Dois-je vivre hors du monde et du temps comme un moine tibétin quand je suis de gauche?

Dois-je renier la société de consommation dans laquelle je suis né et dans laquelle je m'épanouis en m'y sentant bien?
Contre quoi dois-je me dresser, me lever, me révolter? Contre le capitalisme moderne ou bien le libéralisme ou plus précisément le néolibéralisme?
Y suis-je seulement obligé pour pouvoir affirmer que je suis de gauche?
L'homme de gauche ne peut-il pas être simplement calme et serein?

D'abord je dis merde "être de gauche" ne signifie pas forcément "rejeter quelque chose" et toc!!!

Allons des arguments, de la pédagogie aussi. C'est sûr il en faut beaucoup pour convaincre. Il faut prouver, démontrer. Pour çà j'aime assez la phrase Je ne suis pas anti-capital, je suis anti-libéral
Elle n'est pas aussi efficace que prévu. Je pense qu'il faut l'affiner, l'améliorer (modestement certes mais tout de même):

Je ne suis pas anti-capital, je ne suis pas anti-libéral, je suis en fait anti-néolibéral.

Que ne faut-il pas faire quand on défend son bifteck de gauche. Il faut aller chercher vraiment loin le sens des mots pour se faire comprendre par les autres, je veux dire les méchants, ceux qui ont des arguments massues à deux sous et qui se permettent des contradictions toutes les deux phrases.
Moi j'ai le devoir d'être précis sinon je dois me taire parce que, au bout du compte, "j'ai pas à me plaindre". OK commentons ma phrase slogan:

Le capitalisme moderne ou plutôt son "esprit", qui est à chercher plus loin qu'on ne l'imagine souvent, n'est pas de droite. Son développement est à considérer comme un phénomène spécifique au sein de l'évolution générale du besoin de rationalisme. Il est le fruit de certaines prises de positions progressistes et anti-traditionnalistes mais il n'est pas mû par l'auri sacra fames cette soif éperdue de l'argent (au sens littéral de l'or) et de son accumulation. Il n'a pas été porté par des conservateurs persuadés que leurs qualités propres étaient inscrites dans leur sang et que leurs fèces, premières possessions, valaient de l'or.

Le libéralisme n'est pas plus de droite. Le libéralisme politique j'entends. L'attachement au régime constitutionnel dans le cadre de gouvernements ou d'assemblées de représentants librement élus est une valeur libérale. Il y en a tant d'autres. Là où les libertés civiques, d'expression, de publication, de réunion sont garanties, là où la raison, le débat public, l'éducation, la science ont la possibilité d'améliorer la condition humaine, là est la civilisation libérale.
Elle n'appartient pas à ceux qui s'en réclament. Qui l'a mise en danger dans l'histoire récente du XXème siècle? Pas Jaurès, ni même les disciples de Karl Marx. La seule menace réelle provenait exclusivement de la droite politique..
J'exagère ? D'où sont venus les fascismes, hein?

Le néolibéralisme: Né après la guerre en 1947 quand la société du Mont Pèlerin se réunit en Suisse pour la première fois sous la présidence de Hayek. Ce petit pet de mouche (au début) est une réaction de panique face à la montée et la propagation rapide du "virus socialiste" en Europe. Les fondateurs de ce mouvement invoquent Alexis de Tocqueville comme base intellectuelle de leur entreprise de reconquête.
En résumé le libéralisme politique est indissociable de l'extension de la sphère du marché. Voilà comment le politique va être aspiré et dissous durant près de 60 ans par l'économie libérale.

L'oeuvre de ces quelques autistes n'est pas la fatalité, nous pouvons la renverser, nous en avons le devoir. Le néolibéralisme n'est pas inscrit dans nos gènes, il n'est pas "naturel".

Les salauds qui se sont appropriés le capitalisme et le libéralisme, qui en ont exclu la gauche compléxée (surtout depuis 1989) sont des menteurs et des voleurs sans scrupules. Ils confondent humanisme avec cannibalisme qui est une autre forme d'amour de l'autre.....

Sébastien