Il n'y a pas de crainte à avoir.

De l'éditorialiste jusqu'au patron d'entreprise, de votre magazine préféré jusqu'à votre voisin de palier, tout le monde vous fait le chantage avec la Chine. On fait tout dire à la mondialisation et on se permet alors les pires crasses de la précarisation dans les contrats de travail. On se soumet à cette précarisation et on opère sur soi-même par anticipation un acte castrateur de toute velléité de revendication.

De toute manière la France est très attractive pour les investisseurs étrangers.

Pour la marge opérationnelle obtenue des activités en Chine des entreprises françaises, je ne connais pas les chiffres français, mais les chiffres allemands. Pour la réalité que je vous expose ici, ils devraient être assez évidents pour établir le lien. Je sais que les investissements allemands en Chine ne font que 1,8% des investissements à l'étranger. Maintenant déjà plus de 50% des investissements allemands en Chine sont gagnés sur place. 8 entreprises du DAX30 (les 30 les + cotées en Allemagne) gagnent de l'argent en Chine. Il faut attendre de 7 à 10 ans pour y gagner de l'argent. Il faut y implanter un manager sûr, les coûts logistiques restent énormes, et les "contrats" commerciaux, de partenariat ou technologiques sont des plus aléatoires. Tout le monde qui pratique la Chine vous dira que la parole n'est jamais tenue. Le piratage et la contrefaçon sont inscrits dans les mentalité et la culture chinoise par Confuscius, car "il faut travailler à s'élever au niveau du maître, jusqu'à être capable de le copier et de le dépasser". Et là je n'expose pas les relations privilégiées qui doivent obligatoirement être entretenues avec les potentats locaux qui sont les cadres politiques du parti totalitaire chinois.

Je connais plein d'entreprises allemandes comme Weinig AG dont la démarche est le courage entrepreneurial de rester en Allemagne et de travailler à un management de rentabilité et de développement durable. Mais c'est sûr, c'est beaucoup plus difficile que de délocaliser, qui n'est qu'une solution transitoire. Il est sûr, une avancée sur la Chine fait augmenter la valeur d'une entreprise aux yeux de la Bourse ou en cas de fusion, de cession, d'acquisition. Une entreprise n'est plus qu'une friandise comme une autre, sa valeur enchinoisée semble prometteuse, car moderne. Et la valeur d'une entreprise sera réalisée pour financer des retraites d'actionnaires. (L'aspect déprédateur sur l'environnement, la planète et l'humanité au mépris des accords de Kyoto sera traité ailleurs sur ce site).

La mondialisation, est là, mais elle rapporte au moins tout autant aux nations. Elle est un défi car notre seule issue est l'avance technologique. Le problème est que ce qui est bon en économie nationale se traduit en destins privés cassés quand l'ouvrier trinque et perd son emploi.

L'équation "délocalisation = bénéfices" n'est tout simplement pas une donnée mathématique: visitez L'observatoire des relations industrielles européennes. La relocalisation dans les pays d'origine est un mouvement qui prend de l'amplitude, même pour l'affacturage ou les services on-line.

Il existe aussi déjà des mouvements de réflexion sur la fin de la globalisation et la relocalisation du monde.

Ce qui me fascine c'est la soumission de tous les partis à ce nouveau paradigme de la "mondialisation" qui en 89 s'était appelé "les dividendes de la paix". Lisez mes réflexions personnelles à ce sujet.

Le parangon de ce paradigme est bien l'Europe qui n'est qu'un marché commun et qui exerce une pression énorme sur l'Allemagne par exemple pour qu'elle abandonne son système paritaire rhénan, un "frein à la libre circulation".

En Allemagne la lutte des classes est toujours d'actualité. Ceci vous étonne? Alors lisez par ici.

J'ai plus une vision fédérale de l'Etat, certes, mais que l'Etat reprenne sa place dans l'économie.

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Lire aussi "Paresse managériale, Papy-boom, Chine" sur mon site.

(Je continue ici une série d'articles qui démontre que la France est une arriérée sociale et qu'une refonte totale de la "discussion démocratique d'entreprise" est moderne. Partie n°2)