Keine_Rente_mit_67.JPG
Les actions pour le rabaissement de l'âge de départ à la retraite ont commencé et culmineront aux Actions d'automne 2011. Pour mémoire les Actions d'automne 2009 dans le ferroviaire allemand n'avaient apporté aux employés de ce secteur que 2,5% d'augmentation + un complément de salaire de 500 euros versés en décembre 2009 et 2% d'augmentation à partir du 1er janvier 2010. Attention, en Allemagne la retraite est à 67 ans, mais avec cessation progressive d'activité pour les Senioren et les années d'études sont comptées. (Photo: "Les plus âgés veulent sortir, les plus jeunes veulent rentrer")





Les Actions d'automne 2008 dans le ferroviaire allemand avaient mené après 10 mois de dures négociations à la signature d'un accord salarial et d'une Convention Collective additionnelle des Conducteurs de trains de ligne de passagers, commerciaux et de rangements. Il y a bien pour les conducteurs de train, en plus de l'augmentation jusqu'à 10% pour les 100 métiers du ferroviaire, une augmentation de 11% établie en deux fois à partir de 2008 et une réduction du temps de travail d'1 heure.
Connaissez-vous les taux d'augmentation des salaires en France? 0,8% ou 1% ?

GDBA_Warnstreik_1.jpg(Photo, slogan de gauche: "Cessez l'esclavagisme moderne") Les syndicats allemands de cheminots sont passés à la seconde phase de la lutte syndicale pour les négociations d’automnes de la convention collective. La lutte syndicale allemande est une Lutte de Classe responsable, efficace, solidaire qui réussit quasiment à tous les coups.

Premièrement les syndicats organisent un Référendum de grève (Urabstimmung) dans lequel les syndiqués manifestent leur intention d’aller jusqu’au bout dans la plate-forme annuelle de revendications. Si le patronat ne cède pas lors des tables rondes, la seconde phase est engagée et les syndicats organisent des grèves d’avertissement (der Warnstreik) tournantes et ciblées dans certains Länder du nord au sud et de l’est à l’ouest de la Fédération allemande, le Bund. Si le patronat reste sourd, les syndicats lancent la troisième phase et organisent sur tout le territoire du Bund une grève de menace. Si le patronat reste sourd, les syndicats lancent la grève générale.

Il n’existe pas en Allemagne des dames aux porte-monnaie comme la française Christine Lagarde, Ministre des Finances, qui grondent les citoyens parce que la grève coûte à l’économie nationale et grignote un pourcentage du PIB. En Allemagne la Tarifautonomie est garantie par la Grundgesetz (Loi Fondamentale - Constitution) parce qu’elle fait partie du fonctionnement normal et sain d’une démocratie et de la démocratie d’entreprise. En France la lutte des syndicats est quelque chose comme une lutte des papes de Rome et d'Avignon au niveau des Secrétaires Généraux de l’arc-en-ciel syndical français, et d’une lutte devant les pissotières d’entreprise entre des Travailleurs qui sont plutôt CGT mais qui votent Sarkozy, ou plutôt CFDT mais qui rêvent d’Alain Juppé et de Villepin. En Allemagne il n’y a qu’un syndicat de branche ou exceptionnellement pour le ferroviaire un syndicat de branche (Transnet + GDBA) et un syndicat pour les conducteurs de longue distance (GDL - Gewerkschaft deutscher Lokomotivführer). Ceci n’empêche pas que les syndicats forment un front solidaire face au patronat. Transnet et GDBA ont fusionné en 2009, et il n’y a pas eu de crise de petit chef pour garder son siège de directeur et sa limousine tout cuir. Transnet + GDBA s'appellera d'ici quelques semaines EVG - Eisenbahn- und Verkehrsgewerkschaft.

Selon la Deutsche Bahn AG qui est le pendant allemand de la SNCF privatisée, AG = SA, société par actions = société anonyme, il n’a suffit que de 1700 cheminots grévistes pour bloquer presque tout le réseau allemand. La Deutsche Bahn AG se dit "étonnée" de la "Massivität" avec laquelle les cheminots sont intervenus sur le réseau. Les syndicats Transnet et GDBA veulent exercer une pression sur la DB fédérale allemande en même temps que sur les concurrents de la DB pour qu’ils signent ensemble une convention collective de branche (Branchentarifvertrag) pour le transport de personnes sur le réseau longue distance et de proximité. Cette action d’automne revêt un caractère historique parce que c’est la première fois que les syndicats du ferroviaire parviennent à revendiquer une convention collective de branche. A défaut de parvenir à ceci les syndicats menacent d’une grève générale, et en Allemagne ceci fait très peur. Les 35 heures légales hebdomadaires avaient été obtenues avec 8 semaines de grève générale il y a plus de 20 ans.

La Deutsche Bahn est d’accord sur une augmentation des salaires de 5% au dessus du niveau actuel de ses rémunérations, mais les concurrents privés de la DB n’offrent qu’une augmentation de salaires qui laisserait le niveau des rémunérations inférieur de 10% à celui de la DB. Les syndicats démontrent avec détermination qu’ils vont empêcher le dumping salarial et le dumping social sur les rails. Les syndicats sont conscients que leurs grèves bloquent les trains de tous les acteurs du rail semi public et privés.

Les syndicats du rail veulent obtenir un niveau unique de rémunération dans tout le secteur ferroviaire. Pour les syndicats la concurrence entre les différentes sociétés opérant dans le ferroviaire sur le marché privatisé et libéralisé ne doit pas se faire sur le dos des employés. Il est bon que la Deutsche Bahn partiellement privatisée et donc encore entre les mains de l’Etat soit touchée par les grèves, parce qu’elle exerce sa concurrence sur les entreprises privées par l’intermédiaire de ses propres filiales régionales, dans lesquelles les employés sont moins payés qu’à la société mère, la DB. La Deutsche Bahn réalise à l’intérieur de son propre groupe un dumping salarial et social.

Les syndicats insistent sur le fait que les temps sont révolus où au nom de l’ouverture des marchés, de la privatisation et de la globalisation et de la libre concurrence en Europe les employeurs se permettaient d’exercer une pression sur les salariés. Cette nouvelle attitude globale des syndicats est appelée depuis l'automne 2010 "Kurswechsel" - (Changement de cap) par IG Metall et maintenant par les syndicats allemands du ferroviaire. En un mot, la page de la torpeur dans laquelle les Travailleurs avaient été jetés par cette mode déprédatrice de la globalisation, du Consensus de Washington et du Consensus de Bruxelles, qui est toujours plus violent que les clauses de l’OMC, est tournée en Allemagne. Les syndicats se lancent eux aussi dans la Historische Korrektur comme le parti Die Linke qui est l’équivalent du PG - Le Parti de Gauche. Pour les syndicats allemands il doit se propager à présent l’idée que cela va maintenant et à long terme aller mal pour ceux qui pratiquent le dumping social sur le Standort Deutschland. Standort signifie "site de production et d’activités". Les syndicats allemands adoptent dès aujourd'hui leur mode de pensée et de fonctionnement de l'après néo-libéralisme. En France les syndicats se demande s'ils existent.

En Allemagne, la Grève est un moyen moderne de conquête sociale,

en France "il faut trouver d'autres moyens d'action".

Parmi les concurrents de la Deutsche Bahn nationale ou parmi les filiales de la DB il y a le britannique Arriva et le français Veolia Transport qui fait partie de Veolia Environnement qui était il y a quelques années Vivendi. Veolia Transport est le premier opérateur européen du transport et va maintenant se casser les dents, au moins sur le sol allemand. Et plus les opérateurs allemands du ferroviaire affrètent des autobus de compagnies privées, plus denses sont les Actions d’automne et les grèves. En Allemagne personne n’a jamais utilisé le discours culpabilisant et castrateur sur le / du Travailleur selon lequel "il faut employer d’autres moyens pour affirmer les revendications syndicales et que la grève est un mode d’expression dépassé". Si les syndicats français s’ingénient eux-mêmes à tenir ce discours castrateur, c’est pour reporter leur misère mentale, leur indolence et leur pusillanimité sur les Travailleurs eux-mêmes qui finissent par sombrer dans un "qu’est ce que nous, nous on peut y faire; ils font là haut de toute façon ce qu’ils veulent". C'est tellement français de danser la carmagnole sur le tarmac, de se laisser castrer en douceur par le patron et le Président qui envoie les CRS sur les grévistes, et d'aller au Norma ou au Aldi parce que l'on est conscient des prix.

La Commission de Bruxelles ne parviendra jamais

à interdire la Tarifautonomie en Allemagne!

Ce Kurswechsel et cette Hitsorische Korrektur ne peuvent que me plaire, parce que Bruxelles et la Commission à la concurrence et au marché intérieur avaient tenté ces dix dernières années de mettre l'Allemagne à genoux sous l'étouffoir parce que pour eux "le syndicalisme allemand et les conventions collectives de branche contribuaient à entretenir une distorsion dans la libre concurrence", contribuaient à "renforcer un frein au libre établissement des entreprises",  et était "une barrière à la libre circulation des capitaux et des investisseurs". Pour Bruxelles, l'Allemagne devait changer ses manières de procéder. Tous les politiciens allemands de Gauche avec la SPD et de droite avec la CDU/CSU et du Centre avec la FDP qui n'est devenu qu'un parti néolibéral à la Madelin, avaient tenté d'imposer dans les débats politiques et sociétaux cette castration volontaire des Travailleurs. De toute façon ceci aurait été vain, car la Tarifautonomie - l'Autonomie tarifaire est garantie en Allemagne par la Constitution, la Grundgesetz.

Oui, en France les syndicats doivent au plus vite se dissoudre pour se former en syndicats de branche, car se bagarrer devant les pissotières d'entreprises pour les Travailleurs, et se laisser fluidifier par les patrons pour les Secrétaire généraux, ne relèvent pas d'une démocratie digne et moderne mais des guerre tribales et de la Guerre du Feux.

________________________

Quant à la soi-disant modération salariale en Allemagne j'ai expliqué ici la réalité de la lubie franco-française relayée même par Alternatives Économiques. Si vous faites sur Google   courbe des salaires france   , mon site est en page 1 ligne 6. Quelle médiocrité de notre infocratie! Pour l'entrée   répartition des richesses en Europe   mon site est en A2 et en A3. Ça veut tout dire. Dans le net francophone français, où tout se trouve toujours, tout de suite et tout le temps, il y a un consensus mêlé à une médiocrité généralisée pour occulter de telles informations nécessaires à la décision démocratique de l'électeur et de l'ouvrier. Dans l'ère numérique nous vivons en France dans un système autoritaire par adhésion et par négligence des sujets citoyens soumis et/ou adeptes de la compromission universelle avec le dominant. Le fascisme est chez les français une vertu intériorisée dans laquelle le "citoyen" laisse bavarder en lui-même les deux derniers frères bessons qui l'habitent: le maître et l'esclave. Ainsi le gouvernant n'a plus besoin d'agir pour contenancer le peuple, il empoche. Le sniper est mort, mais le hedger guette et caquette, comme papon tapie guettent et caquettent.