Il est évident, que les syndicats responsables et forts gèrent, avec les actionnaires/employeurs en face d'eux (Mitbestimmung = cogestion), la branche et réclament leur dû... de manière musclée, mais responsable. Les 35 heures avaient été obtenues avec 6 semaines consécutives de grève, du serrurier au cadre dirigeant (qui sont dans le même syndicat, un syndicat de branche). Il est aussi évident que les branches ont leur rythme propre, mais je ramène à mon article Travail, Salaire, Socialisme (TSS). Cet article traite du niveau salarial allemand dans lequel ce qui est officiellement un salaire de précarité en Allemagne est un salaire moyen en France, et dans lequel ce qui est le "salaire de la faim" en Allemagne est le Smic en France. Alors la Tarifautonomie à l'allemande, courante et sarabande, est la Lutte des classes moderne, actuelle, annuelle et ritualisée. La Tarifrunde a lieu tous les ans en automne, mais pour cette année 2007 de croissance elle a lieu en ce moment au printemps et aura encore lieu en automne. Visitez le site de IGM Metall. Chaque semestre je commence mes cours en Master Grande Ecole et en Master II en disant que je suis pour la Lutte des classes. Mes étudiants sont à deux doigts de vomir leurs héméroïdes.

En ce moment les syndicats allemands obtiennent coup sur coup ce printemps 2007, et en avance sur les négociations paritaires annuelles d'automne, 3,5%, et IGM, la Métallurgie, vient d'obtenir 4,1% pour tout de suite avec effet rétroactif sur l'année civile ajoutés à 2,4% supplémentaires pour juin 2008.

Le mouvement IG Metall "goes Europe" a adressé solennellement à Angela Merkel, Présidente tournante de l'UE, un Manifeste réclamant point par point une nouvelle rédaction du TCE, demandant de "forcer l'implémentation d'un modèle social solidaire européen accompagnant le retrait des directives néo-libérales d'économie politique et de politique budgétaire". La croissance est de retour, l'Allemagne relève la tête, les syndicats aussi!

D'après la dernière étude de l'Association des consommateurs du Bas-Rhin le coût de la vie est inférieur en Allemagne. D'après mes lectures de la presse économique allemande, il en est de même en moyenne pour toute l'Allemagne. De plus le coût du logement y est astralement inférieur à celui de la France, que les impôts sont plus élevés mais que le différentiel est très largement compensé par l'inexistence des impôts locaux, l'autonomie tarifaire est un garant d'un partage des richesses. Vive le syndicalisme allemand. Marie Ségolène, la putschiste ordalique, voulait organiser des discussions particigamines sur le dialogue social, et le faucon maltais convoque le dialogue social demain pour organiser le service minimum. La France, de gauche ou de droite, n'inverse pas le spin du vortex dans lequel elle tourne le doigt; elle se bavarde pendant que le hedger empoche. La Lutte des classes et donc tout autant active en France. Mais, chut, le clivage, c'est pas moderne, c'est caca-boudin.

Le Smic généralisé n'existe pas en Allemagne et n'a été introduit que depuis moins de deux ans dans le bâtiment qui n'arrive plus à réguler le marché de travail dans lequel vient en masse le maçon ukrainien ou polonais. (Tant que nous y sommes, signez donc la pétition contre Bolkenstein n°2). Alors, une fois que l'on a un Smic étatique en France, même un plus élevé, on fait quoi? On attend le prochain Grenelle pour dans 39 ans? C'est à peu près le rythme du dialogue social en France. Rachida la sulfureuse de l'UMP, a dit au sujet des quartiers et des beurs "on en a assez de l'assistanat" et "nous avons aussi une tête". dieu, Jospin, Chirac avaient tous dans leur sacoche la réforme du droit syndical et du dialogue social. La version Sarko/Ségo est-elle une puce hypodermique qui détecte l'adhérent au syndicat qui peut déduire des impôts le coût du cheap chip? D'ailleurs, chez les Allemands, la cotisation syndicale est directement déduite du salaire. On à pas à s'en cacher, en Allemagne, ou à prendre des pseudos... quand on est syndiqué, chez les Allemands, c'est un syndicat de branche. La politique s'occupe du reste. En France les politiciens essayent de se rendre indispensables en se gargarisant du mot travail, en assouvissant leurs phantasmes persos avec celui-ci.