Le rapport Charpin élaboré par la commission de concertation présidée par Jean-Michel Charpin, commissaire général au Plan, le 25 mars 1999 recommande pour conserver l'équilibre financier du système de porter la durée de cotisation à 42,5 annuités.
Certains responsables patronaux, as de la surenchère, suggèrent une durée de 45 ans. Aujourd'hui en 2007, soit 8 ans plus tard, on nous ressert le même plat réchauffé.

Qu'invoque-t-on ? La démographie particulièrement peu favorable. Fin du baby-boom conjuguée avec l'augmentation des espérances de vie. On annonce le déséquilibre total et gravissime du rapport des retraités aux personnes d'âge actif. De 1995 à 2040, le poids relatif des premiers sur les seconds devrait passer de 4 à 7 pour 10 soit une augmentation de 75%.
Conclusion du rapport : La situation financière de la plupart des régimes est menacée... seul un déplacement de l'âge de fin d'activité permettra de maintenir le rapport actuel de 4 pour 10.

Pourtant l'argumentation limpide a omis de prendre en compte un détail évoqué par la commission mais non exploité et qui va anéantir la démonstration.
Selon les estimations de la dite commission, la productivité du travail s'accroît au rythme de 1,7% par an depuis 25 ans. Toutes choses égales par ailleurs, la production des 10 actifs aura doublé entre 1999 et 2040 de sorte que les 7 inactifs de 2040 représenteront par rapport à l'année initiale le poids de 3,5 inactifs. Loin de s'accroître, la charge relative aura diminué de 12,5%.

Mais il y a plus fort encore !

Supposons que la notion de charge relative ait un sens. Seule la population effectivement occupée (et non la population d'âge actif) peut être considérée comme productive et le fardeau à porter s'étend logiquement à toute la population inoccupée dont les retraités ne représentent qu'une partie. Il y a aussi, par exemple, les enfants, les malades et les personnes au foyer.

Le poids total de la population inoccupée par rapport à la population occupée passe de 1,63 en 1995 à .... 1,73 en 2040. Soit une augmentation de 6%. On est bien loin des 75% alarmistes annoncés au départ.

Mieux, toujours d'après le rapport (qui paradoxalement ne tire aucune conclusion de ces chiffres) cette charge diminue jusqu'en 2010 (-14%) pour ne retrouver son niveau d'équilibre qu'en 2030. Elle atteint 106% par rapport au départ en 2040 et si l'on tient compte de l'accroissement de la productivité, le montant réel de la charge se situe à 53% de son poids initial.

Pourquoi un tel mensonge ? Où se trouve alors la motivation du report de l'âge de la retraite ?

La seule motivation est : La réduction du montant des prestations versées aux bénéficiaires.

Au plus grand avantage de qui alors ? Je vous laisse deviner en attendant un nouvel article.

Sébastien _________________________________________

Lire aussi: Financer les retraites autrement est possible sauf pour les libéraux déprédateurs
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Note de l'auteur du site: "La France est devenu un pays de bas salaires. Quand on sait que la part des salaires dans le revenu national a baissé de 10 points en dix ans (celle revenant à la rétribution du capital a augmenté d’autant), on comprend le « trou » que cela entraîne dans les comptes de la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV)." C'est de nouveau une parole de gauchiste? Alors cliquez ici.