciens élus et des euro-députés.

Trois ans après l’entrée en vigueur de MiFID et sa déclinaison dans les États membres de l’UE, le Commissaire européen au Marché Intérieur, aux services et à la Concurrence, Michel Barnier, UMP, annonce faire marche arrière toute. Sans la moindre des ambiguïtés la Commission annonce dans MiFID 2 ceci : "Le principe précédent selon lequel une transparence minimale, un contrôle minimal et une protection minimale de l’investisseur garantissent l'efficacité des marchés n’est plus valable." Comme toujours la bonne intention affichée de la Commission de Bruxelles était que les banques informent leurs clients au sujet des risques des produits financiers, mais imparablement le contenu de la Révision de la Directive MiFID de 2004/07 qui résulte des bonnes intentions de la Commission est à l’extrême opposé grâce au lobby financier de Bruxelles. C'est le Commissaire à la Concurrence, Michel Barnier qui a consulté le GEBI et IIF qui ont proposé tous les amendements qui vident de sa substance la révision de MiFID 1.

Dans MiFID2 le niveau d’exigences opposables aux banques sera bien inférieur à ce que les associations de consommateurs et certains euro-députés réclament. Pour Sven Giegold, porte-parole vert de la commission finance du Parlement Européen et fondateur de Finance Watch, la première ONG Finance qui s’oppose aux lobbies financiers à Bruxelles, la Commission de Bruxelles a laissé passer sa chance d’ancrer dans la Directive MiFID2 une réelle protection des investisseurs. Pour moi, ce qui m’importe est que si une protection de l‘investisseur n’est toujours pas possible avec MiFID2, c’est que tout le reste est possible. La spéculation, la création et la mise sur le marché de produits financiers inventés, de produits dont la traçabilité n’est pas possible. Les banques et assurances ont créé des génomes financiers qu'elles ne sont plus capables elles-mêmes de décrypter par une méthode de séquençage. Le mise en orbite de produits comme les OTC, CDS, CDO, RMBS se fait toujours comme avant la crise de l’année-Lehman 2008, la création de bulles spéculatives à levier est toujours favorisée et même accélérée par un cadre laxiste dans lequel il n’y a pas de contrôle et de règlementation.

La Directive MiFID2 aurait dû garantir que les banques ne vendent à leurs clients que des produits qui sont adaptés à leurs besoins et qui ne doivent pas être conçus dans le seul objectif de garantir aux banques le bénéfice le plus important possible. Pour l’association européenne des consommateurs Beuc, le salaire des conseillers en investissements financiers des banques ne doit dépendre que du service rendu à la clientèle en tenant en compte de manière prépondérante ses intérêts. C’est ce qui était prévu dans l'avant-projet de modification de MiFID, mais sous la pression des lobbies financiers, seule disparaît la provision pour les conseillers indépendants. Toutes les autres plates-formes pourront toujours négocier comme elles le veulent et de manière opaque. Le lobby financier de Bruxelles a réussi à faire inscrire dans la Directive MiFID2 un dispositif d'exemptions pour tous les autres conseillers en investissements financiers. Les banques peuvent toujours rémunérer leurs employés comme elles l’entendent. Ces employés pourront toujours vendre des produits financiers à très haut risque sans en informer vraiment leurs clients. Pour les courtiers indépendants dont le rôle est l'intermédiation, la parade est simple. Il leur suffira de supprimer le mot "indépendant" de leur carte de visite et ils pourront toucher des commissions des gestionnaires de fonds ce qui continuera à nuire gravement à la qualité de leurs conseils qu'ils fournissent à leurs clients. Dans MiFID2, les ordres d'achat de vente à hautes fréquences seront toujours autorisés bien qu'ils permettent toutes les manipulations, qu'ils échappent aux Autorités de Contrôle des Marchés et bien qu'ils soient par exemple responsables du Flash Crash de mai 2010 où le Dow Jones avait perdu 6% en quelques minutes. Toutes les opérations resteront toujours opaques. Il aurait aussi dû être interdit aux banques de ne vendre que des produits financiers, qu’elles n’ont pas inventés elles-mêmes et mises elles-mêmes sur le marché. Ce ne sera pas le cas. La Directive MiFID2 sur les MIF - Marchés d’instruments financiers et services d’investissement autorise de fait toujours autant les banques à tricher.

Otto_Dix_04.jpg"Dette publique" fait partie de ce que j'appelle la phénoménologie de confort. La phénoménologie est la description philosophique des phénomènes par rapport à l'esprit qui les perçoit. Dans notre société il est confortable pour des esprits dominants de prétendre mieux percevoir et décrire les phénomènes pour jouir d'une adhésion générale de ceux qu'ils perçoivent comme des éléments dominables qu'ils estiment situer en dessous d'eux et qui se confortent à ne plus avoir de pensée indépendante pour analyser ce qu'ils n'ont pas envie de comprendre. Dans une manie de confort, ces derniers ont mis le rêve de vivre le bien-être de l'état providence au même niveau que le jeu au loto pour empocher du gain. Les descripteurs de l'évènement économique se permettent depuis 2008 de s'offrir la rédaction d'une Constitution comportementale qui va règlementer le rapport des gens dans la "Règle d'or" du "Pacte fiscal" de l’État, qui se rappelle subitement à nous avec ladite dette publique alors qu'il nous avait enseigné avec le Traité de Lisbonne que la concurrence-libre-et-non-faussée se substituait à cet État pour garantir le "bien-être" et l'équilibre du marché. Cette Constitution se passe de débat parlementaire, de référendum, de OUI comme de NON, grille toute procédure démocratique et viole en flux continu les accords et traités européens depuis 2008. Nous sommes tellement couverts de bavardages sur la crise, les sommets compulsifs de Bruxelles et les mesures que nous ne remarquons pas qu'une mutation se fait dans les fondements. Les déçus du processus performatif de la libre-circulation qui pensaient empocher-comme-tout-le-monde dans une croissance qu'ils croyaient enrichissante, ne parviennent pas encore à s'extraire des pores du pressoir individualiste par lequel ils avaient décidé de passer en abandonnant en toute connaissance de cause l’État à la privatisation des marchés. Chacun ou collectivement, ils n'ont pas de place pour être indignés de soi-même, puisque politiquement ils ont tout laissé passer. On ne peut avoir l'indignation et l'argent de l'indignation. Ils acceptent la dette publique comme la pénitence réconfortante, sinon ils se mettraient à se détester en personne. Ils carmagnolent sur le tarmac le 1er mai et le reste de l'année courent au Aldi parce qu'ils ont conscience des prix, et offrent au Parlement en France une majorité qu’ils pensent être de gauche.

En juin 2009 le commerce des produits financiers dérivés avait atteint 594.223 milliards et presque 707.569 milliards en juin 2011 (Source BIS/BRI - Banques des Règlements Internationaux), ce qui prouve qu'aucun enseignement n'est tiré de ladite crise des banques depuis l'année-Lehman 2008 et que tout pousse à aller encore plus profondément dans l'erreur criminelle et spéculative des produits dérivés titrisés. Arrivera le moment du day-of-reckoning où il faudra révéler que cet accroissement des richesses n’a jamais réussi et de très loin à cacher la destruction massive de richesses qui s’opère sur les marchés depuis 2008. Non seulement nous avons un PIB fictif, furtif et d’initié, mais en plus nous avons une décroissance appauvrissante massive aggravée par les plans d’austérité qui sont télécommandés par les lobbies financiers.

Ladite crise, devenue aussi pour Cameron, Obama, pour les PED - Pays en développement au Sommet de Rio et pour les Pays ACP – Afrique Caraïbes Pacifiques la "Crise de l’Euro", est tellement entrée dans le quotidien des mœurs endolories, que le drift sémantique du bavardage sur la crise est passé, même dans la bouche du nouveau Président français, François Hollande, aux "Eurobonds" qui vont permettre "une Dose de croissance" et de desserrer l’austérité. Voilà que les Eurobons vont passer pour être une mesure de gauche. Dans mon article "Occupy the Words" je vous permets d’être témoins des mouvances sémantiques de la langue et du conversationnel international sur ce qui est une mutation historique encore sans conflit armé du système de société et d’économie construits de manière systémique depuis Adam Smith. 

Les Eurobonds ne sont rien d’autre que de la monétisation de la dette, la monétisation de la dette privée des banques et des assurances léguées avec bienveillances et complaisances gouvernementales au "déficit public". Michel Barnier lui-même, Commissaire européen à la Concurrence et au Marché Intérieur, a déclaré dans un communiqué officiel que le "sauvetage » des banques en Europe a coûté au contribuable 4500 milliards d’euros, soit 37% du PIB" de l'Europe. Michel Barnier ne parle pas de l’assèchement des services publics organisé pour la même période "pour combler le déficit". Pour "sauver" les banques et les assurances, le déficit public, qui était jusqu'en 2008 dans les normes des critères de Maastricht, a augmenté verticalement. Otto_Dix_06.jpgEt ce n’est pas fini, ou plutôt la crise va vraiment commencer en Europe comme en Grande-Bretagne et aux USA. Non seulement les banques et assurances sont techniquement en faillite depuis 2008, en réalité depuis le déclenchement de la chute de la Bear Stearns aux USA et de la Northern Rock en Grande-Bretagne, mais en plus elles ont gâché et dilapidé toutes les dizaines de milliers de milliards de liquidités mises à leur disposition depuis 2008 sous formes de plans TARP, TALF, PPIP, QE1, QE2, sous forme de twists entre Bons du Trésor à long terme contre des Bons du Trésor à court terme, et encore avec les 1000 milliards d’euros jetés par la BCE aux banques et assurances en décembre 2011 et en février 2012 (le bazooka) à des conditions totalement en infraction avec les cours habituels des marchés financiers et contre des garanties pourries sous formes d’actifs toxiques déposés à la BCE ou encore contre des Bons du Trésor fantômes créés pour l’occasion par divers États européens. La Fed', la banque centrale américaine, a mis, sans en informer le Congrès américain, à la disposition des instituts financiers dans la même période 16.000 milliards de $. Les USA sont en faillite comme la Grèce.

Je vous ai aussi exposé la situation comptables des 29 banques systémiques de la planète, dont celle de la Deutsche Bank, qui est la plus grande banque du monde de par son chiffre d’affaire et qui est aussi la most leveraged bank of the world, avec un fonds propre règlementaire de 2,27%, soit en dessous des Normes Prudentielles Comptables Bâle II et encore plus en dessous de celles prévues pour Bâle III qui avaient annoncé un niveau de couverture pouvant en théorie aller jusqu’à 9%. De l’ancien président français en poste au nouveau président français parvenu, rien n’est imposé dans les sommets européens et les G20 pour casser les banques universelles qui ont confondu et fusionné leurs activités de l’épargne, leurs activités commerciales, leurs activités d’investissement, leurs activités de spéculation et leurs activités d’assurance (Loi Steagall Act). La promesse des campagnes présidentielle et législatives 2012 est "la dose de croissance", mais pas non plus de "renégocier" le Pacte Fiscal Budgétaire Européen qui impose l'austérité pour aider les banques et qui assujettit par exemple les négociations syndicales des conventions collectives aux critères de Maastricht sur la "santé" de l’euro, et qui impose de fait une casse sociale et un dumping salarial.

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2 commentaires

25 juin 2011

La Grèce, victime de l'Euro, du Traité de Lisbonne, des Directives EU, de l'Euro-Groupe, d'ECOFIN - II

(Je remets ici sans modification mon article publié le 7 février 2010. Mon article n'avait rien de prémonitoire, mais à la vue de l'accélération de l'histoire il était en avance sur le main stream piloté par les médias. Tout a déjà été écrit nous assistons à la politique commune de la destruction par les marchés dans laquelle les banques sont sauvées par les États et les contribuables sans prendre au moins une partie à leur compte pour "restructurer" leurs dettes. Les plans d'austérité, les désinvestissements dans les services publics et les infrastructures des pays constituent la seconde manière pour les peuples de payer pour les banques.)
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L'Europe est à ce point inapte malgré son Traité de Lisbonne et ses autres Traités et Pactes passés dans le seul consensus de l'hémicycle, qu'elle va demander au FMI de sauver la Grèce de la banqueroute d'État, au même titre que le Zimbabwe. La Grèce est le premier État européen victime du Traité de Lisbonne et de la BCE. J'ai expliqué le 28 novembre 2008 que le G4 de Crise du 5 X 2008 avait réinventé l'euro-mark, l'euro-franc, et avait introduit l'euro-£. Personne n'a relevé ceci dans les médias.
Les banques allemandes détiennent 100 milliards de la dette grecque. Il aurait fallu mener le débat sur l'in-appropriation de la cause européenne monétaire, macro-économique, budgétaire et fiscale par l'Euro-Groupe, Ecofin, Euro-Stat, Juncker, les Directives sur la Libre Circulation des capitaux, et par la politique de la BCE qui permet le carry-trade intra communautaire. Si l'on commence à parler de ceci, on révélera que le Traité de Lisbonne a été un empaquetage des cerveaux pour faire de la catallaxie et de la compression de coûts.

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màj du 29 octobre 2010:

ESMA, Écran de fumée avec la Directive Européenne AIFM sur la supervision des Fonds alternatifs.

le sommet européen des ministres des finances et de ECOFIN n'a rien apporté de nouveau. La libre circulation des capitaux et la spéculation financière ne sont ni règlementées ni jugulées. Les pays européens peuvent continuer à jouer, à perdre et à attendre les bail out communautaires. La clause de no-bail out est maintenue (Article 125 du Traité de Lisbonne), mais la clause 122 d'entre-aide entre les pays membres de l'Union en cas de catastrophe naturelle ou de manque en énergie a été élargie aux impasses financières, ce qui revient à contourner la clause de no-bail-out selon laquelle il est interdit aux États Membres du Pacte de Stabilité et de Croissance (Zone Euro) de porter secours à un membre en difficultés financières ou en banqueroute d'État. La Grèce avait triché avec ses critères de convergence pour entrer dans la zone euro, puis avec ses critères de Maastricht, et les banques françaises et allemandes principalement ont spéculé sur la dette grecque en parfaite connaissance de cause et on précipité l'effondrement financier de la Grèce, mais aussi de l'Espagne et du Portugal. Personne n'a rappelé que la Grèce est aussi victime de l'Euro, du Traité de Lisbonne, des Directives Européennes, de l'Euro-Groupe et d'ECOFIN.

Pour faire écran de fumée les ministres des finances européens et ECOFIN se sont mis d'accord sur un compromis qui va aboutir à une Directive Européenne AIFM qui sera signée le 11 Novembre 2010. Il s'agirait de créer un organisme européen de supervision des activités des hedge funds, des Private Equity, des Fonds Alternatifs, du Capital Investissement. Cet organisme s'appellera ESMA - EU Securities and Markets Autority / Autorité Européenne des Marchés Financiers.

La supercherie de la Directive AIFM est qu'il relève toujours comme avant aux États membres de l'UE d'accorder l'agrément à ces fonds, or 4/5 des transactions spéculatives, soit une masse 2000 milliards et certains jours plus de 50% de toutes les transactions financières en Europe, se font à la City de Londres. Et la Grande-Bretagne n'est pas membre de la Zone Euro et ne soutient pas le parapluie européen de 750 milliards pour venir en aide aux pays européens attaqués par la spéculation financière internationale. Selon la nouvelle Directive européenne, quand l'agrément est accordé à ces Fonds spéculatifs dans un pays (l'AMF - Autorité des Marchés Financiers pour la France par exemple), il est valable pour l'ensemble des pays européens. C'est ici que Bruxelles et toute l'Europe manifeste son incapacité à s'opposer à la City de Londres pour laquelle l'Europe n'est qu'une Association Européenne de Libre Échange. Il parait que cette nouvelle Directive européenne répondrait aux engagements pris au G20 de Washington. Le G20 de Crise de Washington s'était surtout distingué par l'annonce qu'il allait ouvrir les vannes des surliquidités avec l'impression de fausse monnaie sur les planches à billets et avec la qualitative easing, c'est à dire l'échange des positions toxiques pourries des banques contre du faux argent frais créé aussi avec l'émission des Bons du Trésor, c'est à dire en surgonflant la dette publique des États avec de la pourriture à faire avaler et payer par les peuples.

Uniquement en cas extrême, l'ESMA pourra donner son avis documentaire aux superviseurs nationaux, qui seront libres ou non de le suivre. C'est comme pour les critères de Maastricht qui ont été violés dès le début de l'introduction de l'Euro par tous les États Membres, ou comme pour les Critères de convergence destinés à évaluer la capacité d'un État européen à devenir membre de la Zone Euro.

Les standards fixés par l'ESMA n'entreront que progressivement en vigueur en 2015, 2017 et 2018. D'ici là le système monétaire et financier mondial se sera écroulé et la Région européenne ne se sera pas préparée à la période qui suivra l'hyperinflation et Weimar II. Donc l'Europe donne avec cette Directive le signal fort qu'elle ne s'oppose pas à la libre circulation des capitaux spéculatifs systémiques et qu'elle renforce sa bienveillance pour eux. Bruxelles ne s'est pas attaquées à toutes les opérations extra-bilancielle comme les LBO, les CDS, les CDO qui ont plongé la planète depuis juin 2006 dans une crise irréversible tant que les pratiques de création, de soutien et d'engraissement des bulles spéculatives comme moteur prépondérant de croissance ne sera pas arrêté. Par la Directive AIFM l'Europe démontre qu'elle ne pense pas à requalifier la croissance dans un Green New Deal.
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màj du 18 mai 2010 à 11:07:

le Parlement de Strasbourg, et la Commission de Bruxelles et Jean-Claude Juncker, président de l'Euro-Groupe semblent vouloir dégager un consensus pour instaurer un impôt sur les transactions financières des Hedge Fonds des pays tiers. Le Royaume Uni s'y oppose parce que 4/5ème des transactions financières en Europe passent par la City. A l'heure actuelle allemande centre-droit serait pour, mais les ministres des finances allemand et français, Wolfgang Schäuble et Christine Lagarde, font encore leurs caprices. Un impôt se prélève en fin d'exercice sur le bénéfices. Une taxe se prélève sur chacun des transactions et les obligent donc à abandonner le nomadisme des spéculateurs. Les transactions se font actuellement avec l'informatique au rythme de la nano-seconde et dans les marchés financiers 10 minutes passent pour être du long terme. Plus souvent les transactions se font et plus souvent les spéculateurs doivent verser une taxe sur chacune d'elles. Un chiffre infime de 0,05% comme le prévoit la Taxe Tobin finit par produire des sommes gigantesques pour les nomades compulsifs. Ceci redirige alors l'investissement dans la production et les services et les détourent de ces produits financiers dérivés et titrisés qui sont des "armes de destructions massives" comme le disent George Soros et Warren Buffet.

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màj du 6 mai 2010 suite au "Plan d'aide" européen à la Grèce pour lui éviter sa banqueroute d'État: La Hypo Real Estate allemande détient 80 milliards d'euros de crédits pourris venant des PIGS. La HRE avait fait faillite l'année dernière et a été sauvée avec une aide de 100 milliards de l'État allemand. Malgré ceci, la HRE fait toujours des pertes. Donc sachons observer la félonie des dirigeants du Nord de l'Europe qui feignent de faire un cadeau à la Grèce avec une aide de 100 milliards pour lui éviter la banqueroute d'État.

màj du 9 mai 2010: les européens ont décidé de créer un Fonds de Sauvetage pour les pays membres de l'Euro-Zone. En un Week-End les européens ont fait sauter tous les critères de Maastricht et le Pacte de Dublin de Convergence et de Stabilité. Les 4 critères de Maastricht sont devenus caducs, un pays peut donc se mouvoir sur tout l'éventail qui mène à la banqueroute d'État. D'autre part, il est à présent autorisé à la BCE de se fournir en liquidités sur les marchés financiers internationaux, ce qui lui était défendu. Ceci est donc la porte ouverte à n'importe quelle forme de spéculation. D'un autre côté rien n'a été entrepris pour contrôler et réglementer la "Libre circulation des capitaux" malgré le vote du 11 mars 2010 au Parlement de Strasbourg où il y a eu une majorité de 536 voix contre 86 pour étudier l'impact d'une Taxe Tobin. Le Brésil, Taïwan, l'Indonésie, l'Inde, la Russie sont bien plus avancés pour freiner la libre circulation des spéculations sauvages.

En introduisant la taxe Tobin, l'Europe ne ferait que de suivre le Brésil qui l'a introduite depuis le 20 janvier 2009. L'Europe tergiverse sur la faisabilité et sur l'impact d'une taxe sur les transactions financières, mais d'autres pays que le Brésil agissent. L'information reste sous le boisseau, parce que les médias de l'Hémisphère riche ont tout intérêt à suivre les consignes de leur propriétaires et donneurs d'ordre. Depuis novembre 2009, le Brésil prélève auprès des investisseurs étrangers en plus une taxe de 2% pour l'achat d'action et pour les placements. Depuis décembre 2009 Taïwan a interdit aux étrangers de placer des capitaux sur des marchés à termes. La Russie, l'Indonésie et l'Inde vont introduire des mesures similaires pour stopper la libre circulation des capitaux si elle ne sert pas à financer des investissements à long terme. Dans ce temps l'Europe tient encore le discours au sujet de la perte d'un avantage concurrentiel, si elle se mettait à faire de même. Le Brésil, Taïwan, l'Indonésie, la Russie, et l'Inde veulent éviter la création d'une bulle spéculative et une inflation.

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Vous avez remarqué que les marchés financiers attaquent la Grèce, le Portugal, l'Espagne parce qu'ils espèrent que ces pays européens vont continuer à refinancer leur dette publique en mettant sur le marché financier mondial des Bons du Trésor avec la garantie d'un fort taux d'intérêt et de rendement. Je vous ai déjà exposé le 11 janvier 2009 et le 6 mars 2009 qu'il était facile de trouver sur le net les spreads (éventail) entre les CDS, les assurances sur les Obligations d'État des différents pays européens, mais pas de ceux de l'Irlande, du Royaume-Uni, des USA. D'après la CMA, la Californie fait partie des 10 premiers États au monde à risquer prochainement la banqueroute d'État avec la Grèce. Le PIB de la Californie est le plus élevé de tous les États de la fédération américaine. Les agences de notations place la Californie au même niveau que le Kazakhstan quant à sa solvabilité.

<<< Le premier-ministre du paradis fiscal du Luxembourg, Jean-Claude Juncker a sévèrement critiqué en février 2010 les pays européens de la périphérie et les a sommés de se discipliner pour ne pas mettre en péril ce que les pays fondateurs de l'Europe ont mis en œuvre. Juncker oublie de dire que ces nouveaux entrants ne sont pas venus dans la même Europe que celle qui existait quand les fondateurs commerçaient librement seuls entre eux. Entre temps étaient entrés en vigueur les Directives sur la Libre circulation des capitaux et sur le Libre établissement des entreprises de services, ce qui inclue les services financiers. Il a toujours été de notoriété publique depuis 2001 que la Grèce avait délibérément triché avec sa comptabilité nationale pour faire croire qu'elle était compatible avec les critères de convergence du Pacte de Dublin de Stabilité et de Croissance afin d'introduire l'euro sur son territoire. Mais même si elle avait respecté les critères de Maastricht, la Grèce était incapable comme les pays baltes de résister aux attaques ou pénétrations abusives des grands groupes financiers des pays européens fondateurs. Une fois de plus, la foi en l'humanisme automatique des marchés qui fonde le Consensus de Bruxelles n'a pas fonctionné de manière harmonieuse, mais déprédatrice. Comme toujours. Il faut se demander ce qui est le plus à blâmer: les tricheries comptables de la Grèce, ou les opting-out (exemptions légales face aux obligations communautaires) de l'Irlande, mais aussi du Royaume-Uni, ou l'impréparation habituelle de Bruxelles, ou la volonté de toujours tout passer avec les légumes de la "concurrence libre et non-faussée".

Il est étonnant que seulement maintenant, en mars 2010, Juncker et Angela Merkel avancent l'idée de la création d'un Fonds Monétaire Européen (FME). Et une fois de plus, ils en oublient le rôle fondamental que peut jouer un tel fonds monétaire international. Celui du FMI, mais déshabillé de son ingérence néo-libérale et de ses clauses d'attribution de prêts qui imposent comme le FMI une libéralisation totale de tous les marchés et une compression de la dette publique, sans analyser leur impact sur une économie nationale et l'intégration régionale des pays. En Afrique se fait de plus en plus corps l'idée d'un "protectionnisme intelligent". En l'état actuel, un transfert de l'argent des contribuables vers un Fonds Monétaire Européen constitue une violation de la Clause de No Bail Out du Pacte de Stabilité et de Croissance qui fonde l'Euro et l'Euro-Zone. Ceci démontre que l'Europe repose avant tout sur une chimère parce qu'elle n'a pas jugé nécessaire de prévoir la défaillance d'un État Membre et les moyens d'y répondre, comme elle n'avait pas jugé nécessaire d'organiser son institut de statistique EuroStat autrement que comme une boîte aux lettres. L'Europe voulait croire au commerce des commerçants. La subite volonté de créer un FME ne provient que de la volonté de réaliser sur le dos des contribuables européens, un bail-out des banques européennes qui détiennent les Bons du Trésor grec. Et comme les banques européennes qui détiennent ces Bons du Trésor grec sont domiciliées dans les pays fondateurs de l'Europe, l'Euro ne repose donc que sur des critères de divergence entre les 16 "pays du nord" et "pays du sud" parce qu'il n'existe ni cadre économique ni force centrifuge qui les font converger. Un paquet d'aide à la Grèce de 30 milliards d'euros sera de toute manière nécessaire pour la sortir momentanément des griffes de la Goldman Sachs et de ses agents non-secrets comme Peter Sutherland, Charles de Croisset, Otmar Issing, Petros Christodoulou, Lord Griffiths, Mario Draghi, etc... (voir article n°2 au sujet de la Crise de l'Ouzo). Les pays européens non membres de l'Euro-Zone préfèrent une aide du FMI pour la Grèce.
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<<< bail out de la Grèce >>> graphique à gauche.

màj du 6 mai 2010 >>> L'aide a la Grèce a été décidée. Les États européens donateurs empruntent sur les marchés financiers à 3% et se feront rembourser leur "aide" à 5%. Ceci est la libre circulation des capitaux garantie par les Directives et le Traité de Lisbonne. Le paradis fiscal du Luxembourg aidera à hauteur de 0,08%. L’Allemagne va payer 22,34 milliards, la France 16,78 Mia, l’Italie 14,75 Mia. Cette "aide" à la Grèce n’est pas un cadeau, c’est un "investissement", car 70% des Bons du Trésor grec sont dans les banques de ces 3 pays donateurs. Quand en France on va révéler ce qui traine dans la bad bank Inter Conseil Europe de la Société Générale et la bad bank Gestion Active des Portefeuilles Cantonnés de Natixis / Banque Populaire Caisse d’Épargne, etc... on se rendra compte que la Grèce est un brigand parmi les autres.

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La crise financière de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal est la reproduction parfaite de la Crise des Subprimes des USA. Ce Housing Bust méridional a été rendu possible en Europe avec la libre circulation des capitaux. Le Housing Bust a été financé avec l'ouverture des vannes des liquidités faciles et avec la multimutualisation des risques hypothécaires avec des titrisations ayant la forme de CDS, de MBS et de RMBS, etc. Les banques allemandes, les banques régionales allemandes d'État (Landesbank), les assurances allemandes, Real Hypo Estate, sont très fortement impliquées dans la Bulle des crédits hypothécaires des pays du Sud de l'Europe. Ce qui est mis sous silence, est que... l'Allemagne a, elle aussi, pratiqué en grand style dans sa partie Est la relance par la bulle immobilière et des crédits hypothécaires. La faillite du plus grand institut financier hypothécaire européen, l'allemand Real Hypo Estate, n'a jamais été exposée dans les médias comme une faillite systémique de même portée que celles de Fannie Mae, de Freddie Mac ou de AIG. C'est pourtant le cas. Cette information est extrêmement difficile à trouver. Il n'est pas étonnant que le Big Fat Bail-Out de la Grèce doive passer par l'Allemagne. L'Autriche est impliquée de la même manière que l'Allemagne, mais plus dans les Pays Baltes, la Hongrie, la Roumanie, l'Ukraine. Souvenons-nous qu'une bulle immobilière est mise en œuvre sur le terrain à bâtir, ou à incendier avant de le bâtir. Les politiques d'occupation des sols sont déterminées par les autorités politiques locales.

Dans quelles banques se trouvent les 1000 milliards en Euros constitués des dettes des Pays appelés PIGS, Portugal, Italie, Grèce, Espagne? Dans les banques européennes. L'Allemagne en détient 331 Mia., la France 307 Mia., le Royaume-Uni 156 Mia., la Suisse détient 47 Mia. de la dette grecque ce qui équivaut à 12% de son PIB. Il n'est pas étonnant que le Big Fat Bail-Out de la Grèce doive passer par l'Allemagne, la France, l'Autriche, mais aussi la Suisse et le Royaume-Uni. L'Autriche est comme les autres assise sur une pyramide (Ponzi) de positions toxiques et de créances pourries encore plus grande en détenant en plus une très grande part de la dette des Pays Baltes, de la Hongrie, de la Roumanie, de l'Ukraine. Sur le graphique cliquable à gauche vous pouvez évaluer le pourcentage par rapport aux PIB de la dette des pays PIGS détenue dans les banques des autres États membres de l'Europe ou de la Suisse, du Royaume-Uni. Le Royaume-Uni détient 16% de la dette des PIGS par rapport à son propre PIB, la Suisse 30% de la dette des PIGS face à son propre PIB. L'Autriche détient 64% de la dette européenne et 54% de la dette des PIGS face à son propre PIB. La France détient 30% face à son PIB. La banqueroute de l'un des ces pays PIGS du sud met en péril l'équilibre des autres pays européens du Nord.

Non seulement les Critères de convergence n'ont conduit les pays du sud et les nouveaux entrants que dans la divergence, mais en plus cette divergence organique de l'Europe s'est mutée en risque systémique pour l'ensemble du continent.

Comment l'Europe a-t-elle généré son propre déséquilibre interne? La libre circulation des capitaux permet les opérations du carry trade. Les banques européennes du nord se sont enrichies sur les dettes des pays européens du sud. Le carry trade consiste à acheter bon marché et vendre avec un fort bénéfice, ou à emprunter à bon marché et à prêter avec un fort taux d'intérêt. Ce carry trade intra-communautaire a été rendu possible par la politique monétaire de la BCE pour "stimuler" l'économie avec des prêts à court terme et à faible taux d'intérêt. Ceci permet aux banques qui se fournissent en liquidités à bon marché et à court terme auprès de la BCE de prêter ces liquidités à long terme aux pays européens du sud, en l'occurrence d'acheter leurs Bons du Trésor à taux d'intérêt élevés. Les banques du nord se sont enrichies sur les pays du sud, comme ils le font naturellement avec les dettes des pays africains par exemple. Bruxelles, la BCE, Jean-Claude Junker et l'Euro-Groupe, ECOFIN n'avaient pas ressenti le besoin de réguler cette libre circulation des capitaux en Europe, puisqu'il n'y a pas de politique budgétaire, fiscale et macro-économique en Europe. Et avec la moindre des défaillances de l'un des pays du sud, le domino des réserves fractionnaires va faire passer le risque systémique (moral hazard / aléas moral) dans la globalisation de la faillite de l'ensemble de l'Europe ou... du système monétaire international, comme c'était le cas pour le plus grand assureur du monde, l'américain AIG qui avait croulé sous la défaillance en chaîne des CDS et vécu la plus grande faillite d'une société privée de toute l'humanité.

L'Autriche, comme les autres "anciens" pays de l'Europe a réalisé une concurrence déloyale avec ses opérations de carry trade intra-communautaire dans les nouveaux membres de l'UE. Et pourtant l'Autriche est le premier pays européen qui va interdire sur son sol à partir du 10 mars 2010 le carry trade. Il ne sera plus possible d'obtenir en Autriche un crédit libellé en une devise étrangère comme le Franc Suisse, le Yen, etc... En Autriche, 1/3 des prêts immobiliers sont libellés en CHF ou en Yen (équivalents à 35 Mia euros), parce que les taux d'% dans ces devises sont plus bas qu'en euros. Si la valeur de ces devises baisse, la charge des intérêts sur ces crédits baisse. Le contraire est aussi vrai. C'est ce que subissent en ce moment les pays baltes, et les pays de l'Europe centrale qui ont contracté massivement dans des banques autrichiennes des crédits hypothécaires libellés en euro qui s'est fortement réévalué face à leurs propres monnaies. Ces pays sont de plus en plus incapables de rembourser leurs crédits immobiliers auprès des banques autrichiennes et les banqeroutes et insolvabilités privées s'accumulent comme aux USA. La Libre circulation des capitaux   est donc subitement freinée unilatéralement et sans préavis par l'Autriche, ce qui lui offre un avantage concurrentiel déloyal.

La politique monétaire de la BCE est adossée comme celle de toutes les banques centrales sur les réserves fractionnaires; elle n'arrête pas de pomper dans l'économie de la masse monétaire. Par exemple, la production industrielle a augmenté de 1,6% depuis 1980, mais la masse monétaire a augmenté de 16 fois pendant cette même période. L'argent circule plus vite. Mais pour quoi faire? Pour créer de l'endettement, de la financiarisation, de la titrisation, du négoce de produits dérivés, de l'incitation à l'endettement. Beaucoup de régions de la terre sont endettées jusqu'aux oreilles ou la racine des cheveux.

Qui sera le premier prochain dans l'assommoir du day of reckoning: la Grèce ou la Californie? Qui saura le plus gagner du temps? Les USA ou l'Europe? Concurrence libre et non faussée entre hard discounters sur le dos des peuples. Qui ont aussi élu leurs représentants politiques qui se sont prononcés pour le Traité de Lisbonne. Tout au moins en Europe existaient des alternatives politiques, démocratiques, parlementaires et respectueuses de la Constitution. Les européens ont voulu une Europe des marchés et subissent ce qu'ils imposent eux-mêmes avec les APE et avec les ALE qui sont bien plus violents que les clauses de l'OMC.

Le Big Fat Bail-Out américain est poursuivi par Obama qui a ajouté dans l'économie américaine avec Tim Geithner, son Secrétaire d'État au Trésor, et Bernanke, le Président de la Fed', 30% du PIB en liquidités issus de la Helicopter Money, de la monnaie de contrefaçon. Obama attire comme il peut les investisseurs étrangers et crée la mère de toutes les bulles qui cette fois-ci va conduire à Weimar II, l'hyperinflation et la Grande Dépression II. Pourquoi? Cette fois-ci il les USA se dirigent droit vers l'effondrement obligataire de leurs Bons du Trésor. Il y a quelques jours le Trésor américain a essuyé un très grave échec dont personne ne parle: elle a tenté en vain de mettre aux enchères pour 25 milliards de Bons du Trésor à 10 ans et pour 16 milliards de Bons du Trésor à 30 ans. Il parait que de mémoire de trader on n'avait jamais connu un tel échec. Cette fois-ci les marchés financiers qui se réfugient toujours en dernier ressort dans les obligations d'État agissent conformément à ce qu'elle perçoivent des USA: leur insolvabilité qui présage de la banqueroute d'État. 60% de la dette américaine sont détenus par les investisseurs étrangers, comme la Chine, la Russie, les pays de l'OPEC. Depuis un an la Chine a réduit ses achats de Bons du Trésor américain, et en décembre 2009 elle en a revendu 34 milliards de $.

Le graphique à gauche montre la Grande Dépression 2 qu'entament les USA. Le crédit à la consommation et à l'investissement commercial et industriel a chuté de 1000 milliards pour une économie nationale qui génère 14.000 milliards de PIB. Le crédit baisse alors que les banques ont été arrosées avec des trillions de $ et de helicopter money sans la moindre des obligations!! Mais que veut vraiment dire PIB pour une comptabilité nationale américaine qui est tout autant manipulée que la comptabilité des banques lors du stress-test des 19 grandes banques de Tim Geithner de mars 2009? Depuis le début de la fin de l'hégémonie économique américaine en 2001 avec l'échec des négociations de Doha pour l'OMC et du modèle du Consensus de Washington, les USA ne peuvent plus empêcher leur effondrement pur et simple commencé en 2007 avec la crise hypothécaire des Subprimes. C'est pourquoi les agences de notation font diversion en dénonçant dans leur poker les "Club Med spreads" ou bien encore les PIGS (Portugal, Italie, Greece, Spain), ou les UR PIGS en ajoutant l'Ukraine et la Roumanie. La presse américaine traite indifféremment le sujet de la "Euro-Zone Debt Default Risk Crisis", la défaillance de la dette souveraine de ces pays à la périphérie de l'Europe en illustrant les articles de cochons. Cette image de cochon doit plaire à Ricardo Caballero, Chef du Département des Sciences Économiques du MIT, avec plein de "bailing out PIGS", "fringe PIGS", etc. Cherchez donc sur Google Images ou Google le mot PIGS... Graphique ci-dessus à droite: "Il y a pire" >>> croissance de la dette publique depuis 2007 en %. Donc sachons exactement analyser le Greece-Bashing.

Les sites libertariens épris de von Mises et de von Hayek jubilent et déclarent déjà la fin de l'Euro.

Pour 2010 RealtyTrac estime que plus de 4,5 millions de nouvelles maisons individuelles seront saisies aux USA par les huissiers. Elles s'ajouteront aux 4,7 millions saisis en 2009. Fannie Mae et Freddie Mac garantissent pour 5000 milliards de $ d'hypothèques. Ces deux instituts de crédit hypothécaires garantissent la quasi totalité des crédits hypothécaires américains et sont nationalisés de fait à 100% depuis qu'ils bénéficient de bail-out successifs et depuis que le Congrès US a exempté  Obama de son devoir d'informations pour chaque prochain bail-out. Leurs plus grands créanciers sont la Chine, le Japon, le Luxembourg, la Belgique, la Russie. L'État américain est trop content des capitaux des investisseurs étrangers et n'a pas repris à son compte leurs créances comme celles des 66 autres banques qui soutiennent Freddie Mac et Fannie Mae. Freddie Mac et Fannie Mae sont devenus des objets de chantage entre la Chine, la Russie et les USA. Mais les USA sont seuls responsables de cette situation en ayant cru qu'ils pouvaient vendre leur pauvreté au reste du monde. Le Congrès US a aussi autorisé le Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, de sortir de la comptabilité nationale le trou de Fannie Mae, Ginnie Mae, Freddie Mac et de la FHA et le trillion de $ dépensé pour leurs sauvetages répétitifs. Donc le déficit public des USA est nettement supérieur au chiffre officiel de 12,7% du PIB. Le déficit public de la Grèce serait d'ailleurs aussi de 12,7% du PIB. Vous pouvez donc comprendre pourquoi les spreads sur les CDS émis sur la dette souveraine américaine et les T-Bonds américains ne pourront jamais être une référence et que les hedge fonds se ruent sur la Grèce en faillite et non pas sur les USA. Les CEO et traders de ces instituts de crédits hypothécaires touchent toujours leurs boni, mais en liquide car les actions ne valant plus rien, les stock-options correspondants sont tombés en désuétude.

Depuis novembre 2008 nous savons que la Californie est en banqueroute d'État comme l'Islande ou comme 44 autres États fédéraux américains (Graphique à gauche). A la différence de la Grèce, la Californie ne paye ses dépenses depuis 1 an qu'avec des reconnaissances de dette IOU (I owe you - je te dois) nantis du tampon officiel. La Californie s'est fait aussi racheter par la Fed', ces papiers en échange d'argent créé in subito par Paper Mill of the Potomac, la planche à billets. La Californie, l'Oregon et l'Arkansas sont en situation de faillite technique depuis novembre 2008 et attendent de l'annoncer. Ce n'était pas grave, ça pouvait toujours continuer ainsi parce que la Fed' avait annoncé le 20 mai 2009, qu'elle allait racheter pour 1000 (mille) milliards d'emprunts d'État. Pour cela la planche à billets américaine avait encore une fois été accélérée.

Ceci n'est pas du keynésianisme, c'est de la contrefaçon de billets de banque, mais les agences de notation préfèrent dégrader l'Espagne, la Grèce, l'Autriche dans leur poker dénonceur.

Depuis le premier plan officiel appelé TARP de Bush-Paulson, tout le monde sait qu'il est mathématiquement impossible que les USA remboursent leurs dettes de 14.000 milliards claqués dans les bail out. En général, quand un pays est dans l'impasse il se lance dans une guerre pour détourner l'attention sur ses problème civils intérieurs et réduit ses dettes avec l'hyperinflation. Ce sera le deleverage et le retour à l'âge de guerre. Les USA sont en faillite comme l'Islande ou le Zimbabwe et ne se maintiennent qu'avec la planche à billets et la vente de Bons du Trésor. L'implosion d'un pays en faillite est plus lente que l'effondrement d'une entreprise, parce qu'un pays ne peut retomber au fond de l'Atlantique en noyant tous ses animaux et ses habitants et parce qu'il y aura toujours des investisseurs pour lui acheter momentanément ses obligations (ses dettes), même si le nombre s'effondre actuellement et si les chinois revendent leurs bons du trésors américains depuis un an.

Selon l'Administration américaine Center on Budget and Policy Priorities 48 États américains sont au bord de la faillite en mars 2010. 10 États sont aux bords de la banqueroute d'État: Californie, Illinois, Arizona, Floride, Michigan, Nevada, New Jersey, Oregon, Rhode Island et le Wisconsin.

Cliquez sur l'horloge de la dette américaine    >>>

Je vous ai aussi mis en garde le 22 mai 2009 sur les mécanismes de collusion entre les agences de notations et leurs donneurs d'ordre. Les grandes agences mondiales, Moody's et Fitch, ou Standard & Poor's ont du mal à dégrader l'Irlande, le Royaume-Uni, les USA ou font passer le mini-buzz du bout des lèvres "que le triple-AAA n'est pas garanti indéfiniment" pour ces pays. Depuis plus de 10 ans, les agences de notations n'ont fait que de donner des notes de complaisance à toutes les banques et assurances, aux hedge fonds, aux monoliners, aux fonds de pensions,... sans faire elles-mêmes d'analyses comptables et financières mais en ne se basant que sur les rapports fournis par leurs donneurs d'ordre.

Les agences de notations sont juges et parties et jouent en ce moment le poker dénonceur contre la Grèce, le Portugal, l'Espagne. Dubaï est oublié.

Cette attaque sur la notoriété et la bonne foi des pays européens du sud et des pays baltes a déjà un an et relève de ce que j'avais dénoncé comme étant le poker dénonceur. Même Doctor Doom, Nouriel Roubini, ou le pentito du libéralisme, Paul Krugman, Nobel d'économie, nourrissent régulièrement le plaisir de voir choir ces pays sans jamais les comparer avec la situation des USA et du Royaume-Uni. Ceux-ci, comme les agences de notation et les autres fonds spéculateurs ne se sont jamais attaqués à l'Irlande, qui est en banqueroute d'État depuis un an, au Royaume-Uni qui est techniquement en banqueroute d'État, ou plus simplement à la Californie, au Névada, à l'Oregon, et tous les USA qui cachent leur banqueroute d'État en imprimant des trillions de fausse monnaie sur la planche à billets.

En ce moment les aficionados du Traité de Lisbonne et de toutes les Directives Européennes qui garantissent "le marché libre et non faussé qui crée de la richesse et qui tend au plein emploi", pleurent et pestent contre cette attaque contre l'Euro et la Grèce, mais oublient d’écrire qu’il était officiel et su de tout le monde depuis l’adhésion de la Grèce à la zone euro, que ce pays avait triché et continuait de tricher avec les critères de convergence dont il a toujours été très loin. L'Euro-Groupe est une faillite institutionnelle et avait laissé se poursuivre cette violation du Traité de Maastricht et du Pacte de Dublin par la Grèce. Je n'ai jamais été pour ces 4 critères libéraux qui fondent l'euro, mais comme ils sont la règle commune de la zone euro, ils doivent être respectés par tous les pays membres. Le non respect des critères de convergence est tout simplement de la concurrence déloyale institutionnalisée par un État européen contre les autres États européens et voulue par Bruxelles qui espère toujours que toute concurrence est bonne à prendre quand elle fait baisser les coûts, les salaires, les investissements dans les services publics sociaux, de santé, d'éducation.

Alors au lieu d’arroser ce nouveau pays entrant depuis toutes ces années avec les fonds structurels européens, il aurait fallu lui imposer de mettre à jour sa comptabilité nationale si l’on voulait consolider les principes fondamentaux de l’euro dans son seul volet qui est mis en œuvre, à savoir celui de la "stabilité" mais pas celui de la "croissance" (Pacte de Dublin). Sans politique budgétaire européenne l'euro est une chimère. Mais éperdu par cette idée du marché "libre et non faussé" qui n’est rien d’autre que l’AELE des anglais, il fallait pour Bxl offrir à la Grèce cette situation de fait d’opting-out que les Irlandais avaient obtenue de droit, tout ceci pour faire croire que cette Europe des marchés fonctionne.

Toutes ces voix qui critiquent les attaques contre l'Euro et la Grèce font semblant de morigéner contre cette libre circulation des marchés des capitaux, mais elles l'ont toutes soutenue de toutes leurs forces en appelant au OUI du Référendum du TCE (Traité Constitutionnel Européen) et en soutenant le Traité de Lisbonne ratifié en force en France par le Congrès de Versailles et avec les voix ou les abstentions du PS. Mais cette libre circulation des capitaux qui brutalise l'Euro et la Grèce était dans la partie III du TCE rejetée par le Non au Référendum du 29 mai et se retrouve en entier dans le Traité de Lisbonne.

Selon le Traité de Lisbonne : "Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des capitaux est assurée", stipule l’article 26 du traité sur le fonctionnement de l’UE (ex-article 14 du Traité Constitutionnel Européen). En conséquence, indique l’article 63 (ex-article 56 TCE), "toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites" et l’Union est invitée à légiférer pour réaliser cet objectif. Toute dérogation à cette règle, qualifiée de "recul", est soumise à la règle de l’unanimité, ce qui la rend quasiment impossible, dans une Europe des 27.

Cette liberté sans entraves de circulation des capitaux implique, selon l’article 58 (ex-article 51 TCE), "la libération des services des banques et des assurances".

Une libéralisation, ajoute l’article 60 (ex-article 53 TCE), à laquelle les États membres "s’efforcent de procéder au-delà de la mesure qui est obligatoire". Ces dispositions vont de pair avec celles relatives à la liberté d’établissement dont bénéficient, au même titre que les autres services, les établissements financiers. "Les restrictions à la Liberté d’établissement sont interdites", stipule l’article 49 (ex-article 43 TCE).

Ces dispositions très strictes consacrent la liberté totale des marchés financiers, réduisent à néant les promesses de "régulation", "d’encadrement" des mouvements spéculatifs, et empêchent toute atteinte aux flux de capitaux, par exemple sous forme d’une fiscalité ou d’une taxe Tobin ou Tobin-Spahn. Ces dispositions laissent les mains totalement libres aux hedge fonds, aux fonds de pensions, aux fonds vautours, aux fonds souverains, à tous fonds spéculatifs qui ont détruit l’économie travaillée. A cette volonté de sceller dans le marbre la liberté totale de circulation des capitaux s’ajoute la volonté de ne pas installer le moindre des embryons d’une harmonisation fiscale en Europe. Ce point est de toute manière soumis à la règle de l’unanimité. La-dite lutte contre les paradis fiscaux comme Jersey, Andorre, Monaco, le Luxembourg, le Liechtenstein, et pourquoi pas la Suisse, ne sont que des promesses en l’air qu’il est chic de scander, surtout en ce moment quand on est président de la République.

L'euro est une chimère et au G4 du 5 octobre 2008 et au G20 de Novembre 2008, l'Europe avait feint d'assumer une réponse commune face à l'effondrement financier et économique global, mais avait inventé "Les Boîtes à Outils", qui ont relégué la prise de décision au niveau de chaque État européen en particulier. En réalité en automne 2008, l'Europe avait instauré le Euro-Mark, l'Euro-Franc, l'Euro-Lire, l'euro-Drachme... Bruxelles n'avait donc rien fait pour trouver une réponse commune à ces attaques contre l'un de ses membres de la Zone Euro et avait disserté sur la clause de non bail-out d'un membre failli de l'Euro. La non-gouvernance du TCE avait été reprise dans le Traité de Lisbonne et mise en œuvre en automne 2008 au début de la Crise "des Subprimes". Le 15 novembre 2008, les pays européens ont lancé un Plan de Sauvetage de l'Europe, mais ont consacré en réalité, avec la Boîte à Outils, la concurrence déloyale et non faussée, le déni réglementaire d'Europe et le chacun pour soi. L'attaque contre l'un des membres de la Zone Euro a donc été préparée par Francfort et Bruxelles. Tout le monde feint de se plaindre subitement en Europe que les CDS (assurances) sur les Obligations d'État augmentent énormément en Europe, mais on ne rappelle pas que le G4 de Berlin du 5 octobre 2008 avait donné longue vie aux CDS en relocalisant les paradis fiscaux destinés à accueillir les CDS et CDO toxiques et pourris pour les éloigner des bilans comptables des banques, des assurances, des entreprises. Il ne faut pas s'étonner si ce G4 a été un encouragement à continuer à émettre ces fausses assurances sur des obligations en racontant qu'elles permettent de fluidifier les liquidités et de multimutualiser les risques. Les CDS sont responsables de la faillite de AIG, la plus grande faillite de toute l'histoire de l'humanité d'une entreprise privée, comme des autres banques, de GM, de Chrysler, etc...

Donc méfions-nous de ceux qui miment en ce moment colères et critiques d’un système financier, ils sont et resteront pour cette-dite "liberté non-faussée des marchés" qui n’est que truquage et musèlement des européens dans un nivellement vers le bas de la valeur travail et de la valeur État. Ils se sont toujours prononcés pour toute forme de privatisation et de catallaxie. Ce sont ces mêmes personnes qui donnaient en 2007 la Californie comme exemple à suivre pour l'Europe.

Jean Monnet avait monétisé l'Europe et mis en forme la dissolution de l'État. Certains offusqués d'aujourd'hui feignaient même de contrer les voix de gauche il y a quelques années et expliquaient à juste titre que cette "liberté non faussée" provenait de Jean Monnet, Père fondateur de l'Europe qui en était l'un des auteurs. Cette fois-ci avec l'attaque contre la Grèce et l'Euro, le libéralisme de Jean Monnet dont ils sont les défenseurs ne leur plait plus. Ils réclament par opportunité populiste une intervention de l’État alors que Traité et Directives Européennes éliminent l’État. Pour faire passer le TCE, puis le Traité de Lisbonne et pour soutenir leur "concurrence libre et non faussée" ils ont écrit et écrivent sans relâche que "l'absence de droit de la concurrence, c’est une concurrence sans droit, la loi de la jungle, le désarmement unilatéral des pouvoirs publics face aux puissances de l’argent." Il suffisait d’offrir l’analyse des articles du TCE, puis du Traité Modifié Européen - Traité de Lisbonne pour comprendre qu'ils restent des stars du double-langage et que leur colère contre la spéculation sur la faillite de la Grèce n'est qu'une colère contre leur idée qu'ils ont de l'Europe et qui est écrabouillée par des gredins qu'ils vénèrent par ailleurs.

En résumé: Bruxelles n'a pas l'intention de freiner la libre circulation des capitaux du Traité de Lisbonne:

  1. l'article 26 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, "Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des capitaux est assurée",
  2. l’article 63 (ex-article 56 TCE), "toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites"
  3. l’article 66 (ex-article 59 TCE) précise que des "mesures de sauvegarde" peuvent être prises "dans des conditions exceptionnelles", mais uniquement "pour une période ne dépassant pas six mois pour autant que ces mesures soient strictement nécessaires".
  4. l’article 58 (ex-article 51 TCE), "la libération des services des banques et des assurances".
  5. l’article 60 (ex-article 53 TCE), la libéralisation à laquelle les États membres "s’efforcent de procéder au-delà de la mesure qui est obligatoire".
  6. l’article 49 (ex-article 43 TCE) stipule au même titre que les autres services, les établissements financiers. "Les restrictions à la Liberté d’établissement sont interdites".
Personne ne s'émeut que le Franc Suisse s'est écroulé, avait atteint à l'automne 2009 la parité avec le $ et est inférieur au $ en février 2010. Personne ne s'émeut que la £ a perdu 1/3 de sa valeur par rapport à l'Euro. Depuis les attaques, l'Euro n'a perdu que quelques centimes face au $. Et alors? Le PIB de la Grèce équivaut à 2% du PIB de la Zone Euro, tandis que la Californie est le 8ème pays du monde... et elle compte pour presque 15% du PIB des USA, parce que les 3 États limitrophes, Nevada, Arizona, Oregon ne peuvent en être vraiment détachés. En 2002 la Californie était le 6ème État le + riche du monde.

Et de plus, si la création monétaire doit redevenir un Service Public, la répudiation de la dette privée des spéculateurs systémiques ne doit pas faire partie des services publics comme aujourd'hui. Les banques, assurances et hedge funds doivent apurer leurs bilans et faire peser tout le risque de leurs malversations et fraudes sur leurs actionnaires et sur leurs propres acteurs. Il faudra aussi démanteler les banques universelles (<<< Glass-Steagall) pour séparer la banque de dépôt, de la banque d'investissement et des activités d'assurances et exiger des banques d'investissement qu'elles aient de vrais bien supérieurs à ceux préconisés par la Directive sur les Fonds Propres Réglementaires (CRD) pour couvrir leurs risques systémiques et les défaillances du "moral hazard", de l'aléa moral. Le "moral hazard" ne correspond pas à la "main-vibrante-du-marché" qui n'est qu'une construction idéologique, une vue de l'esprit, un architectone.

L'économie néo-libérale est un travestissement de religion dans laquelle le clergé régulier des économistes et influenceurs néo-libéraux se fond dans le clergé séculier de Wall Street en conférant à sa main les pleins pouvoirs et en la dégageant de sa responsabilité patrimoniale, morale, civile, pénale et sociale. Le gouvernement US a offert depuis octobre 2008 à Wall Street $13 trillions (13000 milliards) pour lui payer son bail-out qui n'apporte rien à l'économie réelle. Ces 13 trillions sont prélevés dans la paroisse US et du reste du monde avec les déficits budgétaires et l'émission des Bons du Trésor US arrivant à maturité à 30 ans dans deux générations. Ce bail-out public n'est pas mathématiquement remboursable par les sujets de la paroisse US. Il faudra recourir à la succussion hippocratique de la main vibrante de l'hyperinflation pour ramener la valeur de la dette à zéro. Au passage l'hyperinflation dépréciera toute épargne et tout placement. La croissance sera appauvrissante pour tous, le travail et les énergies investies par les peuples "riches" du haut-phalanstère auront aussi perdu toute leur valeur. L'État dépréciera ses services publics et les ramènera au niveau de ceux du Tiers-Monde. Les réseaux ferroviaires ne seront plus entretenus et les trains vont dérailler.

La main vibrante n'existe pas, elle est concentré de l'irresponsabilité globale des banksters qui ont été embauchés pour exercer une tâche comme des pokercracks qui vivent dans l'esprit du "après-moi-le-déluge". Le système des incitations par les boni est une légitimation du crime en bande organisée qui devra être poursuivi au civil et au pénal comme le dealer du coin. Les décideurs politiques, mais aussi les électeurs et les Travailleurs n'auront plus à soutenir ce modèle de société. Les alternatives politiques parlementaires existent, le peuple et l'Europe doivent devenir démocratiquement adultes. A l'avenir, il faudra qu'une Commission européenne paritaire et publique de contrôle et de surveillance intervienne dès l'apparition de bulles systémiques. Il faudra qu'il n'y ai plus d'activité fantôme Over the Counter faites hors bilan et que les activités d'accession à de la liquidité se réalisent sous contrôle et surveillance et il faudra instaurer la taxe Tobin-Spahn comme au Brésil depuis le 20 octobre 2009 pour mettre fin à cet infantilisme spéculatif de gros bébé qui attend sa purée. Il faudra que EuroStat aie accès directement aux données de la comptabilité nationale de chaque membre de l'Euro-Zone, bien que les membres européens viennent encore de s'y opposer la semaine dernière malgré la fraude manifeste et avérée depuis 2001 de la Grèce.

Les USA jouent leur poker en n'ayant plus aucune carte en mains. Les fondamentaux économiques européens n'ont rien à voir avec les fondamentaux exécrables des USA. Une intervention de l'Europe pour soutenir la Grèce empêchera simplement les USA à gagner du temps avant leur banqueroute d'État. Ce n'est qu'une question de semaines.

Le Pacte de Stabilité et de Croissance ne peut fonctionner parce qu'il n'a pas été pensé jusqu'au bout avec une politique commune macro-économique, budgétaire et fiscale. Pour les Constituants de Rome à Bruxelles il s'agissait de créer en Europe toutes les conditions de concurrence déloyale exerçant une pression ultime sur les coûts entre les pays européens et de ne pas les harmoniser entre eux. Le Pacte de Stabilité et de Croissance qui fonde l'Euro est encore moins applicable en période de crise, puisque 12 des 16 Pays européens membres de la Zone Euro violent gravement les critères de Maastricht avec un déficit qui est en moyenne de 7,5% du PIB au lieu des 3% prévus. La Commission Européenne a lancé une procédure d'avertissement pour déficit budgétaire contre 20 des 27 pays européens membre de l'UE. Dès le début de l'euro, c'était l'Allemagne qui a été la première à ne pas respecter le critère de 3% du PIB pour le déficit budgétaire et de 60% du PIB pour la dette cumulée. La France avait rapidement suivi l'Allemagne mais avait retardé en même temps avec arrogance l'entrée de nouveaux pays dans la zone Euro parce qu'ils ne respectaient pas encore tout à fait les critères. Comparativement les grands pays membres de la zone euro qui ne respectent pas les critères pèsent beaucoup plus gravement sur l'avenir de l'euro que la Grèce avec 2,2% du PIB européen et ses 11 millions d'habitants.

La Commission de Bruxelles soufre aussi d'inconséquence en lançant contre les États membres de l'Union une procédure pour déficit budgétaire alors qu'elle les avait enjoint à stimuler la "relance" avec les stimulus fiscaux du European Recovery Program. Pour contresigner son comportement absurde, la Commission avait demandé aux États Membres d'opérer un bail-out de toutes les banques qui ont une dimension systémique, mais la Grèce a elle-même une dimension systémique et ne bénéficie que critiques et atermoiements de la Commission. La Commission prouve par toutes ses absurdité que cohésion et solidarité ne font pas partie de son idée de l'Europe dépourvue volontairement de gouvernance économique pour préserver les intérêts particuliers de chaque État Membre jusqu'à leur octroyer des opting-out. J'ai souvent déploré sur mon site l'aspect libéral des critères de Maastricht qui ne sont qu'un jeu d'orge financier et dans lesquels manquent par exemple le taux de chômage et le niveau salarial médian (pas moyen). Car le problème européen n'est pas le déficit public, mais le chômage et l'appauvrissement de la population active, pas encore active, au chômage et à la retraite. Le TCE, le Traité de Lisbonne, les Directives sont tous adossés sur la "concurrence libre et non faussée qui crée des richesses en tend au plein emploi". C'est tout aussi illusoire que la "main vibrante" d'Adam Smith qui régule les marchés. La critique de l'Europe telle quelle est le constituant de mon site, le contenu de mes analyses, et est annoncée sous mon banner, car je suis un nonniste et européen convaincu. Mais pour aider les États Membres de l'Europe et de la Zone Euro, l'Europe doit devenir une autorité fiscale et budgétaire, doit pouvoir émettre des Bons du Trésor Européens et dépasser l'article 103a du Traité de Maastricht qui prévoit une assistance possible des États Membres en difficulté.

Article 103 A du Traité de Maastricht
  1. Sans préjudice des autres procédures prévues par le présent traité, le Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission, peut décider des mesures appropriées à la situation économique, notamment si de graves difficultés surviennent dans l'approvisionnement en certains produits.
  2. Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison d'événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière communautaire à l'État membre concerné. Lorsque les graves difficultés sont causées par des catastrophes naturelles, le Conseil statue à la majorité qualifiée. Le président du Conseil informe le Parlement européen de la décision prise.

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Maintenant regardons la situation de l'Euro face au Dollar au niveau de la planète. L'Euro s'impose comme une monnaie de réserve. Selon Bloomberg, les banques centrales du monde détiennent dans leurs réserves 39% en $ et 31 % en euros, ce qui est une belle valeur en sachant que l'Euro âgé de seulement 10 ans ne doit sa bonne foi qu'à la force industrielle et commerciale et à la stabilité sociale des États européens et non à une quelconque force militaire et politique géoplanétaire, domaines où l'Europe n'est rien. L'Europe ne dispose pas de l'arrogance criminelle financière américaine de la planche à billets et les pays européens ne peuvent vendre des bons du trésor comme les américains qui savent qu'ils ne seront jamais capables mathématiquement de les rembourser. Selon Bloomberg, la Chine détient actuellement 800 milliards en $ et 1 trillion en Euros. Sur le tableau à gauche vous voyez que l'Euro supplante le $ comme monnaie en circulation. Il faudra bien sûr éviter de tomber dans l'euro-glut, comme les américains ont pratiqué le Dollar-Glut en répartissant sur le monde leur pauvreté et en disant que le Dollar est leur devise, mais que c'est le problème du reste du monde. Au sujet de ma position sur les critères libéraux qui sont le fondement de l'Euro, j'ai écrit suffisamment d'articles sur mon site.

Change au 7 février 2010 du $, du CHF, de l'Euro>>>


1.00 EUR

   =   1.36500 USD



1.00 EUR   =  

1.46457 CHF


Tim Geithner, Secrétaire d'État au Trésor américain a déclaré le 7 février 2010 que les USA garderont éternellement la note maximale AAA. “Absolutely not, that will never happen to this country” a-t-il répondu à ABC au sujet d'un downgrade des USA. Ceci me rappelle Hitler qui parlait de l'empire de 1000 ans. En attendant Obama se lance dans un nouveau deal humanitaire avec la Chine: il ne dévalue pas tout de suite le $ et les 2000 milliards en Bons du Trésor US dans les Caisses chinoises, mais il se prend le droit de faire le baise-main au Dalaï Lama. Et ça fait chic un Lama orange dans le salon ovale. Ça fait oublier l’orange de Guantanamo. La crise des subprimes est terminée, elle a fait ses ravages. Les subprimes ne représentaient que 14% des crédits hypothécaires. Depuis janvier 2010 commence la crise des alt-A dans une économie américaine effondrée. Les alt-A représentent que 27% des crédits hypothécaires. En janvier 2014 commence en plus la crise FHA et Ginnie Mae que Obama à créée avec ses Obama Mortgages, c'est à dire la création exponentielle de la dette privée pour "rembourser" la dette. Sur le site de la FHA vous avez un onglet et une page qui s'appelle "Obama Mortgage" (Crédit hypothécaire Obama) avec l'invite suivante: "In early 2009, the Obama administration announced a program called Making Home Affordable. This program is expected to help nine million homeowners keep their homes and avoid foreclosure through refinancing and modified loans designed to lower monthly mortgage payments" (Au début de l'année 2009, l'administration Obama a annoncé un programme appelé 'Rendre la maison individuelle accessible'. Avec ce programme 9 millions de propriétaires seront aidés pour garder leur maison individuelle et pour éviter la faillite grâce au refinancement et à la redéfinition des termes de leur emprunt avec de plus petites mensualités de leurs crédits hypothécaires.) La FHA garantit à 100% les crédits pour l'acquisition ou la construction immobilière. Pour l'année 2010, le gouvernement américain et la Fed' assistent les propriétaires immobiliers avec un dégrèvement d'impôt de 8000$ et en rachetant les titrisations adossées sur les crédits hypothécaires à hauteur de 1425 milliards de $ pour contenir les taux d'intérêts sur ces derniers. L'aide fiscale prendra fin en avril 2010 et le programme de rachat par la Fed' se terminera à la fin mars 2010. (Graphique à droite: faillite des CMBS, les crédits hypothécaires commerciaux et industriels)

Dans sa réforme présumée et à venir sur les banques, Obama laisse de côté Fanie Mae, Freddie Mac, Ginnie Mae et la FHA qui sont tous en faillite malgré les Big-Fat-Bail Out cycliques auxquels ils ont droit. Ces quatre établissements nationalisés dans les faits depuis 2008  continuent et amplifient ce pourquoi tout le système financier américain a sombré: ils empaquètent des crédits immobiliers, multimutualisent leurs risques en inventant des produits financiers dérivés MBS (équivalent à des CDS) qu'ils se font directement garantir par le gouvernement. Le bail-out de Fannie Mae et de Freddie Mac a déjà coûté 712 milliards $ et Obama vient de garantir le 24 décembre 2009 qu'il n'y aura pas de limite supérieure; Obama a réussi à faire passer une loi qui lui permet de ne plus demander l'autorisation au Congrès pour continuer à renflouer Fannie Mae et Freddie Mac. Le gouvernement américain amplifie la bulle hypothécaire et immobilière et ne se fait pas dicter sa conduite par des étrangers mais par le Congrès et le Sénat US.

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Lire la suite >>  Libre circulation des capitaux: Wall Street, Goldman Sachs, JP Morgan ont aidé 10 ans la Grèce à tricher
Lire mon article du 6 mars 2009 >>>
Banqueroute de la Zone Euro: Irlande, Italie, Grèce, Autriche - Eclatement de la bulle des CDS et des Obligations d'État

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13 avril 2010

L'Islande cantonne dans la mer ses actifs pourris - Les islandais se brûlent la face dans leur volcan

Après la banqueroute d'État de l'Islande de 2008, le Parlement islandais avait accepté le 31 XII 2009 de rembourser les actifs devenus pourris aux spéculateurs britanniques et hollandais. Suite aux manifestations dans les rues, le 5 janvier 2010 le Président islandais Olafur Ragnar Grimsson n'avait pas ratifié la loi de remboursement et la décision a été soumise au référendum le 7 mars 2010. Par référendum, l'Islande a décidé de ne pas rembourser ses actifs qu'elle a pourris et cantonnés sur son ile, et qui sont le résultat de son activité spéculative internationale de Tigre de l'Atlantique sur le modèle de la pyramide Ponzi-Madoff.

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Le Parlement islandais avait accepté le 31 XII 2009 le remboursement des avoirs perdus par les déposants britanniques et hollandais dans les banques d'investissement islandaises. Ces 3,8 milliards d'euros, 3/4 du PIB de cette île, auraient dû être remboursés entièrement en 2024. Les dettes des banques privées auraient dû être remboursées par l'État islandais et donc par leurs contribuables, leurs habitants, leurs électeurs. Pour y parvenir les salaires islandais ont déjà été diminués de 15 à 20%, l'impôt islandais a déjà été augmenté, les dépenses publiques islandaises sont déjà laminées. Ce peuple est directement puni d'avoir accepté et cautionné un modèle de société d'exploitation capitalistique. Il ne dispose pas du luxe américain de faire diversion par des conflits de guerre pour relancer la machine industrielle par les commandes des armées, ni de la capacité et de la crédibilité à émettre des Bons du Trésor comme la Fed'. Les spéculateurs britanniques et hollandais, alléchés il y a encore deux ans par les marges à 2 chiffres promises par les banques islandaises, voulaient récupérer leurs mises qui ont donc été à risque zéro pour eux pendant plus de 10 années. L'Islande n'a pas la force de chantage de la City de Londres ou des ports hollandais et aurait dû accepter telles quelles les conditions et les termes du remboursement.

L'Islande n'est pas une filiale de Paper Mill of the Potomac et n'a pas la capacité à lancer la planche à billets pour créer de la monnaie de contrefaçon et rembourser les dettes et les positions toxiques. La couronne islandaise est effondrée et toutes les importations se payent à présent à prix d'or. L'Islande n'a pas été too-big-to-fail et n'attend son secours que du saumon d'élevage aux hormones de croissance. Ils nous est aisé de comprendre que l'État et le peuple islandais doivent payer pour avoir accepté et développé un modèle de société et d'économie du Tigre de l'Atlantique adossées entièrement sur l'escroquerie internationale par le système de spéculation compulsive Ponzi-Madoff.

Croyez-vous que la Grande-Bretagne et les USA disposent encore d'une valeur ajoutée à proposer?

L'Islande aurait dû rembourser, mais le 5 janvier 2010 le président islandais Olafur Ragnar Grimsson n'avait pas ratifié la loi en sachant que le remboursement est l'une des conditions à la candidature de l'Islande à l'adhésion à l'UE qui pourrait être refusée par... le maître des opting-out, le Royaume-Uni qui se sert de l'Europe comme de sa boîte à sucettes. Ce peuple islandais veut-il retourner à l'âge de mer, se vendre aux russes ou faire du chantage à l'UE pour obtenir des fonds européens avant l'adhésion? L'UE acceptera ce pre-opting-out islandais avant le holliday in de l'Islande dans l'Europe. Elle a bien accepté la Grèce alors que nous savions dès le début qu'elle falsifiait sa comptabilité nationale pour s'appairer avec les critères d'adhésion à la zone euro.

L'âme protectionniste de Vauban plane à Bruxelles et dépasse la raison par la catallaxie mercantile.

Aurait dû rembourser, mais l'Islande a rejeté le 7 Mars 2010 par référendum le remboursement au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Bernanke, le président de la Fed', la banque centrale américaine, a encore annoncé hier le 14 avril 2010, qu'il va maintenir le taux d% directeur à son niveau le plus bas "for an extended period" qui pourrait aller jusqu'en 2012. Les USA peuvent prétendre avoir l'arrogance de continuer à financer la croissance avec de la dette et de l'argent facile, comme le firent Nixon-Bush / Greenspan pendant 16 ans. La croissance des USA et de l'hémisphère Nord est une Debt Fuelled Economic Growth, croissance nourrie par la dette. L'Islande n'a à offrir comme flux que le flot de ses geysers, et les islandais n'auront d'autre activité que celle de compter les gouttes qui en retombent entre les moutons et les touristes qui passent.

Les démocraties nordiques et principalement la démocratie d'un pays de 350.000 habitant comme l'Islande fonctionnent de manière totalement transparente et... démocratique et collégiale. Ce peuple islandais ne pouvait ignorer son système Ponzi sur lequel était adossé le PIB du pays. Les islandais sont de toute façon bilingues, ont profité de l'un des meilleurs systèmes de sécurité sociale et de retraite du monde grâce à cet enrichissement subit de ces 15 dernières années. Et tout le monde est capable de lire en Islande aussi dans les devantures des banques les publicités vantant 25% de rendement, parfois 50%. Les devantures de ces banques islandaises étaient visibles dans toute l'Europe où l'on sait aussi lire les chiffres. Dans un tel pays islandais où il est difficile de faire du PIB, ce chiffre devait passer comme la morue aux œufs d'or de ce consensus. La seule ressource naturelle de l'Islande est l'eau chaude des tréfonds, mais l'Islande ne peut l'exporter sous forme lyophilisée pour faire du PIB.

L'Islande aurait dû payer, mais le Parlement islandais publie aujourd'hui son "Livre noir sur le désastre financier" et pose les bonnes questions sur la libre circulation des capitaux et sur ce que les islandais en on fait. Vous connaissez ma position sur la Responsabilité citoyenne face à ce système qui a été accepté par les peuples qui avaient cru pouvoir en tirer profit comme les grands financiers. Il semble que les islandais fassent un outing qui va totalement dans la direction de ce que je comprends au sujet de la Responsabilité ou de la Compromission Universelle.

Avant l'été 2009 il y a eu des wildcat strikes (grèves sauvages non cautionnées par les syndicats...) et des émeutes en Irlande et au Royaume-Uni comme à la Sodimatex en France en avril 2010. Émeutes contre qui? Contre soi-même? L'électeur avait préféré écouter les sirènes, il va maintenant se frapper lui-même sur la tête par personne interposée? Sur certains portails agrégateurs de contestations, j'en énerve certains avec ma confiance en l'information, l'engagement et la responsabilité politique des citoyens. L'africain est victime des régimes politiques, l'Européen a choisi son régime politique et son modèle de "concurrence libre et non faussée". Le TSE ne serait jamais passé en France si les sénateurs et députés PS n'avaient pas laissé le gouvernement en place agir au Congrès de Versailles du 4 février 2008. L'Europe est même plus active que les USA dans le domaine de la globalisation appauvrissante.

L’Islande vient de commencer un travail de mémoire sur la crise bancaire qui lui a couté des milliards. Ce travail se fait sans épargner qui que ce soit. La privatisation des instituts et la dérégulation passent pour en être la cause. Le travail de mémoire précède le travail sur les responsabilités politiques et juridiques. La Commission d’enquête du Parlement de Reykjavik vient de présenter le 12 avril 2010 ses conclusions sur les raisons qui ont mené au collapse du système des bulles bancaires en Islande qui ont plongé le pays dans une grave crise économique.


Sept des neuf tomes du Livre noir traitent des évènements qui ont précédé l’effondrement: la privatisation du système bancaire nationalisé, le dérèglement des flux des capitaux, le contrôle défaillant du secteur financier. L'autorité de surveillance, la Fjármálaeftirlitis, et la Banque Centrale sont sévèrement critiquées parce qu’elles n’ont jamais été à la hauteur de leurs obligations de contrôle. De 2004 à 2007 les trois banques privées ont fait exploser leurs activités et leurs actifs sont passés de 100 à 923% du PIB islandais. On dit toujours depuis 2008 que l’Islande s’était prise pour l’Irlande, que l’Irlande s’était prise pour le Royaume-Uni, que le Royaume-Uni s’était pris pour les USA et que les USA s’étaient pris pour le tour-opérateur de la planète.

Selon le Livre Noir, le frein aurait dû avoir été mis au plus tard en 2006. Dès 2006 il y avait des signes évidents que la part des crédits pourris était démesurément élevée. Au lieu de ceci, des crédits avaient toujours été octroyés à grande échelle. De 2007 à 2008 un 1/3 des crédits avait été donné à des emprunteurs qui n’étaient plus capables de rembourser leurs emprunts et leurs dettes précédentes. Ces emprunteurs sont aux USA connus sous le nom d’emprunteurs NINJA (no income, no job no assets – sans revenu, sans emploi et sans bonités bancaires) et étaient détenteurs des crédits "subprimes".

Il est reproché personnellement au 1er Ministre Geir H. Haarde, au ministre des finances Árni M. Mathiesen, au ministre de l’économie Björgvin G. Sigurdsson, au Gouverneur de la Banque Centrale Davís Oddsson et à trois régulateurs du secteur financier d’avoir failli à leur tâche. Au lieu de freiner les banques, ils avaient tous soutenu leur expansion. Quand la crise était devenue un fait concret du quotidien, ces hauts responsables avaient réagi avec retard et sans coordination et avaient surtout essayé de sauver l’image des banques islandaises à l’étranger. Avec une telle exposition publique des griefs en Islande adressés aux responsables actifs de la crise et de la banqueroute d’Etat, nous sommes loin du Tribunal des Banques organisé par Attac dans un théâtre à Berlin, et nous sommes dans un monde parallèle impénétrable quand on regarde la guignol-fashion de la France, le chairman-prince président et la ministre des finances, Mme Lagarde.

Pour tirer une conclusion plus globale, il faut exposer tous les facteurs qui ont conduit à la crise. Dans ma réflexion que je mène sur les trois fronts des solidarités locales, régionales et globales nous ne pouvons plus seulement dire qu'il faut rendre aux salariés le fruit de leur travail, que la part juste de l'augmentation du PIB revient aux salariés. Depuis les années 1960, le PIB a tellement augmenté grâce à l'économie réelle et sans compter l'augmentation artificielle par l'hyper spéculation qui explose toujours et qui retombe et qui fait perdre encore plus que ce qui n'a été acquis, mais qui fait perdre à la communauté des peuples qui paye pour elle avec tous ces plans idiots de "Sauvetage / Bail out" de l'État Providence Bancaire. Si les salariés ont le salaire qui leur revient, il n'y aura pas de création d'une hyper-bulle de la dette. Bien sûr, il faudra réorganiser l'Organisation Mondiale de la Commercialisation et de la Production. On ne pourra plus se permettre ce ying-yang du Pacifique où les capitaux vont vers la Chine et où les biens de consommation vont vers les USA. Il faudra surveiller très étroitement le système de réserves fractionnaires des banques, ce droit qu'elles ont de prêter de l'argent qu'elles n'ont pas, et sur lequel, outre le remboursement par le débiteur, elles touchent des intérêts. Il faudra faire de Bâle 2, de IFRS et des Directives européennes CRD de véritables normes prudentielles comptables. Il ne faudra plus tolérer que grâce à la prédominance et la prédation du $ comme seule monnaie de référence, les pays de la planète soient obligés de se soumettre à la folie dépensière des USA, comme État avec sa dette publique hypertrophiée et supportée par les créanciers du reste de la planète, et la dette hypertrophiée des ménages américains. Il faudra aussi éliminer les Accords bilatéraux de Partenariat Économique qui sont plus éliminatoires pour les Pays en Développement et les Pays ACP que ne l'a été l'OMC qui est morte à Doha en 2001. Il faudra éliminer les AGCS qui font du monde une marchandise et les Accords sur les ADPIC qui font du monde et du vivant une propriété industrielle couverte par les Droits de Brevet. Et pour le Développement durable, le vrai, et social vous avez aussi de nombreux articles sur mon site.

On ne peut punir les électeurs d'être aphasiques et abstentionnistes. On ne peut que les blâmer comme il faut blâmer les intellectuels influenceurs, les politiciens de gauche, les syndicats d'avoir failli devant leurs obligations d'information, d'éveil et de mise en garde et de dénonciation. On ne peut punir ce monde de personnes fluidifiées de s'être pris comme un détenteur des codes et le grand éducateur des populations. On ne peut que le blâmer et ne plus lui donner de mandat ni d'audience. Par contre actionnaires et conseils d'administration des entreprises, les auteurs de la criminalité financières, des maquillages de bilans, des falsifications de la comptabilité nationale doivent répondre de leurs actes. En Islande, la démocratie est à ce point moderne et élaborée qu'elle l'a prévu dans la Constitution.

Le Livre Noir de l'Islande évoque sans ambages des actions en justice à l’encontre de l’exécutif politique et des chefs des autorités de surveillance et de contrôle: il existe en Islande une loi sur la responsabilité des ministres qui prévoie un emprisonnement de 2 ans au maximum en cas de violation de leurs obligations administratives conférées par leur mandat. Le Livre Noir ne dénonce pour l’instant que les responsabilités politiques. Une team adhoc de procureurs s’intéresse aux actes des banquiers et à leurs fautes et délits. Une première action en dommage et intérêt à été ouverte lundi contre les anciens propriétaires et managers de ces banques. 

En attendant d'être... un membre de l'Euro-Zone, l'Islande vient de signer le 9 juin 2010 un accord swap de devises avec la Chine d'un montant de 3,5 Milliards de Yuan, 428 Millions d'Euros, 66 Milliards de Couronne Islandaise. 

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7 février 2010

La Grèce, victime de l'Euro, du Traité de Lisbonne, des Directives EU, de l'Euro-Groupe, d'ECOFIN

L'Europe est à ce point inapte malgré son Traité de Lisbonne et ses autres Traités et Pactes passés dans le seul consensus de l'hémicycle, qu'elle va demander au FMI de sauver la Grèce de la banqueroute d'État, au même titre que le Zimbabwe. La Grèce est le premier État européen victime du Traité de Lisbonne et de la BCE. J'ai expliqué le 28 novembre 2008 que le G4 de Crise du 5 X 2008 avait réinventé l'euro-mark, l'euro-franc, et avait introduit l'euro-£. Personne n'a relevé ceci dans les médias.
Les banques allemandes détiennent 100 milliards de la dette grecque. Il aurait fallu mener le débat sur l'in-appropriation de la cause européenne monétaire, macro-économique, budgétaire et fiscale par l'Euro-Groupe, Ecofin, Euro-Stat, Juncker, les Directives sur la Libre Circulation des capitaux, et par la politique de la BCE qui permet le carry-trade intra communautaire. Si l'on commence à parler de ceci, on révélera que le Traité de Lisbonne a été un empaquetage des cerveaux pour faire de la catallaxie et de la compression de coûts.

Lire la suite...

màj du 29 octobre 2010:

ESMA, Écran de fumée avec la Directive Européenne AIFM sur la supervision des Fonds alternatifs.

le sommet européen des ministres des finances et de ECOFIN n'a rien apporté de nouveau. La libre circulation des capitaux et la spéculation financière ne sont ni règlementées ni jugulées. Les pays européens peuvent continuer à jouer, à perdre et à attendre les bail out communautaires. La clause de no-bail out est maintenue (Article 125 du Traité de Lisbonne), mais la clause 122 d'entre-aide entre les pays membres de l'Union en cas de catastrophe naturelle ou de manque en énergie a été élargie aux impasses financières, ce qui revient à contourner la clause de no-bail-out selon laquelle il est interdit aux États Membres du Pacte de Stabilité et de Croissance (Zone Euro) de porter secours à un membre en difficultés financières ou en banqueroute d'État. La Grèce avait triché avec ses critères de convergence pour entrer dans la zone euro, puis avec ses critères de Maastricht, et les banques françaises et allemandes principalement ont spéculé sur la dette grecque en parfaite connaissance de cause et on précipité l'effondrement financier de la Grèce, mais aussi de l'Espagne et du Portugal. Personne n'a rappelé que la Grèce est aussi victime de l'Euro, du Traité de Lisbonne, des Directives Européennes, de l'Euro-Groupe et d'ECOFIN.

Pour faire écran de fumée les ministres des finances européens et ECOFIN se sont mis d'accord sur un compromis qui va aboutir à une Directive Européenne AIFM qui sera signée le 11 Novembre 2010. Il s'agirait de créer un organisme européen de supervision des activités des hedge funds, des Private Equity, des Fonds Alternatifs, du Capital Investissement. Cet organisme s'appellera ESMA - EU Securities and Markets Autority / Autorité Européenne des Marchés Financiers.

La supercherie de la Directive AIFM est qu'il relève toujours comme avant aux États membres de l'UE d'accorder l'agrément à ces fonds, or 4/5 des transactions spéculatives, soit une masse 2000 milliards et certains jours plus de 50% de toutes les transactions financières en Europe, se font à la City de Londres. Et la Grande-Bretagne n'est pas membre de la Zone Euro et ne soutient pas le parapluie européen de 750 milliards pour venir en aide aux pays européens attaqués par la spéculation financière internationale. Selon la nouvelle Directive européenne, quand l'agrément est accordé à ces Fonds spéculatifs dans un pays (l'AMF - Autorité des Marchés Financiers pour la France par exemple), il est valable pour l'ensemble des pays européens. C'est ici que Bruxelles et toute l'Europe manifeste son incapacité à s'opposer à la City de Londres pour laquelle l'Europe n'est qu'une Association Européenne de Libre Échange. Il parait que cette nouvelle Directive européenne répondrait aux engagements pris au G20 de Washington. Le G20 de Crise de Washington s'était surtout distingué par l'annonce qu'il allait ouvrir les vannes des surliquidités avec l'impression de fausse monnaie sur les planches à billets et avec la qualitative easing, c'est à dire l'échange des positions toxiques pourries des banques contre du faux argent frais créé aussi avec l'émission des Bons du Trésor, c'est à dire en surgonflant la dette publique des États avec de la pourriture à faire avaler et payer par les peuples.

Uniquement en cas extrême, l'ESMA pourra donner son avis documentaire aux superviseurs nationaux, qui seront libres ou non de le suivre. C'est comme pour les critères de Maastricht qui ont été violés dès le début de l'introduction de l'Euro par tous les États Membres, ou comme pour les Critères de convergence destinés à évaluer la capacité d'un État européen à devenir membre de la Zone Euro.

Les standards fixés par l'ESMA n'entreront que progressivement en vigueur en 2015, 2017 et 2018. D'ici là le système monétaire et financier mondial se sera écroulé et la Région européenne ne se sera pas préparée à la période qui suivra l'hyperinflation et Weimar II. Donc l'Europe donne avec cette Directive le signal fort qu'elle ne s'oppose pas à la libre circulation des capitaux spéculatifs systémiques et qu'elle renforce sa bienveillance pour eux. Bruxelles ne s'est pas attaquées à toutes les opérations extra-bilancielle comme les LBO, les CDS, les CDO qui ont plongé la planète depuis juin 2006 dans une crise irréversible tant que les pratiques de création, de soutien et d'engraissement des bulles spéculatives comme moteur prépondérant de croissance ne sera pas arrêté. Par la Directive AIFM l'Europe démontre qu'elle ne pense pas à requalifier la croissance dans un Green New Deal.
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màj du 18 mai 2010 à 11:07:

le Parlement de Strasbourg, et la Commission de Bruxelles et Jean-Claude Juncker, président de l'Euro-Groupe semblent vouloir dégager un consensus pour instaurer un impôt sur les transactions financières des Hedge Fonds des pays tiers. Le Royaume Uni s'y oppose parce que 4/5ème des transactions financières en Europe passent par la City. A l'heure actuelle allemande centre-droit serait pour, mais les ministres des finances allemand et français, Wolfgang Schäuble et Christine Lagarde, font encore leurs caprices. Un impôt se prélève en fin d'exercice sur le bénéfices. Une taxe se prélève sur chacun des transactions et les obligent donc à abandonner le nomadisme des spéculateurs. Les transactions se font actuellement avec l'informatique au rythme de la nano-seconde et dans les marchés financiers 10 minutes passent pour être du long terme. Plus souvent les transactions se font et plus souvent les spéculateurs doivent verser une taxe sur chacune d'elles. Un chiffre infime de 0,05% comme le prévoit la Taxe Tobin finit par produire des sommes gigantesques pour les nomades compulsifs. Ceci redirige alors l'investissement dans la production et les services et les détourent de ces produits financiers dérivés et titrisés qui sont des "armes de destructions massives" comme le disent George Soros et Warren Buffet.

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màj du 6 mai 2010 suite au "Plan d'aide" européen à la Grèce pour lui éviter sa banqueroute d'État: La Hypo Real Estate allemande détient 80 milliards d'euros de crédits pourris venant des PIGS. La HRE avait fait faillite l'année dernière et a été sauvée avec une aide de 100 milliards de l'État allemand. Malgré ceci, la HRE fait toujours des pertes. Donc sachons observer la félonie des dirigeants du Nord de l'Europe qui feignent de faire un cadeau à la Grèce avec une aide de 100 milliards pour lui éviter la banqueroute d'État.

màj du 9 mai 2010: les européens ont décidé de créer un Fonds de Sauvetage pour les pays membres de l'Euro-Zone. En un Week-End les européens ont fait sauter tous les critères de Maastricht et le Pacte de Dublin de Convergence et de Stabilité. Les 4 critères de Maastricht sont devenus caducs, un pays peut donc se mouvoir sur tout l'éventail qui mène à la banqueroute d'État. D'autre part, il est à présent autorisé à la BCE de se fournir en liquidités sur les marchés financiers internationaux, ce qui lui était défendu. Ceci est donc la porte ouverte à n'importe quelle forme de spéculation. D'un autre côté rien n'a été entrepris pour contrôler et réglementer la "Libre circulation des capitaux" malgré le vote du 11 mars 2010 au Parlement de Strasbourg où il y a eu une majorité de 536 voix contre 86 pour étudier l'impact d'une Taxe Tobin. Le Brésil, Taïwan, l'Indonésie, l'Inde, la Russie sont bien plus avancés pour freiner la libre circulation des spéculations sauvages.

En introduisant la taxe Tobin, l'Europe ne ferait que de suivre le Brésil qui l'a introduite depuis le 20 janvier 2009. L'Europe tergiverse sur la faisabilité et sur l'impact d'une taxe sur les transactions financières, mais d'autres pays que le Brésil agissent. L'information reste sous le boisseau, parce que les médias de l'Hémisphère riche ont tout intérêt à suivre les consignes de leur propriétaires et donneurs d'ordre. Depuis novembre 2009, le Brésil prélève auprès des investisseurs étrangers en plus une taxe de 2% pour l'achat d'action et pour les placements. Depuis décembre 2009 Taïwan a interdit aux étrangers de placer des capitaux sur des marchés à termes. La Russie, l'Indonésie et l'Inde vont introduire des mesures similaires pour stopper la libre circulation des capitaux si elle ne sert pas à financer des investissements à long terme. Dans ce temps l'Europe tient encore le discours au sujet de la perte d'un avantage concurrentiel, si elle se mettait à faire de même. Le Brésil, Taïwan, l'Indonésie, la Russie, et l'Inde veulent éviter la création d'une bulle spéculative et une inflation.

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Vous avez remarqué que les marchés financiers attaquent la Grèce, le Portugal, l'Espagne parce qu'ils espèrent que ces pays européens vont continuer à refinancer leur dette publique en mettant sur le marché financier mondial des Bons du Trésor avec la garantie d'un fort taux d'intérêt et de rendement. Je vous ai déjà exposé le 11 janvier 2009 et le 6 mars 2009 qu'il était facile de trouver sur le net les spreads (éventail) entre les CDS, les assurances sur les Obligations d'État des différents pays européens, mais pas de ceux de l'Irlande, du Royaume-Uni, des USA. D'après la CMA, la Californie fait partie des 10 premiers États au monde à risquer prochainement la banqueroute d'État avec la Grèce. Le PIB de la Californie est le plus élevé de tous les États de la fédération américaine. Les agences de notations place la Californie au même niveau que le Kazakhstan quant à sa solvabilité.

<<< Le premier-ministre du paradis fiscal du Luxembourg, Jean-Claude Juncker a sévèrement critiqué en février 2010 les pays européens de la périphérie et les a sommés de se discipliner pour ne pas mettre en péril ce que les pays fondateurs de l'Europe ont mis en œuvre. Juncker oublie de dire que ces nouveaux entrants ne sont pas venus dans la même Europe que celle qui existait quand les fondateurs commerçaient librement seuls entre eux. Entre temps étaient entrés en vigueur les Directives sur la Libre circulation des capitaux et sur le Libre établissement des entreprises de services, ce qui inclue les services financiers. Il a toujours été de notoriété publique depuis 2001 que la Grèce avait délibérément triché avec sa comptabilité nationale pour faire croire qu'elle était compatible avec les critères de convergence du Pacte de Dublin de Stabilité et de Croissance afin d'introduire l'euro sur son territoire. Mais même si elle avait respecté les critères de Maastricht, la Grèce était incapable comme les pays baltes de résister aux attaques ou pénétrations abusives des grands groupes financiers des pays européens fondateurs. Une fois de plus, la foi en l'humanisme automatique des marchés qui fonde le Consensus de Bruxelles n'a pas fonctionné de manière harmonieuse, mais déprédatrice. Comme toujours. Il faut se demander ce qui est le plus à blâmer: les tricheries comptables de la Grèce, ou les opting-out (exemptions légales face aux obligations communautaires) de l'Irlande, mais aussi du Royaume-Uni, ou l'impréparation habituelle de Bruxelles, ou la volonté de toujours tout passer avec les légumes de la "concurrence libre et non-faussée".

Il est étonnant que seulement maintenant, en mars 2010, Juncker et Angela Merkel avancent l'idée de la création d'un Fonds Monétaire Européen (FME). Et une fois de plus, ils en oublient le rôle fondamental que peut jouer un tel fonds monétaire international. Celui du FMI, mais déshabillé de son ingérence néo-libérale et de ses clauses d'attribution de prêts qui imposent comme le FMI une libéralisation totale de tous les marchés et une compression de la dette publique, sans analyser leur impact sur une économie nationale et l'intégration régionale des pays. En Afrique se fait de plus en plus corps l'idée d'un "protectionnisme intelligent". En l'état actuel, un transfert de l'argent des contribuables vers un Fonds Monétaire Européen constitue une violation de la Clause de No Bail Out du Pacte de Stabilité et de Croissance qui fonde l'Euro et l'Euro-Zone. Ceci démontre que l'Europe repose avant tout sur une chimère parce qu'elle n'a pas jugé nécessaire de prévoir la défaillance d'un État Membre et les moyens d'y répondre, comme elle n'avait pas jugé nécessaire d'organiser son institut de statistique EuroStat autrement que comme une boîte aux lettres. L'Europe voulait croire au commerce des commerçants. La subite volonté de créer un FME ne provient que de la volonté de réaliser sur le dos des contribuables européens, un bail-out des banques européennes qui détiennent les Bons du Trésor grec. Et comme les banques européennes qui détiennent ces Bons du Trésor grec sont domiciliées dans les pays fondateurs de l'Europe, l'Euro ne repose donc que sur des critères de divergence entre les 16 "pays du nord" et "pays du sud" parce qu'il n'existe ni cadre économique ni force centrifuge qui les font converger. Un paquet d'aide à la Grèce de 30 milliards d'euros sera de toute manière nécessaire pour la sortir momentanément des griffes de la Goldman Sachs et de ses agents non-secrets comme Peter Sutherland, Charles de Croisset, Otmar Issing, Petros Christodoulou, Lord Griffiths, Mario Draghi, etc... (voir article n°2 au sujet de la Crise de l'Ouzo). Les pays européens non membres de l'Euro-Zone préfèrent une aide du FMI pour la Grèce.
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<<< bail out de la Grèce >>> graphique à gauche.

màj du 6 mai 2010 >>> L'aide a la Grèce a été décidée. Les États européens donateurs empruntent sur les marchés financiers à 3% et se feront rembourser leur "aide" à 5%. Ceci est la libre circulation des capitaux garantie par les Directives et le Traité de Lisbonne. Le paradis fiscal du Luxembourg aidera à hauteur de 0,08%. L’Allemagne va payer 22,34 milliards, la France 16,78 Mia, l’Italie 14,75 Mia. Cette "aide" à la Grèce n’est pas un cadeau, c’est un "investissement", car 70% des Bons du Trésor grec sont dans les banques de ces 3 pays donateurs. Quand en France on va révéler ce qui traine dans la bad bank Inter Conseil Europe de la Société Générale et la bad bank Gestion Active des Portefeuilles Cantonnés de Natixis / Banque Populaire Caisse d’Épargne, etc... on se rendra compte que la Grèce est un brigand parmi les autres.

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La crise financière de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal est la reproduction parfaite de la Crise des Subprimes des USA. Ce Housing Bust méridional a été rendu possible en Europe avec la libre circulation des capitaux. Le Housing Bust a été financé avec l'ouverture des vannes des liquidités faciles et avec la multimutualisation des risques hypothécaires avec des titrisations ayant la forme de CDS, de MBS et de RMBS, etc. Les banques allemandes, les banques régionales allemandes d'État (Landesbank), les assurances allemandes, Real Hypo Estate, sont très fortement impliquées dans la Bulle des crédits hypothécaires des pays du Sud de l'Europe. Ce qui est mis sous silence, est que... l'Allemagne a, elle aussi, pratiqué en grand style dans sa partie Est la relance par la bulle immobilière et des crédits hypothécaires. La faillite du plus grand institut financier hypothécaire européen, l'allemand Real Hypo Estate, n'a jamais été exposée dans les médias comme une faillite systémique de même portée que celles de Fannie Mae, de Freddie Mac ou de AIG. C'est pourtant le cas. Cette information est extrêmement difficile à trouver. Il n'est pas étonnant que le Big Fat Bail-Out de la Grèce doive passer par l'Allemagne. L'Autriche est impliquée de la même manière que l'Allemagne, mais plus dans les Pays Baltes, la Hongrie, la Roumanie, l'Ukraine. Souvenons-nous qu'une bulle immobilière est mise en œuvre sur le terrain à bâtir, ou à incendier avant de le bâtir. Les politiques d'occupation des sols sont déterminées par les autorités politiques locales.

Dans quelles banques se trouvent les 1000 milliards en Euros constitués des dettes des Pays appelés PIGS, Portugal, Italie, Grèce, Espagne? Dans les banques européennes. L'Allemagne en détient 331 Mia., la France 307 Mia., le Royaume-Uni 156 Mia., la Suisse détient 47 Mia. de la dette grecque ce qui équivaut à 12% de son PIB. Il n'est pas étonnant que le Big Fat Bail-Out de la Grèce doive passer par l'Allemagne, la France, l'Autriche, mais aussi la Suisse et le Royaume-Uni. L'Autriche est comme les autres assise sur une pyramide (Ponzi) de positions toxiques et de créances pourries encore plus grande en détenant en plus une très grande part de la dette des Pays Baltes, de la Hongrie, de la Roumanie, de l'Ukraine. Sur le graphique cliquable à gauche vous pouvez évaluer le pourcentage par rapport aux PIB de la dette des pays PIGS détenue dans les banques des autres États membres de l'Europe ou de la Suisse, du Royaume-Uni. Le Royaume-Uni détient 16% de la dette des PIGS par rapport à son propre PIB, la Suisse 30% de la dette des PIGS face à son propre PIB. L'Autriche détient 64% de la dette européenne et 54% de la dette des PIGS face à son propre PIB. La France détient 30% face à son PIB. La banqueroute de l'un des ces pays PIGS du sud met en péril l'équilibre des autres pays européens du Nord.

Non seulement les Critères de convergence n'ont conduit les pays du sud et les nouveaux entrants que dans la divergence, mais en plus cette divergence organique de l'Europe s'est mutée en risque systémique pour l'ensemble du continent.

Comment l'Europe a-t-elle généré son propre déséquilibre interne? La libre circulation des capitaux permet les opérations du carry trade. Les banques européennes du nord se sont enrichies sur les dettes des pays européens du sud. Le carry trade consiste à acheter bon marché et vendre avec un fort bénéfice, ou à emprunter à bon marché et à prêter avec un fort taux d'intérêt. Ce carry trade intra-communautaire a été rendu possible par la politique monétaire de la BCE pour "stimuler" l'économie avec des prêts à court terme et à faible taux d'intérêt. Ceci permet aux banques qui se fournissent en liquidités à bon marché et à court terme auprès de la BCE de prêter ces liquidités à long terme aux pays européens du sud, en l'occurrence d'acheter leurs Bons du Trésor à taux d'intérêt élevés. Les banques du nord se sont enrichies sur les pays du sud, comme ils le font naturellement avec les dettes des pays africains par exemple. Bruxelles, la BCE, Jean-Claude Junker et l'Euro-Groupe, ECOFIN n'avaient pas ressenti le besoin de réguler cette libre circulation des capitaux en Europe, puisqu'il n'y a pas de politique budgétaire, fiscale et macro-économique en Europe. Et avec la moindre des défaillances de l'un des pays du sud, le domino des réserves fractionnaires va faire passer le risque systémique (moral hazard / aléas moral) dans la globalisation de la faillite de l'ensemble de l'Europe ou... du système monétaire international, comme c'était le cas pour le plus grand assureur du monde, l'américain AIG qui avait croulé sous la défaillance en chaîne des CDS et vécu la plus grande faillite d'une société privée de toute l'humanité.

L'Autriche, comme les autres "anciens" pays de l'Europe a réalisé une concurrence déloyale avec ses opérations de carry trade intra-communautaire dans les nouveaux membres de l'UE. Et pourtant l'Autriche est le premier pays européen qui va interdire sur son sol à partir du 10 mars 2010 le carry trade. Il ne sera plus possible d'obtenir en Autriche un crédit libellé en une devise étrangère comme le Franc Suisse, le Yen, etc... En Autriche, 1/3 des prêts immobiliers sont libellés en CHF ou en Yen (équivalents à 35 Mia euros), parce que les taux d'% dans ces devises sont plus bas qu'en euros. Si la valeur de ces devises baisse, la charge des intérêts sur ces crédits baisse. Le contraire est aussi vrai. C'est ce que subissent en ce moment les pays baltes, et les pays de l'Europe centrale qui ont contracté massivement dans des banques autrichiennes des crédits hypothécaires libellés en euro qui s'est fortement réévalué face à leurs propres monnaies. Ces pays sont de plus en plus incapables de rembourser leurs crédits immobiliers auprès des banques autrichiennes et les banqeroutes et insolvabilités privées s'accumulent comme aux USA. La Libre circulation des capitaux   est donc subitement freinée unilatéralement et sans préavis par l'Autriche, ce qui lui offre un avantage concurrentiel déloyal.

La politique monétaire de la BCE est adossée comme celle de toutes les banques centrales sur les réserves fractionnaires; elle n'arrête pas de pomper dans l'économie de la masse monétaire. Par exemple, la production industrielle a augmenté de 1,6% depuis 1980, mais la masse monétaire a augmenté de 16 fois pendant cette même période. L'argent circule plus vite. Mais pour quoi faire? Pour créer de l'endettement, de la financiarisation, de la titrisation, du négoce de produits dérivés, de l'incitation à l'endettement. Beaucoup de régions de la terre sont endettées jusqu'aux oreilles ou la racine des cheveux.

Qui sera le premier prochain dans l'assommoir du day of reckoning: la Grèce ou la Californie? Qui saura le plus gagner du temps? Les USA ou l'Europe? Concurrence libre et non faussée entre hard discounters sur le dos des peuples. Qui ont aussi élu leurs représentants politiques qui se sont prononcés pour le Traité de Lisbonne. Tout au moins en Europe existaient des alternatives politiques, démocratiques, parlementaires et respectueuses de la Constitution. Les européens ont voulu une Europe des marchés et subissent ce qu'ils imposent eux-mêmes avec les APE et avec les ALE qui sont bien plus violents que les clauses de l'OMC.

Le Big Fat Bail-Out américain est poursuivi par Obama qui a ajouté dans l'économie américaine avec Tim Geithner, son Secrétaire d'État au Trésor, et Bernanke, le Président de la Fed', 30% du PIB en liquidités issus de la Helicopter Money, de la monnaie de contrefaçon. Obama attire comme il peut les investisseurs étrangers et crée la mère de toutes les bulles qui cette fois-ci va conduire à Weimar II, l'hyperinflation et la Grande Dépression II. Pourquoi? Cette fois-ci il les USA se dirigent droit vers l'effondrement obligataire de leurs Bons du Trésor. Il y a quelques jours le Trésor américain a essuyé un très grave échec dont personne ne parle: elle a tenté en vain de mettre aux enchères pour 25 milliards de Bons du Trésor à 10 ans et pour 16 milliards de Bons du Trésor à 30 ans. Il parait que de mémoire de trader on n'avait jamais connu un tel échec. Cette fois-ci les marchés financiers qui se réfugient toujours en dernier ressort dans les obligations d'État agissent conformément à ce qu'elle perçoivent des USA: leur insolvabilité qui présage de la banqueroute d'État. 60% de la dette américaine sont détenus par les investisseurs étrangers, comme la Chine, la Russie, les pays de l'OPEC. Depuis un an la Chine a réduit ses achats de Bons du Trésor américain, et en décembre 2009 elle en a revendu 34 milliards de $.

Le graphique à gauche montre la Grande Dépression 2 qu'entament les USA. Le crédit à la consommation et à l'investissement commercial et industriel a chuté de 1000 milliards pour une économie nationale qui génère 14.000 milliards de PIB. Le crédit baisse alors que les banques ont été arrosées avec des trillions de $ et de helicopter money sans la moindre des obligations!! Mais que veut vraiment dire PIB pour une comptabilité nationale américaine qui est tout autant manipulée que la comptabilité des banques lors du stress-test des 19 grandes banques de Tim Geithner de mars 2009? Depuis le début de la fin de l'hégémonie économique américaine en 2001 avec l'échec des négociations de Doha pour l'OMC et du modèle du Consensus de Washington, les USA ne peuvent plus empêcher leur effondrement pur et simple commencé en 2007 avec la crise hypothécaire des Subprimes. C'est pourquoi les agences de notation font diversion en dénonçant dans leur poker les "Club Med spreads" ou bien encore les PIGS (Portugal, Italie, Greece, Spain), ou les UR PIGS en ajoutant l'Ukraine et la Roumanie. La presse américaine traite indifféremment le sujet de la "Euro-Zone Debt Default Risk Crisis", la défaillance de la dette souveraine de ces pays à la périphérie de l'Europe en illustrant les articles de cochons. Cette image de cochon doit plaire à Ricardo Caballero, Chef du Département des Sciences Économiques du MIT, avec plein de "bailing out PIGS", "fringe PIGS", etc. Cherchez donc sur Google Images ou Google le mot PIGS... Graphique ci-dessus à droite: "Il y a pire" >>> croissance de la dette publique depuis 2007 en %. Donc sachons exactement analyser le Greece-Bashing.

Les sites libertariens épris de von Mises et de von Hayek jubilent et déclarent déjà la fin de l'Euro.

Pour 2010 RealtyTrac estime que plus de 4,5 millions de nouvelles maisons individuelles seront saisies aux USA par les huissiers. Elles s'ajouteront aux 4,7 millions saisis en 2009. Fannie Mae et Freddie Mac garantissent pour 5000 milliards de $ d'hypothèques. Ces deux instituts de crédit hypothécaires garantissent la quasi totalité des crédits hypothécaires américains et sont nationalisés de fait à 100% depuis qu'ils bénéficient de bail-out successifs et depuis que le Congrès US a exempté  Obama de son devoir d'informations pour chaque prochain bail-out. Leurs plus grands créanciers sont la Chine, le Japon, le Luxembourg, la Belgique, la Russie. L'État américain est trop content des capitaux des investisseurs étrangers et n'a pas repris à son compte leurs créances comme celles des 66 autres banques qui soutiennent Freddie Mac et Fannie Mae. Freddie Mac et Fannie Mae sont devenus des objets de chantage entre la Chine, la Russie et les USA. Mais les USA sont seuls responsables de cette situation en ayant cru qu'ils pouvaient vendre leur pauvreté au reste du monde. Le Congrès US a aussi autorisé le Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, de sortir de la comptabilité nationale le trou de Fannie Mae, Ginnie Mae, Freddie Mac et de la FHA et le trillion de $ dépensé pour leurs sauvetages répétitifs. Donc le déficit public des USA est nettement supérieur au chiffre officiel de 12,7% du PIB. Le déficit public de la Grèce serait d'ailleurs aussi de 12,7% du PIB. Vous pouvez donc comprendre pourquoi les spreads sur les CDS émis sur la dette souveraine américaine et les T-Bonds américains ne pourront jamais être une référence et que les hedge fonds se ruent sur la Grèce en faillite et non pas sur les USA. Les CEO et traders de ces instituts de crédits hypothécaires touchent toujours leurs boni, mais en liquide car les actions ne valant plus rien, les stock-options correspondants sont tombés en désuétude.

Depuis novembre 2008 nous savons que la Californie est en banqueroute d'État comme l'Islande ou comme 44 autres États fédéraux américains (Graphique à gauche). A la différence de la Grèce, la Californie ne paye ses dépenses depuis 1 an qu'avec des reconnaissances de dette IOU (I owe you - je te dois) nantis du tampon officiel. La Californie s'est fait aussi racheter par la Fed', ces papiers en échange d'argent créé in subito par Paper Mill of the Potomac, la planche à billets. La Californie, l'Oregon et l'Arkansas sont en situation de faillite technique depuis novembre 2008 et attendent de l'annoncer. Ce n'était pas grave, ça pouvait toujours continuer ainsi parce que la Fed' avait annoncé le 20 mai 2009, qu'elle allait racheter pour 1000 (mille) milliards d'emprunts d'État. Pour cela la planche à billets américaine avait encore une fois été accélérée.

Ceci n'est pas du keynésianisme, c'est de la contrefaçon de billets de banque, mais les agences de notation préfèrent dégrader l'Espagne, la Grèce, l'Autriche dans leur poker dénonceur.

Depuis le premier plan officiel appelé TARP de Bush-Paulson, tout le monde sait qu'il est mathématiquement impossible que les USA remboursent leurs dettes de 14.000 milliards claqués dans les bail out. En général, quand un pays est dans l'impasse il se lance dans une guerre pour détourner l'attention sur ses problème civils intérieurs et réduit ses dettes avec l'hyperinflation. Ce sera le deleverage et le retour à l'âge de guerre. Les USA sont en faillite comme l'Islande ou le Zimbabwe et ne se maintiennent qu'avec la planche à billets et la vente de Bons du Trésor. L'implosion d'un pays en faillite est plus lente que l'effondrement d'une entreprise, parce qu'un pays ne peut retomber au fond de l'Atlantique en noyant tous ses animaux et ses habitants et parce qu'il y aura toujours des investisseurs pour lui acheter momentanément ses obligations (ses dettes), même si le nombre s'effondre actuellement et si les chinois revendent leurs bons du trésors américains depuis un an.

Selon l'Administration américaine Center on Budget and Policy Priorities 48 États américains sont au bord de la faillite en mars 2010. 10 États sont aux bords de la banqueroute d'État: Californie, Illinois, Arizona, Floride, Michigan, Nevada, New Jersey, Oregon, Rhode Island et le Wisconsin.

Cliquez sur l'horloge de la dette américaine    >>>

Je vous ai aussi mis en garde le 22 mai 2009 sur les mécanismes de collusion entre les agences de notations et leurs donneurs d'ordre. Les grandes agences mondiales, Moody's et Fitch, ou Standard & Poor's ont du mal à dégrader l'Irlande, le Royaume-Uni, les USA ou font passer le mini-buzz du bout des lèvres "que le triple-AAA n'est pas garanti indéfiniment" pour ces pays. Depuis plus de 10 ans, les agences de notations n'ont fait que de donner des notes de complaisance à toutes les banques et assurances, aux hedge fonds, aux monoliners, aux fonds de pensions,... sans faire elles-mêmes d'analyses comptables et financières mais en ne se basant que sur les rapports fournis par leurs donneurs d'ordre.

Les agences de notations sont juges et parties et jouent en ce moment le poker dénonceur contre la Grèce, le Portugal, l'Espagne. Dubaï est oublié.

Cette attaque sur la notoriété et la bonne foi des pays européens du sud et des pays baltes a déjà un an et relève de ce que j'avais dénoncé comme étant le poker dénonceur. Même Doctor Doom, Nouriel Roubini, ou le pentito du libéralisme, Paul Krugman, Nobel d'économie, nourrissent régulièrement le plaisir de voir choir ces pays sans jamais les comparer avec la situation des USA et du Royaume-Uni. Ceux-ci, comme les agences de notation et les autres fonds spéculateurs ne se sont jamais attaqués à l'Irlande, qui est en banqueroute d'État depuis un an, au Royaume-Uni qui est techniquement en banqueroute d'État, ou plus simplement à la Californie, au Névada, à l'Oregon, et tous les USA qui cachent leur banqueroute d'État en imprimant des trillions de fausse monnaie sur la planche à billets.

En ce moment les aficionados du Traité de Lisbonne et de toutes les Directives Européennes qui garantissent "le marché libre et non faussé qui crée de la richesse et qui tend au plein emploi", pleurent et pestent contre cette attaque contre l'Euro et la Grèce, mais oublient d’écrire qu’il était officiel et su de tout le monde depuis l’adhésion de la Grèce à la zone euro, que ce pays avait triché et continuait de tricher avec les critères de convergence dont il a toujours été très loin. L'Euro-Groupe est une faillite institutionnelle et avait laissé se poursuivre cette violation du Traité de Maastricht et du Pacte de Dublin par la Grèce. Je n'ai jamais été pour ces 4 critères libéraux qui fondent l'euro, mais comme ils sont la règle commune de la zone euro, ils doivent être respectés par tous les pays membres. Le non respect des critères de convergence est tout simplement de la concurrence déloyale institutionnalisée par un État européen contre les autres États européens et voulue par Bruxelles qui espère toujours que toute concurrence est bonne à prendre quand elle fait baisser les coûts, les salaires, les investissements dans les services publics sociaux, de santé, d'éducation.

Alors au lieu d’arroser ce nouveau pays entrant depuis toutes ces années avec les fonds structurels européens, il aurait fallu lui imposer de mettre à jour sa comptabilité nationale si l’on voulait consolider les principes fondamentaux de l’euro dans son seul volet qui est mis en œuvre, à savoir celui de la "stabilité" mais pas celui de la "croissance" (Pacte de Dublin). Sans politique budgétaire européenne l'euro est une chimère. Mais éperdu par cette idée du marché "libre et non faussé" qui n’est rien d’autre que l’AELE des anglais, il fallait pour Bxl offrir à la Grèce cette situation de fait d’opting-out que les Irlandais avaient obtenue de droit, tout ceci pour faire croire que cette Europe des marchés fonctionne.

Toutes ces voix qui critiquent les attaques contre l'Euro et la Grèce font semblant de morigéner contre cette libre circulation des marchés des capitaux, mais elles l'ont toutes soutenue de toutes leurs forces en appelant au OUI du Référendum du TCE (Traité Constitutionnel Européen) et en soutenant le Traité de Lisbonne ratifié en force en France par le Congrès de Versailles et avec les voix ou les abstentions du PS. Mais cette libre circulation des capitaux qui brutalise l'Euro et la Grèce était dans la partie III du TCE rejetée par le Non au Référendum du 29 mai et se retrouve en entier dans le Traité de Lisbonne.

Selon le Traité de Lisbonne : "Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des capitaux est assurée", stipule l’article 26 du traité sur le fonctionnement de l’UE (ex-article 14 du Traité Constitutionnel Européen). En conséquence, indique l’article 63 (ex-article 56 TCE), "toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites" et l’Union est invitée à légiférer pour réaliser cet objectif. Toute dérogation à cette règle, qualifiée de "recul", est soumise à la règle de l’unanimité, ce qui la rend quasiment impossible, dans une Europe des 27.

Cette liberté sans entraves de circulation des capitaux implique, selon l’article 58 (ex-article 51 TCE), "la libération des services des banques et des assurances".

Une libéralisation, ajoute l’article 60 (ex-article 53 TCE), à laquelle les États membres "s’efforcent de procéder au-delà de la mesure qui est obligatoire". Ces dispositions vont de pair avec celles relatives à la liberté d’établissement dont bénéficient, au même titre que les autres services, les établissements financiers. "Les restrictions à la Liberté d’établissement sont interdites", stipule l’article 49 (ex-article 43 TCE).

Ces dispositions très strictes consacrent la liberté totale des marchés financiers, réduisent à néant les promesses de "régulation", "d’encadrement" des mouvements spéculatifs, et empêchent toute atteinte aux flux de capitaux, par exemple sous forme d’une fiscalité ou d’une taxe Tobin ou Tobin-Spahn. Ces dispositions laissent les mains totalement libres aux hedge fonds, aux fonds de pensions, aux fonds vautours, aux fonds souverains, à tous fonds spéculatifs qui ont détruit l’économie travaillée. A cette volonté de sceller dans le marbre la liberté totale de circulation des capitaux s’ajoute la volonté de ne pas installer le moindre des embryons d’une harmonisation fiscale en Europe. Ce point est de toute manière soumis à la règle de l’unanimité. La-dite lutte contre les paradis fiscaux comme Jersey, Andorre, Monaco, le Luxembourg, le Liechtenstein, et pourquoi pas la Suisse, ne sont que des promesses en l’air qu’il est chic de scander, surtout en ce moment quand on est président de la République.

L'euro est une chimère et au G4 du 5 octobre 2008 et au G20 de Novembre 2008, l'Europe avait feint d'assumer une réponse commune face à l'effondrement financier et économique global, mais avait inventé "Les Boîtes à Outils", qui ont relégué la prise de décision au niveau de chaque État européen en particulier. En réalité en automne 2008, l'Europe avait instauré le Euro-Mark, l'Euro-Franc, l'Euro-Lire, l'euro-Drachme... Bruxelles n'avait donc rien fait pour trouver une réponse commune à ces attaques contre l'un de ses membres de la Zone Euro et avait disserté sur la clause de non bail-out d'un membre failli de l'Euro. La non-gouvernance du TCE avait été reprise dans le Traité de Lisbonne et mise en œuvre en automne 2008 au début de la Crise "des Subprimes". Le 15 novembre 2008, les pays européens ont lancé un Plan de Sauvetage de l'Europe, mais ont consacré en réalité, avec la Boîte à Outils, la concurrence déloyale et non faussée, le déni réglementaire d'Europe et le chacun pour soi. L'attaque contre l'un des membres de la Zone Euro a donc été préparée par Francfort et Bruxelles. Tout le monde feint de se plaindre subitement en Europe que les CDS (assurances) sur les Obligations d'État augmentent énormément en Europe, mais on ne rappelle pas que le G4 de Berlin du 5 octobre 2008 avait donné longue vie aux CDS en relocalisant les paradis fiscaux destinés à accueillir les CDS et CDO toxiques et pourris pour les éloigner des bilans comptables des banques, des assurances, des entreprises. Il ne faut pas s'étonner si ce G4 a été un encouragement à continuer à émettre ces fausses assurances sur des obligations en racontant qu'elles permettent de fluidifier les liquidités et de multimutualiser les risques. Les CDS sont responsables de la faillite de AIG, la plus grande faillite de toute l'histoire de l'humanité d'une entreprise privée, comme des autres banques, de GM, de Chrysler, etc...

Donc méfions-nous de ceux qui miment en ce moment colères et critiques d’un système financier, ils sont et resteront pour cette-dite "liberté non-faussée des marchés" qui n’est que truquage et musèlement des européens dans un nivellement vers le bas de la valeur travail et de la valeur État. Ils se sont toujours prononcés pour toute forme de privatisation et de catallaxie. Ce sont ces mêmes personnes qui donnaient en 2007 la Californie comme exemple à suivre pour l'Europe.

Jean Monnet avait monétisé l'Europe et mis en forme la dissolution de l'État. Certains offusqués d'aujourd'hui feignaient même de contrer les voix de gauche il y a quelques années et expliquaient à juste titre que cette "liberté non faussée" provenait de Jean Monnet, Père fondateur de l'Europe qui en était l'un des auteurs. Cette fois-ci avec l'attaque contre la Grèce et l'Euro, le libéralisme de Jean Monnet dont ils sont les défenseurs ne leur plait plus. Ils réclament par opportunité populiste une intervention de l’État alors que Traité et Directives Européennes éliminent l’État. Pour faire passer le TCE, puis le Traité de Lisbonne et pour soutenir leur "concurrence libre et non faussée" ils ont écrit et écrivent sans relâche que "l'absence de droit de la concurrence, c’est une concurrence sans droit, la loi de la jungle, le désarmement unilatéral des pouvoirs publics face aux puissances de l’argent." Il suffisait d’offrir l’analyse des articles du TCE, puis du Traité Modifié Européen - Traité de Lisbonne pour comprendre qu'ils restent des stars du double-langage et que leur colère contre la spéculation sur la faillite de la Grèce n'est qu'une colère contre leur idée qu'ils ont de l'Europe et qui est écrabouillée par des gredins qu'ils vénèrent par ailleurs.

En résumé: Bruxelles n'a pas l'intention de freiner la libre circulation des capitaux du Traité de Lisbonne:

  1. l'article 26 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, "Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des capitaux est assurée",
  2. l’article 63 (ex-article 56 TCE), "toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites"
  3. l’article 66 (ex-article 59 TCE) précise que des "mesures de sauvegarde" peuvent être prises "dans des conditions exceptionnelles", mais uniquement "pour une période ne dépassant pas six mois pour autant que ces mesures soient strictement nécessaires".
  4. l’article 58 (ex-article 51 TCE), "la libération des services des banques et des assurances".
  5. l’article 60 (ex-article 53 TCE), la libéralisation à laquelle les États membres "s’efforcent de procéder au-delà de la mesure qui est obligatoire".
  6. l’article 49 (ex-article 43 TCE) stipule au même titre que les autres services, les établissements financiers. "Les restrictions à la Liberté d’établissement sont interdites".
Personne ne s'émeut que le Franc Suisse s'est écroulé, avait atteint à l'automne 2009 la parité avec le $ et est inférieur au $ en février 2010. Personne ne s'émeut que la £ a perdu 1/3 de sa valeur par rapport à l'Euro. Depuis les attaques, l'Euro n'a perdu que quelques centimes face au $. Et alors? Le PIB de la Grèce équivaut à 2% du PIB de la Zone Euro, tandis que la Californie est le 8ème pays du monde... et elle compte pour presque 15% du PIB des USA, parce que les 3 États limitrophes, Nevada, Arizona, Oregon ne peuvent en être vraiment détachés. En 2002 la Californie était le 6ème État le + riche du monde.

Et de plus, si la création monétaire doit redevenir un Service Public, la répudiation de la dette privée des spéculateurs systémiques ne doit pas faire partie des services publics comme aujourd'hui. Les banques, assurances et hedge funds doivent apurer leurs bilans et faire peser tout le risque de leurs malversations et fraudes sur leurs actionnaires et sur leurs propres acteurs. Il faudra aussi démanteler les banques universelles (<<< Glass-Steagall) pour séparer la banque de dépôt, de la banque d'investissement et des activités d'assurances et exiger des banques d'investissement qu'elles aient de vrais bien supérieurs à ceux préconisés par la Directive sur les Fonds Propres Réglementaires (CRD) pour couvrir leurs risques systémiques et les défaillances du "moral hazard", de l'aléa moral. Le "moral hazard" ne correspond pas à la "main-vibrante-du-marché" qui n'est qu'une construction idéologique, une vue de l'esprit, un architectone.

L'économie néo-libérale est un travestissement de religion dans laquelle le clergé régulier des économistes et influenceurs néo-libéraux se fond dans le clergé séculier de Wall Street en conférant à sa main les pleins pouvoirs et en la dégageant de sa responsabilité patrimoniale, morale, civile, pénale et sociale. Le gouvernement US a offert depuis octobre 2008 à Wall Street $13 trillions (13000 milliards) pour lui payer son bail-out qui n'apporte rien à l'économie réelle. Ces 13 trillions sont prélevés dans la paroisse US et du reste du monde avec les déficits budgétaires et l'émission des Bons du Trésor US arrivant à maturité à 30 ans dans deux générations. Ce bail-out public n'est pas mathématiquement remboursable par les sujets de la paroisse US. Il faudra recourir à la succussion hippocratique de la main vibrante de l'hyperinflation pour ramener la valeur de la dette à zéro. Au passage l'hyperinflation dépréciera toute épargne et tout placement. La croissance sera appauvrissante pour tous, le travail et les énergies investies par les peuples "riches" du haut-phalanstère auront aussi perdu toute leur valeur. L'État dépréciera ses services publics et les ramènera au niveau de ceux du Tiers-Monde. Les réseaux ferroviaires ne seront plus entretenus et les trains vont dérailler.

La main vibrante n'existe pas, elle est concentré de l'irresponsabilité globale des banksters qui ont été embauchés pour exercer une tâche comme des pokercracks qui vivent dans l'esprit du "après-moi-le-déluge". Le système des incitations par les boni est une légitimation du crime en bande organisée qui devra être poursuivi au civil et au pénal comme le dealer du coin. Les décideurs politiques, mais aussi les électeurs et les Travailleurs n'auront plus à soutenir ce modèle de société. Les alternatives politiques parlementaires existent, le peuple et l'Europe doivent devenir démocratiquement adultes. A l'avenir, il faudra qu'une Commission européenne paritaire et publique de contrôle et de surveillance intervienne dès l'apparition de bulles systémiques. Il faudra qu'il n'y ai plus d'activité fantôme Over the Counter faites hors bilan et que les activités d'accession à de la liquidité se réalisent sous contrôle et surveillance et il faudra instaurer la taxe Tobin-Spahn comme au Brésil depuis le 20 octobre 2009 pour mettre fin à cet infantilisme spéculatif de gros bébé qui attend sa purée. Il faudra que EuroStat aie accès directement aux données de la comptabilité nationale de chaque membre de l'Euro-Zone, bien que les membres européens viennent encore de s'y opposer la semaine dernière malgré la fraude manifeste et avérée depuis 2001 de la Grèce.

Les USA jouent leur poker en n'ayant plus aucune carte en mains. Les fondamentaux économiques européens n'ont rien à voir avec les fondamentaux exécrables des USA. Une intervention de l'Europe pour soutenir la Grèce empêchera simplement les USA à gagner du temps avant leur banqueroute d'État. Ce n'est qu'une question de semaines.

Le Pacte de Stabilité et de Croissance ne peut fonctionner parce qu'il n'a pas été pensé jusqu'au bout avec une politique commune macro-économique, budgétaire et fiscale. Pour les Constituants de Rome à Bruxelles il s'agissait de créer en Europe toutes les conditions de concurrence déloyale exerçant une pression ultime sur les coûts entre les pays européens et de ne pas les harmoniser entre eux. Le Pacte de Stabilité et de Croissance qui fonde l'Euro est encore moins applicable en période de crise, puisque 12 des 16 Pays européens membres de la Zone Euro violent gravement les critères de Maastricht avec un déficit qui est en moyenne de 7,5% du PIB au lieu des 3% prévus. La Commission Européenne a lancé une procédure d'avertissement pour déficit budgétaire contre 20 des 27 pays européens membre de l'UE. Dès le début de l'euro, c'était l'Allemagne qui a été la première à ne pas respecter le critère de 3% du PIB pour le déficit budgétaire et de 60% du PIB pour la dette cumulée. La France avait rapidement suivi l'Allemagne mais avait retardé en même temps avec arrogance l'entrée de nouveaux pays dans la zone Euro parce qu'ils ne respectaient pas encore tout à fait les critères. Comparativement les grands pays membres de la zone euro qui ne respectent pas les critères pèsent beaucoup plus gravement sur l'avenir de l'euro que la Grèce avec 2,2% du PIB européen et ses 11 millions d'habitants.

La Commission de Bruxelles soufre aussi d'inconséquence en lançant contre les États membres de l'Union une procédure pour déficit budgétaire alors qu'elle les avait enjoint à stimuler la "relance" avec les stimulus fiscaux du European Recovery Program. Pour contresigner son comportement absurde, la Commission avait demandé aux États Membres d'opérer un bail-out de toutes les banques qui ont une dimension systémique, mais la Grèce a elle-même une dimension systémique et ne bénéficie que critiques et atermoiements de la Commission. La Commission prouve par toutes ses absurdité que cohésion et solidarité ne font pas partie de son idée de l'Europe dépourvue volontairement de gouvernance économique pour préserver les intérêts particuliers de chaque État Membre jusqu'à leur octroyer des opting-out. J'ai souvent déploré sur mon site l'aspect libéral des critères de Maastricht qui ne sont qu'un jeu d'orge financier et dans lesquels manquent par exemple le taux de chômage et le niveau salarial médian (pas moyen). Car le problème européen n'est pas le déficit public, mais le chômage et l'appauvrissement de la population active, pas encore active, au chômage et à la retraite. Le TCE, le Traité de Lisbonne, les Directives sont tous adossés sur la "concurrence libre et non faussée qui crée des richesses en tend au plein emploi". C'est tout aussi illusoire que la "main vibrante" d'Adam Smith qui régule les marchés. La critique de l'Europe telle quelle est le constituant de mon site, le contenu de mes analyses, et est annoncée sous mon banner, car je suis un nonniste et européen convaincu. Mais pour aider les États Membres de l'Europe et de la Zone Euro, l'Europe doit devenir une autorité fiscale et budgétaire, doit pouvoir émettre des Bons du Trésor Européens et dépasser l'article 103a du Traité de Maastricht qui prévoit une assistance possible des États Membres en difficulté.

Article 103 A du Traité de Maastricht
  1. Sans préjudice des autres procédures prévues par le présent traité, le Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission, peut décider des mesures appropriées à la situation économique, notamment si de graves difficultés surviennent dans l'approvisionnement en certains produits.
  2. Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison d'événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière communautaire à l'État membre concerné. Lorsque les graves difficultés sont causées par des catastrophes naturelles, le Conseil statue à la majorité qualifiée. Le président du Conseil informe le Parlement européen de la décision prise.

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Maintenant regardons la situation de l'Euro face au Dollar au niveau de la planète. L'Euro s'impose comme une monnaie de réserve. Selon Bloomberg, les banques centrales du monde détiennent dans leurs réserves 39% en $ et 31 % en euros, ce qui est une belle valeur en sachant que l'Euro âgé de seulement 10 ans ne doit sa bonne foi qu'à la force industrielle et commerciale et à la stabilité sociale des États européens et non à une quelconque force militaire et politique géoplanétaire, domaines où l'Europe n'est rien. L'Europe ne dispose pas de l'arrogance criminelle financière américaine de la planche à billets et les pays européens ne peuvent vendre des bons du trésor comme les américains qui savent qu'ils ne seront jamais capables mathématiquement de les rembourser. Selon Bloomberg, la Chine détient actuellement 800 milliards en $ et 1 trillion en Euros. Sur le tableau à gauche vous voyez que l'Euro supplante le $ comme monnaie en circulation. Il faudra bien sûr éviter de tomber dans l'euro-glut, comme les américains ont pratiqué le Dollar-Glut en répartissant sur le monde leur pauvreté et en disant que le Dollar est leur devise, mais que c'est le problème du reste du monde. Au sujet de ma position sur les critères libéraux qui sont le fondement de l'Euro, j'ai écrit suffisamment d'articles sur mon site.

Change au 7 février 2010 du $, du CHF, de l'Euro>>>


1.00 EUR

   =   1.36500 USD



1.00 EUR   =  

1.46457 CHF


Tim Geithner, Secrétaire d'État au Trésor américain a déclaré le 7 février 2010 que les USA garderont éternellement la note maximale AAA. “Absolutely not, that will never happen to this country” a-t-il répondu à ABC au sujet d'un downgrade des USA. Ceci me rappelle Hitler qui parlait de l'empire de 1000 ans. En attendant Obama se lance dans un nouveau deal humanitaire avec la Chine: il ne dévalue pas tout de suite le $ et les 2000 milliards en Bons du Trésor US dans les Caisses chinoises, mais il se prend le droit de faire le baise-main au Dalaï Lama. Et ça fait chic un Lama orange dans le salon ovale. Ça fait oublier l’orange de Guantanamo. La crise des subprimes est terminée, elle a fait ses ravages. Les subprimes ne représentaient que 14% des crédits hypothécaires. Depuis janvier 2010 commence la crise des alt-A dans une économie américaine effondrée. Les alt-A représentent que 27% des crédits hypothécaires. En janvier 2014 commence en plus la crise FHA et Ginnie Mae que Obama à créée avec ses Obama Mortgages, c'est à dire la création exponentielle de la dette privée pour "rembourser" la dette. Sur le site de la FHA vous avez un onglet et une page qui s'appelle "Obama Mortgage" (Crédit hypothécaire Obama) avec l'invite suivante: "In early 2009, the Obama administration announced a program called Making Home Affordable. This program is expected to help nine million homeowners keep their homes and avoid foreclosure through refinancing and modified loans designed to lower monthly mortgage payments" (Au début de l'année 2009, l'administration Obama a annoncé un programme appelé 'Rendre la maison individuelle accessible'. Avec ce programme 9 millions de propriétaires seront aidés pour garder leur maison individuelle et pour éviter la faillite grâce au refinancement et à la redéfinition des termes de leur emprunt avec de plus petites mensualités de leurs crédits hypothécaires.) La FHA garantit à 100% les crédits pour l'acquisition ou la construction immobilière. Pour l'année 2010, le gouvernement américain et la Fed' assistent les propriétaires immobiliers avec un dégrèvement d'impôt de 8000$ et en rachetant les titrisations adossées sur les crédits hypothécaires à hauteur de 1425 milliards de $ pour contenir les taux d'intérêts sur ces derniers. L'aide fiscale prendra fin en avril 2010 et le programme de rachat par la Fed' se terminera à la fin mars 2010. (Graphique à droite: faillite des CMBS, les crédits hypothécaires commerciaux et industriels)

Dans sa réforme présumée et à venir sur les banques, Obama laisse de côté Fanie Mae, Freddie Mac, Ginnie Mae et la FHA qui sont tous en faillite malgré les Big-Fat-Bail Out cycliques auxquels ils ont droit. Ces quatre établissements nationalisés dans les faits depuis 2008  continuent et amplifient ce pourquoi tout le système financier américain a sombré: ils empaquètent des crédits immobiliers, multimutualisent leurs risques en inventant des produits financiers dérivés MBS (équivalent à des CDS) qu'ils se font directement garantir par le gouvernement. Le bail-out de Fannie Mae et de Freddie Mac a déjà coûté 712 milliards $ et Obama vient de garantir le 24 décembre 2009 qu'il n'y aura pas de limite supérieure; Obama a réussi à faire passer une loi qui lui permet de ne plus demander l'autorisation au Congrès pour continuer à renflouer Fannie Mae et Freddie Mac. Le gouvernement américain amplifie la bulle hypothécaire et immobilière et ne se fait pas dicter sa conduite par des étrangers mais par le Congrès et le Sénat US.

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Lire la suite >>  Libre circulation des capitaux: Wall Street, Goldman Sachs, JP Morgan ont aidé 10 ans la Grèce à tricher
Lire mon article du 6 mars 2009 >>>
Banqueroute de la Zone Euro: Irlande, Italie, Grèce, Autriche - Eclatement de la bulle des CDS et des Obligations d'État

Occupy the WordS / I want my Europe back >>> Partager

4 commentaires

17 janvier 2010

Road to serfdom: Shadow Finances, nostalgies de l'Association de Libre Echange et de l'épiphane Dictature du Prolétariat

Les commentateurs et les euro-députés glosent sur la "possibilité de risque systémique" en expliquant scientifiquement aux peuples la modernité des produits financiers dérivés. Ils n'éprouvent que le besoin "d'améliorer" les marchés financiers. Les trillions (1000 milliards, 1012, échelle courte US) de produits dérivés financiers sont négociés hors bilan et en dehors de tout marché régulé! Ce sont des produits "Over The Counter", hors-bilan, équivalents à du marché noir ou à du capital asocial soustrait de l'économie nationale réelle pour aller tourner en rond au service de la trésorerie privée des actionnaires et des spéculateurs qui feignent de se promettre un renforcement du PIB réel à partager par percolation et issu de créations de richesses provenant d'une réalisation concrète industrielle et commerciale. Les produits financiers dérivés promettent des rendements financiers à deux chiffres qui ne sont possibles en réalité que pendant 5 à 7 années et pour une start-up pionnière dans une secteur économique.

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(Photo: Torshavn, Iles Féroé, Webcam 13 janvier de 08:44 à 09:05, heure locale)

Autrement de tels rendements financiers ne sont possibles que sur un très court terme et en cassant l'outil industriel avec la "rationalisation" et le "lean management", le management à moindre coûts, qui ne permet plus une stratégie d'entreprise, mais seulement une stratégie financière. Les Grands Groupes industriels comme Chrysler, Ford, GM et bien d'autre, mais aussi les PME, qui sont en faillite technique depuis plus de 10 ans, avaient aussi réussi à se maintenir dans ce système économique port-réel pour deux raisons. Ils se sont fait racheter par des Hedge Fonds comme Cerberus dont l'activité est le rachat-rejet des entreprises en externalisant tout ce qui n'est pas un potentiel de dégagement de marge. Vous pouvez lire à ce sujet mes 2 articles sur Cerberus et Chrysler écrits le 4 juin 2007 et sur le management financier de share-holders (détenteurs de parts) qui n'a rien à voir avec un management de stake-holders (détenteurs de tâches) comme dans le cas de Airbus Industrie que j'ai décrit dans un article le 16 juin 2006.

Ce management financier a pratiqué de manières "créative" des "rationalisations", des licenciements, des liquidations de secteurs d'activités, des réductions ou arrêts des investissements dans Recherche & Développement, des fifth quarter sales, et toujours des reventes de leurs caisses internes de retraite, le tout toujours pour faire augmenter leur notoriété et l'appréciation par les agences de notation en bourse et la valeur des actions (mark to market, qui a fait loi, c'est-à-dire la valeur de marché, de rapport trimestriel en rapport trimestriel). La retraite américaine fonctionnant par capitalisation, les entreprises qui se croyaient toutes devenir des énochiens pouvant (accessoirement) verser pour un millénaire les retraites, mais qui ne se donnaient même pas les moyens de réaliser une croissance durable, voire à court terme, avaient des caisses de retraite internes ou étaient propriétaires de caisses de retraite. Ces entreprises en faillite se sont donc séparées de ces caisses en les externalisant (revendant) à bon prix pour s'en débarrasser le plus vite afin de nettoyer leurs positions comptables, rendre joli leur bilan et refaire monter leurs actions à la bourse en tentant d'atteindre un taux de marge opérationnelle de 20%. Ceci pouvait encore assez "bien" fonctionner, mais arrivent maintenant à la retraite les millions de papy-boomers, et ce système de retraite par capitalisation est par avance en faillite. Les fonds de pensions américains ont perdu 2 trillions de $ (1000 milliards) de 2008 à 2009 et ne les retrouveront plus. Les américains pauvres et de classe moyenne sont ruinés et ne veulent pas payer en plus pour la sécurité sociale d'Obama, qui n'est de toute façon qu'une dotation budgétaire globale versée par l'État aux grandes assurances privées qui vont offrir une "prestation sociale" élémentaire de base. Ici aussi, les lobbies ont gagné. Je reviendrai dans un futur billet sur la victoire des lobbies sur Obama, mais préparez-vous. Obama n'a pas perdu face à son manquement relativement à ses promesses. Obama n'a jamais gagné la Présidence, il y a été entreposé par les lobbies.

Toutes les activités de négoce et de spéculation sur des titrisations de ces véhicules financiers dérivés se pratiquent dans ce qui est appelé le shadow banking et le shadow financial system. Ce qui vous est vendu comme de la modernité d'une concurrence libre est non faussée qui rend les marchés plus fluides, plus liquides et plus réactifs doit se faire en dehors du regard du régulateur et du contrôleur, des Travailleur, des citoyens et des habitants des pays. L'opacité des produits et des marchés financiers est consubstantielle à ce mode de fonctionnement de l'économie. Elle a pour but d'éliminer l'État qui est pour les libertariens le cadre de la Road to serfdom, la Route de la servitude, chère à Augustus von Hayek, prix Nobel et disciple de von Mises. Il n'y a plus besoin d'avoir peur de réfléchir aux choses avant qu'elles n'existent, elles existent sans la réflexion. Il n'y a même plus de place pour une Association de Libre Échange comme il n'y a plus de place pour... une épiphane dictature du prolétariat. Nous nous étonnons presque à avoir la nostalgie de ces modèles de société... Nous ne savons même plus quel modèle était plus dictatorial ou épiphane que l'autre. Plus destructeur et appauvrissant que l'autre.

Ainsi, l'action du trio mafieux de Wall-Street, Obama-Geithner-Bernanke, n'a permis que la "jobless recovery" des faux "green shoots", les illusoires reprises sans emploi, et la constitution d'une nouvelle bulle spéculative avec l'argent public offert à taux zéro et qui n'est allé que tourner en rond dans le circuit fermé des marchés des capitaux. Au sujet de la reprise du Dow Jones au-dessus de 10.000 points, il faut rappeler sur le graphique ci-dessous ce qui s'est produit entre le Black Tuesday de 1929 et 1932. Ce n'était qu'un "Short Jobless Recovery". Actuellement les politiques de relance d'Obama font bien pire, puisque les injections "keynésiennes" ne servent qu'aux zombie banques pour leur trésorerie. L'argent prêté à taux zéro aux banques pour qu'elles fassent leurs œuvres pathologiques de spéculation financière est une licence d'exploitation de casino qui leur est offerte gratuitement par l'État. Au nom de la Libre circulation des capitaux et des services financiers, aucune contrepartie ne leur est demandée pour soutenir l'économie réelle. Mesurées aux marges bénéficiaires actuelles, les actions du S&P-500 n'ont par exemple jamais été aussi chères aujourd'hui que depuis ces 100 dernières années. Entre temps les entreprises "valent" 140 fois leur bénéfice annuel, une valeur normale est de 30. Quelle éclatante bulle! Mais les "liquidités" offertes à un taux de 0% et à un taux relatif négatif de 20% sont détournées de l'économie "réelle" vers cette spéculation post-réelle et simplement financière. Ce modèle de "reprise" s'appelle Bulle Échoïque ou bulle-écho, comme les 7 "short recoveries" de la Grande Dépression (graphique à droite). Les banques centrales engraissent les banques et les spéculateurs sur le compte des contribuables et de deux générations futures. 2010 sera comme 1930. L'année 11 comme 31. En pire.

Le shadow banking repose sur les "conduits", qui sont des véhicules d'investissement représentant des prêts financés par des papiers commerciaux qui sont des dettes de court ou moyen terme. L'homme, dans ce système, n'a plus de rôle que comme sauf-conduit qui n'a plus besoin de composer un langage qui fasse entendre sa pensée. En français ces véhicules sont appelés "Fonds Communs de Finances" (FCC) et en anglais "Conduit", "Special Purpose Vehicle" (SPV) ou encore "Structured Investment Vehicle" (SIV). Tous les conduits sont des structures ad hoc inventées pour un besoin quelconque de financement d'un projet réel de production industrielle, de distribution commerciale, de consommation, ou pour le financement d'un projet d'investissement spéculatif. Un porte-feuille boursier ou d'obligations peut donc aussi se financer avec un conduit. Il suffit d'avoir envie et de ne pas réfléchir, une institution financière vous précédera toujours sur ce giant causeway du désir. Les banques sont les interprètes de vos désirs, parlent pour vous dans une complexion de langage et d'acronymes pour ne pas cacher qu'elles vous filtrent. La plus grande assurance du monde, AIG, qui est aussi la plus grande faillite d'une entreprise privée de l'histoire de l'humanité, a été "sauvée" avec 182 milliards de $ par l'État américain, mais elle a elle-même remboursé 62 milliards aux partenaires des produits dérivés (les banques Goldman Sachs et la Deutsche Bank) dont elle assurait les titres de crédits avec des CDS. L'assurance AIG et les banques avaient inventés ensemble les CDS pour s'enrichir ensemble en filtrant vers elles les richesses. AIG a remis elle-même sur le marché spéculatif les 122 milliards restants. AIG avait caché au public la swap-transaction de 62 milliards avec les banques et l'utilisation des 122 milliards restants sur la demande et avec l'appui de la Fed' de New York, dont Geithner était à l'époque président avant de devenir Secrétaire d'État au Trésor du gouvernement Obama. Avec les fonds publics AIG adosse une nouvelle criminalité financière en se remboursant sur sa criminalité financière précédente. Les banques elles-mêmes ont fait de même avec les liquidités obtenues d'AIG ou directement de l'État, parce que leur objectif est de ne pas sortir dernier et trop perdant de leur pyramide Ponzi-Madoff. Le système économique fait en sorte d'aider les banques à devenir le gagnant des derniers jours, all is well for them, mais les anciens chômeurs arrivent déjà en fin de droits et la nouvelle vague de chômeurs se décuple.

Ce n'est pas parce que Bernanke, un an après les versement des fonds publics à AIG et aux autres sans obligation de contrepartie, a demandé à la court des comptes, la Government Accountability Office (GAO) de former une commission d'enquête, que la nolonté (avec un n) réformiste d'Obama va se transformer en volonté et en acte. Les trillions ont été dilapidés pour le renforcement de la spéculation au lieu de réformer le système, abolir le shadow banking et le shadow financial system et pour donner une confiance à l'économie, pour qu'elle reparte, qu'elle emploie et qu'elle produise. Il coûterait moins cher à la planète d'apurer légalement les bilans que de laisser le monde tomber dans Weimar II et la Grande Dépression 2.

Toutes ces techniques de titrisation de crédit prétendaient et prétendent toujours réduire les coûts du financement pour les investisseurs finaux, mais elles ne profitent qu'aux intermédiaires et représentent bien une filtration des richesses au profit d'un groupe d'acteurs très réduit. Les transactions sur les produits financiers dérivés représentent 10 fois le PIB mondial.

Les G20 et Bruxelles prétendent de manière chronique vouloir rendre plus transparent le système financier parallèle, shadow financial system, mais vous pouvez relire sur mon site que les rendez-vous des G20 et des G20-finance ne sont pas des rendez-vous ratés, puisqu'ils n'avaient jamais l'intention de réussir comme COP 15, le sommet climatique de Copenhague. Plus on parle de l'intention de rendre plus transparentes ces structures, plus on occupe la scène de bruits et bavardages pour poursuivre ou amplifier les rituels financiers opaques qui continuent à être vendus comme des gages de modernité qui permettent de "lisser au mieux la volatilité".

A côté de l'intervention officieuse de la Fed' pour soutenir avec des achats massifs les cours des actions dans le programme PPT, Plunge Protection Team, s'est amplifié le système boursier parallèle que l'on appelle shadow market system qui offre une plus grande fluidité de la circulation des liquidités avec la mention best execution rendue possible avec des caches qui reprennent toute leur dimension avec l'internalisation et les dark pools: du shadow banking avec ses "réserves fractionnaires" au shadow market system, au niveau gouvernemental officieux (PPT) et secret ou extra-bilanciel (OTC - Over The Counter), tous les canaux de circulation des richesses et des masses spéculatives ont dépassé la qualité de structures d'intermédiation financière pour devenir l'essence et la substance même de toutes opérations entre les différents agents économiques. Nous voyons ici que la pensée précède le langage et l'enrichissement. La communication se fait et l'enrichissement suit. Je parviens ici à mettre directement en collision Behaviourisme et Gestaltisme, où je voudrais voir la paresse de l'homme et sa volonté à vouloir s'endormir sur un magot en croissance qui font qu'il n'a plus à s'affairer à se demander quel est son rapport au monde, puisque le monde est sa maison de rapport et sa syntaxe le conduit. Le conduit est si riche et plaisant qu'il se dispense même de parler de sa propre condition de vérité.

En 2009 nous sommes quasiment parvenus au backlash idéal du retrait de l'État incorporant pour les libertariens la Road to Serfdom. La Crise a non seulement éliminé l'État comme dernier rempart contre la jungle, mais elle a rendu l'État servile contre les peuples au bénéfice des initiés. Il faudra analyser sagement les médias qui cultivent dans un coin de leurs pages une réflexion sur la thèse de la conspiration et se demander si ce débat extra-polé n'est pas destiné à éviter une réflexion d'investigation sérieuse et rationnelle sur le mode de fonctionnement de notre société post-réelle qui transforme la mort de l'État en chose rentable et en simple marché qui s'est même aliéné de ce qu'il aurait dû devenir depuis les années '50: une Association de Libre Échange. Nous voilà presque entrain de regretter la disparition de ces zones et associations de libre échange au profit de l'État Providence Bancaire. Tout est calculé pour que l'être humain s'épuise, crache de la valeur ajoutée, et meurt. Avant sa retraite. L'État, les banques et le marché ne font plus qu'un. L'esprit de Jean Monnet a vaincu. Jean Monnet a monétisé les peuples et mis en forme la dissolution de l'État.

L'électeur et le Travailleur sont seuls responsables de la Crise, mais ils font leur petit mijoré parce que papa a menti.

 

L'électeur est un animal qui se mange froid

Ceci ne suffisant pas, et à l'éclatement des bulles auquel nous assistons depuis la seconde moitié de l'année 2006 - la crise à déjà 4 ans - une autre bulle de produits dérivés est plaquée sur la "première" depuis janvier 2009 avec tous les plans dit de sauvetage et de relance de l'économie avec du quantitative easing (planche à billet) et avec du qualitative easing (rachat des obligations et dettes pourries des banques et assurances directement par les banques centrales). Et sur la nouvelle dette publique vouée à éponger les dettes toxiques privées sont émis par trillions de nouveaux CDS, qui sont sensés fluidifier et accélérer la circulation des liquidités dans une économie nationale en multumutualisant le risque des défaillances des emprunteurs. Dans les pays industrialisés, et surtout aux USA et au Royaume-Uni, l'économie nationale et la "croissance" ne sont plus du tout fondées depuis 15 années sur la réelle création de richesses mais uniquement sur des produits financiers créés sur de la dette des pays post-industriels contractée auprès de la Chine. La Chine, qui continue à créer du vrai PIB avec de la création de richesses issues de la production industrielle, est le premier créancier des USA. La Chine produit et gagne de l'argent, mais ne dépense pas. Les USA délocalisent en Chine, ne produisent plus, dépensent à crédit à partir des liquidités chinoises mises sur les marchés financiers mondiaux et américains en particulier. Le PIB des USA ou du Royaume-Uni est un PIB fictif ou d'initié créé sur de la valorisation de dettes packagées en produits dérivés financiers véhiculés.

 

 

Ensuite les commentateurs et les euro-députés noient de  nouveau le poisson en faisant une différence légitime entre toutes formes de crédit et d'obligations en se donnant des airs d'historicité et de scientificité qu'ils nous vendent comme la légitimation cardinale de leurs actes. Je pense à tous ces filtres et acronymes des CDS / CDO, RMBS, etc. Mais, personne sur cette planète ne peut prouver la certitude de l'existence de Dieu ou de la capacité à répondre au risque systémique, ni Bin Ladin, ni la Suisse qui a délocalisé en 2009 officiellement la bad bank de l'UBS dans les Iles Caïmans, ni les irlandais qui ont adopté en janvier 2010 une Loi contre la blasphémie, ni les inventeurs des produits financiers dérivés modernes que l'on appelle CDS ou CDO. Je vous redonne donc l'historique de l'invention des CDO par la JP Morgan. Tout le système bancaire et d'assurance américain a fait faillite à cause du risque systémique des CDS, CDO, OTC, RMBS, ABS, MBS, et autres produits financiers dérivés. Tous ces produits sont de la dette fragmentée, fagotée, packagée et titrisée. Titrisation, le mot à la mode à l'automne 2008 après les faillites multiples, a totalement disparu du langage vernaculaire de l'infocratie médiatante, alors que 2009 a décuplé une nouvelle bulle de nouveaux produits titrisés.

 

Donc pour cette multi-mutualisation du crédit, JP Morgan et les autres banquassurances parlent depuis son invention financière plus souvent avec le terme générique de securities ou securitization en désignant tous ces produits dérivés CDS (Credit Default Swaps), ces CDO (Collateralised Debt Obligations), etc... Parce que là où il y a du CDO, les CDS arrivent pour assurer les CDO et les combiner en un produit dérivé encore plus complexe qui sera lui-même remis sur le marché spéculatif. Les banques gagnent en prêtant, puis gagnent de nouveau sur la même opération en faisant le négoce des assurances CDS sur toutes les formes de prêts ou de mise à disposition de liquidités. Plus simplement tous les produits financiers destinés à "fluidifier" le crédit, et donc à octroyer aux banques la capacité privatisée de création monétaire en leur déléguant aussi la fonction exclusive de contrôle et de régulation, sont "couverts" par des ludiques CDS contre la défaillance. La Banque Centrale a abandonné sa Souveraineté au profit des banques et de leur shadow banking en un premier temps, puis de leur shadow financial system.

Dans le shadow financial system, je mets sous le terme générique "banque" toutes les institutions financières comme les banques de dépôt et les banques d'investissement, les mutuelles, les organismes de crédit spécialisé, les compagnies d'assurance, les SICAV, les hedge funds ou fonds spéculatifs, le private equity ou investissement privé, et toutes autres formes de véhicules de titrisation.  Les véhicules de titrisation sont des boîtes de macédoine de produits dérivés de la "seconde génération" ou "square", adossés sur toutes les sortes de crédits allant des crédits hypothécaires, aux crédits à la consommation, aux cartes bancaires, aux crédits automobile, aux crédits pour étudiant, etc... Ces véhicules sont désignés par leurs acronymes comme ABS, CDO's, CDS, MBS, RMBS, etc... Tous ces véhicules sont unis par un seul but à deux facettes: accélérer la circulation de liquidités ayant atteint le plus haut degré d'immatérialité en proclamant le rendement maximum garantit par l'infaillibilité de la multi-mutualisation du risque de l'investisseur. Le shadow financial banking permet la transsubstantiation en donnant par les burettes de la titrisation aux actifs illiquides, les créances, un corps échangeable. Ces corps travaillent tout seuls, sont parfaitement mélangeables, produisent de la richesse, il n'y a ni homme, ni travail, ni patience, ni persévérance. Il s'agit de gonfler le fantôme qui donne souffle et énergie. Ce Pantocrator fantôme est devenu le créateur.

Il existe une Commission aux USA qui commence à éplucher les livres comptables des organismes bancaires et qui met à jour l'aspect mafieux des émissions des CDS. Il leur est demandé "s'il était éthique de créer des instruments dérivés financiers contenant des subprimes des crédits hypothécaires et de profiter en même temps du short-selling, de la vente à découvert, contre ses propres instruments." Des richesses sont produites avec des procédés de filtration de plus en plus sophistiqués pour permettre une accumulation de plus en plus exclusive véhiculée dans un groupe de plus en plus restrictif. Nous sommes toujours en face du PIB d'initié, qui reste un PIB fictif et furtif pour le reste du pays. La comptabilité nationale intègre dans le PIB cette croissance de richesses, mais ne révèle pas qu'elle n'est qu'une croissance appauvrissante pour un groupe de plus en plus grand de la population des pays industrialisés eux-mêmes. L'espérance de vie des personnes est inférieure de 4 années aux USA par rapport à la France. C'est moderne de mourir plus tôt, pauvre et avant la retraite capitalisée.

Le pouvoir libertarien, exacerbé au nom de Augustus von Hayek et même de Von Mises par l'École de Chicago avec le Consensus de Washington décliné jusqu'à Bruxelles, de "l'Indépendance de la Banque Centrale" a été entièrement et aveuglément conféré à toute banque commerciale de dépôt et d'investissement. Cette qualité d'Indépendance de Banque Centrale est détenue par les banques sans qu'une contrepartie ne soit réservée à l'État qui était le Premier concessionnaire historique de la Monnaie depuis le début de l'ère de la Modernité. Cette contrepartie est historiquement la Surveillance et le Contrôle des activités de prêt et des activités financières des banques. Un avatar de contrôle et de surveillance a été confié aux marchés à des entreprises commerciales gérant le rating de ces banques et assurances: ce sont les agences de notations comme Fitch, Moody's, Standard & Poors qui travaillaient uniquement sur les rapports produits par les banques elle-mêmes pour délivrer des chapelets de triple-AAA.

Le triple-AAA a été effacé une première fois en mai 2009 pour les USA, le Royaume-Uni et l'Irlande et une seconde fois en janvier 2010 pour la Californie. Ce triple-AAA a un sens parce qu'il a été un genre de phare d'Alexandrie, une référence planétaire qui efface la pensée et qui ne conduit l'homme qu'au but. Une semaine avant les faillites de la Bear Stearns, de la Lehman Brothers, de Fannie Mae ou de Freddie Mac, AIG, WaMut, Wachovia, GM, Chrysler, etc, toutes les agences de notations avaient attribué la note maximale, dont la plus parlante est le triple-AAA. Il existe cinq grades avant que cette agence S&P's n'invite à se défaire des obligations ou autres valeurs mobilières d'un émetteur privé ou public. 



L'essentiel de l'évènement est la dégradation de la notation et non pas son ampleur. Quelque part ceci équivaut à tuer le père. A ce jeu, les agences de notation ont de la chance, parce qu'elles disposent d'un abonnement pour accorder de manière échelonnée la mort. L'essentiel est bien de se rendre compte que leur dieu n'est plus, même s'il jouit encore d'une qualité pas tout à faite négative, ou encore plus ou moins positive. Un Dieu ne peut plus se vendre deux fois sous la même forme. Il faudra puiser dans ses racines pour s'en fabriquer un nouveau. De la fabrique mondiale de la globalisation nous sommes passé au porte-feuille mondial multimédial, en éliminant l'homme, le Travailleur et l'électeur, car dieu n'a pas besoin de fidèles, seuls les prêtres vivent d'eux. Je suis sûr qu'une cellule va créer le signe pantocrator de l'ère qui suit l'ère post-réelle qui s'est écoulée de 1989 au 15 IX 2008. Et les petits seront heureux de se soumettre au nouveau rituel pour faire plaisir à papa au nom de Standrad & Poor's, de Fitch et de Moody's.

 




Les banques n'avaient qu'à demander à la Banque Centrale de la masse monétaire à faire tourbillonner, et elles la recevaient. Ici aussi, le Service Public de la Création monétaire a été privatisée, ou pire, confisquée par le monde bancaire et des assurances avec l'aval de tous les politiciens et décideurs d'État. Quand arrivera la Grande Dépression 2, dans quelques mois, il n'y aura plus de moyens financiers même de contrefaçon, comme ceux issus de la planche à billets, pour payer les frais du chômage de masse et de la misère. Et l'on vous expliquera qu'il faut privatiser les Services Publics, l'aide sociale, les retraites, l'Éducation Nationale, les pompiers, la police... Dans cette ère post-réelle la réalité vous sautera aux yeux et à la gorge. Pour éviter un effondrement complet de leur économie, les États-Unis ont offert aux banques en un peu plus d'un an, l'équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en 20 ans.

 

 

Le nouveau dieu prépare déjà une sorte de parousie, prend déjà racine et le shadow financial system essaye de rapatrier le mode de fonctionnement du négoce de gré à gré de son parc de véhicules dans une chapelle qui s'appellera Chambre de Compensation. Ce dieu aussi ne sera pas Apollon ni Dionysos. Il sera l'expression d'une nouvelle épidémie. Si l'intention est bonne de vouloir clarifier le rite financier, l'objectif est en premier lieu d'implorer une entité officielle, en famille avec un reste rafraichi d'État, qui veuille bien momentanément faire de cette chambre de compensation une zone de défaisance qui blanchit les bad banks et les zombies banks en les indemnisant de leur risque encouru et en les recapitalisant avec de l'argent frais, si elles acceptent d'ouvrir les volets. Et on remet le tapis pour les Flush-Draws, Pot-Odds, les Gutshot Straights, les CDS et CDO. Ce n'est pas un hasard si les hedge funds, les systèmes bancaires emploient volontairement aux postes clefs des pokercracks, joueurs professionnels de poker ou des docteurs en mathématiques, en physique nucléaire, en physique des particules élémentaires. Il faut habiller la folie de formules et le meurtre de sagesse communautaire.

Aujourd'hui, le système bancaire veut miser sur les trois cartes:
1) Premièrement, les banques veulent toujours être libres de gérer la création monétaire sur simple demande de liquidités auprès de la Banque Centrale, ce qui est fait depuis 2009 avec la canalisation ouverte de la planche à billets pour poursuivre le bricolage spéculatif, sous couvert de bail-out.
2) Deuxièmement, les banques voudraient rétrocéder à la Banque Centrale cette Indépendance dite de la Création monétaire assimilée en mauvaise part à de l'Indépendance de Banque Centrale, en ce qui concerne les centaines de trillions de positions toxiques et illiquides de leurs dettes irrécouvrables qui plombent leurs comptabilités.
3) Les banques aimeraient même obtenir encore plus. Elles aimeraient restituer cette partie de l'Indépendance à la Banque Centrale en lui demandant de se rapprocher du Trésor public qui épongerait tout simplement ces dettes qu'elles ramènent à la grande maison car elles sont devenues avec elles plus que des bad banks, mais des zombie banks.

Ce triple scénario est en cours de réalisation en ce moment, il est juste plus visible avec le trio Obama, Tim Geithner, le Secrétaire d'État au Trésor US, et Bernanke le Directeur de la Fed', la Banque Centrale américaine.

Si la création monétaire doit redevenir un Service Public, la répudiation de la dette privée des spéculateurs systémiques ne doit pas faire partie des services publics comme aujourd'hui. Les banques et assurances doivent apurer leurs bilans et faire peser tout le risque de leurs malversations et fraudes sur leurs actionnaires et sur leurs propres acteurs. Il faudra aussi démanteler les banques universelles (<<< Glass-Steagall) pour séparer la banque de dépôt, de la banque d'investissement et des activités d'assurances et exiger des banques d'investissement qu'elles aient des Fonds Propres Réglementaires (CRD) pour couvrir leurs risques systémiques et les défaillances du "moral hazard", de l'aléa moral. Le "moral hazard" ne correspond pas à la "main-vibrante-du-marché" qui n'est qu'une construction idéologique, une vue de l'esprit, un architectone. La main vibrante n'existe pas, elle le concentré de l'irresponsabilité globale des banksters qui ont été embauchés pour exercer une tâche comme des pokercracks qui vivent dans l'esprit du "après-moi-le-déluge". Le système des incitations par les boni est une légitimation du crime en bande organisée qui devra être poursuivi au civil et au pénal comme le dealer du coin. Les décideurs politiques, mais aussi les électeurs et les Travailleurs n'auront plus à soutenir ce modèle de société. Les alternatives politiques parlementaires existent, le peuple doit devenir démocratiquement adulte. A l'avenir, il faudra qu'une Commission paritaire et publique de contrôle et de surveillance intervienne dès l'apparition de bulles systémiques. Il faudra qu'il n'y ai plus d'activité fantôme Over the Counter faites hors bilan et que les activités d'accession à de la liquidité se réalisent sous contrôle et surveillance et il faudra instaurer la taxe Tobin-Spahn comme au Brésil depuis le 20 octobre 2009 pour mettre fin à cet infantilisme spéculatif de gros bébé qui attend sa purée.

Il n'y avait pas besoin d'attendre Joseph Stiglitz pour dire que les spéculateurs et toute forme d'entrepreneuriat doivent tirer les conséquences de leurs actes. Même en lisant Walter Eucken (1891-1950), le fondateur de l'ordolibéralisme, nous le savions déjà. Il faut être très vigilant quand nous entendons des forcenés populistes et des princes-présidents qui parlent "du capitalisme fou, qu'ils ne toléreront pas". Il ne sont pas différents des commentateurs et des euro-députés qui manigancent des "améliorations de transparence" comme avec le futur Solvency II, comme avec le système prudentiel comptable de Bâle 2 par qui la crise a été créée sous couvert d'une volonté de régulation qui aménage des interprétations et des auto-régulations par les acteurs eux-mêmes, et bientôt comme avec Bâle 3.

Il faudra refonder la société à responsabilités contiguës. Il faudra casser l'oligopole des banques et des agences de notations qui sont aussi leurs consultants. Nous savons aussi au moins depuis Adam Smith que l'État doit exercer son contrôle lors de la création de nouveaux véhicules et instruments de financement, et nous savons aussi depuis John Maynard Keynes avec son "Tract on Monetary Reform" que les ardeurs des financiers doivent être jugulées et que la banque centrale ne doit pas agir en collusion avec eux. Dans une nouvelle réflexion économie politique, il faudra revisiter plusieurs nostalgies, et pas seulement celles d'une "Association de Libre Échange" ou d'une épiphane "Dictature du Prolétariat". Les réflexions sur les solidarités locales, régionales et globales pour un développement durable et social sont à concrétiser ailleurs qu'à des sommets climatiques. L'économie politique ne sera plus flashy et people. C'est plus scandinave. Par exemple les États des USA les moins touchés par les faillites et les banqueroutes sont ceux du centre-nord-ouest où les ancêtres immigrants étaient surtout issus de Scandinavie.

Obama, chef de gang et raté global, a annoncé hier vouloir taxer les 50 instituts financiers qui ont été "sauvés" avec les 700 milliards de $ du premier Plan de Sauvetage appelé TARP. Il prévoie un remboursement sur 12 ans si ces instituts ne versent pas de boni les 4 prochaines années. C'est facile de demander à un patient, pour lequel le pronostic vital est engagé, de rembourser ses soins. C'est d'autant plus drôle que les banques américaines communiquent depuis 3 mois sur le fait qu'elles ont déjà remboursé cette première aide ou qu'elles sont entrain de le faire après avoir levé des fonds sur les marchés financiers. AIG, la plus grande faillite de toute l'histoire des USA d'une entreprise privée, Fannie Mae, Freddie Mac, GM, Chrysler seront exemptés de cette taxe. La Deutsche Bank devra payer. La condition des boni est un leurre, car les salaires des banques ont augmenté de 30% en 2009 pour contourner les boni. Obama, comme Gordon Brown ou le prince-président français est un populiste qui vit depuis plus d'un an sur ses effets d'annonce.

En janvier 2010, les grandes banques d'investissement ont effectivement restitué à au Trésor américain une partie du 1er plan de sauvetage appelé TARP, mais juste suffisamment pour que le gouvernement américain n'aie pas une position d'actionnaire majoritaire ce qui lui aurait permis d'exprimer des exigences et de contrôler les affaires. Les mauvaises nouvelles recommencent à tomber en grappe et il s'avère évidemment que ces banques ont restitué trop rapidement au Trésor les aides et que leurs comptes se plombent de plus en plus avec les crédits pourris et les positions toxiques anciennes ou nouvelles. A côté des grandes banques d'investissement restent les banques de dépôt et d'affaire qui font faillite par dizaine par mois. Ces banques de proximité sont plus proches de l'économie réelle et ne parviennent plus à recouvrir leurs fonds qu'elles ont déposés dans les banques d'investissement à des fins spéculatives.

L'infocratie médiatante jubile à publier autour de la planète la dégradation par l'agence de notation Moody's de la Grèce qui perd son "triple-AAA".  Mais on ne publie pas pour autant les autres chiffres révélés par Moody's Economy.com: 1 million de foyers américains ont été chassés de leur maison par les huissiers en 2009 et 2,4 millions seront chassés par eux en 2010. Vous avez bien lu, le chiffre s'aggrave, à cause de la bulle des Alt-A et des Primes qui fait écho à la bulle des Subprimes. Mais cette fois si, les emprunteurs hypothécaires de mauvaise foi ne sont plus les indigents NINJA (No Income, No Job, no Asset), mais la classe moyenne. Les années 90 ont ajouté dans les pays industriels la paupérisation des classes moyennes. Le croissance du PIB leur a aussi filé sous le nez. Le PIB n'a été plus qu'un PIB d'initié.

On ne peut penser aux produits et véhicules financiers destinés à faciliter à une échelle macro-économique l'accès des demandeurs de prêt et obligation à des liquidités, sans penser à cette énorme bulle de CDS qui sont l'effet d'annonce d'une soi-disant multimutualisation du risque des emprunteurs (moral hazard). A un événement microéconomique, l'accès à des liquidités, on a greffé par simple automaticité un effet macro-économique, celui de la création monétaire, celui de l'augmentation de la masse monétaire, et celui de la mise en péril systémique de toute l'économie d'un pays, car cette accessibilité forcée et multi-multipliée au risque, si elle est procyclique en période de boom de croissance ou de boom spéculatif est anticyclique au moindre retournement de tendance. Un retournement de tendance est une difficulté de paiement d'un emprunteur ou d'un titulaire des obligations qui ne peut plus verser les intérêts et les rembourser à maturité. Le crédit est normalement intimement lié et connecté à la capacité de remboursement de l'emprunteur en fonction de son nantissement ou de ses garanties et de son aptitude à constituer dans le futur une création de richesse égale ou supérieure au montant du prêt ou de l'obligation ajoutés des intérêts.

Cette fluidification du crédit avec les véhicules financiers a totalement délié et déconnecté le crédit ou l'obligation de la capacité de remboursement en offrant une chimère de multimutualisation du risque répartie sur l'ensemble d'une économie nationale et finalement du dernier garant qui est l'État formé de ses contribuables et de son parc d'acheteurs de Bons du Trésors émis sur les marchés financiers pour ne rembourser uniquement que les positions toxiques des prêteurs qui ne rentrent plus les montants qu'ils ont prêtés et les intérêts qu'ils se sont promis et souhaités. L'émission de Bons du Trésor est aussi appelée vente de dette souveraine, ce qui ne cache pas que l'État Providence bancaire n'est qu'une nouvelle mise en œuvre de la pyramide Ponzi-Madoff, et une filtration des richesses véhiculées vers le seul groupe des actionnaires des systèmes bancaires.

Les contribuables électeurs et travailleurs trompés et floués n'ont pas le droit de se plaindre parce que ce système de société et d'économie est issu de leur adhésion politique par les urnes et leur consentement en fonction de programmes politiques précis tous chapeautés en Europe par le Traité de Lisbonne qui a été entériné en France aussi avec les voix des députés et sénateurs PS, suite au déni du NON du Référendum européen sur le TCE du 29 mai, par l'adoption du Traité de Lisbonne au Congrès de Versailles. Le citoyen n'a pas à se plaindre parce qu'il a mis à la tête de son pays, d'un coté le prince-président, héros limpide et absolu de sa Lutte de Classe, et de l'autre côté une majorité parlementaire totalement à son service. Un choix électoral doit s'assumer et ni être renversé par toute autre forme d'expression populaire ni par des Élections Régionales roses qui ne sont que la voix d'un pré-adolescent qui ne sait pas s'assumer et qui fait sa colère de petit mijoré. La Révolution financière n'est pas une invention de l'UMP mais a été introduite en France par les grands élus comme François Mitterrand, Laurent Fabius et Lionel Jospin qui a décidé le plan de privatisation de tous les services publics.

Une bulle créée sur des promesses non tenables à la Madoff-Ponzi est toujours une bulle prête à éclater. Peugeot, Renault, PSA Financial Service Ltd, Chrysler, GM qui vient encore de se refaire bailouter il y a une semaine, ont été actifs dans les Crédits hypothécaires et dans les CDS, etc... en croyant s'enrichir sur la spéculation encore plus vite qu'avec de la production d'automobile. La banque d'investissement américaine Goldman Sachs a un levier d'endettement de... 34262% en janvier 2010, avec des produits financiers dérivés. (Photo: Torshavn, Iles Féroé, Webcam 13 janvier de 08:44 à 09:05, heure locale)

 

Bear Stearns, Lehman B ont fait faillite à cause des CDS, Wachovia, Wamut, JP Morgan, etc. et sont rattrapés par les "plans de sauvetage"  TARP, puis par les autres programmes TALF, PPIP et par l'argent à taux zéro distribué par la FED qui leur permet de se refaire une trésorerie sur de la nouvelle spéculation de produits dérivés, etc, qui ne correspond toujours pas à de la réelle création de richesse.

AIG, est la plus grande faillite de l'histoire des USA, à cause des CDS / CDO. L'article de Forbes.com démontre bien que les CDO aussi étaient bourrés avec de la macédoine "packagée" de crédits hypothécaires Subprimes. D'ici très peu de temps seront révélées les fraudes commises par Tim Geithner, Secrétaire américain au Trésor d'Obama, avec son sauvetage de ces montagnes d'activités de rehaussement de crédit, de ces CDS / CDO d'AIG. Forbes prend moins de pincettes que les euro-députés et les commentateurs azimutés pour faire l'amalgame entre CDS et CDO : "These CDOs are mostly filled with subprimemortgage-backed securities that have plunged in value since sketchy U.S. borrowers began defaulting on their home loans in recent months. The Credit Default Swaps (CDS) on this kind of CDO account for the lion's share of AIG's problems with default insurance."

On ne parviendra pas non plus à cacher encore trop longtemps les activités de spéculation de la Société Générale et de la Deutsche Bank qui sont les banques européennes les plus actives dans le domaine des véhicules, des conduits, des CDS / CDO. Les CDO, les prêts collatéralisés, eux-mêmes, ont été rendus encore plus juteux grâce au repackaging en CDS. En réalité les CDS sont la plupart du temps une gigantesque pyramide posée sur la colossale pyramide de CDO. L'objectif des prêteurs n'était plus de s'assurer du remboursement de leurs sommes prêtées, mais de négocier sur les marchés financiers de la titrisation sur de la titrisation et de faire à chaque fois la "culbute" lucrative. La caboula se faisait jusqu'à 60 fois! La traçabilité des produits véhiculés sous-jacents n'était plus possible en un clic. Les néo-libéraux dénomment ceci de la catallaxie. C'est de la catallaxie irrémédiablement déprédatrice et économicide qui tue l'Électeur et le Travailleur. Fannie Mae et Freddie Mac qui ont "diversifié" leurs activités dans les CDS sont tous les 3 mois en faillite et sont bail-outés aussi tous les 3 mois, etc. Comme Fannie Mae et Freddie Mac ne suffisent plus à créer de la bulle de dette de relance, Obama invente un nouveau véhicule, le Obama-Mortgage, et booste un Ginnie Mae pour refaire des montagnes de nouveaux Subprimes, de nouveaux Alt-A tous plus illiquides et délinquants les uns que les autres alors qu'ils étaient destinés à fluidifier le crédit privé à la consommation et à relancer le marché et la croissance.

L'effet de levier permis par la multiplication de ce genre de contrats CDS / CDO, qui semblaient offrir un certain temps un haut rendement financier infaillible, s'est retourné encore plus violemment contre les banquassurances qui les ont mis sur le marché. Il n'est pas étonnant que le lobby des banques et assurances travaille à cacher une seconde fois par Solvency 2 ou Bâle 3 les risques déjà minimisés par Bâle 2.

J'avais déjà mis en ligne en 2009 le lien qui conduit au Rapport de référence de la BIS, publié le 7 décembre 2009. Les graphiques cliquables ci-dessous sont issus du document téléchargeable de la BIS en pdf.  >>>


Vous avez d'autres graphiques pour la période Q3 de 2009 du Comproller of the currency - Administrator of National Banks
qui montrent que les banques s'engagent en 2009 de manière encore plus furieuse dans les trading and derivatives activities.

Sur tous les produits financiers dérivés, voici, à l'unisson avec les euro-députés et autres commentateurs, ce que vient de publier la BIS dans son Rapport de juillet 2009: "Pour autant, il ne faudrait pas renoncer à l’innovation, mais s’efforcer de trouver un juste équilibre entre créativité et sécurité, en limitant les risques que de nouveaux instruments peuvent faire peser sur le système tout entier. Il faudrait prévoir une forme d’enregistrement des produits visant à en réduire l’accès en fonction du degré de risque, à l’instar de la certification des produits pharmaceutiques : les titres les moins risqués pourraient ainsi être en vente libre, comme les médicaments délivrés sans ordonnance ; viendraient ensuite les instruments accessibles avec autorisation expresse, comme les médicaments délivrés sur ordonnance ; puis viendraient les titres disponibles en quantités limitées destinés à l’usage de particuliers et d’établissements habilités, comme les médicaments au stade expérimental ; et enfin, au niveau le plus bas, on aurait les titres interdits à la vente. Un instrument pourrait être autorisé ou passer dans la catégorie supérieure seulement après des essais concluants (à l’instar des essais cliniques), sur une base réelle à petite échelle et sur une base théorique de simulation de graves tensions. Un tel système d’enregistrement et de certification de titres favoriserait la transparence et la sécurité. Mais, comme pour les fabricants de produits pharmaceutiques, un mécanisme devrait contraindre les émetteurs de titres à répondre de la qualité de ce qu’ils vendent. Autrement dit, les émetteurs endosseront une responsabilité accrue dans l’évaluation des risques de leurs produits".

Le Travailleur est un animal qui se mange froid

Ces techniques de titrisation du crédit prétendaient réduire les coûts du financement pour les investisseurs et consommateurs finaux. Elles ne profitent qu'aux intermédiaires et représentent une filtration des richesses au profit d'un groupe d'acteurs très réduit. Les transactions sur les produits financiers dérivés représentent 10 fois le PIB mondial. Moins d'1% de la population des pays industrialisés a profité dans les pays industrialisés du Leverage-effect  permis par la bulle spéculative sur les produits dérivés financiers. L'effet de percolation, le ruissellement, le trickle-down-effect du Consensus de Washington et de Bruxelles et du Traité de Lisbonne, la croissance enrichissante qui coule vers le bas dans "une concurrence libre et non faussée qui crée des richesses et qui tend au plein emploi" est un étouffoir et la fabrique du dumping humain. Les rendements financiers succulents de la bulle spéculative n'ont été possibles que dans les conditions de la moindre répartition des richesses créées du PIB d'initié et qu'avec la dépossession systémique par l'économie hoax. Les salaires de Travailleurs sont depuis 2006 au même niveau qu'en 1960. Graphique de gauche: Répartitions des richesses, Salaires et Profits, voir explications.



"Le clivage droite/gauche est dépassé" qu’ils disaient, qu’ils disent et qu’ils diront. Pour les uns c’est un état de fait, qui les arrange, pour les autres c’est un idéal permanent auquel il faut aboutir. D’autres encore, les plus pervers, jubilent en voyant des gauches qui se querellent, nourrissent la querelle, en sachant qu’il n’y a qu’une gauche, mais que le groupe dudit non clivage droite/gauche gonfle, et ça les arrange pour leurs affaires. Plus de débat, pas de contestation, pas de renversement.

Il est temps de retrouver de l’idéal et de l’idéologie. Car en face de moi et des désidentifiés (aliénés) globaux, la Lutte de la Classe financière est poursuivie avec brio et en totale réussite, avec de l’action en procédant au transfert des savoirs, des pouvoirs et des richesses du même côté, du côté où le consensus est le plus fortement imposé avec le soutien du PS/modem.

Vive la lutte des classes... à l'allemande.
Elle se fait dans les bureaux en Allemagne.
En France on carmagnole sur le tarmac le 14.




En France nous avons un syndicalisme à postériori qui est en plus "fluidifié" par le patronat.
En Allemagne n'existe pas la contention de l'ouvrier et la rétention de sa dignité, le syndicalisme fonctionne a priori.

Le patronat français est pourtant très content de la main d'œuvre en France et il sait le dire à ses actionnaires et aux investisseurs. Sur le graphique à gauche de l'INSEE vous voyez la répartition des Richesses en France. Le revenu salarial en France est plus bas qu'il y a 60 ans et avait surtout chuté sous la "gauche" de Mitterand.



Sur le graphique à droite vous avez la comparaison entre la croissance de la productivité et la croissance du salaire en France. De 1978 à 2009, l'augmentation des salaires est quasi nulle, est est négative à cause de l'inflation. Non seulement la productivité augmente, mais en plus la durée du travail augmente.

Ver.di, le syndicat allemand de la fonction publique fédérale et communale a commencé les nouvelles négociations salariales de la Tarifverhandlung pour 2 millions d'employés et demande 5% et promet comme d'habitude en Allemagne une très forte détermination. Lisez donc mon article: +0,8% en France, +8% en Allemagne - Vive la Lutte des Classes à l'allemande ou encore mieux: 8% - IG Metall, 1.165.000 grévistes non dupés par Crises des spéculateurs et Plans de Sauvetage du crédit.




Bruxelles fait pression depuis 10 ans sur l'Allemagne pour qu'elle élimine la Mitbestimmung (cogestion) et la Tarifautonomie (négociation autonome par branche des conventions collectives) qui sont selon bxl "une barrière à la concurrence libre et non faussée". Mais ces deux éléments de la démocratie du monde du travail sont inscrits dans la Loi Fondamentale allemande. Les ouvriers allemands ne se laisseront jamais voler par BXL et le Traité de Lisbonne leurs acquis qui remontent à... Rosa Luxembourg et... Bismarck!

Selon les chiffres officiels du rapport "Emploi en Europe" publié par la Commission européenne, les salaires en France sont inférieurs aux années 60... mais il y a la masse de chômeurs en plus et un PIB et une productivité qui se sont considérablement démultipliés.

Quand on lit actuchomage.org on n'a pas non plus à se demander s'il est chic, utile ou ringard d'être à gauche en 2010, ni de se demander si une certaine petite gauche doive s'associer au modem aux prochaines Élections R de mars 2010. On est du côté du Travailleur.
 

L'Africain est un animal qui se mange encore plus froid

L'Électeur Travailleur de l'hémisphère riche dispose juste encore de la force de dépecer des cadavres plus petits que soi. L'Électeur Travailleur, enrubanné dans sa compromission universelle, œuvre pour la pérennisation de l'espèce la plus apte: la Classe financière.

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Chaque habitant d'un pays doit puiser dans ses ressources d'historien, c'est à dire aussi être capable de percevoir l'histoire en constitution et donc de s'affranchir du langage du mainstream pour cerner les déclencheurs, les conceptions, les visions, les responsabilités mentales tout autant que les événements concrets et les actions inter-humaines qui concourent à orienter la marche du monde. D'où la nécessité d'une bonne éducation nationale qui n'élimine pas les cours d'Histoire et de Sciences Économiques et Sociales. Il faut penser de soi-même et l'infocratie médiatante ne nous y aide pas. Get up, Stand up, for your Mind. Le devoir de mémoire n'est pas une activité de musée, mais une interrogation active du citoyen dans une réflexion constante sur les solidarités locales, régionales et globales. Le citoyen est né avec une burka qui l'empêche de regarder autour de soi. Chacun est capable de mettre l'épistémologie en transhumance.

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La Road to serfdom de Hayek et von Mises, est parvenue premièrement à la même destruction économique que hitler & staline, que nous verrons de mieux en mieux venir cette année et que nous pourrons de mieux en mieux comparer d'ici un an, mais elle donne aussi à l'homme, comme sous chaque système totalitaire, la possibilité et le devoir d'éliminer massivement en groupe l'autre en groupe.

La subtilité de notre système libéral est meilleure que sous H et sous S, car nous accordons la mort sans plus même éprouver l'intention de la donner (ceci est le contenu entier de mon "roman"), sans même nous rendre compte que nous tuons, sans nous rendre compte que cette mort est issue de notre main. C'est pourquoi dans mon "roman" j'avais interdit au verbe d'exister, parce que je ne pouvais pas m'arroger le droit de reconnaître en moi la qualité de sujet qui en plus dispose de cette effronterie de s'adjoindre des objets directs et indirects. C'est pourquoi tu trouveras dans mon "roman" le verbe "morter" qui déconnecte l'acte criminel de l'effet recherché. J'avais donc fait parler des personnes dans mon "roman" avec des "je morter", en "inventant" des "pronoms-sujants", car l'exsitence même du pronom, d'un pour-le-nom, m'était insupportable car il signifiait un rapport de hiérarchie à sens unique pour le service du nom. Le pronom possessif était à mes yeux encore plus bannissable avec son insolence inouïe.

Sous H & S on faisait semblent de vivre de l'intérieur ce "wir haben es nicht gewusst" (nous ne l'avions pas su), mais - d'après mon père - tout strasbourg connaissait le "centre hospitalier" de Kapelrodeck pour handicapés, en face de strasbourg en allemagne nazie. Donc notre système libéral, ôte aux citoyens et habitants d'un pays la possibilité même de parvenir naturellement à ce mensonge non ébruité du "wir haben es nicht gewusst" et nous laissons courir à leur mort des couches entières de la population et des peuples moins aptes de la planète en forçant un darwinisme économique qui a reconnu la nécessité linnéenne des espèces les plus aptes. Le libéralisme plonge l'humanité dans un double-hit: morter et ne pas avoir à penser que "nous ne l'avions pas su". C'est un stade pré-Edenique de l'humain, où le meurtre a libre court et où la conscience de la "pomme" de la discorde est un non existant puisqu'elle ne réside même pas dans les moindres des limbes de la moindre des destinées. Voilà, même si c'est con ce que je t'écris, c'est une belle page. Lisez ceci:  http://mises.org/books/TRTS/

Je pense que ma littérature n'est pas déplacée ici, car je pense que mon "activité littéraire" a une légitimité d'existence. J'ai monté 5 pièces de Friedrich Dürrenmatt, et je me souviens du classique "was einmal gedacht wurde, kann nicht mehr zurück genommen werden" (ce qui a été pensé, ne peut plus jamais être repris). Je sais depuis au moins 40 ans que nous avons un devoir de penser, car l'homme doit avoir le soucis de tout le temps dire consciemment les choses autrement, pour sentir - comme Sartre et Camus - que la définition qu'il donne aux choses n'est qu'une petite cuisine qui l'arrange sur le champ et momentanément. Ensuite j'ai été éduqué par mon espagnole avec laquelle j'étais sorti un an et qui écrivait sa thèse sur Borges. Tous les soirs elle rentrait de la BNU et nous nous engueulions sur l'idée conne de Borges du Palimpseste, car Borges disait que "tout a été déjà écrit, et que l'on ne pourra jamais plus rien écrire de nouveau", ce qui pour un Hitzkopf comme moi ne pouvait que me fâcher, ne serait-ce justement que pour voir dans sa plume que dénommer n'est qu'un dénominateur commun, donc une falsification, un faux en écriture, une prévarication,... le stade d'avant l'expression. (Photo: Torshaven, Iles Féroé, août 2008)

Beaucoup d'abrutis, le mainstream, parlent du double-dip, de la crise qui a une forme du W. J'ai toujours parlé dès le début d'une crise avec un grand U, où le fond du U est très long et profond. Comme il n'y a jamais eu de "reprise" il n'y a pas de W. Nous ne sommes même pas au bas du U, nous ne sommes même pas à la moitié de la première branche du U. Reportez-vous aux graphiques de la crise de 28, du rebond en 30 et de l'effondrement total en 31.
 

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1 décembre 2009

CDS, CDO, OTC, RMBS - Deux décades perdues: le PIB furtif et fictif - Le PIB d'initié

Hier le prince-président français a encore pris avec des mimiques ostentatoires pour des demeurés ceux qui veulent "ralentir" la croissance et il a justifié l'aide aux banques donnée par des fonds publics et des garanties directes de l'État et par l'argent prêté à taux Zéro par la banque centrale BCE. Le prince-président et ses boys parlent de croissance du PIB.

Mais ce PIB n'est que leur avatar de leur préparation mentale en éprouvette de laboratoire structuratrice d'État, d'économie nationale et des relations économiques entre les habitants d'un pays et avec leurs voisins. Dans cette éprouvette, le prince-président, ses boys et ses apparentés comme le PS français, cultivent les habitants de leur pays comme l'on cultive des virus sur un substrat nourricier. Leur seul objectif est d'obtenir dans leur bouillon de la multiplication, qu'ils nomment croissance. Et ils en sont fiers de cette multiplication et la gauche godillote française jubile avec ses poupons en tête dont les joues sont gonflées par la cravate trop serrée. Ils veulent de la croissance du PIB coûte que coûte et regardent le peuple au labeur d'un œil compatissant. (Huiles de Robert Dandarov sur Malevitch)

Lire la suite...

Vous êtes invités à lire la 1ère partie de cet article et vous pouvez aller directement au paragraphe 4 si cet "essai littéraire" vous pèse. La non-objectivité de la "Reprise" économique n'est qu'une illusion suprématiste et ne concerne que les banques systémiques qui bénéficient des aides gouvernementales de sauvetage. Comme il existe la non-objectivité de la Reprise ou des "green shoots", il existe depuis presque 20 ans la non matérialité du PIB en croissance. Croissance sur dettes.

Les banques ne cessent en ce moment d'annoncer un bon résultat opérationnel, mais "résultat opérationnel" n'est pas une norme comptable internationale définie par les standards IASB / IFRS et chaque banque peut y faire figurer ce qu'elle veut, quand elle le veut, et changer ses propres critères selon ce qu'elle a envie de communiquer ou de cacher. Les médias et les politiciens ne restituent que ce mensonge planétaire qui doit servir de bain gingival à ceux qui prononcent ces mots. Le bouche est purifiée et peut donc parler de croissance. On peut nommer ceci le parl'être, le mensonge, le faux en écriture en fonction de sa foi ou de sa compromission personnelle. L'homme s'est adossé sur un marché cognitif unique. L'homme de l'hémisphère riche.

Face à cette immatérialité du PIB en croissance, il existe la réalité du NAIRU et de l'appauvrissement d'un prolétariat élargi aux classes moyennes qui se déprécient comme acteurs économiques titulaires d'une sécurité alimentaire et matérielle.

Face à cette croissance, l'Afrique est encore plus vite dépolluée de son désir de sécurité alimentaire, économique et politique dans le miroir suprématiste de l'organisation mondiale du commerce libre et non faussé (OMC) qui crée du bien-être et qui tend au plein emploi en apportant par-dessus le marché la démocratie (Traité de Lisbonne).

Les miroirs suprématistes se cumulent pour se concrétiser en un thaumatrope qui montre à chaque inclinaison différente la même image du cochon repu qui dit merci et qui n'éprouve même plus le besoin de nourrir une conscience politique et d'aller voter. La médiocrité de la nouvelle gouvernance européenne conformément au Traité de Lisbonne en est par exemple un résultat. Pour faire miroiter ce thaumatrope dans tous ses sens on n'a même plus besoin d'une urne électorale ou d'un doigt d'un Bilderberg, de la Trilatérale, de la Banque des Règlements Internationaux ou d'autres princes et imbéciles aux grands chœurs, le cochon bat la queue et ça lui suffit même s'il ne mange plus que du son. Il a en lui haut et fort une certaine image de croissance, du PIB à la tête dans la gamelle. Car il faut moins de temps pour ne plus le dire, la titrisation est oubliée. Aux excès de langage courant depuis 1989, mais que vous ne percevez subitement et intensément que depuis le début médiatique de la crise "des Subprimes" à partir du 15 IX 2008, je dois opposer des coups de butoir avec des mots qui vous semblent être des néologismes, pour que vous preniez conscience et admettiez de mettre des mots sur tous vos états. Mais ne vous inquiétez pas, je vais me remettre à mon langage économique plus bas, comme il se doit... et vous verrez que le monde de la finance fait encore pire depuis le 15 IX 2008 et avec la garantie, le soutien et l'aval des gouvernements. A une folie, j'ajoute la mienne. A vous de voir qui est le plus atteint. Le Stress-Test des banques ou moi? La Grèce qui falsifie ouvertement les critères comptables de Maastricht dès son adhésion à la Zone Euro, ou les USA qui font la guerre en plus? Thaumatrope ou Obama?




La tentative d'utiliser "Nobel" Obama comme miroir suprématiste destiné à endiguer les foules pâlit très vite (Photo: Signature de BO). Obama est un raté global. "Nobel" Obama réduit ses objectifs environnementaux et triple ses GIs expédiés dans le ‏هندوکش. "Je vous suis redevable d'une mission", son discours d'hier devant l'École des Cadets de Westpoint était le même que celui du Sommet de l'Otan à Strasbourg le 4 avril 2009 lors de son townhall meeting tenu devant les jeunes UMP et des Grandes Écoles, et au Sommet de Prague du 6 avril 2009a été consacré le déconstructivisme de l'État hormis de sa fonction ressentie comme régalienne d'État Providence Bancaire. Le suprématisme du primat de la croissance sur l'Homme est l'image inversée du déconstructivisme de l'État des habitants des pays et de l'état de l'homme en tant que dépositaire d'une enveloppe dans laquelle il génère et gère des aspirations paisibles et lentes dans lesquelles il n'est pas obligé de s'inventer ennemis & dangers avant chaque lendemain pour transformer une illusion de vivre en se bavardant de lui-même.




Paragraphe 4
) Rassurez-vous, je vais bientôt vous entretenir des réserves fractionnaires, des CDS / CDO, des RMBS et des bulles des produits titrisés adossés sur ce reste de vie. La mode du parl'être de la titrisation qui avait été collectivement nommée Titrisation et seulement en apparence identifiée comme étant la mère de toutes les bombes de l'éclatement de la nommée Bulle des Subprimes après le 1er lâchage de la Lehman Brothers le 15 IX 2008, avait très vite pâlit malgré la suite collectivisée des pertes issues des faillites de Goldman Sachs, de la Washington Mut, de AIG, de Chrysler, de General Motors, de l'Islande, de HSBC... et bientôt de Boeing. La bulle létale des titrisations a été pourtant amplifiée depuis septembre 2008 par le club de Wall Street, Obama-Bernanke-Geithner, avec les programmes de recapitalisation des banques et grâce à la non-indépendance des banques centrales aux ordres des porteurs du pouvoir politique légal des États et du pouvoir illégal du G8-20 qui n'est qu'un club informel de rencontres sans réalité juridique internationale et démocratique.

Je peux vous exprimer ceci plus simplement, mais vous auriez déconnecté parce que vous auriez cru lire marx dans mes propos: le pouvoir appartient aux banques. Il est tellement inscrit dans les gènes que le CAC 40, le Dow, le Nikkei soient notre credo et que l'État doive disparaître dans l'efficacité commerçante des marchés qu'il m'est nécessaire de faire repasser cette idée à double-face dans le double-face du suprématisme de la valeur et du PIB adossé au déconstructivisme de l'État pour faire reprendre conscience. Et bien que les banques fussent décriées puis nommées par le "too big to fail" à la fin de l'année 2008, leur recapitalisation leur a permis de fusionner entre elles et de devenir encore plus too big to fail en opérant leur croissance de leur nature systémique de risque. Mais ceux qui savent vous vendent cette croissance comme une "nécessité pour être encore plus prêt devant la concurrence internationale, pour être en mesure de rebondir après la crise et pour permettre de gagner des indices de croissance". On feint d'ouvrir et de nourrir le débat démocratique en faisant bavarder les foules sur une taxation temporaire des bonus bancaires de 2 à 3000 traders valable jusqu'en avril 2010, mais la perversité démultipliée du système financier global auto-centré est un billion de fois plus grave, peuplicide et économicide. La Lutte des Classes est parfaitement moderne, visible, lisible et présente devant la corbeille de la Bourse, mais ne l'est plus devant la gamelle de l'affamé, auquel on a dit que le clivage gauche-droite est ringard, et il l'a cru et intégré dans son comportement syndicalement, politiquement et sociétalement non revendicatif et soumis. L'affamé n'a plus que sa langue, mais elle lui sert à lécher sa gamelle. Dès 1989 j'ai basculé dans la Gauche du IIIème millénaire en donnant un nom aux choses. Depuis 1989, la Chute du Mur, la gauche a orchestré les Deux décades perdues parce qu'elle n'a perçu que le primat de la globalisation comme liant de l'humanité. La Gauche a transposé dans l'esprit global la nécessité nécessaire de la réalité des banques en lui donnant le packaging du progrès de la globalisation. Quand hitler était arrivé au pouvoir il avait aussi promis un reich de 1000 ans et il avait su convaincre en plaçant les individus au centre du miroir suprématiste et en en écartant juste ce qu'il fallait pour parvenir à son accomplissement. La droite fait son travail et elle le fait bien conformément aux aspirations de ses donneurs d'ordre électeurs. Le coupable est seule, la gauche. Là où elle renie la lutte des classes elle collabore, soutient, renforce et s'ajoute à la compromission universelle. La lutte des classes du IIIème millénaire ne se fera pas avec une x-ième révolution, mais avec le contrôle démocratique des pouvoirs conformément à la Constitution. L'électeur doit vouloir, il n'a qu'à écouter les alternatives qui existent. Il est tellement masochiste qu'il préfère attendre d'être un squelette sur lequel le monde s'écroule comme à l'écroulement de la République de Weimar.

paragraphe 5) Souvenez-vous du printemps 2009, une oreille distraite aurait eu pu croire que le prince-président français en exercice était de gauche quand il mettait son accent tonique sur les "marchés financiers fous" en vociférant à hue et à dia avec des "je ne tolèrerais pas que..." et qui menaçait encore à la veille du G20 de Londres de "claquer la porte avant la fin, si". Ou au G4 de Berlin de février 2009 nous étions fiers du parl'être de notre pinnochio local qui ne posait plus simplement son regard compatissant sur le peuple mais qui reprenait pour lui sa destinée en main en disant "la crise de l'économie de marché, la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et que je ne tolèrerai pas...".

Tous les G20 depuis l'automne 2008, Londres, Washington, Pittsburgh, etc.. le G4 de Lecce, ont consacré la victoire des banques, le maintien des paradis-fiscaux ou leur renforcement off-shore, le placement du quantitative-easing (planche à billet) au centre de l'économie politique en instrumentalisant à cet effet le Fonds Monétaire International (FMI), la non-régulation et le non contrôle des flux financiers. Même la nouvelle autorité de contrôle européenne créée la semaine dernière et présentée comme une victoire est une coquille vide selon les journaux financiers eux-mêmes. J'y reviendrai dans un prochain article.

Les G20, G8 ne sont que des clubs sans autorité et sans légitimité juridique internationale à la différence de l'ONU ou de la FAO, mais des décisions monétaires y sont prises et les états membres s'y tiennent. Le Sommet climatique de Copenhagen de décembre 2009 n'a été qu'un club et sa décision à minima n'a aucun caractère juridique contraignant et ne sera pas respectée.

Dans mon "essai littéraire" ci-dessus, qui est un libelle à la Montaigne, je vous ai demandé si nommer les choses intensément, si déposer son accent tonique sur des mots comme PIB ou croissance étaient des activités structuratrices d'État, d'état, d'une forme d'économie, des relations domestiques et internationales entre les habitants d'un pays et avec leur voisins. L'objectivité d'un mot ou la non-objectivité de ce mot est structurante dans son environnement où il a cours, tout comme les triple-A des évaluations infondées des agences de notations Moody's ou Standard and Poor's. Utiliser le contraire d'un mot pour cacher son revers est tout autant structurant. Ne plus utiliser un mot quand on a mis dessus pendant des mois l'accent tonique est tout aussi structurateur. La titrisation avait été dénommée toniquement au printemps, pour faire croire aux peuples que l'on détenait le grand coupable, même si l'on n'allait mettre au cachot que le nano-Madoff qui avait fait du joujou dans un coin de la scène Ponzi globale, destructrice et ordonnancée. Les peuples ont besoin de grands procès mais de petits coupables, sinon ils se mettraient à douter d'eux-mêmes et attaqueraient de front le dictionnaire, et leur colère serait encore plus violente s'ils se mettaient à comprendre qu'ils sont autant coupables en ayant accepté de se glisser dans la compromission universelle qui leur octroyait à eux aussi un lopin de confort furtif avec sa fiction de culture agricole et de l'ensemencement générique offert au plus petit d'entre nous. Il est confortant de se sentir être un organisme génétiquement manipulateur. Il est réconfortant d'être structuré. Chacun est agent d'un reich. Je reste profondément conscient de la responsabilité de chacun dans cette compromission universelle. Le chacun comme électeur par-ci, mais cultivateur de son lopin furtif par là. Le PIB n'est que l'expression de son propre besoin d'identification. Les rapports entre mon voisin et le PIB sont fluidifiés si l'identification se fait dans une société sans culture et sans éducation, dans un double-face du suprématisme de la croissance et du déconstructivisme de l'État. L'essentiel est de cravacher. La marche suivra son cours.

paragraphe suivant)  Le cours ne suivra pas la marche.  Je vous ai écrit au printemps qu'en réalité les décisions au sujet des parités des monnaies avec le Dollar comme pivot se prennent dans le système para-secret de la Banque Internationale des Règlements, qui a toujours été nommée "Banque Mondiale bis" depuis 1945. La Bank for International Settlements - Banque des Règlements Internationaux, BRI, est la banque centrale des Banques Centrales. C'est le cœur idéologique de la politique économique globale comme l'entendent les pays du G7. La BIS est un club de Banques Centrales qui siège à Bâle et dont l'objectif est de gouverner les gouvernements. Ce club n'a pas de statut officiel relevant du droit international comme le G8, le G20 à la différence de l'Otan et de l'ONU.

Pourtant c'est à la BRI que sont prises les décisions de dévaluer ou de défendre les monnaies, de fixer le prix de l'or, de réguler le système bancaire off-shore, d'augmenter ou de diminuer les taux d'intérêts à court terme. La BRI est aussi appelée le réacteur nucléaire qui surplombe avec sa tour de 17 étages le ville médiévale de Bâle. La BRI n'apparait quasiment jamais en public et ne fait pas de communiqué. Elle est faite de 55 membres mais en réalité ce ne sont que l'Allemagne, la France, les USA, la Suisse, l'Italie, le Japon et la Grande-Bretagne qui se rencontrent régulièrement à Bâle. La BRI est le club supranational le plus secret, le plus exclusif, le plus puissant de la planète. Elle avait été officiellement pro-nazi dès 1930. Elle a été le centre du système bancaire de Hitler cogéré avec les américains... Elle n'avait jamais été liquidée comme l'avaient demandé en 1944 les américains à la Conférence de Bretton-Woods. C'est du Comité de Bâle de la BRI que sont sorties en 2004 les Recommandations de Bâle, appelées Bâle II, qui sont à l'origine des interprétations libres qui ont mené à la crise des subprimes, des CDS / CDO, de ce Système du Risque des produits dérivés titrisés adossés au mark to market (à la valeur du marché) qui a plongé la planète dans la spéculation systémique et dans cette crise économique la plus grave de l'histoire économique de l'humanité. Les Recommandations de Bâle II étaient vendues comme des Normes Prudentielles Comptables, ont été déclinées avec les Directives CRD en Europe toujours friande du dernier cri du crétinisme néolibéral. Mais les normes prudentielles comptables n'ont organisé que la contagion planétaire du mark-to-market et détourné le capitalisme dans un Casino-capitalisme. Il pourrait paraître très drôle de voir en ce moment Abu Dabi réclamer à la Citigroup 7,5 milliards de $ pour qu'elle le dédommage d'avoir commis des "erreurs d'interprétations frauduleuses". En d'autre temps ceci serait un scénario de déclaration de guerre. Peut-être que nous sommes en guerre et que nous ne le savons pas. Nous ne le savons pas.

Je fais un amalgame entre la BRI et le FMI? Le FMI peut et veut devenir ce club bis de la BRI, puisqu'il s'agit d'organiser un système mondial centralisé de planche à billet, ce que la BIS ne pouvait pas faire sans sortir de l'anonymité. C'est à partir de l'analyse de la BRI depuis sa création que s'est développée la "Théorie de la Conspiration" qui buzz très bien sur le net et dont je ne vous conseille ni la lecture ni le visionnage, et dont je n'ai regardé que quelques secondes de vidéo. Pour moi, il n'y a pas de Conspiration s'il y a une démocratie forte, active, informée et éduquée à l'exercice de la dialectique dès la maternelle. L'altérité doit être politique; l'altruisme peut-être conservé par les églises, peut m'en chaut. Il n'y a pas de victimes d'un système mafieux féodal, il n'y a qu'une tolérance générale à cet occultisme parce que l'individu est plus enclin à s'arranger avec la quotidienneté de la compromission universelle.

Je vous sens attristé, à chaque fois que je vous promets que je vais revenir au langage économique plus bas, je me relance dans des phrases. Voilà: la BIS / BRI va publier le 7 décembre 2009 son rapport trimestriel sur la situation globale de la Titrisation des produits financiers dérivés que l'on nomme CDS, CDO, OTC. Vous l'avez compris, la crise n'est pas la crise de l'économie de marché, mais la crise du capitalisme dont le seul objectif est de réaliser et de canaliser la croissance des richesses financières. La Titrisation inventée par la JP Morgan (fusionnée depuis 2009 avec la Goldman Sachs) et qui a été copiée en 15 ans par tous les systèmes bancaires, d'assurance et par les banques centrales, est à l'origine de l'effondrement des pays industrialisés du Global Meltdown que certain appellent encore timidement Grande Dépression II.

Au printemps 2009, les économistes comme Krugman, Nouriel Roubini, parlaient de l'éclatement imminent de la bulle des CDS qui était évaluée à 68.000 milliards de $ (68 trillions). Dans le dernier document téléchargeable de la BIS / BRI nous voyons que cette bulle est non seulement considérablement sous-évaluée, mais qu'en plus elle a recommencé à gonfler.

Selon le rapport des statistiques de la BIS / BRI, le montant total notionnel de tous types de contrats OTC a été en juin 2009 de 605 trillions de $ (605.000 milliards) et a augmenté de 10% par rapport à décembre 2008.  Les OTC, Over The Counter, sont des contrats de gré-à-gré et des opérations extra-bilancielles réalisées sur le marché mondial financier qui ne sont pas encadrées par le moindre des contrôles (over the counter) selon la volonté des législateurs. La bulle plus spécifique des CDS a augmenté pendant la même période de 60%. Les CDS, Credit Default Swaps, qui sont des assurances contre la défaillance des emprunteurs et des produits financiers dérivés sur les emprunts pour permettre aux banques la multimutualisation des risques des emprunteurs, sont tout autant des contrats réalisés de gré-à-gré et des opérations extrabilancielles over the counter qui échappent à tout contrôle des autorités financières selon la volonté du législateur. Vous pouvez visualiser le Graphique de la BRI / BIS. Les liquidités mises sur le marché par les banques centrales dans des opérations de Sauvetage et de Relance dites "Bail-Out", ou TARP, TALF, PPIP, etc... sont tout autant soustraites des circuits monétaires et financiers réels et transparents de l'économie réelle pour se transformer directement en produits spéculatifs qui tournent en rond sans plus jamais rejoindre l'Économie Réelle. L'augmentation de ce nouveau gonflement de la bulle des CDS est d'autant plus grande qu'il existe dans la même période un ralentissement de la croissance de richesses (du PIB) lié au déclin de 30% de l'activité productive réelle de biens et de services. Ceci est un hold-up nourri et soutenu par les gouvernements et les autorités financières de contrôle dans un système pyramidal Ponzi-Madoff qui fonctionne en circuit fermé en vidant l'économie réelle de ses actifs et des liquidités financées par les dettes publiques et la planche à billet pour créer le retour de la Croissance. Si je vous dis "les krits, les martiens, les langoliers sont parmi nous" vous ne me croirez pas. Si je vous dis que les paradis fiscaux sont domiciliés sur le territoire métropolitain, vous penserez à Rudolph the Red-Nosed Reindeer et votre nez brillera d'incrédulité. Tous ces contrats de gré-à-gré sont extra-bilanciels et non contrôlés par les gouvernements et les autorités de contrôle.

Au nom de la liberté des marchés financiers et de service de capitaux les gouvernements et l'Europe dans son Traité de Lisbonne ont voulu ne pas aménager un système de contrôle et de surveillance qui instaurerait une "distorsion des marchés qui ne seraient plus libres et non faussés".  Autrement dit, la majorité des actifs des économies nationales de la planète est extraite du circuit concret et industrieux de l'économie réelle pour nourrir la Lutte des classes spéculatives. S'il n'existe pas d'autorité gouvernementale et intergouvernementale de contrôle et de surveillance des flux financiers intérieurs et internationaux, il est impossible d'observer le PIB et de définir le moindre des indices de Croissance. Les chiffres de PIB que l'on vous publie ne sont pas des notions non-objectives ou immatérielles, ou suprématistes, ou déconstructivistes, ce ne sont que des chiffres qui ne sont pas porteurs de sens. Donc toute comptabilité nationale, toute politique budgétaire d'un État, toute décision prise par les clubs privés illégitimes et sans fondements juridiques comme le G4, le G8, le G20, le G20-Finance, ne sont que des amoncèlements de mots dépourvus de sens tant que l'on n'aura pas installé la transparence des marchés. Du PIB, il y en a, il suffit de ramener les actifs non pourris dans le circuit économique réel industrieux et l'on pourra financer les services publics, la santé, le chômage, la sécurité sociale, la culture et l'éducation, et... la faim dans le monde... et le Green New Deal. Les intrications ne sont pas là où l'on veut vous simplifier et vous réduire.
Congrès du riz en Afrique 2010
à Bamako.

Dans cette situation fictive puis artificielle de carence économique due au casino-capitalisme, il est donc plus agréable de faire parler les peuples sur les paradis fiscaux off-shore et de laisser faire la multiplication des Langoliers sur le territoire domestique. Avec la dernière édition de Solvency II et la soi-disant nouvelle Autorité européenne de surveillance des marchés financiers dont la naissance a été proclamée le 1er décembre 2009, les gouvernements continuent à se donner les moyens légaux de cacher les risques réels de l'économie systématisée par les produits financiers dérivés et de faire exister un monde parallèle. Mais ce monde parallèle, c'est vous, c'est nous. Ce qui est structurateur d'État, d'état, des relations économiques et de la vie domestique ce sont Bâle II, l'OMC, l'AGCS, les APE / ALE, les Accords sur les ADPIC et les ADPIC+, Solvency II. Sous hitler, staline, mao, pol pot, honecker nous avions une prosopopée indentifiable en face de laquelle l'individu avait le loisir de se structurer. Dans ce creuset du monde parallèle des désidentifiés globaux, il faudra travailler à l'identité humaine des affamés, des spoliés, des chômeurs, des Travailleurs (terminologie des Directives européennes) et ne pas demander à des peuples à s'identifier contre 400 femmes qui portent la رقع, comme en France (chiffre officiel des RG).

La part salariale a diminué en 20 ans en France de 12% dans la répartition des richesses restantes et comptabilisées dans le PIB.

encore un paragraphe) En compensation ou pour donner le change, les législateurs pilotés par les recommandations Bâle II et Solvabilité II éditées par la BIS / BRI ont délibérément préféré laisser le grand voile sur le substrat nourricier de leur climat total d'opacité œuvrer en faveur de leur concurrence libre et non faussée de leurs marchés financiers. Imaginez-vous en plus de cet imbroglio que les banques d'investissements ne sont pas tenues d'avoir des fonds propres réglementaires, et imaginez-vous qu'en plus il y a le système de shadow-banking par lequel ont été diffusés en dehors de la Bourse pour une valeur de 600.000 milliards en produits financiers dérivés, titrisés ou adossés comme des CDS / CDO, qui sont des systèmes d'emprunts et d'assurances sur défaillances de l'emprunteur, en sachant que toutes ces opérations sont des OTC (Over the Counter), des opérations de gré-à-gré qui sont hors-bilan, et pour lesquelles personne n'est capable d'avoir une vision statistique et une vision que l'ont pourrait faire passer par un système de comptabilité analytique et de comptabilité nationale. Les autres banques d'affaire et commerciales pratiquant le négoce de ces "Services" financiers, ne sont pas tenue d'avoir des fonds propres pour ces activités-ci. C'est comme si un assureur n'est pas tenu d'avoir des fonds propres pour couvrir les sinistres ou les zones sinistrées qu'il assure. Ceci est criminel et voulu par les législateurs qui n'ont jamais voulu intervenir. Ces 600.000 milliards (600 trillions) sont des transactions financières qui se font en dehors du circuit des marchés financiers, qui offraient en temps de croissance des bénéfices spéculatifs non soumis au contrôle des autorités administratives et non soumis à l'impôt. C'est un système de blanchiment de l'argent, tant que nous nous trouvons en période de croissance ou de positions toxiques et pourries dès le moindre des retournements de tendance économique. L'éclatement de la bulle des CDS a commencé même si de nouveaux trillions de $ de nouveaux CDS sont mis sur le marché. On gonfle une bulle qui se vide encore plus vite pour garder présente... l'illusion de croissance, ou de reprise, de green shoots.

Ces bulles constituent un PIB d'initié, mais seront collectivisées en positions toxiques par les peuples comme aujourd'hui qui sont obligés de les racheter contre de l'argent frais de la planche à billet, des déficits publics, contre le "Grand Emprunt", contre des émissions de Bons du Trésor que l'État devra racheter dans quelques années avec l'argent des contribuables et des habitants du Pays. Tout ces rachats sont de la Dette pour un Trou, mais l'on vous dit que c'est pour remettre sur pieds la croissance.





Sur le graphique cliquable à gauche vous pouvez voir que les 29 premières banques US systémiques, dites "too big to fail", sont en faillite à cause de leur mégalo-spéculation opaque. Elles sont toutes des risques systémiques. Légendes: Billions = Milliards. Derivatives = la Bulle des produits dérivés, des OTC, CDO, CDS, les assurances sur défaut de paiement des crédits. Assets = les Fonds Propres. Attention: 4.807% = Quatre mille huit cent sept pour cent. Pour les seuls USA on estime la Bulle des CDS à 200 trillions = 200.000 milliards de $, contre 14,5 trillions pour le PIB des USA en 2008. Et pourtant, toutes ces banques annoncent des "bénéfices"... Goldman Sachs a un levier d'endettement de... 34262%. Ce tableau ne montre que la bulle des CDS dans le bilan de ces banques et non pas toutes les autres positions toxiques comme les subprimes, les Alt-A, les MBS... Vous comprenez que cette Élite de la Classe financière lutte pour cacher les risques, qu'ils soient les positions toxiques comme les assurances sur défaut de remboursement des crédits (CDS), etc. Obama, le veule, a permis aujourd'hui le 8 XII 2009 à AIG, qui a pourtant été la plus grande faillite de l'humanité et de l'histoire des USA, d'augmenter massivement les salaires et boni de ses traders. Graphique à droite: too-big-to-fail devient de + en + big. 2009 est l'année Obama.







Criminalité financière légale de la libre circulation des capitaux et des services financiers)


Quand vous voyez un Madoff quelque part vous croyez avoir tout vu, compris le monde et ça vous suffit pour vous structurer, pour renforcer votre identité nationale et éventuellement élaborer un argumentaire revendicatif entre l'action de grâce du thanksgiving et les fêtes de fin d'année. Avec madoff vous savez où est le ponzi. Vous savez où tourner la tête. Un petit voile par là, et ça repart.

J'avais écrit après la chute du Mur, en 1990 ceci: "Il n'y a pas de palimpsestes, il n'y a que des empalés. Ceci fait plaisir aux gouvernants de voir le peuple croire et vivre à tout jamais qu'il ne sait pas générer de la pensée. La recette a d'autant mieux pris que depuis 1989, la Chute, le fascisme est devenu un plaisir intérieur nourri en le for intérieur de l'individu qui s'est anesthésié et anéanti en laissant, dans le cadre d'une cuisson à l'étouffé de la globalisation et de l'OMC, bavarder en lui-même les deux derniers frères bessons qui l'habitent: le maître et l'esclave. Ainsi le gouvernant n'a plus besoin d'agir pour contenancer le peuple, il empoche. Le sniper est mort, mais le hedger guette et caquette, comme papon tapie guettent et caquettent."

Les dérivés de crédit, CDS sont des assurances contre les défaillances d'un emprunteur. Avec les CDS on peut aussi assurer les titres obligataires ou les créances commerciales que l'on ne possède pas. Ceci est un outil légal de criminalité financière qui permet d'organiser à l'échelle de la planète une spéculation déprédatrice et destructrice. La Banque Centrale Européenne, vous savez cette banque pour laquelle tous les partis et tous les politiciens garantissent et défendent l'indépendance, regarde d'un œil bienveillant la liberté des "investisseurs" d'intervenir le plus facilement possible sur les dérivés de crédit, pour permettre l'efficacité des marchés d'engendrer des synergies et pour nettoyer du marché ce qui n'est pas rentable à leurs yeux. Avec les dérivés de crédit n'existent pas les contraintes liées a la cotation et aux conditions des marchés boursiers qui sont soumis à une autorité de contrôle et de surveillance: la COB (Commission des Opérations de Bourse) et l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France, la SEC (Securities and Exchange Commision) aux USA, dont la Directrice Mary Shapiro a des démêlés de plus en plus violents avec Wall Street à cause des ses divergences de points de vue de plus en plus prégnantes.

Le CDS est une assurance contre une défaillance d'emprunteur. A la différence d'une assurance conventionnelle, vous pouvez assurer des titres obligataires ou des créances commerciales même si vous n'en êtes pas propriétaire. C'est comme les jeux et paris occultes sur les matchs de foot de la FIFA ou de la UEFA, il suffit de fluidifier l'arbitre et de fausser le jeu pour empocher les encours (enjeux). C'est comme si assuriez contre les risques d'incendie la maison de votre voisine, et que vous aviez le charisme organisé nécessaire pour lancer sur les marchés financiers votre produit financier en activant dessus les hystéries spéculatives. Vous pouvez mettre le soir le feu à la maison de la voisine en lançant dessus une fusée du Nouvel An. Il existe sur n'importe quelle créance titrisée, son équivalent en CDS qui mime de l'assurer. La défaillance des entreprises, des villes, des communes, des États est assurée par les CDS. Pour soigner l'opacité, les émetteurs de CDS créent à l'infini des macédoines de CDS d'un petit bout de cette entreprise, avec un petit bout de cette autre. Ils y mettent le tout dans un baratte, moulinent et réémettent des CDS sur des CDS qui sont des CDS-Square (au carré) ou Cube, etc... Le produit financier est mystérieux et attire de manière compulsive des acheteurs de protection que je peux appeler des tueurs à gage qui viennent avec leur mise de fonds mais qui obtiennent une concession et une licence d'extermination et dont l'activité et d'attendre qu'une répétition de meurtrissures mette fin à la vie de l'entité de référence sur laquelle ils ont acheté une protection. C'est l'acte fondateur de la mafia.

Les acheteurs de protection ont tout intérêt à agir à l'inverse du développement durable et de la croissance réelle pour que les entités de référence fassent faillite sur un parcours où la fin de vie est une issue normale et non fatale. C'est l'acte fondateur de l'empire du sens unique sans traçabilité. Entre l'achat des protections (CDS) et cette faillite de l'entité de référence, il faut que la valeur des CDS enfle rapidement, que les CDS s'échangent souvent sur les marchés financiers, qu'ils innervent les synergies spéculatives. Ceci est un acte fondateur du système pyramidal Ponzi. Il faut donc faire courir des bruits et rumeurs contre l'entité de référence pour créer et lui infliger un événement de crédit, pour venir encaisser et pour le laisser s'éliminer de lui-même. C'est tuer sans donner l'acte de la mort légale en conformité avec le Master-Agreement, la Convention cadre de l’ISDA (International Swap and Derivatives Association). Ce qui est le plus beau, dans un génocide, c'est de lui donner une structure et un aspect d'état. La modernité de ce génocide, est qu'il peut se pratiquer sans uniforme et de son bureau ou de sa table de cuisine avec l'ADSL.

Tous les partis, les gouvernements, les influenceurs, les G20, les G8, etc... s'inclinent devant les lobbies des banques. Les CDS sont économicides et peuplicides et ont comme objectif de vider les entreprises, les épargnes, les peuples, les économies nationales de leurs actifs. 90% des activités des entreprises résident depuis 15 ans dans les activités financières et dans la délocalisation de leurs bénéfices et de leurs actifs dans des produits externes financiers dérivés qui promettent des rendements à deux chiffres, et en tous cas toujours plus élevés que les bio- et nouvelles technologies.

Les économies nationales et d'entreprises se sont transformées en des réseaux logistiques de drainage et de canalisation des actifs, ceux qui devraient constituer le PIB réel, apporter emploi, bien-être et croissance. Le système économique a donc intérêt à sous-payer le personnel des Travailleurs, à mettre au chômage, à désinvestir dans la Recherche et le Développement, à déclarer leurs bénéfices d'entreprise ou de spéculation dans les paradis off-shore ultramarins ou domestiques, et à offrir à la collectivisation leurs pertes au pays dans lequel ils ont établi le siège de leurs entreprises, etc... Vous voyez, on vous impose un débat sur l'identité nationale, et on feint de s'offusquer dans les sphères du pouvoir que la notion d'État, de Nation, de République soit quelque chose d'informe chez les habitants d'un pays. Pays vautourisé.

Les CDS ne sont pas simplement des produits criminels parce qu'il n'existe pas de loi pénale qui interdise ces produits financiers dérivés qui sont tout autant une violation de l'esprit des lois pénales des sociétés modernes que l'est le système pyramidal boule-de-neige Madoff-Ponzi, la faillite frauduleuse, la corruption. La crise, "la crise de l'économie de marché, la crise de la dictature des marchés qui sont devenus fous et que je ne tolèrerai pas...", comme le dit si élégamment le prince-président français actuellement en poste, est le symptôme de l'œdème des CDS. Les banques commerciales, les banques d'affaire, les assurances, les départements finance des entreprises de bien et de service (comme chez Chrysler, GM, mais aussi Renault, Peugeot-Citroën) ont détourné la majorité de leurs activités génératrices d'une croissance de valeurs (Croissance furtive, fictive appréciée par les agences de notation) dans du négoce sur les risques de crédit (CDS) et des achats de protection (CDS). Elles se sont même protégées contre leurs propres risques de crédit avec des CDS. La seule faillite de la Lehman Brothers a elle-même entrainé autour d'elle 700 milliards de pertes nettes dans des entreprises de biens et de services, comme VW, Siemens, EADS Airbus, EON, RWE... mais aussi des syndicats, des villes, des communes... qui avaient chez elle des encours sous la forme de hedging transactions, des transactions de couverture.

Au final on se rend compte qu'aucune entité de référence est assurée en réalité parce que personne ne détient une masse de fonds propres suffisamment importante pour venir en aide à des entreprises défaillantes qui ont des difficultés de trésorerie et qui ne peuvent pas rembourser leurs crédits ou leurs titres obligataires. Avant ladite Crise, presque tous les CDS de la planète étaient détenus par le portefeuille de AIG ou réassurés par AIG. AIG a été il y a un an la plus grande faillite de toute l'histoire de l'humanité.

Le système économique ne générant plus que du PIB d'initié, mais plus du PIB réel, a donc pris congé dans son élan générateur de la durabilité, si bien qu'il s'est créé sa propre crise de la Non-Production de Richesses Réelles avant que ladite Crise ne devienne la crise des Titrisations, puis des Subprimes qui ne sont que la crise du marché des crédits immobiliers hypothécaires. Donc, avant de créer la Bulle des CDS le système économique a créé et nourri son inanition en inventant une système de normes comptables prudentiel (Bâle II) qui n'est qu'un système qui donnait une façade d'autorégulation mais qui aménageait toutes les failles nécessaires à favoriser la "concurrence libre et non faussée" et la libre circulation des capitaux et des marchés financiers. Les champignons vénéneux poussent et se multiplient sur le substrat nourricier naturel qui s'offre à eux. Le système des bonus et de l'intéressement à la croissance de ce PIB d'initié n'est qu'un résultat de cette idéologie déprédatrice et peuplicide.

La Grèce représente 2,5% du PIB de la zone Euro et 1,9% de celui de l'UE, si la Grèce fait une banqueroute d'État, c'est émouvant pour les européens, mais ceci restera à peine perceptible car. J'admire la souplesse des investisseurs et des agences de notations qui accordent un ordre de passage à la danse macabre: la Grèce, l'Espagne passent avant le Royaume-Uni et les USA pour la déclaration universelle de droits de la faillite. Les agences de notation qui manipulent l'information n'avaient jamais communiqué sur les risques simples ou systémiques des subprimes et n'avaient pas vu venir l'effondrement de Lehman Brothers et AIG. Elles ne communiquent pas sur la bulle des Alt-A, des RMBS, des CDS, des OTC, des Dettes souveraines (Bons et Obligations du Trésor), mais elles communiquent et fondent leur notation sur les bilans produits par les donneurs d'ordre, les entreprises elles-mêmes. Comme il n'existe pas une agence de notation grecque ou lituanienne, on n'entend que Ficht, Moody's, Standard & Poor's qui jouent ce que j'ai appelé dès l'automne 2008 le poker dénonceur. La Californie, qui est maintenue en forme comme les USA et le Royaume-Uni, est le 6ème pays du monde. Les traders ne sont pas mes ennemis, ils font leur job, comme l'élu Obama fait le leur à la tête des G20 et de ses clubs affiliés. Le Trésor américain émet lui-même des CDS sans doute aussi pour compenser l'éclatement de la bulle des CDS en donnant l'illusion que les investisseurs s'adonnent à de la croissance en investissant. Il parait que diriger des fonds sur les fonds qui font le négoce de ces fonds s'appelle investir. Ce n'est qu'une pandémie de plus, mais celle-ci est réelle.

Les peuplades de désidentifiés globaux des pays, où œuvre par hasard une économie nationale, écoutent les gouvernants qui s'inclinent devant les lobbies bancaires en structurant l'État Providence Bancaire et en faisant circuler la rumeur que des groupes financiers étrangers peuvent profiter de nous et qu'il faut renforcer ses capacités et sa force de frappe financière pour être en mesure de barrer la route à ces étrangers. Les lobbies financiers expliquent qu'il est antiproductif de créer des autorités de contrôle et de surveillance et qu'elles ne seraient assimilées par les marchés que comme des barrières protectionnistes qui rendraient instables les marchés financiers. Ces barrières, ne pourraient selon eux au mieux et dans le meilleur des cas que générer à court terme une certaine croissance sans avenir. Et nous, nous tournons la tête vers l'avenir tous les matins comme de bons citoyens sans se voiler la face parce que nous sommes amoureux de la transparence.

Quand l'ADSL aux œufs d'or de la globalisation est cassé, les lobbies bancaires demandent à la BIS / BRI de demander aux États de transformer l'inflation réelle normale de 8/12% en hyperinflation pour éliminer encore plus vite leurs positions toxiquement concrètes.

Ce texte était encore écrit pour démontrer que s'il n'est pas possible d'observer, de cerner, mais aussi de définir le PIB, c'est parce que le marché n'est non seulement pas libre et pas faussé, mais qu'il est manipulé, détourné et que l'information n'a jamais été pure et parfaite et que le mensonge jouit de sa suprématie devant lequel toute la sphère politique s'agenouille, car il est plus pratique de croire en des automatismes de marché que de se donner la peine de réguler et de se demander pour quel type de société et de convivialité (et de planète) on serait disposé à réguler. A l'illusion suprématiste du trickle-down effect (effet de percolation) qui enrichit les masses automatiquement avec la liberté des marchés et sa main vibrante qui régule, assainit, crée du bien-être et tend au plein emploi (OMC + Traité de Lisbonne) il faut dire que nous sommes des désidentifiés globaux unis par un mensonge auquel nous avons tous adhéré par action, pensée, parole, omission, compromission et élection. IASB, IFRS, le Stress-Test, les APE, l'OMC, les ADPIC, le Traité de Lisbonne, on s'étonne que nous arrivions encore à exister dans ce cadre. Nous y parvenons parce que nous disposons du luxe de ne pas nous poser la question. Ce luxe nous identifie face à l'Afrique.

La Grande Dépression II a été mise en œuvre à partir d'avril 2008) Je posais la question le 11 avril 2008 dans un article au sujet de la volonté et de la capacité de la Fed' à reprendre la situation des crédits délinquants et de la bulle des Subprime et des CDS. Henry Paulson, qui avait succédé au "gourou" Greenspan sur le poste de Secrétaire Général de la Fed' avait lui-même posé cette question. Et le global meltdown qui se transforme aujourd'hui en Grande Dépression II a été téléguidé par les banques à partir de cette contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance.

Voici ci-dessous ce que j'écrivais en avril 2008 >>>

Quand la croissance durable du club des riches, composé de l'OMC, du FMI, de la Banque Mondiale, de l'OCDE, mais aussi à sa tête composé de la néolibérale Union Européenne, est elle-même menacée, le grand garant, l'IIF, sort de l'ombre pour porter le flambeau olympique de la finance et qui n'hésitera pas à commanditer sa milice privée.

L'IFF n'est pas une association secrète mais il n'était connu que des milieux spécialisés et il n'organisait ses réunions qu'à New York, Londres ou Washington. C'est la première fois dans ses 25 ans d'existence qu'il a siégé à l'étranger, soit à Francfort et qu'il a émis un catalogue de propositions d'une telle ampleur. L'IIF est une association bancaire qui regroupe 375 membres. Il s'agissait pour l'IIF de se demander si les politiciens des pays industrialisés de l'ouest allaient imposer des limites à la branche débridée du secteur bancaire. Dans ce cas, l'IIF reconnaît "la légitimité des politiciens face à la crise financière la plus virulente et la plus grave depuis la seconde guerre mondiale et qui est due à un octroi excessif de prêts en Amérique, à des spéculations inappropriées et à une politique lacunaire du risque de beaucoup de banques européennes et américaines".

Selon Charles Dallara, Président de l'IIF, l'organisation fera tout son possible pour "assainir d'elle-même la maison et pour ne pas abandonner cette tâche au législateur". L'IFF prévient les politiciens de ne pas "légiférer dans l'urgence et de manière inappropriée". La crise "qui n'avait commencé qu'en rien d'autre qu'une crise immobilière aux USA avait pris une telle ampleur parce que les banques avaient enveloppé les crédits immobiliers dans des constructions de plus en plus complexes et qu'elles les avaient revendues au niveau mondial". Ceci avait provoqué "une crise de confiance entre les banques parce que personne ne connaît en réalité ses pertes réelles et la forme et la hauteur des risques encourus".

Nous ne pouvons croire qu'au niveau de la direction générale de tous ces instituts financiers et bancaires l'on ne connaisse au jour le jour les positions comptables et l'orientation des affaires. C'est comme l'affaire montée du trader de la Société Générale qui aurait à lui seul provoqué la plus grande des pertes d'une banque. Non. Nous sommes bien au niveau du tout-laisser-faire où le seul objectif est de tromper le partenaire économique pour profiter de lui au maximum et le plus vite possible dans ce système des réseaux emboîtés du monde de la finance. Pourtant, il y a moins d'un an l'IIF répandait en 2007 sa mantra selon laquelle "ce système des réseaux financiers emboîtés concourrait justement à la stabilisation du système financier et que les instituts financiers se préoccupaient de répartir les risques de manière efficiente". Il y a un an aussi, Dallara chantait les louanges pour le "management du risque très amélioré des banques". Et c'est le contraire qui est réalité: l'opacité des produits structurés et imbriqués entre eux a échoué et a mis en péril la stabilité mondiale du système financier.

Les banquiers ont promis de faire pénitence et de "grandes lacunes ont été reconnues dans la pratique des affaires de la part des instituts de crédit". Un code de bonne conduite, qui sera publié cet été (2008), promet un meilleur management du risque contrôlé de manière plus accrue par le Président du directoire et du Conseil de surveillance de chaque institut financier. Dans un catalogue en 98 points l'IFF plaide pour améliorer la transparence de ces produits financiers complexes et pour rémunérer les banquiers qui prennent plus en compte les critères du long terme dans leurs calculs du risque. Vous voyez ce que la taxe Tobin n'a pas encore eu le droit d'appliquer, à savoir de freiner le tourisme spéculatif, l'IIF prétend vouloir le freiner. Ne nous faisons aucune illusion, ceci n'est qu'une pseudomnésie, rien d'autre. Il faut aux banques gagner du temps pour se régénérer dans la bubble economy et pour inventer une nouvelle bulle pour opérer en leur faveur les transferts de richesses auxquels elles aspirent. Les banques ne se sont jamais soumises elle-mêmes à leurs obligations volontaires de bonne conduite et leur dernier déni en date remonte à mars 2007 où l'IIF avait recommandé sans suite les banques à améliorer le management de la trésorerie (liquidités).

La crise a des racines bien plus profondes que l'éclatement de la bulle financière, le management défaillant du risque, etc... Les banques ont inventé depuis ces deux dernières décennies des produits de plus en plus innovants et sophistiqués avec lesquels elles se sont laissées dépasser. Les entreprises financières ont contribué de manière considérablement disproportionnée à la croissance économique des nations industrialisées (économie "réelle" / économie non-"réelle"). Les banques ont aussi gonflé leurs bilans avec des montagnes de dettes et se sont catapultées dans des proportions non tenables sur le long terme. Au début des années 80' la dette de la branche américaine de la finance correspondait à 1/10 du volume du crédit, elle est aujourd'hui de 50%.

Que la main ferme de l'État "bidouille" (selon Dallara) dans les affaires des banques, ou que ce soit la main tranquille des marchés qui s'en occupe, les banques devront rétrécir de manière incontournable le volume de leur dette et devoir restreindre le volume de leurs affaires. Pourtant l'IIF rejette de façon véhémente et à tout prix des lois plus astreignantes pour les banques mais les souhaite pour les sociétés de notation (rating). L'IFF attend aussi, en situation de crise, un plus grand soutien financier de l'État... cqfd. Oh, non, non pas pour sauver des banques, saperlotte, pécaïre, mais pour éviter une plus grande crise et la récession. Eh voilà, les gars, l'État doit de nouveau agir, avec l'aide du contribuable, comme une entreprise de réparation des marchés financiers internationaux pilotés par des opérateurs au comportement irresponsable et méprisant de la chose publique.

Vous n'avez toujours pas envie de vous demander, pourquoi il y a des européens nonnistes comme moi? Ah oui, c'est vrai le PS et ses boys de Solférino se sont "abstenus" le 4 février au Congrès de Versailles pour l'adoption du TSE, du Traité de Lisbonne.

C’est pourquoi nous, citoyens européens nonnistes, demandons l’abrogation du Chapitre 2 "Interdiction des restrictions quantitatives entre les États" du Traité de Lisbonne (TSE, Traité Simplifié Européen) de l’art. 56 qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également que soit restreinte la "liberté d’établissement" (chap. 2, art. 48), qui laisse opportunément au capital la possibilité de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et qui permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs. Vous voyez, même si le FMI devait émettre des recommandations de bonnes conduite, l'Europe s'est elle-même verrouillée de partout avec une adoption de la Constitution européenne "simplifiée" qui demeure la Loi fondamentale au-dessus de toutes les autres lois nationales et qui a force quasi immuable. J'ai voté NON le 29 mai, je vote toujours NON parce que je suis un européen convaincu. L'histoire punira d'elle-même tous ces partis qui ont abandonné les peuples au profit des affaires commerciales d'une UE qui n'est qu'une AELE, Association Européenne de Libre Échange conforme au modèle anglais, que notre nouveau Président, NS, est venu embaumer à la City avec ses chaussures à talons hauts.  <<< Fin de mon article d'avril 2008

Selon le rapport de la BCE du 18 XII 2009 les banques européennes vont encore révéler 189 milliards d'euros de pertes en 2010.

Tous les plans de "sauvetage" appelés bail-out totalisent en ce moment 12,7 trillions de $ (12.700 milliards) ou 20% du PIB mondial. Ces fonds ne seront jamais restitués et ont gonflé les poches des banques, de Wall Street, des traders, de Chrysler, de GM, AIG, des compagnies d'assurances, Peugeot, Renault, etc... qui sont à l'origine de la crise financière mondiale. L'État a payé une prime à la criminalité financière et sera jugé d'une manière ou d'une autre comme un criminel. Obama a reconduit les plans de sauvetage jusqu'à la fin de l'année 2010 et a renommé Bernanke de nouveau pour 4 prochaines années comme gouverneur de la Fed'.


Au trickle-up effect, ce détournement du PIB réel au profit des initiés financiers, l'État Providence bancaire ajoute le trickle-up effect légal avec le plus grand transfert régalien de l'histoire de l'Humanité de la dette privée (pas celle des ménages) vers la dette publique, en rachetant les positions toxiques et délinquantes des systèmes d'activité bancaire.


Le 28 XII 2008, j'ai commencé ma série appelée Global Meltdown 2009. En 2010 ce titre conservera son sens sans variante. Puis j'avais écrit le 6 juillet 09 l'Été sanglant.


Vous avez remarqué, plus personne ne parle d'Économie Réelle en simulant de dénoncer l'autre Économie. Les banques rédigent le Diderot et les bavards l'apprennent par cœur. Quand le mensonge et la manipulation auront perdu leur souffle, il y aura toujours le Traité de Lisbonne pour régler son compte sans faux-pas. La sclérose de la forme évite à l'homme de s'habiter. Il banque décapité.

Occupy the WordS / I want my Europe back >>> Partager

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2 mai 2009

Faillite de la "Croissance" financée par la bulle des dettes, des titrisations, des CDS / CDO, des LBO

Le Stress Test des banques n'expliquera pas que la Croissance est appauvrissante pour les Pays industrialisés comme pour les Pays En Développement. Le Nobel d'économie, pentito du libéralisme et bon produit marketing, Paul Krugman, qui a fait sa thèse sous la direction de Jagdish Bhagwati, n'a pas eu le courage d'aller au bout du raisonnement.

Il n'y a pas eu de croissance aux USA depuis l'année 2001, il y a eu une croissance aux USA de 0,5% de 1990 à 2001. Nous sommes en face de Deux décades perdues depuis la Chute du Mur de Berlin. Le niveau salarial aux USA comme en France est égal à celui de 1960.

Lire la suite...

En 1989, La chance n'a pas été saisie de réfléchir sur les opérations de destruction de Hitler, de Staline, du Sowjetisme et du Capitalisme. A ces Deux Décades perdues s'ajouteront Deux autres Décades perdues pour les masses retombées dans la pauvreté généralisée qui vont payer pour rembourser ces opérations de destruction massive. Les modélisations économiques ont imposé aux peuples la roulette du moral hazard, l'aléa moral, des incertitudes sur la corrélation des défauts des débiteurs, et toujours et encore du Consensus de Washington et de Bruxelles.

Le Stress Test des banques américaines n'est qu'un acte criminel de plus d'Obama qui cultive sa filiation avec le gang Bush & Ponzi, Madoff & Bernanke, Paulson & Wall Street. L'augmentation des faillites d'entreprise va maintenant être particulièrement élevée et sera à deux chiffres, parce que la clôture des comptes pour l'exercice 2008 va être publiée dans les bilans annuels qui révèleront les très mauvais chiffres de la seconde moitié de l'année 2008. De plus les rapports annuels vont présenter des projections concrètes pour l'année 2009 qui vont être très négatives. Les faillites de Chrysler et de GM, très actifs sur le marché des CDS, vont accélérer l'éclatement de la bulle des CDS qui est évaluée à 620.000 milliards de $ en valeur nominale. L'effondrement du système ordolibéral a commencé en 2006 et les racines du problème remontent aux années 80' (Photos: Hirtshals, Danemark, 7 VIII 08)

L'idée de la Croissance Zéro a été développée en 1968 par le Club de Rome et le rapport Meadows (1972) qui avait pour titre français "Halte à la croissance ?" et fut suivi en 1974 d'un deuxième rapport "Sortir de l'ère du gaspillage: demain". La Croissance Zéro est le début de ma réflexion politique que je mène depuis des décennies et que je développe de manière approfondie sur mon site autour d'une croissance qualifiée qui relie les solidarités locales, régionales et globales. Les Conférences données par le néerlandais Sicco Mansholt, Commissaire européen à l'Agriculture, Président de la Commission européenne très impliqué dans le Club de Rome, m'avaient beaucoup impressionné quand j'avais 16/17 ans. A ma formation politique s'était ajouté le suédois Olof Palme, Premier Ministre, qui introduisit la codécision des travailleurs dans les entreprises, ainsi que les "Fonds salariaux". Ces fonds d'investissements collectifs alimentés par l'impôt étaient destinés à racheter le capital des entreprises privées et permettre ainsi une socialisation douce de l'économie privée qui est en tous les cas moins criminelle que les rachats nationalisations par l'État de trillions de créances pourries des banques et des assurances qui ont spéculé de manière compulsive et économicide.

Ces Fonds salariaux ont été supprimés en 1991. Un amalgame avec la paradis sur terre promis par la Chute du Mur de Berlin n'est pas à éliminer. Les rênes étaient débridés, il fallait organiser "la concurrence libre et non faussée qui crée le bien-être et qui tend au plein emploi" (Terminologie du Traité de Lisbonne). Toute forme de solidarité était rabattue dans du "communisme", de "la gauche de la gauche", de "l'ultragauche". L'essentiel était d'éliminer le contradicteur avant que le débat ne commence. Quel est le concept qui va poursuivre la gradation occlusive? Espèce de Travailleur? Sale Travailleur?

Le Club de Rome est le précurseur des notions de développement durable et d'empreinte écologique. Le Club de Rome a été ridiculisé par les médias et méprisé par la société parce que les conclusions du rapport Meadows annonçaient un futur catastrophique pour l'humanité si cette dernière continue à ne pas se préoccuper des conséquences de ses activités sur l'environnement et l'épuisement des réserves naturelles. A présent l'Humanité subit l'effondrement d'elle-même dans son modèle économique ordolibéral qui est entrain de commettre plus de dégâts que Hitler ou Staline. A l'époque le Club de Rome a aussi été traité de club bourgeois conservateur qui prône la croissance zéro alors que les 3/4 de la planète formaient le Tiers-Monde, la Chine et l'Inde comprises.

Aujourd'hui nous ne pouvons plus nous permettre le luxe de la pensée habile et prospective. Les éclatements des bulles constituent la plus grande catastrophe économique de toute l'Histoire. Les explosions inégalées de la dette publique et de la masse monétaire issue de la planche à billet pour renflouer avec des Plans de "Sauvetage" le système bancaire de la planète en faillite qui avait fait de l'économie réelle une vieille lune méprisable, dépassent le catastrophisme qui avait pu être imaginé par le Club de Rome, tout simplement parce que c'est pour la première fois que le monde globalisé industrialisé et en développement subit les conséquences de ses actes. Et les plus audibles de ces victimes sont les pays industrialisés, ce qui donne un écho tellement plus grand à la crise que si elle n'avait été qu'une crise de la spéculation sur les denrées alimentaire, la faim et l'agriculture vivrière. La catastrophe est cette fois-ci un vécu réel, parce que c'est le donneur d'ordre qui la subit. La compassion est plus facile et n'a pas besoin de la plus simple des médiations.

Pour écrire ce billet j'ai de nouveau cherché ma source chez les spécialistes des problèmes, parce qu'ils le connaissent le mieux. Donc jamais les sources des partis de gauche, presque tous totalement incompétents ou qui n'ont surtout pas envie de l'être. Encore moins les papiers d'Attac qui n'a pas envie de se lancer dans une opposition de gouvernement. Attac préfère être le chambellan de la carmagnole du tarmac. Ma source est aujourd'hui un article du Financial Times du 2 mai 2009, intitulé "The crash explained - The genesis of the global debt disaster" (La crise expliquée - La genèse du désastre global de la dette). Je vous propose une traduction de cet article très long. Ce n'est pas un article de doux rêveur, du Rêve général ou de Révolution poétique. La catastrophe n'est pas pour dans plusieurs décennies, elle a commencé dans sa phase critique en 2006.

Get up, stand up, for your mind.

Le duo Obama-Geithner est à ce point déconfit devant l'inutilité et le non-effet de ses Plans TARP, TALF, PPIP... et devant l'argent qui ne circule plus parce que les banques n'accordent plus de crédits, qu'il souhaite que la Fed' va rabaisser son taux directeur à -5% (moins cinq). Ainsi celui qui emprunte 100$ ne devra rembourser que 95$. En même temps la Fed' réfléchit au moyen de "punir" la thésaurisation de la monnaie. Mais on ne peut pas faire boire un âne qui n'en a pas envie, surtout un âne qui vit à crédit depuis les années '80.

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Début de la traduction de l'article du Financial Times du 2 mai 2009,
intitulé "The crash explained - The genesis of the global debt disaster"
(La crise expliquée - La genèse du désastre global de la dette).
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JP Morgan, inventeur du CDO.


Dans les années 1990, une jeune équipe de la banque d'investissement JP Morgan a été pionnière en lançant une nouvelle manière de faire de l'argent: il s'agit des dérivés des crédits. En une décade le marché de ces titrisations exotiques a explosé et dépassé les 620.000 milliards (620 trillions) de $ et quelques personnes les ont blâmées plus tard parce qu'elles fournissent le combustible au fiasco global financier. Cette innovation de génie a dépassé les intentions de leurs créateurs et a englouti tout le système.

C'est à la fin de 1998 que les premiers signes sont apparus que ces paquets de dérivés de crédits inventés par les banquiers de JP Morgan pouvaient être un problème structurel. Dans les mois précédents, Blythe Masters and Bill Demchak, membres clefs du team des dérivés de crédit de la JP Morgan, ont sévèrement critiqué les autorités de régulation financières. Ils avaient cru qu'en utilisant les produits financiers dérivés innovants, la JP Morgan aurait pu mieux gérer le risque dans son portefeuille de crédits industriels et réduire le montant de capital nécessaire à mettre de côté pour couvrir des éventuelles défauts de remboursement. La question était de combien. Ces paquets de dérivés de crédits ont porté par la suite d'autres noms comme CDO, Collateralised Debt Obligations - Obligations adossées sur la dette (voir CDO sur Wiki), et à cette époque ces montages financiers étaient appelés "Bistro deals", l'abréviation de Broad Index Secured Trust Offering ( = ~~ produit de confiance largement sécurisé). Blythe Masters et Bill Demchak avaient fait les premières opérations Bistro sur ordre de leur propre banque JP Morgan sans connaître la réponse à la question posée. Mais quand ils ont réalisé les mêmes affaires pour le compte d'autres banques, la question de la couverture en fonds propres devenait plus importante, puisqu'elles aspiraient à réduire le niveau de réserve de capital de couverture requis. (ndtr: la couverture en fonds propres devenait pour elles une masse dormante, même réduite de 6% à 4% ou à 2%).

Les régulateurs n'étaient pas sûrs. Quand l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC) et la Banque centrale américaine, la Fed', avaient entendu parler pour la première fois des dérivés de crédits et des CDO, ils ont été séduits par l'idée que les banques essayent de gérer leur propre risque. Mais ils étaient aussi mal à l'aise parce que les dérivés innovants ne rentraient dans aucun cadre de la régulation existante. Et ils étaient particulièrement indécis au sujet de ce qu'il fallait faire avec le niveau inhabituellement bas du capital disponible nécessaire à couvrir les pertes subies avec les produits dérivés.

Quand le team de la JP Morgan avait réalisé sa première opération Bistro, il avait réuni dans un bassin plus de 300 prêts contractés auprès de leur banque pour un équivalent de 9.7 milliards de $, et il a émit des titres adossés sur le flux de rendements de ces prêts (service de la dette, les intérêts). L'attractivité de cette idée était évidente: le team avait calculé qu'il na fallait mettre de côté que 700 millions de $ - une somme extraordinairement minime – en prévision du risque de défaut à couvrir pour plus de 300 prêts bancaires. Les agences de notation (rating agencies) avaient accepté les affirmations du team au sujet du risque, et le deal s'est amplifié avec l'assurance que si cet Armageddon devait échouer et dépasser le matelas financier de 700 $, la JP Morgan absorberait elle-même les pertes supplémentaires. Pour Masters et Demchak, le risque que des pertes dussent engloutir plus de 700 millions de $ était minuscule.

Cet argument ne passait pas auprès des régulateurs européens, et quelques uns demeuraient aussi sceptiques aux USA. Christine Cumming de la Fed' avait demandé à Masters et Demchak que la JP Morgan doive trouver un moyen d'assurer le reste du risque – les 9 milliards "manquants" dans leur modèle Bistro – si la banque voulait obtenir l'accord pour réduire ses fonds propres de réserve. Le team a donc commencé à donner un nom au paquet de risque non "assuré". Masters aimait se référer à quelque chose de plus que le triple A (AAA) des agences de notation, depuis que ceci a été considéré comme étant plus sûr que des titrisations notées AAA. Mais il aurait été trop maladroit de les commercialiser, si bien que le team a trouvé le qualificatif "super-senior". La prochaine étape était de voir si quelqu'un était disposé à les acheter ou les couvrir avec une assurance.

La tâche ne semblait pas être facile. Tant que seule la JP Morgan était concernée, le risque n'était en réalité pas un risque, si bien qu'il n'y avait rien d'autre à payer qu'un certain montant pour assurer le dérivé de crédit. Et celui qui était prêt à acquérir ou assurer ce risque super-senior devait être suffisamment courageux pour pénétrer un monde qui ne lui était pas familier.

The seeds of AIG’s destruction - Les semences de la destruction d'AIG.

Masters avait éventuellement envisagé une solution pour ce mal de tête occasionné par le super-senior. Dans le passé, le filet de la clientèle traditionnelle de JP Morgan avait été l'imposante compagnie d'assurance AIG – American International Group. Comme JP Morgan, AIG était un pilier de la finance américaine. Elle avait accéder à la puissance en construisant une formidable franchise dans les marchés asiatiques au début du 20ème siècle. Cette activité s'était étendue plus tard aux USA en faisant de cette compagnie un acteur puissant dans l'économie américaine après la seconde guerre mondiale. AIG avait été considérée comme un acteur des marchés ayant du poids et qui est totalement fiable, et comme la JP Morgan, elle n'évoluait que dans le soleil de la triple notation AAA.

Mais, dans les rangs de AIG, a émergé très rapidement une vaste filiale très active d'entrepreneurs. A la fin des années 1980 la compagnie avait mis à son service un groupe de traders qui avaient travaillé précédemment pour Drexel Burnham Lambert, l'infâme – et aujourd'hui disparu – champion du business avec les junk bond, les obligations risquées (en fait à très haut risque, voire les valeurs poubelles) sous les ordres de Michael Milken. Ces traders avait développé une affaire de marchés de capitaux, connue sous AIG Financial Products domiciliée à Londres, où le cadre de régulation était moins restrictif. Elle était dirigée par Joseph Cassano, un coriace trader de Brooklyn. Cassano était créatif, intrépide et très ambitieux. Plus important que ceci, il savait que, comme compagnie d'assurance, AIG n'était pas soumise comme les banques à la lourde obligation de fonds propres de réserve. Ceci signifiait qu'il ne serait pas nécessaire de mettre de côté la moindre des parcelles de capital, et encore moins s'il assurait le risque super-senior. L'assureur n'était pas non plus susceptible de répondre à des questions ardues de son propre régulateur parce que AIG Financial Products avait largement passé à travers les failles de la surveillance et du contrôle. AIG était réglementé par US Office for Thrift Supervision, qui avait officiellement méticuleusement expertisé les produits financiers particulièrement pointus.

Masters avait montré à Cassano que AIG avait acquis le risque super-senior de la JP Morgan, et Cassano avait donné son accord de manière très enthousiaste. C'était un évènement décisif selon Cassano: "JP Morgan est arrivé chez nous et nous a demandé de participer dans quelque chose qu'ils avaient appelé 'affaire Bistro' et qui était le précurseur de ce qui devint plus tard le marché des CDO". Cela semblait être un bon plan à réaliser pour AIG.

AIG gagnerait une piètre commission par rapport à la prestation de ce service – à peine 0,02% pour 1 $ couvert par une assurance annuelle. Mais 0,02% multiplié plusieurs milliards de fois fournirait un flux appréciable de revenus, et particulièrement si aucune réserve n'est requise pour couvrir le risque. La magie des dérivés avait généré une situation gagnant-gagnant. C'est n'est que plusieurs années plus tard qu'il s'était révélé que le marché Cassano avait conduit AIG à la ruine.

Assuré d'avoir conclu affaire avec AIG, la team de JP Morgan était retournée chez les autorités régulatrices et avait démontré qu'une piste avait été trouvée pour écarter de l'opération Bistro le risque résiduel du crédit. Ils ont commencé à vendre d'autres risques super-senior à d'autres compagnies d'assurance et de réassurance, qui les ont mêlés à d'autres opérations non seulement avec la JP Morgan mais aussi avec d'autres banques.

Et justement quand ces opérations prenaient leur essor, les autorités américaines de régulation les avaient de nouveau examinées. L'Office of the Comptroller of the Currency et la Fed avaient indiqué à la JP Morgan qu'après mures réflexions ils pensaient que les banques n'étaient pas obligées d'écarter le risque super-senior de leurs comptabilités. Le lobbying de Masters et des autres avait apparemment payé. Les régulateurs n'étaient pas enclins à laisser indemnes les banques. Si elles détiennent des risques super-senior dans leur comptabilité, elles devraient constituer des réserves à hauteur de 1/5ème du montant habituel (20% de 8% signifient 1,60 $ pour 100$ à mettre de côté). Il y avait aussi des conditions. Les banques ne seraient seulement autorisées à réduire leurs réserve de capital si elle pouvaient prouver que le risque du défaut sur les portions super-senior de ces opérations étaient véritablement négligeables, et si les titrisations émises par le biais les montages des opérations Bistro étaient notées du triple AAA par une agence nationale reconnue de notation de crédit. C'est en ces termes exacts que la JP Morgan s'était adressée aux régulateurs.

Les effets étaient gigantesques. Les banques avaient été forcées à garder 800 millions de réserve pour toute tranche de 10 milliards de $ de prêts accordés aux entreprises. A présent cette somme pourrait tomber à 160 millions de $. Le concept du Bistro avait déclenché une danse courtisane autour du règlement international bancaire.

Pour un certain moment le team de Demchak avait cessé de transférer le risque super-senior en dehors de la comptabilité de JP Morgan, mais cette situation lui devint désagréable. Le risque super-senior était entrain de gonfler pour atteindre des proportions époustouflantes, parce que quand la banque aménageait pour des clients ces transactions sur des dérivés de crédit, elle imputait automatiquement dans sa comptabilité le risque super-senior qui faisait partie de ces transactions. Il n'y avait en théorie aucune raison d'en être incommodé. Mais en 1999 le marché total des futures avait atteint 100 milliards de $. Cette montagne de risque avait fini par heurter le bon sens de Demchak. "Si vous avez obtenu 60 milliards, 100 milliards ou n'importe quelle somme dans votre balance comptable, c'est un nombre vraiment très important" pour Demchak. "Je ne pense pas que vous devez ignorer un grand nombre, quel qu'il soit".

Le problème de la corrélation

Demchak savait que modéliser le risque impliqué dans une transaction sur des dérivés de crédit, avait ses limites. L'un des problèmes les plus délicats gravitait autour du résultat de la possible "corrélation" ou du degré de l'interconnexion entre les prêts d'un même paquet. Tenter de prédire la corrélation est comme essayer de révéler comment les pommes d'un même panier vont pourrir. Si vous regardez pendant quelques semaines ce qui arrive à des centaines de pommes qui n'ont rien à voir entre elles les unes les autres, vous pouvez estimer la chance qu'une pomme peut être pourrie ou non. Mais qu'en est-il si elles se trouvent dans un même panier? Si une pomme devient blette, ceci va-t-il faire pourrir les autres? Si oui, combien et à quelle vitesse?

De tels doutes parcourent le monde des entreprises. Les statisticiens de la JP Morgan savaient que les défauts de paiement des entreprises étaient interconnectés. Si un constructeur d'automobile devenait insolvable, ses fournisseurs sont aussi ruinés. A contrario, si un fournisseur tombait en faillite, d'autres groupes de fournisseurs en profiteraient. La corrélation serait à double sens, mais il est très complexe de trouver le sens et l'ampleur. Les statisticiens avaient alors étudié les corrélations passées des défauts des entreprises et du cours des actions et ils ont programmé leur modèle afin d'adopter le même profil pour le présent. Cette hypothèse n'avait pas été jugée particulièrement risquée, les défauts des entreprises étant rares, tout autant dans le paquet d'entreprises avec lesquelles négociait la JP Morgan. Quand Moody's avait réalisé son propre modèle d'un paquet d'entreprises réunies dans la première opération  Bistro, elle avait prévu que 0,82% d'entreprises ferait faillite chaque année. Si ces défauts n'étaient pas corrélés, ou s'ils étaient simplement légèrement corrélés, la chance qu'un défaut apparaisse pour 10% du paquet était ténue. Le montant de pertes correspondrait à 700 millions en capital à appeler pour être couvertes. C'était pourquoi JP Morgan pouvait déclarer que le risque super-senior était sûr, et pourquoi Moody's avait noté avec AAA tellement de titres.

Toutefois l'hypothèse au sujet de la corrélation relevait en réalité de la devinette. Demchak et ses collègues savaient parfaitement bien que si le taux de corrélation en venait à augmenter de manière appréciable au-delà des prévisions des statisticiens, de sérieuses pertes devaient en résulter.  Que devait-il arriver si de nombreuses entreprises devaient défaillir? De nombreuses autres devaient-elle suivre? Le nombre de défauts requis pour déclencher une réaction en chaine était misérablement inconnu. Demchak n'avait jamais été témoin d'une telle situation, et même s'il y n'y avait qu'une minute pour qu'un tel scénario se mette en jeu, il n'aurait pas aimé se trouver assis sur des actifs de 100 milliards qui partent en fumée. Il avait donc décidé de prendre ses précautions et avait demandé à sa team de réduire encore les obligations super-senior, sans tenir compte des dires des régulateurs.

Cette prise de position avait coûté à JP Morgan beaucoup d'argent, parce qu'elle avait a payer à AIG et à d'autres pour assurer le risque super-senior, et les commissions augmentaient continuellement. Dans les premières transactions avec AIG, les commissions s'élevaient à 0,02% pour chaque $ de risque assuré par an. En 1999 elles s'élevaient à 0,11% pour un $. Mais Demchak était déterminé à ce que sa team soit prudente.

The mortgage time bomb
- La bombe à retardement des crédits hypothécaires.

A la même époque la team de JP Morgan était confrontée à un second problème potentiel et bien plus grand. Quand le cycle des innovations arrivait à maturité et que les bénéfices des premières opérations Bistro basées sur un paquet d'entreprises déclinaient, Demchak avait demandé à sa team d'explorer de nouvelles pistes pour mettre en œuvre des opérations Bistro, soit en en modifiant ses structures, soit en y mélangeant d'autres types de prêts ou d'autres actifs. Ils décidèrent d'expérimenter ceci avec des prêts hypothécaires. Terri Duhon se trouvait au cœur de cet expérimentation. Duhon n'avait été que 10 ans auparavant étudiant à la High School de la Louisiane. Quand elle avait raconté à ses parents qu'elle allait travailler dans une banque, ils crurent qu'elle allait devenir caissière. Elle devait gérer des dizaines de milliards de $. Elle a été formée comme mathématicienne et elle faisait monter son adrénaline en chevauchant de grosses cylindrées pendant ses loisirs. Elle s'était sentie inspirée par tous ces zéros très fascinants. Selon elle "ce n'était qu'une expérience intense et extraordinaire".

Une année après que Duhon avait intégré son poste, elle s'était concertée avec la Bayresiche Landesbank (Banque régionale bavaroise), une grande banque allemande, qui voulait utiliser des structures de dérivés de crédit pour écarter le risque de 14 milliards correspondant à des prêts hypothécaires. Il ne faisait pas partie des opérations habituelles de JP Morgan de traiter avec des prêts hypothécaires, mais Duhon savait que des banques concurrentes étaient entrain de démarrer ces activités. C'est ce qui détermina Duhon à se lancer elle-même.

Duhon rencontra un problème après avoir discuté avec les experts en analyse quantitative de gestion. Pour offrir des opérations Bistro à la fin de l'année 1997, la JP Morgan avait accès a un ample panel de données sur les prêts qu'elle avait ficelés en paquets. Il en est de même pour les investisseurs qui avaient acheté les dérivés de crédits qui en résultaient, dès que la banque avait délibérément nommé les 307 entreprises dont les prêts étaient interconnectés dans les paquets Bistro. Beaucoup d'entreprises étaient en affaire avec la JP Morgan depuis des décennies, ce qui permettait de disposer de beaucoup d'informations sur leurs performances au cours de nombreux exercices. Ceci ne pouvait fournir aux statisticiens de JP Morgan et aux investisseurs qu'une grande confiance au regard de la possibilité du défaut. Mais le monde du crédit hypothécaire était très différent. Déjà parce que les banques ne révèlent jamais aux investisseurs les noms des titulaires de ces prêts qui sont ficelés en paquets. Pire, Duhon avait découvert que la traçabilité des défauts des crédits hypothécaires était très maigre.

Alors que le monde des entreprises avait connu de nombreux boom et récessions au cours du XXème siècle, le marché immobilier n'avait connu qu'une croissance constante. Quelques régions spécifiques avaient subi des revers. Les prix avaient chuté au Texas pendant la crise de l'épargne et des crédits (saving and loan) à la fin des années 1980. Mais il n'y a jamais eu depuis la seconde guerre mondiale une baisse générale des prix des maisons. La dernière fois que cela s'était produit était lors de la Grande Dépression. L'absence de données avait rendu furieuse Duhon. Quand les banquiers assemblent des modèles pour prévoir les défauts, elles veulent des données sur ce qui se passe normalement dans des booms et des récessions. Sans les avoir il est impossible de savoir si les défauts tendent à être corrélés ou non, dans quelle circonstances ils doivent être isolés en fonction de centres urbains ou de régions, et quand ils prennent une ampleur nationale. Duhon ne parvenait pas à trouver une piste pour accéder à ces données.

Ceci signifiait qu'elle devait soit compter sur des données relatives à une seule région à extrapoler sur tous les USA, soit établir plus d'hypothèses que la normale sur la manière de corréler les défauts. Elle en référa à un expert en analyse quantitative, Krishna Varikooty. Varikooty était réputé pour avoir une approche épurée du risque. Il était très pointilleux et scrupuleux. Son jugement sur les crédits hypothécaires était clair: il ne lui était pas possible d'organiser la traçabilité de la potentielle corrélation des défauts pour conforter la confiance. Il a déclaré "que, en l'absence de ceci, aucune estimation ne pouvait être faite sur le risque du défaut dans un paquet de crédits hypothécaires. Si les défauts de crédit hypothécaires n'étaient pas corrélés, la structure Bistro devait être sure pour le risque sur les crédits hypothécaires, mais s'ils étaient fortement corrélés, ceci devait devenir catastrophiquement dangereux." Personne ne pouvait savoir.

Duhon et ses collègues on répondu favorablement mais à contrecœur à la requête de la Bayerische Landesbank. La banque allemande était empressée de poursuivre même après que les incertitudes de la modélisation lui avaient été expliquées. Pour affronter les incertitudes, Duhon avait stipulé que l'opération devait être soutenue avec un portefeuille de financement plus grand que dans des opérations courantes, ce qui rendait cette opération moins lucrative pour la JP Morgan. La banque avait aussi hedgé (couvert, protégé) son risque. Les risques des crédits hypothécaires n'avaient jamais été représentés en graphiques et diagrammes. Plus tard, Masters avait dit "nous ne pouvions juste pas nous trouver dans une situation confortable".

Dans les mois qui suivirent, Duhon avait appris que d'autres banques commençaient à commercialiser des dérivés de crédit sur les dettes hypothécaires et elle s'était étonnée de voir qu'elles étaient prêtes à le faire avec de telles lacunes de données. Avaient-elles trouvé une meilleure manière d'organiser la traçabilité de leurs émissions? Avaient-elles plus d'expérience avec les crédits hypothécaires? Et comme le marché des dérivés de crédit n'était pas régulé, les données sur ces opérations n'étaient pas disponibles.

La team de la JP Morgan n'avait fait qu'une autre opération Bistro avec les dettes hypothécaires quelques mois après pour une valeur de 10 milliards de $. Plus tard la JP Morgan avait abandonné le commerce de produits adossés au crédit hypothécaire, mais celui-ci s'était étendu à tout le système financier des pays de l'ouest (ndtr.: sous l'appellation CDO ou CDS).

<<<< Fin de la traduction.

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Mon épilogue et ma conclusion.

Les 25 plus grands prêteurs impliqués dans CDO / CDS et dans les crédits hypothécaires subprimes et les assurances contre les défauts de ces crédits avaient drainé 72% des opérations représentant 1000 milliards de $ (1 trillion). Ces 25 plus grands prêteurs étaient financés par des grandes banques ou étaient des filiales des grandes banques qui font l'objet des plans de bail out (sauvetage)  et qui reçoivent des milliards de $ provenant du contribuable ou des déficits budgétaires.

Liste des 25 plus grands prêteurs de crédits hypothécaire: Countrywide Financial Corp, Ameriquest Mortgage Co./ACC Capital Holdings Corp., New Century Financial Corp., First Franklin Corp./National City Corp./Merrill Lynch & Co., Long Beach Mortgage Co./Washington Mutual (WaMut), Option One Mortgage Corp./H&R Block Inc., Fremont Investment & Loan/Fremont General Corp., Wells Fargo Financial/Wells Fargo & Co., HSBC Finance Corp./HSBC Holdings plc, WMC Mortgage Corp./General Electric Co., BNC Mortgage Inc./Lehman Brothers, Chase Home Finance/JPMorgan Chase & Co., Accredited Home Lenders Inc./Lone Star Funds V, IndyMac Bancorp, Inc., CitiFinancial / Citigroup Inc., EquiFirst Corp./Regions Financial Corp./Barclays Bank plc, Encore Credit Corp./ ECC Capital Corp./Bear Stearns Cos. Inc., American General Finance Inc./American International Group Inc. (AIG), Wachovia Corp., GMAC LLC (filiale financière de GM/Cerberus Capital Management (qui est propriétaire de Chrysler), NovaStar Financial Inc., American Home Mortgage Investment Corp., GreenPoint Mortgage Funding Inc./Capital One Financial Corp., ResMAE Mortgage Corp./Citadel Investment Group, Aegis Mortgage Corp./Cerberus Capital Management (qui est propriétaire de Chrysler).


Dans l'économie, que ce soit celle des USA, ou d'un autre pays industrialisé, le PIB a servi à augmenter le revenu du capital. Ne cherchez pas ici la phrase d'un rouge qui va attiser votre peur du bolcheviki. Je vous livre dans un premier graphique cliquable ci-dessous les statistiques officielles des USA sur le revenu salarial. Dans la période allant de 1985 à 2009, il n'est pas plus élevé qu'en 1960. Aux USA - comme en France selon le rapport officiel publié le 7 mai 2009 - 1 adulte sur 5 vit en dessous du seuil de pauvreté. La "Croissance" n'a donc rien apporté au peuple. Il y a donc plus de deux décades perdues pour les salariés. A celles-ci s'ajouteront les deux prochaines décades perdues qui serviront à payer les dettes et déficits budgétaires abyssaux qui doivent payer les créances toxiques, pourries et illiquides des banques qui ont spéculé de manière compulsive à la Madoff conformément au système pyramidal à la Ponzi. Le salarié aura donc connu 4 décades perdues et le "contrat des générations" sera en panne presque un 1/2 siècle. Pire, les enfants auront une "aisance" inférieure à leurs parents.



Un salaire qui n'existe pas doit être compensé par un niveau élevé de crédit et de désépargne pour entretenir une "Croissance".




Graphique ci-dessus: Une Croissance annuelle du PNB qui n'existe pas...
Comparaison entre les chiffres officiels (en rouge) et les Shadow Statistics (en bleu) (1982 – 2008)
Source: ShadowStats, 12/2008. Les USA sont en réalité en récession depuis 2000.




Pour visualiser le mot "dette" voici quatre graphiques sur la situation américaine.

1) Niveau historique de la dette US
2) Niveau historique de la non-épargne US.
3) Dettes des Plans de Sauvetage, TARP, TALF, PPIP, etc...
4) Plans Obama de "stimulation".

A la dette des ménages et des entreprises, Obama-Geithner-Bernanke ajoute la dette d'État la plus grande de toute l'histoire des USA, ... et de l'Humanité, avec les Plans TARP, TALF, PPIP, etc... Ceci ne prendra fin que dans une implosion des USA avec des graves dégâts collatéraux. En attendant la Fed' continue par avalanches de centaines de billions à monétiser les dettes intérieures et extérieures en les titrisant par le biais des Bons du Trésor vendus aux imbéciles qui les achètent ou aux chinois qui les échangent contre leurs surplus américains, leurs dollars, pour rendre les USA encore plus dépendants du fournil jaune. La Fed' et le Trésor américain renflouent 70% du système bancaire américain qui est donc insolvable dans sa globalité. Pour le Royaume Uni, la dette du gouvernement Brown et du chancelier de l'échiquier Alistair Darling est la dette cumulée la plus élevée de ces 300 dernières années depuis la fondation de la Bank of England, banque centrale.



Déficit budgétaire des USA 2009.















A ces dettes des ménages s'ajoutent les dettes des banques, des banques d'investissement, des assurances, des entreprises.

Le 7 mai 2009 le Secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a publié le Stress Test qui devrait révéler l'état de "résistance" des banques américaines. Selon le Wall Street Journal (WSJ) les banques qui seront invitées par le rapport du Stress Test à augmenter leurs fonds propres ne seront pas déclarées insolvables. Timothy Geithner est comme Obama, un manager de l'évènementiel: son mensonge est accompagné de: "dramatic action", "exceptional assessment", "hundreds of supervisors", "rigorously reviewing", "strict", "lifting the fog of uncertainty". Ah, oui. L'incertitude. Wall Street ne s'y trompe pas, le jour de cette publication du Stress Test le Dow et le Nasdaq sont bien rouges.

Les paramètres de l'hypothèse de la "résistance à une détérioration économique qui peut survenir" sont dans les journaux d'Information anglophones un "cakewalk". Selon l'ainsi dénommé "adverse scenario" la Fed' n'envisage qu'un pic de chômage à 10.3% à la fin de 2010, ce qui est impossible avec une augmentation mensuelle de plus de 500.000 chômeurs. Une récession de seulement 3.3% du PIB pour l'année 2009 est envisagée par la Fed'. Le baseline scenario de Geithner Obama n'est que pure supercherie.

Ce Stress Test se base aussi uniquement sur les estimations établies par les banques elles-mêmes. Obama Geithner prouve ainsi sa faiblesse et sa peur face aux banques américaines. Ce sont déjà ces banques qui fournissaient elles-mêmes leurs propres analyses du risque aux agences de notations qui leur attribuaient quasiment toujours le triple A (AAA) pour inciter les investisseurs à se jeter sur leurs produits financiers adossés sur les crédits (CDS / CDO). Obama Geithner révèle aussi par ce Stress Test l'incapacité des autorités de contrôle et de surveillance à évaluer et comprendre les agissements des acteurs financiers. Cette abandon de la supervision remonte à 1995 et Bernanke, Gouverneur de la Fed', qui estimait que les banques étaient capables d'évaluer leur risque et d'agir en conséquence. Ce Stress Test n'a aucune valeur parce que, officiellement, les banques, les assurances et les fiducies sont autorisées à assouplir les normes comptables, à maquiller les bilans. Last but not least, n'ont été intégrés dans les calculs de "résistance" des 150 (cent cinquante) experts uniquement les portefeuilles des prêts conventionnels et non pas la part du lion représentée par les... dérivés de crédit qui sont la masse des créances toxiques pourries illiquides. Celui qui a ordonné de telles expertises fallacieuses, celui qui les évalue, celui qui les commente positivement doit être traîné devant les tribunaux. Madoff n'est qu'un enfant de cœur toujours prêt à fourbir les instruments du culte.

Selon le FMI, durant les six derniers mois, les banques américaines ont perdu 2700 milliards de $ (2,7 trillions) et selon RGE de Nouriel Roubini elle ont perdu 3600 milliards de $. Le système bancaire américain est en faillite. Le Financial Times Deutschland ironise avec "Sexy Banks in transparenten Pants" (banques sexy dans leurs pantalons transparents). Le Stress test a été lancé en février, ce sont trois mois de perdus pour prendre des réformes sur le système bancaire et... nationaliser ce qui encore sain. Le Stress Test a dit que la "situation est bonne mais que pour affronter de nouvelles difficultés éventuelles dans le futur", 10 banques, parmi les 19 les plus grandes des USA, devront aller sur la lune pour déterrer les 150 milliards d'argent frais qui leur manquent. Le Financial Times Deutschland compare les frasques et les mensonges de Timothy Geithner à ceux de Berlusconi. L'article soporifique du journal français Le Monde à ce sujet est particulièrement médiocre, comme toujours.

A la Conférence de Presse du 7 mai 2009, où Geithner à parlé de la bonne résistance des banques américaines, ne s'était pas présenté Sheila Bair, la Directrice du FDIC, l'organisme qui prend le relais des banques en faillite pour indemniser les épargnants. Sheila Bair ne cautionne pas le Stress Test de Geigner Obama et exige une intervention politique décidée pour que la FDIC traite aussi à côté des banques commerciales, les holdings bancaires, les assurances, les fiducies, les banques d'investissement. Sheila Bair ordonne d'abandonner l'idéologie du "too big to fail" (trop grand pour être insolvable) et de mettre toutes ces zombie banques sous la tutelle de l'administration américaine (nationalisation) parce que les banques ne sont plus capables et en mesure de se réguler elles-mêmes, de se réparer, de créer un modèle d'entreprise et de management viable. Obama, roi déjà déchu du bricolage, devrait aussi licencier Geithner qui était Gouverneur de la Fed' de New York et qui avait contribué lui-même à la création de la crise financière 2008-09. L'Administration Obama, issue en majeure partie des banques faillitaires, est un agent de destruction du système américain. Depuis septembre 2008, je vous explique que rien n'a changé avec Obama, hormis son management de l'évènementiel. Je ne crois pas que l'on puisse cataloguer Sheila Bair dans le communisme, la gauche de la gauche ou l'ultragauche. Que nos journalistes français sont crétins.

Dérivés de crédit, les Armes de destruction massive.


Que ce soit par Joseph Stiglitz ou Nouriel Roubini ou Jean Ziegler, l'opinion publique avait été alarmée depuis une décennie au sujet des dérivés de crédit qui sont des armes de destruction massive. Mais si l'opinion publique préfère mépriser ces personnes comme des "suppositoires de gauchiste" ou "Dr Doom" ou le "Guillaume Tell de la finance", rien n'a servi d'avoir refusé de nager dans le mainstream.

Aujourd'hui, 6 mai 2009, commence aux USA une phase du lavage de linge sale et de lynchage public, car les plans de bail out n'ont aucun effet et parce que tout le monde sait que la publication du Stress Test sur la désirée bonne santé des banques est basée sur des calculs fournis par les banques elles-mêmes et ne sont pas crédibles.

Les dérivés de crédits sont considérés aujourd'hui comme des amplificateurs du hurricane créés par les banques et assurances et par Bernanke-Paulson, les Gouverneurs de la Fed' et par Timothy Geithner, le Secrétaire américain au Trésor. L'autorité américaine de surveillance des opérations boursière, la U.S. Securities and Exchange Commission, (SEC), sous la direction de Mary Schapiro introduit la première procédure contre le délit d'initié. L'un des prévenus est un employé de la Deutsche Bank, Jon-Paul Rorech. Il fallait choisir. Si ce n'est pas un indigène comme Madoff, c'est un étranger. Et avec un prévenu allemand, le compte est bon. Le conte est meilleur. Le peuple américain se clamera victime de la synarchie allemande.

C'est la première fois que l'autorité de surveillance SEC épingle les Credit Default Swaps (CDS) dont la bulle s'élève à… 620.000 milliards de $ (620 trillions). Dans les CDS, un acteur du marché prend de manière répétitive le rôle d'assureur à son compte. Contre une commission il s'oblige à payer à l'assureur, si un remboursement devenait impossible. Les investisseurs qui achètent l'assurance contre le défaut doivent fournir un bond à l'entreprise en faillite et reçoivent en contrepartie la somme de l'assurance. L'assurance espère encore obtenir quelque chose à la procédure de faillite. Les contrats sont négociés en dehors de la bourse et servent aussi dans des spéculations spécifiques pour évaluer les bonités de l'entreprise.

Beaucoup d'observateurs voient dans les dérivés de crédit un facteur de risque pour l'ensemble du système à cause des incertitudes des modélisation mathématiques sur les corrélations des risques. Warren Buffet, la star des investisseurs à 45% de rendement annuel, avait lui-même aussi désigné ces dérivés de crédit comme des armes de destruction massive. Des faillites comme celles de la banque d'investissement Lehman Brothers du 15 IX 2008 ont montré comme le marché est très sensible à des chocs de cette ampleur qui surgissent quand un acteur important du marché fait défaut. Les critiques américains réclament eux aussi une régulation sévère… un mois après le G20 de Londres du 2 avril 2009 qui a été aussi agréable que de mettre un violon au frigo. L'action de la SEC montre aujourd'hui… un mois après le G20 de Londres… que des actes doivent enfin suivre aux paroles. Le cow-boy est mort.

La plainte de la SEC se dirige contre Jon-Paul Rorech, employé de la Deutsche Bank qui a retransmis des informations susceptibles de faire modifier le cours des actions. Ces informations révélaient un changement du niveau des emprunts de l'entreprise d'analyse en marketing VNU. Elles ont été retransmises au Hedge Fonds Millenium Partners. Fort de cette information, Millenium Partners avait donné l'ordre d'achat sur des contrats d'assurance CDS adossés sur les emprunts pris par VNU et avait encaissé un bénéfice de 1,2 millions de $.

La manière de procéder de Mary Schapiro, la nouvelle directrice de la SEC, a été accueillie froidement par Wall Street qui depuis presque 18 ans organisait sa régulation comme elle l'entendait, faisait son lobbying auprès des Sénateurs à Washington pour faire fondre les règlements de contrôle et de surveillance ou pour empêcher qu'ils ne soient formulés pour les nouveaux produits financiers. Schapiro veut s'occuper des ventes à découvert (short selling) et des agences de notation qui ont donné des notes de complaisances sur des analyses fournies par les banques ou les assurances elles-mêmes au sujet des produits financiers qu'elles émettaient sur le marché. Schapiro revendique une extension des compétences de la SEC depuis que celle-ci a été largement critiquée pour le scandale Barnard Madoff. Le gendre de Madoff lui-même était membre de la SEC.

Il y avait une étroite collaboration entre Cox, le directeur précédent de la SEC, et Wall Street selon les indices révélés par la Cour des Comptes américaine (Government Acountability Office - GAO).  La SEC ralentissait systématiquement les procédures d'examen et réduisait toujours les peines. Les procureurs ne voyaient pas en la SEC un allié et mais un obstacle contre la lutte contre les tromperies. Schapiro a l'intention de mettre fin à toutes ces pratiques.

Et l'Après de la Destructrion "créatrice"... pour dans 20 ans?

Nous ne pouvons prendre à la lettre la phrase de Joseph Schumpeter selon laquelle "l'essence du capitalisme est la destruction créatrice" et organiser la destruction comme le phare de l'action adossée sur les incertitudes de la modélisation de l'absence illusoire de la corrélation des défauts de l'agent économique allant de la banque d'investissement jusqu'au particulier ou au ménage en passant par la théorie et l'idéologie économique comme l'obligation de traiter tout comme un risque systémique sur lequel le moindre des effets de levier doit être appliqué pour transformer le monde en machine à faire du fric, cracher du cash, faire du Travailleur de la volatilité communément jetable et garder l'africain à un stade de sous-homme à dépecer comme un poulet. La plus grande peur de Schumpeter était que la destruction créatrice ne conduise le capitalisme à l'effondrement sur lui-même parce que la société n'est plus capable de traiter le chaos. Mais pourquoi la société, l'État, le contribuable, les habitants des pays et les 2 générations futures doivent supporter et payer pour l'irresponsabilité organisée par le capitalisme pour permettre la jouissance immédiate des spéculateurs? La conception de cet État n'en fait qu'un acteur détruisant par essence qui laisse pour un certain temps ses citoyens en stabulation libre dans un enclos avant qu'ils ne s'entretuent.

La "libre entreprise" doit être respectée en entier si l'on en fait le noyau des agissements d'une société et il faut donc y intégrer l'insolvabilité comme une partie complète de cette libre entreprise. Il faut que l'Etat organise l'insolvabilité au lieu de faire semblant de la gommer avec sa bulle qui y a conduit. Le Développement durable passe aussi par la responsabilité des actes de l'entrepreneur ou du banquier. Et il ne faudra surtout pas, comme en ce moment, promettre en plus aux banques de transformer en actions et de garder dans leur fonds propres les trillions injectés par l'Etat pour organiser la purge de leurs dettes et créances toxiques. Jusqu'à présent les modélisations économiques et sociétales comme les assurances se refusaient d'intégrer le risque systémique pour deux raisons: 1) on préfère se faire croire qu'il ne peut arriver qu'une ou deux fois par siècle; 2) donc il est comme inexistant. On ne peut donc asseoir une "Croissance" artificielle globale sur l'appauvrissement cyclique de générations futures. Il faut donc réformer le risque systémique, c'est à dire lui reconnaître l'existence qu'il a et admettre que les périodicités de son apparition sont de plus en plus rapprochées: crise de l'épargne et des profits, crise asiatique, crises du système des profits, crise dot-com, et crise du système des risque (la crise actuelle).

Les analystes les moins malhonnêtes désignent la crise 2008-2009 comme "La Crise du système des Risques". Mais pour eux cette manière de s'exprimer est justement issue de cette fausse analyse qui légitime l'administration par Geithner-Brown-Obama-Bernanke du faux médicament au faux malade. Pour ceux-ci, cette crise du Système des Risques n'est que la crise du risque opérationnel, du risque managérial. Il faut reconnaître que les modélisations qui occultent "l'incertitude" de la corrélation des défauts de paiement des emprunteurs et que le système de réserves fractionnaires qui légitime les banques qui prêtent 10 fois, 20 fois, 60 fois l'argent qu'elle n'ont pas avec dans leurs coffres une réserve de 6%, 4%, 2% de fonds propres, ont tracé les autoroutes du Système de Risque Systémique. Ceci n'est plus de la "Libre Entreprise", c'est un pillage sur les peuples au nom d'une croisade de la libre circulation des capitaux. Les pays africains parlent aujourd'hui d'un "Protectionnisme intelligent" à instaurer qui doit protéger leurs marchés soumis au "Libre Commerce" de l'OMC et des APE. Il faudra réintroduire des mesures de protection, de surveillance, de contrôle et de responsabilisation à 100% de l'entrepreneur et de leurs gestionnaires. Les autoroutes du Système de Crise Systémique ont été nivellées par les Hedge Fonds, les Fonds de Pension, les Fonds Vautours, les évasions fiscales et les paradis fiscaux et la corruption directe ou indirecte de toute la société, ne serait-ce que par une adhésion muette aux bien-faits de la globalisation, ce "mal nécessaire". Pour réorienter tout ceci, il faudra annuler le Traité de Lisbonne et la Directive européenne sur les Fonds Propres (CRD) et la Directive sur la Libre Circulation des capitaux, qui sont de toutes façons caducs depuis le Plan-(S) Européen-(S) de Sauvetage avec ses "Boîtes à outils" voulu par Gordon Brown de l'automne 2008 et depuis l'inobservation des critères de Maastricht.

Vous voyez donc que pour tirer une conclusion il faut exposer tous les facteurs qui ont conduit à la crise. Dans ma réflexion que je mène sur les trois fronts des solidarités locales, régionales et globales nous ne pouvons plus seulement dire qu'il faut rendre aux salariés le fruit de leur travail, que la part juste de l'augmentation du PIB revient aux salariés. Depuis les années 1960 le PIB a tellement augmenté grâce à l'économie réelle et sans compter l'augmentation artificielle par une hyper spéculation qui explose toujours et qui retombe et qui fait perdre encore plus que ce qui n'a été acquis, mais qui la fait perdre à la communauté  qui paye pour elle avec tous ces plans idiots de "Sauvetage" de l'État Providence Bancaire. Si les salariés ont le salaire qui leur revient il n'y aura pas de création d'une hyper-bulle de la dette et de désépargne comme le montrent les deux premiers graphiques de cette page. Bien sûr il faudra réorganiser l'Organisation Mondiale de la Commercialisation et de la Production. On ne pourra plus se permettre ce ying-yang du Pacifique où les capitaux vont vers la Chine et où les biens de consommation vont vers les USA. Il faudra surveiller très étroitement le système de réserves fractionnaires des banques, ce droit qu'elles ont de prêter de l'argent qu'elles n'ont pas, et sur lequel, outre le remboursement par le débiteur, elles touchent des intérêts. Il faudra faire de Bâle 2, de IFRS et des Directives européennes CRD de véritables normes prudentielles comptables. Il ne faudra plus tolérer que grâce à la prédominance et la prédation du $ comme seule monnaie de référence, les pays de la planète soient obligés de se soumettre à la folie dépensière des USA, comme Etat avec sa dette publique hypertrophiée et supportée par les créanciers du reste de la planète, et la dette hypertrophiée des ménages américains. Il faudra aussi éliminer les Accords bilatéraux de Partenariat Économique qui sont plus éliminatoires pour les Pays en Développement et les Pays ACP que ne l'a été l'OMC qui est morte à Doha en 2001. Il faudra éliminer les AGCS qui font du monde une marchandise et les Accords sur les ADPIC qui font du monde et du vivant une propriété industrielle couverte par les Droits de Brevet. Et pour le Développement durable, le vrai, et social vous avez aussi de nombreux articles sur mon site.

La spirale spéculative de crédit et son système d'assurance des risques de l'incertitude systémique (moral hazard) par les CDS, les CDO, les LBO, etc... ont tué l'activité économique et fait du Travailleur une espèce d'emmerdeur compressible à souhait  au gré de l'actionnariat de fonds spéculatifs de toute nature. Une refonte du système de crédit sera à engager dans la prochaine décennie en augmentant l'exigence des fonds propres de réserve ce qui réduira l'effet de levier financier revolving. Les fonds propres de réserve en banque devront remonter à 4%, puis à 6% et sans doute dépasser les 10%. Il faudra organiser le ralentissement de la circulation de la monnaie et le ralentissement de l'expansion du crédit. Il faudra alors avoir au niveau macro-économique comme au niveau des ménages et des entrepreneurs une gestion prudentielle durable verte et sociale conforme au moins au libellé des normes Bâle 2 et IFRS qui sont des "normes comptables prudentielles". Ceci nécessitera de requalifier la Croissance en un Green New Deal et d'y intégrer l'IDH, l'Indice de Développement Humain. Un ralentissement de la croissance des pays industrialisés devra s'organiser avec les Pays En Développement (PED) et les Pays Afrique Caraïbes Pacifique (ACP).

Il faut acquérir des savoirs, que tous les politiciens doivent posséder et avec lesquels l'électeur doit se confronter, s'il est responsable. Pour revendiquer auprès de ses élus, il faut mener soi-même une sensibilisation et une formation personnelle de citoyen d'un pays et de citoyen du monde. Ceci ne s'enfile pas entre deux tartines beurrées. Je ne peux pas faire plus que d'expliquer l'existant, faire des synthèses d'informations. Il faudra éliminer cette situation du chaos de la jungle financière, puis progresser de manière résolue vers une requalification de la croissance et de la raison d'avoir des activités économiques et de vivre ensemble. Si nous tombons économiquement tellement bas, il sera plus simple d'instaurer de suite un système de croissance requalifiée. A la fin de l'été 09 nous en saurons plus.

La Chine a instauré depuis quelques mois un contrôle strict des produits dérivés. Chaque émetteur de produit dérivé y est obligé de l'exposer en toute transparence auprès du régulateur. La Chine est le premier pays à s'être doté d'une régulation stricte. Le reste de la planète n'a pour ainsi dire pas de système de régulation.



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Voici un texte paru le 23 mai 2009 dans Global Research, . Un tel texte écrit en France passerait chez notre Ministre de l'Intérieur français pour un texte écrit par "l'Ultragauche". Ce texte sera traduit en français dans un billet à venir:

"Best Financial Markets Analysis ArticleIn a little more than a decade, Credit Default Swaps (CDS) have ballooned into a multi-billion dollar industry which has changed the fundamental character of the financial system and increased systemic risk by many orders of magnitude. CDS, which were originally created to reduce potential losses from defaulting bonds, has turned into a cash cow for the big banks, generating mega-profits on, what amounts to, nothing more than legalized gambling. In the case of insurance giant AIG, losses from CDS transactions has already cost the American people $150 billion, and yet their still has been no serious effort in Congress to ban them once and for all. Even worse, CDS is the root-cause of systemic risk which connects hundreds of financial institutions together in a lethal daisy-chain that threatens to crash the entire system if one of the main players goes under.

CDS contracts are not cleared on a centralized exchange nor are they government regulated. That means that no one really knows whether issuers of CDS can pay off potential claims or not. It's a Ponzi-insurance racket of the first order. AIG is a good example of a company that gamed the system and then walked away with millions for its efforts. They sold more CDS than they could cover and then--when the debts started piling up around their eyeballs--they trundled off to the Fed for a multi-billion dollar bailout. Fed chief Bernanke later said that he was furious over the AIG's fiasco, but it didn't stop him from shovelling the losses onto the public ledger and making the taxpayer the guarantor for all AIG's bad bets. Keep in mind, that AIG was selling paper that had zero capital backing, an activity is tantamount to counterfeiting. Still, no one has been indicted or prosecuted in the affair. Defrauding clients and then sticking it to Joe six-pack has become de rigueur on Wall Street.

CDS have spider-webbed their way into every corner of the financial system lashing-together banks and other financial institutions in a way that if one defaults the others go down too. This is what's really meant by "too big to fail"; a euphemism which refers to the tangle of counterparty deals which has been allowed to spread--regardless of the risk--so that a handful of banksters can rake in obscene profits. CDS has become the bank cartel's golden goose; a no-risk revenue-generating locomotive that accelerates the transfer of public wealth to high-stakes speculators. If it wasn't for the turbo-charged profits from derivatives transactions, many of the banks would have already gone belly up."

By: Mike Whitney

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24 avril 2009

Stress Test - Obama, chef du gang Ponzi & Bush, manipule les normes comptables de son organisation

Obama aggrave la crise

"Since apparently everything in America is going into the toilet except the public's faith in Barack Obama, it seems that the way to fix everything in America is to entrust it to Barack Obama" - Derek Thompson, in The Atlantic, April 25, 2009.     (Depuis que tout passe en apparence en Amérique par les WC hormis la confiance publique en Barack Obama,  il semble que la seule manière de tout résoudre en Amérique est de tout confier à Barack Obama)     Dessin: caricature du cubain Angel Boligán Corbo.

Parmi les articles historiquement importants publiés dans The Atlantic, on peut citer: « Letter from Birmingham Jail », de Martin Luther King en août 1963.   (Photo BLM ajoutée le 01/04/2021)

Au "Sommet des Amériques" Obama continue en avril 2009 de charmer son petit monde pour continuer à lui vendre la dictature du dollar. L'Europe de la BCE, avec à sa tête le Royaume-Uni et Jean-Claude Trichet, nourrit toujours, quand à elle, son adulation servile pour le $.

Le tout premier acte présidentiel d'Obama a aussi été de gonfler les troupes de GIs en Afghanistan au lieu de les retirer, et aussi de ne pas fermer Guantanamo dans son enclave à Cuba, que les USA loue à Cuba pour une somme annuelle de... 4085 $ payés par chèque qui n'est jamais encaissé par ce pays. L'embargo économique, commercial et financier des USA contre Cuba dure depuis le 3 février 1962... mais les USA gardent Guantanamo pour y stocker sur le sol cubain dans un camp de détention militaire ses criminels et terroristes tous capturés en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, etc! Tous les présidents des USA tiennent à Guantanamo et fondent juridiquement leur décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain en prenant appui sur l'extraterritorialité du camp de détention. C'est de la lâcheté totale.

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Dans mon site j'avais écrit en automne 2008, pour souligner le racisme américain contre sa population noire, les américains ont seulement élu Obama pour qu'il sorte leurs poubelles. Avec l'élection d'Obama, je n'avais pas cru que subitement les américains avaient oublié leur racisme contre les noirs ( <<< màj du 22 mars 2021: je suis revenu sur ma formulation de cette phrase écrite le 24 avril 2009, mais pour la garder, vous voyez tout ce qui a conduit au Black Lives Matter en 2020 et qui a été gravement amplifié et institutionnalisé avec Trump). Pour vous rassurer, visitez tous mes liens sur l'Afrique sous la bannière de mon site dont Survie - Ensemble contre la FranceAfrique. Obama a le même rôle que Gorbatschow en son temps: liquider le pays dans le plus grand syndic de faillite de toute l'histoire. Dans 30 ans, l'Histoire nous dira qui des deux a été le plus mafieux.

La plus grande opération de sauvetage (bail out) de toute l'Humanité a lieu. Sans résultats.

L’action politique n’est pas faite d’éruptions et de vétilles mais d’un long travail de fond. On ne peut faire sauter les paradigmes, mais que leur donner un autre nom. Il existe des sites qui travaillent le fond. Ce ne sont jamais les sites des partis et des syndicats. Jamais. Pour les vrais chiffres du chômage c’est ici. Pour les vrais chiffres de la pauvreté c’est ici. Que chacun mette sur son site ces références. Les Plans de Sauvetage, financés par les contribuables et les peuples, demeurent le plus grand transfert de richesses de toute l'Histoire de l'Humanité, et parallèlement la plus grande nationalisation des pertes privées. Ce trickle-down effect / ruissellement vers le bas / effet de percolation prend sa source d'en-haut, descend et s'arrête immédiatement aux banques et aux spéculateurs financiers, sans être dirigé vers l'économie réelle.

Pour que vous puissiez imaginer, les Plans de Sauvetage sont comme le pillage de l'Or des Incas par les Espagnols. J'ai pris cet exemple, par ce que l'on a oublié ce qu'à été le pillage de l'Afrique, de l'Algérie ou de l'Indochine par les colonisations françaises, le pillage des Pays en Développement par l'OMC et les APE, le pillage dans les pays industrialisés des classes sociales défavorisées et moyennes par... Par les électeurs qui ont laissé s'installer un système ordolibéral du Consensus de Washington et de von Hayek. Il m'est totalement égal, qu'il y a une classe "possédante", il est lamentable que les électeurs des 1ères marches soient à leur service dans leur médiocrité démocratique et leur immaturité politique. Ils ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Je me sens comme un "anabaptiste" politique, mais à l'image de ce mouvement du canton de Berne au XVIème siècle. Il ne faut voir la responsabilité qu'en soi-même et le dépôt dans l'urne de sa voix ne doit se faire qu'en pleine connaissance de cause. La cause, il faut aller la chercher, la comprendre, y réfléchir.

Ma comparaison avec Berne s'arrête là. La dignité de l'homme doit se chercher en lui, pas en ses "chefs". Encore plus quand l'Homme est électeur, s'il lui arrive d'oublier d'être consommateur. Get up, stand up, for your mind. Se lever lors de la crise est trop tard. Se lever en meute c'est déplacer hors de soi sa responsabilité individuelle et collective. On dirait que rien n'a été appris de 68. Il y en a qui n'ont pas accepté l'oppression mentale depuis 68. Il étaient seuls. Ils sont toujours seuls, car les éruptions sociales sur le tarmac sont des vétilles et non pas une conversion du système. Un révolution sur le tarmac ou de salon s'inscrit en faux par rapport à l'antécédent et n'est pas une accession.

C'est aussi pourquoi mon site essaye de donner du grain à moudre politique. Le lecteur fera son tri. En Alsace on n'a pas peur d'essayer de réfléchir au moins avec tout ce qui compose le substrat européen de la pensée. Ce constat étant fait, voyons les dernières évolutions de ce dogme intégriste de l'ordolibéralisme. Pour l'intégrisme certains sont prêts à sacrifier. (Photo: Tombe des Incas)

Le néolibéralisme a plongé le monde dans le plus grand désastre depuis Hitler et Staline.
Deux générations futures vont payer au moins jusqu'en 2029 pour ce qui devait être "croissance" et "globalisation".

Au "Sommet des Amériques" Obama continue en avril 09 de charmer son petit monde pour continuer à lui vendre la dictature du dollar. L'Europe de la BCE, avec à sa tête le Royaume-Uni et Jean-Claude Trichet, nourrit toujours, quand à elle, son adulation servile pour le $. Le tout premier acte présidentiel d'Obama a aussi été de gonfler les troupes de GIs en Afghanistan au lieu de les retirer et de ne pas fermer Guantanamo dans son enclave à Cuba.

 Au 15 avril 2009 il y a aux USA déjà autant de banques en faillite que pour toute l'année 2008, mais on fait croire que la Citigroup, la Wells Fargo, la Goldman Sachs, la Bank of America ou même la AIG, la Fannie Mae, la Freddie Mac, etc... renflouées et libérées de leurs centaines de milliards de dettes, sont subitement bénéficiaires. A la vue du rallye boursier à Wall Street, il semble y avoir de millions de crétins qui croient toujours à cette neuroscience computationnelle où le bondieu n'est qu'une volatilité sur laquelle il faut spéculer. Cesser d'y croire serait égal à abandonner 20 années de militantisme chez le buraliste pour le billet hebdomadaire du Lotto.


Par exemple la Citigroup annonce pour le 1er trimestre 2009 un bénéfice magique de 1,6 milliards de $, mais la réalité est de 2,5 milliards de pertes une fois enlevé les effets de purge des plans de sauvetage. Ces "bons chiffres" sont publiés pour éviter la nationalisation globale après faillite. Je tiens aussi mes informations du site d'analyse Mish's Global Economic Trend Analysis qui fait référence dans les universités de Strasbourg par exemple. Selon l'article online du 20 avril 2009 de Bloomberg.com, les banques US vont encore perdre 400 milliards de $ à cause des créances toxiques. Graphique à gauche: surexposition des 5 plus grandes banques US aux dérivés toxiques; 1056% pour la Goldman Sachs. Ces banques sont sous-capitalisées, en réalité en faillite.
Selon le Wall Street Journal (WSJ) les banques qui seront invitées par le rapport du Stress Test à augmenter leurs fonds propres ne seront pas déclarées insolvables. Ce Stress Test se base sur les estimations établies par les banques elles-mêmes. Obama Geithner prouve ainsi sa faiblesse et sa peur face aux banques américaines. Ce sont déjà ces banques qui fournissaient elles-mêmes leurs propre analyse du risque aux agences de notations qui leur attribuaient quasiment toujours le triple A (AAA) pour inciter les investisseurs à se jeter sur leurs produits financiers adossés sur les crédits (CDS / CDO). Obama Geithner révèle aussi par ce Stress Test l'incapacité des autorités de contrôle et de surveillance à évaluer et comprendre les agissements des acteurs financiers. Cette abandon de la supervision remonte à 1995 et Bernanke, Gouverneur de la Fed', qui estimait que les banques étaient capables d'évaluer leur risque et d'agir en conséquence.

Selon le FMI, durant les six derniers mois, les banques américaines ont perdu 2700 milliards de $ (2,7 trillions) et selon RGEde Nouriel Roubini elle ont perdu 3600 milliards de $.
Le système bancaire américain est en faillite.

Il semble que le Stress Test dira d'ici quelques jours que la "situation est bonne mais que pour affronter de nouvelles difficultés éventuelles dans le futur", 10 banques, parmi les 19 les plus grandes des USA, devront aller sur la lune pour déterrer les 150 milliards d'argent frais qui leur manquent. On sait déjà que ce sera le cas pour la Citigroup, la Bank of America, Wells Fargo, et Fifth Third Bancorp, etc... (Government officials stated today "that banks directed to raise more capital shouldn't be viewed as insolvent."). Obama a déjà versé aux banques 12900 milliards de $. La Citigroup a déjà bénéficié de trois bail out, 3 plans de sauvetage payés par le contribuable et le peuple. Il reste 6 mois à ces deux banques pour trouver les fonds nécessaires à l'augmentation de capital préconisée par le Stress Test de Geithner-Obama. C'est le même scénario que pour GM, Chrysler et Ford, qui sont en faillite tous les 15 jours et qui reçoivent de la taxpayer money à hauteur de millions de $. Le management d'évènement d'Obama poursuit sa Série-B de Soap Opéra et offre un abonnement gratuit à tous les spectateurs. Il essaye de trouver la dose entre d'un côté la panique et la confiance, et de l'autre le mensonge. Des banques régionales comme Regions Financial, Fifth Third Bancorp ou Wells Fargo seront aussi invitées à augmenter leur capital. Ceci n'a pas empêché le CEO Vikram Pandit de la Citigroup de demander à Timothy Geithner, Secrétaire d'État au Trésor, l'autorisation de verser des boni spéciaux et de lui signifier l'augmentation des salaires des traders dans le cas d'une réponse négative. Toutes les autres banques et assurances ont fait la même chose ou ont déjà versé les boni pour "respecter les contrats de travail des traders et pour les empêcher d'aller à la concurrence". La banqueroute privée et d'État des USA ne freine pas le culte d'une excellence.

En Europe, la Finlande vient de lancer l'idée d'un Stress Test pour les banques européennes basé sur le même canevas...

Les pontes de Wall Street utilisent l'argent du contribuable et les garanties du gouvernement pour gonfler leur bilan comptable, pour générer du "profit", et pour spéculer dans un marché financier turbulent. Depuis le 6 mars 2009 il y a une hausse des actions US et une inflation des profits des banques, qui devraient normalement recommencer à prêter de l'argent destinés à de nouveaux investissements. Beaucoup d'investisseurs sont très sceptiques face à ce "Green Shoots rally" (le rallye des bourgeons du printemps) qu'ils appellent le Bear-Rally des usurpateurs qui est destiné à tourner court et à se dépatouiller avec les mauvaises positions. Aujourd'hui, les prédateurs de proies faciles y voient une de ces occasions unique de la vie d'acheter. Mais le schéma de ce genre de Bear-Rally (rallye de l'ours d'un marché dépressif) est qu'il nait dans le pessimisme, qu'il croit dans le scepticisme, qu'il aboutit dans un optimisme et qu'il crève dans de l'euphorie. Sous la Grande Dépression des années 30', le Dow Industrial avait aussi atteint un sommet de 30% en 1932 alors que les conditions économiques continuaient à se détériorer.

Le chiffre officiel de la récession des USA vient d'être publié le 29 avril 2009: la récession américaine est de -6,1% (moins 6,1%).
Ce chiffre est sans ambiguïté, c'est la valeur annuelle. Mais comme l'évènement du jour, ce sont les 100 Jours d'Obama, on s'en fout et à Wall Street le Dow Jones et le Nasdaq sont à plus de +2%, il faut honorer l'excellence. Depuis septembre 2008 nous savons que la récession sera à deux chiffres et qu'elle dépassera celle de la Crise de 1929.

Comment la Citi, la BofA vont-elles lever des fonds quand la confiance des investisseurs n'est plus là et dans une telle récession? Trouver des investisseurs auprès des marchés privés? Qui est en mesure d'y parvenir? Les banques elles-mêmes sont impatientes de se défaire au plus rapidement des aides du Trésor américain et veulent éviter la nationalisation rampante. Goldman Sachs, dont la situation est catastrophique (voir graphique ci-dessus), est impatient de rembourser les aides de l'État fédéral et vient de lever 5 milliards de dollars. Cette situation est exceptionnelle. La Citi ou la BofA pourraient aussi convertir en actions ordinaires, exemptes de dividendes, une partie des actions préférentielles auxquelles le Trésor a déjà souscrit à l'automne 2008.

La conversion des actions de préférences, qui donnent plus de droits à son détenteur, en actions ordinaires est un autre aspect du transfert de richesses organisé par l'État Providence Bancaire sur le dos des citoyens et des habitants d'un pays. En effet les actions préférentielles sont la propriété nominative du Trésor, les actions ordinaires sont des parts anonymes. Les actions ordinaires sont en réalité plus liquides et ont plus de valeur que les actions de préférence, l'augmentation de capital de la Citigroup et de la BofA se fait en un simple jeu d'écriture. Citigroup s'est engagée dans cette voie en janvier 2009 et poursuivra le hold-up sur l'argent public avec le braquage de l'État sur les créances toxiques illiquides et pourries. Avec des actions ordinaires la part de l'État fédéral dans le capital de la banque augmente, ainsi que le risque pris par le contribuable. Cette nationalisation rampante (creeping nationalization) des banques ne nécessite pas de vote du Congrès et éteint la colère des élus à l'égard des banques. La FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) dispose de la compétence d'organiser l'insolvabilité des entreprises et exprime sa colère contre la doctrine du "too big to fail" (trop grand pour aller à la faillite) et pense qu'une liquidation de la Citigroup ou de la BofA, etc... coûterait moins cher à la collectivité que de maintenir artificiellement si longtemps en vie des malades en phase terminale ou atteints de la fièvre porcine ou qui voient voler au dessus de Manhattan des avions bizarres de l'armée qui veille et vole quand elle en a envie.

Mais où que l'on tourne la tête, il y a de la pourriture bancaires à évacuer avec l'assiduité laborieuse du contribuable et du peuple. Nous avons encore devant nous l'éclatement de la Bulle des CDS / CDO de 62 trillions de $ et de la Bulle des LBO. Le LBO est une acquisition à crédit d'entreprise. Ces crédits sont aujourd'hui irrécouvrables. Le LBO, Leveraged By Out, est le rachat d’une entreprise-cible par un fonds d’investissement via une société holding, qui s’endette et rembourse par les excédents de trésorerie de la cible sous forme de dividendes. La rentabilité de l’opération intervient au moment de la revente de l’entreprise par le fonds, en général en moins de 5 ans.

A la date de maturité de ces LBO tellement d'entreprises rachetées ne valent plus rien ou une partie de ce qu'elles valaient quelques mois avant. Cette perte de valeur n'est pas due à la chute générale des actions à Wall Street, mais au fait que ces entreprises étaient surévaluées dans l'euphorie compulsive de la spéculation pyramidale à la Madoff Ponzi.

A tous les niveaux de l'économie, les banques et les assurances, ne faisaient souvent qu'un groupe confondant patrimoine et intérêt managérial. Ces banque-assurances avaient cru gagner deux fois: une fois en vendant du crédit, une autre fois en vendant une assurance sur ce crédit, les CDS / CDO, LBO, Subprime titrisées et autres produits financiers dérivés qui portent tous le terme générique de créance pourries, toxiques, illiquides, irrécouvrables, impactées ou de positions négatives. Exemple: le groupe Schaeffler avait essayé de racheter à crédit avec des LBO le groupe Continental qui valait 10 fois plus; du coup Schaeffler est en situation d'insolvabilité et essaye de purger sa dette en liquidant des sites de production, dont Clairoix en France. Continental n'est pas la victime de Schaeffler, car Continental avait "acquis" à crédit avec des LBO le groupe Siemens VDO, crédits qu'il ne peut plus rembourser. Depuis 1990 les acquisitions se sont faites avec des LBO. La décennie des années '90 est la décennie des acquisitions. L'accueil par les ouvriers allemands de Continental Deutschland des ouvriers français de Continental France arrivant en train à la gare de Hanovre en Allemagne m'a rappelé des autres scènes filmées de trains bondés sur lesquels était écrit "Alle nach Paris - Tous à Berlin". Les petites-gens de Continental étaient unies pour la même cause, les photos étaient belles. Nous avons aussi pu comparer le syndicalisme de branche allemand et le syndicalisme politique à la française...

A la même date de la publication de Bloomberg.com du 20 avril 2009 que j'ai citée ci-dessus, Peer Steinbrück, ministre allemand des finances, avance officiellement le chiffre de 853 milliards d'euros de créances toxiques qui doivent être dissimulés dans la bad bank, la banque de défaisance. Le chiffre de Bloomberg.com est donc faux. Tous les chiffres avoués doivent être faux, car la bulle des CDS est évaluée à 68 trillions pour la planète entière... Dans le Financial Times du 21 avril 2009 le FMI annonce encore 4100 billions de créances toxiques, pourries, illiquides, dont 2700 billions pour les USA. (Voir note de bas de page pour les chiffres internationaux).

Avec la pauvreté vécue par les populations dans un avenir proche et lointain nous aurons une idée des pertes que les peuples - peuples mais électeurs, électeurs et coupables -, devront payer pour la ponzi-économie. Le modèle suédois du fonds de défaisance n'avait laissé qu'un minuscule déficit, mais le même modèle appliqué au Japon est un échec total qui passe dans l'histoire sous le nom de "la Décade perdue". La bad bank suisse de la UBS, officiellement appelée "fonds de défaisance" a officiellement délocalisé en 2008 au paradis fiscal des Iles Caïman 60 milliards de CHF "d'actifs illiquides", c'est plus propre pour laver plus blanc.

Le pire est que l'on sait ce que "valaient" ces créances avant qu'elles ne soient toxiques, illiquides, pourries, mais qu'aujourd'hui il n'y a plus de prix du marché pour elles. L'État va donc acheter et mettre dans des bad bank ce qui ne vaut rien contre des milliers de $ en échange. De plus l'argent public est injecté dans les banques qui "améliorent" leurs positions, mais il n'arrive pas dans l'économie.

Au lieu d'acheter les poubelles au contenu toxique qui n'est pas recyclable pour créer la Bad Bank, l'État doit acheter les bonnes créances liquides et de bonne foi et les actifs de valeur aux banques pour créer la Good Bank. Les banques doivent assumer avec leurs actionnaires les pertes. L'État n'a pas à être un État Providence bancaire qui déverse des centaines de milliards aux criminels systémiques et qui dépouille les services publics, sociaux, culturels, d'éducation, hospitaliers et de retraite et qui cautionne l'appauvrissement des peuples provoqué par le système économique en période de croissance comme en période de crise et de récession. La croissance avait été appauvrissante, la récession jette dans la misère


Regardez ces 2 Graphiques en haut et à gauche:
1) Profit des entreprises après impôts;
2) Profit des entreprises hors secteur financier après impôts.

Les commentateurs, les analystes financiers et les politiciens qui commentent les "bons chiffres" tombés du ciel de la Citigroup, etc..., ou "la fin de la crise", ou le "début de la reprise" sont encore plus criminels.

Savez-vous que la crise n'a pas encore commencé?
Vérifiez la source de ces 2 graphiques. Le FMI dit vrai...
Ne me jetez pas un regard à la Maccarthy.


Il faudra considérablement intensifier le fonctionnement de nos systèmes démocratiques parlementaires et de contrôle citoyen pour déblayer ces forteresses de mensonges et voir clair dans ce poker-dénonceur et ce poker-menteur auquel se livrent le FMI et l'OCDE et Bloomberg.com contre le Chef du gang Ponzi & Bush. Obama-Geithner lance dans son management d'évènement habituel une campagne de propagande contre le FMI quelques heures avant de publier le rapport du "Stress Test" qui doit faire croire que tout va bien pour les 19 plus grandes banques américaines et les 1800 autres instituts de crédit américains. (Photo: „Errors and Omissions Accepted, 2002/2007”, Bas de Witt, Kunstmesse Art Cologne). Le mode de vote censitaire du FMI accorde automatiquement la majorité aux USA pour ses décisions et pour sa communication.

Autrefois, avant le 15 IX 2009, il était amusant pour tous de faire jou-jou avec des idéologies et de nous faire passer pour des "gauches de la gauche" et presque des "ultra-gauches". Maintenant le mensonge est servi sans emballage. On affirme et martèle des "bons chiffres". D'autant plus que la FASB (Financial Accounting Standards Board, autorité américaine) et IASB (Bureau des standards comptables internationaux et qui contrôle les normes IFRS) autorisent "d'assouplir" (en allemand: aufgeweichte Bilanzierungsstandards), pour les USA et le reste du monde, les normes bilanaires pour que le mark to market n'agisse plus tellement comme un effet de levier sur les pertes. Je vous entretiens régulièrement sur mon site depuis septembre 08 au sujet de l'assouplissement des Normes prudentielles comptables IFRS et Bâle 2. Le dernier assouplissement qui a eu lieu pendant le G20 a permis avec les amnésies bilanaires d'améliorer positivement les bilans des banques US de 20% (many US-based financial institutions are taking full advantage of relaxed accounting rules).

Les manipulations du bilan étaient légalement aménagées avec les CDS, qui sont  des positions hors bilan et hors bourse et qui permettaient de contourner toutes les règles "prudentielles". C'est le système ordolibéral de l'économie et des Recommandations de Bâle 2 qui ont créé cette économie de l'ombre. Les créateurs et émetteurs de ces dérivés sur évènements de crédit n'avaient pas prévu qu'un crédit est sujet à un risque, et le risque enchainé en domino dit risque systémique, était inconcevable sauf pour des insoumis critiques et subversifs. A maturité du contrat de le titulaire des CDS est obligé de fournir des fonds.  quand il y a un évènement comme l'insolvabilité. Ce sont les CDS qui ont entrainé par exemple la plus grande faillite des USA de toute son histoire: la faillite AIG. Selon le Financial Times Deutschland du 27 avril 2009, les premiers détails du White Paper du Stress Test sont sortis: les analystes devraient demander à partir du 4 mai 2009 aux banques et aux assurances de réintégrer dans leurs bilans au moins 900 milliards d'actifs toxiques (CDS / CDO) qui étaient légalement pour l'instant hors bilan. La date de publication du Stress Test est déjà reportée de 2 jours pour permettre aux banques préalablement prévenues comme la Citigroup ou la BofA de tirer du chapeau-claque les milliards manquants, car ce qui ne s'est pas produit depuis ces 4 derniers mois d'audit des comptes pourrait arriver avec Spider-Man.

En Allemagne, les dissimulations dans les bilans semblent ne pas passer dans les médias et le scandale est entrain de pointer selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 26 avril 2009. Le FAZ a titré son article comme suit: "Verlust der Dresdner Bank verschwunden " (Disparition de la perte de la Dresdner Bank). En effet des trous dans les bilans d'un rapport trimestriel à l'autre sont de 6,3 milliard d'euros pour la Dresdner Bank, de 6,4 milliards d'euros pour Allianz, pour la Commerzbank, etc... On parle en Allemagne du "Phantomquartal", du trimestre fantôme. Les comptabilités commencent ou s'arrêtent à des dates saugrenues, d'autant plus que pour aider au sauvetage il y a eu des fusions, si bien que le bilan consolidé des nouveaux groupes ont des trous. La partialité des commissaires aux compte et des audits KPMG et PricewaterhouseCoopers (PwC), qui ont supervisé les fusions et signés les rapports d'activité, est publiquement gravement mise en cause en Allemagne. Souvenez-vous aussi de la fusion ordonnée d'en haut de la Banque Populaire et de la Caisse d'Epargne. On avait annoncé une perte pouvant exister, mais on nous avait dit dans tous les médias français "que cette perte n'est pas connue pour l'instant". Peut-on fusionner deux banques sans connaître les bilans comptables et avec des rapports d'activité maculés de trous?

La bulle des CDS / CDO de 62000 milliards (62 trillions) est répartie sur tout le globe. J'ai lu le 24 avril 2009 sur Blomberg.com que pour dissimuler élégamment ces trillions de CDS les traders et les investisseurs vont créer l'homologue des bad bank, mais pour les CDS. Ce sera une clearinghouse dans laquelle sont versés tous les contrats CDS. 2000 banques et hedge funds prétendent éviter ainsi le big bang, l'éclatement de la bulle des CDS, en organisant un "small bang" dans une clearinghouse (chambre de compensation) domiciliée à la Deutsche Bank..., JPMorgan Chase & Co. and Barclays Plc,... Le commissaire européen McCreevy fait pression pour créer en Europe une même chambre de compensation sur le modèle américain. En employant une méthode complexe d'enchères, ces chambres de blanchiment doivent redonner confiance aux spéculateurs qui misent sur l'insolvabilité des emprunteurs.

Dans le catalogue des manipulations et blanchiments de bilan, le gouvernement américain a aussi forcé les banques d'investissement à se transformer en banque commerciales conventionnelles, ce qui leur a permis d'adopter d'autres normes comptables,de ne pas reporter les pertes précédentes et de profiter des purges des Plans TARP, TALF, PPIP...

Chaque entreprise bancaire et de fiducie manipule son "ratio fonds propres sur actifs" qui est l'un des outils des Recommandations de Bâle 2 et les Directives Européennes CRD. Chaque entreprise maquille en réalité son bilan comme elle en a envie. On se demande sur quoi se fondent les analystes économiques, les décideurs politiques, les actionnaires et les créanciers, l'administration fiscale. Toute décision macroéconomique de paquet de stimulation-relance est d'emblée erronée. Tout le monde navigue à vue et chacun pour soi. D'où la fenêtre climatique ouverte pour le poker-dénonceur et menteur qui est pire que la propagande pendant la guerre froide. Je m'imagine les Scorcese et les nouveaux cinéastes qui vont faire des films sur la Prohibition de la Vérité des années 2008-2009. Pendant la guerre froide on ne risquait que de perdre des hommes, maintenant on risque de perde de l'argent. L'Europe ne tente même pas de contrer la propagande anglo-saxonne, Bruxelles est muette. Tant que l'euphorie des actionnaires est plus forte que la méfiance face aux "bons chiffres", le système capitaliste à la papa et des quadras est sauf. Il y a juste des millions de Travailleurs qui perdent l'emploi. Et comme Obama a promis l'immunité aux tortionnaires de Guantanamo, le waterboarding comptable est une caresse prudentielle pour éviter soulèvement et guerre civile.

Le jour où le FMI va accorder au Royaume-Uni une aide financière, comme pour le Zimbabwe ou l'Islande, se rapproche. Le Roayume-Uni avait déjà été aidé par le FMI en 1976. C'était le seul pays européen dans ce cas depuis 1945 et avant septembre 2008. Les agences de notation n'ont pas encore le courage d'enlever au Royaume-Uni son excellente notation AAA qui est insensée pour un pays dont le système bancaire en totale insolvabilité a été purgé avec le Quantitative Easing, la planche à billets. A partir du 24 avril 2009, les agences de notation sont entrain de déclasser (downgrade) gravement le Royaume-Uni. qui est aussi le pays du G20 qui a le plus grand déficit budgétaire. J'aimerai bien voir la tronche de Nouriel Roubini qui a viré sa cuti il y a deux mois et qui voit aussi un train de bons chiffres, même s'il propose une nationalisation des banques.

Qui va organiser le bail out de la Fed'? Si la Fed' devait recevoir une notation elle perdrait aussi son AAA. La Fed' détient en ce moment $45.7 billion de fonds propres contre $2.19 trillion "d'assets" dont tous les assets pourris rachetés dans TARP, TALF, PPIP, etc..., ce qui signifie que son leverage est de 48 pour 1 contre 27 pour 1 il y a un an. Le leverage de la Lehman Brothers, qui a fait faillite le 15 IX 2008, avait été de 30 pour 1, et celui des autres banques américaines qui ont fait faillite était au-dessus de 25 pour 1. La Fed' est en situation de faillite technique et échoue elle-même au Stress Test de Obama-Geithner. La Fed' monétise la dette et titrise les assets pourris en couchant sur la bulle une bulle, celle des Bons du Trésor US. Tant qu'il y a des crétins qui en achètent. D'ailleurs cette semaine, Geithner va encore émettre 101 milliards de $ de Bons du Trésor US. "The Fed is throwing money around like a drunken sailor and taking on any and all kinds of crummy assets?"

Le spread des CDS (assurances) et des taux d'intérêts garantis sur les Bons du Trésor (gilts) du Royaume-Uni et des USA (treasury bonds, sovereign bonds) n'ont jamais pu être consultables sur le web sans payer l'accès à des sites d'analyse financières. A présent le chiffre est accessible. Il est... catastrophique avec 352 et dépasse l'Irlande, et la Grèce... et est le plus élevé des pays européens. Il est l'indicateur de la méfiance des marchés financiers internationaux. La banqueroute d'État du Royaume-Uni se précise. Pour les USA, la bonne note tombera toute seule, et pendant quelques semaines, cet été 2009, toutes les normes et évaluations quantitatives vont s'écrouler et perdre leur sens. Je me répète, l'OCDE, le FMI, Bloomberg.com, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Guardian, the Independent, le Telegraph... sont mes sources d'information.

La banqueroute d'État et de l'économie des USA est une donnée connue et on simule l'étonnement en avril 2009 de découvrir que Master Card, American Express et Visa sont au bord de la faillite. Nous savions tout ceci dès Octobre 2008. Ces grands groupes américains de cartes de crédit n'étaient statutairement pas tenus d'avoir des fonds propres. Statutairement, ces instituts de carte de crédit ne supportent pas le risque de l'insolvabilité des détenteurs de cartes. Les détenteurs de carte de crédit, les consommateurs américains compulsifs et revolving, sont un risque systémique de plus. Ce sont les partenaires et les banques qui sont membres de ce système de crédit qui supportent le risque. Mastercard avait été forcé par Paulson et Bernanke de se transformer, sur le papier, en banque commerciale pour bénéficier des purges TARP. Il ne faut donc pas parler d'une "baisse de 63% des bénéfices" pour Mastercard mais d'une faillite avérée et irréversible. Encore des bombes à retardement qui vont éclater. Obama, veille au grain, son management évènementiel saura gagner encore un peu de temps avant le D-Day de l'été 2009. Comme d'habitude on fait croire que les chiffres "réels" sont moins pires que ce qui était attendu, et l'euphorie à la bourse de Wall Street est entretenue en même temps que l'économie réelle continue sa chute. Les dernières "richesses" se dirigent sur Wall Street, dans cette pyramide Madoff Obama Ponzi, qui est devenue le lieu de dépossession de l'économie appauvrissante.

Des chiffres? Il y en a d'autres, mais personne n'en parle. Il suffit de mentir et vous avez des micros sous la langue prêts à enregistrer la venue du Messie qui ressort de votre estomac même en bouillie. Les autres chiffres: le Plan Geithner (Secrétaire US au Trésor) américain d'analyse appelé "Stress-Test", qui n'avait pas d'autres objectifs que de gagner du temps, ne révèlent rien d'autre de ce l'on sait depuis l'automne 2008: 16 des 19 plus grandes banques sont techniquement insolvables (en faillite) et 1800 plus petits instituts de crédit sont sur la même voie. Pour ces plus petites banques, les emprunts de particuliers ont perdu plus de 20% de leur valeur. On fait semblant que le Mark to Market de Bâle 2, l'évaluation des actifs d'une entreprise au jour le jour en fonction des cours de ses actions sur le marché, c'est du pipeau. Pourtant regardez ce graphique cliquable à droite.

Des chiffres? Voici les Projections de l'OCDE de mars 2009 pour les années à venir. L'Allemagne annonce aujourd'hui, 22 avril 2009, une récession de 6%, aussi grave qu'il y a 80 ans. La croissance ne reviendra pas avant 2013, selon les Instituts d'études économiques allemands. Depuis septembre 2008 nous savons que nous aurons des récessions à 2 chiffres. Aujourd'hui nous savons que l'Allemagne doit purger 813 milliards de créances toxiques de ses banques.

A l'automne 2008 il était de bon ton de répéter autour de soi, "que se sont les propos alarmistes qui déclenchent la crise". Depuis septembre 2008 je vous explique qu'avec le faux médicament on soigne le faux malade suite à un faux diagnostique. Mais pour contrer ceci il aurait fallu faire péter paradigmes et idéologie qui ont détruit l'économie mondiale adossée au Consensus de Washington.

"Frogs are boiling in order", les grenouilles sont entrain de bouillir dans l'ordre. J'avais lu cette phrase il y a deux mois dans la presse anglaise. Cette phrase était dans le contexte des multiples bail outs de plusieurs billions de $ qui n'ont aucun effet sur l'économie.La réalité en avril 2009 est de plus en plus plus grave. Tous les Plans de sauvetage des Banksters, TARP, TALF, PPIP, CMBC, Emergency Economic Stabilization Act,... n'ont aucun effet sur l'économie réelle et ont aggravé la crise, ou plutôt ils l'ont créée. Les gouvernants politiques se mettent même à genoux et supplient les banques de se faire purger par le contribuable. Les banques manipulent leurs bilans pour garder leurs actionnaires et éviter la nationalisation, mais acceptent les aides publiques purgatoires. Selon Bloomberg.com l'euphorie du rallye à Wall Street porte un nom: "Bernanke's Bear Market Rally" et une explication: "$12.8 trillion of monetary stimulus has triggered a six week-long surge in the stock market. Bernanke's liquidity-injections may have sparked a flurry of speculation, but they won't end the recession or slow the downward spiral" (Le Rallye du marché à la Hausse de Bernanke dans une tendance globale à la baisse de baisse   -   La stimulation monétaire de 12,8 trillions (12800 milliards) a déclenché une flambée de six semaines sur le marché des actions. Les injections de liquidités de Bernanke ont mis l'étincelle à une bouffée de spéculations, mais elles ne mettront pas une fin à la récession ou ne ralentiront pas la spirale descendante.) Avez-vous compris que Obama est le dernier maillon d'acheteurs crétins de la pyramide à la Madoff Ponzi? Avec l'argent du contribuable et du peuple. C'est idéologique? Relisez les Projections de l'OCDE, et du FMI. Obama est conseillé par ceux qui ont créé la crise financière systémique. Mais, il est si beau quand il parle après avoir déposé sa bouteille d'eau minérale en plastique.

Avez-vous déjà comparé les chiffres de la récession des USA et des pays de la zone Euro? Curieusement la récession américaine est de moitié inférieure à la récession de l'Euro-Zone. General Growth Properties Inc, le second plus grand propriétaire américain de centres commerciaux vient de faire faillite mardi 21 avril 2009 parce que les américains ne consomment plus du tout, la demande intérieure est morte. En dehors du secteur bancaire, la faillite du groupe General Growth (croissance générale) est la plus grande faillite d'une entreprise de toute l'histoire des USA. La faillite de AIG de l'automne 2008 était la plus grande faillite du secteur financier de toute l'histoire des USA. Comme toutes les entreprises, General Growth finançait ses acquisitions avec les LBO, des crédits pourris illiquides insolvables et toxiques. La Fed va gonfler de 1 trillion de $ le Plan d'aide et de sauvetage appelé TALF (Term Asset-Backed Securities Lending Facility) pour soutenir un nouveau secteur de l'économie US: le marché des crédits hypothécaires des entreprises commerciales adossés sur des titrisations (CMBC, commercial mortgage-backed securities). Autrement dit, la Fed continue à entretenir la bulle des subprimes pour des débiteurs insolvables. Elle vient de rallonger d'office le Plan TALF de 5 ans. Le marché immobilier commercial est la nouvelle bombe à retardement qui va bientôt exploser au USA. Le commerce international s'effondre depuis 2006. Les effets sont réels sur le commerce du détail aux USA, mais aussi au Royaume-Uni ou en Allemagne où des grandes chaines de grandes surfaces comme Woolworth Deutschland ou Arcandor ont fait faillite. Le tsunami des banqueroutes de l'immobilier commercial vient de s'enclencher. Les USA sont un Cow Boy de papier depuis des décennies. Il s'écroule.

Il existe aussi en ce moment Le paradoxe de l'or dont la demande est exceptionnellement élevée comme à chaque grave crise économique alors que le prix se maintient. Les analystes pensent que le prix de l'or est manipulé par les américains pour le garder artificiellement bas afin qu'il ne devienne pas une valeur refuge et que le $ reste la monnaie de référence internationale refuge.

Il faudra aussi poursuivre les hommes politiques qui prennent les mauvaises décisions suite à des analyses fallacieuses. Timothy Geithner, Secrétaire américain au Trésor, va publier son Stress Test le 4 mai 2009. Même aux USA on dit que ce stress test ne produira que "smoke and mirrors" (de la fumée et des miroirs). Obama avait au début de son mandat affiché une certaine idée de la Transparence (Глáсность).

Je termine mon exposé avec la conclusion d'un article du Financial Times Deutschland de ce 24 avril 2009 que je vous traduis ci-dessous la suite. Je pense que ceux qui épient de très près ma gauchitude, et ils se reconnaîtront, ne vont pas raconter, pour se profiler personnelement sur leurs lieux de travail et d'étude, que "je suis beaucoup trop à gauche". Le développement durable passe par le social, l'éthique et l'écologie.

Article du FTD: "Geithner, Meister de Illusion.

Die große Bewährungsprobe in eine Farce verwandelt. Details werden schon mal gar nicht veröffentlicht. Und wie er diese Woche erklärte, deute alles darauf hin, dass seine Probanden bestens kapitalisiert seien. "Wenn der Finanzminister vorher schon weiß, was hinten rauskommt, dann hätten wir uns die ganze Aufregung auch sparen können", sagte ein anderer Wall-Street-Veteran verärgert. Das seien doch alles Lügen. Mit Tricks und Kniffen solle dem Markt vorgegaukelt werden, dass Washington alles im Griff habe.

Geithner treibt ein gefährliches Spiel. Ein regelrechtes Monster habe der Finanzminister geschaffen, warnt ein Bankenexperte. [...] Sie hoffen, dass niemand seine große Illusion entlarvt."

Traduction: Geithner, Maître de l'illusion.

"La grande épreuve de vérité se transforme en une farce. Les détails ne sont même pas publiés. Et, comme il l'a expliqué cette semaine, tout conduit à ce que les candidats à l'examen sont capitalisés pour le mieux. "Quand le ministre des finances sait déjà à l'avance ce qui va sortir, alors nous aurions pu nous éviter touts ces énervements", avait dit en colère un autre vétéran de Wall Street. Tout ceci n'est que mensonges. Avec des tours de passe-passe on fera croire aux marchés que Washington maîtrise la situation.

Geithner pratique un jeu dangereux. Le ministre des finances a créé un véritable monstre, prévient un expert bancaire. [...] Ils espèrent que personne ne va dévoiler sa grande illusion".

Les graphiques à gauche et ci-dessous montrent le réel taux d'inflation des USA qui est toujours de 3% et qui n'est pas une déflation. La peur cultivée et nourrie dans les médias internationaux et locaux de la "déflation" sert à maintenir un taux d'inflation au moins supérieur à 3%, et est en réalité la manière d'administrer le faux médicament au faux malade suite au faux diagnostique. Graphique n°1: en rouge la courbe manipulée de l'inflation selon le mode de calcul "néo-libéral" (dit "pre-Clinton") qui a été conservé par le Président US Bill Clinto, depuis le début de son mandat en 1993 jusqu'à nos jours, pour cacher l'inflation. Le pic de 13% est en 2008. Graphique n°2: en bleu courbe selon le mode de calcul "pre-Clinton". En 2009 l'inflation est toujours de 3%. Source: Shadowstats.com, source faisant référence dans les universités.

Pour le mainstream, le problème ne peut être résolu que d'une seule manière, et qui s'y oppose est plus dangeureux qu'un sowjet: emprunter, imprimer de la monnaie, prêter et dépenser. Pour réduire la dette il faudrait créer du PIB en produisant plus que l'on ne consomme. C'est exactement ce que n'a pas fait le G7 depuis 3 décennies. Il l'a remplacé par de la monnaie émise par décret et du crédit (voir réserves fractionnaires: cliquez et rechercher le mot "fractionnaire"). Cette croissance s'est pervertie dans l'inflation et la finance à la Ponzi des économies nationales et d'entreprise. Ceci est une mise au... servage des générations actuelles et futures  (attention, faites bien la différence avec "The road of serfdom" de von Hayek) avec de la dette impayable. Les dépenses permises par du déficit budgétaire ne peuvent être que remboursées par des impôts futurs, et de l'inflation en mettant en route la planche à billets. Quand ces dettes montent en flèche et arrivent à maturité (elles sont à rembourser) dans les prochaines années, les revenus dégringolent de la falaise, nous sommes dans une République bananière comme au Zimbabwe, à Weimar, en Islande, aux USA, en Irlande, au Royaume-Uni, dans les Pays baltes, etc...

Graphique à gauche: Chiffre réel du chômage = courbe de 20% aux USA en 2009. Ajouté à un niveau "utile" d'inflation, un niveau "utile" de chômage est le second levier qui permet le transfert habituel des richesses: c'est le NAIRU qui permet en plus une politique restrictive de désinflation sur les salaires pour augmenter la rapidité de ce transfert des richesses. L'une des mesures de correction est de payer du salaire et de l'emploi avec le PIB au lieu de le pervertir dans la la spéculation qui s'accélère dans les effets de levier à la Madoff-Ponzi-Obama. Les vrais chiffres du chômage en France sur actuchomage.org.

Le système ordolibéral conforme à Hayek ou au Consensus de Washington ou au Traité de Lisbonne, dans lequel l'ordre ne provient pas d'une régulation et d'un contrôle de l'État mais d'un ordonnancement du fonctionnement de la maximisation du profit de l'individu, la libération de l’initiative individuelle n'a pas  entraîné développement des idées, de la science et de l’économie ni apporté la "concurrence libre et non faussée qui apporte le bien-être et tend au plein emploi" comme cela était prévu. Elle n'en avait donné que l'illusion ces trois dernières décennies et surtout depuis les années '80 et le Président US Clinton avec un mépris total des générations futures qui doivent rembourser les dettes cumulées de l'état et les dettes cumulées des ménages qui arrivent de manière cyclique toutes les trois décennies à un surendettement dont le seul soin est la purge par de l'hyperinflation. A ce transfert des richesses imposé d'une génération aux autres s'ajoute le plus grand transfert de richesses de tous les temps des schémas Bush-Obama & Ponzi, Brown & Darling, Sarkozy & Merkel. Le pire de la crise est devant nous. Pour le Financial Times du 19 avril 2009 l'article "Inflation is looming on America's horizon" de Martin Feldstein nous annonce un hyperinflation quand les "aides" budgétaires de stimulation ou de sauvetage sont accompagnées de la Quantitative Easing, la monnaie par décret (planche à billet). Martin Feldstein est consultant dans le cabinet Obama.

J'ai lu sur un site d'analyse anglais MoneyWeek: "Rats are usually the first to abandon a sinking ship. But in Britain, it seems the rats are only too happy to stick around" (Les rats sont généralement les premiers à abandonner un navire qui coule. Mais en Grande-Bretagne il semble que les rats ne sont jamais assez heureux d'étouffer de partout).



La croissance "américaine" n'avait été qu'une croissance iconique intégriste. Quand les élites comparaient le PIB américain avec le PIB européen ou français relativement à la productivité horaire ou annuelle, ils ne faisaient que de tabler sur une croissance fantasmagorique. Sur le graphique à droite vous voyez la part des profits financiers dans le PIB américain. De 1973 à 1985 le secteur financier n'avait jamais gagné plus que 16% dans le PIB. En 1986, la part des bénéfices financiers était passée à 19%. Dans les années '90 la part avait oscillé entre 21 et 30%, ce qui a été le pic depuis 1945. Dans la décade des années 2000 la part dans le PIB a atteint le sommet de 41%.

Les banquiers avaient alors acquis un énorme pouvoir politique et avec Wall Street ne s'étaient pas privé d'imposer la confiscation et la privatisation de la création monétaire et de toutes les lois financières et monétaires qui les arrangeaient. La liste des lois économicides votées par le Congrès US est éloquente. Il n'y a pas eu de "complot" de forces occultes ou d'une synarchie, il y a juste eu une vacuité de l'esprit politique des peuples et de la démocratie parlementaire.

Sur ce tableau aussi, vous voyez que 2006 est l'année où la tendance est de nouveau à la baisse. 2006 est aussi le début de la baisse de l'économie réelle, j'ai mis beaucoup de graphiques dans l'article ici. Depuis 2006 nous savons que la crise majeure est en route (graphique à gauche: taux d'utilisation des installations industrielles), en janvier 2007 ce sont les subprimes aux USA, en juillet 2007 c'est la faillite de la 5ème banque du Royaume Uni la Northern Rock, et en mars 2008 c'est la faillite de la banque d'investissement Bear Stearns aux USA. Entre 2005-2007, Bear Stearns fut reconnue comme la "plus admirable" (most admired) société de valeurs mobilières, par l'étude du magazine Fortune "America's Most Admired Companies", et seconde parmi les sociétés de titres. L'étude annuelle constituait un classement prestigieux révélateur du talent des employés, de la qualité de la gestion et de l'innovation.

Le PIB devra servir à financer les emplois, les salaires, les services publics et l'avenir. Il faudra requalifier le mot "Croissance" et le fonder sur le Développement Humain qui se basera aussi sur l'IDH, l'Indice du Développement Humain. Les solidarités locales, régionales et globales, les diversités et sécurités biologiques et alimentaires sont le corpus de mon site.


Obama-Geithner est à ce point déconfit devant l'inutilité et le non-effet de ses Plans TARP, TALF, PPIP... et devant l'argent qui ne circule plus parce que les banques n'accordent plus de crédits, qu'il souhaite que la Fed' va rabaisser son taux directeur à -5% (moins cinq). Ainsi celui qui emprunte 100$ ne devra rembourser que 95$. En même temps la Fed' réfléchit au moyen de "punir" la thésaurisation de la monnaie. Mais on ne peut pas faire boire un âne qui n'en a pas envie, surtout un âne qui vit à crédit depuis les années '80:




Deux Graphiques à gauche et ci-dessous:
1) Niveau historique de la dette US
2) Niveau historique de la non-épargne US.










A cette dette, Obama-Geithner-Bernanke ajoute la dette la plus grande de toute l'histoire des USA, ... et de l'Humanité, avec les Plans TARP, TALF, PPIP, etc... Ceci ne prendra fin que dans une implosion des USA avec des graves dégâts collatéraux. En attendant la Fed' continue par avalanches de centaines de billions à monétiser les dettes intérieures et extérieures en les titrisant par le biais des Bons du Trésor vendus aux imbéciles qui les achètent ou aux chinois qui les échangent contre leurs surplus américains, leurs dollars, pour rendre les USA encore plus dépendant d'eux. La Fed' et le Trésor américain renflouent 70% du système bancaire américain qui est donc insolvable dans sa globalité. Pour le Royaume Uni, la dette du gouvernement Brown et du chancelier de l'échiquier Alistair Darling est la dette cumulée la plus élevée de ces 300 dernières années depuis la fondation de la Bank of England, banque centrale. (Cartoon courtesy: Times.online, Peter Brookes)

 

Publication du Stress Test, 7 mai 2009:

Le 7 mai 2009 le Secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a publié le Stress Test qui devrait révéler l'état de "résistance" des banques américaines. Selon le Wall Street Journal (WSJ) les banques qui seront invitées par le rapport du Stress Test à augmenter leurs fonds propres ne seront pas déclarées insolvables. Timothy Geithner est comme Obama, un manager de l'évènementiel: son mensonge est accompagné de: "dramatic action", "exceptional assessment", "hundreds of supervisors", "rigorously reviewing", "strict", "lifting the fog of uncertainty". Ah, oui. L'incertitude. Wall Street ne s'y trompe pas, le jour de cette publication du Stress Test le Dow et le Nasdaq sont bien rouges.

Les paramètres de l'hypothèse de la "résistance à une détérioration économique qui peut survenir" sont dans les journaux d'Information anglophones un "cakewalk". Selon l'ainsi dénommé "adverse scenario" la Fed' n'envisage qu'un pic de chômage à 10.3% à la fin de 2010, ce qui est impossible avec une augmentation mensuelle de plus de 500.000 chômeurs. Une récession de seulement 3.3% du PIB pour l'année 2009 est envisagée par la Fed'. Le baseline scenario de Geithner Obama n'est que pure supercherie.

Ce Stress Test se base aussi uniquement sur les estimations établies par les banques elles-mêmes. Obama Geithner prouve ainsi sa faiblesse et sa peur face aux banques américaines. Ce sont déjà ces banques qui fournissaient elles-mêmes leurs propres analyses du risque aux agences de notations qui leur attribuaient quasiment toujours le triple A (AAA) pour inciter les investisseurs à se jeter sur leurs produits financiers adossés sur les crédits (CDS / CDO). Obama Geithner révèle aussi par ce Stress Test l'incapacité des autorités de contrôle et de surveillance à évaluer et comprendre les agissements des acteurs financiers. Cette abandon de la supervision remonte à 1995 et Bernanke, Gouverneur de la Fed', qui estimait que les banques étaient capables d'évaluer leur risque et d'agir en conséquence. Ce Stress Test n'a aucune valeur parce que, officiellement, les banques, les assurances et les fiducies sont autorisées à assouplir les normes comptables, à maquiller les bilans. Last but not least, n'ont été intégrés dans les calculs de "résistance" des 150 (cent cinquante) experts uniquement les portefeuilles des prêts conventionnels et non pas la part du lion représentée par les... dérivés de crédit qui sont la masse des créances toxiques pourries illiquides. Celui qui a ordonné de telles expertises fallacieuses, celui qui les évalue, celui qui les commente positivement doit être traîné devant les tribunaux. Madoff n'est qu'un enfant de coeur à côté.

Selon le FMI, durant les six derniers mois, les banques américaines ont perdu 2700 milliards de $ (2,7 trillions) et selon RGE de Nouriel Roubini elle ont perdu 3600 milliards de $. Le système bancaire américain est en faillite. Le Financial Times Deutschland ironise avec "Sexy Banks in transparenten Pants". Le Stress test a été lancé en février, ce sont trois mois de perdus pour prendre des réformes sur le système bancaire et... nationaliser ce qui encore sain. Le Stress Test a dit que la "situation est bonne mais que pour affronter de nouvelles difficultés éventuelles dans le futur", 10 banques, parmi les 19 les plus grandes des USA, devront aller sur la lune pour déterrer les 150 milliards d'argent frais qui leur manquent. Le Financial Times Deutschland compare les frasque et les mensonges de Timothy Geithner à ceux de Berlusconi. L'article soporifique du journal français Le Monde à ce sujet est particulièrement médiocre, comme toujours.

A la Conférence de Presse du 7 mai 2009, où Geithner à parlé de la bonne résistance des banques américaines, ne s'était pas présenté Sheila Bair, la Directrice du FDIC, l'organisme qui prend le relais des banques en faillite pour indemniser les épargnants. Sheila Bair ne cautionne pas le Stress Test de Geigner Obama et exige une intervention décidée de pour que la FDIC traite aussi à côté des banques commerciales, les holdings bancaires, les assurances, les fiducies, les banques d'investissement. Sheila Bair ordonne d'abandonner l'idéologie du "too big to fail" (trop grand pour être insolvable) et de mettre toutes ses banques sous la tutelle de l'administration américaine (nationalisation) parce que les banques ne sont plus capables et en mesure de se réguler elles-mêmes, de se réparer, de créer un modèle d'entreprise et de management viable. Obama, roi déjà déchu du bricolage, devrait aussi licencier Geithner qui était Gouverneur de la Fed' de New York et qui avait contribué lui-même à la création de la crise financière 2008-09. L'Administration Obama, issue en majeure partie des banques faillitaires, est un agent de destruction du système américain. Depuis septembre 2008, je vous explique que rien n'a changé avec Obama, hormis son management de l'évènementiel. Je ne crois pas que l'on puisse cataloguer Sheila Bair dans le communisme, la gauche de la gauche ou l'ultragauche. Que nos journalistes français sont crétins.
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Responsabilité des dirigeants d'entreprise: Les députés allemands se sont mis d'accord sur un projet de loi qui va être voté avant l'été 2009. Les dirigeants d'entreprise seront à présent poursuivis personnellement pour des fausses décisions ayant causé des dommages à l'entreprise. Ils pourront payer des compensations de plusieurs millions ou d'un an de salaire.

 

 

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    Les CHIFFRES !!!

    Il y a toujours des problèmes avec les chiffres, en voici la preuve ci dessous.
Et un site spécialisé est lui-même en contradiction sur les chiffres: anglaispratique

    Le FMI émet son avis le 21 avril 2009 sur les actifs dépréciés détenus par les banques.
    Et voici ce que cela donne dans le presse internationale:

    UK: Guardian = $4.1 trillion
    US: Financial Times = $4,100 billion
    US: The New York Times = $4.1 trillion
    US + D: Financial Times Deutschland = 4100 Mrd. $
    D: Frankfurter Allgemeine Zeitung = 4 Billionen $
    CH: La Tribune de Genève = 4100 milliards de $
    F: Le Monde = 4100 milliards de dollars

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6 avril 2009

G20 - Les ministres des finances européens dénoncent à Prague les décisions du G20

Je vous ai expliqué, ou plutôt raconté, il n'y a rien à expliquer, qu'une black list de paradis fiscaux ne peut pas être noire avec 4 centres financiers "non coopératifs" sur les ~~ 70 répertoriés. Je vous ai aussi raconté que la "punition par les marchés" à Wall Street, a continué à sévir les 3 jours qui ont suivi l'annonce du Plan PPIP de Geithner, le Secrétaire au Trésor américain. Aujourd'hui, après le G20 de Londres et le sommet de l'Otan de Strasbourg, les bourses mondiales sont aussi en rouge. Elle vont l'être encore plus souvent et plus longtemps dans les semaines qui suivent car c'est la période de la publication des bilans comptables des sociétés.

Lire la suite...

Bien qu'il y ait depuis septembre 2008 une autorisation légale d'assouplir les normes "prudentielles" comptables, pour masquer le mark-to-market, c'est à dire la valeur d'une entreprise en fonction de la valeur des ses bonités et des assets qui sont plus souvent des créances pourries, la réalité du mark-to-fantasy est renforcée. La fantaisie se poursuit encore plus intensément mais de manière officiellement légale sur le scène médiatique de Wall Street et de ses inféodés, mais elle s'égare parfois et s'exprime en mal. Ainsi l'agence de notation Moody's vient d'abaisser la notation de Berkshire Hataway du milliardaire Warren Buffet et l'a fait passer de AAA à Aa2, ce qui est une grosse claque. Emblématique? Non, comme avec Madoff, Warren Buffet a été désigné comme le responsable pour cacher la responsabilité de l'Organisation sociétale et économique du monde américain anglo-saxon.

Les entreprises, mais surtout les banques d'investissement et les assurances ont interprété librement les Recommandations de Bâle 2 des "normes prudentielles comptables" et elles avaient cru indéfiniment pouvoir vendre les risques à des naïfs acheteurs qui ont vendus à des naïfs acheteurs ces crédits qui ont été titrisés dans le pétrin à titres. La bulle des CDS / CDO, qui est évaluée à 68.000 milliards de $ (1000 fois supérieure à la bulle des subprimes) autour de la planète, ne pourra plus être dissimulée trop longtemps, elle va éclater sous peu, car les Plans TARP, TALF, PPIP et tous genre de bidules servent à faire payer le contribuable et les deux générations futures. A la bulle des CDS / CDO s'ajoute la bulle des LBO (Leveraged Buy-Outs, LBOs) qui représente toutes les entreprises qui ont été acquises à crédit, dans l'espoir de se rembourser en rentabilisant  ces crédits grâce à des assurances de crédits titrisées en produits financiers dérivés appelés CDS. La bulle des CDS éclate, et les LBO sont aussi en faillite. Mais du futur on s'en fout donc, maintenant l'objectif planétaire et d'aller avec Obama en Afghanistan pour créer la relance économique.

Le management d'évènements organisé par Brown-Obama et leurs boys au G20 de Londres et au Sommet de l'Otan à Strasbourg a été simplement dénoncé trois jours après à Prague à la réunion des ministres de finances européens sous la présence d'Obama.

Le prochain évènement annoncé qui ne connaitra que la punition par les marchés dès le second jour sera la sauvetage (bail out) de Chrysler, GM et Ford dans 30 ou 60 jours, tout comme la faillite, ce qui reviendra au même.

L'évènement est arrivé plus tôt que prévu! Obama annonce le 15 avril qu'une "banqueroute chirurgicale" va être organisée d'ici quelques jours. GM va être découpée comme toutes les banques américaines, anglaises, irlandaises, des Pays baltes, etc..., entre une good GM et une bad GM. Dans la Bad GM ont met d'abord tout General Motors, ses usines, les employés, toutes ses positions toxiques, toutes ses créances pourries, son portefeuille des brevets d'inventions, tout. Du chapeau-claque de la Bad GM, on fait ressortir une Good GM qui repart de zéro. Entre temps seront licenciés 47.000 employés sur les 200.000 et réduit de 20% les salaires des volatiles restants. Les versements aux retraités de GM seront de nouveau réduits. Les 70 milliards de $ de dettes de l'ancienne GM, perdus dans sa filiale financière, resteront greffés sur le dos du contribuable. Le système économique anglo-saxon est simple, on est volé avant, pendant et après. Quand je dénonce ceci on me regarde avec des yeux à la McCarthy. Les 35 milliards de $ versés en automne à GM, Chrysler (détenu par le fonds Cerberus), et Ford en automne 2008 sont partis en fumée. Aujourd'hui, 20 avril 2009, le Wall Street Journal annonce "qu'il ne vaut plus la peine d'essayer de sauver Chrysler. Chrysler se dirige vers l'insolvabilité". Mais on me regarde avec des yeux à la McCarthy. Je préfère même la période d'avant le 15 septembre, au moins on se faisait traiter de gauchiste. Ça sentait moins mauvais autour de moi. A présent un violent mouvement d'allégeances utilitaristes au coup par coup à des dominances, forces et pouvoir se déchaine contre des "subversivités" comme les miennes. A la crise économique la plus importante de l'humanité, ses mensonges adéquats.

Aujourd'hui la petite hausse à Wall Street provient de nouveau des polit-truands Obama-Geithner qui ont annoncé que le plan TARP va aussi englober les assurances vies, car elles avaient aussi des activités systémiques non viables. Il y a des rallies à Wall Street et dans le milieu financier on se pose la question pour tromper son petit monde, How to Puff up Earnings Goldman Sachs Style, et que je traduirais ainsi: comment faire gonfler les gains à l'image de la grenouille Goldman Sachs qui se veut plus grosse que le bœuf. Ou la Citygroup plusieurs fois renflouée et purgée par TARP, TALF qui annonce des bénéfices innatendus après que ses dettes aient été payées par le Trésor américain. Quand je dénonce ceci, on me regarde avec des yeux à la McCarthy. Dans cette période de publication de bilans, toutes les banques faillitaires qui ont fait l'objet de multiples sauvetages depuis septembre 2008, organisent une choréographie qui annonce des bénéfices, alors que l'économie continue à s'effondrer et que la production américaine a baissé de 25%. Au 15 avril 2009 il y a déjà autant de banques en faillite que pour toute l'année 2008. Mais revenons au G20 de la holding de défaisance des assets pourris.

Le Traité de Lisbonne a été un peu camouflé il y a deux jours suite au Communiqué du G20 de Londres. Les intentions fallacieuses des membres du G20 se lisaient dans ce Plan Mondial adossé à des Boîtes à Outils qui se donnait 6 mois pour organiser le prochain G20 et pour voir comment des mesures ont été appliquées concrètement.

La résistance s'organise en Union Européenne contre une intensification de structures de contrôles des marchés financiers qui a été prévue au G20. Ce WE, le gouvernement anglais s'est opposé lors de la rencontre des ministres des finances de l'Union Européenne à Prague non seulement contre des autorités européennes fortes de surveillance des marchés des titres et obligations, des banques et des assurances, mais aussi contre l'élaboration d'un système d'alerte avancé  et préventif sous la direction de la BCE.

Des plus petits pays membres de l'UE ont assorti de conditions leur accord à une surveillance accrue. Il faut selon eux préalablement clarifier la question de la répartition des charges de l'insolvabilité d'une grande banque entre les Pays de l'UE. Ainsi ces pays veulent s'assurer que les aides financières ne seront pas simplement attribuées aux centrales des grands groupes financiers qui ont des activités supranationales en Europe, mais que ces aides parviennent aussi aux filiales du reste de l'Europe. Le ministre allemand, Peer Steinbrück (SPD) s'est exprimé en faveur d'une étude non précipitée de nouvelles règles. L'agenda de la Commission européenne est très ambitieux.

En un premier lieu il est prévu une montée en puissance des activités des autorités de contrôle et de surveillance. La Commission a annoncé qu'elle va produire avant la mi mai des propositions concrètes sur la manière de renforcer ces autorités de contrôle. Les Chefs d'État et de Gouvernement doivent fixer leurs positions en juin lors de leur sommet. Jacques de Larosières, qui conduit le groupe de travail établi à cette effet, a proposé un rapport qui fait office de support pour les propositions de la Commission. Jacques de Larosières avait été précédemment le Directeur général du FMI (Fonds Monétaire International). La Commission s'était prononcée pour un très net renforcement des structures existantes comme le Committee of European Banking Supervisors (CEBS)" pour les banques, le Committee of European Securities Regulators (CESR)  pour la branche des produits titrisés et "Comitee of European Insurance and Occupational Pensions Supvisors" (CEIOPS) pour les assurances. Un European Systemic Risk Council doit être créé et mis sous la tutelle de la BCE (Banque Centrale Européenne).

Cet organe devra établir des analyses sur les marchés financiers, prévenir des risques qui mettent en danger la stabilité des marchés, et émettre des recommandations pour y remédier. Ces recommandations ne doivent en aucun cas avoir un caractère obligatoire. L'organe ne doit avoir qu'un rôle consultatif pour ne pas violer la libre circulation des capitaux et le Traité de Lisbonne, la Directives des Fonds Propres (CRD), ...

Peer Steinbrück comme le Président de la BCE, Jean-Claude Trichet, ont formulé l'idée que les États membres seront tenus de donner les raisons s'ils se trouvaient dans la situation où ils ignoreraient les recommandations de cet organe. Selon Joaquín Almunia, le Commissaire européen chargé des affaires économiques et financières, la non observation de ces recommandations devrait entrainer des conséquences, sinon cet organe perdrait toute crédibilité.

Il n'a pas paru dérangeant pour les anglais et pour les danois que la BCE et que les Pays de la Zone Europe dirigent cet organe. Trichet a affirmé à Prague que les 27 États Membres de l'Union Européenne y seraient représentés, mais la BCE en assurerait la Présidence.

La critique anglaise au sujet des 3 autorités de surveillance se dirige contre la volonté de de Larosières de les rendre compétentes pour prononcer des recommandations aux banques qui ont des activités supranationales, si les autorités de surveillance nationales dont dépendent ces activités ne se mettent pas d'accord entre elles. Vous pouvez vous imaginer le temps nécessaire à n'émettre que des recommandations pour des activités adossées à des risques systémiques.

Pour d'autres Pays Membres comme les Pays-Bas, l'Italie ou la Suède les propositions de de Larosières ne vont pas assez loin. Le Commissaire responsable du marché intérieur et des services, Charlie McCreevy, a annoncé une proposition qui sera aussi ambitieuse que possible mais a rappelé que l'expérience montre pourtant que toute tentative des États de renforcer la surveillance financière s'est toujours diluée. C'est pourquoi le règlement de la surveillance des marchés financiers mettra à l'épreuve la réelle volonté des États de réagir face aux crises de manière appropriée.

Selon Joaquín Almunia un nouveau cadre règlementaire devrait être opérationnel au plus tard à la fin de l'année 2010. La Commission Européenne ne peut plus se permettre de reporter la réforme. En théorie les États membres européens pourraient décider d'une structure de surveillance contre la résistance du Royaume-Uni. Il n'est pourtant pas envisageable que les autres Pays membres de l'Union Européenne se mettent d'accord sans obtenir l'accord de la City. La ministre française des finances Christine Lagarde a aussi précisé que "des décisions importantes ne peuvent être prises, que si tous les États sont d'accord".

Deux mois après la tenue du G20 de Washington de novembre 2008, ledit Bretton Woods 2, le Commissaire européen irlandais McCreevy chargé du marché et des services, n'avait pas tenu compte des appels du Parlement européen pour la mise en place d'une régulation couvrant tous les acteurs financiers. L'attitude de McCreevy était contraire aux conclusions du G20 de Washington où l'Europe s'était "engagée à renforcer le régime de réglementation, le régime du contrôle prudentiel, le management du risque et avait assuré de contrôler et de réglementer de la manière la plus appropriée les marchés financiers, les produits financiers, les acteurs du marché financier".

Vous voyez que 6 mois après le G20 de Washington, l'Europe n'était pas plus avancée au G20 de Londres du 2 avril 2009, et que les philippiques de pinocchio menaçant de "claquer la porte" étaient une attitude simplement dolosive envers les citoyens français et européens et une opération de marketing politique qu'il juge être en sa faveur. Sa chute ne sera que plus spectaculaire, mais avant, il cassera du prolétaire encore bien violemment et, tout en réduisant l'ISF et en laissant augmenter les impôts locaux et tout en se retirant de ses obligations régaliennes  de financement locale et régional, offrira annuellement 3 stock-options jusqu'à chaque la madone des cabinets d'entreprise pour la tenir à sa laisse.

McCreevy
s'était même accordé l'appui du secteur industriel pour éviter toute réglementation. McCreevy s'était aussi permis, devant l'Association Britannique de Capital Risque, de critiquer violemment, sans la nommer, l'Union Européenne avec ses "régulateurs zélés" et ses "règles aveugles"  ("trigger happy regulators" et "indiscriminate regulations").

Les récents propos tenus en novembre par le Commissaire irlandais McCreevy n'avaient rien d'étonnant quand nous connaissons l'attitude naturellement arrogante de l'Irlande et de la Grande-Bretagne qui se sont octroyés en échange de l'adhésion à l'Union Européenne une panoplie d'opt outs au niveau fiscal et social, avec la complaisance servile des autres États membres adulés de libre circulation de tout et de plus encore. Cette attitude contrevient à l'assurance donnée par le Président européen tournant, Nicolas Sarkozy, le 21 octobre 2008 devant la Parlement Européen à Strasbourg: "Aucune institution financière, privée ou publique, ne doit échapper à la régulation". Le ministre Hervé Novelli l'avait répété en décembre 2008 devant la même Assemblée: "aucun segment de marché ne doit échapper à la régulation". Même si je ne croyais jamais un mot des intentions régulatrices du Président, NS, il faut souligner que de tels propos peuvent se tenir devant micros. Avec le recul, je me demande combien de temps nos gouvernementaux pourront continuer à mentir sur les médias devant des citoyens qui savent qu'on leur ment. Le Commissaire McCreevy passe depuis toujours pour être un lobbyiste payé par le secteur de la finance au lieu de servir comme Commissaire européen les intérêts de l'Union. L'Irlande portait encore avant ladite crise le sobriquet du "Tigre celtique", je pense que rough state, État voyou, lui va mieux. Et McCreevy est un rough guy. Nothing else.

L'UE avait salué en automne le Plan Paulson dans son principe. L'EU avait annoncé vouloir planifier depuis quelques années déjà de telles mesures et le Commissaire au Marché Intérieur. McCreevy avait dit "ne pas voire la nécessité d'appliquer le Plan américain de sauvetage parce qu'il n'existe pas en Europe les mêmes conditions." C'était quelques semaines avant l'effondrement de l'économie irlandaise qui est toujours à deux doigts de la banqueroute d'État. (Photo: China Daily)

Une fois de plus suite à une fausse analyse, nos gouvernementaux administrent un faux médicament à un faux malade. Le premier des suppositoires toxiques a été le renflouement des banques pour qu'elles se remboursent leurs créances pourries sur le dos des contribuables et des déficits budgétaires. Avec cette volonté de na pas agir dans le sens de la régulation des marchés financiers, parce que ceci pourrait les effrayer, nos dirigeants administre un non-suppositoire dont l'effet doit être calmant. Mais justement une action claire pour la régulation des marchés apporterait la restitution de la confiance. Nos dirigeants ont donc comme objectif d'organiser le transferts de richesses du contribuable et des biens de l'État vers les banques et assurances. Comme aux USA, le pouvoir public organise la privatisation de la création de la monnaie et sa confiscation par les appareils financiers. Tout l'argent public déversé ne sera pas générateur de rehausse, de stabilisation et de croissance de l'économie, mais ne sera qu'une manière de polir et lustrer les actionnaires des banques et leurs lobbies politiques, syndicaux et d'influenceurs.

Les deux tableaux montrent la première récession mondiale de la croissance depuis 1930. A chaque fois vous voyez que le point d'inflexion est autour de 2006 et non pas en septembre 2008. La crise, la vraie, n'est pas la crise des subprimes et du système des risques, mais une crise de notre système ordolibéral.

Il n'y a rien d'étonnant que 2006 soit le point d'inflexion. Il est non seulement le point d'effondrement du commerce international, il est aussi le point de convergence avec le risque systémique des banques d'investissement qui avaient de plus en plus de mal à se dissimuler. En effet les banques d'investissement étaient déjà en situation de faillite dès 2006, mais elles avaient organisé un système planétaire de partenariats ou de sociétés boîtes-aux-lettres, qui étaient officiellement des filiales sur d'autres pays ou continents. Ces "filiales" recomposaient des macédoines de titrisations de créances (CDS, CDS square, CDO...) et les revendaient avec des promesses de rendements très élevés. L'argent récolté retournait à la maison mère aux USA et ce système boule-de-neige ou pyramidal était un Ponzi et permettait à ces maisons mères de ne pas faire faillite. Madoff, je m'en fous. Tout le système était du Ponzi favorisé par le législateur et les hommes politiques. La compromission est universelle, la crise sera surtout payée par les petits. Mais les petits eux-mêmes avaient abandonné leur vigilance politique et installé au pouvoir ces influenceurs politiques sensibles aux lobbies des affaires.




Ces deux tableaux ci-dessus montrent ce qui arrive quand les consommateurs sont hyper-pressurés, quand les salaires sont bas, quand les emplois sont difficiles à trouver et quand la bulle des crédits (subprimes, CDS et CDO, etc...) éclate.


Un arrosage des banques pour qu'elles aient de nouveau confiance et qu'elles accordent des crédits est un faux médicament administré au faux malade suite à une fausse analyse  >>> Graphique à gauche: réduction du déficit commercial des USA: il commence en 2006. En rouge déficit, hors pétrole. Cette réduction du déficit est due à l'effondrement total de la demande dès janvier 2007 et se laisser prévoir dès 2006, alors que rien ne laissait présager ladite "crise" des subprimes, etc... Cette chute de la demande américaine entraine une chute totale de l'importation américaine. Courbe noire: la chute du prix du pétrole a suivi. La chute du déficit américain n'a pas été provoquée par une augmentation subite des exportations de produits américains. La CRISE est économique et la crise financière a exercé un effet de levier sur elle.



Graphique de droite
: Le chômage officiel aux USA est déjà de 15,6% quand on applique complètement les normes de calcul du Bureau International du Travail qui comporte les chômeurs partiels techniques, induits ou "forcés". La tendance augmente de toute manière très vite. Pour le site Shadow Government Statistics qui applique complètement les normes du BIT, il est presque de 20%.


Il faudra de nouveau organiser la croissance par l'emploi, le travail et le salaire, et non pas la croissance par le crédit, sa titrisation des créances, la création de monnaie privatisée, le système de réserves fractionnaires des banques et des banques centrales, les "paquets conjoncturels" payés par les deux générations futures. Ceux qui me traitent de "gauche" sont des imbéciles. L'économie doit être au service de l'Homme et des populations. L'Europe aussi.

Selon l'OCDE, 1,8 milliard de personnes, 60% des travailleurs de la planète sont des travailleurs précaires sans contrat de travail, sans couverture sociale et sans assurance chômage. Selon l'OCDE, dans tous les pays de croissance, industrialisés, émergents ou en développement, la situation va en s'aggravant. Vous vous souvenez de la "croissance appauvrissante" de Jagdish Bhagwati et vous vous souvenez que sur mon site je vous ai expliqué que cette croissance appauvrissante concerne les Pays ACP, les Pays PED et les couches pauvres et moyennes des pays industrialisés.

Où en sommes-nous dans la "crise"? Les pertes dues à l'effondrement des crédits immobiliers n'ont atteint pour l'instant que 50% de la chute attendue. Les pertes dues à l'insolvabilité des cartes de crédit et des crédits à la consommation n'ont atteint que 33% des pertes attendues. Les pertes des crédits industriels et commerciaux, hormis pour la construction, ne sont même pas encore reconnaissables. Chaque crédit était couvert par des macédoines de titres revendus comme produits dérivés. A l'insolvabilité des débiteurs, détenteurs de crédit, va s'ajouter l'effondrement des produits dérivés qui étaient sensés mieux répartir les risques des crédits et permettre un enrichissement à côté des intérêts encaissés pour les crédits octroyés lors des remboursements. Le Royaume-Uni et les USA sont les prochains candidats à la banqueroute d'État.

On se demande ce qu'attendent les décideurs politiques et quel est le rôle de Gordon Brown ou de McCreevy. Au Royaume-Uni le chômage augmente actuellement à un rythme de 600.000 à 700.000 chômeurs par mois. En 2008 le Royaume-Uni a perdu 1,1 million d'emplois. Le système bancaire du Royaume-Uni est en faillite. La Banque centrale du Royaume-Uni s'oppose à un nouveau paquet fiscal de "stimulation" de Gordon Brown. La bombe à retardement des faillites est entrain d'exploser aux USA et au Royaume-Uni et va s'ajouter à l'éclatement de la bulle des CDS / CDO. Au Royaume-Uni on glose encore sur la libre circulation des capitaux et la concurrence libre et non faussée qui tend au plein emploi et crée le bien-être (Traité de Lisbonne).

50% des flux financiers de la planète passent obligatoirement par les paradis fiscaux; c'est la libre circulation des capitaux. 100% des entreprises du CAC40 ont des sociétés boîtes-aux-lettres dans les paradis fiscaux pour dissimuler les bénéfices et ne pas payer l'impôt. La France baisse depuis 30 ans l'impôt sur les sociétés, pinocchio boucle tous les 6 mois un paquet fiscal avantageux à la population qui possède, et en pleine crise il va encore baisser l'ISF.

Faux médicament? Faux malade? Suite à une fausse analyse? Oui.

Je viens de lire aujourd'hui le 7 avril 2009 dans le Times online et dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) que la bulle des crédits toxiques (CDS / CDO...) a encore augmenté le mois de mars de 4000 billions de $ et qu'elle n'a jamais cessé d'augmenter depuis septembre 2008. Donc les plans TARP, TALF, PPIP et tous les plans d'inondage des banques et assurances auto-systémisées ont gâché cet argent public sans pouvoir, ne serait-ce que financer ses propres dettes sur son dos. Je pense maintenant que vous comprenez pourquoi je nomme ces Plans des Plans de défaisance, et le G20 la Holding de défaisance. Tous ces initiés concurrent à défaire les assets et les biens économiques de la société et des pays.

Dans le Wall Street Journal je lis aussi aujourd'hui que c'est aussi aujourd'hui que s'arrête le stress-test des 19 plus grandes banques des USA. Le stress-test était un parcours dans le management d'évènement d'Obama à la suite duquel les prévisionnistes et analystes pourront mieux décrire la conjoncture à venir. La punition par le marché continue et les indices boursiers sont partout dans le rouge. Ne vous bercez surtout pas de l'illusion qu'une "nouvelle alarmiste entraîne l'effondrement" et n'intervertissez pas cause et effet. Engraisser les zombie banks est un acte de haute criminalité financière.

Le G20 du 2 avril 2009 de Londres et le sommet de l'Otan de Strasbourg du 4 avril 2009 étaient les derniers grands évènement pour tenir en haleine les spéculateurs boursiers. Nous sommes en chute libre dorénavant.

Donc? Resserrez vos valeurs sur votre famille et préparez-vous pour votre naissance en citoyenneté:

Apportez les voix de Gauche aux Elections européennes 2009: réfléchissez, débattez, argumentez, votez!

Occupy the WordS / I want my Europe back >>> Partager

un commentaire

28 mars 2009

G20 de Londres - Planche à Billets et Croissance toxique durable - Hypothèque sur 2 générations





La chancelière allemande répète le 28 mars 2009 dans le Financial Time: "This crisis did not come about because we issued too little money but because we created economic growth with too much money, and it was not sustainable growth. If we want to learn from that, the answer is not to repeat the mistakes of the past. We are talking about building a new global financial market architecture.” >>> "Cette crise ne provient pas du fait que nous avons émis trop peu de monnaie mais du fait que nous avons créé de la croissance économique avec trop de monnaie, et ce n'était pas une croissance durable, disait Angela Merkel. Si nous voulons en tirer des leçons, la réponse est de ne pas répéter les erreurs du passé. Nous parlons de la création d'une nouvelle architecture du marché financier global."

Lire la suite...

Le commerce international est arrêté depuis juin 2008, et depuis le 26 mars 2009, les chiffres commencent à en être publiés. Le Japon à enregistré une chute du commerce extérieur de 49%, l’Allemagne aussi. Ce sont les champions mondiaux de l’export en valeur depuis des années. 

Explication de la "croissance adossée à trop de monnaie" comme l'a dit ce matin Angela Merkel au Financial Times:

Graphique à droite: Il existe une corrélation sur le long terme entre le marché financier (Dow Jones Index Average Earnings, DJIA) et la Currency in Circulation - CinC, la masse monétaire en circulation. Les initiés connaissent cette corrélation qui est à attendre de la Quantitative Easing, la planche à billet qui est mise en place actuellement très massivement par les USA, le Royaume-Uni et la Suisse. Au plus, ils peuvent s'attendre à une croissance basée uniquement sur l'effet technique de la finance.

Il n'y a pas de croissance prudentielle durable à attendre de la création hystérique de monnaie (Quantitative Easing) ou du gonflement systémique de la masse monétaire selon le schéma généralisé à toute l'économie calqué sur le Madoff-Ponzi. La périodicité de la création de bulles et de l'éclatement de bulles, ne peut plus être l'espoir de la croissance économique qui "est de toute façon appuyée sur des bulles" innovantes et qui amènent le bien-être économique et qui fait tendre au plein-emploi d'une concurrence loyale, libre et non faussée.

Le G20 n'aura pas l'intention de se donner les bases d'une croissance prudentielle, sociale, écologique et durable. Le développement prudentiel dans un Bretton-Woods II, un système cohérent et démocratiquement choisi au niveau de la planète avec des instances internationales démocratiques représentatives reste une mythologie. Le déni du paquet climat/énergie commis par la holding de défaisance du G20 est la réalité tangible.



Revenons de nouveau au diaporama du journal Guardian pour vous expliquer le gonflement systémique de la masse monétaire de ces vingt dernières années. La création monétaire courante, on va dire naturelle ou habituelle, n'a été qu'un gonflement systémique qui avait l'effronterie de composer avec le risque systémique, et ceci intelligemment et de manière sûre selon les experts financiers et les agences de notation. Je vous ai déjà expliqué sur mon site l'histoire contemporaine de la privatisation de la création monétaire, ou encore la confiscation de la banque centrale par Wall Street.

Ce diaporama vous montre que tout le système bancaire n'est de toute façon qu'un système pyramidal fantasmagorique, ce qui n'a rien de nouveau, surtout depuis l'annulation par Richard Nixon, Président des USA, en 1971 de la convertibilité or du système de Bretton-Woods qui représentait une couverture en or comme garantie des monnaies. Puis l'obligation des fonds propres imposée aux banques s'est aussi légalement considérablement réduite pour approcher d'une valeur de 5 à 7%, voire de 0% pour les banques d'investissement, pour les instituts financiers dont les activités sont hautement spéculatives et à hauts risques.

Tous les chiffres que je donne à côté de ces 7 graphiques sont recopiés tel quels du diaporama publié par Dan Roberts du journal online Guardian. Billions, trillions, etc... l'essentiel est de connaître le rapport de proportion existant au niveau de cette pyramide.

En français: pour convertir les billions, et pour traduire en langue française etc...
veuillez lire la page non moins ambigüe l'anglais pratique.
- un milliard = 10 puissance 9, soit mille millions
- un billion = 10 puissance 12, soit mille milliards ou un million de millions
- un trillion = 10 puissance 18, soit un milliard de milliards ou un million de billion

1] Réserves en or de la banque centrale: (ce graphique est cliquable, pour mieux lire les chiffres)
Depuis que les banques centrales ont cessé de coupler les devises au prix de l'or, la monnaie est devenue un concept nébuleux: c'est une promesse de payer le porteur plus qu'une provision permanente de richesse. Ce n'est pas pour autant que les banques centrales ne détiennent pas de substantielles réserves d'or et de devises étrangères pour palier aux turbulences financières. Le montant de ces réserves en or est le trésor des banques centrales qui équivaut actuellement à $845 billion exprimé en anglais, soit 845 milliards traduit en français ( ou = 0,845 trillion). C'est le point bleu foncé sur le graphique qui est un rappel discret de combien la valeur de la monnaie peut être l'expression de la confiance ou peut-être plutôt d'une illusion de confiance. Il n'est pas nécessaire pour les banques centrales de détenir une plus grande réserve d'or par ce que l'ultime réponse qu'elles donnent à une crise sévère peut être l'impression de monnaie sur la planche à billet. C'est effectivement ce qui est entrain de se produire au Royaume-Uni et aux USA avec l'intervention qui porte le nom de "quantitative easing" ou "money printing" ou "turning on the printing press" (facilitation quantitative).

Note: selon le groupe de veille, le Gold Anti-Trust Committee - GATA la moitié de la quantité d'or aurait disparu. La Réserve Fédérale et le Trésor américain manipulent subrepticement les réserves d’or pour cacher la mauvaise gestion du dollar américain afin qu’il conserve sa fonction de monnaie de réserve du monde. Lire la suite.

  
2] Le cash en circulation: la mesure la plus étroite de la monnaie est connue par les économistes sous le nom de M0 et comprend tous les billets de banque et les pièces en circulation ainsi que les réserves réglementaires que les banques commerciales sont tenue de garder avec les banques centrales. Du fait du procédé de la formation du crédit décrit dans le tableau suivant, cette manière de décrire la monnaie peut donner un chiffre bien plus petit que le montant théorique du cash qui circule effectivement de manière électronique dans l'économie mondiale. Le montant global de M0 était à peu près de 3.9 trillions de $ en octobre 2008 (le cercle bleu extérieur). Ce montant s'était aussi agrandi en particulier à la suite de l'augmentation de la distribution de monnaie aux USA et en Chine. Cette augmentation avait été induite au début des années 2000 par la baisse par les banques centrales du taux d'intérêt à un niveau historiquement bas pour éviter une récession due au dernier éclatement de la bulle des investissements (crise dot-com, Enron/Worldcom). Depuis que le taux d'intérêt mesure effectivement le "prix" de la monnaie, l'action corrective des banques centrales pour éviter un effondrement économique avait contribué à l'explosion de l'endettement à bon marché, ce qui a fini par conduire à l'effondrement actuel. Certains analystes pessimistes estiment que nous sommes entrain de vivre un super-effondrement économique (super-slump) parce que les banques centrales avaient failli dans leur manière d'apporter les mesures correctrices aux problèmes qui avaient provoqué le précédent effondrement économique.

3] Le système traditionnel des banques: les populations se sont lentement mises à percevoir que toutes les banques sont par nature instables depuis qu'il y avait eu le "run" sur la 5ième banque britannique faillitaire, la Northern Rock. Conformément à un système appelé "réserves bancaires fractionnaires", les banques sont autorisées à prêter plusieurs fois le montant qu'elles ont en dépôt, parce qu'il est supposé que tous les déposants ne sont pas censé réclamer en même temps leurs dépôts. En contrepartie les banques commerciales sont obligées de garder avec la banque centrale un noyau de réserves (exemple: 1 euro pour 4 euros prêtés). Si vous déposez 100 euros, la banque peut prêter 80 euros pour un emprunteur qui achète une automobile. Le constructeur automobile dépose lui-même 80 euros à sa banque qui peut prêter 64 euros, etc... C'est ainsi que sont créés au maximum 360 nouveaux euros. Comme les banques inventent toujours des manières de plus en plus sophistiquées d'encourager à emprunter et comme les taux d'intérêts avaient été maintenus à un niveau historiquement bas, ce mouvement avait dépecé les actifs (ou les emprunts devant être remboursées) à la bulle mondiale de 39 trillions de $ détenus par l'ensemble des banques commerciales selon la Banque des Règlements Internationaux (BRI ou définition Wiki).

4] Le système bancaire fantôme: le système de régulation bancaire a été sévèrement critiqué lors du crash, mais les règlements gouvernant les activités de prêts des banques commerciales étaient strictes en comparaison au système bancaire fantôme. Ce système fantôme avait été mené par les banques d'investissement, les fonds de spéculation (hedge funds), les trader funds et des canaux de plus en plus exotiques destinés à échapper aux limites qui leur permettent de prêter de plus en plus tout en obtenant de plus en plus un bénéfice immédiat. L'instrument le plus répandu est le produit dérivé d'une créance, la titrisation, qui s'est développé pour réduire à l'état de nain la valeur de la dette sur laquelle elle est adossée. C'est ainsi que ce ballonnement s'est élevé à 62 trillions de $ selon la ISDA (International Swaps and Derivatives Association). Les CDS (Credit Default Swaps) et les Collateralised Debt Obligations (CDO) avaient permis en apparence aux prêteurs de s'assurer tout autant eux-mêmes contre les risques de chaque emprunter qui pourrait faillir, que de prêter des montants encore plus importants de manière sûre. Nous ne sommes plus qu'à quelques semaines de l'éclatement de cette bulle des CDS et des CDO. La valeur théorique de 863 trillions de $ de cette ingénierie financière a conduit la finance dans un monde de phantasme. Cette valeur dépasse de plusieurs fois le PIB de la planète.

5] La grande bulle des actifs (actions, immobiliers, titres, CDS, CDO: l'argent facile avait fait gonfler une série de bulles gigantesques dans le prix d'actifs clefs comme l'immobilier. Ces bulles sont entrain de s'effondrer avec une extrêmes violence. Il est quasi illusoire d'évaluer la valeur du monde, mais les économistes ont déterminé une valeur de 115 trillions qui équivaut à la valeur des économies développées en 2002 incluant l'immobilier, les placements spéculatifs en action et les obligations. Dans le boom précédent, la valeur globale des actions avait atteint un pic de 51 trillions de $. La bulle de tous les assets (actifs) des économies développées avait atteint un pic de 290 trillions, alors que le PIB de ces économies était de 55 trillions. Depuis lors le prix de l'immobilier s'était effondré d'1/5 et la valeur globale des actions n'est plus que de 81% de sa valeur d'avant l'éclatement de la crise. Le prix de ces assets est plus sensible que d'autres parce que les conditions précédentes d'accès facile au crédit signifiaient que le consommateur était plus capable d'emprunter de l'argent en hypothéquant la valeur de son bien immobilier ou de son porte-feuille d'actions, et il dépensait alors plus d'argent. Celui qui se sent plus riche, dépense plus.

6] Une pyramide instable?: vue du bas vers le haut, l'explosion de la dette et du prix des assets paraît instable et excessivement lourde vers le haut. Elle est similaire à une pyramide, ou à "Ponzi", ce schéma pratiqué par Bernard Madoff: tous les acteurs ont cru tout le temps à l'inexorable croissance de l'économie, et l'augmentation du niveau des dettes était durable. A l'extinction de la musique, tout le système se mit à chanceler.







7] Pourquoi les bail outs sont sans effets (recapitalisations, nationalisations, bad banks): En ayant comme objectif le sauvetage (bail en anglais) et la restauration de la stabilité, l'injection publique de liquidités a eu quelques effets, mais leur somme est maigre comparativement au problème. La valeur totale du BIG BANG BANK RESCUE, de ces aides d'État au système bancaire - que ce soit au travers de dépenses directes ou de garanties - est estimée à 1,9 trillion de $. Le prochaine étape consiste pour les banques centrale en un regonflement de la bulle en injectant de la nouvelle monnaie dans le système par la méthode du quantitative easing, la planche à liquidités.

Le Secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, du Gouvernement Obama vient d'admettre le 14 février 2009 que "dans le système financier américain, 40% des crédits à la consommation avaient été rendus possibles parce que des personnes achètent des emprunts, les mettent ensemble et les revendent. Parce que cette source vitale de crédit s'est gelée, aucun plan ne connaitra le succès tant qu'il n'aidera pas à relancer le marché des titrisations des créances pour des emprunts sains contractés pour la consommation ou pour les affaires des PME comme de grands groupes". 40% est un chiffre exorbitant. Près de la moitié des crédits proviennent de la titrisation. Vous avez bien lu, Geithner souhaite simplement lancer la prochaine bulle des crédits et du Système de risques. Il rejoint en ce sens Alan Greenspan qui avait entretenu le crédit avec sa politique d'argent facile et à l'aide de deux entreprises de crédit hypothécaire parabubliques, la Fannie Mae et la Freddie Mac.

8] La vélocité de la monnaie, mv = pq: Si les banquiers sont entrain de dépoussiérer leurs manuels d'économie, une équation est entrain de jouir d'une renaissance parmi eux qui essayent de comprendre la raison de la puissance du credit crunch, la raréfaction des liquidités (les banques ne prêtent plus ni entre elles, ni aux particuliers ou aux entreprises). La théorie quantitative de la monnaie peut s'exprimer simplement en quatre lettres qui permettent d'expliquer une grande partie de ce qui se passe actuellement dans le monde: m, v, p et q.

La théorie quantitative de la monnaie est nécessairement fondée sur un contexte que l'on nommera "présupposés", c'est-à-dire que si le contexte décrit dedans n'est pas vérifié, la théorie ne marchera pas de la manière décrite.

  1. C'est la variation de la masse monétaire qui provoque la variation des prix nominaux, donc le contrôle de la masse monétaire permet de contrôler l'inflation. (C'est pourquoi je vous ai écrit il y a quelques semaines que tous ces Plans dit de Sauvetage, de Restitution de la confiance, TARP (Trouble Assets Relief Programme) et Plan-s européen-s avec leurs "Boîtes à outils" vont mener directement à une hyperinflation, c'est à dire à Weimar 2. L'offre de monnaie est exogène.)
  2. Les agents économiques sont rationnels. Ils ne sont pas victimes de l'illusion monétaire, c'est à dire qu'il sont parfaitement conscients des prix relatifs (prix d'un bien par rapport à un autre) et ne regardent pas les prix nominaux (prix noté sur l'étiquette).
Si on travaille dans le long terme, on rajoutera que:
  1. Les prix nominaux sont parfaitement flexibles, à la hausse comme à la baisse.
  2. La production effective est égale à la production de plein emploi (la production ne peut pas être supérieure).

La première formulation de la théorie quantitative de la monnaie remonte au travaux Jean Bodin en 1568. Ses travaux portaient sur les effets inflationnistes de l'arrivée de l'or en provenance du Nouveau Monde.

Les classiques ont formalisé la théorie quantitative suivante: M * V = P * Q

Q est la production d'une économie pendant une période donnée,
P est le niveau des prix,
donc P * Q représente la quantité d'argent échangée.
M est la quantité de monnaie en circulation dans une économie pendant cette même période.
V est la vitesse de circulation de la monnaie, c'est à dire le nombre de fois qu'une même unité de monnaie permet de régler des transactions pendant la période considérée.

Pendant le boom, les inventions de nouveaux produits financiers dérivés ou titrisés ont accéléré le flux de monnaie au travers du système financier. 1 euro mis en circulation était réutilisé 360 fois en temps normaux sur le marché; dans le monde de la finance on disait que le long terme commence après 10 minutes. Maintenant que les banques cessent de prêter de l'argent entre elles (voir le taux Libor et Euribor qui sont l'indice de confiance interbancaire) et que les consommateurs nerveux cessent de consommer, la vélocité de la circulation de monnaie s'écroule. Et en ce moment justement la masse monétaire est gonflée par les banques centrales. Mais ce n'est pas suffisant pour prévenir en un premier temps l'effondrement des prix, de la production, du PIB et de l'économie mondiale. Nous sommes en ce moment dans un schéma en U, avec une décélération fracassante (hard landing), avec une situation de récession et de très grave crise sociale voire de climat insurrectionnel au bas du U, puis dans environ 4 ans à une hyper-accélération quand ces masses monétaires seront remises en mouvement dans l'économie. Cette hyper-accélération tendra vers l'hyper-inflation. 

Il faut se souvenir que les USA ont presque triplé la masse monétaire pendant l'année 2008, alors qu'elle avait simplement augmenté sur les 200 dernières années précédentes. Le 1er tableau à gauche vient d'être publié par la Fed', la Banque Centrale américaine et par le site DollarDaze, et montre la masse monétaire américaine jusqu'au 12février 2009; le 2ème tableau ci-dessous à droite montre l'évolution de la masse monétaire américaine de 1914 à 2008. De 2000 à 2008 la masse monétaire de l'Eurozone a augmenté de 91%, et celle du Royaume-Uni de 136%.

Pour le Royaume-Uni aussi, la Golden Decade de la "croissance" de 1998 à 2008 était une aberration.

Les politiciens, les économistes, les ministres des finances, les gouverneurs des banques centrales sont populistes, administrent le faux médicament au faux malade en faisant en faux constat, celui du credit crunch, de la raréfaction des liquidités, qu'il faut compenser de manière la plus amorale qui soit, c'est à dire en plombant pour des générations la dette publique, en faisant racheter par le Trésor Public des trillions de créances toxiques détenues par les banques suite à leurs spéculations compulsives d'escrocs cupides et irresponsables à la Madoff. Plus tard, une fois que nous serons au fond de la récession, au fond du U, les mêmes acteurs vont payer les dettes publiques en les faisant fondre avec une hyper-inflation comme après les années 30, et les banques pourront continuer impunément leurs activités de bulle et leurs enrichissements compulsifs et maladifs. Car l'objectif de tous les économistes est la croissance vaille que vaille, aucune réflexion n'est faite sur une croissance qualifiée, voire une "décroissance conviviale", une croissance durable ou un green new deal.

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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal

Occupy the WordS / I want my Europe back >>> Partager

un commentaire

18 mars 2009

Le G20 de Londres dénonce les paradis fiscaux mais couvre la confiscation de la banque centrale par Wall Street

Je viens de trouver sur le site américain de lutte pour les droits du consommateur, Essential Information, fondé par Ralph Nader en 1982, un rapport sur le lobbyisme pratiqué par le secteur financier et Wall Street pour déréguler la banque centrale américaine, la Fed'. Essential Information dirige aussi le site Wall Street Watch.

Le rapport est intitulé:
"Sold Out: How Wall Street and Washington Betrayed America  -  Liquidation totale: Comment Wall Street et Washington ont trahi l'Amérique". (Photo: Max Beckmann,"la Nuit")
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Oxfam - London Summit: Put People First
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Lire la suite...

Pour les "décisions" actualisées du G20 de Londres veuillez vous rendre sur l'article du 2 avril
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Le 10 et le 11 janvier 2009 je vous ai expliqué comment les banques centrales ont été privatisées sous couvert du principe de l'Indépendance des banques centrales, et comment la création de la monnaie a été privatisée. Vous pouvez aussi lire sur le journal suisse allemand, Tagesanzeiger, comme sur la Tribune de Genève qu'il n'y a rien à craindre pour le secret bancaire (Bankgeheimnis) parce que toutes les banques suisses ont des filiales réparties à Singapour comme dans le monde entier et qu'il leur suffit de faire un montage un peu plus sophistiqué pour dissimuler les capitaux déposés par leurs clients qui veulent échapper au fisc de leurs pays d'origine. Selon ces journaux très suisses, surtout le Tagesanzeiger, seuls les petits déposants étrangers qui ne disposent pas de l'appareil juridique suffisant et des conseillers, seront touchés par un allègement du secret bancaire. La Grande Bretagne, elle-même, qui n'est qu'un vaste paradis fiscal, comme le Luxembourg ou la Suisse, à l'image des ces recycleurs de papier monnaie et de monnaie électronique des Iles Caïman, feront la danse de l'œuf au G20 de Londres du 2 avril 2009 et évoqueront en vociférant ces biotopes libres, fiscaux et off-shore, mais ne feront déjà pas le nettoyage à leurs portes à Jersey, Andorre, Monaco,... Bruxelles vient d'ailleurs déjà d'enlever la Suisse, le Luxembourg et l'Autriche, sous la pression des lobbies financiers, de la black-list éditée par l'OCDE. Pour le Liechtenstein, Bruxelles se concerte encore un peu. (Black list cliquable à droite)

J'avais écrit le 10 et 11 avril 2008 deux longs articles sur l'externalisation du risque bancaire, sur les annonces de Paulson qui avait des velléités de reprendre en main la Fed' et sur la psycholepsie des grands argentiers du G7. Le G20 de Londres révélera de nouveau le syndrome de la tête vide, comme le G8 de Gleneagles, le G8 de Heiligendam, le G4 de Potsdam, le G4 de Berlin l'ont fait avant.

En réalité tous les sommets G n'ont aucune constitution démocratique et n'existent que pour entretenir l'idéologie dominante des pays industrialisés. Le G20+ de Londres du 2 avril 2009 pourrait cependant avoir la même fonction que la Cycle de Doha au Qatar en 2001 où les "pauvres" se sont alignés derrière la Chine pour constituer le G21, quitter le cycle de négociations de Doha et donner la mort à l'OMC qui avait été officiellement consacrée en 2007 avec un report a sine die des futures négociations. Ce serait un espoir que la Chine, l'Inde et l'Afrique qui n'y est même pas tolérée comme observateur (sauf l'Afrique du Sud), puissent être acteur au G20 de Londres à ce qui se prétend devenir le Bretton Woods 2, un nouvel ordre international monétaire. Mais la Chine est le plus grand créancier des USA et est assise sur le plus grand paquet d'Obligations d'État américains, $1,03 trillion, et de réserves en $, 1,95 trillion en janvier 2009. En réalité la Chine va se conduire, comme tous les autres membres du G20: comme un grand argentier puant, car l'arme de la compromission universelle, les Bons du Trésor américains et le dollar-glut engluent la planète entière dans la maladie américaine. 70% des réserves en $ sont détenus en dehors des USA. Si les USA vont se permettre la création d'un Nouveau Dollar hyper-dévalué à l'été 2009 suite à l'effondrement du système international monétaire, les chinois ne peuvent pas se permettre de laisser s'effondrer dans leur Trésor National ce qui est encore pour l'instant des actifs mais qui sera des junk bonds, des penny stocks, des créances pourries. Les USA, comme le Royaume-Uni sont les subprime de la planète que le secteur financier nettoiera sous peu de temps. Et de toute façon, la refonte d'un nouveau système monétaire international n'est pas... à l'ordre du jour du G20 de Londres.

Les perverses recommandations de Bâle 2 dictées par le lobby de la finance se sont aussi installées dans les Directives européennes CRD et Libre circulation des capitaux et l'incapacité eurogouvernante fiscale et macroéconomique sont constitutives du Traité de Lisbonne. Le lobbyisme bruxellois est de notoriété publique et la médiocrité des euro-députés , parachutés et qui ne connaissent pas leurs dossiers, est légendaire et distance de plusieurs longueurs la médiocrité du Congrès américain. Existe-t-il vraiment une autorité de tutelle qui contrôle les euro-députés qui sont déjà exonérés d'impôts comme toute la haute et moyenne administration européenne et communautaire? Les administrations européennes sont des paradis fiscaux et les responsabilités y sont diluées à peu près comme au Comité Olympique.

Derrière la-dite Crise de la Bulle des Subprimes, il y a d'autres bulles cachées qui ont éclaté. La responsabilité de toutes ces bulles est portée par Alan Greenspan, Gouverneur de la Fed' de 1987 à 2006, appelé  "l'économiste des économistes", ou le "Maestro", qui a commis sur toute la période de son mandat une seule et même erreur. Alan Greenspan a été gravement mis en cause en 2006 pour avoir laissé fortement augmenter la masse monétaire par une politique de taux d'intérêts très bas (de l'argent facile), qui est un des facteurs de l’émergence de la crise dite des subprimes qui s'est déclenchée au second semestre 2006. La masse monétaire est devenue une arme de destruction massive.


Je vous livre ci-dessous la traduction de l'anglais du résumé de ce rapport de 253 pages publié par Essential Information de Ralph Nader.

début de l'article >>>

"Sold Out: How Wall Street and Washington Betrayed America  -  Liquidation totale: Comment Wall Street et Washington ont trahi l'Amérique".

"5 billions de dollars versés dans des "taxes politiques" pour acheter la liberté de Wall Street face la régulation, le contrôle et les rapports des commissions d'enquêtes.

Le marches qui mènent au cataclysme financier sont pavées des Dollars de l'industrie.

Le 4 Mars 2009 – Le secteur de la finance a investi plus de 5 billions dans l'influence politique pour acheter Washington depuis plus de 10 ans avec plus de 3000 lobbyistes qui ont gagné des décisions politiques concernant la dérégulation et d'autres orientations politiques qui ont conduit directement à l'effondrement financier actuel.

De 1998 à 2008, les sociétés d'investissements cotées à Wall Street, les banques commerciales, les hedge fonds, les promoteurs immobiliers, les groupes d'assurance on versé 1,725 billions de $ dans le milieu politique et dépensé 3,4 billions de $ pour les lobbyistes, un mastodonte financier destiné à dépouiller la régulation fédérale. Pas loin de 3000 lobbyistes officiellement enregistrés au niveau fédéral ont travaillé pour l'industrie en 2007. Une douzaine de vagues de dérégulations ont conduit ensemble au meltdown financier. Ceci inclut l'interdiction de réguler financièrement les produits dérivés; la révocation des barrières de régulations entre les banques commerciales et les banques d'investissement; un système d'auto-régulation pour les grandes banques d'investissement; une volonté fédérale d'agir pour mettre fin au système prédateur des prêts et des subprimes.

Selon Harvey Rosenfield, Président à la Consumer Education Foundation, une organisation à but non lucratif qui siège en Californie, Washington s'est systématiquement vidé au profit de Wall Street. Des programmes déflationnistes, qui auraient dû empêcher le meltdown financier qui a commencé l'année dernière, ont été démantelés et les avertissements de ceux qui ont prévu le désastre ont été noyés dans des océans de 'monnaie politique'.  Les américains ont été trahis et nous payons un prix en trillions de $ pour cette trahison.

Selon Robert Weissman de Essential Information, le Congrès et l'Exécutif ont répondu à des pot-de-vin légaux provenant du secteur financier et ont dénié les critères du bon sens, ont barré la route à d'honnêtes personnes responsables de la régulation afin qu'elles ne produisent pas des règlements pour résoudre les nouveaux problèmes. Elles ont simplement mis au rebut leurs efforts de prendre des décisions. L'érosion progressive du cadre règlementaire restrictif a conduit à une immersion par des crédits pourris et à un tsunami de mauvaises spéculations adossées à ces crédits pourris. Il y a à présent un naufrage globalisé à travers tout le monde de la finance.


Les 12 décisions majeures qui ont conduit au cataclysme

La dérégulation financière a conduit directement à l'effondrement économique actuel. Pendant les trois dernières décennies, les régulateurs gouvernementaux, le Congrès et l'Exécutif sur la base du bipartisme, ont continuellement érodé le système de régulation dont l'activité est de  restreindre le secteur de la finance afin qu'il ne tende pas à agir de manière discrétionnaire en fonction de visions propres les plus excessives. Ces douze points suivants révèlent comment l'industrie a exercé une pression qui a conduit à la dérégulation et à ses conséquences:

  1. Le Congrès a révoqué en 1999 la loi Glass-Steagall passée en 1933 pendant la Grande dépression pour interdire les banques de fusionner les activités (banque commerciale, banque d’investissement, assurances), une fusion qui est à l’origine de la grande crise financière 2008-2009.
  2. La règle de régulation qui autorisait l'imputation hors bilan, une passade qui permet aux banques de cacher leurs dettes.
  3. L'administration Clinton avait empêché la Commodity Futures Trading Commission de réglementer les produits dérivés, ce qui est devenu le fondement des spéculations massives
  4. La Congrès a interdit en 2000 la régulation des produits financiers dérivés quand il a adopté la loi Commodity Futures Modernization Act.
  5. La Securities and Exchange Commission (SEC) a adopté un principe d'autorégulation pour les banques d'investissement ce qui leur permet de s'engager dans un niveau d'endettement bien plus élevé
  6. Les règles adoptées par les régulateurs généraux sur la demande de l'industrie de la finance permettent aux banques commerciales de déterminer elles-mêmes leurs exigences de réserve de fonds propres, qui est calculée sur leurs propres 'modélisations de l'évaluation et du management' du risque (ndtr: conformément aux recommandations de Bâle 2 et de IFRS)
  7. Au début des années 2000, les régulateurs fédéraux ont refusé de bloquer les pratiques de l'octroi des crédits généralisés et déprédateurs, en ne publiant pas des régulations appropriées ou en ne renforçant pas des régulations existantes.
  8. Les régulateurs de la Fed' avait revendiqué le pouvoir de supplanter la législation fédérale sur la protection du consommateur qui aurait pu avoir réduit l'effet de prédation des crédits et des autres pratiques abusives.
  9. Les règles fédérales de prévention des victimes de crédits abusifs contre des entreprises de contentieux qui rachetaient aux banques leurs crédits qu'elles ont octroyés à l'origine.
  10. La Fannie Mae et la Freddie Mac se sont agrandies au-delà de leur activités managériales et sont entrées dans le marché des subprimes, ce qui a coûté in fine aux contribuables des centaines de billions de $.
  11. L'abandon des principes de régulation anti-trust a permis la création de méga-banques qui sont too-big-to-fail et qui se sont engagées dans des pratiques bien plus risquées que des banques de plus petite taille.
  12. Engluées dans des conflits d'intérêts, les agences de notation privées ont évalué de manière erronée la qualité des titrisations basées sur les subprimes et autres crédits hypothécaires; en 2006 une loi avait privé du pouvoir la SEC et empêché la régulation des entreprises.
La 'monnaie politique' du secteur financier et les 3000 lobbyistes ont dicté la politique de Washington

Entre 1998 et 2008:
  • les banques commerciales ont dépensé plus de 154 millions de $ dans des campagnes de dons et elles ont investi $363 millions dans des lobbies officiellement enregistrés
  • les entreprises d'audit ont dépensé 68 millions de $ dans des campagnes de dons et 115 millions de $ dans le lobbyisme
  • les compagnies d'assurances ont fait des dons de plus de 218 millions de $ et dépensé 1,1 billion de $ dans le lobbyisme
  • des gestionnaires de titres et de valeurs mobilières ont investi plus de 504 millions de $ dans des campagnes de dons et 576 millions de $ dans le lobbyisme.
  • Des sociétés d'investissement et de participation ont fait 56 millions de $ en dons à des candidats fédéraux et dépensé 33 millions de $ dans le lobbyisme.
  • les hedge funds ont dépensé 32 millions de $ en dons, dont la moitié aux dernières élections de 2008

La trahison a été commise par les partis Républicain et Démocrate: 55% des dons sont allés aux Républicains et 45% aux Démocrates, ce qui représentait l'équilibre politique entre les pouvoirs de la dernière décennie. Les Démocrates ont touché un peu plus de la moitié des dons faits par le secteur financier pour les élections de 2008.

Le secteur financier a consolidé sa force politique en débauchant des agents à Wall Street pour les placer à des postes clefs des régulateurs, ce qui inclue le Secrétaire au Trésor (ministre des finances) issus de la direction de la Goldman Sachs, Robert Rubin et Henry Paulson.

Les entreprises fiduciaires ont employé une légion de lobbyistes, jusqu'à 3000 en 2007. Ces entreprises ont puisé lourdement dans le gouvernement pour le choix de leurs lobbyistes. Essential Information qui a surveillé 20 entreprises leader de la finance a découvert que 142 lobbyistes, que celles-ci employaient de 1998 à 2008, avaient été précédemment employés par les plus grandes agences de notation ou par le Congrès ou l'Exécutif.

<<< Fin de l'article


Rappel 1: à la SEC siégeait le gendre de Madoff
Rappel 2: si vous êtes ulcérés par la collusion entre Washington et Wall Street vous pouvez slown down à présent. Grâce à Paulson puis à Timothy Geithner, Secrétaire au Trésor, et à Bush-Obama, les créances pourries, principalement la bulle abyssale des CDS / CDO est rachetée avec l'argent public, les déficits budgétaires ($1,85 trillion) et la helicopter money (quantitative easing, planche à billet = dettes des générations futures) par les différents plans de la Fed' ou du Trésor américain appelés TARP (Troubled Assets Relief Program) ou TALF (Term Asset-Backed Securities Loan Facility). Bloomberg.com parle de la "Rambo Fed'". Ces plans de rachat des poubelles, cash for trash sans contrepartie pour l'État ou nationalisation, et de leur contenus sont destinés à transformer de la m***e en dollar monétaire pour renflouer les caisses du secteur bancaire et financier afin de faciliter le crédit par des voies plus naturelles et conventionnelles habituellement utilisées dans une économie de marché. Différents organes gouvernementaux des USA, existants ou spécialement créés, contribuent à faire cette mutation alchimique des ordures américaines: la Small Business Administration (SBA) qui est une agence pour les PME, la Fed' (Banque Centrale américaine), le Department of the Treasory (Ministère des Finances des USA), le Office of Financial Stability dont le Directeur était vice-président de la Goldman Sachs, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Geithner appelle ceci "la Réforme qui s'appuie sur 3 colonnes". Chaque semaine sont créés un autre "plan", une autre administration et ensemble ils vont racheter plus de 4 billions de $ de créances pourries à partir de lundi 23 mars 2009. Le Plan de ce lundi 23 mars s'appelle "Public-Private Investment Program". Retenez bien ce "public-private" PPIP, c'est la clef de la confiscation de la privatisation de la création de la monnaie par Wall Street et par ses lobbies de losers. Le Polit-Bureau Obama-Geithner n'a pas recensé la sémiologie de ce double-thinking! Même si cette sémiologie signifie une réalité technique d'un montage financier dérivé du TARP et copié sur le rachat des créances pourries de la Bear Stearns par JP Morgan avec l'argent de la Fed'. Il parait que PPIP va "refinancer" et faire disparaitre 93% des crédits pourris des USA...

En réalité c'est la FDIC qui va financer 93% du montant des acquisitions d’actifs toxiques, en se faisant passer pour un prêteur, qui avance les fonds, tout en sachant que les "investisseurs" privés qui vont se transmuter en bad bank locales, feront disparaître ces assets toxiques, et qu'après une dévaluation massive du $, ces dettes auront fondu d'elles-mêmes. C'est juste le contribuable qui aura payé. Vous venez de le comprendre avec moi, TARP, TALF et maintenant PPIP sont des OPA, des Offres Publiques d'Achat payées par le contribuable. Cette OPA coûte 1,1 trillions de $ au contribuable américain. Juste pour racheter des poubelles, pas encore pour investir et dans les infrastructures et les services de l'Etat, et ni pour permettre la relance économique et les investissement privés d'avenir comme un plan vert national, ni la R&D. Les actionnaires de ces banques se verront délestés de leurs dettes et massivement enrichis sur le dos des contribuables. Ceci, n'importe qui est capable de le penser, on n'a pas besoin de s'appeler Jeffrey Sachs. Qui est le plus irrespectueux de l'économie nationale et d'entreprise? Moi, petit "gauchiste" du Neudorf, un quartier de Strasbourg, ou l'hydre Obama-Geithner? S'il devait y avoir un rallye à la bourse de Wall Street suite à ce plan PPIP, mais qui durerait une dizaine d'années..., le contenu de ces bad banks pourrait se bonifier et reprendre de la valeur, et les "investisseurs" privés pourraient même gagner de l'argent avec leurs activités d'éboueur et d'écobuage. Les trois premiers jours qui ont suivi le lancement de ce plan PPIP (voir le dernier § de cet article) laissent le Dow Jones et le Nasdaq dans le rouge. Sur ce graphique à droite: en rouge, le déficit des USA. Les réductions de ce déficit prévues à partir de la fin de l'année 2009 ne sont que des illusions, car Obama-Paulson-Bernanke-Geithner n'ont jamais dit comment ils vont les réaliser. C'est simple, une très forte dévaluation du $ accompagnée d'une hyperinflation feront le travail, comme dans la fin de tout empire.

Le PIB des USA est de 14 trillions de $. 14 trillions de $ sont ce que le gouvernement américain à dépensé depuis janvier 2007 pour sauver, garantir ou imprimer de la monnaie sur la planche à billet. Ces 14 trillions s'ajoutent à la dette cumulées des USA. Le peuple américain est-il autiste? N'a-t-il pas des velléités de révolte? Est-il à ce point compromis dans le système pour qu'il accepte de parcourir this road to hell (en enfer) avec Wall Street et avec ses deux juges d'application des peines, la Présidence, aujourd'hui Obama, et le Congrès US? Est-il à ce point sous-éduqué pour ne pas être capable d'avoir une analyse politique et une vision de l'avenir de la planète et de l'homme qui n'en est qu'un invité?

La Fed' elle-même qui ne peut plus baisser ses taux d'intérêt (à 0,25% ou % négatifs) rachète encore plus de ces ordures pourries et s'invente par là un nouvel outil de "régulation" des flux financiers. Il est prévu de racheter cette fois-ci 1,1 trillion de $ de ces créances toxiques et de continuer ce que Paulson fait déjà à grande échelle depuis septembre 2008, et même depuis mars 2008 avec le bail out de la Bear Stearns délégué sur la JP Morgan ($29 billions). Chacune de ces administrations ou de ces agences ou chacun de ces fonds de pension ou de ces hedge fonds a, avec la helicopter money de la Fed' du programme PPIP, le rôle d'une zombie bank, une bad bank chargée de faire disparaître les créances pourries, c'est à dire d'organiser le plus grand mensonge américain de tous les temps. Et dire que sous ce mensonge vivent des individus appelés hommes et femmes et enfants. Y aura-t-il derrière ces menteurs de nouveau des agents et acteurs économiques? Des citoyens? A quel prix? Un Weimar 2? Une guerre civile? Un conflit armé? Au Royaume Uni, à part la Barclays qui fait des montages financiers pour cacher son insolvabilité comme la Citigroup ou la Deutsche Bank (qui poursuit toujours ses activités dans les îles Caïman en mars 2009), tout le système bancaire est déjà "nationalisé". En attendant, ces menteurs vont en rangs serrés à Londres au G20 du 2 avril pour réaliser leur bail out du Market Ponzimonium. Qui va payer le bail out de la Fed'? Weimar 2? L'effondrement dans le chaos monétaire du Global Meltdown 2009? Depuis un an, avec le cash for trash whithout counterpart, le faux médicament est administré au faux malade suite à la fausse analyse. Aujourd'hui, mercredi 25 mars 2009, the Guardian titre: "Surprise rise in inflation defies City predictions" (Une surprenante augmentation de l'inflation défie les prévisions de la City). En février il y a eu 3.2% d'augmentation des prix. L'illusion déflationniste due à la baisse de l'immobilier a engendré une gigantesque politique de helicopter money qui appelle l'hyperinflation. Nous nous avançons vers la plus grande crise des surliquidités de tous les temps après avoir fait croire à un credit crunch, une raréfaction des crédits, alors que les liquidités n'ont été que confisquées par les banques qui ont essayé de financer leurs dettes avec l'argent des banques centrales. (Mon article du 28 XII 2008).



Il faut se dire la vérité. TARP, TALF, PPIP ne sont pas des bail outs mais des purges. Des moyens pharaoniques sont dépravés pour faire avaler par les Travailleurs, les contribuables, les bénéficiaires des services publics et des infrastructures des pays, et par les générations futures les contenus des fosses d'aisance et l'eau de Javel avec. Avec ceci n'ont pas encore été installées les bases d'une économie revivifiable, viable, puis durable.

Selon le China Daily du 22 mars 2009: "But unlike the United States, which seems to be able to borrow endlessly, EU member states are subject to strict fiscal discipline under EU rules. They must suppress deficits to ensure stable and sustainable economic growth." (Mais, à la différence des USA qui semblent être capables d'emprunter indéfiniment, les États membres de l'Union Européenne respectent scrupuleusement une discipline fiscale conformément aux règles européennes. Ils doivent supprimer leurs déficits pour assurer une croissance stable et durable).

Les USA sont incapables de faire leur révolution et d'accepter que leur règne de 30 ans du déficit budgétaire gratuit pour eux et payé par le reste de la planète est terminé. Ce règne américain de la rapine globale avait commencé avec la rupture unilatérale par les USA des Accords de Bretton-Woods et de la convertibilité-or. Le $ est déjà surévalué actuellement de 12 fois. Mais ce n'est pas tout: avant l'été 09 le greenback partira en fumée, car la Fed' a comme objectif de multiplier par... 15 la masse monétaire en $ avant la fin de l'année 2009, ce qui équivaut à une dévaluation de... 15 fois, car le PIB américain n'a pas été multiplié par 15 mais divisé par deux en un an. Le G20 n'aura pas le courage de dissoudre le $ déjà au moins comme "étalon" toxique et de dénoncer la helicopter money d'Obama. Il sera impossible pour la Fed' de faire tourner la helicopter money dans l'autre sens et elle sera assise sur des trillions d'assets toxiques (CDS / CDO) qu'elle a achetés au système bancaire en faillite. Elle ne trouvera aucun acheteur pour ces montagnes de pourritures. La Fed' sera en faillite mais personne ne voudra se lancer dans le bail out de la Fed'. (Graphique cliquable à gauche: déficit budgétaire criminel des USA pour 2009).

Après l'été 2009 nous aurons des nouvelles devises internationales qui seront des monnaies d'échange. Je le suggère sur mon site depuis septembre 2009 et j'imagine une corbeille comme l'a été l'ECU en Europe avant la création de l'Euro. J'y vois une corbeille comme l'ECU, mais avec dedans des vrais morceaux d'Euro, de Yuan, de Yen, de ce qu'il reste du $. Je lis actuellement que les pays du Golfe essayent de lancer une monnaie d'échange: le Khaleeji. Ces monnaies seront de nouveau adossées sur l'or, au moins partiellement. Lors de la Guerre du Golf II, l'Iran avait menacé de vendre son pétrole en Euros. Il faudra aussi créer cette Banque du Sud lancée au début du printemps 2008 par Hugo Chavez. Le 10 avril 2009 se réuniront à Tunis les Pays de l'Afrique représentés par leurs Ministres des Finances et leurs Gouverneurs des Banques Centrales. Avez-vous déjà éprouvé dans votre vie la tristesse de celui qui n'a pas été invité?

Depuis le G20 de l'automne 2008 le syndrome de la tête vide s'est amplifié. Je vous ai décrit tout cet automne et cet hiver ce que ne sera pas le G20. Obama joue à se faire peur et attaque la loi votée la semaine dernière par le Congrès pour taxer à 90% les boni versés par les entreprises qui font l'objet d'un bail out. Cette taxe "est anticonstitutionnelle". C'est un McCarthy's Witch hunt, la chasse aux sorcières de l'ère McCarthy. Regardez sur la photo publiée par le IHT, International Herald Tribune le lendemain du démarrage de PPIP.: Geithner, Obi le Roi du bricolage, et Ben Bernanke, le Gouverneur de la Fed', qui ne rit pas alors que le Dow Jones a fait un bond de plus de 6,84%. Comme tout le monde, il sait que la bulle toxique des CDS / CDO de 68.000 milliards de $ ne pourra jamais se laisser débarrasser sans le cataclysme de Weimar 2.

Sur cette photo ci-dessus, Ben Bernanke ne semble plus tellement être ravi d'administrer le faux médicament au faux malade suite à sa fausse analyse, à moins que le syndrome de la tête vide ne l'ait momifié dans sa fonction de disciple de Wall Street. Obama aurait dû se méfier de Bernanke qui a commis dans le passé deux fausses analyses tonitruantes, et qui sont le ciment de son manifeste idéologique dont Obama et ses électeurs se nourrissent de manière hystérique, psycholeptique, nécro-économique, criminelle, panaméricaine:
  1. Le 21 novembre 2002, Bernanke avait prononcé un discours traitant des possibles actions de la Réserve fédérale pour empêcher la déflation, intitulé "Deflation: Making Sure 'It' Doesn't Happen Here." (Lire son speach directement sur le site de la Fed'). Ce discours est parmi ceux qui exposent le mieux ses vues en matière de politique monétaire. Depuis le début de la "crise financière", Bernanke, à la tête de la Fed' - Réserve fédérale américaine, met en œuvre les remèdes qu'il préconisait alors, en croyant combattre la déflation alors qu'il prépare l'hyperinflation Weimar 2.
  2. Le 10 mars 2005, avant d'être nommé au Council of Economic Advisers (CEA), a donné une conférence dans laquelle il faisait porter la responsabilité des divers déficits et déséquilibres extérieurs des États-Unis sur un excédent mondial d'épargne (A Global Saving Glut, lire son speach directement sur le site de la Fed') plutôt qu'un excès de consommation des États-Unis ce qui, même aux États-Unis, est considéré comme une thèse hardie. Son discours n'a pas manqué de provoquer quelques inquiétudes ou interrogations dans le reste du monde.
Les USA se sont surpassés en tant que junkie de la dette avec un total de $57 trillions et avec le plus grand ratio de la dette de toute l'histoire économique mondiale. Ceci représente aujourd'hui 186.717 $ de dettes par américain. Ces 6 derniers mois, les USA ont augmenté la dette de 4 trillions de $, avec un chiffre officiel de 700.000 chômeurs de plus par mois. Le programme Obama assure le Welfare State pour les billionaires de Wall Street. Welfare State = Wall Street. A la différence des lobbysites de Wall Street qui ont détourné la politique du Congrès et de l'Exécutif de la moralité, Obama a été élu pour détourner la politique de la moralité. Le système monétaire panaméricain est adossé sur la dette, comme le système de croissance anglo-saxon a été adossé sur la dette, sur la titrisation, sur les subprimes, les CDS / CDO, sur la création et la dé-création de bulles.

La bulle de la "crise financière" de 2006-2009 est la plus grande bulle de tous les temps. Son éclatement aussi. Et dire qu'il y a des millions d'abrutis qui font en ce moment un rallye sur les "Bons"-du-Trésor ("Sovereign Bonds", ou "gilts") qui sont adossés sur des poubelles en réserves. Les Bons du Trésor américains ou britanniques sont réputés être, comme tous Bons du Trésor, des risk-free returns, mais ils sont actuellement des return-free risks même si les spreads et leurs CDS ne sont pas publiés à la différences de ceux des Bons du Trésor de pays européens comme l'Italie, l'Autriche par exemple. Les USA, le Royaume-Uni et leurs avisos-escorteurs sont la Bulle Madoff-Ponzi et les chinois tiennent en main une grosse aiguille qui pique. Mais chacun des américains consuméristes acharnés est assis sur sa propre aiguille qui pique. L'aiguille est malheureusement une broche de barbe-cul sur laquelle beaucoup d'autres cadavres exotiques sont et seront enfilés. La bulle n'est pas une "crise financière" mais une crise idéologique qui se terminera mal et qui a commencé en 1913 avec le Federal Reserve Act ou Owen-Glass Act qui a fondé la Banque centrale américaine et son système bancaire "flexible" adossé sur la bulle de la dette et sur les réserves fractionnaires.

Au niveau sémiologique le Plan PPIP de Geithner-Obama dit ceci: "The equity co-investment component of these programs has been designed to well align public and private investor interests in order to maximize the long-run value for U.S. taxpayers” (traduction: la constitution de l'investissement conjoint dans du capital de ces programmes a été réalisée en sorte de bien aligner les intérêts des investisseurs publics et privés dans le but de maximiser leur valeur à long terme pour le contribuable américain). Et plus loin dans le texte Timothy Geithner transforme les "troubled assets" (assets toxiques) en "legacy assets” (actifs légués). Dans cette envolée de transsubstantiation des poubelles, le dernier Nobel de l'économie, Paul Krugman, un genre de pentito du libéralisme, mais aussi Nouriel Roubini, s'excitent sur tous les médias de la planète et, avec le duo de losers, Obama-Geithner, et conjurent l'Europe de faire comme les USA et de lancer en grand style un plan de rachat global des actifs toxiques pour transposer ces dettes pourries du secteur bancaire et financier et des assurances dans la Banque Centrale Européenne (BCE)  et pour faire croire que se sont les "réserves" de cette banque centrale à léguer aux générations futures. Les USA et le Royaume-Uni aimeraient tellement enfoncer l'Europe dans la spirale de la guerre des prix zéros. Ils craignent tellement que l'Europe-Euro soit un tout petit peu plus crédible et que cela ne crée un avantage concurrentiel dont ils ne pourront pas profiter. Le G20 de Londres sera un poker menteur doublé d'un poker dénonceur. Sous couvert d'un Plan mondial bling-bla il n'y aura que les "Boîtes à Outils" où chaque région économique du monde se sauvera comme pourra pour persévérer dans la concurrence déloyale libre et non faussée.

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Aujourd'hui, mardi 24 mars 2009, je lis dans le Financial Time Deutschland et le China Daily que la Chine vient d'annoncer qu'elle exige une nouvelle devise comme monnaie d'échange internationale, un changement radical du système monétaire international et un retour à un instrument du système de Bretton-Woods. Voilà, une fois de plus mes intuitions, que j'ai énoncées au haut de cet article commencé il y a une semaine, conduisent à la réalité. La Chine va continuer ce qu'elle a commencé en 2001 à Doha lors de son adhésion à l'OMC. Elle prend les affaires en main et impose la multipolarité (mais pas au profit de l'Afrique). Zhou Xiaochuan, le Gouverneur de la Central Bank of China a dit (lire son speach en entier):
  • "Eine überhoheitliche Leitwährung, die von einer globalen Institution gemanagt wird, könnte sowohl dazu genutzt werden, globale Geldflüsse zu schaffen, wie auch sie zu kontrollieren." Das werde die Gefahr künftiger Krisen reduzieren und zugleich die Möglichkeiten zum Krisenmanagement erweitern. Die Sonderziehungsrechte (SZR) des Internationalen Währungsfonds (IWF) hätten das Potenzial, zu einer übernationalen Reservewährung zu werden".
  • traduction: Une monnaie de référence supranationale, qui sera gérée par une institution internationale, pourrait tout autant être utilisée pour créer des flux monétaires globaux que pour les contrôler. Ceci réduirait à l'avenir le danger des crises et élargirait en même temps les possibilités de résolutions de crise. Les DTS, Droits de Tirage Spéciaux, du FMI, Fonds Monétaire International auraient le potentiel à devenir une monnaie de réserve internationale.)
La Chine espère ainsi avoir son rôle à jouer dans le FMI et dit vouloir être la première à acheter des Bons du Trésor du FMI, si le FMI se mettait à en émettre. Obama a rejeté publiquement le projet chinois qui est aussi soutenu par la Russie. Selon lui, "Le besoin n'existe pas en ce moment de remplacer le dollar en tant que monnaie de référence. [...] Le Dollar est fort".

Avec le 1er jour du plan PPIP, le Dow Jones qui était hier subitement à +6,84% est à -1,24%. Le 2ème jour il est -1,49% en clôture, et le Nasdaq à -2,52%. Le 3ème jour confirme l'inutilité de PPIP: le Dow Jones est -1,93% et le Nasdaq est à -2,63%. Le quatrième jour: Dow Jones = -3,27% et Nasdaq = - 2,81%. La "punition par les marchés" est évidente. Ce plan PPIP est à peu près quelque chose comme le dernier joker avant l'inéluctable. Le compte-à-rebours est enclenché, le Cow-Boy de papier a fini par comprendre que son Smith & Wesson ne tire plus assez loin. Peut-être qu'il aura une approche holistique du monde et pensera à celui qui regarde le pistolet. Rassurez-vous, la non poursuite du "rallye des ours" à Wall Street est due en surface à l'aveu de Geithner et de Bernanke qu'ils ne pourront pas stopper le versement des boni chez AIG ou chez un autre titulaire d'une poubelle purgée à fonds percé et que de toute manière ces banques & assurances augmentent les salaires de leurs requins pour contourner le courroux. Et c'est là que commence la fin du règne de Obama. Il n'aura plus qu'à s'occuper du maintien de l'ordre dans une guerre civile. Ce sera plus difficile de s'inventer une guerre contre l'Iran pour détourner l'attention, comme le 9 XI avait servi à détourner l'attention pour éviter le krach boursier de l'éclatement de la bulle dot-com de la New-Economy et de la Crise du Système des Profits. Il n'y a pas de rapport. On prendra les mesures avant l'été? Le PIB des USA est en récession de 6,4% pour l'année 2008. Dès septembre 2008 nous savons que le Global Meltdown 2009 apportera des récession du PIB à deux chiffres pour des grands pays industrialisés. Les quelques rallyes boursiers à Wall Street ne veulent plus rien dire. Ce ne sont plus que des lemming runs.

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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal


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un commentaire

15 mars 2009

G20 de Londres - En Afrique les fonds spéculatifs raflent des millions d'hectares cultivables

Au début de la "crise", en septembre 2008, les dulcinées du néo-libéralisme vous disaient: "... oui, mais la Chine, l'Inde ne s'écroulent pas". Ils voulaient vous dire par là que l'économie ne fait que de connaître une crise "passagère" dans les pays industrialisés, peut-être une crise de surproduction, "un accident". En février 09 nous savons qu'à l'écroulement des pays industrialisés correspond un genre de "soft landing" des pays émergents, vu de l'Europe. Une augmentation de 26 millions de chômeurs en Chine, un exode urbain, c'est à dire un retour massif à la campagne des ouvriers qualifiés ou non. Entre temps, l'Afrique s'écroule de nouveau, mais les objectifs du Millénium, les G8 de Gleneagles ou le G8 de Heiligendam, le G4 de Potsdam sont de nouveau oubliés, la réduction de moitié de la pauvreté pour 2015 aussi. Le G20+ n'invite pas le continent africain. Dans cette crise mondiale, les capitaux étrangers délaissent les pays africains, là où il n'y a pas de pétrole, de diamants, de la bauxite, du minerai d'uranium... à piller. Les pays africains vendent en ce moment le dernier bien qu'il leur reste: le sol.

Lire la suite...

(Photo: Union des coopératives et maraîchers du Burkina _ UCOBAM).

J'ai lu sur le faso.net que sur ce continent, où meurent des millions de personnes de faim, de grands groupes industriels ou d'investisseurs veulent produire à très grande échelle des produits agricoles à très bon marché pour le compte des pays industrialisés et de pays riches dont l'alimentation dépend de leurs importations alimentaires.

Avant de sombrer de nouveau dans les perspectives sinistres de l'effondrement en dominos des pays les plus fragiles ou impactables, je vous prie de visiter le site de la Plate-Forme Multifonctionnelle du Burkina-Faso et de lire les paragraphes "impacts économiques" et "impacts sociaux" . Le programme d’Appui aux Initiatives Communautaires de Base pour la Lutte Contre la Pauvreté (PAICB/LCP) est une initiative du Gouvernement du Burkina Faso financée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et exécutée par le Bureau des Services d’Appui aux projets des Nations Unies. Il a été lancé en 1998 et couvre 19 provinces parmi les plus pauvres du pays, dans les régions de l’Est, du Centre, du Centre Est, du Centre–Nord et du Sahel. Le site SEDELAN d'une coopérative agricole du Burkina Faso est aussi très instructif est replace l'économie dans la réalité: là où l'Homme n'est pas une volatilité et une variable d'ajustement.

Au niveau mondial, la faim est la principale cause de mortalité et elle est liée principalement aux difficultés d’accès à la terre. Mi-septembre 2008, le directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf a annoncé que 920 millions de personnes souffraient de la faim contre 850 millions avant la flambée des prix due à la spéculation sur les denrées alimentaire par les fonds spéculatifs qui se retiraient des subprimes et d'autres investissements à risque. 70% sont des paysans. A la fin de l'année 2008, l’aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis 40 ans.

L'espoir du "découplage" entre l'échec du commerce global joyeux et spéculatif des pays industrialisés et les activités laborieuses des bons pays travailleurs qui émergent et qui accèdent à la félicité... que l'ouest leur offre.., se ternit de jours en jours pour les aficionados du néo-libéralisme. L'Afrique? Puisqu'elle est maintenue artificiellement par l'ouest dans sa situation simple de gisement de matières minérales et bananières, elle n'a été touchée qu'un tout petit peu plus tardivement de l'effondrement du jeu systémique de l'économie de la planète. Le peu de croissance qu'avait aussi connu l'Afrique s'arrête de progresser, le retour à la pauvreté y est accéléré.

Les régions les "plus riches" d'Afrique ressentent la crise depuis quelques mois. De manière très empressée, les gouvernements africains s'enquièrent de nouvelles sources de financement et ils viennent de découvrir la dernière des ressources convoitées qu'il leur est loisible de vendre: le sol arable offert à l'agro-business des multinationales de l'agro-génétique, des fonds spéculatifs, des gouvernements étrangers. Les cours des minerais et du pétrole se sont effondrés, les investisseurs internationaux, qui pourraient contribuer à une intégration économique et industrielle régionale, quittent le continent africain encore plus rapidement qu'il y sont arrivés. Les touristes ne reviennent plus. Les travailleurs immigrés éparpillés en Europe transfèrent de moins en moins d'argent de l'étranger au village et dans leurs familles.

Une nouvelle menace plane sur l'Afrique et les paysans africains. Les crises alimentaires et financières aidant, on voit des pays riches soucieux de leur sécurité alimentaire et de l'enrichissement de leur appareil spéculatif qui achètent sur le continent africain et en Amérique latine principalement de vastes domaines agricoles. Tous ces investisseurs veulent se découpler des variations et fluctuations mondiales des cours des denrées alimentaires et ils veulent produire directement pour couvrir leurs besoins en contournant la capacité des agriculteurs autochtones du continent africain. La sécurité et la souveraineté alimentaires se découplent de la lutte contre la faim pour devenir un système de trickle up, de percolation ascendante, pour acheminer les aliments vers les populations riches de la planète et de l'hémisphère nord et ouest. Face aux trillions d'assets pourris (bulle des CDS / CDO, 1000 fois supérieure à la bulle des subprimes, la bulle des cartes de crédit, etc...) qui hantent les comptes bancaires des pays industrialisés et des groupes spéculatifs, l'investissement dans la terre à très grande échelle sur le continent africain passe pour devenir un placement sûr pour se soustraire du risque systémique qui entraîne l'effondrement inexorable de l'appareil économique mondial. Depuis que mon site web existe j'essaye de vous montrer que le jeu économique planétaire consiste en un système de croissance appauvrissante des pays qui ne sont pas capables d'affronter la "concurrence libre et non faussée" de l'OMC, puis des milliers de contrats bilatéraux (APE / ALE) qui la supplantent depuis 2001 après l'échec du cycle de Doha. La ventes par millions d'hectare des terres arables fait partie de l'esprit de la libre concurrence. Aucun frein ne doit être appliqué à la volonté commerçante de celui qui veut commercer. Ce n'est en d'autres termes que le contenu de l'accord de l'OMC, tout comme du Titre III du TCE rejeté par le Non et qui se retrouve en totalité dans le Traité de Lisbonne.

Le plus souvent, les accaparements des territoires arables sont organisés par des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés ou souverains (gouvernementaux) qui voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source de revenus importante, nouvelle et stable. Les paysans des pays qui bradent ainsi leur terre se retrouvent sans terre. Les prix alimentaires sont élevés et les prix des terres sont faibles. L'enrichissement spéculatif sur le servage agricole des agriculteurs dépossédés et expropriés et des pays soumis avec leurs dirigeants corrompus est permis avec la prise de contrôle des meilleurs sols, facilement irrigables et proches des ressources en eau, la richesse du IIIème millénaire. Les retours sur investissements sont évalués entre 10 et 40 % par an pour les fermes situées en Europe et atteignent 400 % en Afrique. Les accords de cession foncière portent le non "d'Accord de coopération". Site officiel du 5ème Forum Mondial sur l'Eau et Site officiel du Conseil Mondial de l'Eau.

J'ai lu sur le site "Food Crisis and Global Land Grab": "cette évolution spéculative date de quelques mois, lorsque les marchés financiers se sont effondrés. La Deutsche Bank et Goldman Sachs possèdent des fermes et des usines de viande en Chine. La banque d’investissement Morgan Stanley est propriétaire de 40 000 hectares en Ukraine, grenier à blé de l’Europe. Le fonds spéculatif russe Renaissance Capital possède 300 000 hectares, toujours en Ukraine. L’entreprise lituanienne Agrowill, les Suédois Alpcot Agro et Black Earth Farming investissent massivement en Russie. Le fonds d’investissement américain Black Rock vient d’annoncer la constitution d’un fonds spéculatif agricole de 300 millions de dollars, dont 30 millions sont dédiés à des acquisitions de terre. Le britannique Dexio Capital souhaite acheter 1,2 million d’hectares de steppes russes. La société française Louis Dreyfus Commodities qui possède 60 000 hectare au Brésil est actuellement intéressée par l’achat ou la location de terres au Nigeria et en Afrique subsaharienne. [...] La terre est devenue une ressource rare. Le changement climatique entraîne une désertification à un rythme accéléré. Des centaines de milliers d’hectares de terres arables vont disparaître dans les prochaines années, expliquait au quotidien en ligne Mediapart, Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. D’autre part, la terre cultivée est épuisée, conséquence d’une agriculture intensive et d’un recours systématique aux engrais chimiques. Parallèlement, la demande de matières premières agricoles progresse, en raison de l’accroissement de la population mondiale, mais aussi de la modification des habitudes alimentaires. Ce qui est rare étant cher, cela se traduit pour les prévisionnistes des marchés par une augmentation des prix des denrées, par un fructueux placement et par une pression accentuée pour obtenir plus de terres agricoles."

Les chartes graphiques des sites web de ces fonds spéculatifs respirent bon le développement durable. Le site lituanien Agrowill n'hésite même pas à mettre en page d'accueil à côté de magnifiques champs de blés la courbe actualisée en temps réel de sa côte en bourse.

Dans quelques semaines, le groupe saoudien Hadco (Hail Agricultural Development Co) va rentrer ses premières récoltes sur ses champs au Soudan. 10.000 hectares cultivés doivent contribuer a fournir des légumes, des céréales et du fourrage à bestiaux en vert et en grains pour l'Arabie Saoudite dont les besoins en produits alimentaires doivent trouver de nouvelles sources d'approvisionnement. Hadco a payé $95 millions pour jouir de ces terres sur les berges du Nil. Le gouvernement soudanais a déjà attribué une emphytéose de 99 ans aux États du Golfe pour 900.000 hectares de ses meilleures terres cultivables, grasses et riches en alluvions. Khartoum dément officiellement parce que la vente de terres arables à des investisseurs étrangers n'est pas appréciée des africains et des agriculteurs qui sont de petits exploitants qui n'ont pas les moyens financiers et techniques pour augmenter leur productivité, pour mécaniser, pour conduire les recherches agronomiques. D'autre part, les agro-investisseurs supplantent les espèces variétales locales par des espèces génétiquement manipulées (OGM). La mise à disposition des terres agricoles à ces fonds spéculatifs a engendré pauvreté et destruction de l’environnement et a exacerbé la perte de la biodiversité, la pollution par les produits chimiques agricoles et une contamination des cultures par les organismes génétiquement modifiés.

Selon allAfrica.com, le cas le plus inquiétant d'invasion, de colonisation et de dépossession de territoires sans guerre visible est celui du groupe coréen Daewoo qui veut cultiver à Madagascar du maïs de fourrage et des palmiers à huile. Le gouvernement de ce pays, qui est déjà dans une situation de mendicité internationale et de famine ou de malnutrition, a mis à disposition à Daewoo Logistics Corp. une étendue pharaonique de 1.3 million d'hectares. 1.300.000 hectares correspondent à la moitié de la surface cultivable de ce pays. A défaut de guerre de conquête territoriale, le Madagascar connaît actuellement un climat insurrectionnel et de guerre civile pour "traiter" ce problème exogène. À Madagascar, 600 000 personnes dépendent de l’aide alimentaire. Les récentes émeutes qui ont embrasé l’île ont été déclenchées par l’annonce de la location de 1,3 million d’hectares. Comment un gouvernement peut-il hypothéquer ainsi l'avenir de sa population? Il faut savoir qu’avec un taux de croissance de la population de plus de 3%, la population de Madagascar double en moins de 25 ans. Où iront les enfants des paysans d’aujourd’hui si la moitié des terres cultivables de leur pays est ainsi bradée?

Selon La tribune de Genève, la Corée du Sud n’est de loin pas le seul pays riche à se ruer sur l’Afrique. Selon la FAO, ils seraient de plus en plus nombreux à mettre la main sur les immenses terres du continent noir pour assurer leur approvisionnement alimentaire ou fournir le marché croissant des biocarburants. Espérant des retombées économiques, la plupart des gouvernements africains sont prêts à accorder des concessions à des investisseurs étrangers. Même si cela doit se faire au détriment de leur propre population affamée. Ainsi l’Angola est en négociation avec des investisseurs brésiliens, canadiens et américains. Le Soudan cherche preneur pour ses 900 000 hectares. L’Ethiopie courtise les Saoudiens et la Tanzanie suscite l’intérêt des Occidentaux pour la production de biocarburants. L’agence onusienne a beau tirer la sonnette d’alarme et mettre en garde contre les risques de néocolonialisme, le phénomène ne cesse de s’étendre. Dans le delta du fleuve Tana au Kenya 40.000 hectares ont été attribués au Qatar pour produire des fruits et des légumes. Le ministère corrompu de l'environnement du Cameroun offre des ponts en or à ces agro-investisseurs. Vous avez au bas de cet article d'autres exemples de colonisation par les fonds spéculatifs que vous pouvez trouver sur le site de  l'ONG Grain (Genetic Resources Action International): il y a les pays cibles, les pays d'origine qu'ils soient russes, européens, scandinaves, du Moyen-Orient...

Selon le quotidien burkinabé, Le Pays du 2 décembre 2008: au Burkina, on n’en est pas encore là, mais il y a déjà de quoi s’inquiéter et donc de rester vigilant. Même si ce n’est pas encore massif, plusieurs sociétés privées ont obtenu des terres pour y faire pousser du Jatropha en vue de produire des agrocarburants. Mais il y a aussi un phénomène interne. Les proches du pouvoir et les gens riches du pays sont en train de s'accaparer les meilleures terres. C’est ainsi qu’au cours de l’Assemblée générale annuelle de l’ONG SOS Sahel international Burkina Faso, Alfred Sawadogo s’est exprimé sur les exploitations agricoles de certains membres du gouvernement. Il a fustigé le rachat des bonnes terres par ceux-ci en ces termes : "Au cours de l’exercice de ses fonctions, il n’est pas souhaitable qu’un ministre rachète des terres d’une certaine étendue. La mission des membres du gouvernement, c’est de prendre des mesures énergiques pour impulser les producteurs, les paysans qui vivent directement du travail de la terre, à devenir des producteurs modernes dans des exploitations modernes. Il ne convient pas que ce soit les membres du gouvernement qui rachètent les bonnes terres et deviennent des producteurs modèles… ". Aussi a-t-il émis la crainte d’une expropriation, "dans une vingtaine d’année, de toutes les bonnes terres de notre pays" qui seront, selon lui, entre les mains de gens riches, laissant les fils des paysans dans un dénuement total.

Grâce à ce nouveau colonialisme qui se dispense de conflits armés venant de l'étranger, tous ces agro-investisseurs et fonds spéculatifs attendent une réduction d'1/4 des coûts de production agricole par rapport au cours mondiaux et un rendement opérationnel de 400% de leurs investissements. Les armes de ce colonialisme sont les avocats, le chéquier pour exproprier des populations entières et des pays qui ne voient pas au travers de cette privatisation une violation de leur intégrité territoriale. L'ouest et ses affiliés veulent à tous les prix se prémunir contre la crise alimentaire au détriment des agriculteurs indigènes. L'échec du cycle de Doha de 2001 provient déjà justement du refus de l'ouest d'abaisser, puis d'éliminer, ses subventions agricoles.

Au niveau mondial, 4% des propriétaires fonciers sont à la tête de la moitié des terres cultivées. Pourtant, la FAO a prouvé par ces centaines d'études dans le domaine agricole que les petites exploitations sont plus rentables que les grandes exploitations industrielles. Une étude a démontré qu’en Turquie, les fermes familiales de moins d’un hectare produisent proportionnellement vingt fois plus que les exploitations de plus de 10 hectares.

La solution proposée par les Pays africains est le protectionnisme intelligent.

Au G20 de Londres du 2 avril 2009, le club de défaisance des riches en déconfiture va vaguement feindre, avec la menace de la mise à l'index d'une "liste noire", de barrer la route aux biotopes de l'argent sale (tax havens - paradis fiscaux) et va se chamailler pour augmenter positivement le "stimulus to focus on boosting global demand" par le Quantitative Easing (planche à billets) ou le Creative Easing (rachat direct par le banque centrale des assets pourris) comme le veut Obama ou, comme feint de le vouloir l'Europe, pour réduire les dépenses insensées juste pour que l'appareil systémique bancaire puisse maquiller et sortir de ses bilans ses trillions d'assets négatifs, et manipuler légalement à cet effet les normes "prudentielles" comptables de Bâle 2 et de IFRS... La réunion préparatoire du G20 de ce week-end n'a rien apporté de nouveau depuis les G20 de septembre 2008, un bricolage qui se prétend être basé sur une action concertée mais qui permet à chaque État de faire n'importe quoi en fonction du sens du vent. L'Agence France Presse a écrit le 15 mars 2009 au sujet de la réunion préparatoire du G20 qui a eu lieu à Horsham: "Finance officials from rich and developing countries pledged Saturday to do 'whatever is necessary' to fix the global economy, including supervision of freewheeling hedge funds and restoring bank lending by dealing with the shaky securities burdening their finances - Les grands argentiers des pays riches et en voie de développement se sont engagés à faire 'tout ce qui est nécessaire' pour réparer le système économique global, ce qui inclue une supervision des hedge fonds soumis à aucune règlementation et à restaurer la volonté des banques à prêter en leur rachetant les titres qui handicapent leurs finances".) L'Europe s'était déjà laissée soufflé cette programmatique protéiforme avec son Plan-s Européen-s à Boîtes à Outils qui n'était comme tout le reste qu'un déni d'Europe, qu'une violation du Traité de Lisbonne et des critères de Maastricht. La seule chose qui ne sera jamais volé, c'est la poursuite de la privatisation des services publiques en Europe et le désengagement de l'État dans ses devoirs régaliens. Dans le communiqué final de cette réunion préparatoire, aucune mention n'a été faite sur le rôle de la Fed' sous le règne de 15 ans d'Alan Greenspan, sur le rôle des banques centrales en général, sur les réserves bancaires fractionnaires (voir tableau dans 3] Le système traditionnel des banques), sur les dettes abyssales et le déficit budgétaire des USA, du Royaume-Uni et de tous les autres pays), et de toutes les autres procédures nécro-économiques. L'opinion publique mondiale a été acheté avec le petit scénario de l'assouplissement du secret bancaire des paradis fiscaux comme le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Suisse, Andorre, le Liechtenstein, Monaco, les iles off-shore. Rien n'a été dit sur les bulles des CDS / CDO qui laissent en réalité en faillite la Citigroup, la Deutsche Bank, la Hypo Real Estate, etc... Et tous ces pays font comme si l'Irlande, le Royaume-Uni, les USA et plein d'autres ne seront pas en banqueroute d'Etat avant l'été 2009 et qu'une énorme crise de surliquidité ne va pas préparer une hyper-inflation à la Weimar. Pink Floyd: "Money is a Hit". L'Europe devrait être très courageuse de ne pas accepter la relance immédiate et criminogène contre les générations futures due au Quantitative Easing (planche à billet - helicopter money) et de se laisser distancer artificiellement et temporairement dans un "désavantage concurrentiel" face aux USA en laissant les pays d'europe s'effondrer commercialement sur le marché mondial et monter le climat insurrectionnel. La fuite en avant sera choisie à toute autre décision. L'europe fait juste semblant de jouer son intellectuelle.

Le G20 veut sortir du chapeau-claque de la monnaie (helicopter money) et pénaliser les générations futures pour payer le vol des générations antérieures. "Actions to achieve this may include where necessary:
  • providing liquidity support, including through government guarantees to financial institutions’ liabilities;
  • injecting capital into financial institutions;
  • protecting savings and deposits;
  • strengthening banks’ balance sheets, including through dealing with impaired assets."
Pour le Time "the program intended to kick-start consumer lending, may wind up generating mounds of new toxic junk on the books of big financial institutions" (Le programme qui a pour but de relancer rapidement l'octroi de prêts au consommateur va générer la création d'amoncellements de nouvelles saloperies toxiques dans les livres de compte des grandes institutions financières).

La holding de défaisance du G20 poursuit son œuvre de destruction des pays et des populations, en engrossant les banques et en leur payant leurs dettes. Le G20 renforce les banques qui injectent de l'argent frais dans les fonds spéculatifs qui accaparent en Afrique les richesses agricoles des petits agriculteurs africains et qui menacent gravement leur sécurité, leur diversité et leur indépendance alimentaire. Le G20, feint de s'inventer avec la publication d'une "black list" une mauvaise humeur contre les paradis fiscaux mais ne parlera pas de ce nouveau risque systémique en Afrique coloniale.

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D'autres exemples de colonisation par les fonds spéculatifs

  • Pays d'origine: Bahreïn.
    Acteurs de l'accaparement: TRAFCO, General Trading and Food Processing Company
    Pays cibles:  Australie, Inde, Pakistan, Philippines, Soudan
    Stratégie de sécurité alimentaire: TRAFCO, une société de commerce international publique, étudie des "projets d’investissement dans l’alimentation" dans ces pays pour développer l’approvisionnement du marché barhreïni. On ne sait pas encore très bien si ces projets comprendront des acquisitions de terres. En 2007, TRAFCO a mis en place une joint-venture de 2,7 millions de dollars US pour des activités de transformation alimentaire au Qatar avec la Qatar Company for Meat and Livestock Trading (Mawashi), qui développe actuellement des activités agricoles à l’étranger.
  • Acteurs de l'accaparement: gouvernement bahreïni
    Pays cibles: Égypte, Irak, Soudan
    Stratégie de sécurité alimentaire: Le gouvernement bahreïni cherche à louer des terres agricoles dans ces pays et à sous-traiter sa production alimentaire.
  • Acteurs de l'accaparement: MAP
    Pays cibles: Géorgie, Égypte, Pakistan
    Stratégie de l'accaparement: Le Groupe de services MAP (Market Access Promotion), une société internationale d’investissement, s’est joint à d’autres partenaires du Golfe pour former un Fonds alimentaire du Moyen-Orient qui investira collectivement dans la production alimentaire dans des pays voisins du marché des pays du Golfe.
  • Acteurs de l'accaparement: MAP
    Pays cibles: Pakistan
    Stratégie de l'accaparement: MAP va aussi mettre en exploitation 10 fermes laitières et d’élevage modèles au Pakistan, grâce à du capital investissement, par le développement de petites entreprises et des facilités apportées par des bailleurs de fonds en 2008-10. Une fois la période développement terminée, les actions des exploitations agricoles seront introduites en bourse sur le Karachi Stock Exchange et le Dubai International Financial Exchange.
  • Acteurs de l'accaparement: gouvernement & secteur privé bahreïnis
    Pays cibles: Philippines
    Stratégie de l'accaparement: En mai 2008, le ministre du commerce du Bahreïn, Hassan Fakhro, est allé aux Philippines pour essayer d'obtenir un accès à de grandes surfaces de terres pour cultiver du riz basmati pour la consommation du Bahreïn. D’après certaines informations, un accord aurait été conclu le mois suivant entre les ministres de l’agriculture des deux pays, mais aucun détail n’a été révélé. H. Fakhro a toutefois déclaré à des journalistes que plusieurs entreprises bahreïnies devrait venir et investir dans la transformation du riz et de la viande. Selon certaines sources, le projet ne vise pas seulement à assurer la sécurité alimentaire de Bahreïn mais aussi à apporter des emplois et du riz aux communautés locales situées dans la zone du projet.Acteurs de l'accaparement: Chine, gouvernement & secteur privé
  • Acteur de l'accaparement: Chine, gouvernement
    Pays cibles: Afrique, Amérique du Sud
    Stratégie de l'accaparement: Au premier trimestre 2008, il est apparu que le ministère chinois de l’agriculture était en train d’élaborer une politique du gouvernement central pour encourager les entreprises nationales à acquérir (louer ou acheter) des terres à l’étranger pour un usage agricole, en particulier pour assurer un approvisionnement à long terme de la Chine en soja. Cinq entreprises publiques auraient été envisagées pour l’application du plan.
  • Acteurs de l'accaparement: secteur privé chinois
    Pays cibles: Cameroun
    Stratégie de l'accaparement: En mai 2008, l'homme d'affaires chinois Jianjun Wang a acquis des droits sur 10 000 ha de terres au Cameroun pour produire du riz. Les travailleurs agricoles locaux engagés pour travailler dans les rizières pensent que le projet est destiné à exporter le riz en Chine
  • Acteurs de l'accaparement: gouvernement chinois
    Pays cibles: Mozambique
    Stratégie de l'accaparement: Selon une étude réalisée par Loro Horta, le fils du président du Timor oriental Ramos Horta, le gouvernement chinois investit depuis 2006 dans le développement des infrastructures, la réforme des politiques, la recherche, la vulgarisation et la formation afin de développer la production de riz au Mozambique pour une exportation en Chine. Eximbank a déjà fourni un prêt de 2 milliards de dollars et s’est engagée sur 800 millions de plus pour ces travaux, toutefois on s’attend à une somme supérieure. Quelque 10 000 colons chinois participeront à l’opération. Néanmoins les contrats de gouvernement à gouvernement et les baux pour les terres sont toujours en négociation. Au Mozambique, la terre ne peut appartenir à des étrangers. Il pourrait donc s’avérer nécessaire de conclure des partenariats avec des entités mozambicaines "dormantes".
  • Acteurs de l'accaparement: Groupe à capital majoritaire chinois Blackstone
    Pays cibles: Afrique subsaharienne
    Stratégie de l'accaparement: Selon l’Economic Observer chinois, le Groupe Blackstone, l’une des plus grandes sociétés mondiales de capital investissement dans lequel la Chine a récemment pris une participation, a déjà investi plusieurs centaines de millions de dollars dans le secteur agricole, principalement en achetant des terres agricoles dans des zones comme le Sahara.
  • Acteurs de l'accaparement: secteur privé chinois
    Pays cibles: Ouganda
    Stratégie de l'accaparement: Le président Yoweri Museveni a fourni à des investisseurs chinois 4 046 hectares de terres en Ouganda qui sont exploités par 400 agriculteurs chinois utilisant des semences importées de Chine. Le projet est supervisé par Liu Jianjun, un ancien responsable gouvernemental chinois maintenant à la tête du China-Africa Business Council, qui a également des contrats pour la construction d’une meunerie pour de la farine de maïs et un projet d’exploitation agricole en Côte d’Ivoire.
  • Acteurs de l'accaparement: Pays du Golfe, AgriCapital
    Pays cibles: Afrique du Nord, Afrique subsaharienne
    Stratégie de l'accaparement: En août 2008, trois entreprises du Golfe (Abu Dhabi Investment House, Ithmaar Bank et Gulf Finance House) ont annoncé la création d'AgriCapital, un nouveau fonds d'investissement islamique. Ce nouveau véhicule d’investissement d’un milliards de dollars va se lancer dans des achats de terres à l’étranger pour produire des denrées alimentaires pour la région, par l’intermédiaire d’une banque d’investissement distincte créée spécialement à cet effet, et pour financer la recherche sur les biotechnologies.
  • Acteurs de l'accaparement: Pays du Golfe
    Pays cibles: Somalie
    Stratégie de l'accaparement: Des sources indiquent que certains pays du Golfe ont eu des discussions avec le gouvernement de
    Somalie sur l’affectation de terres pour une production alimentaire à destination du Golfe.
  • Acteurs de l'accaparement: Jordanie gouvernement & secteur privé
    Pays cibles: Soudan
    Stratégie de l'accaparement: En mars 2008, le premier ministre jordanien a annoncé que son pays allait cultiver des terres qui lui ont été attribuées par le gouvernement soudanais pour produire des aliments pour les Jordaniens, et a appelé le secteur privé à y participer. Quatre mois plus tard, le ministère de l’agriculture d’Amman a indiqué qu'il procédait à la nomination d’une société privée pour gérer les investissements agricoles du gouvernement à l’étranger dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire du pays et l’inflation.
  • Acteurs de l'accaparement: Koweït, gouvernement à gouvernement
    Pays cibles: Soudan
    Stratégie de l'accaparement: Le 7 septembre 2008, le ministre des finances du Koweït a signé ce que son homologue soudanais a appelé un accord de partenariat stratégique « géant » avec le gouvernement de Khartoum. Dans le cadre de l’accord, les deux pays feront des investissements communs dans la production alimentaire,probablement au Soudan, notamment en matière de bovins. L'accord devait entrer en vigueur la semaine suivante, les projets de sécurité alimentaire devant être développés rapidement.
  • Acteurs de l'accaparement: Koweït, gouvernement
    Pays cibles: Ouganda
    Stratégie de l'accaparement: En avril 2008, au cours du Forum économique islamique mondial (WIEF), le gouvernement du Koweït à lancé un nouveau fonds de 100 millions de dollars US appelé "Dignity Living - Vivre dans la dignité"). Les fonds seront investis dans la production alimentaire et le développement agroalimentaire en Ouganda, entre autres pays (non révélés), pour approvisionner le marché du Moyen-Orient. La priorité du fonds est résolument la mise en place d'infrastructures et de moyens pour des exportations alimentaire.
  • Acteurs de l'accaparement: Qatar, Gouvernement à gouvernement et secteur privé
    Pays cibles: Soudan
    Stratégie de l'accaparement: En juillet 2008, le Qatar et le Soudan ont annoncé la constitution d’une holding commune qui va investir dans la production alimentaire pour exporter sur les marchés arabes. Zad Holding Company (anciennement Qatar Flour Mills), une entreprise publique, et QIA, le fonds souverain de l’émirat, sont toutes deux impliquées.
  • Acteurs de l'accaparement: Arabie Saoudite, secteur privé
    Pays cibles: Égypte, Philippines, Sénégal, Turquie, Ouganda
    Stratégie de l'accaparement: Différentes sources indiquent que des investisseurs saoudiens explorent les possibilités d'acquérir des terres pour produire des denrées alimentaires pour l'Arabie saoudite en Égypte, aux Philippines, au Sénégal, en Turquie, en Ouganda et en Ukraine. Certaines informations indiquent également que des entreprises saoudiennes sont à la recherche de partenaires thaïlandais pour se lancer dans la riziculture en Ouganda et au Soudan.
  • Acteurs de l'accaparement: Arabie Saoudite, secteur privé
    Pays cibles: Éthiopie
    Stratégie de l'accaparement: En août 2008, le premier ministre éthiopien a déclaré au Financial Times qu’il offrirait volontiers à des investisseurs saoudiens l’accès à des centaines de milliers d’hectares de terres agricoles dans un but d’investissement et de développement.
  • Acteurs de l'accaparement: Corée du Sud, secteur privé
    Pays cibles: Soudan
    Stratégie de l'accaparement: En mai 2008, le gouvernement soudanais a réservé 690 000 ha de terres pour que des Coréens puissent cultiver du blé pour exportation en Corée. La production va démarrer avant la fin de l’année (par le biais d’une joint-venture entre des entreprises coréennes, soudanaises et arabes) sur une exploitation agricole de 84 000 ha.
  • Acteurs de l'accaparement: États Arabes Unis, Gouvernement à gouvernement
    Pays cibles: Soudan
    Stratégie de l'accaparement: Le gouvernement des EAU investit dans la production alimentaire au Soudan pour couvrir les besoins de son propre marché. En août 2008, on estime que les EAU ont investi dans un total de 378 000 ha de terres agricoles dans différents États soudanais, notamment dans une plantation de 16 000 ha pour la production de maïs et de blé. Selon certaines sources, Khartoum fournit gratuitement ces terres. Il a aussi été rapporté que le Fonds d’Abu Dhabi pour le développement espère constituer une entreprise commune avec un autre partenaire arabe pour mettre en valeur au moins 28 329 ha dans l’État du Nil, dans le nord du Soudan, pour une somme s’élevant à plusieurs centaines de millions de dirhams, pour la production de blé, de maïs, d’alfalfa et éventuellement de pommes de terre. Des études initiales sur ce projet seront finalisées en novembre 2008
  • Acteurs de l'accaparement: Royaume-Uni, groupe Lonrho
    Pays cibles: Angola et le reste de l'Afrique
    Stratégie de l'accaparement:  En octobre 2008, le Financial Times a rapporté que Lonrho, une société panafricaine basée à Londres, réunissait des fonds pour acquérir 20 000 ha de terres agricoles productives en Angola et faire des profits avec du commerce international de denrées alimentaires en cette période de prix élevés. Cette tentative fait partie d’une stratégie agressive pour acquérir dix fois ce chiffre (200 000 ha) dans le même but dans toute l’Afrique. Le gouvernement angolais serait en train d’essayer d’attirer l’équivalent de 6 milliards de dollars US de nouveaux investissements agricoles et est engagé dans des discussions avec des grandes sociétés brésiliennes, espagnoles, portugaises, argentines, canadiennes et américaines.
  • Acteurs de l'accaparement: Royaume-Uni, groupe Trans4mation Agric-Tech Ltd
    Pays cibles
    : Nigeria
    Stratégie de l'accaparement:  Cette société d'investissement britannique participe à une joint-venture avec une entreprise vietnamienne qui amènera des travailleurs, des chercheurs et des technologies vietnamiennes à des villages du Delta du Niger pour produire des denrées alimentaires pour le marché local et le marché mondial. T4M, comme on l’appelle parfois, aurait reçu un financement par prêt de 36 millions de dollars US du gouvernement britannique, et les villages du Delta fournissent les infrastructures, notamment les terres. Un minimum de 10 000 ha de terres fertiles a été affecté au projet pour 25 ans par des responsables gouvernementaux du Delta. Stephen Liney, le directeur du projet, a actuellement des discussions similaires avec les gouvernements des États de Rivers, d’Abia et d’Ebonyi.

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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal

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8 mars 2009

G20 de Londres du 2 avril 2009 - Trafalgar on Thames?




Signez la Pétition mondiale
avant le G20 de Londres du 2 avril 2009. Reikjavik on Thames.
Le G20 de Londres, la holding de défaisance, est devenu le nouveau risque systémique.

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Apportez les voix de Gauche aux Élections européennes 2009:

réfléchissez, débattez, argumentez, votez!

Au G20 de Londres du 2 avril 2009, le club de défaisance des riches en déconfiture va vaguement feindre de barrer la route des "tax havens", les paradis fiscaux, va se chamailler pour augmenter le "stimulus" par le Quantitative Easing (planche à billets) ou le Creative Easing (rachat direct par le banque centrale des assest pourris) comme le veut Obama ou, comme feint de le vouloir l'Europe, pour réduire les dépenses insensées juste pour que l'appareil systémique bancaire puisse maquiller et sortir de ses bilans ses trillions d'assets négatifs, et manipuler légalement à cet effet les normes "prudentielles" comptables de Bâle 2 et de IFRS... La réunion préparatoire du G20 de ce week-end n'a rien apporté de nouveau depuis les G20 de septembre 2008, un bricolage qui se prétend être basé sur une action concertée mais qui permet à chaque État de faire n'importe quoi en fonction du sens du vent. L'Agence France Presse a écrit le 15 mars 2009: "Finance officials from rich and developing countries pledged Saturday to do 'whatever is necessary' to fix the global economy, including supervision of freewheeling hedge funds and restoring bank lending by dealing with the shaky securities burdening their finances - Les grands argentiers des pays riches et en voie de développement se sont engagés à faire 'tout ce qui est nécessaire' pour réparer le système économique global, ce qui inclue une supervision des hedge fonds soumis à aucune règlementation et à restaurer la volonté des banques à prêter en leur rachetant les titres qui handicapent leurs finances".) L'Europe s'était déjà laissée soufflé cette programmatique protéiforme avec son Plan-s Européen-s à Boîtes à Outils qui n'était comme tout le reste qu'un déni d'Europe, qu'une violation du Traité de Lisbonne et des critères de Maastricht. La seule chose qui ne sera jamais volé, c'est la poursuite de la privatisation des services publiques en Europe et le désengagement de l'État dans ses devoirs régaliens. Dans le communiqué final de cette réunion préparatoire, aucune mention n'a été faite sur le rôle de la Fed' sous le règne de 15 ans d'Alan Greenspan, sur le rôle des banques centrales en général, sur les réserves bancaires fractionnaires (voir tableau dans 3] Le système traditionnel des banques), sur les dettes abyssales et le déficit budgétaire des USA, du Royaume-Uni et de tous les autres pays), et de toutes les autres procédures nécro-économiques. L'opinion publique mondiale a été acheté avec le petit scénario de l'assouplissement du secret bancaire des paradis fiscaux comme le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Suisse, Andorre, le Liechtenstein, Monaco, les iles off-shore. Rien n'a été dit sur les bulles des CDS / CDO qui laissent en réalité en faillite la Citigroup, la Deutsche Bank, la Hypo Real Estate, etc... Et tous ces pays font comme si l'Irlande, le Royaume-Uni, les USA et plein d'autres ne seront pas en banqueroute d'Etat avant l'été 2009 et qu'une énorme crise de surliquidités ne va pas préparer l'hyper-inflation de Weimar II.

L'objectif est toujours d'inventer de la monnaie, helicopter money, et de pénaliser les générations futures pour payer le vol des générations antérieures: Actions to achieve this may include where necessary:

  • providing liquidity support, including through government guarantees to financial institutions’ liabilities;
  • injecting capital into financial institutions;
  • protecting savings and deposits; and,
  • strengthening banks’ balance sheets, including through dealing with impaired assets.
Et cette holding de défaisance du G20 laissera en Afrique les fonds spéculatifs accaparer les richesses agricoles des petits agriculteurs africains et menacer gravement leur sécurité, leur diversité et leur indépendance alimentaire.

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27 février 2009

Chaos monétaire, bancaire, géopolitique: CDS, CDO, bail out, bad bank, sauvetage, protectionnisme, nationalisation

Le néolibéralisme a plongé le monde dans le plus grand désastre depuis Hitler et Staline. Le 1er Plan de "Sauvetage" (bail out), depuis l'effondrement de la Lehman Brothers du 15 IX 08 a été le plus grand Plan d'intervention d'État depuis Wladimir Iljitsch Uljanow dit "Lenin" et n'a que permis, pour l'instant, au capitalisme de ne pas s'effondrer en une fois. Je vous ai écrit dès le jour de la révélation au grand public mon indignation contre ceux (tous) qui font semblant de trouver en Bernie Madoff le responsable en titre de la crise bancaire qui a fait suite à la crise des subprimes et qui précède l'éclatement de la bulle des Credit Default Swaps (CDS) et des Collateralised Debt Obligations (CDO). Pour moi tout le système de titrisation sur de la titrisation de produits dérivés adossés à des créances n'est que du Madoff à l'échelle planétaire. Ne vivant pas dans une dictature ni généralisée, ni partielle, ce système n'a pas été imposé par une infime partie de la population, mais a été voulu par tous dans une oraison interminable récitée en boucle sur les bienfaits de la globalisation. 

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Le principe du trickle down effect, du dégoulinement vers la bas des richesses accumulées par le sommet, cet humanisme automatique, ici de la Classe Globale, tant voulu par l'Ecole de Chicago et le Consensus de Washington n'a pas conduit à l'enrichissement global des populations de la planète, mais à une croissance appauvrissante des Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), des PED (Pays en Développement), et dans les pays industrialisés d'une couche de plus en plus importante des populations allant jusqu'aux classes moyennes. Ce n'est pas parce que les banques "apologise" (cartoon à gauche: Sorry...) , demandent pardon publiquement dans des retransmissions télédiffusées de 3 heures par jour comme au Royaume-Uni du 10 au 11 février 2009, que les saints-sièges gouvernementaux, des partis, des syndicats et des cuisines domestiques vont se mettre à canoniser ces banques et par cet énorme geste de miséricorde se grandir eux-mêmes à leurs propres yeux grâce aux rôle de grandeur de l'homme qui sait accorder le pardon à ceux qui ont commis la faute et grâce à la peine juste que le tribunal de l'homme sait leur infliger.

Sur le tableau à droite provenant de l'Insee et publié par l'Observatoire des Inégalités, vous pouvez voir que le trickle down effect, l'enrichissement automatique des masses ne s'est pas fait. 0,9% d'augmentation salariale pour 90% de la population française, ceux qui ont en dessous de 1254 euros par mois, correspond à un appauvrissement du salaire de 20% si nous comptons une inflation de 2%. En même temps la productivité horaire française avait augmenté de + de 350%. Les Pays ACP et PED se sont aussi appauvris. Ne gardez pas dans votre mire la côte est de la Chine comme légitimation de la globalisation apportant de la croissance. Aux USA, pour la même période, 1% de la population avait accaparé 75% de la croissance. Pour connaître tout sur le productivité des Travailleurs français, le taux des jours de grève en France, la répartition des richesses... je vous prie de surfer dans un ancien article. La part des cotisations sociales de salariés est passée de 12,8 % à 21, 36 % entre 1980 et 2005, pendant cette même période, la part des cotisations patronales est passée de 40,2 % à 10,5 %.

Pour l'Insee le revenu salarial n'a pas augmenté depuis le début des années 80. L'Insee a publié ce rapport suivant intitulé "Le revenu salarial et ses composantes, évolution et inégalités de 1978 à 2005": "Le concept de revenu salarial se situe à mi-chemin entre prix du travail et niveau de vie des personnes. Il correspond à l'ensemble des revenus perçus au cours d'une année donnée provenant directement d'une activité salariée et intègre une partie du risque lié au non-emploi. Une nouvelle base de données, comportant à la fois les secteurs public et privé, permet de donner pour la première fois des résultats sur le revenu salarial pour l'ensemble des salariés. Bien que le salaire horaire ait progressé depuis le début des années 80, et malgré les nombreuses revalorisations du Smic, le revenu salarial annuel n'a, dans le même temps, pas évolué en euros constants. Cette stagnation provient, essentiellement, du développement de situations plus précaires, caractérisées par du travail à temps partiel et un nombre moyen de jours rémunérés dans l'année plus faible. Les jeunes et les salariés qui ne travaillent pas à temps complet, sont ceux qui ont vu leur revenu salarial réel diminuer le plus, subissant ainsi, pour les premiers, la baisse du nombre de jours rémunérés, et pour les seconds, celle du salaire journalier moyen." Photo, manifestation du PS Suisse: la UBS a reçu de la Confédération 8 milliards d'aide en octobre 08, mais a versé par la suite 2 milliards de boni aux cadres dirigeants. C'est bien un trickle up, la base de cette pyramide est le contribuable. Les dividendes sont aussi versés dans les banques faillitaires aux USA, en GB, en France.

Je vais vous donner ci-dessous une suite de diapositives que j'ai récupérées du Guardian qui vous explique simplement l'euphorie monétaire et financière du système pyramidal de la crise systémique et du fonctionnement systémique des banques d'investissement, des banques commerciales et des instituts financiers, des société ad hoc hors bilan soumis ou non à l'obligation réglementaire des fonds propres voulue par le système dit prudentiel de Bâle 2 et de la Directive CRD. Ce système prudentiel n'a opéré qu'un effet de levier toxique sur la stratégie d'entreprise, en un premier temps, puis sur la situation comptable des entreprises impliquées et impactées dans la finance spéculative en un second temps. 

La Bulle du Système des Risques et l'éclatement de cette bulle ne sont pas des accidents, des imprévus, mais des montages qui avaient été voulus et consciemment et méticuleusement préparés et multipliés pour mettre en œuvre avec le plus d'efficacité les effets de levier admirés par les agences de notation et les marchés boursiers et financiers. A la perversion du système prudentiel des Recommandations de Bâle 2 s'est liée l'euphorie de la création monétaire qui s'était tout autant donnée les instruments à l'égale mesure de ses ambitions d'enrichissements en sortant des bilans des sociétés les opérations de financement des investissements et en annulant dès le départ les voies de recours en cas de perte. Dans les montages financiers l'ingénierie financière fait un très large usage de la création ad hoc de sociétés, désignées souvent par le vocable de "Special Purpose Vehicles" (SPV et Zweckgesellschaft en allemand). Ces sociétés ad hoc sont le pivot de financement sans recours, par voie de financement de projet ou de financement d'actifs. L'utilisation de sociétés ad hoc facilite l'utilisation dominante de l'effet de levier (leverage) en limitant les risques du recours à l'endettement qui apparaissent négativement dans les bilans comptables. Les sociétés ad hoc sont généralement situées dans des paradis fiscaux et places "off shore". Ces sociétés jouent le rôle d'émetteurs de titres dans le cadre d'opérations de titrisation. Les actions de ces sociétés, qui sont des sociétés coquilles, sont souvent détenues par des charitable trusts. La valeur résiduelle de ces sociétés est en effet nulle puisqu'elles émettent des titres pour une valeur équivalente aux actifs qui leur sont transférés. (Le Tableau clicquable à droite provient de France Titrisation)

Les sociétés ad hoc sont au cœur des montages destinés  à permettre la déconsolidation comptable, ou la non consolidation. Les techniques de déconsolidation ont été développées pour sortir du bilan l'endettement des entreprises en sortant les actifs qui sont transférés à des sociétés ad hoc avec l'endettement corrélatif. C'est ainsi en particulier que les investissements lourds font l'objet de montages déconsolidants pour présenter une vision plus favorable du bilan en particulier aux analystes financiers. Les actifs des entreprises disparaissent car le passif associé est trop important: vente des usines ou outils de production, vente de la flotte de navires d'un transporteur maritime ou de camions d'un transporteur routier, etc. Par ailleurs l'acquisition de ces outils peut être faite dès le départ dans des montages non consolidés, transposant des techniques développées dans les financements de projet. 

Le règlement français n° 99-02 du 29 avril 1999 du Comité de la Réglementation Comptable relatif aux Comptes consolidés des sociétés commerciales et des entreprises publiques définit l'entité ad hoc comme  "... une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour gérer une opération ou un groupe d'opérations similaires pour le compte d'une entreprise. L'entité ad hoc est structurée ou organisée de manière telle que son activité n'est en fait exercée que pour le compte de cette entreprise, par mise à disposition d'actifs ou fourniture de biens, de services ou de capitaux".

Venons maintenant à ce diaporama du journal Guardian qui vous montre que tout le système bancaire n'est de toute façon qu'un système pyramidal fantasmagorique, ce qui n'a rien de nouveau, surtout depuis l'annulation par Richard Nixon, Président des USA, en 1971 de la convertibilité or qui représentait une couverture en or comme garantie des monnaies. Puis l'obligation des fonds propres imposée aux banques s'est aussi légalement considérablement réduite pour approcher d'une valeur de 5 à 7%, voire de 0% pour les banques d'investissement, pour les instituts financiers dont les activités sont hautement spéculatives et à hauts risques.

Les chiffres que je donne à côté de ces 7 graphiques sont recopiés tel quels.

En unité française; dans cet article je donne la conversion directement après les billions ou les trillions. Depuis 2006 le langage international semble s'être stabilisé dans les médias et la notion de trillion est partagée sur toute la planète:
- un billion = 1 milliard
- un trillion = 1000 milliards

1] Réserves en or de la banque centrale: depuis que les banques centrales ont cessé de coupler les devises au prix de l'or, la monnaie est devenue un concept nébuleux: c'est une promesse de payer le porteur plus qu'une provision permanente de richesse. Ce n'est pas pour autant que les banques centrales ne détiennent pas de substantielles réserves d'or et de devises étrangères pour palier aux turbulences financières. Le montant de ces réserves en or (le trésor des banques centrales en or équivaut actuellement à $845 billions (845 milliards en unité française), le point bleu foncé sur le graphique) est un rappel discret de combien la valeur de la monnaie peut être l'expression de la confiance ou peut-être plutôt d'une illusion de confiance. Il n'est pas nécessaire pour les banques centrales de détenir une plus grande réserve d'or par ce que l'ultime réponse qu'elles donnent à une crise sévère peut être l'impression de monnaie sur la planche à billet. C'est effectivement ce qui est entrain de se produire au Royaume-Uni et aux USA avec l'intervention qui porte le nom de "quantitative easing" ou "money printing" ou "turning on the printing press" (facilitation quantitative).

2] Le cash en circulation: la mesure la plus étroite de la monnaie est connue par les économistes sous le nom de M0 et comprend tous les billets de banque et les pièces en circulation ainsi que les réserves réglementaires que les banques commerciales sont tenue de garder avec les banques centrales. Du fait du procédé de la formation du crédit décrit dans le tableau suivant, cette manière de décrire la monnaie peut donner un chiffre bien plus petit que le montant théorique du cash qui circule effectivement de manière électronique dans l'économie mondiale. Le montant global de M0 était à peu près de 3.9 trillions de $ en octobre 2008 (le cercle bleu extérieur, soit 3900 milliards). Ce montant s'était aussi agrandi en particulier à la suite de l'augmentation de la distribution de monnaie aux USA et en Chine. Cette augmentation avait été induite au début des années 2000 par la baisse par les banques centrales du taux d'intérêt à un niveau historiquement bas pour éviter une récession due au dernier éclatement de la bulle des investissements (crise dot-com, Enron/Worldcom). Depuis que le taux d'intérêt mesure effectivement le "prix" de la monnaie, l'action corrective des banques centrales pour éviter un effondrement économique avait contribué à l'explosion de l'endettement à bon marché, ce qui a fini par conduire à l'effondrement actuel. Certains analystes pessimistes estiment que nous sommes entrain de vivre un super-effondrement économique (super-slump) parce que les banques centrales avaient failli dans leur manière d'apporter les mesures correctrices aux problèmes qui avaient provoqué le précédent effondrement économique.

3] Le système traditionnel des banques: les populations se sont lentement mises à percevoir que toutes les banques sont par nature instables depuis qu'il y avait eu le "run" sur la 5ième banque britannique faillitaire, la Northern Rock. Conformément à un système appelé "réserves bancaires fractionnaires", les banques sont autorisées à prêter plusieurs fois le montant qu'elles ont en dépôt, parce qu'il est supposé que tous les déposants ne sont pas censé réclamer en même temps leurs dépôts. En contrepartie les banques commerciales sont obligées de garder avec la banque centrale un noyau de réserves (exemple: 1 euro pour 4 euros prêtés). Si vous déposez 100 euros, la banque peut prêter 80 euros pour un emprunteur qui achète une automobile. Le constructeur automobile dépose lui-même 80 euros à sa banque qui peut prêter 64 euros, etc... C'est ainsi que sont créés au maximum 360 nouveaux euros. Comme les banques inventent toujours des manières de plus en plus sophistiquées d'encourager à emprunter et comme les taux d'intérêts avaient été maintenus à un niveau historiquement bas, ce mouvement avait dépecé les actifs (ou les emprunts devant être remboursées) à la bulle mondiale de 39 trillions de $ (39000 milliards) détenus par l'ensemble des banques commerciales selon la Banque des Règlements Internationaux (BRI ou définition Wiki).

4] Le système bancaire fantôme: le système de régulation bancaire a été sévèrement critiqué lors du crash, mais les règlements gouvernant les activités de prêts des banques commerciales étaient strictes en comparaison au système bancaire fantôme. Ce système fantôme avait été mené par les banques d'investissement, les fonds de spéculation (hedge funds), les trader funds et des canaux de plus en plus exotiques destinés à échapper aux limites qui leur permettent de prêter de plus en plus tout en obtenant de plus en plus un bénéfice immédiat. L'instrument le plus répandu est le produit dérivé d'une créance, la titrisation, qui s'est développé pour réduire à l'état de nain la valeur de la dette sur laquelle elle est adossée. C'est ainsi que ce ballonnement s'est élevé à 62 trillions de $ - 62000 milliards - selon la ISDA (International Swaps and Derivatives Association). Les CDS (Credit Default Swaps) et les Collateralised Debt Obligations (CDO) avaient permis en apparence aux prêteurs de s'assurer tout autant eux-mêmes contre les risques de chaque emprunter qui pourrait faillir, que de prêter des montants encore plus importants de manière sûre. Nous ne sommes plus qu'à quelques semaines de l'éclatement de cette bulle des CDS et des CDO. La valeur théorique de 863 trillions de $ - 863000 milliards - de cette ingénierie financière a conduit la finance dans un monde de phantasme. Cette valeur dépasse de plusieurs fois le PIB de la planète.

5] La grande bulle des actifs (actions, immobiliers, titres, CDS, CDO: l'argent facile avait fait gonfler une série de bulles gigantesques dans le prix d'actifs clefs comme l'immobilier. Ces bulles sont entrain de s'effondrer avec une extrêmes violence. Il est quasi illusoire d'évaluer la valeur du monde, mais les économistes ont déterminé une valeur de 115 trillions - 115000 milliards - qui équivaut à la valeur des économies développées en 2002 incluant l'immobilier, les placements spéculatifs en action et les obligations. Dans le boom précédent, la valeur globale des actions avait atteint un pic de 51 trillions de $ ( 51000 milliards). La bulle de tous les assets (actifs) des économies développées avait atteint un pic de 290 trillions ( 290000 milliards), alors que le PIB de ces économies était de 55 trillions (55000 milliards). Depuis lors le prix de l'immobilier s'était effondré d'1/5 et la valeur globale des actions n'est plus que de 81% de sa valeur d'avant l'éclatement de la crise. Le prix de ces assets est plus sensible que d'autres parce que les conditions précédentes d'accès facile au crédit signifiaient que le consommateur était plus capable d'emprunter de l'argent en hypothéquant la valeur de son bien immobilier ou de son porte-feuille d'actions, et il dépensait alors plus d'argent. Celui qui se sent plus riche, dépense plus.

6] Une pyramide instable?: vue du bas vers le haut, l'explosion de la dette et du prix des assets paraît instable et excessivement lourde vers le haut. Elle est similaire à une pyramide, ou à "Ponzi", ce schéma pratiqué par Bernard Madoff: tous les acteurs ont cru tout le temps à l'inexorable croissance de l'économie, et l'augmentation du niveau des dettes était durable. A l'extinction de la musique, tout le système se mit à chanceler.







7] Pourquoi les bail outs sont sans effets (recapitalisations, nationalisations, bad banks): En ayant comme objectif le sauvetage (bail en anglais) et la restauration de la stabilité, l'injection publique de liquidités a eu quelques effets, mais leur somme est maigre comparativement au problème. La valeur totale du BIG BANG BANK RESCUE, de ces aides d'État au système bancaire - que ce soit au travers de dépenses directes ou de garanties - est estimée à 1,9 trillion de $ (1900 milliards). Le prochaine étape consiste pour les banques centrale en un regonflement de la bulle en injectant de la nouvelle monnaie dans le système par la méthode du quantitative easing, la planche à liquidités.

Le Secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, du Gouvernement Obama vient d'admettre le 14 février 2009 que "dans le système financier américain, 40% des crédits à la consommation avaient été rendus possibles parce que des personnes achètent des emprunts, les mettent ensemble et les revendent. Parce que cette source vitale de crédit s'est gelée, aucun plan ne connaitra le succès tant qu'il n'aidera pas à relancer le marché des titrisations des créances pour des emprunts sains contractés pour la consommation ou pour les affaires des PME comme de grands groupes". 40% est un chiffre exorbitant. Près de la moitié des crédits proviennent de la titrisation. Vous avez bien lu, Geithner souhaite simplement lancer la prochaine bulle des crédits et du Système de risques. Il rejoint en ce sens Alan Greenspan qui avait entretenu le crédit avec sa politique d'argent facile et à l'aide de deux entreprises de crédit hypothécaire parabubliques, la Fannie Mae et la Freddie Mac.

8] La vélocité de la monnaie, mv = pq: Si les banquiers sont entrain de dépoussiérer leurs manuels d'économie, une équation est entrain de jouir d'une renaissance parmi eux qui essayent de comprendre la raison de la puissance du credit crunch, la raréfaction des liquidités (les banques ne prêtent plus ni entre elles, ni aux particuliers ou aux entreprises). La théorie quantitative de la monnaie peut s'exprimer simplement en quatre lettres qui permettent d'expliquer une grande partie de ce qui se passe actuellement dans le monde: m, v, p et q.

La théorie quantitative de la monnaie est nécessairement fondée sur un contexte que l'on nommera "présupposés", c'est-à-dire que si le contexte décrit dedans n'est pas vérifié, la théorie ne marchera pas de la manière décrite.

  1. C'est la variation de la masse monétaire qui provoque la variation des prix nominaux, donc le contrôle de la masse monétaire permet de contrôler l'inflation. (C'est pourquoi je vous ai écrit il y a quelques semaines que tous ces Plans dit de Sauvetage, de Restitution de la confiance, TARP (Trouble Assets Relief Programme) et Plan-s européen-s avec leurs "Boîtes à outils" vont mener directement à une hyperinflation, c'est à dire à Weimar 2. L'offre de monnaie est exogène.)
  2. Les agents économiques sont rationnels. Ils ne sont pas victimes de l'illusion monétaire, c'est à dire qu'il sont parfaitement conscients des prix relatifs (prix d'un bien par rapport à un autre) et ne regardent pas les prix nominaux (prix noté sur l'étiquette).
Si on travaille dans le long terme, on rajoutera que:
  1. Les prix nominaux sont parfaitement flexibles, à la hausse comme à la baisse.
  2. La production effective est égale à la production de plein emploi (la production ne peut pas être supérieure).

La première formulation de la théorie quantitative de la monnaie remonte au travaux Jean Bodin en 1568. Ses travaux portaient sur les effets inflationnistes de l'arrivée de l'or en provenance du Nouveau Monde.

Les classiques ont formalisé la théorie quantitative suivante: M * V = P * Q

Q est la production d'une économie pendant une période donnée,
P est le niveau des prix,
donc P * Q représente la quantité d'argent échangée.
M est la quantité de monnaie en circulation dans une économie pendant cette même période.
V est la vitesse de circulation de la monnaie, c'est à dire le nombre de fois qu'une même unité de monnaie permet de régler des transactions pendant la période considérée.

Pendant le boom, les inventions de nouveaux produits financiers dérivés ou titrisés ont accéléré le flux de monnaie au travers du système financier. 1 euro mis en circulation était réutilisé 360 fois en temps normaux sur le marché; dans le monde de la finance on disait que le long terme commence après 10 minutes. Maintenant que les banques cessent de prêter de l'argent entre elles (voir le taux Libor et Euribor qui sont l'indice de confiance interbancaire) et que les consommateurs nerveux cessent de consommer, la vélocité de la circulation de monnaie s'écroule. Et en ce moment justement la masse monétaire est gonflée par les banques centrales. Mais ce n'est pas suffisant pour prévenir en un premier temps l'effondrement des prix, de la production, du PIB et de l'économie mondiale. Nous sommes en ce moment dans un schéma en U, avec une décélération fracassante (hard landing), avec une situation de récession et de très grave crise sociale voire de climat insurrectionnel au bas du U, puis dans environ 4 ans à une hyper-accélération quand ces masses monétaires seront remises en mouvement dans l'économie. Cette hyper-accélération tendra vers l'hyper-inflation. 

Il faut se souvenir que les USA ont presque triplé la masse monétaire pendant l'année 2008, alors qu'elle avait simplement augmenté sur les 200 dernières années précédentes. Le 1er tableau à gauche vient d'être publié par la Fed', la Banque Centrale américaine et par le site DollarDaze, et montre la masse monétaire américaine jusqu'au 12février 2009; le 2ème tableau ci-dessous à droite montre l'évolution de la masse monétaire américaine de 1914 à 2008. De 2000 à 2008 la masse monétaire de l'Eurozone a augmenté de 91%, et celle du Royaume-Uni de 136%.

Pour le Royaume-Uni aussi, la Golden Decade de la "croissance" de 1998 à 2008 était une aberration.

Les politiciens, les économistes, les ministres des finances, les gouverneurs des banques centrales sont populistes, administrent le faux médicament au faux malade en faisant en faux constat, celui du credit crunch, de la raréfaction des liquidités, qu'il faut compenser de manière la plus amorale qui soit, c'est à dire en plombant pour des générations la dette publique, en faisant racheter par le Trésor Public des trillions (milliers de milliards) de créances toxiques détenues par les banques suite à leurs spéculations compulsives d'escrocs cupides et irresponsables à la Madoff. Plus tard, une fois que nous serons au fond de la récession, au fond du U, les mêmes acteurs vont payer les dettes publiques en les faisant fondre avec une hyper-inflation comme après les années 30, et les banques pourront continuer impunément leurs activités de bulle et leurs enrichissements compulsifs et maladifs. Car l'objectif de tous les économistes est la croissance vaille que vaille, aucune réflexion n'est faite sur une croissance qualifiée, voire une "décroissance conviviale", une croissance durable ou un green new deal

On peut aussi se dire qu'il n'y aura pas d'hyper-inflation car la trappe à liquidités (création de monnaie) ne prendra pas forme, elle va juste racheter les créances toxiques des systèmes bancaires à ciel ouvert ou fantômes, leur permettre de les faire disparaitre de leurs bilans, les mettre dans une zombie banque, les faire oublier et disparaître après une dizaine d'années, si bien qu'il n'y aura pas eu de création de monnaie au final. Mais comme expliqué plus haut la pyramide est sans commune mesure avec les trillions publics injectés (milliers de milliards). Et plus que les créances toxiques, il y a ce chapeau d'actifs fantômes, qui ne sont rien que du vent. A vous de voir si nous aurons une très grave récession dont les effets se feront ressentir jusqu'en 2029 ou une hyper-inflation qui va déranger puis euphoriser les foules qui paissent dans la croissance.

Selon les monétaristes, la vitesse de circulation de la monnaie (V) est constante. De même pour le niveau de production (Q) qui est supposé constant du fait de la situation de plein-emploi des facteurs de production dans l'économie. Selon ces deux hypothèses, toute augmentation de la quantité de monnaie (M) entraîne une augmentation des prix (P). Cela amène les monétaristes à penser que l'inflation n'est qu'un phénomène purement monétaire. S'il y a de l'inflation dans une économie, elle ne peut être due qu'à une création monétaire excessive par rapport au niveau de production du pays. Selon la théorie de Jean-Baptiste Say, la monnaie ne serait qu'un voile, c'est-à-dire que la sphère réelle de l'économie serait séparée de la sphère monétaire. La monnaie n'aurait aucun effet sur le niveau de production d'une économie (dichotomie classique). De nos jours, la théorie quantitative de la monnaie est communément admise à long terme.

Nous voyons avec l'éclatement de la dernière bulle de 2007-2009, dite "Bulle du système des risques", que des présupposés de la théorie classique de la circulation de la monnaie ont été démentis. Avec la création des nouveaux produits financiers (Dérivés, Titres, CDS, CDO, Futures...) le capitalisme s'est affranchi après 1990 de l'attraction et de la pesanteur terrestre et a donné à ce voile de la monnaie quatre valeurs supplémentaires, quasi divines, permises avec la mondialisation et les autoroutes de l'information des systèmes multimédias, des interconnexions internet de toutes les places boursières mondiales et de tous les instituts financiers et bancaires, d'analystes financiers, d'agences de notations, d'associations de défenses des droits et des intérêts des spéculateurs, des agences de consommations et de défense des consommateurs... A cause de ces quatre valeurs nouvelles de la monnaie, je pense que les économistes devront reconsidérer toute leur compréhension de la chose économique en un nouveau modèle. Je pense que ce modèle agrègera ces quatre valeurs autour de l'immatérialité, de la transmutation, de l'immédiateté et de l'ubiquité de la monnaie (J'extrais cette réflexion de mes cours que je donne en DESS/Master, datant de 1995 et inspirés du Monde Diplomatique du 12 mai de cette même année). Je pense aussi qu'à ce modèle seront combinées les réflexions sur le Théorie des Jeux non coopératifs des trois Nobel de l'économie Nash, Selten et Harsany.

Le prix Nobel de l'Economie, Joseph Stiglitz vient de dire le 14 février 2009 dans une Interview à la Deutsche Welle, que "les banques sont dans une très mauvaise situation. Le gouvernement US a versé des milliards de $ pour obtenir un effet minime. Il est absolument indéniable que les banques ont failli à leur tâche. Les citoyens américains sont devenus actionnaires majoritaires dans la plupart des grandes banques. Mais ils n'en ont pas le contrôle. Tout système dans lequel il y a la séparation de la propriété et du contrôle ne peut conduire qu'au désastre. La nationalisation est la seule réponse. Ces banques sont effectivement en faillite."

L'économiste James Galbraith a dit dans une interview le 14 février 2009 à Democracy Now, "qu'il pense qu'il est décent de conclure que les grandes banques que le Trésor américain essaye par tous ses moyens de protéger, ne peuvent pas être protégées en réalité, parce qu'elles sont effectivement insolvables, et que la seule approche est que la Federal Deposit Insurance Corporation  (L'agence fédérale qui assure les dépôts des banque) rentre au siège de ces banques et fasse ce qu'elle a à faire normalement quand elle s'occupe de banques insolvables. Et le plus tôt on remplace la direction et le management, le plus tôt on fait payer les pertes au capital risque, le plus tôt on réorganise ces institutions, on garantit les dépôts pour qu'il n'y ait pas un run des déposants qui veulent retirer leur argent, le plus tôt on ouvre de nouveau ces banques avec une nouvelle administration, alors elles peuvent de nouveau commencer à fonctionner comme elles le doivent et comme des banques normales. Le plus vite ceci est réalisé, le plus vite vous sortirez de la crise. Le bon fonctionnement du marché des crédits est vital pour permettre le succès des plans de stimulation et de relance de l'économie". (Voir liste des banques qui ont fait faillite aux USA. Cette liste devrait s'actualiser en continu, sauf cette administration FDIC décidait le contraire...)



Nous pouvons lire entre les lignes de ces commentaires qu'il est plus souhaitable d'assainir au plus vite le système bancaire, de faire payer les pertes au capital risque, au lieu de transformer l'État en un État Providence bancaire qui rachète des trillions de créances toxiques (milliers de milliards), qui nationalise ces pertes à une hauteur jusqu'à présent inégalée et que deux générations à venir vont devoir rembourser. Il n'y a pas de raison que ces systèmes bancaires se fassent payer leurs pertes par les contribuables et le Trésor public et les banques centrales et qu'en même temps les gouvernements continuent à privatiser les services publics, parce que ces gouvernements n'ont plus d'argent dans leurs caisses. Le 19 mars 2009 il y aura de nouveau dans les rue de France une énorme manifestation contre la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

Nouriel Roubini vient de déclarer dans le Washington Post le 15 février 2009: "The U.S. banking system is close to being insolvent, and unless we want to become like Japan in the 1990s -- or the United States in the 1930s -- the only way to save it is to nationalize it." [...] "But the U.S. financial system has reached such a dangerous tipping point that little choice remains. And while Treasury Secretary Timothy Geithner's recent plan to save it has many of the right elements, it's basically too late." (Le système bancaire US est tout prêt de l'insolvabilité et si nous ne voulons pas devenir comme le Japon dans les années 1990 -- ou les USA dans les années 1930 -- la seule manière de le sauver est de le nationaliser. Le système financier US s'est rapproché à un tel point du danger qu'il ne reste que peu de choix. Et bien que le récent plan du Secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, contient beaucoup de points qui sont justes, il est trop tard.)

J'ai écrit le 17 octobre 2008 un article sur la Banqueroute d'État des USA, puis des autres articles sur l'effondrement du système monétaire international et de la bulle des CDS  et du Global Meltdown 2009.

Selon Nouriel Roubini, le Plan de Geithner appelé "stress testing", qui consiste à séparer la good bank de la bad bank, constitue une étape nécessaire en direction d'un système financier sain, mais il ne sauvera pas le système US parce qu'il présuppose qu'il est solvable...

La chancelière allemande Angela Merkel, va annoncer mercredi 18 février 2009 la nationalisation de la Hypo Real Estate, qui est en Europe de par sa taille le second institut de crédit hypothécaire. Ce que l'on oublie toujours de dire, est que la HRE a boosté dans les Länder à l'Est de l'Allemagne les subprimes comme en Espagne, en Irlande ou aux USA. Cette banque est insolvable ou en faillite technique malgré les 100 milliards d'euros d'aide que le Gouvernement allemand lui a donnés en automne 2008. Et la Deutsche Bank?

Peugeot Société Anonyme (PSA) s'est aussi  bien amusée avec les mortgages (subprimes) et a détourné dans la spéculation de titres les actifs gagnés avec les ventes des automobiles, tout en délocalisant et en payant au rabais son personnel ouvrier et employé. Peugeot-Citroën (PSA) a titrisé les actifs de son groupe dans ses filiales PSA Financial Service ou Banque PSA Finance. Il en va de même pour Renault RCI Banque. PSA et Renault, qui ont perdu des centaines de millions d'euros avec les opérations de titrisation viennent de recevoir 9 milliards d'euros comme "aide" financière de l'État. C'est tellement monstrueux que l'on a de la peine à le croire. Ces groupes automobiles avaient déjà obtenu 500 millions d'euros de la SFEF qui est la Société de Financement de l'Economie en France qui a été inventée par l'état français suite à la grande crise de la finance mondiale.

En attendant certains commentateurs économiques sont déjà capables de se lancer dans une nouvelle création sémantique, celle de "la monnaie électronique", les banques sont déjà capables d'avoir un service qui n'est rien d'autre qu'un "centre monétique" dont l'activité a encore du mal à dépasser la simple gestion des flux monétaires ou une analyse quantitative de gestion. Cette incapacité des économistes et des acteurs bancaires et financiers est aussi due à d'autres présupposés de la théorie classique, à savoir que le "décision d'un agent économique est rationnelle", puis que "toute chose étant égale par ailleurs" et enfin que "l'information est pure et parfaite" et que "la concurrence doit être libre et non faussée". Déjà il y a plus de 30 ans, je m'étais fâché dans les cours de mon professeur de micro- et de macro-économie, Jean-Paul Fitoussi, en affirmant que le consommateur n'a rien de rationnel dans son acte d'achat ou de rétention de sa bourse, que strictement rien n'est égal par ailleurs et qu'il n'y a qu'inégalités plaquées sur les populations pour les maintenir dans une situation obligatoire ou voulue de servilité, et qu'il ne peut y avoir que mensonges et manipulations de l'information, et que la-dite concurrence libre et non faussée n'est qu'une manière de construire certains canaux de dérivations des flux au profit d'un ensemble d'acteurs plus capables de marquer leur volonté sur d'autres acteurs passifs ou plongés dans une létalité de fait (voir en début de cet article le tableau de l'Insee sur les inégalités et la "croissance" qui a été appauvrissante pour des centaines de millions de personnes). D'ailleurs certains psychologues, neuro-psychiatres ne s'y trompent pas et parlent déjà d'irrationalité du consommateur et de l'agent économique, ou de behavioral economics, de finance comportementale, d'économie comportementaliste. En ce début du IIIème millénaire, nous nous apercevons combien est vaste la distance qui nous sépare de la compréhension de l'homme et de ses agissements, et que l'objectif de l'homme n'est pas guidé par l'altérité, mais par sa volonté animale ou tribale de ne pas permettre à son voisin de s'épanouir, et s'il s'épanouissait de le laisser nous dépasser et nous faire de l'ombre. Mon métier est de construire le dépassement de moi par les apprenants, mais c'est une maladie professionnelle chez moi, I apologise.

La bulle du Système des risques s'était donnée l'apanage d'une très haute rationalité prévoyant et prévenant du moindre des risques, et légalement le cadre comptable, Bâle II et IFRS de normes "prudentielles", fixé intentionnellement avec des lacunes pour permettre aux banques de tirer toutes les ficelles des spéculations et de l'enrichissement sans se soucier de la moindre légitimité de tels raisonnements mathématiques et de la résilience en cas de crise ou de crise majeure. Les banques avaient débauché du CERN, de la Max Planck Gesellschaft, de la Fraunhofer Gesellschaft des milliers de chercheurs et docteurs en mathématiques, en physique nucléaire, en physique des particules élémentaires... pour composer le clergé qui leur a apporté l'échafaudage à leur dogme du zéro risque et du gain maximal durable. Les banques avaient organisé un simple détournement planétaire de fonds, comme Bernie Madoff. Le slump actuel, l'effondrement de ce Global Meltdown 2009, est aussi dû en grande partie à ces systèmes et normes comptables, leur ratio Cook du calcul du risque, les effets leviers sur les actifs, les obligations de publication trimestrielle des comptes, la valeur des entreprises au jour du marché, qui ont annulé le moindre des longs et moyens termes et qui ont perverti l'esprit d'entreprise en un management financier appelant des résultats immédiats dans la seconde à venir.

Il semble que le G7 de Rome du 14 février 09 et le G20 de Londres d'avril 2009 (dit Bretton Woods 2) veuillent créer, selon le ministre de l'économie italien, Giulio Tremonti, de "nouvelles règles afin qu'un nouvel ordre économique mondial" voit le jour. "Cette réglementation ne se limitera pas aux marchés financiers", a-t-il précisé, expliquant que ces règles se traduiront par un corpus baptisé "étalon légal", en référence à l'"étalon-or" (ce que j'ai écrit sur mon site le 4 octobre 08). Il sera soumis lors du prochain G20 de Londres, début avril, et sera également présenté lors du G8 des chefs d'État et de gouvernement, en juillet. Un tel vide conceptuel me sidère, alors que dès le G8 de Heiligendamm de juin 2007, des demandes très clairement formulées en ce sens avaient été faites par la chancelière allemande Angela Merkel, mais rejetées par George Bush. Le temps a aussi été perdu depuis le G20 de Washington de l'automne 2008.

Vous voyez à ce G7 de Rome du 14 février 09, comment les féodalités essayent de se recentrer entre elles et autour de ce par quoi elles estiment être unies. Par le débat sur le "non retour au protectionnisme". Ces féodalités ne se rendent pas compte que le monde dans lequel elles vivent, n'existe plus depuis quelques années, qu'il n'a en fait jamais existé en tant que tel, nous le voyons puisque son atout central s'est effondré. Cet atout-joker est celui de la croissance et de l'enrichissement global. Les économistes sont déjà aujourd'hui d'accord à dire que le monde est plus pauvre aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Le monde avait été dirigé par la conscience une, sainte et apostolique de la marge opérationnelle (15% ou la honte...), et les humains avaient été transmutés en agents de volatilité et en consommateurs pour lesquels le bail out n'existe pas puisqu'ils ont été transformés avant et après la crise en Robin des Bois du système capital. (Photo: manifestation du 21 février à Dublin, officiellement contre le gouvernement Cowen. Nous pouvons plutôt parler de "Manifestation de la faim".)

Pour rétablir la confiance interbancaire et dans les marchés financiers, il faudrait au plus vite lancer officiellement Bâle III, l'établissement de nouvelles normes comptables prudentielles. Mais il ne faudra surtout pas laisser un club de banques s'arranger entre lui pour définir ces recommandations de Bâle III comme ceci a été le cas avec Bâle II. Bâle II sont des directives qui avaient été préparées par le Comité de Bâle, sous l'égide de la Banque centrale des banques centrales, la Banque des Règlements Internationaux et qui ont abouti en Europe à la publication de la Directive Fonds Propres Réglementaire de 2007.

Les études d'un Bâle III, d'une contention des hedge fonds, d'une obligation de domiciliation des fonds sur le lieu de leurs activités pour les soumettre au contrôle par les autorités seraient plus à même d'instaurer la confiance. Le Royaume-Uni et les banques s'opposent à tout ceci au nom de la liberté de commercer et d'entreprendre. Il y a 16 paradis fiscaux en Europe, comme Jersey, Andorre, Monaco, le Luxembourg, la Suisse, le Liechtenstein et même l'Autriche qui pratique très bien le secret bancaire. Les anglais disposent dans le Pacifique d'autres paradis fiscaux (Image cliquable à droite).

La vélocité de la monnaie actuelle a pris une dimension qui n'a plus rien a voir avec même le "voile" de Jean-Baptiste Say mais avec la cape d'une Classe Globale, d'une élite qui sait utiliser le monde et son monde. Car si vous ne l'avez pas compris, l'Homo œconomicus est mort. Depuis la Chute du Mur de Berlin, depuis 1990, il est remplacé par une entité d'apparence humaine habitée en son for-intérieur de frères bessons, maitre et esclave, et cette schizophrénie, au lieu de la pousser dans un acte de replis, de réclusion, peut-être même de révolution ou de destruction de soi ou d'éléments de son entourage, la pousse à un acte d'achat entre le Centre Leclerc ou le Centre Auchan "Lieu de vie", à moins qu'elle ne se décide à donner la mort dans une xénophobie de circonstance et de casus-belli. Bien, sur ce, je monte dans les Hautes-Vosges respirer l'air sous un voile de nuages.

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