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2021, la BCE a racheté depuis 2008 aux banques plus de 17.000 milliards avec plus de 20 plans de QE
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8 juillet 2018

Deutsche Bank - de la faillite de la plus grande banque du monde à la Renégociation des Traités Européens

Depuis l'année Lehman-2008, l'année de ladite Crise des Subprimes, la France a 1,5 million de plus de chômeurs. Lehman Brothers est le nom de la banque américaine qui a fait faillite en 1er en 2008 et qui n'a pas été "sauvée". En 2012 le bail-out des banques, leur "sauvetage", avait déjà coûté en Europe 37% du PIB européen selon le Communiqué de Michel Barnier, UMP, Commissaire Européen au marché intérieur. Le bail-out ne représente que des fonds perdus à jamais. Aujourd'hui le PIB européen est de 14.000 milliards et aucune banque n'est sauvée.

Et ce ne sont pas les versements de presque 17.000 milliards de Quantitative Easing - Facilitations Quantitatives de la BCE directement aux banques, aux assurances, aux investisseurs institutionnels qui ont initié le moindre des "ruissellements" vers de l'économie réelle. Les banques ont fait de la trésorerie et ont mis sur le marché encore plus de produits financiers titrisés dérivés.  Depuis 2008 tout le monde raconte que "la croissance est de retour". La BCE a simplement racheté par milliers de milliards par paquets (opérations "Grosse Bertha" et "Bazooka", OMT, LTRO, Emergency Liquidity Assitance... etc) et à hauteur de 100 milliards d'€ par mois depuis 10 ans aux banques leurs toxiques, leurs cadavres pourris et irrécouvrables. Selon la FAO il faut 10 milliards pour éradiquer la faim dans le monde. Et plus la BCE en rachetait plus les banques remettaient au grand jour de nouveaux cadavres en fonction des maturités de ces produits financiers titrisés dérivés et de leurs échéances en en faisant aussi transiter dans leurs bad banks domiciliées sur le territoire national, à la Tour de la Défense à Paris pour les "actifs cantonnés" de la Société Générale, ou tout officiellement et légalement dans des espaces off-shore.

L'Europe, en violation de ses statuts, attributions, fonctions dévolus par les Traités et Directives Européenne est devenue sur le dos des Européens une Europe Providence Bancaire. Il n'est donc pas étonnant que des gens comme Macron et ses centaines de têtards de la finance sont des destructeurs affines de l’État Providence, du Welfare State, car "tous ces pauvres coûtent un fric de dingue" selon Macron en personne. Il faut bien financer ces dettes et pertes des banques et la BCE Bad Bank. Du Traité de Lisbonne à la Bad Bank de la BCE, l'Européen libre et non faussé va payer pendant 80 ans pour rembourser cette criminalité spéculative des marchés financiers dérivés qui a rendu totalement serviles les États et la société. Je pense que vous ne vous êtes pas non plus laissés duper par la théorie du "ruissellement" chère à Macron selon laquelle 1 € offert aux riches va créer de l'activité économique, de l'emploi, de la richesse, du bonheur.

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L'effet "Macron" dit de percolation, du trickle-down-effect, du ruissellement vers le bas, selon lequel les liquidités financières et fiscales, qu'elles soient issues de la BCE ou des cadeaux fiscaux comme le CICE - Crédit d'Impôt Croissance Emploi, ou des cadeaux donnés directement aux riches comme la suppression de l'ISF par Macron n'ont jamais inversé la tendance. Il n'y a premièrement pas de croissance depuis 2008 et deuxièmement les banques, les assurances et les investisseurs institutionnels ont inventé, créé et déversé sur les marchés financiers encore x-fois plus de produits dérivés financiers titrisés à l'image des Subprimes qui ont fait tomber les économies nationales, régionales et mondiale dans ce qui a déjà été la plus grosse crise économique de toute l'histoire de l'humanité. A cette plus grande crise économique de l'histoire de l'humanité s'est ajouté le plus grand transfert de l'histoire de l'humanité de la dette privée vers la dette publique qui dure aussi maintenant depuis 10 ans et qui n'est toujours pas achevé. Dès 2012, cette dite Crise des Subprimes avait déjà détruit plus d'actifs que la Seconde Guerre mondiale. C'est à dire que c'est nous, ce sont nous les 99%, qui payons pour racheter les pertes privées, les cadavres des banques. Nous le payons directement et en laissant dépecer (par l'abstentionnisme des 57% aux élections par exemple) de tous leurs moyens les services publics et les fonctions régaliennes des États.

Vous comprenez ainsi l'empressement du Président Macron à privatiser tout ce qu'il a envie et à vider d'abord par avance les services publics en les conduisant vers un pourrissement forcé parce qu'on les prive de leurs moyens pour fonctionner. Il est plus drôle pour ces gens là, les sous-élus à majorité électorale congrue, d'organiser le dumping humain comme nouveau modèle social européen qu'ils proposent comme une victoire européenne, puisque ça ne leur coûte rien et qu'ils peuvent encore x-fois plus laisser faire et laisser gagner, qu'ils soient spéculateurs ou investisseurs. Ces Macrons et leurs sosies chantent les bien-faits de toute privatisation, mais vous cachent qu'elles servent à financer la nationalisation historique des pertes des banques. Ils chantent les vertus de la libre circulation et de la concurrence libre et non faussée introduites et garanties par les Traités et Directives Européennes, mais vous cachent qu'ils sont eux-mêmes les plus grands acteurs de la falsification des marchés et qu'ils obligent les pouvoirs publics et européens à racheter depuis 10 ans les dettes et pertes des banques. Ils détournent comme ils le veulent les Traités et Directives Européennes, mais vous prennent pour un bolchevik si vous pensez à Renégocier les Traités Européens. Leur humanisme automatique providentiel des marchés et du ruissellement sont des fakes. Ces sont des illusions suprématistes. Le rédacteur en chef de ce journal mortuaire, Macron, doit donc être entendu et doit en répondre devant la population française et européenne en vertu de la Loi sur les fake news. Je suis un Insoumis actif depuis au moins 1992. Ils organisent depuis 10 ans la destruction par les marchés et cette Europe Providence Bancaire, ce communisme monétaire sélectif, engraisse la spéculation et la libre circulation des capitaux sur le dos des contribuables.

Pour rendre plus crédibles ces excavations systémiques exécutées par les pouvoirs publics et européens dans l’État, dans le fonctionnement de l’État, dans le tissus social, dans la population, les gouvernements comme celui de Macron se débrouillent pour rendre responsables de cette situation pourrie des morceaux choisis parmi des groupes sociaux comme par exemple les cheminots en France. Car ces facilitations quantitatives, ces liquidités financières sont données aux banques en leur rachetant directement ou sur le Second Marché une partie, qui n'en finit jamais de croitre, de leurs produits financiers toxiques et irrécouvrables et qui ne sont que des pertes. Ces pertes surplombent de très haut, surtout pour les banques systémiques, leurs actifs. C'est pourquoi l'on doit simplement s'avouer que depuis 2008 toutes ces banques systémiques, mais bien d'autres aussi, sont en faillite technique. En fait on soutient avec un poumon artificiel un mort et personne ne sait exactement à quel degré il est mort, car personne, ni les banques elles-mêmes maintenant, ne sait vraiment quantifier les toxiques "dormants" dans la masse des porte-feuilles des produits financiers dérivés titrisés. Ces produits financiers dérivés sont des macédoines de la mort, avec un peu du cadavre d'ici, un peu du cadavre d'en face, un peu du cadavre de là-bas, le tout bien mixé avec une valeur positive par ici et une valeur positive par là.

Et comme de tout mort, on n'attend pas qu'il ressuscite ou tout au moins qu'il bouge, on ne lui demande aucune contre-partie pour cet oxygène des facilitations quantitatives, on n'impose aux banques aucune régulation et aucun contrôle règlementaire, même si on a inventé les normes prudentielles Bâle III. Ces normes prudentielles Bâle III avaient voulu imposer un dispositif règlementaire international pour les banques et un fonds propre règlementaire pouvant aller jusqu'à 9% pour les banques systémiques, mais elles ont été petit à petit amendées et totalement vidées de leur substance par la force des lobbies de la finance et avec la collusion directe des gouvernements nationaux et in fine directement de la Commission Européenne le 24 octobre 2017.

Donc, personne n'a à s'insurger contre un programme politique de Renégociations des Traités Européens, puisque il fait partie des habitudes de la Commission Européenne, de la BCE, des gouvernements nationaux d'outrepasser ou d'aliéner les Traités et Directives Européennes ou de s'arroger des fonctions qui ne sont pas prévues dans ces Traités et Directives. Ceci fera cet été l'objet d'un article de ma part dans le quel je vais dresser un catalogue significatif, avec lequel le citoyen pourra construire son indignation et son exigence en direction de la Renégociations des Traités et Directives, puisque ceux-ci sont élastiques en fonction de la Commission de Bruxelles et de ses donneurs d'ordre, les lobbies et les gouvernements nationaux. Agiter le drapeau de la peur d'un Frexit, c'est créer un parler pour cacher la réalité. Avec ces déversements ininterrompus et massifs de facilitation quantitative en direction unique vers les banques, assurances et investisseurs financiers, la BCE s'est octroyée toute seule et en toute illégalité le droit de "renégocier" sans débat en cachette pour elle-même le Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne de 1992 et le Traité de Lisbonne de 2007, qui remplaçait le TCE - Traité Constitutionnel Européen pour lequel il y a eu le NON, le NEJ et le No aux référendums de 2005. La BCE a changé avec Mario Draghi d'elle même ses statuts en toute illégalité pour sauver un marché et un modèle financier insauvable et insolvable en appauvrissant tous les européens. I want my Europe back / Occupy the WordS. (Photos: mine de cuivre de Falun, Suède)

Dans ce cadre économique, l'Allemagne, celle dont parlent les médias, s'en sort mieux pour plusieurs raisons. Ses constructeurs automobiles, son réseau industriel des PME réparties sur tout le territoire, son arrière-pays industriel de l'Europe de l'Est qui lui produit à bas coût ce qu'elle veut et qui lui fournit une main d’œuvre à bon marché en allant jusqu'aux Travailleurs Détachés, son triple-A qui lui vaut une confiance exceptionnelle et qui lui octroie un "Target-2" excédentaire de 1000 milliards d'€ par rapport au reste des pays de l'UE et de la Zone Euro, ses 7 millions de Travailleurs pauvres à contrat de travail-zéro, càd sans heures de travail indiquées, son Smic d'abord inexistant puis légalement imposé mais bien inférieur à celui de la France, font que l'Allemagne semble être dans une situation enviable. A ceci s'ajoute le fait que l'Allemagne, à la différence de la France, continue depuis 2008 à s'enrichir sur la dette grecque, espagnole et italienne à hauteur de plusieurs milliards par an.

Mais l'Allemagne n'est qu'un gâteau de cerises qui est posé au-dessus d'un trou comme un simple couvercle d'égout. Cet égout est la Deutsche Bank, comme la Commerzbank. La Commerzbank, qui est l'une des fondatrices du Dax, va être virée du DAX dans les tous prochains jours. La période dorée pour les banques allemandes est aussi finie.

Ne développons, s'il vous plait, aucune animosité banale ou nauséabonde envers l'Allemagne, les égouts français portent le nom de Société Générale, de BNP-Paribas. Pour notre seul égo, et comme nous sommes tous dans l'hécatombe, il est juste à souhaiter que la Deutsche Bank s'écroule avant la Société Générale ou BNP-Paribas. L'Allemagne est déjà très bien engagée vers sa chute avec ses 93 députés AfD d'extrême droite au Bundestag, le Parlement fédéral de Berlin, qui est une réaction fasciste en réponse à sa générosité d'avoir accueilli ces dernières années 1,5 million de migrants qui ont juste essayé de courir ou de nager plus vite que la mort. En France c'est juste notre président Macron qui pose sur nous tous le voile de la mort, ce qui lui permet de masquer encore pour un temps la situation économique de ce plus grand transfert de l'histoire de la dette privée issue de la criminalité spéculative financière à la dette publique. Là, tout sera sacrifié, le chômeur, le cheminot, l'infirmière, le personnel judiciaire, le Travailleur (terminologie officielle des Communautés Européennes), l'élève, l'étudiant, le professeur, le retraité, le bébé, le nombre des Députés et des Sénateurs, en nous privant nous tous de nos moyens. Macron, et non pas madame El Khomri, casse le Code du Travail, il casse notre État pour mettre en place le dumping humain, car c'est in d'être maigre. Et tout ceci en n'ayant eu que 15% des voies des électeurs inscrits aux Présidentielles et que 18% aux Législatives de mai 2017. Une extrême minorité en France plonge notre pays dans un programme de la mort. En Allemagne, c'est la Deutsche Bank qui se charge de ce sale boulot. C'est surréaliste? Chacun se choisit sa voie en fonction de ses compétences et de ses moyens et de son histoire. De part et d'autre du Rhin, il faudra rester modeste quand la crise sera venue. Et il faudra enfin se parler, il serait temps, 73 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Car on a laissé parler à notre place, pour construire une Europe catallactique, les ordo-libéraux de l'Ecole de Fribourg de la Société du Mont-Pélerin, les maîtres de l’École de Chicago, les libertariens Friedrich Augustus von Hayek, Ludwig von Mises, Bertrand de Jouvenel, Karl Popper, Milton Friedman, Walter Eucken et bien sûr l'homme aux multiples banqueroutes bancaires en la personne de Jean Monnet, appelé "père de l'Europe". Depuis 1947 l'objectif des ordo-libéraux appuyés sur l’École de Chicago, sur le Consensus de Washington, sur le Marché Commun européen, est de libérer les share-holders (détenteurs de capital) et les stake-holders (décideurs d'entreprises) de toute intervention, de tout contrôle et de toute réglementation étatiques pour faire multiplier leurs richesses. L'idée de la croissance appauvrissante leur est inexistante, c'est un no-word pour eux. La déferlante des accords de libre échange "de nouvelle génération" comme le TTIP, le CETA, le JEFTA, etc... est l'aboutissement de ce travail sur les consciences commencé en 1947 et qui élimine l’État de Droit et élimine les Codes du Travail, les Réglementations Sociales, Écologiques, Sanitaires et d'Hygiène à partir du moment où ils limitent la liberté et le droit absolu de l'Investisseur. Pour installer ce dumping humain, ne coule dans le pipeline mental des ordo-libéraux que "l'effet de percolation - le trickle down effect", ou "l'effet de ruissellement" des richesses du haut vers là bas quand tout le pays et l’État sont mis au service de l'enrichissement des plus hauts placés. La réforme fiscale de Macron profite 18 fois de plus aux riches, le capital en actions est sorti de l'Impôt Sur la Fortune - ISF, la déréglementation du paiement des heures supplémentaires du nouveau Code du Travail, etc. J'ai baptisé il y a plus de 10 ans ce "ruissellement" du trickle-down-effect "humanisme automatique" des affairistes globaux ou "État Providence Bancaire" ou "Europe Providence Bancaire". Ce modèle normatif européen est fondé sur la "main vibrante invisible" d'Adam Smith qui est sensée faire fonctionner harmonieusement et réguler automatiquement les marchés, mais depuis l'année-Lehman 2008, la Lutte des Classes s'est faite sans nous et par-dessus nos têtes. La sociologue Monique Pinço-Charlot appelle ceci la Guerre des Classes, mais il n'y a plus que ces milliers de têtards de la diaspora financière globale, dont Macron est le 1er de cordée, qui nous plaquent dans leur flaque. Le Code du Travail n'a en fait pas été cassé par les Lois sur le Travail "Macron1" et "Macron 2", les pouvoirs publics français avec une Majorité des députés n'ayant en réalité remporté que 18% des électeurs inscrits aux Législatives de juin 2017 n'ont fait que de décliner dans la législation française le Traité Européens appelé TSCG - Traité sur la Stabilité, la Convergence et la Gouvernance de 1997 qui a été renforcé en 2012. Ce pacte TSCG est aussi appelé Pacte Fiscal ou Règle d'Or. Le TSCG organise en sous-main au niveau européen une ingérence dans le Contrat de Travail et dans les Rapports sociaux dans les États-Membres, en totale violation de tous Traités Européens. Le TSCG est donc une renégociation factuelle des Traités précédents et fondateurs de l'Europe. Tous ces pactes, tous ces Traités, toutes ces Directives ne sont destinés qu'à rendre la société européenne bon marché au profit unique des investisseurs, des spéculateurs, des banques et des marchés.

Voici donc le cadre dans lequel je vous propose de vous préparer à la faillite de la Deutsche Bank. La Deutsche Bank était la banque avec la plus grande somme bilanaire du monde, mais dont l’action en bourse a encore battu un record historique dans les abysses la semaine dernière. Ça fait longtemps que l’action de la Deutsche Bank est au plus bas de toute son histoire depuis sa fondation en 1870, il y a 148 ans. La Deutsche Bank était le modèle mondial du capitalisme financier bien avant la Goldman Sachs et avec ses rendements à 2 chiffres et son criminel de patron Joe Ackermann. Mais ce n’était que de la pyramide Ponzi sur des produits financiers dérivés et titrisés. Car vous le saviez ou non, mais la Deutsche Bank - en fait comme tellement d’autres banques voire comme toutes les banques systémiques - est en faillite technique depuis l’année Lehman-2008, malgré les délocalisations de quelques centaines de milliards de ses toxiques dans une Bad Bank et malgré les DIZAINES de MILLIERS de MILLIARDS de facilitations quantitatives de la Fed’ comme de la BCE. Il est à souhaiter que la Deutsche Bank fasse faillite en entier avant la Société Générale, BNP-Paribas tout autant en faillite technique. Le passif avoué composé de cadavres toxiques dépasse toujours de très loin depuis 10 ans les actifs et aucune mesure d'assainissement n'y a rien changé et n'y changera rien, et elle(s) émet(ent) encore plus qu'en 2008 de nouveaux produits financiers dérivés titrisés et pourris, pourris d'avance.

N'étant ni un spéculateur, ni un investisseur, ni un homme de droite, je ne saurais vous entretenir au sujet de la magie de l'enrichissement personnel ni au sujet des bonités d'une banque même si j'ai par exemple enseigné pendant 25 ans par exemple l'allemand appliqué aussi dans notre Grande École de Management de Strasbourg, l'EM-Strasbourg et anciennement l'IECS. Je vous invite à remonter plus haut dans mon post et de cliquer sur "Je suis un Insoumis actif depuis au moins 1992". J'ai mis en garde mes étudiants comme j'ai pu contre l'usurpation de ce capitalisme financier, appelé turbo-capitalisme quand c'était encore chic de le pratiquer, et contre le dévoiement du keynésianisme, quand il s'était agi depuis 2008 d'organiser sur le dos du contribuable et des populations le sauvetage des ces criminels bancaires. J'apportais des documents "irréprochables" du Frankfurter Allgemeine Zeitung, le journal allemand de centre-droit des banques de Francfort, j'étais pris pour un imbécile, mais mes débats que j'organisais passionnaient mes étudiants qui étaient si heureux de se faire les dents avec un "gauchiste". Ils aimaient à répéter à la ronde, "c'est un gauchiste, mais avec lui on peut parler". Aujourd'hui ils occupent des postes prestigieux chez Deloitte & Touche, PWC, USB, HSBC et travaillent avec ardeur toujours autant pour la privatisation de la création monétaire en épluchant le catalogues de leurs bonis que leur versent leurs employeurs.

Pour vous montrer l'état de faillite de la Deutsche Bank je m'appuie sur deux sites en particulier:
1) https://www.finanzen100.de/ le portail boursier de Focus online et 2) https://finanzmarktwelt.de/ qui est tout autant un site "sérieux" destiné aux têtards de la finance de cette élite globale. Évidemment si ces sites étalent les chiffres sur la faillite imminente de la Deutsche Bank, c'est que cette élite sait aussi qu'elle va perdre et qu'elle se demande quand Angela Merkel va intervenir pour racheter les pertes abyssales de la Deutsche Bank, et continuer comme l'Europe toute entière à ne pas faire payer les actionnaires des banques ni leurs dirigeants pour leurs activités spéculatives à la Ponzi et totalement criminelles. L'Islande a été plus courageuse, et ce "Tigre de l'Atlantique" a mis les dirigeants de ses banques en prison.

 

 

La valeur de l'action de la Deutsche Bank n'a jamais été aussi basse depuis sa fondation en 1870 et a perdu de 2006 à 2016 plus de 90% de sa valeur. Voici donc à gauche un premier graphique qui compare la banque Lehman avec la Deutsche Bank. La Lehman a fait faillite et a été liquidée en 2008, la Deutsche Bank végète et continue à faire des pertes depuis 2008 après une très légère embellie. Ce graphique à gauche s'arrête en 2008, et l'action de la Deutsche Bank a continué à s'effondrer en s'accélérant ces deux dernières années. Avec une somme bilanaire de 1600 milliards d'€, la valeur boursière de la Deutsche Bank n'est plus que de 16 Milliards, soit autant que le cimentier HeidelbergCement. En 2008 sa somme bilanaire était de 2282 milliards. On peut dire en fait que l'action de la Deutsche Bank est voisine de zéro. Une entreprise industrielle, commerciale ou de service aurait depuis longtemps été mise en liquidation. Le titre de cet article du site finanzmarktwelt.de est sans ambages: "Kapitalfehler: Wie unser Wohlstand vernichtet wird und warum wir ein neues Wirtschaftsdenken brauchen / Erreur capitale: comment notre bien-être est démoli et pourquoi avons-nous besoin d'un nouveau mode de pensée économique". Le CEO actuel de la Deutsche Bank, John Cryan, s'agite en racontant tous azimuts que la banque n'a pas besoin d'une aide de l’État. Angela Merkel s'était sentie aussi obligée en février 2018 de déclarer qu'une aide de l’État allemand était catégoriquement exclue. Les amendes que réclame le Département de la Justice US atteignent ou dépassent en volume la valeur boursière de la Deutsche Bank. Car la Deutsche Bank n'a pas que fait de la création de produits financiers dérivés titrisés adossés sur du vent ou des créances toxiques, elle a aussi triché en manipulant dans un Cartel avec les autres banques systémique le cours du Libor ou de l'Euribor, ces taux directeurs d'après lesquels sont ensuite fixés les taux d'intérêt des prêts. Elle a aussi triché avec les prêts hypothécaires et rien qu'aux USA elle fait face à plus de 8000 actions collectives. Les jugements qui en découleront et les exigences de dommages et intérêts et de remboursement dépassent aussi de très loin la valeur boursière de la Deutsche Bank. A chaque fois la Deutsche Bank, qui est actuellement en faillite technique, parce que tout simplement non reconnue publiquement ni par elle ni par les autorités de régulation bancaire, ni par le stress-test américain ou européen, s'enfonce encore plus profondément dans les catacombes de la faillite. Pourtant le FMI a déclaré lui-même que la Deutsche Bank est l'institut financier de la planète qui se trouve dans la situation systémique la plus dangereuse.

La Deutsche Bank est aussi et surtout une bombe à produits financiers dérivés titrisés. Sur ce graphique de 2012 à droite nous voyons que le porte-feuille de produits dérivés est de 46.000 milliards d'€, alors ses capitaux propres ne sont que de 61 milliards d'€. Les produits financiers dérivés sont OTC - Over-the-counter, ne figurent donc pas dans la comptabilité de la Deutsche Bank et son totalement opaques et sont du shadow banking. 94% des activités de la Deutsche Bank se font dans sa filiale, la DWS, qui n'est que son propre Hedge Fonds. L'enseigne Deutsche Bank n'est elle-même qu'une façade, ou une boîte aux lettres. Personne ne sait, ne sait plus ou n'a jamais su quelle a été la qualité des produits financiers dérivés titrisés de la Deutsche Bank, comme des autres banques souvenez-vous en. Rappelez-vous: un produit financier dérivé titrisés CDS/CDO, etc, n'est qu'une macédoine avec des vrais morceaux de cadavre dedans. Cette bombe de dérivés de la Deutsche Bank est donc estimée à 17 fois le PIB de l'Allemagne.

N'étant ni un spéculateur, ni un investisseur, ni un homme de droite ces chiffres m'apparaissent déjà comme très élevés. Mais si l'on s'intéresse à son leverage - levier bancaire, on comprend pourquoi il faut avoir très peur. Le levier de la Lehman était de 32 juste avant sa faillite, mais la somme bilanaire de la Lehman n'avait strictement rien de comparable avec celle de la Deutsche Bank, ot l'on se souvient de la catastrophe économique qui a suivi et qui n'est toujours pas en passe d'être réparée. Le levier bancaire de la Deutsche Bank est de 40. Quand une banque a un encours de crédit de 100, elle a en moyenne 10 de réserve en capital. Avec 10, elle a levé 100 sur les marchés qu’elle a donc redistribués sous forme de crédits. Pour la Deutsche Bank, ce levier est de 40. Avec le même montant de 10 milliards, la DB distribuerait 400 milliards, et avec l'écrasante majorité pour des emprunts destinés à financer l'achat de produits financiers dérivés qui est son unique coeur de cible. C'est l'apocalypse et la Deutsche Bank ne dispose plus depuis 2006 d'aucun amortisseur. Elle est morte, mais personne ne veut le reconnaitre pour l'instant. Le reconnaitre, serait simplement reconnaitre que le système capitaliste est en ruine comme l'a été le système communiste sovjétique. Et plus la Deutsche Bank fait de pertes, plus elle augmente les bonis de ses cadres dirigeants.

Aucun concurrent ne voudra fusionner avec la Deutsche Bank. Ce qu'à fait la Deutsche Bank n'est rien de moins que l'action de piraterie économique la plus grande de toute l'histoire de l'humanité. Angela Merkel n'a jamais évoqué ce sujet lors des dernières élections législatives et de la chancellerie. Seul le crash de la Deutsche Bank sera la solution. Et là, personne ne reparlera plus de Renégociation des Traités Européens. Nous passerons à autre chose. Il vaudrait mieux passer à autre chose avec les Elections Européennes de mai 2019.

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24 août 2009

Il n'y a pas de reprise économique - Chute continue du Baltic Dry Index - La crise et l'Etat engraissent les banques



Partout vous pouvez lire et entendre, que ce soit venant de la bouche du club de Wall Street avec à sa tête Obama Geithner Bernanke, ou de la bouche du prince président français, des fadaises de ce genre: "green shoots are sprouting up all over the road, ways and side walks"

Le graphique de gauche montre que le commerce international est entrain de diminuer de moitié en un an malgré les trillions (1 trillion = 1000 milliards offerts aux banques). Ces trillions ne sont pas des mesures néo-keynésiennes, ils engraissent les systèmes bancaires et assimilés à la finance.

Il n'y a pas de Reprise économique. Il n'y a rien à attendre du G20 de Pittsburgh.

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Vous avez sur le graphique de droite, mesurées en mois sur une base d'indice 100, les variations de la consommation aux USA lors des récessions depuis 1969. En pointillé vous avez la récession actuelle. Les USA continuent à perdre depuis  l'été 2008 entre 600.000 et 1.000.000 d'emplois par mois. La courbe rouge est celle de la crise DotCom Enron Worldcom qui avait donné lieu au krach boursier et à la récession les plus graves depuis 1929.





J'ai télécharge du Wall Street Journal ce second graphique à gauche qui montre que la réelle récession a commencé aux USA dès 2007. Nous avons la chute du nombre de créations d'entreprises la plus importante et la plus longue depuis 1990. Les années 2009 et 2010 seront encore pires malgré un léger rebond au dernier trimestre 2008. En réalité on voit que les problèmes d'instabilité commencent en 2006 pour mener à la chute. En 2006 commence à être révélée au public l'imminence de l'explosion de la bulle des subprimes.

Le Baltic Dry Index à droite est l'indice du coût du fret maritime. Les échanges maritimes transcontinentaux sont morts depuis un an ce qui veut dire que l'activité industrielle de la planète a vécu au ralenti, produit du stock, créé du chômage partiel, licencié en masse et généré des faillites en chaine d'entreprises. Dans le même temps les banques, elles-mêmes en faillite, se sont occupées d'elles-mêmes, de leurs actionnaires et à utiliser les aides publiques destinées à éponger leurs dettes et à les sortir du gouffre où elles se sont projetées avec leur management financier irresponsable, cupide et calqué sur le schéma généralisé Ponzi Madoff. L'effondrement du système ordolibéral a commencé en 2006. Le Baltic Dry Index avait connu une petite reprise au printemps 09, mais ceci était dû aux achats massifs par les chinois de matières premières, de minerais, etc.. mais pas de machines-outils... destinés au stockage pour les années futures. Les chinois ont aussi reconverti en zinc, en cuivre, en fer... une partie de leurs avoirs en dollar. On dit même que s'il y avait une nouvelle monnaie internationale, comme le Yuan Renminbi, elle pourrait être indexée sur un panier de matières premières. Ce stockage de la part des chinois est terminé et depuis juin 09 le BDI a de nouveau perdu 40%.







Le Baltic Dry Index continue à s'écrouler en Octobre 2009 (courbe en bleu) et le cours du pétrole augmente (courbe en rouge) ce qui force encore plus les cargos à rester au mouillage.











Le Baltic Dry Index (BDI, les 2 graphiques ci-dessus), qui avait perdu presque toute sa valeur, soit plus de 90%, rechute et a la forme inversée de dromadaire des bulles des dettes et leur explosion aux USA (graphique à gauche). Des centaines de milliers de navires restent à quai. Le coût du fret maritime ne couvre plus les coûts fixes. Quand les insolvabilités américaines (et britanniques) augmentent, le BDI chute. Les USA, mais aussi les pays industrialisés ne consomment plus et ne produisent plus, et les banques n'offrent plus de crédits aux particuliers et aux entreprises.





A l'est de Singapour le nombre de cargos ancrés dépasse toute la flotte des USA et du Royaume Uni réunis. Il s'agit de la plus grande concentration maritime de tous les temps. La photo satellite cliquable de cette région est stupéfiante. On parle de la ghost fleet of the recession, de la flotte fantôme. Ces cargos n'ont plus d'équipage ni de destination. Vous pouvez cliquer ensuite sur la carte marine de positionnement de tous les vaisseaux. A n'importe quel moment la position de chaque navire est connue. Ces deux photos de positionnement ne montrent qu'une toute petite partie de cette flotte fantôme. Vous pouvez comparer ces photos avec une image ancienne de la cote de Singapour de Google Maps. Vous y distinguez aisément la petite poignée de navires au mouillage en temps normal.

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Voici un autre tableau à droite publié par l'Institut allemand de Brème du Fret maritime et de logistique (ISL - Institut für Seeverkehrswirtschaft und Logistik). Il vous montre que l'indice du coût du fret maritime est toujours de 80% inférieur à sa valeur de janvier 2008 et continue à descendre. Ici il ne s'agit plus du Baltic Dry Index qui mesure le fret en général et plus particulièrement des matières premières, mais le fret des produits manufacturés. Ceci veut dire que non seulement le commerce international est mort depuis un an, mais que la production industrielle suit le même chemin. Les économistes qui ont le plus le sens de l'humour parlent de "reprise sans consommation". En réalité cette année a été mise à profit par les banques pour effectuer leur reprise en main de leurs propres affaires et des trillions d'aides gouvernementales issues de l'argent du contribuable passé, présent et futur. C'est aussi "une reprise sans emplois" (jobless recovery). 












Sur ce graphique à gauche vous voyez que la chute du commerce international est pire qu'en 1929. Base 100, évolution en mois.









Sur ce graphique à droite publié par la Fed' (banque centrale US) vous voyez l'indice du taux d'utilisation de l'appareil de production aux USA. Les commentaires sont inutiles. Obama a "sauvé" temporairement les banques; content de lui, il a renouvelé hier le mandat de Ben Bernanke de la Fed', mais l'économie américaine ne produit plus. Une telle reconduction est pathologique et témoigne de l'organisation suicidaire systémique compulsive des USA. Les américains préfèrent entrainer dans leur propre suicide la planète entière avec la Helikopter-Money. L'économie américaine est insolvable et ne peut assurer les commandes qui restent ou réorganiser la production et obtenir des crédits qui ne sont de toute façon plus offerts par les banques. Les clients, les fournisseurs, les banques sont insolvables. L'État américain est insolvable et crée la plus grande bulle Ponzi Madoff de tous les temps en fabriquant de la contrefaçon de monnaie sur la planche à billets de Paper Mill on the Potomak (Helikopter-Money, monnaie jetée du ciel par hélicoptère, créée par Helikopter-Ben dans la pure lignée d'Alan Greenspan). Pourtant Bernanke, comme Tim Geithner le Secrétaire d'État aux finances ancien Gouverneur de la Fed' de New York, a contribué à privatiser la création de la monnaie dans le seul intérêt de Wall Street et des Banques. Y a-til un Eliot Ness pour arrêter Obama? Obama ne s'est entouré que de ces grands acteurs prédateurs: lisez les faits et l'historique complet. Sachez aussi que la Fed', la banque centrale américaine est composée de 18 Fed' régionales dans lesquelles les banques sont actionnaires. Donc ce qui est vendu comme le paradigme de l'Indépendance de la Banque Centrale est une indépendance face aux représentants politiques élus. Cette réflexion est à poursuivre quand on analyse l'Indépendance de la BCE. Indépendance au nom de quoi? Au nom du G20 de Londres où les banques sont sorties victorieuses. Et au nom de Wall Street.


J'ai téléchargé ce matin, 21 Septembre 2009, deux tableaux de la Fed', la Banque Centrale américaine.



La Fed a beau jeter par hélicoptère des trillions de liquidités subites en $ dans le système bancaire (tableau de gauche, et de droite appréciez la pente verticale)...

 




...les banques ne prêtent plus et n'ont jamais constitué de toute leur histoire de telles réserves pour soigner leurs actionnaires avec la tax payer money (tableau à droite). Obama, Geithner, Bernanke, le club de Wall Street avec sous leurs ordres le Trésor US et la Federal Reserve sont dénommés sur des sites américains plus virulents des "partners in crime with the “TOO BIG TO FAIL” institutions". Les réserves des banques sont passées d'un montant voisin de "zéro" à presque 900 milliards de $. De 1960 à 2009 ces réserves étaient "voisines de zéro" ou de quelques %. Les banques sont, elles, le mieux placées pour être au courant du Global Meltdown à venir et font par avance les provisions avec l'argent du contribuable qu'elles ne rembourseront jamais.




N'attendez rien de "l'embellie boursière" des ces derniers mois que l'on appelle aussi couramment les "green shoots". Vous avez sur le graphique à gauche la courbe du Dow Jones, son point culminant supérieur, le krach boursier de 1929, l'augmentation de 61% qui a suivi en 1930 à cause du remixage des cartes des entreprises, et finalement le gouffre de 1933. Le Dow Jones n'avait retrouvé son niveau qu'en 1953.

La-dite reprise des activités des banques est due à un remixage des cartes des entreprises qui font faillite, dont certains actifs pas trop pourris ou sains sont absorbés par d'autres entreprises. Le casino mondial est encore plus féroce et juteux qu'avant le 15 IX 2008 dans ces activités de réorganisation du capitalisme planétaire et les banques font des bénéfices sur ces transactions d'investmentbanking, dont la Deutsche Bank.

Depuis septembre 2008, 18000 milliards de $ d'argent public ont été injectés dans le système bancaire, soit 30% du PIB mondial, pour rembourser ses dettes et éponger ses "positions toxiques". Grâce au plus énorme réservoir de liquidités, celui des contribuables et de deux générations futures, destiné à "recapitaliser" le système bancaire, les banques ont décuplé leurs bénéfices, bien qu'elles soient globalement en faillite si l'on avait conservé les normes comptables "prudentielles" d'avant septembre 2008 (IAS, IFRS, Bâle II) alors que les dettes, les positions toxiques, les CDS et les CDO n'étaient pas "retirés" des bilans comme l'autorisent les législateurs américains et européens depuis 11 mois. Le Législateur autorise donc la criminalité financière, la falsification des bilans... avant la découverte de la réalité par les médias et les peuples.

Vous avez à gauche le graphique de l'historique de la dette américaine qui atteint son record absolu en 2009 avec 370% du PIB. Cette ne sera jamais remboursable, même une croissance annuelle du PIB à deux chiffres n'y parviendrait pas. Vous pouvez consulter en temps réel l'Horloge de la dette américaine.

Pour délester le système bancaire de ses dettes, les gouvernements ont fait exploser leur déficit budgétaire et doivent émettre des Titres, des  Bons du Trésors, des T Bonds, des Gilts ou... le "Grand Emprunt" de NS qui sont mis sur le marché financier et négociés par... les banques qui s'enrichissent par cette activité qui est devenue leur activité centrale. Le serpent mortel se suce la queue et s'enrichit grâce à ses dettes. En Europe, on abandonne, sans vision à long terme et sans contrepartie, les critères de Maastricht dont la stricte observance a coûté depuis 10 ans des millions d'emplois en ne mettant en œuvre qu'une politique de "Stabilité" et en oubliant la "Croissance" (voir Nairu sur mon site), bien que le Pacte de Stabilité et de Croissance (Maastricht) comporte ces deux objectifs. Comme la Sovereign debt, la dette publique augmente, les agences de notation dégradent la bonne-foi de ces États de la Providence bancaire en rétrogradant ou en menaçant de rétrograder leur ratio de solvabilité. Du AAA ils passent à AA, etc... Les gouvernements de ces États salvateurs de l'élite financière doivent alors augmenter les taux d'intérêts qu'ils promettent sur les Bons du Trésor (voir "spreads" sur mon site) et qu'ils devront payer aux banques quand ces Bons seront à maturité (à leur échéance: 3 mois, 1 ans, 3 ans, 5 ans, 10 ans, 30 ans, etc...). C'est une situation de win-win-win offerte aux banques par le peuple... oppressé. Boums. La politique, c'est l'art du réel à savoir, celui de faire passer d'une classe à une autre savoirs, pouvoirs et richesses. Les ouvriers et employés ne sont pas représentés en politique. Et les partis de gauche ne s'en intéressent pas, car alors il faudrait se battre pour des campagnes électorales. La mièvrerie leur suffit, rappelons-nous de la campagne absente des européennes de juin 09, regardons la campagne actuelle des législatives en Allemagne, souvenons-nous de la campagne de Jospin sur la sécurité. En politique, une croquette bien choisie suffit.

Comme l'émission des Bons du Trésor destiné à financer la dette publique, l'émission des obligations a explosé pour financer les emprunts des entreprises qui ne trouvent plus de fonds dans cette situation de "credit crunch", la raréfaction du crédit. Pour les seules entreprises non financières la vente de nouvelles obligations a dépassé en Europe 318 milliards de $ pour les six premiers mois de l'année 2009, ce qui est une augmentation de 50% par rapport à la moyenne de ces trois dernières années. En effet "dans le contexte actuel", les banques refusent les crédits aux entreprises, qui doivent alors émettre des obligations (titres de créance représentatif d'un emprunt) à des taux plus élevés, qu'ils devront aussi payer le jour de la maturité de ces obligations. Ces obligations sont mises sur le marché financier et négociés par... les banques qui s'enrichissent par cette activité. La crise apporte une situation de win-win-win-win aux banques qui sont grondées par le prince-président français qui se prépare déjà à s'agenouiller devant le britannique Gordon Brown qui est contre toute forme de régulation bancaire. Ce win-win-win-win est tellement juteux que les banques promettent de nouveau des taux de rendements très élevés ou à deux chiffres. Les banques islandaises promettent de nouveau des rendements de 25% comme la Deutsche Bank dirigée par Joseph Ackermann qui vient même de fêter son 60ème anniversaire... dans la chancellerie d'Angela Merckel, alors que cette banque est la most leveraged d'Europe, soit celle qui a le moins de fonds propres et qui représente un risque systémique majeur le plus élevé. L'État islandais a contracté un emprunt... auprès du Royaume-Uni et des Pays-Bas... pour rembourser les pertes des déposants britanniques et néerlandais. Ces deux États remboursent directement à leurs ressortissants leur argent perdu dans les banques islandaises, déposé pourtant par pure cupidité en sans la moindre observation des réalités du management d'entreprise et de l'économie de marché.

L'État de la Providence bancaire, l'État sous sa forme actuelle, est devenu un danger systémique pour les peuples.
La Raison d'État appartient à qui?

Quand les agences de notation auront le courage de retirer le triple AAA aux USA et au Royaume Uni, nous seront très proches de la vérité. Il faudra prendre des calmants ou lancer une peur planétaire comme celle de la pandémie de la fièvre du cochon H1N1 pour occuper le cerveau reptilien, qui sera afféré à assurer la survie de l'individu et de l'espèce. Un zeste de taxe carbone là-dessus et hop, la France se bavardera d'elle-même. Les banques ne se laisseront pas vacciner et "iront voir ailleurs"... c'est à dire se délocaliser dans des paradis irlandais ou londonien. Telle est leur menace publique. Le trader a besoin de son bonus, comme le citoyen a besoin de sa piqure. Le premier ne peut pas vivre sans, le second ne peut pas mourir sans. Telle est la raison d'État.

C'est une belle conclusion, mais elle est inutile. Depuis janvier 09 les grandes banques ont directement augmenté les salaires des élites de la finance. En 2009 les salaires de tout le système bancaire ont augmenté de... 20 à 30%, en sachant que la madone des cabinets reste en situation précaire et que le guichetier ne voit pas verser son 14ème mois. Le bavardage sur les bonus est un acte de mauvaise foi qui va occuper le cerveau reptilien du prince-président et de ses sujets. Parce que l'État est réellement plombé pour soutenir le système financier, le désengagement de l'État des services publics et la privatisation des systèmes de sécurité sociale et de retraite, conformément à l'AGCS, sont fortement appuyés, poursuivis, réactivés par les gouvernements et soutenus par les partis politique, voire les syndicats qui grommellent.

Le G20 de Londres de 2008 n'a jamais été suivi dans les faits des mesures annoncées, autrement que par du bavardage et quelques coup de patte cosmétique. Au lieu de réduire la taille des banques devenues des risques systémiques devant être recapitalisés par l'État, les gouvernement poussent et aident les banques à se concentrer (Graphique animé à gauche). Au USA les mêmes erreurs qui ont généré la bulle immobilière sont reconduites avec les plans gouvernementaux et la moindre des velléités de régulation est déniée. Ainsi c'est de nouveau par centaines de milliards de $ que les instituts de crédits hypothécaires, la Federal Housing Administration (FHA) et la Ginnie Mae, accordent aux débiteurs NINJA (no income no job no asset, sans revenus sans emploi et sans garanties bancaires) des crédits... pour construire des maisons individuelles. Souvenez-vous de la Freddie Mac et de la Fannie Mae, qui ont fait faillite en octobre 2008, et qui sont régulièrement recapitalisées par les différents plans gouvernementaux américains du nom de TARP, TALF, PPIP, etc... Ginnie Mae et FHA émettent des titrisations  adossées sur des paquets de crédits hypothécaires (CDS et CDO). C'est ce greed, cette cupidité, cette pratique qui a pourtant amené la-dite Crise qui est payée par les peuples. Obama n'a aucun pouvoir pour réguler et imposer au système bancaire une augmentation conséquente des fonds propres qui les rendent plus sûre en cas de défaillance de leurs emprunteurs. D'un côté des millions d'américains sont jetés à la rue et des millions de maisons individuelles sont saisies par les huissiers, voire immédiatement détruites - car ceci revient moins cher aux banques que d'entretenir un parc immobilier dont personne ne veut - et d'un autre côté on recrée la même bulle immobilière à crédit et au-dessus des moyens des emprunteurs. Obama n'est qu'une marionnette qui a été élue pour faire éponger les dettes et les positions toxiques par le Trésor Public et la monnaie de contrefaçon de la planche à billet (quantitative easing ou helikopter-money). C'est un faible. Saura-t-il, au moment d'un soulèvement social généralisé, résister à la tentation totalitaire, ou sera-t-il le 1er dictateur noir américain? Cette question je la pose depuis plus d'un an sur mon site. Saura-t-il résister aux militaires ou va-til s'éliminer lui-même proprement pour ne pas avoir à assumer un régime totalisé? Avez-vous remarqué, en haut de ce billet, sur le 2ème graphique intitulé "Crise du Système des risques - Crise des insolvabilités" que le dromadaire a 3 bosses? Cette petite bosse à droite est entrain de gonfler abruptement et aura la même taille que les autres.

Le gouvernement américain soutient et garantit directement ou indirectement les 19 grandes banques américaines avec des trillions de $ (1000 = 1 trillion) ou avec la falsification de bilan accordée par le-dit Stress-Test. La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) est l'administration fédérale américaine qui garantit les autres banques faillitaires et qui administre leur liquidation. La FDIC est aussi une administration qui collecte des données sur la situation économique des USA et qui établit des statistiques et des prospectives. Pour l'année 2009, 98 banques ont déjà fait faillite. Entre 900 et 2000 vont encore faire faillite avant la fin de l'année 2010. Vous avez ci-dessus à droite un tableau cliquable édité par la FDIC et qui montre la situation de ces autres banques. Les banques cotées F dans la colonne rouge à droite vont disparaitre. Les banques dans la colonnes B à D sont en difficulté. Le nombre des banques cotées A+ diminue. Vous pouvez trouver la liste des banques américaines qui ont fait faillite depuis 2000, mais comparez les années 2009/08 avec les années précédentes. Tout le tableau est quasiment occupé par les années 2009-08. Vous avez un tout petit pic pour la crise DotCom Enron Worldcom des années 2000-01. La crise DotCom était déjà passée dans l'histoire comme le crash le plus important depuis 1929. Les superlatifs s'accumulent: le déficit budgétaire américain est maintenant le plus important de toute l'Histoire des USA, et tout ceci pour renflouer les banques, les fiducies, les assurances, les filiales financières des 3 constructeurs d'automobiles Chrysler, Ford, GM, etc.

Les pertes à venir des banques faillitaires ou qui seront fusionnées avec d'autres en apportant avec elles des positions toxiques, sont estimées à plus de 1000 milliards de $. Pour couvrir ces pertes supplémentaires le club de Wall Street, avec à sa tête Obama Geithner Bernanke, devra encore inventer de la monnaie de contrefaçon imprimée à Paper Mill on the Potomak. La FDIC est déjà elle-même en situation de faillite technique. Pour assurer les pertes des déposants des banques en faillite, elle fait payer à tout le système bancaire une taxe. Elle peut emprunter en cas d'urgence 100 milliards de $ et sera autorisée à emprunter sur les marchés financiers 500 milliards en 2010. Mais les banques ne prêtent plus entre elles-mêmes, ce que l'on peut vérifier avec le taux LIBOR très élevé (voir dans mon site LIBOR et EURIBOR). La Loi américaine et tout simplement la loi du marché imposent à la FDIC de rembourser les fonds empruntés. Rappelons-nous que la FDIC avait à emprunter 15 milliards de $ il y a 20 ans lors de la Crise de l'épargne et des crédits (saving and loan crisis). La FDIC est toujours entrain de rembourser sur 30 ans ces fonds empruntés. Ne trouvant plus assez de fonds sur les marchés financiers, la FDIC touche des Bons du Trésor américain (T-Bonds) qu'elle revend. Ces Bons du Trésor US sont de la monnaie de contrefaçon imprimée par le Secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, et Bernanke, Gouverneur de la Fed', Banque Centrale américaine. Geithner, Obama, Bernanke sont synonymes de Madoff Ponzi. Les dernières crises économiques américaines sont toutes des Crises de l'Épargne et des Crédits d'un peuple qui vit au-dessus de ses moyens et qui fait financer sa pauvreté avec des outils préhistoriques comme les Bons du Trésor américains, ou des outils modernes comme les produits financiers dérivés comme les CDS, les CDO, les BMS, les OTC, qui ne sont que des véhicules destinés à reporter à plus tard le paiement des emprunts contractés dans le réseau bancaire ou le réseau du shadow banking.

Obama, Geithner, Bernanke, le club de Wall Street avec sous leurs ordres le Trésor US et la Federal Reserve sont dénommés sur des sites américains plus virulents des "partners in crime with the “TOO BIG TO FAIL” institutions". Mais pour ces sites, l'objectif est de critiquer l'administration Obama qui est en collusion avec des "RADICAL socialist and communist party affiliations and backgrounds". Ces sites en profitent pour discréditer toute régulation, tout contrôle de l'État, pour torpiller la Réforme d'Obama sur une Sécurité Sociale, et pour promouvoir la libre entreprise. Leur critique sur ce club de Wall Street ne rejoignent donc pas les miennes. Il sera intéressant de voir si leur idéologie exacerbée de la libre entreprise, malgré la Crise économique la plus grave de toute l'humanité, traversera l'Atlantique. Depuis avril 2008 j'écris sur mon site que nous avons déjà dépassé en gravité la crise de 1929.

D'ici quelques mois on parlera des 200 ans des USA comme d'une expérience ratée du libéralisme inspiré de la "Conquête de l'Ouest" du "Nouveau Monde" et qui a suivi avec un billet aller-retour la route du rêve américain: du plongeur au millionnaire avec en fin de processus incarcération en prison, protectionnisme et guerre. Y a-t-il un Eliot Ness pour arrêter Obama, Geithner, Bernanke, conspirateurs du Stress test des 19 plus grandes banques américaines? Vous avez un site américain qui s'appelle Bank-Implode-o-Meter où vous pouvez suivre au jour le jour les faillites des banques. Le banner de ce site montre par le dessus un champignon atomique à la place de la lettre O.

Pour vous démontrer d'une autre manière qu'il n'y a pas de reprise économique, voici le graphique de la contraction des crédits bancaires aux USA. En Europe la situation est la même. L'administration Obama a catapulté 3 trillions de $ (3000 milliards $) dans le système bancaire, mais les banques ne prêtent plus. Ces 3000 milliards de $ sont allés à Wall Street, mais pas à Main Street c'est à dire dans l'économie réelle. Obama a été élu pour préserver la libre entreprise et non pas pour réformer la société américaine. Il est donc un Président totalement à la hauteur des espérances de ses électeurs, il injecte de l'argent dans le capital même pourri. Obama est un bon américain, un excellent cow-boy, nothing else. Il n'y a rien à attendre du G20 de Pittsburgh.




Je viens de télécharger de la Fed de Philadelphie la situation de "recovery" présumée à la fin du mois d'août 2009. Il s'agit des State Coincident Indexes publiés chaque mois et qui montrent à chaque fois l'évolution sur 3 mois. Plus la couleur des États américains vire au rouge foncé, plus ils sont en récession. 40 États fédéraux américains sur 50 sont en récession. Vous ne mettrez pas en doute les statistiques officielles de la Fed?

Obama a dit sur CNN: "We can't go back to an era where the Chinese or the Germans or other countries just are selling everything to us, we're taking out a bunch of credit card debt or home equity loans, but we're not selling them anything." Obama et Gordon Brown veulent faire du déséquilibre de la balance commerciale de leurs pays le point central du G20 de Pittsburgh. Selon Obama: "Nous ne pouvons retourner dans l'ère où les chinois et les allemands nous vendent tout alors que de notre côté nous accumulons des montagnes de dettes au travers des cartes de crédit et des crédits hypothécaires et nous ne vendons rien.Vous voyez la duplicité d'Obama: d'un côté il a créé la plus grosse bulle de dettes de toute l'histoire des USA avec la helikopter-money de Paper Mill on the Potomak, avec les émissions massives de T-Bonds (Bons du Trésor) et avec les successions de Plans TARP, TALF, PPIP et d'un autre côté il aspire de tous ses vœux au protectionnisme en montrant du doigt deux pays. Si la Chine créé du PIB avec du dumping social et écologique face aux critères internationaux, les ouvriers allemands gagnent le double des ouvriers français et ont des conventions collectives très intéressantes face aux critères internationaux. Selon les anglais le FMI doit prescrire des règles aux pays trop fortement exportateurs afin qu'ils éliminent le déséquilibre. Obama voudrait créer l'Axe du Bien contre les pays qui travaillent, produisent du réel et exportent (voilà le nouvel ennemi qui remplace Ben Laden), les américains se cherchent une nouvelle guerre pour renforcer le $. Obama a été élu pour maintenir le fantasme américain et non pas pour faire des réformes. Tant que les américains ont pu tirer profit de l'Organisation Mondiale du (libre) Commerce (OMC), tout en le contournant eux-mêmes, ils ont imposé leur vision du monde. L'OMC, à la méthode américaine, ne fonctionne plus, ils trouveront en face d'eux cette fois-ci les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et l'Europe si cacahuète Barroso le décide. Mais il ne le décidera pas, car les APE (Accords de Partenariat Économique) sont encore plus violents contre les Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et les PED (Pays en Développement).

En septembre 2009, après les élections législatives allemandes, il y aura la fin du moratoire patronal, un pacte avec le gouvernement de la Chancelière Merkel, et les chômages partiels se transformeront en licenciements. Ce pacte est soutenu par un programme gouvernemental qui finance le travail partiel. La récession allemande du PIB est de 6%. Les chiffres français ne sont pas connus à cause de la censure impériale.

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24 mai 2009

G192: Commission Joseph Stiglitz, Sommet de l'ONU du 24-26 Juin 2009 - Abandon du $ et du G20 illégitimes

Si les américains n'abandonnent pas - s'il leur restait encore le choix - le dollar comme monnaie internationale de référence, les Pays du Sud-Est asiatique avec la Chine, les Pays de l'Amérique Latine avec le Brésil, s'empressent de le contourner, et en passant de contourner le FMI avec, qui n'est qu'un instrument américain qui donne de la caséine au fromage qu'ils moulent, qu'ils louchent et qu'ils consomment à leur gré et selon leur goût. 

L'agence de notation S&P s'essaye depuis hier à faire sauter le paradigme du dollar comme étoile du Pôle Nord et lui enlève le triple-A. (Photos: Skidby Windmill, Yorkshire, 4 VII 2008).

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en relecture

Joseph Stiglitz, américain et Nobel de l'économie en 2001, que l'hémisphère nord avait préféré faire passer comme l'antenne des gauchistes, poursuit son attaque frontale contre le $. La nouveauté est que cette fois la Communauté Internationale, l'ONU, lui offre chair, chaire et pupitre. L'ONU a décidé de le faire exister. Joseph Stiglitz est Président de la Commission d'experts de l'ONU sur la réforme du système monétaire et financier international qui va siéger entre le 1er et le 3 juin pour faire ce que le G20 a refusé de faire par obédience servile et opportuniste qui n'apporte d'ailleurs plus la moindre des marges opérationnelles: lancer les bases du Nouveau Système Monétaire International. Joseph Stiglitz: " Il est clair, qu'une devise de réserve ne doive pas être adossée à une monnaie nationale, parce que ceci ne peut que conduire à l'abandon de la discipline financière avec des conséquences désastreuses pour le pays émetteur de cette monnaie de réserve et pour l'économie mondiale. " C'est la première fois que se trouve la question d'une nouvelle monnaie mondiale à l'ordre du jour d'une conférence internationale.

Dans un article du 29 octobre 2008, Développement prudentiel durable - Mythologie de Bretton Woods 2 - Banqeroute d'État des USA, je vous rappelais ce qu'est le dollar >>> "Avec la rupture unilatérale de la convertibilité-or (gold standard) le Trésor américain avait  commencé cet énorme cycle du déséquilibre de la balance des paiements américains en fournissant en liquidités (en $) le monde entier. La question de la 'confiance interbancaire' ne se posait pas entre les banques centrales de tous les pays du monde, les banques centrales nationales acceptaient et acceptent toujours le $ dans leurs encaisses car tous les échanges commerciaux internationaux se font avec cette monnaie bancaire de singe qui n'est qu'une unité de compte en dehors des USA. Avant l'été 2009, le $ surévalué à hauteur de 1 pour 9 se sera écroulé. Il n'y aura pas d'instance supérieure qui va créer du déficit budgétaire qui va être titrisé et financé en Bons du Trésor eux-mêmes indexés sur des valeurs refuge monétaires comme le $. Le dernier maillon de confiance, de mensonge, auquel s'était accroché l'humanité, aura fondu à jamais... en bourse. Aucune monnaie du monde ne pourra, à partir de l'été 2009, remplir ce rôle de Standard, comme il y eut le Gold Standard, le $ Standard. Richard Nixon avait annoncé unilatéralement l'abandon de la référence à l'or. A l'été 09 les échanges commerciaux internationaux ne se retrouveront même pas au stade des phéniciens, inventeurs de la monnaie, mais au stade de l'âge de pierre et du troc. Au début des années 1970, John Connolly, secrétaire d'État au Trésor sous la présidence Nixon, avait résumé aux gouverneurs des banques centrales du monde: 'The dollar is our currency, but your problem'. Bretton Woods est une mythologie devenue durable dans la confiance de fait dans le $. Le $ est donc un vide conceptuel. Il n'est pas une intention. Même à 1,31 €. Il était agréable de croire en la valeur refuge du $ à cause de la suprématie militaire des USA. Non. Le $ n'était qu'un mensonge d'univers."

Ce n'était évidemment rien d'original ce que je vous écrivais. Je souligne qu'en octobre 2008, les analystes indépendants parlaient d'un $ surévalué de 9 fois, depuis janvier 2009 il est surévalué pour eux de 15 fois et le sera de 27 fois à la fin de l'année 2009 avec l'application des Plans TARP, TALF, PPIP et l'arrosage avec de la contrefaçon de monnaie issue de Paper Mill on the Potomac, la planche à billets.

On peut balayer le $ d'un revers, sans être obligé de "tuer Le père" comme le fait l'agence de notation Standard & Poor's en le faisant passer de "stable" à "negative". Il suffit de se parler, et de dépasser le Club de Paris (G8) rallongé au G20. S&P n'a aucun mérite à prendre subitement depuis deux jours l'initiative de reléguer le $, le sommet de l'ONU sur le $ est prévu depuis plusieurs mois. De partout les courages se forment pour balayer le $, vous pouvez alors estimer l'ampleur de la violence que cette démarche va engendrer. A mon avis ce courage planétaire de changer de monde, toujours commercial, rencontrera une violente opposition de ceux qui voudront sa restauration. Le déphasage du $ par rapport aux activités commerciales de la planète va entraîner un transfert de savoirs, de pouvoirs, de richesses d'un endroit à d'autres endroits de la planète. Le nouveau monde se prépare à une nouvelle commercialité, mais pas encore à un développement prudentiel social et durable. Le problème est de transformer les assets accolés au dollar-glut, ces réserves de $ hors des USA et ces Bons du Trésor américains libellés en $. Le problème sera pour les autres pays industrialisés de transformer en quelque chose ce rien - qui leur a coûté des sommes qu'ils croyaient placer avec un rendement sûr et stable.

Graphiques à gauche et à droite: 2009, chute du prix des Bons du Trésor US et du $, ce qui explique la perte du triple-A.

La 1ère phase du de la crise a été le désastre de la dette US, la 2ème phase a été l'effondrement économique, dans la 3ème phase les Bons du Trésor US et le $ sont gravement impactés à cause des ventes massives à l'étranger. Le gouvernement US n'est pas immunisé contre les marchés. A chaque phase successive de la crise de la dette, les investisseurs ont constamment attaqué et détruit la valeur au marché (mark to market) des banques et assurances comme pour la Fannie Mae, la Freddie Mac, la Washington Mutual, la AIG, la Bank of Amerika, Chrysler, GM... Les actions de ces entreprises ont été foudroyées et leur capacité à lever de l'argent frais anéantie. C'est au tour du Gouvernement US, Obama ou pas, à être impacté et détruit par le revanche du marché. Comme toute entreprise le Gouvernement emprunte, et comme tout emprunteur il a des créanciers. Et tout créancier peut décider de ce qu'il veut faire avec son argent.

Qui détient le $-glut de ~~ 6000 milliards de $ des USA?





(Graphique cliquable)
La Chine, avec le Greenback, sait faire des lanternes, sans avoir eu préalablement besoin de vessies, pour éclairer son fournil jaune. Le Greenback entre les mains des chinois est plus qu'une valeur ou une non-valeur monétaire échangeable, est plus qu'un syndrome ou un vide conceptuel à vocations multiples, idéologiques ou militaires. En mai 2009, la Chine possède 1953 milliards de $ dans les réserves de devises de ses caisses. C'est de très loin la plus grande réserve de $ hors des USA.




Qui détient les Bons du Trésor des USA?

(Graphique cliquable)
Selon le Trésor US, les chinois détiennent 1/4 des créances américaines (Bons, titres, obligations d'État) des USA et sont avec 768 milliards le 1er créancier des USA. La Chine se trouve prise dans la trappe à $ et n'avait pas d'autre choix que d'acheter en masse des Bons du Trésor US en échange de $, pour empêcher, retarder la chute du $ ou pour organiser son effondrement chirurgical. C'est à se demander qui joue le Faust? La Chine avait dépassé en 2007 ses records historiques dans l'achat des Bons du Trésor US. C'est sans doute aussi pour la Chine le prix à payer pour "acheter" Taiwan sans guerre.

La Chine tient les USA dans une seule main. La Chine est le seul pays qui peut se permettre une politique géostratégique à long terme.

Pour compenser ses achats en $ de ces Bons US, la Chine revend ses réserves en £. La Chine lâche la £. L'Euro n'est ni en progression ni en baisse dans les réserves chinoises en devises. Avec ces achats, la Chine n'est pas bonne samaritaine, son intention n'est pas de procéder au bail out de la Fed'. D'ailleurs la Chine ralentit beaucoup (graphique à droite) depuis le second trimestre de l'année 2008 ses achats de Bons du Trésor américains (T-Bonds). Il y a donc à présent un désaffection généralisée des acheteurs internationaux face à ces T-Bonds, ce qui va précipiter la situation qui mérite un downgrade à partir du triple-A de la crédibilité des USA. Ceci signifie que la Fed' est entrain d'être lâchée par tous les investisseurs privés ou institutionnels de la planète. Si les médias annoncent encore actuellement qu'il y a un rush sur les T-Bonds US, c'est effectivement qu'ils sont achetés. Mais ils sont massivement achetés en cachette par la Fed' elle-même contre des $ de contrefaçon (planche à billet) versés à des Tiers inconnus. La Fed est suspectée d'acheter ses propres Bons du Trésor US depuis de nombreux mois déjà, via ses "Primary Dealers" et elle refuse de divulguer qui a bénéficié de plusieurs dizaines de milliards de Dollars (artificiels) d'injection de sa part.

Dans la période de croissance factice des USA des années 90', l'économie américaine avait besoin d'attirer à elle 80% de l'épargne mondiale pour financer ses déficits. Comme je vous l'écris depuis longtemps, les USA étaient un Pays pauvre. Les Plans Paulson, TARP, TALF, PPIP, etc... gonflent le déficit des USA entre 500% et 1000% à la fin de 2009. Vous comprenez alors mieux ce que veut dire que le $ sera surévalué de 27 fois à la fin de l'année 2009. La planète elle-même a perdu des trillions (milliers de milliards) d'actifs, et il reste la bulle des CDS de 68.000 milliards de $ qui est entrain d'exploser. L'épargne mondiale ne se dirige plus vers les USA. La seule solution qui reste aux USA est d'augmenter les spreads, les taux d'intérêts qu'elle "offre" sur ses emprunts en vendant ses Bons du Trésor. Depuis des mois je vous écris sur mon site, que vous pouvez trouver sur le web (gratuit) toutes les informations sur les CDS (Credit Default Swap = assurance couvrant des crédits d'entreprises ou souverains) des Obligations d'État de tous les pays de la planète sauf ceux des USA, du Royaume-Uni. Tout simplement parce qu'ils doivent être très chers, ce qui signifie que le risque de défaut de paiement des USA et du Royaume-Uni est très élevé.Les USA et le Royaume-Uni sont insolvables, comme l'Islande l'a été en octobre 2008. La gang Obama & Ponzi espère berner la planète en maintenant son management de l'évènementiel, en falsifiant le Stress Test des banques pour faire croire le plus longtemps possible que le système bancaire américain et les USA sont solvables. Le Gang Obama & Geithner crée par trillions de la monnaie de contrefaçon issue de la planche à billets en racontant partout que la reprise est déjà là. Comme les entreprises, la capacité du gouvernement américain à lever de l'argent frais est anéantie. Le Gouvernement US, Obama ou pas, va être impacté et détruit par le revanche du marché qui n'ont plus envie de croire à ce qu'ils savaient depuis toujours être des mensonges.

La Chine achète le reste


A côté de ceci, la Chine fait en ce moment ses emplettes dans les marchés mondiaux qui sont tous discounts et heureuses d'avoir un client à fort potentiel et dont les bonités bancaires sont plus que du triple-AAA. Avec la Crise, les rôles sont inversés. Les pays industrialisés avaient profité de la Chine comme pays à bas coûts. Aujourd'hui la Chine fait ses achats sur la planète et profite des bas coûts... pour organiser sa... croissance à durabilité sûre.

La Chine étend son influence économique autour de la planète et rachète en $ des entreprises et des matières premières en masse. Elle vient d'acquérir pour 2,2 milliards de $ la raffinerie Singapore Petroleum Corp (SPC). Cette acquisition est stratégique parce que 12% des livraisons de pétrole de la planète passent par la route de Malacca à Singapour.

De par sa position d'acheteur, la Chine s'établit comme un puissance qui dicte ses prix sur les marchés des matières premières. Elle vient d'augmenter de 3500 % ses achats d'aluminium, payés en $, de 2200 % pour le zinc, de 900 % pour le plomb, de 300 % pour le cuivre, de 200 % pour nickel. C'est grâce à la demande chinoise qu'il n'y a pas eu de chute trop importante sur ces marchés.

75% des acquisitions chinoises d'entreprises étrangères se font dans le secteur minier. Pour les 5 premiers mois de l'année 2009, elle a acquis pour un montant de 20,1 milliards, en 2008 le montant était de 28,6 milliards. Chinalco a acquis de l'australien Rio Tinto pour 11,8 milliards d'exploitations minières et de prises de participation. China Minmetals a pris des parts chez l'australien QZ Minerals qui est surendetté. Etc...

En cette période de crise et de récession, la Chine est le seul pays qui gagne en influence, et qui le fait savoir avec des critiques contre le $ comme monnaie internationale de référence et contre la politique budgétaire des USA. Zhou, le Président de la Banque Centrale de Chine, réclame la création d'une nouvelle monnaie internationale de référence et s'y emploie ouvertement et sans ambages en Amérique Latine avec la Banque du Sud, et en Asie du Sud-Est avec la Fonds Asiatique de Crise. Sa volonté est de découpler tous ces pays de la dépendance face à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International. Il ne faut pourtant pas voir dans ces activités chinoises le "début de la relance". La Chine stocke à bon compte ce dont elle aura besoin plus tard, le jour de la vraie relance. Face aux pays industrialisés naufragés dans la récession, elle sera la première à rebondir.

Quo vadis, Dollar?

Joseph Stiglitz, a été nommé avant la tenue du GT20 de Londres du 2 avril à la tête d'une initiative de l'ONU. Estimant que la crise n'était pas que l'affaire des pays riches, le secrétaire général Ban-Ki-Moon avait créé dans la discrétion une commission de 18 experts présidée par le Prix Nobel d'économie 2001. Cette Commission a été si discrète que personne n'en avait entendu parler au Sommet de Londres alors que l'objectif était le même, celui de créer un nouveau système monétaire international. Comme ce G20 de Londres passe pour avoir été la Victoire des Banques, il n'est pas étonnant que l'OVNI Stiglitz n'ait pas pu prendre des aspects terriens.

La Chine, la Russie et le Brésil travaillent au remplacement du $ comme monnaie de référence. Ils ne peuvent se permettre une dépréciation du $, mais ils espèrent parvenir à une plus grande indépendance face à lui et à la politique monétaire des USA et de ses trop grandes variations de cours. Beaucoup d'économiste voient dans le $ l'origine de beaucoup de crises financières depuis les années 70'. Les américains aimeraient que la situation reste inchangée pour que tous les pays continuent à investir leurs devises dans la plus grande puissance militaire et économique de la planète. Siègent dans cette Commission Stiglitz (qui n'a rien à voir avec une commission éponyme lancée par pinocchio en France) l'économiste Nouriel Roubini, mais aussi de ministres de 192 Pays. Il s'agira de débattre sur les conséquences de la crise financière sur la Politique du Développement.

Il ne faudra pas attendre grand-chose de cette conférence interministérielle et diplomatique, mais elle aura le mérite de transposer le débat ailleurs qu'au G8 + 12, c'est-à-dire là où il y a une majorité d'humains et pas de porte-monnaies. Ils vont examiner comment un système de réserve donnant un rôle plus efficient et plus élargi aux Droits de Tirage Spéciaux (DTS) émis par le FMI. Ces DTS sont une monnaie synthétique et revêtent à présent une importance toute particulière pour la Chine, le Brésil, la Russie et la Commission Stiglitz. Les DTS sont utilisés jusqu'à présent comme unité de compte basée sur une corbeille de monnaie dont la valeur est calculée sur le cours journalier du $, de l'Euro, du Yen et de la £. Les Pays membres du FMI ne gardent qu'une petite partie de leurs réserves sous forme de DTS qu'ils échangent auprès d'autres pays contre de la vraie monnaie et sous le contrôle du FMI.

Il n'existe pas encore de marché pour l'échange libre de DTS. Selon les experts en matière monétaire, "le $ restera encore de longues années la monnaie mondiale de référence et la chute du $ prendra encore au moins dix ans". Selon Nouriel Roubini "cette chute peut être beaucoup plus rapide si nous ne remettons pas de l'ordre le système monétaire."

La Commission Stiglitz prévoit elle-même plusieurs années pour introduire une nouvelle monnaie de référence. L'ONU et le FMI devront introduire graduellement de plus en plus de DTS. Il faudra créer un bureau de change où l'on pourra obtenir des DTS contre des Euros, des $, ou d'autres devises. Par la suite les États ou des entreprises pourront émettre des emprunts adossés libellés en DTS. Petits à petit les exportateurs et les banques centrales pourront se familiariser avec cette nouvelle devise de réserve, avec son impact et avec sa signification.

Le G20 de Londres avait décidé le 2 avril à Londres avec le point n°19 du Communiqué final de porter graduellement la réserve des DTS actuelle de 30 milliards de $ à 1000 milliards de $. Mais cette décision du G20 n'a pas du tout la même portée que celle qui va advenir du G192. Ce n'est qu'un club restreint de 8% des Pays membres du FMI qui profite actuellement des DTS du FMI. Comme l'a prévu le G20 de Londres, faire gonfler les réserves du FMI à 1000 milliards de $ n'est qu'une autre manière de s'inventer une banque centrale mondiale qui vient au secours de banques centrales nationales en péril.

"Pour que la monnaie synthétique des DTS élève sa réputation à une réelle monnaie au service du G192, il faut que son volume passe à au moins 3000 milliards de $", selon Onno Wijnholds, ancien Directeur du FMI et ancien représentant de la BCE aux USA. Le FMI pourrait installer des comptes de substitution sur les quels les pays déposent leurs $ excédentaire et les placent en DTS. L'intérêt pour ces États est de se passer du marché des devises, ce qui préserve la valeur du $. De tels plans existent déjà depuis les années 70'.



Selon les experts il est temps de se dépêcher parce que beaucoup de pays émergents prennent des initiatives concrètes. La Chine a conclu un accord Swap d'échange de devises afin de contourner le $ avec les Tigres asiatiques (ASEAN plus 3), les pays andins et principalement l'Argentine et très bientôt le Brésil. La Chine et le Brésil ont déjà signé des accords en ce sens. Les Russes possèdent aujourd'hui déjà plus de réserves en Euros qu'en $. Stiglitz a récemment dit à une interview à Emergingmarkets.org que "la question "n'est pas de savoir si nous nous éloignons du $, mais cela se fera d'une manière chaotique ou organisée".



G192 Conference Objectives and Principles


Le point n°10 du Projet de Document final du Sommet, révision n°1, du G192 du 1-3 juin 2009 est intitulé "Causes of the crisis". Il retrouve un peu de ce langage qui était un peu moins englué dans de la langue de bois et qui était utilisé de suite après l'effondrement de la Lehman Brothers après le 15 IX 2008. Souvenez-vous de pinocchio en France qui parlait des "marchés financiers fous", et qui vociférait à hue et à dia avec des "je ne tolèrerais pas que..." ou qui menaçait encore à la veille du G20 de Londres de "claquer la porte avant la fin".

Je vous livre la traduction de ce point n°10, mais il faut toujours rester circonspect, car l'ONU, qui est une instance internationale démocratique et légitime n'est pas écoutée par les Gouvernements et n'a pas de poids dans leurs décisions, alors que le G4, ou le G8, ou le G8 + 12 sous forme du G20, ne sont pas des instances, ne sont pas démocratiques, ne sont pas légitimes mais prennent à la place des peuples et pour la planète entière des décisions qui ne sont pas non plus soumises à un débat sociétal et parlementaire déjà au moins dans les 20, les 8, ou les 4 États des ces G. Les autres points du Projet de Document final sont aussi porteurs d'espoir.

Point n°10 du Projet du Document final, 1ère révision: "Les moteurs financiers et économiques de la crise sont complexes. Nous reconnaissons que les racines incluent des crises structurelles dans l'environnement, l'énergie, l'alimentation et l'eau. Elles comprennent aussi des facteurs systémiques comme la concentration de revenus et de bien-être tout comme un cycle excessif de la volatilité des marchés. L'effet de ces des facteurs s'est considérablement amplifié avec des déséquilibres globaux et un dysfonctionnement grave de la régulation financière, du contrôle et de la surveillance du secteur financier. Ces défauts de régulation combinés avec une absence généralisée de transparence et de l'intégrité financière ont conduit à une prise de risque excessive, une instabilité des prix élevés des actifs, une irresponsabilité dans le décuplement des risques et un haut niveau de consommation nourri par le crédit facile et une inflation du prix des actifs. Les régulateurs financiers, les pouvoirs politiques et les institutions qui ont été chargés de traiter les questions formelles du secteur financier ont failli dans l'appréciation du risque du système financier parallèle ou l'expansion des vulnérabilités économiques et leurs interconnexions. D'autres faiblesses de nature systémique ont aussi contribué à la crise. La confiance aveugle dans l'autorégulation des marchés, la poursuite du profit non durable, l'insuffisante mise en évidence du développement humain équitable et éthique ont abouti dans de sévères déficiences du système financier global et de l'architecture économique et des inégalités significatives entre les pays et les peuples. Le déploiement de la crise a révélé la besoin d'une plus grande implication des gouvernements dans l'économie pour assurer un nouvel équilibre entre les marchés et l'intérêt public.".

Point n°12 du Projet du Document final: "La globalisation sans des institutions globales et régionales effectives conduit au chaos. Ceci empêche la prise de décisions globales et les actions nécessaire à faire face aux défis au regard de l'humanité et tout spécialement dans le domaine de l'environnement. Le contrôle des institutions globales qui sont réticentes à la démocratisation et plutôt empressées de la réduire a conduit à un malaise politique au niveau de la planète et une carence de solutions pour répondre aux problèmes urgents globaux. Certains pays ont découvert que la meilleure voie pour prendre en main le contrôle de leur destin se trouve dans des organisations régionales. Il faudra renforcer les Nations Unies et l'Assemblée Générale selon le principe de une nation une voix ce qui pourra conduire une institution globale légitime. Au même moment le niveau régional doit être renforcé."

Point n°11 du Projet du Document final: "Le marché sans régulation détruit l'environnement, concentre les revenues, le bien-être, la puissance, augmente les inégalités et favorise le capital financier qui conduit à la volatilité et aux effondrements financiers. La dérégulation systémique généralisée d'après 1980 a conduit aux crises et à l'imbrication malheureuse de la cupidité sans limite et de l'auto-régulation. Le principe est d'assurer un nouvel équilibre entre le marchés et le contrôle des forces des marchés par l'État en accord avec une économie centrée sur les gens pour donner priorité à l'accomplissement des besoins humains, des droits humains et de la sécurité humaine."

Point n°10 du Projet du Document final: "L'alimentation et l'énergie ont fait partie de la débauche spéculative des années2006-2007 qui a propulsé les prix à des sommets historiques avec 147$ le brent de pétrole et un crash à 30$ quelques semaines plus tard. L'échange de produits financiers dérivés, des marchés où s'appliquent de manière extrême les leviers de spéculation, les ventes à découvert (naked short sellings) et les Credit Default Swaps (assurance sur crédits) non couverts ont contribué à la volatilité. Les marchés de l'alimentation et de l'énergie doivent être spécialement protégés de la spéculation."

Point n°9 du Projet du Document final: "La volatilité devient particulièrement intense quand le capital financier devient hégémonique. Selon l'UNCTAD les profits générés par les services financiers sont passés de 6% dans les années 80' à 40% en 2007 dans les bénéfices des entreprises. La valeur du marché du secteur financière virtuel a augmenté de 6 fois (300.000 milliards de $US) avec le secteur financier parallèle, les hedge fonds, les produits financiers dérivés, par rapport à l'économie réelle (50.000 milliards de $US). Le principe est que le secteur financier doive fournir des services à l'économie réelle à un coût raisonnable et ne doit pas être mis au centre de l'accumulation de profits avec les conséquences désastreuses que nous connaissons aujourd'hui. Quand le secteur financier devient hégémonique une bulle et un crash s'ensuivent."

G20 des banquiers versus G198 démocratique et légitime?

Je pourrai continuer à vous traduire le Projet du Document final du sommet des 198. Mais, posez-vous une question. Grand cas avait été fait du G20 de Washington de Londres de cet automne 2008, du G20 de Londres du 2 avril 2009, du Sommet de l'Otan du 4 avril 2009 à Strasbourg, du moindre des Town Hall Meetings d'Obama, mais quid de ce Sommet des 192 de l'ONU?

Je vous ai mis en garde plus haut dans ce billet. En réalité plusieurs Pays membres de l'ONU exercent des pressions pour minimiser l’importance de cette conférence et n’envisagent pas d’y envoyer les plus hauts responsables de leur État. Ce G192 vient d'être reporté au 24-26 juin 09 par faute d'avoir suffisement d'inscrits et de chefs d'Etat ou de Gouvernement. Ces gouvernements ont accordé au G20 de Londres la victoire aux banques en détournant son Communiqué final déjà le lendemain de sa tenue, ont réduit la black list des paradis fiscaux à 4 pays "non coopérants" puis à zéro 2 jours plus tard, etc. De l'automne 2008 au 2 avril 2009 il était question de refonder le système monétaire international, mais les bails out, les mesures de planche à billet, les rachats par les États ou les Banques Centrales des pays industrialisés n'ont fait que d'ajouter une bulle financière d'État à la bulle du système des risques de crédit. En réalité ce G192 sera comme le G20. Le G20 a été un G8 + 12 invités. Le G192 sera un G8 + 12 + 172 invités, chaque cercle d'invité sera relégué à de la figuration. L'ONU est la seule instance internationale démocratique, mais elle feindra, comme autrefois en RDA, d'être multipartite et parlementaire, d'organiser une consultation de la base, mais agira conformément à la liste du parti central, celle qui est présentée par le G8. L'hégémonie de l'Hémisphère riche ne pourra pas être balayée.

Juste Joseph Stiglitz aura pris chair. Est-ce le bond quantique attendu par les non-alignés? On ne pourra plus associé Joseph Stiglitz à de la gauche de la gauche, à de l'ultragauche, à une gauche de hippies et de rêveurs généraux, à quelque chose qui pue. Souvent, pour mieux oublier les choses, on en parle aussi souvent jusque cela devienne un psittacisme. Regardez les "Lois mémorielles" françaises qui veulent faire de la colonisation française un bien-fait de l'humanité, mais qui cachent, pour notre histoire contemporaine, les massacres du 8 mai 1945 des 20.000 indigènes arabes à Sétif et Guelma, ou les ratonnades de Paris ou les parisiens ont jetés en 1961 en octobre une certaine journée 161 arabes dans la Seine, etc... Les idéologies étant tombées en 1989 à l'Est et le 15 IX 2009 à l'Ouest, les hégémoniques n'ont plus besoin de s'embarrasser de rhétorique, ils agissent, écrasent, font leur lobbying en tissant leurs réseaux d'allégeances utiles had hoc et au cas par cas. Leur violence est encore plus grande, excessive, immédiate et sans rémission. Donc il n'y aura pas une refonte organisée du SMI.

Déclaration des ONG adressée aux G192


La société civile demande de la substance, et non des arguments procéduraux à la Conférence des Nations Unies sur la crise

Signez la déclaration du 15 mai 2009 à propos des négociations sur les aboutissements de la Conférence des Nations Unies sur la crise économique et financière mondiale et son impact sur le développement


15 mai 2009, Choique.org

  1. Nous sommes confrontés à une crise systémique mondiale qui a pris naissance dans les pays riches du Nord, en raison de leur consommation débridée, de leurs modèles de production et du comportement économique irresponsable de leurs acteurs sociaux les plus influents. La crise affecte des milliards de personnes dans le monde entier, précipite plusieurs millions d’entre eux dans le chômage et la pauvreté et viole leurs droits économiques, sociaux et culturels.
  2. La réponse du G20, trop limitée, ne comporte pas de mesures concernant les causes premières de ces crises multiples -crise alimentaire, crise climatique, crise des marchés financiers, crise du développement durable.
  3. La crise mondiale requiert une réponse mondiale impliquant toutes les sociétés affectées. L’ONU est donc le seul forum légitime au travers duquel il est possible de trouver des solutions. Aussi avions-nous vivement applaudi la décision des gouvernements à Doha de tenir une Conférence des Nations Unies sur la crise économique et financière mondiale et son impact sur le développement.
  4. Depuis la Conférence de Doha, il a fallu plus de 16 semaines aux diplomates pour se mettre d’accord sur les modalités de cette « Conférence de crise ». Ils sont responsables de ce retard, ils sont responsables du peu de temps qu’il reste pour mener des négociations consistantes sur les aboutissements de la Conférence.
  5. Les organisations et les réseaux de la société civile ont émis un certain nombre de déclarations récapitulant leurs recommandations et leurs demandes sur les façons de faire face à la crise ; la première intitulée « Civil Society Benchmark Paper » a été publiée au lendemain de la Conférence de Doha de 2008.
  6. Les recommandations de la « Commission Stiglitz » en mars 2009 font écho à beaucoup de nos demandes. C’est pourquoi nous considérons que ces recommandations constituent une bonne base pour la construction d’un nouveau système économique et financier mondial.
  7. Le premier avant-projet présenté par le Président de l’Assemblée Générale, le 8 mai 2009, concorde, lui aussi, avec beaucoup de nos positions. Nous comprenons que les recommandations que contient ce document portent sur des mesures à court-terme qui doivent être appliquées immédiatement pour répondre à la crise actuelle, comme la mise à disposition de fonds suffisants pour financer un plan de relance mondial, et des mesures à long-terme, comme la création d’un Système de réserve mondial ou la proposition d’une Autorité fiscale mondiale. Nous pensons aussi que la Conférence de juin des Nations Unies doit fournir des réponses immédiates à la crise et en même temps décider d’un processus intergouvernemental de réformes à long-terme et du calendrier de ce processus.
  8. Par contre, dans l’avant-projet des co-modérateurs, daté du 6 mai 2009, il n’y a ni spécification d’actions indispensables à court terme, ni engagement concret à des réformes structurelles à long-terme. En gros, il confirme - en termes recyclés - les décisions prises lors de la Conférence de Doha et lors des Sommets du G20. Il n’y a aucune connotation d’urgence dans les recommandations politiques. Les recommandations sur les réformes institutionnelles (para. 47) sont dignes d’intérêt, mais aux dires des co-modérateurs eux-mêmes, ce ne sont que des recommandations que « l’on pourrait prendre en considération ». C’est le genre de phrase diplomatique qui rend une recommandation totalement inutile. Si les gouvernements paraphent un tel document final, ils vont un peu plus affaiblir les Nations Unies en tant que forum mondial de coordination de la politique économique et de décision, et leur échec à trouver des réponses réelles à la crise actuelle sera total.
  9. Nous comprenons que vu le peu de temps imparti il va être difficile aux gouvernements de se mettre d’accord sur la totalité des réformes radicales suggérées par le Président de l’Assemblée Générale dans son avant-projet. Mais il est encore possible d’obtenir un consensus sur beaucoup des réformes concrètes qui ont été proposées. Les décisions les plus urgentes et que la Conférence des Nations Unies pourrait prendre sans attendre sont: 

    • * La création d’un Panel mondial sur les risques systémiques dans l’économie mondiale, sur le modèle du Panel intergouvernemental sur le changement climatique, réunissant des universitaires, des représentants de la société civile et des responsables politiques.
    • * La décision de transformer le Comité d’experts de la coopération internationale en matière fiscale en une Commission intergouvernementale en matière fiscale, qui serait une commission fonctionnelle de l’ECOSOC, avant la fin de l’anée 2009.
    • * L’engagement politique d’instaurer au niveau international une Taxe sur les transactions financières, pour, à court-terme, mobiliser des ressources supplémentaires pour un Fonds mondial de relance, et à long-terme, réaliser les Objectifs de développement qui ont fait l’objet d’un accord au niveau mondial, en particulier les OMD.
    • * La création d’un Groupe de travail intergouvernemental, qui aura un mandat précis, de durée limitée, pour définir les modalités et les termes de référence d’un Conseil mondial de coordination économique au sein du système des Nations Unies. Ce groupe de travail devra agir de façon transparente et devra être ouvert à la participation des ONG.
    • * La décision de réviser l’Accord entre les Nations Unies et les Institutions de Bretton-Woods dans le but d’améliorer la coordination et la cohérence politique, en intégrant complètement ces Institutions au système des Nations Unies, en tant qu’agences spécialisées
  10. Nous appelons les gouvernements à ne pas s’abriter derrière des arguments procéduraux pour s’autoriser à ajourner les négociations sur les mesures politiques qu’il est indispensable de prendre d’urgence pour répondre à la crise actuelle.

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26 mars 2009

G20 de Londres - Exclusion du rêve de l'Afrique, pillée mais ignorée de la holding du bail out




 
<<< Croissance, PIB, taux d'inflation de 1980 à 2008.

Les Chefs d'État africains demandent à Gordon Brown
de s'engager au G20 pour les peuples.
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Oxfam - London Summit: Put People First
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Lire la suite...

Je vous ai entretenu dans une 1ère partie au sujet des bavardages du début de l'automne 2008 sur le "Découplage" qui était censé exister entre les Pays industrialisés en crise et les Pays en Développement qui devaient toujours rester en développement, ce qui aurait prouvé le bien-fondé du ying-yang des échanges commerciaux autour du Pacifique et en parallèle la légitimité du "partage" international du travail de la concurrence loyale, libre et non faussée et de la spéculation sur les denrées agricoles, sur les matières premières, sur le pétrole, sur la faim, sur la misère et sur l'Homme, simple valeur d'ajustement et volatilité de toutes les volatilités.

Le continent africain n'est pas invité au G20.
Seule sa filiale de l'Afrique du Sud y sera présente pour agiter les drapeaux.

Le boom des matières premières avait apporté dans presque tout le continent africain des effets positifs d'activité économique. Presque tous les grands groupes mondiaux d'exploitation minière se sont bousculés en Afrique, principalement au Congo, pour extraire du zinc, du cuivre, du cobalt, de l'uranium. Le chômage règne de nouveau aujourd'hui dans les pôles d'activité minière et de transformation du minerai. A Lubumbashi, au Congo, 40 fonderies de cuivre qui étaient dirigées par des commerçants intermédiaires chinois, ont été abandonnées et leurs propriétaires ont disparu du jour au lendemain. 10000 travailleur ont de nouveau perdu leur emploi dans cette région qui a de toute façon connu la guerre et le chaos économique pendant des décennies. Des grands grands groupes comme Katanga Mining Limited, qui avaient démarré en 2007 la production du cobalt, démontent ou abandonnent en l'état leurs installations. Il en est de même pour Camec qui a stoppé l'extraction du cobalt et du cuivre dans sa concession de Mukando. L'entreprise a recentré ses activités sur sa flotte automobile qui organise des livraisons d'aide alimentaire pour le programme de l'ONU.

Il en va de même pour tous les autres pays africains. Suite à la récession mondiale de l'économie, la crise va affecter les pauvres du continent africain avec des conséquences que personne n'est en mesure de prévoir en ce moment. Selon le FMI, la croissance du PIB en Afrique va retomber à 3% PIB. Plus de 50 millions de personnes vont tomber en dessous du seuil absolu de pauvreté. La plus grande partie des efforts pour le développement va être anéantie en Afrique. La chute accélérée des cours des matières premières se poursuit encore plus sur le continent africain où les pays sont dépendants des ressources minières.

Jusqu'à il y a peu de temps, les africains avaient cru au "découplage" entre pays industrialisés et pays en développement, parce qu'ils ne jouent même pas un rôle marginal sur les marchés financiers internationaux. Il n'y a pas eu des paquets de sauvetage pour les banques africaines, comme en Asie et les 4 plus grandes banques sud-africaines ont même enregistré des bénéfices, la Absa-Bank a même eu une augmentation des bénéfices.

Le directeur de la banque First-Rand, Paul Harris, a dit: "nous nous trouvons aujourd'hui dans le pire des environnements macro-économiques que nous n'ayons jamais connu depuis des temps immémoriaux. Le cours des minerais, pour lesquels il y avait une forte demande comme le cuivre, le fer, le platine, le nickel, ont chuté de 70%. A ce tarif l'extraction n'est plus rentable, les mines vont fermer, les programmes d'investissement vont être gelés, des populations entières vont souffrir du chômage. La destruction des emplois est particulièrement grave en Afrique parce que 10 personnes en moyenne vivent d'un salaire".

L'Afrique a été touchée encore plus soudainement de la crise que le reste du monde. Le continent avait profité pendant 5 années d'un boom sur les matière première qui n'avait jamais eu lieu auparavant avec cette ampleur. Dans cette période des cours de cerrtains minerai avaient augmenté de 300%, le rhodium de 3000%. La demande chinoise et indienne semblaient intarissables. Cette manne avait permis une croissance de 6% en Afrique ces 3 dernières années. Beaucoup de gouvernement ont négligé ou n'ont pas eu le temps de diversifier leur économie pour préparer l'avenir.

Le Botswana, qui passait pour être la "Suisse africaine" avait réalisé 75% de son PIB avec l'exportation de diamants. Le reste était réalisé avec la viande bovine et le verre. En quarante année, le Botswana était passé de l'un des pays les plus pauvres de l'Afrique à l'un des plus riches. Le diamantaire De Beers a annoncé en février 2009 la suspension des activités de sa filiale Diamond Trading Company Botswana au moins jusqu'en avril et la fermeture d'une mine. L'année dernière, De Beers avait investi 60 millions d'euros au Botswana pour monter la plus grande usine du monde pour le tri et le façonnage du diamant. Le Botswana devait créer de la valeur ajoutée sur son propre territoire au lieu d'exporter à Anvers ou en Inde le diamant brut. De Beers avait annoncé la création de 3000 emplois. Le projet est abandonné et l'usine est vide. Il en est de même pour la Namibie qui vit aussi de ses exportations de diamants. Les gisements de bauxite de Mozambique sont abandonnés.

L'Angola était ces dernières années l'un des pays du monde qui avait connu la croissance économique la plus rapide avec le diamant et le pétrole. Suite à l'effondrement des cours du pétrole, le gouvernement angolais a dû annuler tous les programmes de reconstruction des infrastructures qui avaient été détruites pendant des décennies de guerre civile. L'Angola reste le plus grand producteur pétrolier africain mais a dû repousser l'entrée à la bourse de New York et de Johannesbourg de son groupe Sonangol. Le projet de construire une nouvelle raffinerie a été abandonné. La seconde source de devises du pays, le diamant, n'apporte plus rien non plus à l'Angola qui était le 5ème producteur mondial. Le groupe russe, Alrosa, a annoncé la fermeture de sa mine parce que les coût d'exploitations ne sont plus couverts par les bénéfices. Le gouvernement angolais essaye d'apporter aux exploitants miniers ses garanties pour des crédits à court terme.

La Zambie a abandonné toutes ses exploitations minières alors que 85% de ses exportations reposaient sur le cuivre et le cobalt et qu'un 10ème des emplois en dépendait. La plus grande économie du continent, l'Afrique du Sud, a encore une croissance d'1%, mais c'est dû aux projets de construction pour le Mondial du foot de 2010. Les plus touchés sont les producteurs de platine qui entre dans la composition des pots catalytique des automobiles.Le leader Anglo Platinum va licencier 10000 personnes, le troisième producteur, Lonmin, a licencié 5500 travailleurs. Il faut s'attendre à 50000 licenciements supplémentaires. Le chômage est officiellement de 23% en Afrique du Sud qui est le seul pays du continent qui a une industrie de transformation

Les gouvernements des pays africains lancent comme en Europe ou aux USA des programmes de stimulation de l'économie et creusent leur déficits budgétaires. Pour beaucoup de ces pays la dernière ressource qui leur reste à vendre est le sol. Les grands fonds spéculatifs mondiaux rachètent à vil prix des millions d'hectares des meilleures terres cultivables et se garantissent des emphytéoses de 99 ans pour produire et exporter des denrées agricoles de manière intensive pour nourrir les populations des pays industrialisés ou du Golfe. La diversité biologique est remplacée par la culture intensive des OGM, et une fois de plus l'intégration économique régionale de ces régions n'est pas au rendez-vous. Nécrotechnologies, OGM, Transgène, Mutagène, Terminator, Traitor, Superweed, stérilité contractuelle, brevet sur le vivant continuent à détruire le savoir faire ancestral des agriculteurs indigènes. La biodiversité et la sécurité alimentaire ne sont plus assurés sur le continent africain qui connaît dans cette crise mondiale une nouvelle vague spéculative déprédatrice. Les fonds vautaurs, vulture funds, continuent de plus belle leurs activités de pillage adossées sur les dettes impayées des pays africains.  Pour signer la pétition lancée par Oxfam contre les vulture funds et Stop the debts vulture de Jubilee Debt Campaign.

Des centaines de millions de personnes vont tomber dans l'extrême pauvreté en Afrique. Les 8 Objectifs du Millénium d'éliminer la pauvreté avant 2015 sont totalement oubliés, à moins que les nations développées ne dégagent plus de moyens pour aider les nations pauvres pour faire face à la récession. L'heure est venue à présent de changer d'orientation de manière résolue pour s'engager dans le futur.

Bien que l'Afrique ne soit pas responsable d'avoir provoqué la crise, elle risque fort d'être broyée par elle. Selon le Président de Tanzanie, Jakaya Kikwete, "L'Afrique est victime. Nous ne sommes pas responsables des causes qui ont provoqué la crise mais nous tous allons en souffrir".

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Voir aussi en ligne ma série d'articles: Bretton Woods 2, Green New Deal

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11 avril 2008

Bubble economy. De Paulson à Tobin? La Fed' donne l'exemple - II

huile de Georg Grosz

Suite de la 1ère partie: Bubble economy. De Paulson à Tobin? La Fed' donne l'exemple à la dogmatique BCE? - I


Partie 1:
1] Commerce international, globalisation, économie de bulles (bubble economy).
2] La dernière bulle des subprimes et de la titrisation a été géniale.
3] 1000 milliards de pertes présumées, et révélées sous peu, de la dernière bubble economy en date.
4] Le fautif: Alan Greenspan, ancien secrétaire général de la Fed', la réserve fédérale US, banque centrale américaine.
5] Comment éviter de telles crises financières des bulles?

Partie 2:
6] Le nouveau front de classe des déçus du libéralisme. Il n'y a plus de clivage droite gauche
7] Révision des attributions de la Fed', plan Henry Paulson.
8] Et la taxe Tobin?
9] Hayek / Keynes?
10] Oui, mais quid des vulture fonds qui jettent dans la faillite les pays africains comme l'emprunteur américain?
11] Les jérémiades du FMI face à la crise des subprimes - Les oublis du FMI face aux fonds vautours
12] La psycholepsie des Grands Argentiers du G7 du 11 avril 2008 (plus rénovateurs que la gauche!)
13] La contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance

Lire la suite...


6] Le nouveau front de classe des déçus du libéralisme. Il n'y a plus de clivage droite gauche

Les voix des déçus du libéralismes se font de plus en plus fortes aux USA qui se veulent en être le paradis et le sanctuaire et devant lequel notre Président NS tombe en pâmoison et entre en transe tétanique. Ces voix sont celles de plus de trois millions d'emprunteurs américains qui ne peuvent plus honorer le remboursement des échéances de leurs multiples emprunts et de leurs prêts hypothécaires à risque (subprime) et qui vivent à présent dans la rue comme les sdf qui ont tout perdu. Ces voix sont aussi celles de ceux qui ont acheté les titres émis sur ces prêts hypothécaires à risque et qui ne valent plus rien aujourd'hui. Ces voix sont encore celles des actionnaires de toutes ces banques au comportement hasardeux, irresponsable et véreux qui ont misé sur ces produits financiers basés sur ces titres indexés sur ces prêts hypothécaires qui ne valent plus rien puisque la bulle des crédits immobiliers à risque (subprime) a éclaté et que le prix de l'immobilier s'est écroulé. Nous voilà à présent en face de cet unique front de classe où il n'existe plus de clivage droite gauche puisque le même destin les unit, à savoir la perte de leur fondement et de leur stabilité économique, le toit qui a disparu sur leur tête avec les économies et les placements financiers destinés à assurer l'avenir, les vieux jours, les pensions, l'habitat.

Sont associés dans ce désastre économique et financier, 1) l'emprunteur consommateur avide, irresponsable et aveugle, 2) le spéculateur avide et déprédateur qui voulait s'enrichir dans cette économie du non-"réel" de ces subprimes, 3) les banques qui n'ont plus fait leur métier de contrôle de la solvabilité de leurs clients emprunteurs d'un côté et d'un certain degré de certitude de leurs placements de l'autre côté.

La situation semble être favorable pour qu'un nouveau consensus (de classe...) se forme et fasse éclater ce paradigme du tout-spéculatif de la globalisation et de l'internationalisation financière. C'est là qu'intervient Henry Paulson, Secrétaire d'État au Trésor américain. Les scandales des faillites des fonds de pensions Enron qui avaient mis irrémédiablement des centaines et des centaines de milliers de retraités à la rue et sans le sou n'avaient eux-mêmes pas été assez forts pour faire péter ce paradigme du tout-spéculatif.


7] Révision des attributions de la Fed', plan Henry Paulson.

A cette demande de nationalisation ou d'aide de l'État, pour éponger les dettes ou pour inverser le sens des faillites..., s'ajoute la nécessité de l'État de consolider ou de rétablir la confiance sur les marchés pour que les affaires reprennent ou ne s'effondrent pas dans une grave récession.

Henry Paulson est arrivé à la conclusion qu'il est illusoire d'être pédagogique en voulant raisonner les masses ou la fourmilière sociétale de consommateurs ou de créanciers mais qu'il faut donner à la banque centrale américaine, la Fed', le pouvoir d'imposer aux banques commerciales et d'investissement leur devoir de contrôle des garanties et de l'évaluation des risques, en les contrôlant elle-même.

Le plan Henry Paulson, cet électrochoc, est déjà perçu comme étant la plus grande réforme du rôle de la banque centrale américaine, la Fed', depuis le krach de 1929, voire depuis la guerre de Sécession (guerre civile américaine). Pourtant tous s'accordent à dire que s'il y a réforme de la Fed', il faudra attendre l'élection du nouveau président américain. Une chose est sûre, Henry Paulson a fait péter le paradigme du tout-laisser-faire néolibéral. Enfin vu de l'Europe, ce tout-laisser-faire néolibéral a une existence réelle dans le mental commun des européens, tout le monde sait que les USA prennent des mesures dirigistes quand ils en éprouvent le besoin, c'est à dire quand la catastrophe est arrivée. Seule l'Union Européenne consacre la liberté totale de toutes les circulations de biens, de services, de travailleurs et de capitaux et bannit avec son article 56 du Traité de Lisbonne (Traité Européen Simplifié) la moindre des restrictions de la circulation des capitaux entre les États membres.

Le Plan: il prévoit un contrôle renforcé des marchés financiers par la Fed'. Jusqu'à présent les différents contrôles étaient éparpillés entre différentes autorités qui ne communiquaient pas entre elle. A l'avenir, un nouvel organisme de surveillance sera créé pour contrôler et interdire les prêts hypothécaires afin d'éviter des débâcles comme celle de la crise des subprimes. Cette organisme devra éditer des normes destinées aux banques de prêts hypothécaires ou de crédits fonciers et devra contrôler les États fédéraux dans ce domaine. Le plan prévoit de légiférer au sujet des compétences et attributions des autorités de tutelle de la Fédération et de chacun des États fédéraux. L'autorité de régulation des marchés financiers américains (SEC) sera fusionnée avec la Commodity Futures Trading Commission dont la mission est de contrôler et de réguler les marchés à terme des matières premières et des devises. Le Office of Thrift Supervision, dont la mission est de contrôler les caisses de dépôts et de prêts sous la haute autorité du ministère des finances, fusionnera avec l'Office of the Comptroller of the Currency qui contrôle l'ensemble des banques nationales américaines. La Fed' sera impliquée dans une plus grande mesure dans le contrôle des acteurs financiers dans l'espoir de contribuer plus amplement à la stabilité du système financier. La Fed' n'avait par exemple pas la possibilité de prévoir suffisamment à l'avance le risque encouru par la Bears Stearns avec les prêts hypothécaires à haut risque. A l'avenir les banques d'investissement seront aussi soumises aux mêmes exigences de transparence et de publication de leur situation à l'instar des banques polyvalentes de dépôts ou d'affaires. Jusqu'à présent elles ne devaient pas rendre des comptes. La Fed' pourra s'arroger le droit de se faire présenter les comptes des banques d'investissement et de placement, des Hedge-Fonds et des agences de notation (évaluation et conseil boursier) et de tout autre institut financier.


8] Et la taxe Tobin?

Les propositions de Henry Paulson doivent encore être soumises au vote du Congrès majoritairement Démocrate, mais ces derniers sont déjà entrain d'élaborer des propositions encore plus sévères. Historiquement les Républicains sont plutôt dans la mouvance de Hayek et de l'État minimal, il est donc d'autant plus intéressant que Henry Paulson fasse sauter ce paradigme qui gouverne son action et la vision plus globale de la société américaine. Comme écrit plus haut, ceci vu de loin et de l'Europe, car l'État fédéral comme les États fédéraux ne se sont jamais privés d'intervenir dans le commerce quand ils le jugeaient nécessaire. Je souligne le fait que l'Europe a une vision fausse des USA, et que le dernier président en date français, NS, cultive pour flatter son propre compte, cette vision de l'Amérique néolibérale. Il n'en demeure pas moins vrai que de telles nouvelles attributions et compétences de la Fed' seront une révolution culturelle. A l'ampleur de ce saut quantique nous pouvons mesurer l'ampleur de la crise (cataclysme) qui se prépare. Le symbole, le mythe, le mensonge, le paradigme sont du réel constituant de l'existant humain. La transgression est significative à la vue de l'état antérieur, de l'état annoncé, de l'état prétendument en cours et de toutes les danses et contorsions faites devant elle.

Aujourd'hui, nous sommes très loin du débat sur la Taxe Tobin qui devait être prélevée sur chacune des transactions boursières pour éviter le tourisme des investisseurs, des fonds de pensions, des hedge-fonds qui prélèvent à chaque fois leur marge au détriment de l'économie "réelle" et du management entrepreneurial. Mais avec l'application du plan Paulson il n'est pas impossible que cette taxe Tobin revienne pour consolider les entreprises et rendre leur activité et leur croissance durable. Durable est donc l'un de ces paradigmes qui tentent de s'imposer dans la sphère conceptuelle et sémantique des masses. Il faut savoir que chaque paradigme cache son anti-matière, son anti-image, qui est sans doute encore plus prégnante que le paradigme lui-même.

Il ne vous aura pas échappé que tous les médias se plaisent actuellement à parler de "l'économie réelle" en évoquant à contrario, comme éberlués devant une découverte inattendue et surprenante, cette économie spéculative qui n'a rien d'irréel et en annonçant à demi-mots mâchés le grand cataclysme des répercussions sur cette autre économie (la réelle), en pensant subitement tout pudiquement à cette économie productive (presque oubliée) de biens et de services, en pensant à l'écroulement de la production américaine, à l'effondrement prévu de la demande et aux répercussions pour l'emploi. Ah, oui, c'est vrai, il faut aussi les payer ceux-là. Dans le glocal on avait oublié le local au profit du global. Ce retour à la mise en avant de cette "économie réelle" dans le paysage sémantique est une transgression arrière partant du credo du librement-spéculatif pour accéder à l'entreprise quasi locale. La proximité, la subsidiarité reprend du sens. Ceci me fait le même effet que les Kapo, les VoPo, la Stasi et la Securitate et tous les flics qui gardent mètre par mètre le passage de la flamme olympique: c'est une collision signifiante qui caractérise le mensonge, la valeur, le mythe, le paradigme qui font exister le monde et sa fourmilière sociétale. J'appelle communément ceci sur mon site la participation à la compromission universelle. (Les tentatives d'étouffement de la flamme olympique sur son parcours jusqu'à Péking n'ont rien de généreux pour les tibétains dont on se fout du génocide du 1,2 million des leurs, elles veulent juste faire la nique à la Chine, à cette Chine).


9] Hayek / Keynes?

Cette analyse ci-dessus entre-t-elle en collision avec l'analyse keynésienne qui met en avant une faiblesse de la demande comme facteur déclenchant et aggravant la crise? Cette analyse de la conjoncture économique met ici en avant les facteurs monétaires, le rôle de l'argent et du crédit qui financent l'investissement. C'est justement sur ce point que Hayek et Keynes sont violemment opposés. Pour Hayek la crise a été préparée par les mauvais investissements (ici à risque) des entreprises et des banques et c'est à ce niveau que doivent être opérées les corrections.

Pour ma part, il n'y a pas lieu d'opposer, dans ce système d'économie de bulle, la vision de Hayek à celle de Keynes. A l'époque de Keynes nous étions encore tout proche d'Ötzi et le temps avait encore cette dose romantique et mystérieuse d'incompressibilité, les volatilités n'étaient pas encore si fugaces comme le permettent depuis 15 ans les autoroutes de l'information du grand village global, et l'économie "réelle" s'exerçait dans le domaine palpable des biens et des services arrosé d'une couche de valeur, de mythe et du paradigme de la croissance capitalistique. Depuis l'ouverture et le rapprochement global et la capacité d'agir partout en même temps, comme le permet le marché financier global, l'économie non-"réelle" a pris (avec le chat de Schrödinger) la place de l'ancienne économie du palpable, de celle d'Ötzi. Pour moi il y a conjugaison de la crise d'avant (de celle vue par Hayek, et les mauvais investissements des entreprises et des ménages) à la crise d'après (de celle de la chute, de la carence ou de l'absence de la demande... de biens économiques palpables).

Les économistes de gauche, et en ce qui me concerne, d'un Parti Socialiste toujours absent des débats, devront apprendre à réviser leur vision du monde et à avoir une stratégie qui sache répondre à la crise d'avant combinée à la crise d'après. Le mot "durable" n'a pas encore livré tout son sens. Je pense que, pour le monde, et pour l'Europe, un Plan Paulson, associé à la taxe Tobin, à une politique budgétaire européenne qui assujettit la BCE et l'Euro-Groupe (chercher ce mot dans le site) à des critères sociaux et plus uniquement monétaires, pourrait ramener toute l'économie nationale et d'entreprise à ce monde visuel et audible du palpable. Durable.


10] Oui, mais quid des vulture fonds qui jettent dans la faillite les pays africains comme l'emprunteur américain?

Le monde "civilisé" industrialisé se découvre subitement un mal qui l'entraîne à sa perte et invente des systèmes pour se réparer de ses premiers dégâts et pour se protéger du cataclysme futur. Le mal est provenu d'un systémique et déjà banal éclatement de bulle, cette fois-ci de la bulle des prêts et placements hypothécaires à risque. La cupidité véreuse des systèmes bancaires avait inventé un nouveau produit financier se voulant être prometteur pour les spéculateurs. Ils avait procédé à la titrisation de ces dettes contractées pour les placements immobiliers à risque.

Il existe une autre forme de titrisation des dettes qui est orchestrée par les vulture fonds, les fonds vautours. Ces fonds vautours sont des fonds de couverture qui rachètent à vil prix des obligations (des créances) de pays pauvres, souvent accablés de dettes, pour ensuite entamer une procédure judiciaire à l'usure et les obliger à payer la valeur nominale (le montant initial de la créance) de ces obligations au moment de leur émission, majorée des intérêts moratoires et des intérêts composés.

Les pays africains endettés jusqu'à l'étranglement sont devenus, eux aussi, l'objectif cardinal d'investisseurs véreux qui se promettent des marges opérationnelles d'un exceptionnel niveau. Il existe un type nouveau de fonds d'investissements qui se sont spécialisés dans le rachat à vil prix de créances non recouvrables des pays du tiers monde et dans les actions en recouvrement portées devant les tribunaux.

En avril 2007 la Zambie a été la plus récente des victimes de ces vulture funds (fonds vautours). La Cour de Londres a condamné la Zambie à payer à Donegal International, le vulture fonds américain, 17 Millions de $. La Zambie avait contracté en 1979 à Ceaucescu, le tyran de la Roumanie, un emprunt de 15 millions de dollars pour acheter des tracteurs agricoles roumains. Dans les années 80, la chute du cours du cuivre, qui représente la plus grande valeur d'exportation de la Zambie, a plongé le pays dans des difficultés financières insurmontables et dans l'impossibilité de rembourser la dette.

Alors que ce crédit devait être totalement remboursé dans les années 90, le vulture fonds Donegal enregistré dans les Iles Vierges anglaises, a racheté la créance pour 3,28 millions de dollars. Donegal a ajouté au capital dû les intérêts et la capitalisation des intérêts, et a porté l'affaire devant la cour londonienne et revendiqué 55 millions de dollars. La cour aurait donné raison à Donegal si ce dernier n'avait pas versé 1 million de dollars au Président Chiluba de Zambie pour qu'il remette la créance sur le second marché. La cour a rabaissé le montant de la demande de Donegal sans juger sur le fond et sans en remettre en question l'objet. Donegal a réalisé une marge opérationnelle de 700% (= montant de la dette + taux d'intérêts + plus intérêts composés + intérêts moratoires). Pour la comparaison, la marche opérationnelle d'une strat-up ou d'un fonds de pension est de 20%, celle d'une activité économique habituelle de 3 à 7%.

Le milliardaire new-yorkais, Paul Singer, a inventé le vulture fonds en 1996 et fondé sa société Elliot Associates Ltd. Paul Singer avait réussi a empocher 58 millions de dollars du Pérou pour une créance de 20 millions de dollars qu'il avait racheté 2 millions de dollars. Paul Singer avait menacé de faire plonger le Pérou dans la faillite. Le Pérou, acculé à la faillite par ce fonds vautour, avait dû consentir à lui payer les 58 millions de dollars pour être admis a la table de nouvelles négociations avec la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International (FMI) en vue d'une reconversion de sa dette. Paul Singer avait en effet menacé de bloquer toutes nouvelles négociations entre le FMI et le Pérou aussi longtemps qu'il ne serait pas remboursé.

La Zambie fait partie des "Highly indebted poor country" (HIPC, les Pays Pauvres Très Endettés, PPTE) qui venaient justement d'obtenir une annulation de la dette. Ces pays s'étaient engagés de réaliser en échange des investissements d'une même valeur dans les infrastructures, la santé et l'éducation. Les 17 millions dûs par la Zambie à Donegal représentent 1/4 de son budget annuel social et de santé. La Zambie qualifie d'injuste le jugement de la Cour de Londres, mais pour Donegal la cour n'a fait que d'appliquer un principe de légalité dans le cadre du remboursement d'une somme empruntée.

Alors que les bailleurs de fonds internationaux consentent des remises de dette pour les dettes persistantes, ce sont des créanciers privés véreux qui tirent bénéfice de ces programmes. Des comportements d'une telle immoralité mettent en péril les objectifs du Millenium qui prétendent vouloir réduire de moitié la pauvreté dans le monde...

Cette stratégie est mise en œuvre dans toute l'Afrique actuellement. La Zambie n'est que la pointe de "l'iceberg". D'autres vulture funds comme Kensington, Elliot Associates réclament des sommes tout autant astronomiques aux autres pays africains. Selon le FMI 44 affaires sont pendantes devant les tribunaux pour un montant global de 1,9 milliards de dollars. Le ministre des finances anglais, Gordon Brown (qui a remplacé Tony Blair) avait critiqué dès 2002 ces pratiques et réclamé leur interdiction. George Bush avait cessé de critiquer les vultures funds quand Paul Singer s'était constitué comme le premier financeur de sa campagne électorale aux Présidentielles.

Il est à regretter que le plan Paulson n'évoque même pas ces Vulture Fonds américains qui comme les Hedge Fonds, les banques, doivent être tout autant contrôlées par la Fed'. Mais pour Paulson, cette pauvreté dans laquelle sont jetés des pays entiers, les PED (Pays en développement) et des Pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique), est sans importance.

11] Jérémiades du FMI face à la régulation des marchés financiers - Oublis du FMI face aux fonds vautours:

Les travaux préparatoires du G8 de Heiligendamm / Rostock promettaient de traiter de la question des Vulture funds et de l'Afrique. Le G8 qui chapeaute de manière informelle toutes les organisations globales comme le Fond Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale, l'ONU, l'OTAN... aurait dû proposer l'interdiction des vulture funds, mais George Bush s'y était opposé pour les "raisons personnelles" citées plus haut.

Le Pérou, acculé à la faillite par le fonds vautour Elliot Associates Ltd de Paul Singer, avait dû consentir à lui payer les 58 millions de dollars pour être admis a la table de nouvelles négociations avec la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International (FMI) en vue d'une reconversion de sa dette. Paul Singer avait en effet menacé de bloquer toutes nouvelles négociations entre le FMI et le Pérou aussi longtemps qu'il ne serait pas remboursé. Le FMI avait donc fait du chantage sur le Pérou pour qu'il honore au préalable la créance de ce fonds vautour. Ce n'est pas un hasard si le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC sont des Clubs de riches aux yeux des pays pauvres.

Le fonds vautour Kensington International (détenu par le Fonds Elliot Associates de Paul Singer) a racheté une dette du Congo-Brazzavile pour 1,8 million de dollars. Ce fonds, dont le siège est établi dans les îles Caïman, réclame aujourd'hui 120 millions de dollars au Congo-Brazzaville. Pour se faire payer, il fait saisir dans le monde entier des fonds destinés au Congo — Brazzaville. Une première saisie, pour un montant de 10.300.000 euros, concerne un "prêt d'État à État" qui fait partie d'un crédit mixte destiné au financement de la construction d'une centrale thermique à Brazzaville. La deuxième saisie a trait à un don, d'un montant de 587.585 euros, de la Coopération belge au développement en faveur de la direction générale de la télévision nationale du Congo-Brazzaville. La saisie a été demandée au moment du versement par la Belgique en faveur de l'État congolais. Le comportement des fonds vautours a un impact direct sur la politique en matière de coopération au développement. Certains pays en développement visés par les fonds vautours risquent de se voir couper les vivres par la communauté internationale, étant donné que les fonds vautours s'emparent chaque fois de cette aide pour engranger rapidement des bénéfices.

Les accords relatifs à la remise de dettes dans le cadre du FMI ou de la Banque mondiale doivent valoir pour tous les créanciers. Il faut protéger les pays les plus pauvres contre leurs créanciers, à l'instar de ce que l'on peut faire aujourd'hui pour les entreprises.

Ce vulture capitalisme des fonds vautours est-il si éloigné des pratiques des banques américaines et des autres instituts de crédit qui ont transformé en titre leurs prêts hypothécaires à risque qu'ils sont accordés sans contrôle et sans garantie à des emprunteurs non solvables pour des achats immobiliers? Non. La prédation du vautour est la même et les banques américaines voulurent gagner bien plus d'argent en titrisant les créances et leur risque encouru avec l'octroi de ces créances véreuses. Les fonds vautours sont des créanciers véreux, les autres banques américaines et européennes qui ont racheté ces titres à des fins spéculatives sont tout autant des créanciers véreux.

DSK, issu de l'aile libérale du PS et le nouveau patron du FMI, n'est pas Henry Paulson. Il ne propose rien pour attribuer au FMI et à la Banque Mondiale de nouvelles compétences de contrôle et d'interdiction de ces fonds vautours.

Les ONG intensifient les pressions aux États-Unis. En mai 2007, la sous-commission Afrique (Subcommittee on Africa) du Congrès américain a organisé une audition sur l'impact des fonds vautours sur les programmes d'allègement de la dette.

En France, le gouvernement a pris une initiative dans ce domaine et une proposition de loi a été déposée. Cette proposition prévoit que les juges peuvent déclarer les actions des Fonds vautours irrecevables ou les rejeter. C'est aller trop loin dans la mesure où cela constitue probablement une violation des droits de la défense et une atteinte à l'accès de tous à la justice. Cette proposition ne passera sans doute pas le cap de la Cour européenne.

Il convient d'élaborer des codes internationaux de bonne conduite. La mise en œuvre, au sein des forums internationaux compétents, de directives et de codes de bonne conduite visant à prévenir la revente de dettes à des fonds vautours aux pratiques abusives et agressives est une bonne piste dans laquelle les gouvernements et l'Europe doivent s'engager. Pour l'instant aucun accord international existe à ce sujet et le FMI et la Banque Mondiale commencent tout juste à s'émouvoir de ces pratiques.

Mais face à la crise des subprimes le FMI est plus prolixe: voir FMI et Attac même combat: le contrôle des marchés financiers


12] La psycholepsie des Grands Argentiers du G7 du 11 avril 2008 (plus rénovateurs que la gauche!)

L'électrochoc du Secrétaire d'État américain au Trésor, Henry Paulson, a ébranlé le paradigme du consummisme et des comportements à risque et addictifs des emprunteurs, des spéculateurs et des bailleurs de fonds véreux. Les ministres de l'économie et des finances du G7 se sont rencontrés dans une réunion extraordinaire à Washington, toujours pour tenter de rétablir la confiance sur les marchés financiers, en fait pour essayer de rendre durable leur morphing du même visage d'Ötzi Schrödinger qui feint ses mea culpa d'usage en expliquant "qu'il s'était mépris sur la gravité de la situation". Le monde des grands responsables et des grands spécialistes internationaux, qui se sont mépris, grandit de jours en jours à la même vitesse que les pertes avouées de jour en jour: Georges Soros, Alan Greenspan et Ben Bernanke patrons de la Fed', la 5ième banque américaine Bear Stearns, la plus grande banque du monde Citigroup, la plus grande banque suisse UBS, la Société Générale... : "les turbulences sur les marchés financiers demeurent prégnantes et plus durables que nous ne l'avions anticipé". C'est étrange, la crise est connue depuis 2006, et dès juin 2007, plus de 3 millions d'américains avaient été déclarés en faillite personnelle et avaient tout perdu, dont leur bien immobilier acquis avec ces prêts hypothécaires à haut risque. La raison de cette cécité et de cet autisme était de jouer au poker menteur et de se tromper mutuellement entre banques en retardant au maximum les publications des pertes pour ne pas dévisser à la bourse, et entre banques centrales pour éviter une dévaluation de sa monnaie.

Le Grand-Guignol ne pouvant plus durer, à l'orée du cataclysme à venir, le G7 a "mis en demeure les banques de publier leurs pertes dans les cent jours et lors de la publication de leurs comptes semestriels". Cette sommation est mignonne, mais comme les recommandations du G8 de Heiligendamm Rostock ou de Gleneagles, elle ne comporte aucun cadre légal et un catalogue et un agenda de mesures dans le cadre de la souveraineté des États concernés. Le G7 poursuit en demandant "des améliorations de la comptabilité et de la transparence des engagements hors bilan des établissements financiers". Elle demande aussi "la valorisation à la juste valeur des instruments financiers durant les périodes délicates". Le G7 souhaite que "des tests de robustesse soient appliqués aux produits risqués et dérivés" et que "les ratios de trésorerie (liquidité) des banques soient améliorés et augmentés". D'ici à la fin de l'année le G7 veut aussi que "soient accrues les exigences de fonds propres pour les produits structurés complexes et les entité hors bilan pour mieux en apprécier la dangerosité". Les agences de notation doivent "mettre fin à leurs conflits d'intérêts résultants de leur double activité, celle de la notation (boursière et d'entreprises) et celle de la commercialisation de produits financiers complexes". Les agences de notation doivent aussi "améliorer leur méthodes d'évaluation".

Les ministres de l'économie et des finances du G7 "se réservent le droit de réglementer si les agences de notation ne devaient pas se réformer". Nous pouvons donc observer que l'intervention de l'État prévue par le G7 n'est pas encore inscrite dans leur mental, à l'image de Henry Paulson, et qu'une seule réglementation est prévue pour les agence de rating (notation). Le G7 n'attend que du FMI et de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) pour octobre des proposition destinées à encadrer leurs futures activités propres. Nous observons la couardise du G7 et sa manière de faire rentrer par la petite porte le retour de l'interventionnisme étatique en s'appuyant sur d'autres organisations internationales. Malheureusement il faudra passer par le cataclysme financier et économique pour mettre fin à cette psycholepsie des responsables politiques qui sont encore dans leur rêve néo-libéral, en apparence pour eux légitimé par la chute du Mur de Berlin, qui est dans la continuité de von Hayek et de son État minimal. C'était tellement agréable pour cette classe politique de se laisser élire par les peuples sans être obligés d'agir pour le bien public et pour le service au public et pour laisser faire ce laisser-faire.


13] La contre-réplique répulsive de l'IIF - l'Institut International de la Finance

Quand la croissance durable du club des riches, composé de l'OMC, du FMI, de la Banque Mondiale, de l'OCDE, mais aussi à sa tête composé de la néolibérale Union Européenne, est elle-même menacée, le grand garant, l'IIF, sort de l'ombre pour porter le flambeau olympique de la finance et qui n'hésitera pas à commanditer sa milice privée, le moment venu, à l'image de la Chine génocidaire. (avez-vous remarqué que l'État souverain français a laissé opérer la milice privée chinoise en jogging bleu et blanc sur son territoire et tout au long du parcours de la flamme? La compromission universelle n'a pas de limite).

L'IFF n'est pas une association secrète mais il n'était connus que des milieux spécialisés et il n'organisait ses réunions qu'à New York, Londres ou Washington. C'est la première fois dans ses 25 ans d'existence qu'il a siégé à l'étranger, soit à Francfort et qu'il a émis un catalogue de proposition d'une telle ampleur. L'IIF est une association bancaire qui regroupe 375 membres. Il s'agissait pour l'IIF de se demander si les politiciens des pays industrialisés de l'ouest allaient imposer des limites à la branche débridée du secteur bancaire. Dans ce cas, l'IIF reconnaît "la légitimité des politiciens face à la crise financière la plus virulente et la plus grave depuis la seconde guerre mondiale et qui est due à un octroi excessif de prêts en Amérique, à des spéculations inappropriées et à une politique lacunaire du risque de beaucoup de banques européennes et américaines".

Selon Charles Dallara, Président de l'IIF, l'organisation fera tout son possible pour "assainir d'elle-même la maison et pour ne pas abandonner cette tâche au législateur". L'IFF prévient les politiciens de ne pas "légiférer dans l'urgence et de manière inappropriée". La crise "qui n'avait commencé qu'en rien d'autre qu'une crise immobilière aux USA avait pris une telle ampleur parce que les banques avaient enveloppés les crédits immobiliers dans des constructions de plus en plus complexes et qu'elles les avaient revendues au niveau mondial". Ceci avait provoqué "une crise de confiance entre les banques parce que personne ne connaît en réalité ses pertes réelles et la forme et la hauteur des risques encourus".

Nous ne pouvons croire qu'au niveau de la direction générale de tous ces instituts financiers et bancaires l'on ne connaisse au jour le jour les positions comptables et l'orientation des affaires. C'est comme l'affaire montée du trader de la Société Générale qui aurait à lui seul provoqué la plus grande des pertes d'une banque. Non. Nous sommes bien au niveau du tout-laisser-faire où le seul objectif est de tromper le partenaire économique pour profiter de lui au maximum et le plus vite possible dans ce système des réseaux emboîtés du monde de la finance. Pourtant, il y a moins d'un an l'IIF répandait sa mantra selon laquelle "ce système des réseaux financiers emboîtés concourrait justement à la stabilisation du système financier et que les instituts financiers se préoccupaient de répartir les risques de manière efficiente". Il y a un an aussi, Dallara chantait les louanges pour le "management du risque très amélioré des banques". Et c'est le contraire qui est réalité: l'opacité des produits structurés et imbriqués entre eux a échoué et a mis en péril la stabilité mondiale du système financier.

Les banquiers ont promis de faire pénitence et de "grandes lacunes ont été reconnues dans la pratique des affaires de la part des instituts de crédit". Un code de bonne conduite, qui sera publié cet été, promet un meilleur management du risque contrôlé de manière plus accrue par le Président du directoire et du Conseil de surveillance de chaque institut financier. Dans un catalogue en 98 points l'IFF plaide pour améliorer la transparence de ces produits financiers complexes et pour rémunérer les banquiers qui prennent plus en compte les critères du long terme dans leurs calculs du risque. Vous voyez ce que la taxe Tobin n'a pas encore eu le droit d'appliquer, à savoir de freiner le tourisme spéculatif, l'IIF prétend vouloir le freiner. Ne nous faisons aucune illusion, ceci n'est qu'une pseudomnésie, rien d'autre. Il faut aux banques gagner du temps pour se régénérer dans la bubble economy et pour inventer une nouvelle bulle pour opérer en leur faveur les transferts de richesses auxquels elles aspirent. Les banques ne se sont jamais soumises elle-mêmes à leurs obligations volontaires de bonne conduite et leur dernier déni en date remonte à mars 2007 où l'IIF avait recommandé sans suite les banques à améliorer le management de la trésorerie (liquidités).

La crise a des racines bien plus profondes que l'éclatement de la bulle financière, le management défaillant du risque, etc... Les banques ont inventé depuis ces deux dernières décennies des produits de plus en plus innovants et sophistiqués avec lesquels elles se sont laissées dépasser. Les entreprises financières ont contribué de manière considérablement disproportionnée à la croissance économique des nations industrialisées (économie "réelle" / économie non-"réelle"). Les banques ont aussi gonflé leurs bilans avec des montagnes de dettes et se sont catapultées dans des proportions non tenables sur le long terme. Au début des années 80' la dette de la branche américaine de la finance correspondait à 1/10 du volume du crédit, elle est aujourd'hui de 50%.

Que la main ferme de l'État "bidouille" (selon Dallara) dans les affaires des banques, ou que ce soit la main tranquille des marchés qui s'en occupe, les banques devront rétrécir de manière incontournable le volume de leur dette et devoir restreindre le volume de leurs affaires. Pourtant l'IIF rejette de façon véhémente et à tout prix des lois plus astreignantes pour les banques mais les souhaite pour les sociétés de notation (rating). L'IFF attend aussi, en situation de crise, un plus grand soutien financier de l'État... cqfd. Oh, non, non pas pour sauver des banques, saperlotte, pécaïre, mais pour éviter une plus grande crise et la récession. Eh voilà, les gars, l'État doit de nouveau agir, avec l'aide du contribuable, comme une entreprise de réparation des marchés financiers internationaux pilotés par des opérateurs au comportement irresponsable et méprisant de la chose publique.

Vous n'avez toujours pas envie de signer les pétitions ci-dessous? Ou de vous demander, pourquoi il y a des européens nonnistes comme moi? Ah oui, c'est vrai le PS et ses boys de Solférino se sont "abstenus" le 4 février au Congrès de Versailles pour l'adoption du TSE, du Traité de Lisbonne.

C’est pourquoi nous, citoyens européens, demandons l’abrogation du Chapitre 2 "Interdiction des restrictions quantitatives entre les États" du Traité de Lisbonne (TSE, Traité Simplifié Européen) de l’art. 56 qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également que soit restreinte la "liberté d’établissement" (chap. 2, art. 48), qui laisse opportunément au capital la possibilité de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et qui permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs. Vous voyez, même si le FMI devait émettre des recommandations de bonnes conduite, l'Europe s'est elle-même verrouillée de partout avec une adoption de la Constitution européenne "simplifiée" qui demeure la Loi fondamentale au-dessus de toutes les autres lois nationales et qui a force quasi immuable. J'ai voté NON le 29 mai, je vote toujours NON parce que je suis un européen convaincu. L'histoire punira d'elle-même tous ces partis qui ont abandonné les peuples au profit des affaires commerciales d'une UE qui n'est qu'une AELE, Association Européenne de Libre Echange conforme au modèle anglais, que notre nouveau Président, NS, est venu embaumer à la City avec ses chaussures à talons hauts.

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1] Pour signer la pétition lancée par Oxfam contre les vulture funds et Stop the debts vulture de Jubilee Debt Campaign

2] Pour signer la pétition européenne "Spéculation et crises financières: ça suffit".


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Lire aussi: FMI et Attac, même combat: le contrôle des marchés financiers.

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15 juin 2007

Heiligendamm: G8 et FMI garantissent le développement durable des Fonds Vautours



Les travaux préparatoires du G8 promettaient de traiter de la question des Vulture funds et de l'Afrique. Le G8 qui chapeaute de manière informelle toutes les organisations globales comme le Fond Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale, l'ONU, l'OTAN... aurait dû proposer l'interdiction de ces vulture funds, mais George Bush s'y était opposé pour des raisons personnelles.

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Les pays africains endettés jusqu'à l'étranglement sont devenus l'objectif cardinal d'investisseurs qui se promettent des marges opérationnelles d'un exceptionnel niveau. Il existe un type nouveau de fonds d'investissements qui se sont spécialisés dans le rachat à vil prix de créances non recouvrables des pays du tiers monde et dans les actions en recouvrement portées devant les tribunaux.

En avril 2007 la Zambie a été la plus récente des victimes de ces vulture funds (fonds vautours). La Cour de Londres a condamné la Zambie à payer à Donegal International, le vulture fonds américain, 17 Millions de dollars. La Zambie avait contracté en 1979 à Ceaucescu, le tyran de la Roumanie, un emprunt de 15 millions de dollars pour acheter des tracteurs agricoles roumains. Dans les années 80, la chute du cours du cuivre, qui représente la plus grande valeur d'exportation de la Zambie, a plongé le pays dans des difficultés financières insurmontables et dans l'impossibilité de rembourser la dette.

Alors que ce crédit devait être totalement remboursé dans les années 90, le vulture fonds Donegal enregistré dans les Iles Vierges anglaises, a racheté la créance pour 3,28 millions de dollars. Donegal a ajouté au capital dû les intérêts et la capitalisation des intérêts, et a porté l'affaire devant la cour londonienne et revendiqué 55 millions de dollars. La cour aurait donné raison à Donegal si ce dernier n'avait pas versé 1 million de dollars au Président Chiluba de Zambie pour qu'il remette la créance sur le second marché. La cour a rabaissé le montant de la demande de Donegal sans en remettre en question l'objet. Donegal a réalisé une marge opérationnelle de 700%. La marche opérationnelle d'uns strat-up et d'un fonds de pension est de 20%, celle d'une activité économique habituelle de 3 à 7%.

Le milliardaire new-yorkais, Paul Singer, a inventé le vulture fonds en 1996 et fondé sa société Elliot Associates Ltd. Paul Singer avait réussi a empocher 58 millions de dollars du Pérou pour une créance de 20 millions de dollars qu'il avait racheté 2 millions de dollars. Paul Singer avait menacé de faire plonger le Pérou dans la faillite. Le Pérou avait dû consentir à payer les 58 millions de dollars pour être admis a la table de nouvelles négociations avec la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International en vue d'une reconversion de sa dette. Paul Singer avait en effet menacé de bloquer toutes nouvelles négociations entre le FMI et le Pérou aussi longtemps qu'il ne serait pas remboursé.

La Zambie fait partie des "Highly indebted poor countrys" (HIPC, les Pays Pauvres Très Endettés, PPTE) qui venaient justement d'obtenir une annulation de la dette. Ces pays s'étaient engagés de réaliser en échange des investissements d'une même valeur dans les infrastructures, la santé et l'éducation. Les 17 millions dûs par la Zambie à Donegal représentent 1/4 de son budget annuel social et de santé. La Zambie qualifie d'injuste le jugement de la Cour de Londres, mais pour Donegal la cour n'a fait que d'appliquer un principe de légalité dans le cadre du remboursement d'une somme empruntée.

Cette stratégie est mise en œuvre dans toute l'Afrique actuellement. La Zambie n'est que la pointe de "l'iceberg". D'autres vulture funds comme Kensington, Elliot Associates réclament des sommes tout autant astronomiques aux autres pays africains. Selon le FMI 44 affaires sont pendantes devant les tribunaux pour un montant global de 1,9 milliards de dollars. Le ministre des finances anglais, Gordon Brown (qui va bientôt remplacer Tony Blair) avait critiqué dès 2002 ces pratiques et réclamé leur interdiction. George Bush avait cessé de critiquer les vultures funds quand Paul Singer s'était constitué comme le premier financeur de sa campagne électorale aux Présidentielles.

Nous ne pouvons pourtant pas dire que ce sont les vulture funds qui jettent dans la ruine les pays africains, mais la Banque Mondiale qui continue d'accorder des lignes et des lignes de crédits à ces pays très hautement endettés. Ces crédits ne servent qu'à rembourser les anciennes dettes. En réalité nous assistons à une augmentation de 50% du volume des crédits accordés par rapport à ces dernières années. Une surenchère a lieu depuis 3 à 4 années avec la Chine qui arrose l'Afrique sans compter, sans conditions de moralité, sans exigences de démocratie, de respect des droits de l'homme, etc... La Chine, le FMI, la France (premier partenaire de l'Afrique), sont entrain de corrompre l'Afrique comme jamais et de manière encore bien plus grave et irrémédiable que sous la période coloniale. Nous comprenons aussi mieux le nouveau Chef Président Sarkozy qui ne veut pas s'embarrasser de "repentance".

Pour signer la pétition lancée par Oxfam contre les vulture funds.

et Stop the debts vulture de Jubilee Debt Campaign

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