A ses yeux le capitalisme n'a rien à prouver, il est le seul système efficace et durable dans l'histoire. Etre anti-capital pour lui n'a guère de sens.

Mais ce système est menacé par une crise profonde à laquelle il n'est pas sûr de survivre. Ce qui inquiète Lester Thurow c'est le divorce croissant entre l'exigence démocratique d'égalité et la multiplication des inégalités économiques.
Les entrepreneurs (les innovateurs, pas les patrons voyous) ont une grande responsabilité dans cette affaire en tant qu'agents de progrès et de changement.

Seulement ont-ils encore la main ?

On peut penser aujourd'hui que NON.

Le capitalisme, par la financialisation et la globalisation financière, a changé de visage et échappe dans une certaine mesure aux entrepreneurs- capitaines . L'entreprise mondialisée, cotée en bourse, n'appartient plus aux patrons. Elle est détenue par ses actionnaires et gérée par leurs mandataires c'est- à- dire essentiellement les fonds de pension publics (surtout américains).

Ces derniers affirment qu'une action est un droit de propriété et qu'en intervenant dans la stratégie de l'entreprise ils ne font qu'exercer leur rôle de copropriétaires.

L'obectif de cet corporate governance est limpide: Il consiste à améliorer la bottom line (le profit net après impôt et avant dividende). Comment ?

Contrôler les entreprises, adapter leur gestion, maximiser la valeur boursière et les rendements.

Dans la vision étriquée de ces quelques gourous, la valeur boursière est la seule chose qui compte. Il faut insister sur le fait que cet objectif n'a rien de naturel. On pourrait parfaitement concevoir d'autres critères pour estimer la valeur d'une entreprise. Son rôle en matière d'emploi, d'environnement, de formation,de recherche-développement, de qualité des produits, de coopération internationale....

C'est un choix, c'est celui de l'ultralibéralisme.

Le corporate governance est la guerre de tous contre tous et de chacun contre chacun. Cependant pour Glenn Miles corporate governance manager les fonds de pension sont le moyen de permettre aux salariés de devenir propriétaires de leurs moyens de production grâce aux lois du marché, sans avoir recours aux thèses de Marx ou de Lénine.. Bref ils inventent un socialisme moderne et mondialisé.

Quel culot, les salauds n'ont honte de rien pour nous vendre leur merde.

Ce capitalisme mutant est source de précarisation absolue. En effet, les gestionnaires des fonds de pension, ayant de gigantesques portefeuilles se permettent de prendre des risques en spéculant sur des entreprises à fort potentiel immédiat. Ce risque est choisi, calculé.. En bout de chaîne, le salarié risque lui sa place, ce qui n'est qu'un détail. Ce risque là est subi.

Ne nous trompons pas de cible. Le vrai problème se situe dans l'inégalité des risques courus. C'est une forme incidieuse d'inégalité, méconnue par le grand-public.

Sébastien

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