C'est le dernier Chant de la Terre avant la fin de la Crise vers 2029. Mémorisez ce son.




Ce chant de la terre
qui nous remonte du béton des gradins
est la réponse de l'Afrique à la théâtralité Globalisation-Démocratie-Souveraineté nationale.

Depuis le déclenchement de ladite Crise en 2006 avec la faillite de la Bear Stearns, et pour le grand public anglais depuis l'été 2007 avec la faillite de la Northern Rock, et pour le grand public mondial depuis le 15 IX 2008 avec la faillite de la Lehman Brothers, les États poursuivent le gavage des banques faillitaires avec de l'argent public dérobé aux peuples actuels et aux générations futures avec l'émission de Bons du Trésor ou de Grands Emprunts, avec la planche à billet et avec les plans d'austérité les plus importants depuis 1945.

L'Europe providence bancaire, les États providence bancaires continuent à dépecer les peuples de l'hémisphère nord, en s'affranchissant de la Concurrence Libre et non faussée quand il s'agit d'organiser les bail out à répétition pour les systèmes bancaires et d'assurance au lieu de séparer la good bank de la bad bank et de laisser ces dernières s'effondrer en faisant assumer pleinement le risque aux spéculateurs compulsifs. Les États, la Région Européenne font tout pour perpétuer la dominance de la finance en ne légiférant pas pour instaurer son contrôle et sa surveillance, en prorogeant les nouvelles normes comptables prudentielles Bâle III qui seront sensées imposer aux banques un Fonds Propres Réglementaire de 10% pour qu'elles soient capables de résister à des défaillances systémiques. Il n'y a jamais eu la moindre des concurrences libres et non faussées dans ce système de libre circulation des capitaux et dans le Traité de Rome jusqu'au Traité de Lisbonne.

Cette schizophrénie du système ordolibéral, se voulant librement non-faussé et organisant le pillage, n'empêche pas l'Europe de toujours vouloir imposer les Accords de Partenariat Économique aux Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et aux PED (Pays en Développement). L'OMC est morte depuis l'échec du cycle de négociations de Doha en 2001, mais les pays industrialisés ont intensifié l'esclavage et la déprédation des "petits" pays avec des milliers d'accords bilatéraux qui détruisent la logique multilatérale de l'accord de l'OMC qui était censée mettre tous les pays dans une situation d'égal à égal. Avec les milliers d'accords bilatéraux, les petits pays ne sont plus traités comme un groupe, sauf pour le Mondial du Foot. Les "petits" pays ont été fragilisés et n'ont plus trouvé un instance internationale pour syndiquer leur défense contre l'agression du nord et de l'égoïsme planétaire de l'Europe ou des USA... Pourtant, l'Afrique se lève, et pas seulement pour le foot.

Je vous livre ci-dessous la Newsletter n°380 que je viens de recevoir du site SEDELAN de la Coopérative Agricole burkinabè:



Début de la Newsletter >>>

La semaine du lundi 7 juin au vendredi 11 juin 2010, s’est tenue à Ouagadougou une session de négociations sur l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Union Européenne et l’Afrique de l’Ouest. Le vendredi soir un point de presse a été organisé par quelques organisations de la société civile burkinabè et le Dr Cheikh Tidiane Dieye, sénégalais qui représente la société civile au sein des négociateurs africains. Voici donc l’état d’avancement des négociations.

En réalité, rien ne bouge. Les négociations sont figées. L’Union Européenne qui a toujours dit qu’elle n’avait pas d’intérêts offensifs à défendre, ne fait preuve d’aucune souplesse. Elle maintient des exigences inacceptables.

Par exemple sur la libéralisation des échanges entre l’Union Européenne et l’Afrique de l’Ouest (principale objectif des APE qui sont, en fait, des Accords de Libres Échanges mal-nommés) : L’Afrique de l’Ouest est déjà allée bien loin. Il y a longtemps qu’elle a abandonnée le taux de 50 % proposé par la société civile. En novembre 2009, les négociateurs africains, à Abidjan, proposaient un taux de 66,4 %. Et voilà que contre toute attente, en mai 2010, l’Afrique de l’Ouest a proposé d’ouvrir 70 % de son marché à l’Europe. En dépit des récriminations de la société civile et des préoccupations exprimées par de nombreux États de la région, cette semaine les négociateurs ont maintenu cette offre de 70 % !

Mais l’Union Européenne veut toujours plus et ses négociateurs ont informés, ici même à Ouagadougou, qu’ils maintiennent leurs exigences à 80 %. « Cette demande n’est pas seulement agressive. Elle est indécente et choque tous ceux qui sont conscients de l’état actuel de l’économie régionale ouest africaine et soucieux de son avenir. D’autant plus que l’Europe demande que cette libéralisation se fasse sur 15 ans, alors que l’Afrique de l’Ouest a toujours proposé de le faire en 25 ans. » (document de la société civile distribué avant la conférence de presse).
« Les négociateurs européens demandent à l’Afrique de l’Ouest d’accepter, dans un accord commercial bilatéral, d’introduire une clause qui exposerait les États à des sanctions économiques pour des fautes politiques présumées commises par leurs dirigeants (« Clause de non exécution » - clause rejetée). Ils demandent aussi à la région de supprimer les prélèvements communautaires destinés à financer l’UEMOA et la CEDEAO. Ces maigres ressources sont les seules qui supportent aujourd’hui toute l’intégration régionale. Aucune règle internationale, fut-elle l’organisation mondiale du commerce, ne saurait nous imposer de renoncer au financement souverain de l’intégration pour se contenter de tendre la main à l’Europe. Les citoyens de l’Afrique de l’Ouest rejettent d’avance une telle éventualité. » (Document cité ci-dessus).
D’autres divergences sont apparues, notamment sur l’origine et le montant des ressources du « programme de l’APE pour le développement ».

Comment réagir en accueillant ses informations ?Personnellement, il me semble qu’il s’agit de bonnes nouvelles !

L’arrogance et l’intransigeance de l’Union Européenne est en train d’ouvrir les yeux de nos dirigeants. L’Europe, comme les autres, n’a pas d’amis, mais des intérêts à défendre. En Afrique, elle espérait, grâce à ses accords, barrer la route à la Chine, à l’Inde et au Brésil. L’Afrique de l’Ouest n’est pas prête, elle non plus, à brader ses intérêts.
Oui, enfin une bonne nouvelle du côté des APE !

L’arrogance et l’intransigeance de l’Union Européenne poussent les négociateurs africains à rejeter tout APE !
Koudougou, le 12 juin 2010
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

Nous le croyons : Un autre monde est possible, où chaque personne pourra trouver sa place et sa dignité, où chaque paysan pourra vivre de la terre, où chacun pourra vivre et travailler en paix, où l'homme sera remis au centre des préoccupations politiques et économiques,...

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<<< Fin de la Newsletter

Site >>> Attac Burkina

Site Oxfam >>> L’Afrique et l’autisme de la Commission européenne.

Site >>> epawatch.eu

Au sujet de la sécurité alimentaire et au sujet des APE, des ALE, des accords ADPIC et ADPIC+, de l'AGCS et de l'AGCS+, vous avez sur mon site toutes les informations nécessaires.

Site >>> bilaterals.org, tout ce qui ne se négocie pas à l'OMC



L'Afrique a-t-elle pour autant envie de résister à la Chine?

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Voici maintenant l'article du quotidien burkinabè lefaso.net sur les dernières négociations EU-Afrique >>>

Accords de partenariat économique:
Le bras de fer Afrique de l’Ouest-Union européenne continue

publié 15-juin-2010

Le Faso.net | mardi 15 juin 2010

Accords de partenariat économique:
Le bras de fer Afrique de l’Ouest-Union européenne continue

Les parties prenantes aux négociations sur l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne, se sont retrouvés la semaine dernière à Ouagadougou. A l’issue de cette rencontre qui a accouché une fois de plus d’une souris, les organisations de la société civile ont donné une conférence de presse dans la soirée du vendredi 11 juin.

Le dialogue de sourds entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest concernant les APE est loin d’être terminé. C’est du moins ce qui ressort du point de presse de la société civile, à l’issue des négociations intervenues au cours de la semaine dernière.

En effet, pendant que les négociateurs européens vantent les bienfaits d’une libéralisation outrancière, les représentants de l’Afrique de l’Ouest estiment qu’en l’état actuel des choses, une libéralisation accélérée pourrait compromettre les chances de la région de sortir de son sous-développement.

Selon le conférencier, le Dr Cheick Tidiane Dieye qui prend part aux négociations pour le compte de la société civile, l’élaboration d’un nouveau partenariat Europe-Afrique fondé sur le respect et la solidarité est de plus en plus compromise par les négociateurs européens qui ont adopté une stratégie dans laquelle l’intransigeance se mêle au paternalisme et à la condescendance.

« On ne négocie pas un partenariat en s’érigeant en éternel donneur de leçon et en refusant toute présomption et responsabilité aux gouvernements ouest-africains », a-t-il signifié. Afin de conclure un partenariat économique porteur de développement, la CEDEAO a élaboré un Programme de l’APE pour le développement (PAPED) .

Les projets identifiés dans le cadre du PAPED, sont estimés à 9,5 milliards d’euros sur cinq ans. Le financement du PAPED est la condition préalable que les chefs d’Etat ont posée à la signature des APE. Sur les 9,5 milliards d’euros demandés, l’Europe table sur 6 milliards qui, en réalité, représentent selon Tidiane Dieye, le cumul de tous les fonds européens bilatéraux et régionaux, destinés à la région.

« En réalité, l’Union européenne ne fait que recycler et transférer des fonds déjà prévus pour d’autres projets en changeant seulement de rubrique et d’appellation », a-t-il déclaré.

Du droit de sanctionner

Dans les négociations sur les APE, il est question d’instituer une close de non-exécution. La société civile, par la voix de son représentant, Dr Tidiane Dieye, estime qu’il est inadmissible dans un accord bilatéral, d’introduire comme le souhaite l’Union européenne, une clause qui exposerait les États à des sanctions économiques pour fautes politiques présumées commises par leurs dirigeants.

Par ailleurs, l’Europe demande aussi à la région de supprimer les prélèvements communautaires destinés à l’UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine) et à la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest). Pour la société civile, cela est hors de question car jusqu’à présent, ces maigres ressources sont les seules qui supportent le fonctionnement de ces institutions. La suppression de ses taxes pourrait remettre en cause le financement souverain de l’intégration.

Que reste-il des accords partiels ?

La société civile invite les États ouest-africains à apporter leur soutien à la Côte d’Ivoire et au Ghana qui ont déjà signé des accords avec l’Union européenne pour éviter que ces pays ne soient obligés de mettre en œuvre leurs APE individuels.

Et mieux, d’envisager des instruments économiques susceptibles de compenser temporairement les pertes auxquelles ils feraient face sur le marché européen, s’ils remettaient en cause les accords qu’ils ont signé avec l’Europe. Mais au cas où l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne arrivent à trouver une entente, les APE individuels seront caducs.

Pour la société civile, l’Afrique de l’Ouest doit tenir bon. Car si l’Union européenne veut qu’elle ouvre son marché aussi rapidement (sur 15 ans contre 25 proposés par la CEDEAO), c’est qu’elle a une peur bleue de la Chine, de l’Inde et du Brésil qui gagnent de plus en plus de terrain en Afrique. D’ailleurs, le commerce avec l’UE ne représente que 32% des échanges de la région. L’Afrique peut donc avoir le dernier mot.

 <<< Fin de l'article du quotidien burkinabè lefaso.net .

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Extraits du site bilaterals.org, tout ce qui ne se négocie pas à l'OMC  >>>

En 2000, l’Union européenne et le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, connu sous l’appellation du groupe ACP, ont adopté l’Accord de Cotonou, un accord-cadre concernant le commerce, la coopération politique et la coopération pour le développement. Il remplace la précédente Convention de Lomé, prévoyant une série de relations privilégiées entre l’Union européenne et les pays de l’ACP en matière d’accès au marché, d’assistance technique et autres domaines. L’objectif est de faciliter l’intégration économique et politique des pays de l’ACP dans un marché libéralisé d’ici les 20 prochaines années.

En vertu de l’Accord de Cotonou, les parties se sont entendues sur le fait de négocier une série d’accords bilatéraux indépendants entre l’Union européenne et les pays participants de l’ACP. Ces accords, surnommés « accords de partenariat économique » (APE), prévoiraient certains droits et obligations spécifiques, taillés sur mesure pour six regroupements de pays définis de manière arbitraire (l’Afrique de l’Ouest, de l’Est, l’Afrique australe et centrale, la Communauté pour le développement de l’Afrique australe ou SADC, les Caraïbes et le Pacifique). Les APE sont des accords de libre-échange exhaustifs auxquels on intègre les thèmes du « développement » et de l’« intégration régionale » pour les rendre plus acceptables.

Les négociations autour des ces APE ont commencé en septembre 2002 et devaient se terminer le 31 décembre 2007, alors qu’une dérogation, dans le cadre de l’OMC, sur l’incompatibilité des relations commerciales préférentielles de l’UE avec les pays de l’ACP devait arriver à expiration. (L’UE a insisté sur la « compatibilité avec les règles de l’OMC » comme cadre pour les négociations et les pays de l’ACP ont accepté.) Au fur et à mesure que les négociations avançaient, les gouvernements de l’APC sont se retrouvés pris entre l’arbre et l’écorce : ils voulaient l’accès aux marchés que les APE offraient, mais le prix à payer était très élevé en termes de pertes de revenus douaniers et de déstabilisation de leurs économies due à l’afflux de produits importées de l’Union européenne, du manque de clarté dans les engagements de Bruxelles, de réduction de l’autonomie politique, etc. La société civile, les syndicats et le milieu des affaires dans les pays de l’ACP en ont étudié les implications et ont organisé des campagnes énergiques pour empêcher les signatures d’APE.

La date butoir du 31 décembre 2007 pour la signature de l’APE est arrivée et a causé tout un drame. Un certain nombre d’États — incluant la Papouasie–Nouvelle-Guinée, les Îles Fidji, le Ghana et la Côte-d’Ivoire — ont parafé des APE provisoires avant la date butoir. D’autres, comme le Sénégal, ont juré qu’ils ne signeraient pas tant que les préoccupations sur le plan du développement ne seraient pas sérieusement pris en compte. En 2008, les négociations ont continué à assurer l’acceptation généralisée d’APE provisoires, glissant peu à peu vers des signatures d’APE exhaustifs. Vous trouverez dans le tableau ci-dessous la situation concernant les APE dans cette région à la date d’octobre 2009:

Sous-groupe UE-ACP État de l’accord
Caraïbes • APE complet paraphé en déc. 2007, signé en octobre 2008 (mais pas par Haïti) et approuvé par le Parlement européen (mars 2009)
Afrique centrale • APE intérimaire paraphé (déc. 2007) et signé seulement par le Cameroun (janvier 2009)

• 7 pays n’ont encore rien paraphé
Afrique de l’Ouest • APE intérimaire paraphé (déc. 2007), signé par la Côte d’Ivoire (nov. 2008) et approuvé par le Parlement européen (mars 2009)

• APE intérimaire paraphé par le Ghana (déc. 2007)

• 14 pays n’ont encore rien paraphé
Afrique de l’Est • APE intérimaire paraphé par le Zimbabwe, les Seychelles, Maurice, les Comores, Madagascar, la Zambie (nov-déc. 2007) et signé seulement par le Zimbabwe, les Seychelles, Maurice et Madagascar

• APE intérimaire paraphé par les membres de la Communauté Est- Africaine le Burundi, le Kenya, le Rwanda , la Tanzanie et l’Ouganda (novembre 2007)

• 5 pays n’ont encore rien paraphé
Afrique australe • APE intérimaire paraphé par le Botswana, le Lesotho, la Namibie, le Swaziland et le Mozambique (nov-déc. 2007), et signé seulement par le Botswana, le Lesotho, le Swaziland et le Mozambique

• L’Angola n’a encore rien paraphé
Pacifique • APE intérimaire paraphé par la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les îles Fidji (nov. 2007) et signé seulement par la Papouasie-Nouvelle-Guinée (juillet 2009)

• 13 pays n’ont encore rien paraphé

Une étude (en anglais seulement) assez détaillée du rôle de la Commission européenne est disponible sur:  http://epawatch.files.wordpress.com...

dernière mise à jour : octobre 2009