A force de les booster plus personne n'y croit, mais comme le peuple croit s'emmerder - car il a désappris qu'il peut être créatif, inventif - il lui faut aller humer de ce parfum de héros. On ne sait jamais, peut-être une gouttelette de leur sueur va se poser sur leur humeur flétrie de personne et de citoyen pour humidifier un peu le parchemin de leur peau et de leur cortex qui ont oublié de se mouvoir ou de penser.

En ce moment c'est surtout les juges qui freinent les ardeurs cupides des toureurs ou des politiciens. Pour certains, à la fin de leur mandature, l'immunité décroche du bon braquet, et oups la prochaine victoire d'étape se trouve aux Beaumettes ou à Fleury. Berlusconi, le coujione, lui, est déjà devant les tribunaux, il ne dispose plus du droit régalien universel... A qui le Tour? Les toureurs qui avaient le cycle de la cuiller d'argent, une dans la bouche, l'autre dans l'évacuation, n'ont pas encore su inventer l'autoamnistie symptomatique dont Guy Drut est le dernier bénéficiare connu en date. Ils se transforment alors en zorro de la Pedi Pulite pour signer et vendre quelques lignes dans les gazettes tout autant pourries. Il paraît qu'ils n'ont pas dit la vérité complète tellement ils étaient emportés par la force gyroscopique de leur mission. Il y a quelques temps la presse sportive entonnait en choeur "la France a besoin d'Alain Juppé". Finalement, qui est le fautif? Le cycliste ou le donneur d'ordre du dopeur? Le spectateur, le peuple de France.

Par la suite peut venir l'abandon et le jugement populaire.
Il sera sans appel, car les appels du pieds ont été usurpés.
C'est pour qui la prochaine pochette de sang neuf ou de plasma congelé?
Il y a du cyclisme à deux vitesses, comme il y a une France à deux vitesses, tout reste dans l'ordre naturel des choses.

Je me sens bien en France, je reste. Je me prive de victoire et je prends des mesures fortes avant le départ.
Les victimes sont celles à qui on a volé des résultats.
C'est au tour de la chute des icônes.
On a rénové maintenant le Tour.

Reste le petit Thomas Voeckler, de bonne constitution avec son visage d'enfant et la beauté de l'arraché.